Actualité – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Sat, 30 May 2026 18:38:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Actualité – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Québec est une ville pro-choix et va le rester https://www.csn.qc.ca/actualites/quebec-est-une-ville-pro-choix-et-va-le-rester/ Sat, 30 May 2026 17:47:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117090 Un rassemblement « Riposte pro-choix » se tient aujourd’hui, devant l’Assemblée nationale du Québec. Initié par la CSN, et soutenu par de nombreuses organisations féministes, le rassemblement se voulait une réponse à la « marche pour la vie », une manifestation contre le droit à l’avortement organisée pour la troisième année consécutive par un groupe intégriste chrétien.

« Il y a quelques semaines, « Campagne Québec Vie » a annoncé qu’elle renonçait à organiser sa manifestation anti-avortement. C’est une grande une victoire pro-choix ! Nous avons quand même décidé de maintenir le rassemblement « Riposte pro-choix » pour célébrer nos victoires et rappeler haut et fort que Québec est une ville pro-choix et va le rester. Si on pouvait leur enlever à jamais l’envie de revenir, ce serait parfait ! » a déclaré Mélanie Pelletier, vice-présidente à la condition féminine du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

« N’en déplaise à certains, la question du droit à l’avortement est une question syndicale. Le droit à l’avortement est indissociable du droit au travail des femmes, car pour elles, contrôler sa force reproductrice est une condition cruciale pour atteindre une autonomie réelle et une égalité dans les études, l’emploi ou la carrière ! » rappelle Jessica Goldschleger, la nouvelle secrétaire générale de la CSN tout juste élue mercredi dernier par le congrès de la centrale qui se tenait à Québec. Pour la secrétaire générale, il est essentiel que la CSN, qui représente une majorité de femmes rappelons-le, continue de Faire front pour les droits des travailleuses.

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Une énergie à propager https://www.csn.qc.ca/actualites/une-energie-a-propager/ Fri, 29 May 2026 18:10:27 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117023 Il revenait à Caroline Senneville de prononcer le discours de clôture du 68e Congrès de la CSN. Au sortir de ce rassemblement mémorable, les congressistes retournent dans leurs milieux pour faire vivre les propositions adoptées pour le mandat qui s’amorce.

Une des choses qu’on retiendra, ce sera l’assistance record. Plus de 2 000 membres ont convergé vers Québec toute la semaine pour prendre acte du bilan de nos actions des dernières années et pour nous projeter dans le futur en débattant des priorités des prochaines années. Le congrès est allé rondement et de nombreuses propositions ont été adoptées tout au long de la semaine.

Toujours combatif

Si l’on devait résumer le dernier mandat, la combativité serait le mot à retenir. Les luttes de centaines de syndicats nous ont rappelé à quel point c’est lorsqu’on se mobilise qu’on peut améliorer notre sort. Face à une inflation record, la détermination des travailleuses et des travailleurs a fait la différence. Un nombre majeur de grèves et plusieurs ententes assorties des gains significatifs ont marqué des trois dernières années.

Mais la réplique patronale n’a pas tardé. Les projets de loi antisyndicaux se sont accumulés et trop d’employeurs ont choisi l’arme du lockout pour mettre des salarié-es au pas. Nous devrons continuer de nous lever et de nous faire entendre pour réclamer plus de justice sociale.

Aller voir notre monde

Dans le mandat qui s’amorce, nous devrons tout faire pour défendre nos droits syndicaux. Les congressistes ont d’ailleurs adopté une proposition à ce sujet. Que cela soit dit : la CSN affirmera son identité syndicale plus que jamais. Avec les élections qui approchent, les partis politiques qui se voient gouverner le Québec doivent s’engager à retirer les lois liberticides adoptées par le gouvernement caquiste.

Aller à la rencontre des membres sera un incontournable. Les propositions discutées sur les droits syndicaux, sur les services publics et sur l’intelligence artificielle devront se matérialiser dans nos milieux de travail. Les plans d’action à venir passeront par l’éducation populaire des travailleuses et des travailleurs. Ce sera notamment le cas avec la tenue prochaine d’une consultation visant à actualiser la position de la centrale sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec.

Les défis qui nous attendent sont nombreux et le vent de face que nous affrontons a de quoi nous préoccuper. Mais ce sera toujours en nous appuyant sur notre solidarité que nous parviendrons à gagner. Clairement, les 2 000 congressistes repartent avec une énergie contagieuse qui va faire la différence pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

Merci

Un congrès de cette ampleur ne s’organise pas seul. Depuis des mois, nombreux sont les salarié-es, élu-es et militantes et militants qui préparent ce moment démocratique essentiel. Caroline a profité de ce mot de clôture pour saluer les équipes qui ont travaillé fort tout au long de cet événement triennal. Chapeau bas à toutes les personnes qui ont rendu possible la tenue du 68e Congrès de la CSN.

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Entente de principe acceptée chez Lavo https://www.csn.qc.ca/actualites/entente-de-principe-acceptee-chez-lavo/ Fri, 29 May 2026 18:05:19 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117035 Réunis en assemblée générale ce 29 mai au matin, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Lavo ltée–CSN ont adopté à 87 %, par voie de scrutin secret, l’entente de principe intervenue dans la nuit du 28 mai 2026.

« Notre nouvelle convention collective contient des augmentations salariales de 6 % en 2025, 3,75 % en 2026, 3 % en 2027 et en 2028, puis 3,5 % en 2029, pour un total de 19,25 % sur 5 ans, applicable rétroactivement au 1er janvier 2025. Elle contient aussi une clause de protection annuelle contre l’indice des prix à la consommation (IPC) de 0,75 %. En plus de freiner tous les projets de reculs que l’employeur voulait nous imposer, nous avons également obtenu des ajustements salariaux de base pour plusieurs employé-es, afin d’arrimer leur rémunération au marché. Finalement, les parties s’engagent dans un processus de médiation préarbitrale visant à assainir les relations de travail et à régler les litiges encore en cours », souligne le président du syndicat, Sébastien Sylver.

« Quand on se bat pour améliorer nos conditions de travail et de vie, on le fait avec notre cœur et avec cette conviction de la juste cause. Tout au long de leur négociation, les membres du syndicat ont porté fièrement leurs convictions tout en luttant contre les reculs majeurs que l’employeur voulait imposer. Nous partageons leur satisfaction et nous sommes convaincus que leur contribution à ce combat pour de meilleures conditions de travail constitue une avancée pour toutes et tous dans leur secteur », ajoute le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.

« Au nom de la FIM, à l’issue d’une longue et ardue négociation, je salue le travail acharné du syndicat qui vient tout juste d’accepter leur nouvelle convention collective dont les membres peuvent être fiers. Leur lutte pour maintenir leurs acquis et obtenir une bonification de leurs conditions d’emploi a porté ses fruits et nous sommes également heureux et satisfaits pour les travailleurs et les travailleuses », précise le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

« La CSN est fière d’avoir soutenu la lutte des travailleurs et des travailleuses de chez Lavo. Après avoir tenu tête et manifesté leur détermination envers leur employeur, nous partageons la satisfaction des membres », conclut la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

À propos

Le STTL–CSN compte environ 130 membres affiliés à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN). Celle-ci regroupe plus de 320 syndicats représentant environ 25 000 membres qui œuvrent dans le secteur industriel québécois. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN rassemble 110 000 membres dans 400 syndicats de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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Comité exécutif 2026-2029 https://www.csn.qc.ca/actualites/comite-executif-2026-2026-de-la-csn/ Fri, 29 May 2026 17:01:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117026 À l’issue du 68e Congrès, voici la composition du nouveau comité exécutif de la CSN  pour le mandat 2026-2029!

