Actualité – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 28 May 2026 03:52:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Actualité – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Des gains majeurs, de nouveaux défis à l’horizon https://www.csn.qc.ca/actualites/des-gains-majeurs-de-nouveaux-defis-a-lhorizon/ Wed, 27 May 2026 21:37:06 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116805 Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dernier mandat aura été foisonnant en matière de négociation. Et le prochain risque de l’être tout autant, dans le contexte des lois antisyndicales dorénavant en vigueur. Il nous faudra être stratégiques et pugnaces pour arriver à nos fins.

C’est l’essentiel du message qu’a livré le premier vice-président de la CSN, François Enault, lors de son rapport sur la négociation, mercredi en fin de journée.

 

2023-2026

Au cours des trois dernières années, plus d’un millier de conventions ont été renouvelées.

Au cœur de ces travaux, le comité de coordination générale des négociations, le CCGN, où siègent les huit fédérations de la CSN, a élaboré un plan de match de négociation pour lequel trois axes ont été identifiés : la santé-sécurité du travail, la déjudiciarisation des relations de travail et le minimum 20 $ l’heure.

La stratégie a porté ses fruits, plusieurs clauses en ces matières ont été adoptées.

Concernant la campagne Minimum 20 $, on peut parler de succès retentissants : « quand on regarde les 600 conventions collectives signées en 2025, 97 % atteignent le minimum de 20 $ l’heure », a relaté le premier vice-président.

Impossible de parler du dernier mandat sans évoquer la négociation du secteur public. Un des plus gros fronts communs de l’Histoire. Le plus grand à avoir tenu jusqu’au bout.

« 420 000 travailleuses et travailleurs des services publics, dont
170 000 issus de la CSN, qui exercent une grève de 11 jours, c’est impressionnant. Plus de 100 000 travailleuses et travailleurs dans les rues de Montréal », a fait valoir François Enault.

En matière de gains salariaux, le contexte inflationniste aura constitué un défi important. « On peut toutefois dire qu’on a très bien tiré notre épingle du jeu ».

Du côté des fédérations du privé, on a obtenu 21 % d’augmentation sur 4 ans dans l’hôtellerie, plus de 25,5 % sur 5 ans dans le domaine de l’aérospatiale, pour ne donner que quelques exemples.

À la CSN–Construction, c’est 22 % sur 4 ans que les travailleuses et les travailleurs sont allés chercher. On peut penser aussi aux luttes menées chez General Dynamics, au Mont-Sainte-Anne, dans plusieurs collèges privés et à Télé-Québec, notamment.

Du côté des fédérations du public, des luttes notables ont aussi été menées : dans les CPE, dans le transport collectif – au Réseau de transport de la Capitale et à la Société de transport de Montréal –, dans le transport scolaire, où l’on a vu du 35 %, du 45 % et même du 52 % sur 6 ans. On peut également penser aux centres d’hébergement privés, au milieu communautaire, et à plusieurs autres.

« Sans surprise, ces résultats majeurs ont fait réagir les patrons et le gouvernement. C’est pourquoi le prochain mandat ne sera pas simple », a toutefois averti François Enault.

 

2026-2029

La CSN, on le sait, est particulièrement bien outillée pour servir ses syndicats en matière de négociation. En plus des spécialistes en la matière, il existe bien peu d’endroits où l’on donne accès à une boîte à outils comme celle de la CSN pour appuyer les équipes de négociation.

« Mais au-delà de notre structure, il y a aussi notre approche. Et il faut parler d’analyse du rapport de force, a lancé François Enault. Parce que s’il y a un défi qui nous attend pour le prochain mandat, c’est celui de bien analyser notre capacité à mener les batailles, dans le but de faire des gains. »

Pour le premier vice-président, afin de comprendre nos leviers face à une négo, il faut pouvoir prendre le temps d’observer la conjoncture, d’évaluer la compétition, de réfléchir aux alliances possibles, regarder le cahier de commandes, observer l’image de l’employeur et, oui, évaluer notre capacité à se mobiliser.

« Tout ça, ce sont quelques-uns des éléments à considérer. Une fois cette analyse faite, là, on peut commencer par les étapes habituelles de toute bonne négociation. C’est ça, la manière CSN. »

Mais il ne faudrait pas s’asseoir sur nos lauriers. Nous devons continuer à nous améliorer en la matière, a souligné François Enault. Surtout devant les luttes qui nous attendent, à la lumière des dernières lois antisyndicales dorénavant en vigueur.

Pour le premier vice-président, réussir à tirer son épingle du jeu en négociation constitue le meilleur moyen de se battre pour les droits de toutes et de tous. « Négocier de bonnes conditions de travail, c’est la façon idéale d’améliorer notre sort collectif : comment demander aux travailleuses et aux travailleurs de lutter pour une meilleure société, s’ils en arrachent ? s’interroge-t-il. Si nous voulons un deuxième front fort, nous devons continuer à être parmi les meilleurs en négociation », a conclu François Enault.

 

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La polarisation au service du capitalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/la-polarisation-au-service-du-capitalisme/ Wed, 27 May 2026 21:21:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116793 Le comité confédéral sur les relations interculturelles a invité Emilie Nicolas – animatrice, conférencière et chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada – à échanger avec les congressistes lors d’un dîner-causerie consacré aux enjeux de l’immigration au Québec.

Avant d’entamer la discussion, Emilie Nicolas a campé le sujet en brossant un portrait historique du racisme au Québec et en Amérique du Nord. « Les discours nationalistes fermés ne viennent pas de nulle part. Ils ont toujours existé », soutient-elle. Elle a toutefois rappelé que des mouvements inclusifs ont toujours été présents, en évoquant notamment l’accueil des boat people vietnamiens dans les années 1970.

La polarisation mène vers l’effritement social et la perte de droits
Emilie Nicolas cite les États-Unis comme un contre-exemple. Selon elle, les politiciennes et politiciens de droite y ont réussi à convaincre une partie de l’électorat blanc, en s’appuyant sur des préjugés raciaux, qu’il valait mieux démanteler le filet social que de risquer de voir des personnes racisées en profiter. Elle lance un avertissement : cette logique commence à prendre forme ici à travers la volonté de réduire l’accès aux CPE pour les enfants des demandeurs d’asile, à l’aide au logement et à d’autres services.

Elle a soulevé un deuxième signal d’alarme : l’effritement des droits qui se dessine sous nos yeux. Dans les années 2010 et 2020, ce sont d’abord les minorités qui ont vu les leurs reculer. En 2025, affirme-t-elle, ce sont désormais les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont fragilisés par le gouvernement.

« C’est dommage qu’on n’ait pas écouté les femmes qui portent le hijab et les personnes trans », a-t-elle ajouté.

Une révolution à échelle humaine
Mme Nicolas invite aussi à prendre ses distances des médias sociaux. À ses yeux, ceux-ci alimentent une perte de souveraineté cognitive. La révolution, dit-elle, ne se fera pas sur les réseaux sociaux.

Elle mise plutôt sur le dialogue, estimant qu’en personne, le respect et l’écoute trouvent davantage leur place. « Plus on va se parler en personne, plus on va réaliser qu’on ne se déteste pas tant que ça. »

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La transition juste doit être négociée, ça presse ! https://www.csn.qc.ca/actualites/la-transition-juste-doit-etre-negociee-ca-presse/ Wed, 27 May 2026 20:04:07 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116770 La crise climatique est déjà bien réelle au Québec et il est grand temps de négocier une transition juste si on ne veut pas en subir les nombreuses conséquences. C’est là la teneur du dîner-causerie sur l’environnement, qui était animé par Annie Chaloux, professeure à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la question climatique.

