Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 05 Mar 2026 21:21:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Rendez-vous Faire front le 11 mars https://www.csn.qc.ca/actualites/rendez-vous-faire-front-le-11-mars/ Thu, 05 Mar 2026 16:28:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112485 Dans les prochaines semaines, la CSN tiendra des webinaires pour apprendre et échanger sur des grands enjeux qui touchent les travailleuses et les travailleurs. Ces moments seront aussi l’occasion de réfléchir à nos pratiques militantes.

Alors que les gouvernements et les grands patrons nous attaquent plus que jamais, nous devons faire le point pour continuer de faire front. La formation militante des travailleuses et des travailleurs est cruciale pour accentuer notre mobilisation et remporter des gains.

Lutte politique et escalade des moyens de mobilisation

Le 11 mars de 12 à 13 heures, la CSN tient un webinaire de la campagne Faire front pour réfléchir ensemble sur l’escalade des moyens de mobilisation nécessaire pour revendiquer une société plus juste et plus équitable.

Après des années à subir des attaques des gouvernements et des patrons, nous devons répliquer. Les réformes et l’austérité font mal à nos services publics, alors que les droits des travailleuses et des travailleurs continuent d’être bafoués. En novembre dernier, nous étions plus de 50 000 dans les rues de Montréal pour exiger que le gouvernement change de cap. Comment poursuivre la bataille ensemble? Ce webinaire vise à vous entendre sur les moyens de mobilisation à mettre en place pour faire front et obtenir des changements qui profitent à l’ensemble de la population.

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur l’escalade des moyens de pression, veuillez remplir ce formulaire.

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Plus de la moitié des paramédics songent à quitter leur emploi https://www.csn.qc.ca/actualites/plus-de-la-moitie-des-paramedics-songent-a-quitter-leur-emploi/ Thu, 05 Mar 2026 14:25:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112481 La CSN a demandé à ses 3 300 membres paramédics, où ils se voyaient dans un horizon de cinq ans ?

Parmi les 1 272 paramédics qui ont répondu au questionnaire, seuls 304 estiment qu’ils seront toujours à leur poste. Pas moins de 262 d’entre eux envisagent un retour aux études, et 364, un changement de carrière. Quelque 78 répondantes et répondants comptent prendre leur retraite d’ici les cinq prochaines années.

Parmi les paramédics qui prévoient de pratiquer encore cette profession dans cinq ans, à peine une vingtaine identifient les conditions de travail, dont le salaire, comme un élément déterminant dans leur choix de rester à l’emploi.

Ces données mettent en lumière les difficultés importantes de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur, à un moment où les paramédics, sans convention collective depuis près de trois ans, tentent de négocier un nouveau contrat de travail qui reconnaîtra la pleine valeur de leur travail.

Leur dernière augmentation salariale remonte au 1er avril 2022. Ils sont sans convention collective depuis le 1er avril 2023. En grève depuis le 6 juillet, avec maintien des services essentiels, les paramédics de la CSN ont pris part à une cinquantaine de séances de négociation. Au cœur des enjeux toujours en suspens : la fixation d’un juste salaire, la surcharge de travail et l’accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d’autres groupes de la santé et des services sociaux, comme la bonification de certaines primes et la rémunération des heures supplémentaires.

« Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement, qui laisse traîner les négociations et qui agit comme s’il les tenait tous pour acquis. Le coup de sonde que nous avons mené devrait le convaincre qu’au contraire, il y a urgence d’agir », a déclaré le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon.

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Trois juges, onze avocats – Un premier test pour la loi 14 https://www.csn.qc.ca/actualites/trois-juges-onze-avocats-un-premier-test-pour-la-loi-14/ Wed, 04 Mar 2026 17:42:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112427 Les 3 et 4 mars, deux avocats de la CSN ont plaidé pour que le conflit opposant le Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN et le CPE Le Jardin de Robi de Roberval ne soit pas assujetti à la loi 14. Ces nouvelles dispositions du Code du travail, adoptées par la CAQ à la fin de l’année dernière, visent à restreindre le droit de grève des salarié-es pour assurer le « bien-être de la population ». Rappelons que la CSN conteste la constitutionnalité de cette loi permettant d’imposer des services minimaux en cas de conflit de travail.