Caroline Senneville à la présidence,  François Enault à la première vice-présidence, David Bergeron-Cyr à la deuxième vice-présidence, Katia Lelièvre à la troisième vice-présidence, Yvan Duceppe à la trésorerie. La nouvelle secrétaire générale, Jessica Goldschleger, jusqu’ici présidente de la Fédération des professionnèles–CSN, succède à Nathalie Arguin, qui avait annoncé son départ à la retraite en début d’année.

 

 

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Caroline Senneville réélue et une consultation à venir concernant l’avenir politique du Québec https://www.csn.qc.ca/actualites/caroline-senneville-reelue-et-une-consultation-a-venir-concernant-lavenir-politique-du-quebec/ Fri, 29 May 2026 15:53:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117019 À l’occasion du 68e Congrès de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), les quelque 2000 délégué-es réunis pour l’occasion ont réélu par acclamation Caroline Senneville à la présidence pour un troisième mandat à la tête de la centrale. Les congressistes ont également adopté des propositions concernant les droits syndicaux, les services publics et ont amorcé des discussions concernant l’encadrement législatif du développement et de l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle. Ils ont finalement voté en faveur d’une proposition visant à entamer des consultations afin d’actualiser la position de la CSN concernant l’avenir politique et constitutionnel du Québec.

Face aux nombreuses attaques antisyndicales subies dans les dernières années, la CSN continuera d’exiger le retrait des lois liberticides imposées par le gouvernement caquiste et élaborera une stratégie de mise en valeur du syndicalisme dans l’espace public. La confédération priorisera également la lutte pour le renforcement des services publics ainsi que la mise en place d’une réelle transition juste.

« Avec une participation record de plus de 2000 délégué-es à la plus haute instance démocratique de notre organisation, je crois d’emblée qu’on peut dire : mission accomplie ! Les délégué-es ressortent du congrès en étant plus que jamais persuadés de la pertinence de poursuivre la lutte syndicale, surtout à l’aube de la prochaine élection au Québec. Dans le mandat qui s’amorce, nous irons à la rencontre de nos 350 000 membres pour mieux défendre les droits des travailleuses et des travailleurs et continuer de lutter pour un Québec digne de leurs besoins et aspirations. Ce qui est clair, c’est que la CSN va rester au cœur du débat public », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Les autres membres du comité exécutif sont François Enault à la première vice-présidence, David Bergeron-Cyr à la deuxième vice-présidence, Katia Lelièvre à la troisième vice-présidence ainsi qu’Yvan Duceppe à la trésorerie. Au secrétariat général, Jessica Goldschleger, jusqu’ici présidente de la Fédération des professionnèles–CSN, succède à Nathalie Arguin, qui avait annoncé son départ à la retraite en début d’année.

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Merci Nathalie : une militante de cœur et de conviction https://www.csn.qc.ca/actualites/merci-nathalie-une-militante-de-coeur-et-de-conviction/ Fri, 29 May 2026 13:53:54 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117009 En ce 68e Congrès de la CSN, nous avons salué le départ à la retraite de notre chère Nathalie Arguin, secrétaire générale de la CSN depuis 2021.

Au cours de son mandat, Nathalie a exercé ses fonctions avec rigueur, intelligence et un profond dévouement. Dans une période marquée par les bouleversements historiques causés par la pandémie de la COVID-19, elle a assuré la continuité et la stabilité de notre mouvement tout en s’appropriant avec brio les nombreux dossiers qui relèvent du secrétariat général, notamment l’organisation des instances confédérales de la CSN, comme le présent congrès !

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Son parcours militant débute dès l’ouverture du Casino de Montréal, en 1993. Très rapidement, elle s’implique dans la fondation de son syndicat, accrédité en 1995. Son implication ne cessera ensuite de grandir : active au sein de son syndicat local, participante assidue aux assemblées du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM_CSN), elle poursuivra son implication syndicale en militant activement pour la condition féminine, puis en occupant les fonctions de secrétaire générale et présidente à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

Tout au long de son parcours, Nathalie a incarné les valeurs fondamentales de la CSN : la solidarité, la combativité et l’engagement envers les travailleuses et les travailleurs, avec un souci et une attention si caractéristique de Nathalie à l’égard des employées de bureau et du personnel de soutien.

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Le militantisme syndical exige un investissement considérable. Pour défendre et améliorer les conditions de travail et de vie de nos membres, cela requiert un dévouement profond, un grand sens stratégique et, surtout, du cœur. Toutes des qualités que Nathalie Arguin a toujours portées et incarnées profondément.

Merci pour tout, chère Nathalie. La CSN est plus forte grâce à ton engagement!

Bonne retraite bien méritée!

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Une soirée sous le thème de la solidarité https://www.csn.qc.ca/actualites/une-soiree-sous-le-theme-de-la-solidarite/ Fri, 29 May 2026 13:50:45 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117006 La soirée de solidarité reste un moment attendu à chaque congrès. Les quelque 2000 délégué-es du 68e Congrès de la CSN avaient bien hâte de se dégourdir les jambes après une semaine marquée par les débats et les échanges en assemblée.

La Machine de cirque a enthousiasmé les militantes et les militants réunis au Centre des congrès de Québec. Être syndicalistes, c’est souvent devoir jongler au quotidien pour bien représenter les membres. Mais ce que nous réservait la troupe nous amenait à un autre niveau. Ce spectacle, présenté par une compagnie de cirque de Québec fondée en 2013, en a mis plein la vue. La représentation taillée sur mesure pour notre congrès a laissé place à des prouesses hautes en couleur.

Drapés de leurs plus beaux atours, les délégué-es avaient hâte de bouger. La solidarité s’exprime dans le débat, mais elle se vit aussi en fraternisant autour d’un verre. Ce qui est clair, c’est que les barmaids ont travaillé sans relâche. C’est sous l’impulsion de la DJ Mely Dupuis que les congressistes ont dansé toute la soirée. Animatrice d’une téléréalité queer, elle a animé la piste de danse pour permettre aux délégué-es de lâcher leur fou. Quoi de mieux qu’un karaoké pour clore une soirée mémorable? Chanter à tue-tête de nombreux classiques, plus ou moins sur la note selon les cas, est une autre manière de vivre notre solidarité.

Chose certaine, cette soirée de solidarité a été un succès et un bon moyen de célébrer collectivement. Après avoir tout donné sur la piste de danse, nous sommes fin prêts à retourner dans nos milieux de travail et continuer de défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

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Katia Lelièvre réélue à la troisième vice-présidence de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/katia-lelievre-reelue-a-la-troisieme-vice-presidence-de-la-csn/ Thu, 28 May 2026 20:40:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116991 Après un débat très intéressant tenu hier, Katia Lelièvre a été réélue aujourd’hui à la 3e vice-présidence de la CSN par le 68e Congrès. Pas moins de 92 % des délégué-es ont exercé leur droit de vote.