Quelques faits révélateurs de la crise :

-En 2025, Montréal a atteint la deuxième pire qualité de l’air au monde en raison des feux de forêt.

-En 2025, le Québec a connu 4 canicules totalisant 20 jours au-dessus de 30 degrés Celsius. 2023, 2024 et 2025 ont d’ailleurs été les trois années les plus chaudes de l’histoire, à l’échelle planétaire.

-En 2025, l’Ontario a subi la pire tempête de verglas depuis 1998.

« Ce n’est pas quelque chose qui se passe à l’extérieur de nos frontières », souligne Annie Chaloux. Celle-ci rappelle que le coût annuel des changements climatiques au Canada s’élève actuellement à 25 G$ et que, si rien ne change, il risque d’augmenter à 100 G$ d’ici 2050.

Décarboner l’économie avec justice

Il est donc primordial de décarboner notre économie, d’éliminer autant que possible le recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). Pour que ça aille de l’avant sans ressac, il faut cependant que ce soit une transition juste et négociée. Le coût des immenses chantiers requis à cet effet ne doit donc pas exacerber les inégalités existantes. Dans le monde, les 10 % les plus riches émettent 50 % des gaz à effet de serre et les 50 % les plus pauvres n’en produisent que 10 % ! Les plus pauvres contribuent peu au problème, mais ils subissent davantage les conséquences d’une telle réalité. Il ne faut pas accentuer cette injustice.

Le transport, principale source d’émissions au Québec, doit être entièrement repensé, notamment en réorganisant les villes et en rendant le transport collectif plus accessible.

« Subirons-nous cette transformation ou choisirons-nous d’y participer ? », interroge Annie Chaloux.

La conférencière met toutefois en garde contre le fait d’invoquer le président Trump pour justifier l’inaction, alors que la « révolution verte », qui devrait succéder à notre révolution tranquille, devrait déjà être engagée. Le délégué Sébastien Collard s’est dit préoccupé par le fait que l’Amérique du Nord est à la traîne sur cette transition et que cela représente un « risque pour nos emplois », à moyen terme. Lorsque l’ère Trump sera derrière nous et que la Chine et d’autres pays seront très en avance sur la question des nouvelles technologies nécessaires, nous risquons de devenir les cancres de l’économie mondiale.

Les avantages de la transition

Souvent, la transition est présentée comme un simple coût, une épreuve. Annie Chaloux insiste sur tous les aspects positifs qui, pourtant, en découlent.

-Des logements mieux isolés sont plus confortables et moins chers à chauffer.

-Les transports collectifs réellement accessibles représentent une économie importante et une baisse du stress lié au trafic.

-Des villes et des espaces de vie avec plus d’arbres sont plus frais et contribuent à une bonne santé mentale.

-Des emplois de qualités dans des secteurs d’avenir.

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Cinq membres de l’exécutif de la CSN sont élus par acclamation https://www.csn.qc.ca/actualites/cinq-membres-de-lexecutif-de-la-csn-sont-elus-par-acclamation/ Wed, 27 May 2026 18:53:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116734 Les délégué-es du 68e Congrès ont réélu par acclamation certains membres de l’exécutif de la CSN. C’est le cas de Caroline Senneville, qui entamera son troisième mandat à la tête de la centrale. Enseignante au niveau collégial et ancienne présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN, elle a obtenu la confiance des délégué-es afin de poursuivre son travail à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs pour les trois prochaines années.

François Enault, négociateur chevronné, est réélu à la première vice-présidence pour un troisième mandat également. Il aura notamment à piloter la prochaine ronde de négociation du secteur public au nom des 170 000 membres que la CSN représente aussi bien dans le réseau de la santé et des services sociaux que dans ceux de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

C’est aussi un troisième mandat qui s’amorcera pour Yvan Duceppe. Comptable professionnel agréé, il a appuyé pendant des années les syndicats du mouvement au sein de MCE Conseils, en plus d’avoir occupé la fonction de trésorier à la Fédération des professionnèles–CSN. Le trésorier de la confédération veillera à la bonne santé financière de notre organisation.

De son côté, David Bergeron-Cyr est réélu pour un troisième mandat à la deuxième vice-présidence. Opérateur de chariot élévateur au centre de distribution du Groupe Jean Coutu et ancien président de la Fédération du commerce–CSN, il poursuivra notamment son travail sur des dossiers liés à la syndicalisation et la santé et la sécurité du travail.

Un nouveau visage fait son entrée à l’exécutif. Il s’agit de Jessica Goldschleger, anciennement présidente de la Fédération des professionnèles–CSN. Elle est élue pour un premier mandat à titre de secrétaire générale de la confédération.

Il est à noter qu’une élection se tiendra pour le poste de la troisième vice-présidence.

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Intelligence artificielle : quelle réponse syndicale ? https://www.csn.qc.ca/actualites/intelligence-artificielle-quelle-reponse-syndicale/ Wed, 27 May 2026 11:48:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116636 Diverses avancées technologiques survenues au cours des dernières décennies ont déjà bouleversé le monde du travail. Entre Amazon et Uber, un nouveau modèle d’exploitation capitaliste est en marche. Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) aura des conséquences dans pratiquement tous les secteurs d’activité. Pensons notamment à l’utilisation des modèles d’IA générative, déjà généralisée à l’ensemble de la société alors que ces outils sont commercialisés depuis à peine trois ans.

L’avènement de cette révolution entraînera de plus en plus de défis pour les travailleuses et les travailleurs et pour leurs syndicats. C’est l’un des grands sujets à l’ordre du jour du 68e Congrès. Pour lancer la réflexion, la professeure agrégée au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais, Julie M.E. Garneau, a dressé un état de la situation et proposé quelques pistes de réflexion aux congressistes.

Est-ce la fin du travail ? Difficile de répondre à cette question de manière définitive à ce moment. Pour l’instant, relève Julie Garneau, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies viennent surtout modifier les tâches des travailleuses et des travailleurs. Certes, des emplois disparaissent dans le processus. Certains nouveaux emplois sont aussi créés, mais ce sont en général des emplois à statut précaire, sans aucune protection. En général, pour les travailleuses et les travailleurs, l’implantation de l’intelligence artificielle rime avec une augmentation du contrôle patronal à leur égard, la perte de savoir professionnel, des risques quant à la protection des données, une intensification du travail — car l’IA remplace les salarié-es dans les situations les plus simples — ainsi qu’une augmentation des risques d’erreur et d’enjeux éthiques.

Julie Garneau est également chercheuse au Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) et co-responsable de l’axe Industrie 4.0, travail et emploi à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA). Ce dernier a mené récemment une vaste enquête auprès des organisations syndicales, dont la CSN.

Force est de constater que l’IA fait des gagnants et des perdants parmi les travailleuses et les travailleurs. Si plusieurs l’utilisent pour faciliter leur travail et augmenter leur productivité, notamment chez les professionnel-les, plusieurs lui attribuent une certaine dégradation de leurs conditions de travail, un constat généralisé dans certains secteurs comme celui de la logistique.

En fait, l’impact de l’IA sur le travail peut prendre différentes formes en fonction de l’individu, de ses tâches et de son rôle dans l’organisation. Elle peut donc mener :

  • Au remplacement de travailleuses et de travailleurs et à des pertes d’emploi ;
  • À une dégradation de l’environnement de travail (surveillance, perte d’autonomie, perte d’expertise) ;
  • À une augmentation du travail (gain de productivité, amélioration de l’expérience de travail) ;
  • À la migration vers du travail non salarié marqué par davantage de précarité et moins de droits (Uber, Amazon, etc.).