Si les sentiers de l’exercice de la grève avec services essentiels ont été largement explorés au cours des 40 dernières années, il en va autrement ici. Il ne s’agit plus que de préserver la santé et la sécurité publique. En fait, le Tribunal administratif du travail (TAT) devra évaluer s’il y a un risque que la grève puisse entraîner un effet « disproportionné sur la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population ». Ce sont là de nouveaux concepts, introduits par la CAQ dans un univers juridique où le droit de grève demeure protégé par la constitution.

Une formation de trois juges administratifs entend cette toute première cause de ce nouveau mécanisme. Le procureur général du Québec, la CSQ et une fédération qui lui est affiliée ont été reconnus comme intervenants au dossier. Du côté de la CSN, quatre avocats ont travaillé au dossier au cours des dernières semaines, soutenus par d’autres personnes du Service juridique et d’autres services de la CSN.

Droit de grève
En présentant sa loi, le ministre du Travail, Jean Boulet, assurait que son usage serait exceptionnel. Le droit de grève est un droit constitutionnel et son exercice réel implique le dérangement du cours normal des activités d’un établissement.

Pour la CSN, le TAT ne devrait pas assujettir les parties impliquées dans ce conflit à ce nouveau mécanisme. En vertu du droit international et du droit constitutionnel, la restriction au droit de grève dans un État démocratique comme le Québec devrait être minimale. Elle devrait se limiter à des situations où une grève, d’une certaine ampleur qui persiste dans le temps, pourrait provoquer une crise nationale aiguë menaçant les conditions normales d’existence de la population ou des services publics d’importance.

Les avocats ont plaidé au tribunal que, pour restreindre le droit de grève, il incombe à l’employeur de démontrer que celle-ci causerait directement un danger réel et imminent de préjudice à la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population.

Or, le CPE ne fait pas cette démonstration présentant plutôt une série d’inconvénients financiers, de réaménagements familiaux, de pertes d’agrément… mais pas de danger réel découlant directement de la grève. Il a présenté les cas de certains enfants plus vulnérables, pour qui la fréquentation d’un service éducatif à l’enfance apporte un bénéfice tangible. Cependant, les procureurs de la CSN ont rappelé que le rôle des éducatrices en CPE n’est pas de remplacer l’autorité parentale ni les intervenants de la santé et des services sociaux. Ils ont présenté le témoignage d’une experte en la matière, qui indique qu’une interruption temporaire des services de garde éducatifs, comme ce fut le cas durant la pandémie, n’entraîne pas de conséquences à long terme dans le développement des enfants.

De plus, des alternatives existent. La situation a beau ne pas être commode pour ces parents, dans les faits, 30 000 familles attendent une place en CPE au Québec ; elles s’organisent donc autrement. Il serait ironique que les parents d’un CPE en grève se voient garantir un service que l’État est incapable de fournir à toutes les familles en temps normal. On ne peut pas prétendre que la grève des travailleuses est responsable du fait que certains enfants souffrent des inégalités sociales ou qu’ils ne reçoivent pas tous les services publics dont ils ont besoin.

Bref, pour la CSN, les effets de la grève ne sont pas disproportionnés. Pour être acceptable dans un État démocratique, l’application de la loi doit entraîner des effets salutaires qui surpassent les effets préjudiciables graves d’une restriction au droit constitutionnel d’exercer la grève. Ce n’est pas le cas du conflit au CPE Le Jardin de Robi.

Le tribunal rendra sa décision dans les prochains jours. S’il décide d’assujettir le conflit à la loi, les parties auront sept jours ouvrables pour négocier une liste de services minimaux à maintenir. Il s’agit d’une procédure comparable à ce qui se fait dans les secteurs visés par les services essentiels, bien que ce chemin n’ait encore jamais été balisé. S’il n’y a pas d’entente, le TAT déclarera les services à maintenir.

Négociation
En parallèle de l’audience, le syndicat et la CSN ont une fois plus déploré que l’employeur consacre beaucoup plus d’énergies dans la judiciarisation du conflit que dans la recherche d’une solution négociée. Il n’y a pas eu de rencontre de négociation entre les parties depuis le début du mois de novembre 2025, l’employeur choisissant de miser sur une éventuelle décision du TAT qui lui serait favorable. Pour plus d’informations sur les enjeux au cœur du conflit : https://www.csn.qc.ca/actualites/soutenons-les-travailleuses-du-jardin-de-robi/

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S.O.S. CAQ à la dérive https://www.csn.qc.ca/actualites/s-o-s-caq-a-la-derive/ Tue, 17 Feb 2026 12:50:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112000 Après avoir perdu sa boussole, la CAQ navigue désormais à vue, ayant perdu également son capitaine, François Legault, qui a annoncé sa démission le 14 janvier dernier.

