Déclaration du rassemblement
des jeunes de la CSN 2009
« On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter. »
Un musicien parmi tant d’autres, Serge Fiori
2. Le développement durable, un projet à construire collectivement
Nous, jeunes travailleuses et travailleurs, ne sommes pas des instruments au service de l’économie, mais des acteurs conscients de nos responsabilités face aux générations à venir. Des acteurs convaincus qu’un véritable développement durable n’est pas un « turbocapitalisme » devenu vert, mais plutôt un projet à construire collectivement et nous avons cette capacité d’y participer.
Nous croyons que la crise actuelle est une occasion unique de redonner du sens au développement économique et de préciser le rôle des travailleuses et travailleurs, syndiqués ou non, et des syndicats dans la mise en place de conditions qui privilégient l’équité sociale, l’efficacité économique, la préservation de l’environnement et la démocratie participative.
Nous avons la connaissance et les savoir-faire pour agir sur les enjeux d’aujourd’hui et de demain. Les travailleuses et travailleurs ainsi que les syndicats ont leur mot à dire et une place à prendre au sein des entreprises et des institutions pour que l’emploi et la protection de l’environnement cessent d’être vus comme deux notions irréconciliables, mais qu’ils deviennent un levier pour orienter notre développement économique et social.
Il est temps de déployer une vision d’avenir où les emplois créés seront désormais des emplois verts et décents qui contribuent à réduire les impacts de nos activités économiques sur les écosystèmes. Les travailleuses et les travailleurs doivent participer à ce changement et ainsi permettre la transformation des milieux de travail dans le cadre d’une transition juste.
Nous croyons que la prise en charge par les travailleuses et les travailleurs des problèmes environnementaux liés à leur milieu de travail est une occasion d’agir sur les émissions de gaz à effet de serre, la réduction du bruit, de la poussière, de la contamination des ressources, de la consommation d’eau et d’énergie, sur le gaspillage des matières premières et la gestion des matières résiduelles. Elle est une occasion de s’informer, de se former et de proposer de nouvelles façons de faire.
Cette prise en charge des enjeux environnementaux est une occasion sans pareil de renouveler l’action syndicale en même temps que l’activité économique.
Nous interpellons les entreprises, les institutions et les gouvernements. Le développement durable est une construction collective où ils occupent un rôle clé.
Au-delà de leurs obligations légales, les entreprises et les institutions doivent se comporter de façon responsable en intégrant dans leurs relations et leurs activités au quotidien le respect des droits humains, des droits fondamentaux au travail, de l’environnement et des communautés, où elles s’installent.
De son côté, l’État doit exercer la plénitude de ses responsabilités et légiférer pour favoriser une plus grande participation des travailleuses et des travailleurs dans leur milieu de travail. Il doit permettre, entre autres, la mise en place de comités d’entreprise chargés d’évaluer les actions ou les modifications susceptibles de mieux lutter contre les changements climatiques, de réduire l’empreinte écologique et de protéger la santé des travailleuses et des travailleurs ainsi que de leur communauté.