« Je remercie les membres pour leur confiance, ce sera un honneur et un privilège de vous représenter au cours du prochain mandat. Soyez assurés que je mettrai toute mon énergie à appuyer toutes vos luttes et que je vais demeurer à l’écoute des préoccupations des régions. Et on ne laissera personne derrière », a déclaré Katia Lelièvre, après l’annonce du résultat du vote jeudi après-midi, alors que plusieurs personnes la félicitaient chaleureusement.

Rappelons que Katia Lelièvre siégeait déjà à la 3e vice-présidence de la CSN depuis 2021. À ce titre, elle a été responsable politique des régions et du Service d’appui aux mobilisations et à la vie régionale. Elle a également piloté les dossiers, notamment ceux liés aux enjeux de l’éducation, des services de garde, de l’immigration, des communautés LGBTQ+, des jeunes et des peuples autochtones. Auparavant, Katia a été vice-présidente et présidente du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, de 2006 à 2021. Elle a entre autres, joué un rôle clé dans l’affiliation de son syndicat à la CSN.

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Regards sur le syndicalisme: différentes régions, mêmes enjeux, mêmes valeurs https://www.csn.qc.ca/actualites/regards-sur-le-syndicalisme-differentes-regions-memes-enjeux-memes-valeurs/ Thu, 28 May 2026 19:15:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116948 « Je me sens presque comme à la maison », exprime Unai Oñederra Egaña, responsable de la formation et de la stratégie souverainiste à la confédération syndicale du Pays basque Sud, Euskal Langileen Alkartasuna (ELA), pour décrire son expérience au 68e Congrès de la CSN.

« La CSN, comme le nôtre, est un syndicat combatif avec au centre de sa stratégie la grève et la résistance », ajoute-t-il.

Annick de Ruyver, du service international à la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) en Belgique, note une ambiance particulière à la CSN. « Je trouve que la manière dont vous parlez de vos membres et dont vous êtes fiers de vos travailleurs, c’est vraiment particulier, décrit-elle. La façon dont vous mettez en avant leurs actions. C’est vraiment eux qu’on voit ! »

Malgré les différences structurelles entre les syndicalismes français et québécois, Maher Tekaya, secrétaire confédéral responsable du dossier Europe à la Confédération française démocratique du travail (CFDT), se reconnaît dans les valeurs de la CSN. En particulier l’importance de la démocratie et de la lutte contre les dérives affectant directement les travailleuses et les travailleurs.

Une distinction sur le concept d’autonomie syndicale a aussi été remarquée par Daniel Cornesse, secrétaire national responsable des affaires wallonnes à la CSC. « On a tendance, à la CSC, à organiser les éléments de manière homogène. Et ça se voit dans les détails. Vous avez une multitude de couleurs sur vos drapeaux. Chez nous, il y a une couleur et tout le monde l’utilise, avec le même drapeau et le même logo. Ç’a sans doute des avantages, mais on perd un peu de diversité d’actions. »

On le constate en discutant avec les invités internationaux au congrès, les enjeux décrits par la CSN sont aussi vécus par ces derniers. La mondialisation a standardisé plusieurs choses. Face à cela, Annick de Ruyver propose une meilleure collaboration intersyndicale. « Je dis souvent que chaque milieu syndiqué ayant un équivalent dans une même entreprise, ici au Québec, devrait établir des liens. Dans le contexte d’aujourd’hui, il faut trouver des moyens pour que nos délégué-es engagent des discussions, collaborent et partagent leurs réalités de travail et de vie. »

Pleins feux sur le syndicalisme américain

Les attaques contre les droits syndicaux que vit le Québec sont des scénarios bien connus pour Mark Meinster, directeur des programmes stratégiques chez United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE). « C’est important de se souvenir que ces attaques ont déjà eu lieu aux États-Unis », exprime-t-il. Aux États-Unis, les syndicats sont régis par des règles encadrant leurs dépenses et l’usage qu’ils en font.

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Mark Meinster, directeur des programmes stratégiques chez United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE), en discussion avec la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Quoi faire, pour éviter que se concrétise au Québec ce qui s’est passé de l’autre côté de la frontière ? Mark Meinster y va d’un conseil : « Aux États-Unis, les syndicats n’ont pas fait un bon travail pour combattre le discours antisyndical. Il aurait fallu rendre ses enjeux plus évidents et montrer concrètement comment le fait de contrôler les finances des syndicats affecte la vie des travailleuses et travailleurs directement. Il fallait générer ces discussions dans les milieux de travail. »

L’UE est une organisation de gauche qui se distingue des autres syndicats américains. Ils ont une idéologie beaucoup plus proche de celle de la CSN. « Une de nos ressemblances est le respect de l’autonomie des différents niveaux d’organisation », précise Mark Meinster.

Comme à la CSN, ils considèrent que l’avis des membres est primordial et doit orienter l’action syndicale. « Un syndicat est plus fort lorsqu’il est guidé par ses membres », conclut le militant.

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Regards du Sud sur le syndicalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/regards-du-sud-sur-le-syndicalisme/ Thu, 28 May 2026 15:00:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116693 C’est d’abord la similarité des préoccupations syndicales qui sautent aux yeux des trois invités latino-américains. Fernando Vivaldo, délégué de la Central Única dos Trabalhadores du Brésil, explique que les enjeux relatifs aux services publics, à l’intelligence artificielle et aux droits syndicaux se trouvent également au cœur de leurs préoccupations.

Mais c’est la question de l’impérialisme états-unien qui prend une place prépondérante dans la discussion. « Comme Mexicains, le sujet de la souveraineté nationale est au centre de nos inquiétudes », explique le délégué du Frente Auténtico del Trabajo, Benedicto Martinez Orozco.

Les trois invités internationaux proviennent de pays indépendants depuis plusieurs siècles, mais leur inquiétude concerne la capacité effective de leurs nations à se gouverner sans ingérence étrangère. Comme le « point Godwin » de la politique contemporaine, la question de Trump arrive très rapidement dans la discussion.

Fréquemment perçue comme la cour arrière des États-Unis et appartenant à la zone d’influence naturelle du pays, l’Amérique latine a trop souvent été le théâtre de coups d’État dont les ficelles étaient tirées depuis Washington.

Ivan Gonzalez Alvarado, vénézuélien d’origine et délégué de la Confederación sindical de trabajadores y trabajadoras de las Américas, est concerné au premier chef par cet impérialisme, mais, comme militant, c’est la navigation politique des syndicats qui l’habite.

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Pour les trois invités, le climat politique actuel est tel qu’il pourrait être facile de perdre de vue la raison d’être des syndicats : défendre les travailleuses et les travailleurs, sur tous les fronts. S’ils prennent part à la joute politique à un niveau plus important que le font les centrales québécoises – les appuis à des candidats ou à des partis politiques ne sont pas rares –, ils insistent sur l’importance de rester indépendants et de ne pas devenir l’appareil d’un parti politique, par exemple.