L’enquête de l’OBVIA révèle que, présentement, seulement 20 % des syndicats jouent un rôle dans la prise de décision de leur employeur concernant l’IA. L’OBVIA constate également que, dans les milieux de travail où le syndicat joue un rôle actif, celui-ci est en mesure d’améliorer les décisions ainsi que de participer à établir un climat de confiance à l’égard des nouvelles technologies.

Syndicats : un rôle à jouer

Les syndicats seront appelés à intervenir de plus en plus pour contrer les conséquences négatives de l’IA. Trois terrains devront être investis :

  • Un ensemble de lois et de règlements devra être utilisé afin d’édicter des normes, de protéger les droits des travailleuses et des travailleurs et de contrer les principales conséquences négatives du recours à l’IA et aux nouvelles technologies. Le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur lequel siègent des représentants de la CSN a récemment émis un avis à cet égard.
  • Les syndicats doivent également intégrer ces enjeux dans les conventions collectives. Les syndicats ont un rôle à jouer pour que ces innovations bénéficient aux travailleuses et aux travailleurs et non seulement aux capitalistes.
  • Enfin, les syndicats doivent informer leurs membres, leur fournir un cadre d’analyse afin que les travailleuses et les travailleurs se saisissent concrètement de ces enjeux. Pour Julie Garneau, les syndicats doivent s’imposer comme des acteurs légitimes dans ce domaine.

Pour plus d’information, consultez cette grande enquête menée par l’OBVIA, publiée en avril 2026, et l’avis du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur l’intelligence artificielle en milieu de travail.

 

 

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Le droit des femmes et la situation sociopolitique au sud de la frontière https://www.csn.qc.ca/actualites/le-droit-des-femmes-et-la-situation-sociopolitique-au-sud-de-la-frontiere/ Tue, 26 May 2026 21:37:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116578 C’est devant une salle comble que s’est déroulé le dîner-causerie du Comité de la condition féminine de la CSN. Pour l’occasion, l’invitée d’honneur était la réputée chercheuse Élisabeth Vallet, de l’Observatoire géopolitique de l’UQAM.

Spécialiste des États-Unis, Mme Vallet, qui est aussi professeure à l’UQAM et au Collège militaire royal de Saint-Jean, a brossé un portrait à la fois lucide et inquiétant – pour ne pas dire effrayant –, de la situation sociopolitique qui sévit au sud de la frontière.

Sa présentation, intitulée Reculs et fractures – De Washington au monde – Les femmes et le pouvoir a fait particulièrement état des reculs des droits des femmes, qui se déroulent sous nos yeux, à une vitesse fulgurante.

Les vents ont tourné

Alors que nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture sociopolitique tant chez nous qu’à l’échelle mondiale, la chercheuse est venue confirmer que notre sentiment d’inquiétude est fondé : nous sommes à un tournant mondial et Donald Trump est au cœur de cette tempête.

Le sentiment est réel et documenté par des scientifiques à travers le monde. À titre d’exemple, pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, plus de gens vivent dans une autocratie que dans une démocratie à l’échelle planétaire. « Nous sommes minoritaires », lance Mme Vallet. Dans le monde, plusieurs libertés sont menacées, des libertés qu’on croyait acquises : syndicales et académiques, notamment.

Le réputé Bulletin of the Atomic Scientists, qui, depuis 1945, traite de la sécurité planétaire et des questions de politique publique, en particulier celles liées aux dangers posés par les armes nucléaires et autres armes de destruction massive, avance pour sa part que nous sommes à 85 secondes de minuit, soit de l’apocalypse. Rarement depuis la fin de la Seconde Guerre avons-nous été si proches.

Zoom sur les États-Unis

Pourquoi les réalignements politiques auxquels nous assistons aux États-Unis sont-ils déterminants ? C’est que nos voisins du Sud sont la pierre angulaire de l’architecture mondiale de l’après-guerre, notamment avec la création de l’ONU. « Si on enlève cette pierre, tout s’écroule et c’est à quoi nous assistons », explique la chercheuse.

Et ce déclin a été extrêmement rapide. Le retrait des Américains de plusieurs organisations humanitaires à l’échelle mondiale, jumelé à l’abolition de programmes sociaux internes, tous exercés sous Trump, font extrêmement mal. Aujourd’hui, certains affirment que les États-Unis constituent au mieux une démocratie illibérale, au pire, une autocratie light.

Il faut dire que Trump laisse sa marque partout. Plusieurs chercheurs ont d’ailleurs noté le changement esthétique du monde trumpien : le culte de la personnalité, l’image de la femme blonde et botoxée, les manteaux kaki des agents de l’ICE de Gregory Bovino, qui rappellent curieusement la Gestapo, la mise en scène et la banalisation de la violence. On assiste aussi à la masculinisation de la politique internationale : pour être un chef d’État, il faut être homme viril, comme Trump.

Tous des changements documentés scientifiquement.

Et les femmes ?

Quand les droits s’écroulent, ceux des femmes sont parmi les premiers à tomber. On le sait, la droite américaine est composée de plusieurs factions, qui ne s’entendent pas toutes sur les directions à prendre. Il y a toutefois un point unique sur lequel elles s’entendent : la place des femmes. Ces dernières devraient rentrer à la maison et sortir de l’espace politique. Elles sont incapables et dangereuses.

Pour arriver à leurs fins, la droite les traque : l’accès à l’avortement et leur santé reproductive sont minés. Dans certains états, on suggère aux femmes d’éviter d’utiliser des applications de suivi des menstruations sur leur téléphone, afin de ne pas donner d’indices en cas d’avortement. Ailleurs, on leur suggère d’éviter de commander les tampons et serviettes hygiéniques toujours à la même pharmacie, car elles pourraient être dénoncées par leur pharmacien.

On tente aussi de complexifier l’accès au droit de vote pour les femmes. Les attaques sont si nombreuses, que deux femmes sur cinq sont prêtes à quitter des États-Unis.

La bonne nouvelle, c’est que, malgré tout, la riposte s’organise. Des bibliothécaires se regroupent pour sauver les livres interdits, plusieurs manifestations se tiennent dans les villes américaines. Les tribunaux inférieurs repoussent l’agenda de Trump, etc. « Toutes les façons de militer sont bonnes », explique la chercheuse.

Et à la question, devrions-nous craindre que cela se reproduise ici ? Élisabeth Vallet répond sans ambages : soyons extrêmement prudentes. Oui, nos contre-pouvoirs existent, mais ils ne sont pas enchâssés de manière rigoureuse.

« Il faut investir tous les espaces de la cité : pas juste le politique. Il faut prendre la parole et encourager les gens à le faire, pour contrer la désinformation. Les droits des autres sont aussi les nôtres et nous sommes tous les agents de notre cause. Ne laissons pas les autres nous diviser. Sororité ! »

 

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Se syndiquer pour gagner : la CSN en mouvement, plus forte que jamais https://www.csn.qc.ca/actualites/se-syndiquer-pour-gagner-la-csn-en-mouvement-plus-forte-que-jamais/ Tue, 26 May 2026 21:08:45 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116573 Malgré les attaques antisyndicales, malgré les obstacles, la CSN est au premier rang en ce qui concerne la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs québécois. C’est ce constat qu’a partagé le vice-président responsable de la syndicalisation, David Bergeron-Cyr, aux congressistes.

