Lettre d'opinion, publiée dans le Journal de Montréal
18 janvier 2008

Refaire une santé à notre système de santé

Si depuis plusieurs mois, la CSN et la FTQ mènent une campagne sur l’importance de préserver et d’améliorer notre système de santé public, c’est qu’elles sont convaincues que les solutions sont à portée de main pour résoudre les problèmes que nous connaissons. Claudette Carbonneau et Michel ArsenaultAvec le support de l’ensemble du personnel de la santé,
il est possible d’organiser une porte d’entrée efficace, de réduire l’achalandage des urgences, de favoriser une meilleure coopération entre les profes- sionnelles et surtout de maximiser les blocs opératoires sous-utilisés des hôpitaux. Voilà autant de solutions concrètes qui ont fait consensus au Sommet du Collège des médecins en novembre dernier.

Les directions de la santé publique le disent, les chercheurs en administration de la santé le disent, l’OCDE l’écrit et même certains employeurs commencent à le réaliser : un système de santé public, accessible et universel constitue un atout dans notre société. Le privé, tout en coûtant plus cher et en étant moins performant, est synonyme d’exclusion et de discrimination.

Allons-nous devoir passer à travers l’expérience désastreuse de nos voisins du Sud, qui excluent des millions de personnes de l’accès à des soins de santé pour que nos gouvernants comprennent le bon sens ? Une majorité d’Américains regardent notre système universel de soins de santé avec envie et ils ont raison.

Le 15 février prochain, le groupe de travail dirigé par l’ex-ministre Claude Castonguay, lui-même un partisan du privé, doit rendre public son rapport. Nous surveillerons de près les recommandations qui seront faites.

Les solutions aux problèmes de notre système de santé sont là, sous nos yeux, dans le système public. Il suffit d’avoir le courage de les mettre en oeuvre pour refaire une santé à notre système de santé. C’est d’ailleurs ce courage qui a toujours cruellement manqué lors des pseudo réformes des vingt dernières années.

L’enjeu est trop important pour qu’on laisse la patinoire à quelques marchands d’illusions dont la seule motivation est de faire le commerce de la santé. On ne parle pas ici d’un quelconque litige commercial, mais bien de la santé physique et économique des Québécoises et des Québécois. Assurer un accès à des soins de qualité sans discrimination fondée sur la capacité de payer, ce n’est pas de la propagande, c’est la meilleure solution pour tous.

Nous invitons nos concitoyens et concitoyennes à signer en grand nombre notre pétition au www.votezsante.com.

Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
Michel Arsenault, président de la FTQ