Malgré ce qu’il continuait de marteler sur toutes les tribunes avant le congé des Fêtes, M. Legault a dû se rendre à l’évidence : il n’était plus l’homme de la situation.

Ce n’est pourtant pas d’hier que le navire de la CAQ prend l’eau. Fustigé par l’opposition et par les groupes de la société civile, le gouvernement de François Legault s’est enlisé dans une inquiétante dérive autoritaire depuis son dernier remaniement ministériel, pourtant censé relancer son parti.

Pendant que des milliers de ménages peinent à se loger et à joindre les deux bouts, le gouvernement a préféré gérer à courte vue, laissant les inégalités se creuser.

— Caroline Senneville, présidente de la CSN

Après des mois à s’attaquer aux contre-pouvoirs avec, au premier chef, les organisations syndicales, le gouvernement était certain qu’il ferait bouger l’aiguille des intentions de vote en sa faveur. Or, lorsqu’on regarde les derniers coups de sonde qui placent la CAQ en troisième position, voire en quatrième position, derrière le Parti conservateur d’Éric Duhaime, le constat d’échec est encore plus retentissant.

Déconfiture et déconnexion

Cette sinistre déconfiture met aussi en lumière la déconnexion totale de ce gouvernement à l’égard des besoins réels de la population. Crise du logement hors de contrôle, explosion du coût de la vie, cafouillage en immigration avec la fin du Programme de l’expérience québécoise. Les signaux d’alarme se sont multipliés, sans jamais provoquer un véritable changement de cap. Pendant que des milliers de ménages peinent à se loger et à joindre les deux bouts, le gouvernement a préféré gérer à courte vue, laissant les inégalités se creuser.

La course à la succession de François Legault n’a cependant rien de rassurant. Le duel qui s’annonce entre Christine Fréchette et Bernard Drainville se déroule dans un climat de surenchère et de calcul politique, bien loin des préoccupations des travailleuses, des travailleurs et de la société en général.

Le cas de Drainville est particulièrement révélateur : à force de vouloir flatter les bas instincts, il verse dans un populisme élémentaire, n’hésitant pas à relayer de fausses informations pour discréditer le mouvement syndical. L’épisode de l’ambulance prétendument vandalisée lors d’une récente manifestation à Québec – alors qu’elle était destinée à la ferraille – illustre jusqu’où peut aller cette dérive quand on est prêt à tout pour nourrir ses ambitions personnelles.

Faire front, tant qu’il le faudra

Heureusement, devant un tel mépris, la CSN, de concert avec ses alliés de la société civile, continue de faire front. Le 29 novembre dernier, nous étions plus de 50 000 personnes dans les rues de Montréal pour dénoncer cette déconcertante dérive de la CAQ et exiger un véritable changement de direction. Ce rassemblement mémorable n’était pas un point final, mais bien un point de départ. Notre campagne Faire front se poursuit et s’intensifiera au cours des prochains mois.à

Au menu : escalade des moyens de pression et renforcement de nos alliances avec nos partenaires des mouvements sociaux pour converger autour du 1er mai, moment fort de la mobilisation. Nous porterons également plusieurs revendications sur la place publique afin d’interpeller l’ensemble des formations politiques pour connaître leur positionnement. À l’approche des élections d’octobre 2026, il est urgent d’adresser à tous les partis politiques un message clair : ils doivent écouter la société civile, y compris les syndicats, et exiger des engagements concrets de la part de celles et ceux qui aspirent à diriger le Québec.

Mais dans l’intervalle, en attendant de connaître celui ou celle qui reprendra la barre de ce gouvernement en fin de piste, une chose est certaine : la CSN ne baissera pas les bras et continuera à se mobiliser… tant qu’il le faudra.

Petit S.O.S. afin d’éviter le naufrage : per­sister dans la même veine de confrontation avec les organisations syndicales ne sera jamais payant. La seule chose sensée à faire dans les circonstances est d’abandonner les projets de loi liberticides, à commencer par le projet de loi 3.