Les trois invités peuvent compter sur des gouvernements de gauche dans leurs pays de résidence respectifs – la Confédération des travailleuses et des travailleurs d’Amérique est établie en Uruguay. Ils insistent sur l’importance que la société civile soit présente pour appuyer et justifier les réformes critiquées par la droite. Du même souffle, ils ajoutent qu’ils doivent aussi être en mesure de faire des critiques constructives de certains projets de loi, sans aller jusqu’à demander le remplacement des différents gouvernements progressistes qui demeurent leurs alliés naturels.

Les centrales syndicales ont l’avantage de pouvoir se tenir au-dessus de la mêlée partisane et d’examiner les enjeux politiques sur le long terme. Pour les trois invités venus tisser des solidarités, c’est le meilleur moyen de défendre les travailleuses et les travailleurs contre les attaques de l’extrême droite, dont la progression ne semble pas connaître de frontières.

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Faire face à la violence psychologique au travail https://www.csn.qc.ca/actualites/faire-face-a-la-violence-psychologique-au-travail/ Thu, 28 May 2026 13:23:57 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116913 Colette Verret, psychologue organisationnelle et consultante, spécialiste des comportements difficiles, nous a présenté une conférence bien imagée sur la violence psychologique au travail.

Elle a bien exposé que travailler avec des êtres humains implique d’intervenir dans des situations parfois délicates et même difficiles. De nombreux milieux sous tension connaissent cette réalité de stress et de débordements, qui font partie du quotidien des travailleuses et des travailleurs.

En identifiant plusieurs aspects propres aux relations humaines, l’objectif de sa présentation est de nous faire prendre conscience qu’en ajustant nos interventions, nous pouvons développer des techniques et des postures qui favorisent la compréhension mutuelle et le règlement de conflits.

Des principes et des guides

Elle nous invite à aborder un facteur simple, selon lequel les conflits les plus importants prennent généralement racine dans des divergences de valeurs ou de positions de principe.

Quatre étapes guident le processus : il s’agit de comprendre les types de comportements, garder le contrôle de notre être, se placer en mode de règlement, le tout afin de préserver les liens entre les parties impliquées.

Qu’ils soient conformistes, déviants ou défiants, les formes de comportements joueront un rôle majeur dans l’approche utilisée pour leur faire face.

Deux types de réactions sont donc prévisibles : celle du cerveau émotif (ou instinctif) ou celle du cerveau diplomate, plus orienté sur la raison. Des éléments perturbateurs, comme le bruit, l’espace et surtout, l’ego, interviennent également dans les interactions.

Les réactions émotives les plus prévisibles sont celles de fuir, foncer ou figer. Dans cette dynamique, la compréhension des enjeux peut être intoxiquée par la paranoïa, la généralisation, la scénarisation catastrophique, ce qui induit des gestes impulsifs et agressifs.

Le cerveau diplomate ou rationnel rend l’intervenant plus observateur et analytique, conduit à la prise de décision, à la résolution de problèmes et à l’inhibition. Le recours à un langage neutre contribue à désamorcer les tensions.

La communication à privilégier sera donc neutre, de formulation positive, pouvant également miser sur la reformulation, les paraphrases et le recadrage.

On évitera ainsi les mots polarisants comme « non, toujours, jamais, mais, pourquoi, malheureusement » et surtout, la déresponsabilisation : « Ce n’est pas mon rôle, ce n’est pas ma job. »

L’identification de la situation, qui risque de s’envenimer, sera également un atout : est-ce simplement un questionnement, un refus, une incivilité, une intimidation ou une menace ?

Finalement, à la base de l’intervention, trois étapes essentielles guideront une bonne réaction : tout d’abord, bien respirer, prendre le temps de s’examiner dans l’action et de choisir les bons mots.

C’est en suivant certaines règles essentielles, et surtout en les pratiquant, qu’on réussit à bien faire face aux comportements difficiles ou violents.

 

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30 ans au coude-à-coude avec Leucan https://www.csn.qc.ca/actualites/30-ans-au-coude-a-coude-avec-leucan/ Thu, 28 May 2026 13:03:14 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116908 Le 68e Congrès de la CSN était le moment de souligner une collaboration non négligeable qui s’inscrit dans le temps. Cela fait maintenant 30 ans que la CSN appuie Leucan dans sa mission de soutenir les enfants atteints de cancer et leur famille.

La confédération s’investit particulièrement pour financer la tenue du Camp Vol d’été Leucan–CSN, qui se tient chaque année pendant deux semaines pour offrir du répit aux familles. Les efforts de la CSN, des organisations affiliées et des militantes et militants ont permis d’amasser plus de cinq millions de dollars jusqu’à maintenant.

Tout part de l’expérience vécue par Céline Charbonneau, conseillère syndicale retraitée de la confédération, et de son fils Vincent, atteint d’une tumeur cérébrale. Sa visite du camp l’amène à proposer à la centrale de s’investir auprès de Leucan. Trente ans plus tard, cet engagement demeure.

Une soirée pour la cause

Le 27 mai se tenait une soirée pour mettre en évidence l’importance de la CSN dans cette mission à travers les années. La soirée visait à marquer le coup de ce partenariat majeur, tout en soulignant la contribution des nombreuses personnes qui s’impliquent au sein de la fondation du camp. Des témoignages ont permis de se remémorer toutes les activités tenues dans le mouvement avec les années. Des défis têtes rasées, en passant par les tournois de golf et de baseball, ou plus récemment, la tenue du Marche-don, Cours-don. Autant d’événements qui ont permis d’amasser des fonds et de rassembler les gens autour de cette cause.

Au cours de la soirée, une vidéo a été diffusée, donnant la parole à des personnes qui ont joué un rôle clé dans le développement de cette collaboration. Céline Charbonneau et Roger Valois, vice-président de la CSN de 1984 à 2011, ont présenté les balbutiements du projet, alors que David Bergeron-Cyr, vice-président actuel, et Juli Meilleur, directrice générale de Leucan, ont misé sur la portée contemporaine de nos échanges.

Quand on pense à cette association avec Leucan, on prend la pleine mesure de ce que la CSN est capable d’accomplir. Quand la confédération s’investit, elle le fait pleinement. Ici comme ailleurs, la CSN se bat pour un monde meilleur.

Défi têtes rasées

Autre moment fort du congrès : le défi têtes rasées. Près d’une dizaine de militants et de militantes se sont prêtés au jeu pour financer Leucan. Lors de chaque congrès, ce défi est une activité suivie de près par les congressistes. Une autre manière pour la CSN de montrer sa solidarité.

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Sondage Léger – La population québécoise souhaite un règlement satisfaisant pour les paramédics https://www.csn.qc.ca/actualites/sondage-leger-la-population-quebecoise-souhaite-un-reglement-satisfaisant-pour-les-paramedics/ Thu, 28 May 2026 12:32:21 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116907 Un sondage Léger, réalisé du 22 au 24 mai, montre que les Québécoises et les Québécois ne sont pas en phase avec le gouvernement de la CAQ quant à la manière dont il mène les négociations pour le renouvellement des conventions collectives des quelque 3500 paramédics membres de syndicats CSN.