Dans une allocution résolument tournée vers l’avenir, David Bergeron-Cyr a d’abord rendu hommage aux nouveaux syndicats qui ont choisi la CSN au cours du dernier mandat. Leur présence, applaudie par les congressistes, a rappelé une vérité essentielle : se syndiquer demeure un acte de courage, de solidarité et de dignité.

Car derrière chaque nouvelle accréditation, il y a des travailleuses et des travailleurs qui refusent la peur, l’isolement ou l’arbitraire. Des campagnes souvent menées dans la discrétion, parfois même dans la clandestinité, face à des employeurs qui multiplient les tactiques antisyndicales. Le vice-président a salué le rôle déterminant des militantes, des militants et équipes syndicales qui rendent ces victoires possibles, une lutte à la fois.

Mais le constat est sans détour : les adversaires du syndicalisme se sont multipliés et durcis. Des employeurs qui contestent ouvertement la représentation syndicale. Des organisations concurrentes qui attaquent systématiquement certains syndicats affiliés à la CSN. Des gouvernements qui multiplient les offensives antisyndicales et remettent en question des outils essentiels à l’organisation collective.

Face à ces attaques, le message est sans ambiguïté : la réponse passe par un syndicalisme de proximité, enraciné dans les milieux de travail, porté par la mobilisation et le rapport de force.

Et les résultats parlent d’eux-mêmes.

Au cours du dernier mandat, plus de 15 000 nouvelles travailleuses et nouveaux travailleurs ont joint les rangs de la CSN. Une progression qui témoigne de la pertinence du projet syndical porté par la centrale. Aujourd’hui, la CSN représente 24,5 % des salarié-es syndiqué-es au Québec, tout en déposant, année après année, près de 29 % des requêtes en accréditation.

« Nous déposons plus que ce que nous représentons », a résumé David Bergeron-Cyr avec fierté.

Parmi les batailles marquantes du dernier mandat, plusieurs dossiers d’envergure témoignent d’une volonté d’ouvrir de nouveaux fronts : la lutte emblématique chez Amazon, l’organisation de secteurs non traditionnels comme les acupuncteurs et les écrivain-es du Québec, ou encore la syndicalisation du dernier groupe non syndiqué du réseau des CISSS et CIUSSS au Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, fruit d’une campagne de deux ans.

Le portrait n’est pas sans défis. La CSN a aussi perdu près de 2 000 membres, principalement à la suite de révocations syndicales. Un rappel que la syndicalisation continue après l’accréditation : elle exige une vie syndicale forte, vivante et engagée.

Pour le prochain mandat, David Bergeron-Cyr a lancé un appel à la vigilance et à l’action. L’implantation de l’agence Santé Québec dans le réseau de la santé et des services sociaux, le secteur de la construction et les secteurs d’emploi encore non syndiqués exigeront toute la force du mouvement.

Une chose est certaine : à la CSN, le combat continue. Et il se mène avec la même conviction qu’au premier jour — celle de bâtir un monde du travail plus juste, une victoire à la fois.

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Avec podcast ! https://www.csn.qc.ca/actualites/avec-podcast/ Tue, 26 May 2026 20:59:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116569 Sous une formule originale et piquante, le comité LGBT+ a invité les congressistes de la diversité et leurs allié-es à un épisode des Pas’sages – Radio Queer, « faux-vrai podcast » animé par Moe Thibodeau et Francis Boudreault.

Plusieurs thèmes ont été abordés dans l’ouverture et la bienveillance, dont les fondements de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres. En naviguant dans l’actualité à suivre ou ne pas suivre, à travers le hockey du Canadien et de la Victoire, en passant par Sophie Durocher, qui fait la crise du bacon à cause d’Angine de Poitrine, nous avons exploré plusieurs sujets éclectiques.

L’histoire d’Albert Smith (voir ci-bas) a servi d’amorce à une série d’échanges sur le sexe biologique, sur l’identité de genre, sur la vaste pluralité de l’expression des gènes et des chromosomes X et Y, puis des caractéristiques sexuées qui peuvent aussi migrer durant la puberté. Une seule posture sera de mise : l’ouverture, toujours, même si l’on ne comprend pas toujours.

Les animateurs ont spontanément téléphoné à Bernard Drainville et Simon Jolin-Barrette pour leur suggérer respectivement de mettre de l’avant les toilettes publiques mixtes et de consulter la communauté LGBTQ+ quand ils décident de lancer des projets de loi qui touchent les membres de la diversité.

Le comité a tenu à souligner le départ à la retraite de Dominique Dubuc, militante aguerrie du comité ainsi que celui de Donald Picotte, également militant de longue date.

Même avec podcast, les membres de la diversité et leurs allié-es ont passé un super bon moment.

 

 

L’incroyable histoire d’Albert Smith

Dans un livre intitulé The Miracle Maid, Thom Racine, ancien policier de Cornwall en Ontario, enquête et retrace l’histoire étonnante d’Albert Smith, connu aussi sous le nom d’Albertine Lapensée, l’étoile des étoiles. En 1916, Albertine devient une vedette du hockey féminin canadien alors que la guerre de 1914-1918 éloigne les hommes des patinoires. Entre autres, le 27 janvier 1916, Lapensée se démarque lors d’un match en marquant 23 buts. En 2 saisons, 123 buts lui seront attribués.

À un moment, l’athlète disparaît. Racine retrouvera ses traces aux États-Unis, lieu de sa mort. Sur sa pierre tombale, son nom réel, Albert Smith, sera aussi retracé sur son acte de naissance révélant son sexe masculin. Cette légende nous révèle qu’Albert Smith était fort probablement une personne intersexe. Nous ne le saurons toutefois jamais, puisqu’il n’a jamais choisi son identité de genre.

Pour en savoir plus : https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/12820/albertine-lapensee-hockey-feminin-mystere-disparition-intersexualite

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La Gen Z en action https://www.csn.qc.ca/actualites/la-gen-z-en-action/ Tue, 26 May 2026 20:25:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116561 Près de 80 jeunes – et moins jeunes – ont pris part au dîner-causerie du comité confédéral des jeunes ce midi. Dans la salle, des syndiqué-es de moins de 35 ans venus créer des solidarités, mais aussi des membres à la recherche de pistes de solutions pour inclure davantage la relève syndicale. 

Affilié à la CSN en 2023, le CREW représente les auxiliaires d’enseignement et de recherche de l’Université Concordia. Mya Walmsley et Saskia Kowalchuk racontent que c’est l’incapacité de leur ancienne centrale syndicale à défendre adéquatement ses membres qui les a poussées à changer d’organisation. Un professeur accusé de harcèlement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La nature du travail d’auxiliaire pose toutefois une difficulté structurelle à qui tente de mener un maraudage : la liste des membres change chaque session universitaire. Malgré ça, les militants du CREW ont recueilli 1700 cartes, en misant sur une campagne militante rigoureuse et créative. « On voulait parler aux membres dans un langage qui avait du sens pour eux et s’éloigner du langage formel et corporatiste de notre ancienne centrale », expliquent les deux militantes.  

Rosalie Bezeau-Faucher et Marion Dinne présentent ensuite le Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention communautaire (STTIC–CSN), syndicat de 900 membres issus de 23 organismes communautaires. Contrairement au CREW, qui est un syndicat de jeunes par définition, le membrariat du STTIC–CSN est jeune, principalement à cause des mauvaises conditions de travail du milieu communautaire. Ses adhérents, souvent nouvellement diplômés, vivent leur première expérience de travail et se heurtent à des salaires insuffisants, à des enjeux de santé et de sécurité ainsi qu’au sous-financement des milieux communautaires. Le syndicalisme devient alors un levier essentiel, tant pour améliorer les conditions d’emploi que pour renforcer les services à la population. 