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Insécurité alimentaire: des solutions novatrices https://www.csn.qc.ca/actualites/insecurite-alimentaire-des-solutions-novatrices/ Tue, 17 Feb 2026 12:50:26 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112012 En décembre 2025, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention communautaire (STTIC) ont voté une résolution novatrice. Celui-ci permettra au syndicat de rembourser à l’avance les dépenses reliées aux repas des salarié-es libérés pour activités syndicales.

Un coup de pouce qui aide grandement, dans un contexte d’insécurité alimentaire, alors que ce fléau touche de plus en plus la classe moyenne selon l’Observatoire québécois des inégalités.

Entre 2019 et 2023, la proportion de la population, dite de la classe moyenne, en situation d’insécurité alimentaire est passée de 8 % à 18,5 %. Ce dernier pourcentage représente 322 000 personnes.

« Notre monde œuvre en intervention communautaire, nos travailleurs et travailleuses ne font pas de gros salaires, relate la présidente par intérim du STTIC, Rosalie Bezeau-Faucher. Ils sont de la classe moyenne. »

« Le syndicat a constaté qu’avec la hausse du coût de la vie des dernières années, il était difficile de joindre les deux bouts, poursuit-elle. Certains membres justifiaient qu’ils ne mangeaient pas lors de libérations syndicales en prétextant ne pas avoir faim ou en disant qu’ils allaient manger plus tard. »

Ne voulant pas rendre les gens inconfortables en abordant cette situation encore taboue dans la société, cette solution d’avance de fonds vient régler efficacement le problème.

« Nous ne voulions pas que les gens se sentent mal à l’aise. C’est malheureux que ça soit tabou, ça ne devrait pas l’être », plaide la présidente.

Cette initiative est venue s’ajouter à une autre déjà mise en place par le syndicat en 2023, soit le tirage de cartes-cadeaux d’épiceries dans les assemblées générales et lors d’événements syndicaux. Un incitatif qui, d’autre part, leur a permis de régler le problème de quorum.

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Le droit de grève dans l’œil de la Cour suprême https://www.csn.qc.ca/actualites/le-droit-de-greve-dans-loeil-de-la-cour-supreme/ Tue, 17 Feb 2026 12:49:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112004 Le ministre Boulet l’admet d’emblée : sa nouvelle loi vise à élargir la notion de « services essentiels » afin que le Tribunal administratif du travail (TAT) s’éloigne d’une interprétation trop restrictive des limitations pouvant être apportées au droit de grève. « Il faut penser à de nouveaux critères de détermination de ce qui constitue un service à maintenir [lors d’un conflit de travail] », exprimait-il quelques semaines avant de déposer son projet de loi 89, sanctionné depuis comme loi 14.

Ces nouveaux critères, la loi les définit ainsi : des services devront être « minimalement requis pour éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité ».

« Il s’agit d’un virage à 180 degrés, y compris pour Jean Boulet lui-même », souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. En 2019, lors du dépôt de son projet de loi 33, rendu nécessaire pour corriger les balises au droit de grève du secteur public à la suite de l’arrêt Saskatchewan de la Cour suprême, le ministre du Travail avait à l’époque déclaré que seule « la protection de la santé ou de la sécurité publique » devait être retenue comme critère général acceptable pouvant entraver le droit de grève, dorénavant hissé au statut de droit fondamental.

Le ministre avait raison… en 2019

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, souligne à grands traits la contestation juridique de la CSN. Non seulement l’arrêt Saskatchewan identifiait clairement les limites acceptables au droit de grève (la santé et la sécurité de la population ; une urgence nationale extrême ; ou encore à l’endroit de salarié-es de la fonction publique qui exercent un pouvoir au nom de l’État), celles-ci sont également reconnues par le droit international comme étant les seules restrictions admissibles.

Lorsque des restrictions au droit de grève sont possibles en regard des trois critères mentionnés plus haut, les balises se doivent d’être serrées, de façon à porter « le moins possible » atteinte au droit de grève, stipulent tant le droit canadien que le droit international. En ce sens, les mesures ne doivent être ni arbitraires, ni inéquitables, ni fondées sur des considérations irrationnelles.

À la lecture de cette loi, dont l’objectif est de ne pas affecter « de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité », force est de constater que la loi s’appuie sur « une définition très large référant à des concepts encore plus larges et peu juridiques », pourfend le recours juridique de la CSN.