Parmi les 1002 répondantes et répondants au sondage, 83 % estiment qu’il est urgent de régler les conventions collectives qui, rappelons-le, sont échues depuis le 1er avril 2023.

En ce qui a trait à la rémunération des paramédics, enjeu au cœur de la négociation, à peine deux pour cent partagent l’opinion du gouvernement selon laquelle les paramédics seraient actuellement trop payés pour leur travail. À l’inverse, 59 % estiment que les paramédics devraient gagner un meilleur salaire.

Un paramédic gagne un salaire horaire de 26,34 $ à l’embauche. Il atteindra près de 30 $ l’heure après cinq ans de travail. Or, une majorité de paramédics quittent leur emploi dans les cinq premières années, notamment à cause de la rémunération qui ne tient pas du tout compte de la réalité de leur travail et ne soutient pas la comparaison avec d’autres secteurs d’activité.

La CSN et le gouvernement entameront un blitz de négociation à compter de lundi prochain afin de trouver un règlement. « Il va falloir passer de la parole aux actes, explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Ce qu’on constate présentement, c’est que les employeurs, qu’il s’agisse des entreprises privées ambulancières, des coopératives ou d’Urgences-Santé, ont énormément de difficulté à retenir leur main-d’œuvre. Ils en ont fait la démonstration eux-mêmes devant le Tribunal administratif du travail. Par conséquent, le maintien du service à la population repose presque partout sur des paramédics surchargés, forcés de travailler en heures supplémentaires, et sur le recours coûteux à des salarié-es d’agences privées de placement de personnel. »

Le 1er vice-président de la CSN, François Enault, a lui-même proposé au gouvernement d’organiser un blitz de négociation et croit que tout est en place pour arriver à une entente. « Les paramédics ont droit à des conditions de travail respectueuses et négociées, comme tous les salarié-es. Leurs revendications doivent être entendues par le gouvernement, même si leur droit de grève est fortement encadré par les services essentiels. On ne peut pas, d’un côté, restreindre radicalement leur droit de grève précisément parce que leur rôle est névralgique pour la santé et la sécurité de la population, et de l’autre, refuser de négocier sérieusement les conditions de travail nécessaires pour assurer la pérennité des services. »

À propos

Les quelque 3500 paramédics membres de syndicats CSN assurent les services préhospitaliers d’urgence, partout au Québec, tant dans les grandes villes que dans les secteurs ruraux. Ces syndicats sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui compte 140 000 membres, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux, dans les services préhospitaliers ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

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Choisir l’espoir pour bâtir nos services publics de demain https://www.csn.qc.ca/actualites/choisir-lespoir-pour-batir-nos-services-publics-de-demain/ Thu, 28 May 2026 12:20:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116904 L’état des services publics est grandement préoccupant. Dans le collimateur des gouvernements depuis des décennies, ils se dégradent au rythme des réformes centralisatrices et de l’austérité constante.

C’est à partir de ce constat que la politologue, autrice et chroniqueuse politique Josée Legault, a posé une rude question : les services publics au Québec ont-ils encore un avenir ?

Comme nous, elle répond par l’affirmative, bien qu’elle constate que des forces cherchent à les miner plus que jamais.

Avec les élections qui approchent, nous devons faire entendre nos voix pour que ces services occupent une place dans le débat collectif.

Revenir aux sources

Lors de sa conférence, Josée Legault nous a donné l’occasion de prendre du recul, pour rappeler l’objectif poursuivi par le Québec en développant les services publics.

Au sortir de la Grande Noirceur, le Québec avait accumulé un retard majeur. Le déploiement des réseaux de l’éducation et de la santé avait pour objectif de changer les choses. Au chapitre des bonnes nouvelles, nous constatons que les services publics ont permis à des milliers de Québécoises et de Québécois de profiter d’une ascension sociale qui a changé leur vie, tout en freinant le décalage que nous avions accumulé vis-à-vis du Canada anglais.

Mais dès que notre État social a porté ses fruits, les premières attaques ont surgi. Ces services publics, pourtant encore tout nouveaux et fragiles, sont alors la cible de la poursuite du déficit zéro.

Le privé voit une opportunité d’affaires

En parallèle à la dégradation des services publics, un marché privé croît progressivement.

Le Québec, qui se distinguait pour son filet social généreux misant sur l’égalité des chances, prend depuis un chemin différent. En santé et services sociaux, le privé prend de plus en plus de place et trop de citoyennes et de citoyens doivent sortir la carte de crédit pour accéder à des services au privé.

En éducation, la situation n’est pas plus rose. Nos écoles tombent en ruine et la ségrégation scolaire accentue les inégalités sociales. Longtemps fer de lance de l’égalité des chances, notre réseau de l’éducation remplit de moins en moins sa mission pendant que l’école à trois vitesses vit ses belles heures.

La polarisation ambiante se matérialise en deux camps : d’un côté, une vision décomplexée qui défend le privé face aux échecs de nos services publics. De l’autre, un projet de consolidation de notre filet social.

Renforcer les services publics pour le bien commun et l’économie québécoise

Ce n’est pas nouveau, à la CSN, nous avons choisi notre camp. Nous avons toujours été au cœur de la lutte pour bâtir un État social où les services sont octroyés sur la base des besoins et non de l’épaisseur du portefeuille.

Ce qui alimente notre espoir, c’est que nous ne sommes pas seuls. Non seulement de nombreuses organisations de la société civile se battent avec nous pour le bien commun, mais la vaste majorité de la population est d’accord avec nous. C’est ce que révèle un récent sondage Léger commandé par la CSN qui démontre que les Québécoises et les Québécois se méfient du privé à but lucratif en santé et en éducation. Plus fort encore : il révèle que trois personnes sur quatre sont en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse afin d’améliorer nos services publics.

Le tableau est sombre. Le camp adverse a déjà gagné du terrain en profitant de la détérioration des services publics. Mais nous ne pouvons pas tomber dans le désespoir. Comme le dit madame Legault, quand on mesure l’ampleur du recul, on mesure aussi l’ampleur du terrain à reconquérir.

Le Québec doit se reconstruire et nous devons faire entendre notre voix. À celles et ceux qui voudraient nous faire taire, nous devons répondre plus fort encore que nous lutterons chaque jour pour un autre Québec. C’est pourquoi la CSN va continuer le combat pour un renforcement des services publics universels, accessibles et de qualité, sur l’ensemble du territoire québécois.

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Des gains majeurs, de nouveaux défis à l’horizon https://www.csn.qc.ca/actualites/des-gains-majeurs-de-nouveaux-defis-a-lhorizon/ Wed, 27 May 2026 21:37:06 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116805 Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dernier mandat aura été foisonnant en matière de négociation. Et le prochain risque de l’être tout autant, dans le contexte des lois antisyndicales dorénavant en vigueur. Il nous faudra être stratégiques et pugnaces pour arriver à nos fins.

C’est l’essentiel du message qu’a livré le premier vice-président de la CSN, François Enault, lors de son rapport sur la négociation, mercredi en fin de journée.