Dans les deux syndicats, les intervenantes soulignent des défis communs : roulement élevé, manque de ressources et méconnaissance des droits chez les jeunes travailleuses et travailleurs. Ces réalités compliquent la vie syndicale et le renouvellement militant. Pourtant, le message est clair : rien ne justifie que les jeunes soient traités comme une main-d’œuvre bon marché. Que ce soit dans le commerce de détail, la restauration, les épiceries ou les universités, tout travail devrait permettre de vivre dignement.  

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Des finances saines malgré les défis https://www.csn.qc.ca/actualites/des-finances-saines-malgre-les-defis/ Tue, 26 May 2026 20:23:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116524 Le trésorier de la CSN, Yvan Duceppe, a présenté aujourd’hui les états financiers couvrant le mandat 2023-2026. Celui-ci a été marqué à la fois par une hausse des revenus, mais aussi par une augmentation des dépenses.

En effet, on remarque une augmentation de plus de 30 000 cotisantes et cotisants à la CSN si l’on compare le mandat 2020-2023 à celui de 2023-2026. La cotisation mensuelle moyenne (29,66 $) a également été plus élevée dans le mandat qui se termine que ce qu’elle était il y a trois ans (27,54 $).

Concrètement, ces deux facteurs ont permis de générer des revenus totaux de 349 M$, alors que les revenus du mandat précédent s’élevaient à près de 288 M$. La santé financière du Budget de fonctionnement est donc bonne, avec un surplus de 3,4 M$.

 Nécessaire renflouement du FDP

Les dépenses du Fonds de défense professionnelle ont atteint 149,2 M$ dans le mandat qui vient de se terminer. Cela s’explique par le nombre élevé de conflits des dernières années, mais aussi par la hausse des prestations de secours adoptée au dernier congrès.

« Pas moins de 203 580 prestations de secours auront été versées à des syndiqué-es en conflit durant ces trois années », précise le trésorier de la CSN.

« C’est absolument remarquable. L’état de la situation financière à la CSN appelle toutefois à un renflouement du FDP. Un renflouement reposant sur des mesures auxquelles toutes et tous contribuent : la CSN, les fédérations, les conseils centraux, les syndicats ainsi que les travailleuses et travailleurs. »

 

 

 

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Amplifier la voix des travailleuses et des travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/amplifier-la-voix-des-travailleuses-et-des-travailleurs/ Tue, 26 May 2026 18:11:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116493 Pour une première fois dans l’histoire du Québec, un gouvernement est venu modifier le droit du travail sans consulter les principaux intéressés : les travailleuses et travailleurs et leurs représentants. Selon Dalia Gesualdi-Fecteau, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal et directrice du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT), les syndicats et leurs membres doivent reprendre l’offensive afin que les lois correspondent à leurs besoins.

« Le droit du travail s’est forgé par du temps et des luttes ouvrières », a lancé d’entrée de jeu Mme Gesualdi-Fecteau. Mais depuis quelques années, le gouvernement impose sa propre vision en la matière, en opposant droits collectifs et droits individuels. Elle invite ainsi les congressistes et la CSN à repenser la législation du travail afin de se doter d’une vision ambitieuse et de revendiquer de nouvelles avancées.

« La loi 14 permet au gouvernement d’intervenir dans les conflits de travail. Le projet de loi 3, quant à lui, introduit la conception de cotisation facultative, par laquelle on vise à limiter la capacité des syndicats à intervenir dans les débats démocratiques et dans les luttes sociales. Or, c’est ce que les syndicats ont historiquement fait ; c’est une fonction essentielle du syndicalisme », croit-elle.

Selon la professeure, le droit du travail sert, d’une part, à réduire les risques économiques et en matière de santé, à assurer un encadrement, mais aussi à aménager des espaces d’autonomie et des cadres où peut s’exprimer une voix collective.

Il ne s’agit pas que d’un droit individuel : lorsque les travailleuses et travailleurs disposent de conditions dignes, c’est la qualité de vie globale qui est rehaussée.

En plus de défendre nos acquis et de vouloir aller chercher ce qu’on a perdu au cours du dernier mandat de la CAQ, il faut que le droit du travail réponde aux enjeux d’aujourd’hui et de demain : transformation technologique et numérique rapide – intelligence artificielle –, crise climatique, crise tarifaire, concurrence des intérêts nationaux, protectionnisme, populisme, etc.

« Quand on veut réagir face à ces transformations, il faut penser aux compétences et aux conditions de travail. Nous devons saisir les occasions quand elles se présentent », affirme Dalia Gesualdi-Fecteau.

Un dialogue démocratique
Au Québec, nous avons des lieux de dialogue qui font rougir de jalousie le reste du Canada : le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre, la Commission des partenaires du marché du travail et des comités au sein de la CNESST. Mais ces structures doivent rester mobilisées en tout temps, pas seulement quand ça plaît au gouvernement. Vu la rapidité des transformations dans nos milieux de travail et dans la société en général, ces canaux doivent demeurer ouverts en permanence.

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Encore aujourd’hui, l’histoire montre l’importance des syndicats https://www.csn.qc.ca/actualites/encore-aujourdhui-lhistoire-montre-limportance-des-syndicats/ Tue, 26 May 2026 17:57:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116489 « Les vacances, les retraites, la sécurité, le temps libre, la dignité… on a tout arraché ça ! L’histoire, ça nous montre que les gains sociaux, ça vient de l’organisation collective. Et s’il reste encore un endroit où ça peut être fait, ce n’est pas dans les partis politiques, c’est dans les structures comme la CSN », a lancé l’historien et journaliste au Devoir, Jean-François Nadeau, devant une foule enthousiaste à l’ouverture du congrès.

Les syndicalistes sont aujourd’hui présentés comme des « enfants gâtés », mais certains rappels historiques montrent à quel point cela est faux. Nadeau situe le basculement idéologique actuel en le reliant à Margaret Thatcher, ancienne première ministre de Grande-Bretagne, qui affirmait que la société n’existait pas comme telle. Récemment, Elon Musk est allé jusqu’à affirmer que « l’empathie est un danger ! ». Des chroniqueurs comme Mario Dumont ou Mathieu Bock Côté se font, de nos jours, les échos de cette philosophie au Québec.

Jean-François Nadeau retrace les conséquences de cette pensée individualiste au Québec, notamment en éducation avec les écoles à trois vitesses ou les bâtiments qui tombent en ruine. « Les terrains vagues servent de chambre à coucher », constate le journaliste, qui ajoute que des bâtiments publics, comme l’Hôtel-Dieu, sont inoccupés et pourraient servir à loger celles et ceux qui sont dans la rue.

Des luttes passées qui nous constituent

Jean-François Nadeau a rappelé plusieurs luttes historiques qui ont mené à des avancées pour les travailleuses et les travailleurs. « Les droits n’ont pas poussé dans les arbres », rappelle-t-il.

On repense rarement, par exemple, que les ouvriers du canal de Lachine, en 1877, se sont fait tirer dessus. Même constat pour les ouvriers qui ont construit le Parlement de Québec, en 1878, et dont le salaire avait été réduit de 50 % ! En 1906, les mitrailleuses sont utilisées pour contrer l’arrivée d’un syndicat dans une scierie de Buckingham (Gatineau). Les combats emblématiques des allumettières pour fonder le premier syndicat de femmes au Canada, en 1918, ont également été évoqués ainsi que les grèves de l’amiante et chez Dupuis Frères.