« Mais d’ici à ce que cette loi soit invalidée, le TAT devra l’appliquer… et rendre des décisions qui sont contraires à la jurisprudence établie par l’arrêt Saskatchewan », s’inquiète Caroline Senneville.

L’arbitrage de différends obligatoire

Un deuxième mécanisme de la loi 14 pourrait difficilement passer le test de la Cour suprême : le pouvoir que s’accorde le ministre de mettre fin à une grève, par simple décret, s’il estime que celle-ci « cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population ». Dans de telles situations, aux contours des plus flous, le ministre pourrait alors imposer un arbitrage pour se substituer à la négociation.

La jurisprudence est pourtant claire : lorsqu’un droit fondamental est entravé, le mécanisme de rechange se doit d’être juste, adéquat, indépendant et impartial. Ici, l’arbitrage n’est pas imposé par un tiers neutre et impartial, mais bien par un ministre dans l’exercice d’un pouvoir discrétionnaire fort peu encadré qui court-circuite les processus habituels et démocratiques d’adoption d’une loi.

Aux yeux de la jurisprudence, l’arbitrage obligatoire ne peut s’avérer un substitut valide, puisqu’il « sera toujours à l’avantage de la partie patronale, il aura pour effet de briser tout le rapport de force d’un syndicat, l’empêchant d’obtenir des gains », précise le recours de la CSN en Cour supérieure.

Un effet paralysant sur toutes les négociations

L’impact de cette possibilité d’être visé par un décret créera un effet paralysant sur toutes les négociations : nombre de syndicats seront confrontés à la possibilité toujours latente de voir sa grève être complètement arrêtée. Les débrayages les plus impopulaires risqueront d’être jetés à la vindicte populaire. Une véritable épée de Damoclès pour les syndicats qui voudraient envisager la grève dans la construction de leur rapport de force.

Et l’indépendance des tribunaux, dans tout ça ? Qu’arrivera-t-il lorsque le ministre, insatisfait d’une décision du TAT sur les services essentiels, décidera d’assujettir le même syndicat aux services minimalement requis pour assurer le bien-être de la population ?

Pour la présidente de la CSN, il s’agit clairement d’un « droit d’appel détourné dans les mains du ministre », qui risque de mettre à mal la stabilité des décisions du TAT.

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Le gouvernement prend le mauvais virage https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-prend-le-mauvais-virage/ Tue, 17 Feb 2026 12:48:27 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112017 Les entreprises privées ou encore d’économie sociale jouent déjà un rôle dans le soutien à domicile. À l’origine, la contribution de ces entreprises devait être complémentaire aux soins du réseau public, offerts par les ASSS. Mais au fil du temps, ces organisations ont pris de plus en plus de place. On leur confie davantage de responsabilités qui devraient revenir aux ASSS, beaucoup mieux formées et surtout, complètement intégrées aux équipes multidisciplinaires en soutien à domicile.

« Nous avons suivi une formation professionnelle rigoureuse sur plus d’un an, explique Alexandra. Le personnel externe reçoit un enseignement qui se donne sur trois mois. C’est le temps que ça prend juste pour le bloc concernant le déplacement sécuritaire des patients ! C’est nous, les ASSS du CLSC, qui sommes appelées à compléter la formation des employées externes, parce qu’elles ne peuvent faire face à toutes les situations ».

La loi confie aux ASSS des actes médicaux autrefois réservés au personnel infirmier. Leur travail comporte également une forte dimension sociale alliant écoute et conseils, tant pour les bénéficiaires eux-mêmes que pour leurs proches et leur famille. « Parfois, on doit intervenir dans des situations de crise. Nous avons été formées pour faire face à toutes sortes de conditions psychosociales. Ce n’est pas nécessairement le cas des intervenantes du privé. »

La plus grande valeur ajoutée des ASSS dans le réseau, c’est qu’elles sont complètement intégrées à l’équipe multidisciplinaire du CLSC. « On collabore étroitement avec toutes les personnes professionnelles. Chaque semaine, on fait le point avec toute l’équipe. On échange sur les besoins de chaque bénéficiaire et on s’entend sur une marche à suivre. On développe des connaissances cliniques. Ce n’est pas le cas du personnel externe », déplore Alexandra Charland.