 

2023-2026

Au cours des trois dernières années, plus d’un millier de conventions ont été renouvelées.

Au cœur de ces travaux, le comité de coordination générale des négociations, le CCGN, où siègent les huit fédérations de la CSN, a élaboré un plan de match de négociation pour lequel trois axes ont été identifiés : la santé-sécurité du travail, la déjudiciarisation des relations de travail et le minimum 20 $ l’heure.

La stratégie a porté ses fruits, plusieurs clauses en ces matières ont été adoptées.

Concernant la campagne Minimum 20 $, on peut parler de succès retentissants : « quand on regarde les 600 conventions collectives signées en 2025, 97 % atteignent le minimum de 20 $ l’heure », a relaté le premier vice-président.

Impossible de parler du dernier mandat sans évoquer la négociation du secteur public. Un des plus gros fronts communs de l’Histoire. Le plus grand à avoir tenu jusqu’au bout.

« 420 000 travailleuses et travailleurs des services publics, dont
170 000 issus de la CSN, qui exercent une grève de 11 jours, c’est impressionnant. Plus de 100 000 travailleuses et travailleurs dans les rues de Montréal », a fait valoir François Enault.

En matière de gains salariaux, le contexte inflationniste aura constitué un défi important. « On peut toutefois dire qu’on a très bien tiré notre épingle du jeu ».

Du côté des fédérations du privé, on a obtenu 21 % d’augmentation sur 4 ans dans l’hôtellerie, plus de 25,5 % sur 5 ans dans le domaine de l’aérospatiale, pour ne donner que quelques exemples.

À la CSN–Construction, c’est 22 % sur 4 ans que les travailleuses et les travailleurs sont allés chercher. On peut penser aussi aux luttes menées chez General Dynamics, au Mont-Sainte-Anne, dans plusieurs collèges privés et à Télé-Québec, notamment.

Du côté des fédérations du public, des luttes notables ont aussi été menées : dans les CPE, dans le transport collectif – au Réseau de transport de la Capitale et à la Société de transport de Montréal –, dans le transport scolaire, où l’on a vu du 35 %, du 45 % et même du 52 % sur 6 ans. On peut également penser aux centres d’hébergement privés, au milieu communautaire, et à plusieurs autres.

« Sans surprise, ces résultats majeurs ont fait réagir les patrons et le gouvernement. C’est pourquoi le prochain mandat ne sera pas simple », a toutefois averti François Enault.

 

2026-2029

La CSN, on le sait, est particulièrement bien outillée pour servir ses syndicats en matière de négociation. En plus des spécialistes en la matière, il existe bien peu d’endroits où l’on donne accès à une boîte à outils comme celle de la CSN pour appuyer les équipes de négociation.

« Mais au-delà de notre structure, il y a aussi notre approche. Et il faut parler d’analyse du rapport de force, a lancé François Enault. Parce que s’il y a un défi qui nous attend pour le prochain mandat, c’est celui de bien analyser notre capacité à mener les batailles, dans le but de faire des gains. »

Pour le premier vice-président, afin de comprendre nos leviers face à une négo, il faut pouvoir prendre le temps d’observer la conjoncture, d’évaluer la compétition, de réfléchir aux alliances possibles, regarder le cahier de commandes, observer l’image de l’employeur et, oui, évaluer notre capacité à se mobiliser.

« Tout ça, ce sont quelques-uns des éléments à considérer. Une fois cette analyse faite, là, on peut commencer par les étapes habituelles de toute bonne négociation. C’est ça, la manière CSN. »

Mais il ne faudrait pas s’asseoir sur nos lauriers. Nous devons continuer à nous améliorer en la matière, a souligné François Enault. Surtout devant les luttes qui nous attendent, à la lumière des dernières lois antisyndicales dorénavant en vigueur.

Pour le premier vice-président, réussir à tirer son épingle du jeu en négociation constitue le meilleur moyen de se battre pour les droits de toutes et de tous. « Négocier de bonnes conditions de travail, c’est la façon idéale d’améliorer notre sort collectif : comment demander aux travailleuses et aux travailleurs de lutter pour une meilleure société, s’ils en arrachent ? s’interroge-t-il. Si nous voulons un deuxième front fort, nous devons continuer à être parmi les meilleurs en négociation », a conclu François Enault.

 

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La polarisation au service du capitalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/la-polarisation-au-service-du-capitalisme/ Wed, 27 May 2026 21:21:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116793 Le comité confédéral sur les relations interculturelles a invité Emilie Nicolas – animatrice, conférencière et chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada – à échanger avec les congressistes lors d’un dîner-causerie consacré aux enjeux de l’immigration au Québec.

Avant d’entamer la discussion, Emilie Nicolas a campé le sujet en brossant un portrait historique du racisme au Québec et en Amérique du Nord. « Les discours nationalistes fermés ne viennent pas de nulle part. Ils ont toujours existé », soutient-elle. Elle a toutefois rappelé que des mouvements inclusifs ont toujours été présents, en évoquant notamment l’accueil des boat people vietnamiens dans les années 1970.

La polarisation mène vers l’effritement social et la perte de droits
Emilie Nicolas cite les États-Unis comme un contre-exemple. Selon elle, les politiciennes et politiciens de droite y ont réussi à convaincre une partie de l’électorat blanc, en s’appuyant sur des préjugés raciaux, qu’il valait mieux démanteler le filet social que de risquer de voir des personnes racisées en profiter. Elle lance un avertissement : cette logique commence à prendre forme ici à travers la volonté de réduire l’accès aux CPE pour les enfants des demandeurs d’asile, à l’aide au logement et à d’autres services.

Elle a soulevé un deuxième signal d’alarme : l’effritement des droits qui se dessine sous nos yeux. Dans les années 2010 et 2020, ce sont d’abord les minorités qui ont vu les leurs reculer. En 2025, affirme-t-elle, ce sont désormais les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont fragilisés par le gouvernement.

« C’est dommage qu’on n’ait pas écouté les femmes qui portent le hijab et les personnes trans », a-t-elle ajouté.

Une révolution à échelle humaine
Mme Nicolas invite aussi à prendre ses distances des médias sociaux. À ses yeux, ceux-ci alimentent une perte de souveraineté cognitive. La révolution, dit-elle, ne se fera pas sur les réseaux sociaux.

Elle mise plutôt sur le dialogue, estimant qu’en personne, le respect et l’écoute trouvent davantage leur place. « Plus on va se parler en personne, plus on va réaliser qu’on ne se déteste pas tant que ça. »

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La transition juste doit être négociée, ça presse ! https://www.csn.qc.ca/actualites/la-transition-juste-doit-etre-negociee-ca-presse/ Wed, 27 May 2026 20:04:07 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116770 La crise climatique est déjà bien réelle au Québec et il est grand temps de négocier une transition juste si on ne veut pas en subir les nombreuses conséquences. C’est là la teneur du dîner-causerie sur l’environnement, qui était animé par Annie Chaloux, professeure à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la question climatique.

Quelques faits révélateurs de la crise :

-En 2025, Montréal a atteint la deuxième pire qualité de l’air au monde en raison des feux de forêt.