Les inégalités persistent aujourd’hui

Jean-François Nadeau a pris soin de montrer que les inégalités extrêmes ne sont pas seulement histoire du passé. Les écarts de richesse sont même en croissance aujourd’hui. Il note, par exemple, le salaire de la nouvelle PDG du CN, Tracy Robinson, qui atteint 21,4 M$ – l’équivalent de 600 années au salaire minimum !

« Combien de richesse une société peut-elle concentrer avant de commencer à se défaire, à se déliter ? Jusqu’à quel point les écarts entre riches et pauvres devront-ils se creuser avant qu’on se rende compte qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ? Qui est pourri au royaume du Caquistan ? », interroge Jean-François Nadeau.

Nadeau fait remarquer que les personnes immigrantes servent bien souvent de boucs émissaires pour qu’on détourne le regard des problèmes d’inégalité. « Mon père adoptif est depuis peu dans un CHSLD, s’il n’y avait pas d’immigrantes pour l’aider tous les jours, il serait mort », a lancé le journaliste avec émotion… sur quoi la salle a longuement applaudi.

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Discours d’ouverture : une CSN mobilisée face aux reculs et tournée vers l’avenir https://www.csn.qc.ca/actualites/discours-douverture-une-csn-mobilisee-face-aux-reculs-et-tournee-vers-lavenir/ Mon, 25 May 2026 22:03:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116282 En ouvrant le 68e Congrès de la CSN devant plus de 2000 congressistes réunis à Québec, la présidente Caroline Senneville a brossé un portrait lucide – parfois préoccupant, mais résolument combatif – des trois dernières années. Son message : malgré les attaques contre les droits syndicaux, les crises politiques et économiques et un contexte international instable, la CSN a tenu bon, s’est mobilisée et a obtenu des gains concrets pour ses membres.

D’entrée de jeu, la présidente a situé le mandat 2023-2026 dans une conjoncture mondiale marquée par la montée de l’autoritarisme, les conflits armés, la polarisation politique et l’affaiblissement des institutions démocratiques. Elle a souligné les répercussions directes de ce climat sur les travailleuses et les travailleurs, notamment à travers les tensions économiques, les incertitudes commerciales et les pressions sur l’emploi.

Au Canada, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et les tensions commerciales avec les États-Unis ont fragilisé plusieurs secteurs d’activité, particulièrement les industries manufacturières et forestières. La CSN a réitéré sa demande pour une réforme de l’assurance-emploi afin de mieux protéger les salarié-es devant les ralentissements économiques.

Sur la scène québécoise, Caroline Senneville a dressé un bilan sévère du deuxième mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui fut une période de confrontation avec le mouvement syndical. Elle a dénoncé plusieurs lois antisyndicales, notamment celles limitant le droit de grève, affaiblissant la santé et la sécurité du travail, notamment dans les services publics et fragilisant l’autonomie syndicale. La CSN, a-t-elle rappelé, a multiplié les mobilisations, les recours politiques et juridiques pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

Face à ces offensives, la centrale a répondu par l’action. La campagne Faire front, lancée en 2025, a largement mobilisé les membres autour de priorités communes : défendre la liberté syndicale, protéger l’État social et assurer une transition juste. Dans ce cadre, plus de 50 000 personnes ont participé à une grande manifestation à Montréal contre les reculs imposés par le gouvernement le 29 novembre dernier.

La présidente a également mis en lumière plusieurs campagnes structurantes menées durant le mandat, notamment Pas de profit sur la maladie, visant à freiner la privatisation du réseau de santé et services sociaux, ainsi que L’information, un bien public, qui a contribué à faire avancer les mesures de soutien aux médias. La mobilisation dans le réseau d’éducation a aussi permis de stopper d’importantes compressions budgétaires.

Sur le terrain des négociations, le bilan présenté est significatif. Dans le secteur privé, les efforts pour hausser les bas salaires ont porté leurs fruits : 97 % des conventions signées en 2025 ne comportent plus de rémunérations inférieures à 20 $ l’heure. Le Front commun du secteur public a obtenu des gains salariaux importants pour près de 420 000 personnes, incluant une augmentation salariale de 17,4 % et une clause d’indexation à l’inflation.

Le mandat aura aussi été marqué par une croissance syndicale soutenue, avec plus de 15 000 nouveaux membres, ainsi que par des luttes emblématiques, dont la syndicalisation historique chez Amazon, une première au Canada, et la riposte à la fermeture des entrepôts québécois, avec la campagne Délivrons-nous d’Amazon – Pas d’achat, pas de contrat.

En conclusion, Caroline Senneville a rappelé que les droits des travailleuses et des travailleurs ne sont jamais acquis. Dans un contexte de transformations profondes – transition climatique, intelligence artificielle, mutations du travail – la CSN entend poursuivre son action avec la même détermination. « Rien ne nous a été donné. On a gagné ensemble », a-t-elle lancé, appelant les membres à poursuivre les luttes avec solidarité, fierté et combativité.

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Bilan de la mobilisation : trois années de luttes, de gains et de solidarité https://www.csn.qc.ca/actualites/bilan-de-la-mobilisation-trois-annees-de-luttes-de-gains-et-de-solidarite/ Mon, 25 May 2026 22:00:19 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116277 En fin de journée, la vice-présidente responsable de la mobilisation, Katia Lelièvre, a rendu un hommage appuyé aux milliers de travailleuses et de travailleurs qui ont tenu tête à leurs employeurs au cours des trois dernières années. Son message : la mobilisation est plus qu’un mot à la CSN – elle est notre identité, notre moteur et notre force collective.

Depuis mai 2023, 800 syndicats ont vécu une grève ou un lock-out, un nombre sans précédent qui témoigne de l’intensité des luttes menées partout au Québec. Dans un contexte marqué par l’inflation, la pression sur le coût de la vie et les demandes patronales toujours voraces, les membres de la CSN se sont tenus debout pour défendre des conditions de travail justes et dignes.

Le discours a évoqué plusieurs conflits marquants du mandat, du Front commun dans le secteur public à la négociation coordonnée de l’hôtellerie, en passant par les CPE, les casinos, Metro, Presto Libre-Service, Olymel, General Dynamics, le Jardin de Robi, les employé-es d’entretien des sociétés de transport de Montréal et Québec ou encore des conflits de longue haleine comme ceux de Béton Provincial et de Renaud-Bray. Partout, un même fil conducteur : la solidarité. Celle qui permet de « tenir la minute de plus », sur les lignes de piquetage, dans les campagnes de financement et grâce à l’appui concret des conseils centraux, des fédérations et des salarié-es de la CSN.

La vice-présidente a également dénoncé l’offensive antisyndicale du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), notamment par l’adoption de lois visant à limiter le rapport de force syndical, et ce, de diverses manières. Malgré ces attaques, la CSN n’a pas reculé : elle s’est organisée, mobilisée et battue dans les milieux de travail, dans la rue et devant les tribunaux.

Au-delà des conflits de travail, le mandat a aussi été marqué par des campagnes sociales et politiques importantes. Qu’il s’agisse de défendre le caractère public du système de santé et de services sociaux, de soutenir les médias, de lutter contre les discours haineux, les inégalités, la crise du logement ou les reculs en immigration et en éducation, la CSN a multiplié les alliances avec des groupes progressistes, communautaires, féministes, écologistes et étudiants.

