Une autre participation à la Marche mondiale des femmes s’organise

EN 2010, ÇA VA MARCHER !

En 2010, ça va marcher !, voilà le thème retenu cette année pour souligner le 8 mars, Journée internationale des femmes. Clin d’œil à la prochaine Marche mondiale des femmes qui se clôturera, au Québec, en octobre prochain, ce thème évoque l’importance de nous mobiliser pour la réalisation d’un projet social qui donne toute sa place aux femmes. Un projet égalitaire, solidaire et respectueux des valeurs choisies par la population.

Le débat sur le retour à l’équilibre budgétaire nous forcera à faire des choix cruciaux. Voulons-nous préserver nos services publics et nos programmes sociaux ? La CSN opte pour leur maintien. Le gouvernement privilégie la voie des coupes budgétaires massives.

Puissants redistributeurs de la richesse, les services et les programmes que nous avons choisi de nous donner collectivement contribuent grandement à améliorer notre qualité de vie. Malgré une fiscalité plus importante au Québec, le coût global de la vie des ménages québécois était en 2003 systématiquement inférieur à celui des ménages canadiens et américains, et cela, grâce à un panier de services plus large. Pensons seulement aux services de santé, de garde à l’enfance ou au régime québécois de congés parentaux.

Le gouvernement semble avoir fait son lit. Pour lui, nous vivons au-dessus de nos moyens. Il n’y a qu’un seul grand remède à la sortie de crise : les compressions ! Sans véritable débat public, les libéraux nous proposent de diminuer le rôle de l’État. Ce sont eux pourtant qui se sont privés d’une marge de manœuvre considérable ces dernières années en baissant notamment nos impôts et ils veulent maintenant sabrer les programmes sociaux et les services publics !

Pour mieux nous faire accepter des coupes de 900 millions de dollars par année, le ministre des Finances a mis sur pied un comité d’économistes chargé de le conseiller. Ceux-ci développent une analyse alarmiste selon laquelle « le Québec est dans le rouge » en raison d’une population vieillissante qui coûte de plus en plus cher.

Nos orientations et nos choix de société sont mis en cause alors qu’on tente de nous convaincre qu’un virage est inévitable, que le désengagement de l’État constitue une nécessité, que la tarification ou la privatisation de certains services publics s’imposent.

Et comme si ce n’était pas suffisant, on tente de conditionner la population québécoise pour s’assurer que les travailleuses et les travailleurs du secteur public seront « raisonnables » et accepteront, une fois de plus, d’être celles et ceux qui feront les frais de la crise budgétaire.

Tout cela, dans un contexte où la corruption et le manque d’éthique prospèrent.

Des solutions respectueuses de nos valeurs

Dans cette conjoncture, il importe de comprendre que la CSN, le mouvement syndical, le mouvement communautaire et celui des femmes ont déjà suggéré des solutions concrètes, socialement et économiquement responsables, permettant de sortir le Québec des difficultés qu’il rencontre.

Pensons à une refonte fiscale axée sur une meilleure progressivité des taux d’imposition, à l’introduction d’une taxe sur les produits de luxe et à des écotaxes, à une révision de la fiscalité des entreprises, à un meilleur encadrement des compagnies minières, à une révision du calendrier de retour à l’équilibre budgétaire comme le font, entre autres, le Canada et l’Ontario, à la lutte contre l’évitement et l’évasion fiscale, etc.

Toutes ces solutions et bien d’autres devront être discutées dans un débat public ouvert et transparent en vue de l’adoption d’un nouveau pacte social respectueux de nos valeurs et assurant le maintien des services et des programmes sociaux, tout en permettant d’atteindre un nécessaire équilibre dans la répartition de la richesse. D’ailleurs, ne s’agit-il pas là d’une des fonctions essentielles de l’État dans une société démocratique ?

Des enjeux spécifiques pour les femmes

À n’en pas douter, les femmes et les travailleuses au Québec sont très directement concernées par le maintien des services et des programmes sociaux.

D’abord, par la nature de leurs emplois. Ce sont des femmes qui dispensent, encore aujourd’hui, de façon très majoritaire les services sociaux, de santé et d’éducation. Ce sont encore elles qui assument, très largement, les responsabilités familiales et sociales à l’égard de leurs proches, et de ce fait qui sont les plus grandes utilisatrices de ces services.

Finalement, n’oublions pas que si les femmes ont pu prendre une part active dans notre société, c’est grâce, entre autres, à une autonomie économique rendue possible par plusieurs programmes sociaux. Pensons au réseau de services de garde ou à l’assurance parentale qui ont permis à nombre de femmes d’accéder au marché du travail et de conserver leur emploi.

Bref, en raison des enjeux actuels, nous devons poursuivre notre mobilisation afin de maintenir nos acquis et de continuer de « marcher » vers une société plus juste et plus égalitaire.

Claudette Carbonneau
Présidente de la CSN