-En 2025, le Québec a connu 4 canicules totalisant 20 jours au-dessus de 30 degrés Celsius. 2023, 2024 et 2025 ont d’ailleurs été les trois années les plus chaudes de l’histoire, à l’échelle planétaire.

-En 2025, l’Ontario a subi la pire tempête de verglas depuis 1998.

« Ce n’est pas quelque chose qui se passe à l’extérieur de nos frontières », souligne Annie Chaloux. Celle-ci rappelle que le coût annuel des changements climatiques au Canada s’élève actuellement à 25 G$ et que, si rien ne change, il risque d’augmenter à 100 G$ d’ici 2050.

Décarboner l’économie avec justice

Il est donc primordial de décarboner notre économie, d’éliminer autant que possible le recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). Pour que ça aille de l’avant sans ressac, il faut cependant que ce soit une transition juste et négociée. Le coût des immenses chantiers requis à cet effet ne doit donc pas exacerber les inégalités existantes. Dans le monde, les 10 % les plus riches émettent 50 % des gaz à effet de serre et les 50 % les plus pauvres n’en produisent que 10 % ! Les plus pauvres contribuent peu au problème, mais ils subissent davantage les conséquences d’une telle réalité. Il ne faut pas accentuer cette injustice.

Le transport, principale source d’émissions au Québec, doit être entièrement repensé, notamment en réorganisant les villes et en rendant le transport collectif plus accessible.

« Subirons-nous cette transformation ou choisirons-nous d’y participer ? », interroge Annie Chaloux.

La conférencière met toutefois en garde contre le fait d’invoquer le président Trump pour justifier l’inaction, alors que la « révolution verte », qui devrait succéder à notre révolution tranquille, devrait déjà être engagée. Le délégué Sébastien Collard s’est dit préoccupé par le fait que l’Amérique du Nord est à la traîne sur cette transition et que cela représente un « risque pour nos emplois », à moyen terme. Lorsque l’ère Trump sera derrière nous et que la Chine et d’autres pays seront très en avance sur la question des nouvelles technologies nécessaires, nous risquons de devenir les cancres de l’économie mondiale.

Les avantages de la transition

Souvent, la transition est présentée comme un simple coût, une épreuve. Annie Chaloux insiste sur tous les aspects positifs qui, pourtant, en découlent.

-Des logements mieux isolés sont plus confortables et moins chers à chauffer.

-Les transports collectifs réellement accessibles représentent une économie importante et une baisse du stress lié au trafic.

-Des villes et des espaces de vie avec plus d’arbres sont plus frais et contribuent à une bonne santé mentale.

-Des emplois de qualités dans des secteurs d’avenir.

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Cinq membres de l’exécutif de la CSN sont élus par acclamation https://www.csn.qc.ca/actualites/cinq-membres-de-lexecutif-de-la-csn-sont-elus-par-acclamation/ Wed, 27 May 2026 18:53:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116734 Les délégué-es du 68e Congrès ont réélu par acclamation certains membres de l’exécutif de la CSN. C’est le cas de Caroline Senneville, qui entamera son troisième mandat à la tête de la centrale. Enseignante au niveau collégial et ancienne présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN, elle a obtenu la confiance des délégué-es afin de poursuivre son travail à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs pour les trois prochaines années.

François Enault, négociateur chevronné, est réélu à la première vice-présidence pour un troisième mandat également. Il aura notamment à piloter la prochaine ronde de négociation du secteur public au nom des 170 000 membres que la CSN représente aussi bien dans le réseau de la santé et des services sociaux que dans ceux de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

C’est aussi un troisième mandat qui s’amorcera pour Yvan Duceppe. Comptable professionnel agréé, il a appuyé pendant des années les syndicats du mouvement au sein de MCE Conseils, en plus d’avoir occupé la fonction de trésorier à la Fédération des professionnèles–CSN. Le trésorier de la confédération veillera à la bonne santé financière de notre organisation.

De son côté, David Bergeron-Cyr est réélu pour un troisième mandat à la deuxième vice-présidence. Opérateur de chariot élévateur au centre de distribution du Groupe Jean Coutu et ancien président de la Fédération du commerce–CSN, il poursuivra notamment son travail sur des dossiers liés à la syndicalisation et la santé et la sécurité du travail.

Un nouveau visage fait son entrée à l’exécutif. Il s’agit de Jessica Goldschleger, anciennement présidente de la Fédération des professionnèles–CSN. Elle est élue pour un premier mandat à titre de secrétaire générale de la confédération.

Il est à noter qu’une élection se tiendra pour le poste de la troisième vice-présidence.

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Intelligence artificielle: quelle réponse syndicale ? https://www.csn.qc.ca/actualites/intelligence-artificielle-quelle-reponse-syndicale/ Wed, 27 May 2026 11:48:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116636 Diverses avancées technologiques survenues au cours des dernières décennies ont déjà bouleversé le monde du travail. Entre Amazon et Uber, un nouveau modèle d’exploitation capitaliste est en marche. Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) aura des conséquences dans pratiquement tous les secteurs d’activité. Pensons notamment à l’utilisation des modèles d’IA générative, déjà généralisée à l’ensemble de la société alors que ces outils sont commercialisés depuis à peine trois ans.

L’avènement de cette révolution entraînera de plus en plus de défis pour les travailleuses et les travailleurs et pour leurs syndicats. C’est l’un des grands sujets à l’ordre du jour du 68e Congrès. Pour lancer la réflexion, la professeure agrégée au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais, Julie M.E. Garneau, a dressé un état de la situation et proposé quelques pistes de réflexion aux congressistes.

Est-ce la fin du travail ? Difficile de répondre à cette question de manière définitive à ce moment. Pour l’instant, relève Julie Garneau, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies viennent surtout modifier les tâches des travailleuses et des travailleurs. Certes, des emplois disparaissent dans le processus. Certains nouveaux emplois sont aussi créés, mais ce sont en général des emplois à statut précaire, sans aucune protection. En général, pour les travailleuses et les travailleurs, l’implantation de l’intelligence artificielle rime avec une augmentation du contrôle patronal à leur égard, la perte de savoir professionnel, des risques quant à la protection des données, une intensification du travail — car l’IA remplace les salarié-es dans les situations les plus simples — ainsi qu’une augmentation des risques d’erreur et d’enjeux éthiques.

Julie Garneau est également chercheuse au Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) et co-responsable de l’axe Industrie 4.0, travail et emploi à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA). Ce dernier a mené récemment une vaste enquête auprès des organisations syndicales, dont la CSN.

Force est de constater que l’IA fait des gagnants et des perdants parmi les travailleuses et les travailleurs. Si plusieurs l’utilisent pour faciliter leur travail et augmenter leur productivité, notamment chez les professionnel-les, plusieurs lui attribuent une certaine dégradation de leurs conditions de travail, un constat généralisé dans certains secteurs comme celui de la logistique.

En fait, l’impact de l’IA sur le travail peut prendre différentes formes en fonction de l’individu, de ses tâches et de son rôle dans l’organisation. Elle peut donc mener :

  • Au remplacement de travailleuses et de travailleurs et à des pertes d’emploi ;
  • À une dégradation de l’environnement de travail (surveillance, perte d’autonomie, perte d’expertise) ;
  • À une augmentation du travail (gain de productivité, amélioration de l’expérience de travail) ;
  • À la migration vers du travail non salarié marqué par davantage de précarité et moins de droits (Uber, Amazon, etc.).