En conclusion, le discours invitait les membres à poursuivre cette tradition de solidarité qui anime la CSN depuis plus d’un siècle : continuer à « tenir la minute de plus » pour améliorer les conditions de travail, défendre les droits collectifs et bâtir un avenir plus juste pour les générations à venir. Parce que la CSN est syndicaliste. Point.

 

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« Syndicalistes. Point. » https://www.csn.qc.ca/actualites/syndicalistes-point/ Mon, 25 May 2026 15:41:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116071 « Il n’y a aucune ambiguïté pour nous. Les partis qui souhaitent former le prochain gouvernement doivent prendre le parti des travailleuses et des travailleurs et du progrès social en s’engageant à abolir les lois antisyndicales adoptées par la CAQ. Surtout dans un contexte où ces législations anti-travailleurs adoptées risquent d’être déclarées inconstitutionnelles », déclare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Une vision pour transformer le Québec

Les sujets débattus lors de ce congrès mettent en lumière l’ampleur des attaques portées au droit du travail et au mouvement syndical, notamment les restrictions au droit de grève; l’effritement des services publics et de l’État social; l’affaiblissement des mécanismes de santé et sécurité du travail et les entraves à l’autonomie syndicale.

Le 68e Congrès met de l’avant une identité forte et un positionnement clair : « Être syndicaliste aujourd’hui, c’est défendre un projet de société. C’est refuser les reculs, c’est proposer des solutions et c’est porter une vision ambitieuse pour le Québec », souligne la présidente.

Cette vision repose notamment sur :

  • Le renforcement des services publics universels et accessibles, mis à mal par les politiques d’austérité et le recours au privé;
  • Une fiscalité plus juste et des investissements structurants pour réduire les inégalités;
  • Une transition écologique fondée sur la justice sociale et des emplois de qualité;
  • Le développement économique des régions et la vitalité du territoire.

Encadrer l’intelligence artificielle et protéger le travail

La CSN appelle aussi les partis politiques à prendre acte des transformations majeures du monde du travail, notamment liées à l’intelligence artificielle. Elle réclame un encadrement législatif rigoureux et une stratégie de souveraineté numérique pour protéger les emplois, les droits et la démocratie. « Le prochain gouvernement devra agir rapidement pour encadrer l’intelligence artificielle et éviter qu’elle aggrave les inégalités et la précarité. Le progrès technologique doit profiter à tout le monde », insiste Mme Senneville.

L’avenir politique et constitutionnel du Québec

Le 68Congrès amorce également une réflexion importante sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec. Fidèle à son rôle dans la société civile, la CSN souhaite que ses membres lui donnent le mandat d’entamer des consultations afin d’actualiser sa position sur cette question au cours des trois prochaines années.

« Pour la CSN, l’avenir politique du Québec n’appartient pas à un parti politique, mais à la population québécoise et à elle seule. C’est pourquoi la société civile, incluant le mouvement syndical, doit prendre sa place dans ce débat. Il s’agit d’un enjeu qui mérite un débat démocratique large, rigoureux et ancré dans les réalités d’aujourd’hui. Dans cette optique, nous voulons donc prendre le temps de consulter nos membres et construire une position qui reflète leurs aspirations, dans une perspective de justice sociale, d’égalité et d’inclusion », souligne Caroline Senneville.

Un appel clair à la responsabilité politique

La présidente termine en rappelant que peu importe l’issue du scrutin en octobre prochain, la centrale demeurera mobilisée et vigilante.

« Notre message est simple : il est temps de renouer avec le progrès social. Les droits syndicats et du droit du travail, ce sont des droits humains. On ne peut pas s’essuyer les pieds dessus », conclut Mme Senneville.

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Paramédics – Des recrues mieux payées si elles travaillent comme préposé-es aux bénéficiaires https://www.csn.qc.ca/actualites/paramedics-des-recrues-mieux-payees-si-elles-travaillent-comme-prepose-es-aux-beneficiaires/ Fri, 22 May 2026 18:03:08 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115838 Sans convention collective depuis le 31 mars 2023, les 3500 paramédics membres de syndicats CSN réclament notamment un niveau de salaire en phase avec leur compétence et leur expertise, ce que leur refuse le gouvernement. Or, les syndicats constatent que le gouvernement fait présentement de l’œil aux finissants du DEC en soins préhospitaliers d’urgence, avec des publicités leur faisant miroiter un salaire horaire de 29,37 $ pour travailler comme préposé-es aux bénéficiaires, soit près de trois dollars de plus que le salaire d’entrée des paramédics.

« C’est précisément parce que le gouvernement s’est montré incapable jusqu’ici d’offrir aux paramédics un taux de salaire convenable que ces finissants ne peuvent pas travailler dès maintenant comme paramédics, dénonce le représentant du secteur préhospitalier FSSS–CSN, Jean Gagnon.

« Tant mieux si les préposé-es aux bénéficiaires peuvent gagner un salaire de plus de 29 $ l’heure en commençant. C’est le fruit d’ententes qu’ils ont négociées avec le gouvernement. Mais ça montre clairement que quelque chose ne tourne pas rond dans le système, car le gouvernement nous offre présentement un salaire inférieur à ça pour les nouveaux paramédics en soins primaires ! C’est vraiment incohérent. »

La vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), Lucie Longchamps, rappelle que les entreprises ambulancières peinent déjà à combler tous les quarts de travail nécessaires au strict minimum pour la santé et la sécurité de la population. « Le gouvernement met déjà en péril la capacité du secteur préhospitalier à retenir son monde et il est maintenant prêt à mettre en jeu la capacité d’y attirer la relève. Déjà, plus de la moitié des paramédics choisissent de quitter leur emploi dans les cinq premières années. La situation ne fera qu’empirer tant qu’on n’aura pas un gouvernement qui se montrera capable de reconnaître leur profession. ».

Un blitz de négociation crucial
Le gouvernement lance cette offensive de recrutement auprès des finissants futurs paramédics dans le contexte où ceux-ci ne pourront effectuer de stages ni compléter leur formation tant que les conventions collectives ne seront pas renouvelées. Un blitz de négociation se tiendra à compter du 1er juin pour trouver un terrain d’entente.

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La Cour internationale de Justice renforce le droit de grève https://www.csn.qc.ca/actualites/la-cour-internationale-de-justice-renforce-le-droit-de-greve/ Thu, 21 May 2026 20:38:22 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115797 Dans un avis rendu aujourd’hui, la Cour internationale de Justice (CIJ), basée à La Haye, aux Pays-Bas, estime que le droit de grève est protégé par la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948.

Cette convention de l’Organisation internationale du travail (OIT), une institution de l’ONU, assure aux travailleuses et aux travailleurs du monde entier le droit de constituer des organisations de leur choix, d’élire librement leurs représentantes et représentants, d’organiser leur gestion et de formuler leur programme d’action.

Certains pays et employeurs estimaient jusqu’à maintenant que ce programme d’action n’incluait pas le droit de grève. Après une analyse approfondie, la Cour internationale vient de leur donner tort et établit que le droit de grève doit maintenant être protégé par le droit international. Il s’agit d’une décision majoritaire de 10 juges contre 4.

« L’avis consultatif rendu aujourd’hui par la Cour internationale de Justice constitue une avancée majeure pour le mouvement syndical international. Pendant près de quinze ans, le droit de grève a été remis en question au sein même de l’OIT, créant une incertitude juridique inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs partout dans le monde. La CIJ tranche aujourd’hui avec clarté : le droit de grève est un droit syndical fondamental, protégé par le droit international. La CSN se réjouit de cette décision et réaffirme son engagement à défendre l’exercice plein et entier de ce droit, au Québec comme à l’international », a commenté la présidente de la CSN, Caroline Senneville, à propos de la décision.

