Aucune délégation syndicale au dernier droit de la conférence de Copenhague

La CSI lance un appel pressant aux pays participants

Jeudi, 17 décembre 2009 — Le secrétaire général de la CSI, Guy Rider, a lancé ce matin un appel aux représentants des 139 pays réunis au Bella Center de Copenhague pour qu’ils en viennent à signer un accord sur les changements climatiques. « Nous ne pouvons pas prendre le risque d’attendre plus longtemps », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse diffusé ce matin.

Aucun délégué de la CSI n’a eu le droit d’entrer au Bella Center aujourd’hui, pas même le secrétaire général, Guy Rider. « L’exclusion de pratiquement tous les représentants de la société civile durant les jours les plus décisifs de cette conférence, a-t-il dit, est inadmissible et ne peut, en aucun cas, établir un précédent. » Il a rappelé que les syndicats et les autres organisations de la société civile ont joué un rôle-clé dans les discussions depuis la conférence de Rio sur les changements climatiques en 1992.

Comme les autres membres de la CSI à Copenhague, les trois délégués de la CSN ont perdu tout espoir qu’une entente assurant la participation des syndicats aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre soit signée dans le cadre de la conférence de Copenhague. Certains craignent que cette conférence s’achève sur une simple déclaration d’intention des chefs d’État et de gouvernement. Les décisions ne pourraient être prises que plus tard lors d’une autre rencontre. Plusieurs prédisent cependant que la conférence pourrait être prolongée d'un jour comme lors de la dernière rencontre qui s'est tenue à Bali. 

Isabelle Ménard, biologiste du Service des relations du travail de la CSN
Témoignage d'une séance plénière de la conférence sur les changements climatiques

Hier, mercredi, Isabelle Ménard du Service des relations du travail de la CSN a pu assister aux travaux de la séance plénière où tous les pays sont représentés. C’est la seule séance des travaux à laquelle un délégué de la CSN a pu assister en raison des restrictions d’accès. Elle nous a envoyé un résumé des discussions qui ont eu lieu lors de cette séance :

J'ai assisté à la plénière No 1 à la 4e réunion des parties (COP) et la 8e réunion de la conférence des parties du protocole de Kyoto (CMP).

Les officiers AWG-LCA ont négocié jusqu'aux petites heures du matin. La négociation du protocole de Kyoto est réalisée par le AWG-LCA (Ad hoc group on long-term cooperative action) et par la conférence des Parties. Ces deux entités doivent s'entendre pour que le nouveau texte soit accepté.

La réunion de mercredi matin prévue pour 10 h a commencé avec une heure et trente minutes de retard. Le président de l'assemblée, le premier ministre du Danemark, Lars Lokke Rasmussen, a dû esquiver le rapport du groupe AWG-LCA. Certains pays, comme le Brésil, semblaient très contrariés, car ils n'avaient toujours pas la dernière version du texte de la négociation qui s'est déroulée durant la nuit.

Les pays comme la Chine, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Soudan ont critiqué la façon dont les négociations se sont déroulées, en plus de n'avoir que 25 minutes au total pour s'exprimer.

Ensuite, durant 1 h 30, les chefs d'État, surtout des pays en voie de développement (PVD), avaient chacun 5 minutes pour présenter un discours sur le bilan des négociations et l'importance d'en venir à un accord. Tous s'entendent sur l'urgence d'agir. Les propos tenus par les pays qui vivent déjà les impacts sans qu'ils en soient vraiment responsables ravivent un véritable sentiment d'injustice.

Le texte de mardi à mercredi de la négociation nocturne indique que les États-Unis n'acceptent pas le principe de responsabilités communes. Le Japon s'associe avec la plupart des propos des États-Unis. Comme prévu, la Chine et l'Inde exigent que toutes les parties réduisent leurs émissions, mais ils veulent que seuls les pays développés réduisent leurs émissions avec des cibles contraignantes.

En sortant de la séance plénière, j'ai perdu un peu d'espoir sur la possibilité qu'une entente intervienne. Mais tout est encore probable et la volonté de terminer la conférence des Nations unies sur les changements climatiques avec un accord est bien réelle.
 

La conférence des Nations unies sur les changements climatiques

Déception de la délégation CSN 

Mercredi, 16 décembre 2009 — Tout indique que les délégué-es des organismes non gouvernementaux, dont les syndicats, ne pourront pas entrer, demain, au Bella Center de Copenhague, où se tient actuellement la conférence internationale sur les changements climatiques. « C’est mal organisé », a souligné à plusieurs reprises Roger Valois, vice-président de la CSN, à qui nous avons parlé ce matin.

Dès lundi, la délégation de la CSN a vu son nombre réduit de trois à deux personnes et aujourd’hui seule Isabelle Menard, la biologiste de la délégation de la CSN, s’est rendue au Bella Center. Roger Valois ne sait pas si elle a pu entrer. « Jeudi, ce sera la dernière étape des négociations en vue d’une entente et, pour l’instant, les informations qui circulent nous laissent croire que les organismes non gouvernementaux (ONG) ne pourront pas être présents. On se demande pourquoi nous sommes ici, si nous ne pouvons pas faire valoir notre point de vue », a-t-il ajouté.

La Confédération syndicale internationale (CSI), dont est membre la CSN, demande qu’un accord sur les changements climatiques soit accompagné d’une entente assurant la participation des syndicats aux décisions qui seront nécessaires dans les milieux de travail pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Plus de 400 délégués de la CSI sont à Copenhague.

Les organisateurs des Nations unies responsables de la conférence internationale de Copenhague ont inscrit plus de 45 000 personnes à cet événement, sans compter les journalistes. Or le Bella Center ne peut accueillir que 15 000 personnes. Bon nombre de rencontres se tiennent donc à l’extérieur de ce centre. « On a de bons échanges avec d’autres syndicats. C’est très intéressant. Ce matin, ce sont les Japonais qui nous ont informés de leur expérience. Mais nous sommes toujours entre nous. Ce n’est pas pour cela que nous sommes ici », s’est-il exclamé.

Roger Valois, Michel Forget, adjoint au comité exécutif de la CSN et Isabelle Ménard, biologiste et responsable du dossier de l'environnement au Service des relations du travail ont pris l'avion samedi pour Copenhague. Les trois délégués de la CSN prennent part aux travaux de la Confédération syndicale internationale (CSI). 

 

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