L’enquête de l’OBVIA révèle que, présentement, seulement 20 % des syndicats jouent un rôle dans la prise de décision de leur employeur concernant l’IA. L’OBVIA constate également que, dans les milieux de travail où le syndicat joue un rôle actif, celui-ci est en mesure d’améliorer les décisions ainsi que de participer à établir un climat de confiance à l’égard des nouvelles technologies.

Syndicats : un rôle à jouer

Les syndicats seront appelés à intervenir de plus en plus pour contrer les conséquences négatives de l’IA. Trois terrains devront être investis :

  • Un ensemble de lois et de règlements devra être utilisé afin d’édicter des normes, de protéger les droits des travailleuses et des travailleurs et de contrer les principales conséquences négatives du recours à l’IA et aux nouvelles technologies. Le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur lequel siègent des représentants de la CSN a récemment émis un avis à cet égard.
  • Les syndicats doivent également intégrer ces enjeux dans les conventions collectives. Les syndicats ont un rôle à jouer pour que ces innovations bénéficient aux travailleuses et aux travailleurs et non seulement aux capitalistes.
  • Enfin, les syndicats doivent informer leurs membres, leur fournir un cadre d’analyse afin que les travailleuses et les travailleurs se saisissent concrètement de ces enjeux. Pour Julie Garneau, les syndicats doivent s’imposer comme des acteurs légitimes dans ce domaine.

Pour plus d’information, consultez cette grande enquête menée par l’OBVIA, publiée en avril 2026, et l’avis du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur l’intelligence artificielle en milieu de travail.

 

 

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Le droit des femmes et la situation sociopolitique au sud de la frontière https://www.csn.qc.ca/actualites/le-droit-des-femmes-et-la-situation-sociopolitique-au-sud-de-la-frontiere/ Tue, 26 May 2026 21:37:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116578 C’est devant une salle comble que s’est déroulé le dîner-causerie du Comité de la condition féminine de la CSN. Pour l’occasion, l’invitée d’honneur était la réputée chercheuse Élisabeth Vallet, de l’Observatoire géopolitique de l’UQAM.

Spécialiste des États-Unis, Mme Vallet, qui est aussi professeure à l’UQAM et au Collège militaire royal de Saint-Jean, a brossé un portrait à la fois lucide et inquiétant – pour ne pas dire effrayant –, de la situation sociopolitique qui sévit au sud de la frontière.

Sa présentation, intitulée Reculs et fractures – De Washington au monde – Les femmes et le pouvoir a fait particulièrement état des reculs des droits des femmes, qui se déroulent sous nos yeux, à une vitesse fulgurante.

Les vents ont tourné

Alors que nous sommes plusieurs à nous inquiéter de la conjoncture sociopolitique tant chez nous qu’à l’échelle mondiale, la chercheuse est venue confirmer que notre sentiment d’inquiétude est fondé : nous sommes à un tournant mondial et Donald Trump est au cœur de cette tempête.

Le sentiment est réel et documenté par des scientifiques à travers le monde. À titre d’exemple, pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, plus de gens vivent dans une autocratie que dans une démocratie à l’échelle planétaire. « Nous sommes minoritaires », lance Mme Vallet. Dans le monde, plusieurs libertés sont menacées, des libertés qu’on croyait acquises : syndicales et académiques, notamment.

Le réputé Bulletin of the Atomic Scientists, qui, depuis 1945, traite de la sécurité planétaire et des questions de politique publique, en particulier celles liées aux dangers posés par les armes nucléaires et autres armes de destruction massive, avance pour sa part que nous sommes à 85 secondes de minuit, soit de l’apocalypse. Rarement depuis la fin de la Seconde Guerre avons-nous été si proches.

Zoom sur les États-Unis

Pourquoi les réalignements politiques auxquels nous assistons aux États-Unis sont-ils déterminants ? C’est que nos voisins du Sud sont la pierre angulaire de l’architecture mondiale de l’après-guerre, notamment avec la création de l’ONU. « Si on enlève cette pierre, tout s’écroule et c’est à quoi nous assistons », explique la chercheuse.

Et ce déclin a été extrêmement rapide. Le retrait des Américains de plusieurs organisations humanitaires à l’échelle mondiale, jumelé à l’abolition de programmes sociaux internes, tous exercés sous Trump, font extrêmement mal. Aujourd’hui, certains affirment que les États-Unis constituent au mieux une démocratie illibérale, au pire, une autocratie light.

Il faut dire que Trump laisse sa marque partout. Plusieurs chercheurs ont d’ailleurs noté le changement esthétique du monde trumpien : le culte de la personnalité, l’image de la femme blonde et botoxée, les manteaux kaki des agents de l’ICE de Gregory Bovino, qui rappellent curieusement la Gestapo, la mise en scène et la banalisation de la violence. On assiste aussi à la masculinisation de la politique internationale : pour être un chef d’État, il faut être homme viril, comme Trump.

Tous des changements documentés scientifiquement.

Et les femmes ?

Quand les droits s’écroulent, ceux des femmes sont parmi les premiers à tomber. On le sait, la droite américaine est composée de plusieurs factions, qui ne s’entendent pas toutes sur les directions à prendre. Il y a toutefois un point unique sur lequel elles s’entendent : la place des femmes. Ces dernières devraient rentrer à la maison et sortir de l’espace politique. Elles sont incapables et dangereuses.

Pour arriver à leurs fins, la droite les traque : l’accès à l’avortement et leur santé reproductive sont minés. Dans certains états, on suggère aux femmes d’éviter d’utiliser des applications de suivi des menstruations sur leur téléphone, afin de ne pas donner d’indices en cas d’avortement. Ailleurs, on leur suggère d’éviter de commander les tampons et serviettes hygiéniques toujours à la même pharmacie, car elles pourraient être dénoncées par leur pharmacien.

On tente aussi de complexifier l’accès au droit de vote pour les femmes. Les attaques sont si nombreuses, que deux femmes sur cinq sont prêtes à quitter des États-Unis.

La bonne nouvelle, c’est que, malgré tout, la riposte s’organise. Des bibliothécaires se regroupent pour sauver les livres interdits, plusieurs manifestations se tiennent dans les villes américaines. Les tribunaux inférieurs repoussent l’agenda de Trump, etc. « Toutes les façons de militer sont bonnes », explique la chercheuse.

Et à la question, devrions-nous craindre que cela se reproduise ici ? Élisabeth Vallet répond sans ambages : soyons extrêmement prudentes. Oui, nos contre-pouvoirs existent, mais ils ne sont pas enchâssés de manière rigoureuse.

« Il faut investir tous les espaces de la cité : pas juste le politique. Il faut prendre la parole et encourager les gens à le faire, pour contrer la désinformation. Les droits des autres sont aussi les nôtres et nous sommes tous les agents de notre cause. Ne laissons pas les autres nous diviser. Sororité ! »

 

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