À propos

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

 

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Il marche de Montréal à Québec pour l’avenir de la profession https://www.csn.qc.ca/actualites/il-marche-de-montreal-a-quebec-pour-lavenir-de-la-profession/ Thu, 21 May 2026 12:33:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115731 Paramédic à Rouyn-Noranda depuis treize ans, Marc-André Provost, comme tous ses collègues, trouve que trois ans sans convention collective, c’est beaucoup trop long. Exaspéré, souhaitant dénoncer l’intransigeance du gouvernement pour la négociation et ce qu’il perçoit comme un énorme manque de respect à l’égard de sa profession, il a décidé de marcher, en partant de Montréal, jusqu’à l’Assemblée nationale, à Québec.

C’est là, où à peu près personne n’oserait chausser ses souliers de paramédic au quotidien, qu’il a remis, six jours plus tard, ses espadrilles de marche à la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau. Responsable du dossier des négociations pour le gouvernement, elle est, dit-on, également grande amatrice de souliers ! En négociation, les paramédics ont fait tout un bout de chemin jusqu’à maintenant pour rejoindre les préoccupations du gouvernement, il est grand temps qu’il en fasse autant !

Tout au long de son parcours, en pleine semaine nationale des paramédics et des services préhospitaliers, Marc-André a reçu l’amour de ses pairs et du grand public. Des dizaines de paramédics l’attendaient à la descente de la traverse provenant de Lévis pour parcourir avec lui les derniers kilomètres.

Les paramédics sauvent des vies, chaque jour. Durant leur carrière, ils vivront à l’emploi, de 600 à 800 événements potentiellement traumatisants. À titre d’exemple, le travailleur moyen en connaîtra deux ou trois…

Pourtant, après des années de pourparlers, le gouvernement de la CAQ se montre toujours incapable de leur offrir des conditions de travail dignes. Quand on calcule tout, les dernières offres patronales représentent toujours des reculs importants, notamment en ce qui a trait à la rémunération.

Les dernières données sur la charge de travail des paramédics montrent qu’elle est en augmentation dans de nombreuses régions du Québec. En outre, la majorité des paramédics changent de carrière dans les cinq premières années de travail, notamment à cause des conditions de travail insuffisantes.

Quelque 3 500 paramédics sont membres de syndicats CSN, partout au Québec. Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2023. À la demande de la CSN, le Conseil du trésor a accepté de tenir un blitz de négociation qui se tiendra dans une dizaine de jours.

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Les salarié-es de la résidence Jardins Logidor en grève dès le 3 juin 2026 https://www.csn.qc.ca/actualites/les-salarie-es-de-la-residence-jardins-logidor-en-greve-des-le-3-juin-2026/ Wed, 20 May 2026 19:55:48 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115674 Devant l’impasse qui perdure depuis plusieurs mois à la table de négociation, les travailleuses et travailleurs de la résidence Jardins Logidor déclencheront une grève du 3 au 7 juin 2026. Par cette mobilisation, ils entendent envoyer un message sans équivoque à leur employeur, Cogir Immobilier : il est temps de les prendre au sérieux.

Une troisième résidence en grève en moins d’un mois

La résidence Jardins Logidor devient ainsi la troisième RPA du groupe Cogir à déclencher une grève au cours des 30 derniers jours, ce qui témoigne d’un problème structurel dans les négociations.

« Le fait que les syndiqué-es d’une autre résidence de Cogir déclenchent la grève démontre que l’employeur applique une stratégie uniforme à travers ses établissements », souligne Marlène Ross, porte-parole du secteur des RPA à la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN. « L’objectif de la direction est clair : étirer les négociations pour épuiser les travailleuses et travailleurs et leur imposer des ententes au rabais. »

Elle ajoute : « Pour Cogir, c’est une question de profit. Chaque concession arrachée aux salarié-es est perçue comme un gain pour les actionnaires. » Pendant ce temps, plusieurs employé-es des RPA figurent parmi les moins bien rémunérés du secteur et peinent à joindre les deux bouts.

Si rien ne débloque aux tables de négociation, il faut s’attendre à une intensification des mobilisations, et pas seulement à Logidor, mais aussi dans les autres RPA présentement en conflit avec Cogir.

Refus de s’appauvrir

De son côté, Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, dénonce fermement la situation :

« Les travailleuses et travailleurs des RPA accomplissent un travail essentiel en prenant soin de nos aîné-es — souvent dans des conditions exigeantes — et le font avec un dévouement remarquable. Qu’ils et elles soient contraints de faire la grève simplement pour exiger de leur employeur de ne pas les appauvrir est honteux. »

Elle conclut : « Il est hors de question de laisser Cogir imposer son approche. Les salarié-es méritent mieux et la CSN, ses fédérations et ses conseils centraux les appuieront jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. »

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Près de 21 % sur 5 ans pour les 400 salarié-es d’Olymel Berthierville https://www.csn.qc.ca/actualites/pres-de-21-sur-5-ans-pour-les-400-salarie-es-dolymel-berthierville/ Wed, 20 May 2026 17:51:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115666 Rassemblé-es en assemblée générale le 19 mai, les 400 travailleurs et travailleuses d’Olymel à Berthierville ont voté à 91 % en faveur de l’entente de principe. Cette négociation leur a permis d’obtenir des gains majeurs, notamment sur le plan des salaires et de la réduction de la charge de travail.

L’entente de principe était intervenue le 14 mai après une journée de grève exercée le 11 mai. La détermination des salarié-es de l’abattoir de poulet Olymel de Berthierville aura été payante. L’entente prévoit des augmentations salariales de près de 21 % sur 5 ans — dont une de 2,35 $ l’heure en 2026 — et la mise en place d’un mécanisme pour réguler la charge et la cadence de travail. Cet abattoir, qui emploie nombre de travailleuses et travailleurs étrangers temporaires, est connu pour une cadence de travail particulièrement intense.

« Les travailleuses et les travailleurs ont de quoi être fiers. Leur bataille a permis des avancées sur les enjeux prioritaires qu’on avait identifiés, soit le salaire et la charge de travail. On ne fait pas un travail facile, mais avec cette négociation, on s’est donné les moyens d’améliorer notre quotidien », explique la présidente du Syndicat des employé-es de l’Abattoir de Berthierville–CSN, Caroll Turcotte.

« La mobilisation des salarié-es a forcé l’employeur à mettre la main dans sa poche pour enfin reconnaître leur travail à sa juste valeur. Il faut dire que les profits sont au rendez-vous dans le secteur agroalimentaire. C’est la moindre des choses que les travailleuses et les travailleurs récoltent leur juste part. Cette négociation montre qu’on peut changer la donne quand on se met ensemble », poursuit le vice-président de la Fédération du commerce–CSN, Alexandre Filiatrault.

« Les 400 travailleuses et travailleurs de l’abattoir se sont ralliés pour améliorer leur salaire et leurs conditions de travail sous le thème “Pas de salaire, pas de poulet”. La réalité des travailleuses et des travailleurs étrangers temporaires était préoccupante et l’ensemble des salarié-es s’est tenu coude à coude pour faire entendre raison à l’employeur. Aujourd’hui, ils peuvent dire : mission accomplie ! », conclut la présidente du Conseil central de Lanaudière–CSN, Patricia Rivest.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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