Les gens en perte d’autonomie peuvent recevoir une allocation de l’État, à dépenser auprès d’une entreprise pour recevoir de l’aide à domicile. Initialement, leur rôle devait se limiter à de l’aide domestique, comme l’entretien ménager ou la préparation de repas. Avec le temps, et le manque d’investissement dans les services publics, le rôle du privé s’est considérablement élargi. Aujourd’hui, l’apport du privé ne se limite plus au ménage et aux repas : il englobe aussi les soins fournis aux bénéficiaires. Or, ce ne sont pas toutes les usagères et tous les usagers qui ont les moyens de se payer ces services.

Alexandra note d’ailleurs que les problèmes socio-économiques sont de plus en plus criants pour une grande part de la clientèle, dont les besoins sont fréquemment plus lourds qu’avant. « On observe plus de pauvreté, plus de détresse sociale. On relève plus souvent des milieux de vie insalubre. Clairement, en misant sur le concept d’utilisateur-payeur, de plus en plus de gens auront de la difficulté à débourser pour les services requis. »

Le 29 janvier, le gouvernement de la CAQ a dévoilé une nouvelle politique nationale de soutien à domicile. Il entend miser, plus que jamais, sur les entreprises privées ou d’économie sociale pour offrir les services, y compris des soins à la personne, au détriment des services publics déjà existants dans les CLSC, grandement sous-financés. Pour la CSN, le gouvernement fait fausse route : il faudrait bien davantage renforcer le rôle des CLSC et miser notamment sur les 7 000 auxiliaires aux services de santé et sociaux, mieux formées et complètement intégrées aux équipes pluridisciplinaires, qui assurent un véritable continuum de soins.

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Les universités n’arrivent plus https://www.csn.qc.ca/actualites/les-universites-narrivent-plus/ Tue, 17 Feb 2026 12:48:14 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112021 Le sous-financement des universités, depuis plusieurs années, est manifeste. Mais la récente compression de 4 % du budget de fonctionnement pour l’ensemble des établissements dans le dernier cadre budgétaire du Québec fait mal. Cette décision survient alors que les coûts de système explosent et que les infrastructures se détériorent.

Les récents resserrements appliqués au Programme des étudiants étrangers affectent également le financement de la majorité des universités. C’est particulièrement vrai pour les programmes de deuxième et troisième cycles, pour lesquels les frais de scolarité y sont de quatre à cinq fois plus élevés pour les étrangers que pour les résidents et résidentes du Québec.

« Il faut investir dans l’avenir de notre société et ne pas brimer toute une génération. Si l’on veut être un chef de file en innovation, nous devons former des diplômé-es du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat », indique la vice-présidente de la FNEEQ–CSN et responsable politique des syndicats de chargé-es de cours universitaires, Christine Gauthier.

« Si les budgets ne sont pas suffisants pour couvrir les salaires et les autres frais d’exploitation, les universités vont être déficitaires. Il faudrait ajuster le montant alloué par étudiant », affirme pour sa part Ryan William Moon, vice-président de la FP–CSN, qui représente plus de 2000 professeur-es d’université. Ce dernier cite d’ailleurs en exemple Concordia, qui affiche à elle seule un déficit de 100 millions de dollars.

L’impact des déficits

Les universités qui déclarent un déficit budgétaire doivent négocier des arrangements avec le gouvernement pour retrouver rapidement l’équilibre. Il y a donc un risque d’influence externe sur l’offre de cours et l’agrandissement des groupes.

L’instauration de gels d’embauche et la diminution de services aux étudiantes et étudiants, en orientation ou en appui psychologique, par exemple, sont aussi relevées dans un contexte de compression. Ryan William Moon s’inquiète par ailleurs que cette précarité universitaire augmente le nombre de partenariats avec le privé, ajoutant ainsi à la menace qui pèse déjà sur la liberté académique. Ce dernier rappelle que le président Trump ne se gêne pas pour lier le financement des universités à certaines de ses orientations idéologiques. Le déficit crée une vulnérabilité dans le processus de ce genre d’interventions.

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Le personnel du soutien scolaire victime de violence https://www.csn.qc.ca/actualites/le-personnel-du-soutien-scolaire-victime-de-violence/ Tue, 17 Feb 2026 12:47:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112018 «Le jeune charge la technicienne en éducation spécialisée, la fait basculer et lui saute dessus jusqu’à ce qu’elle hurle de douleur. » « J’ai été frappée à l’œil et j’ai perdu la vue, je suis toujours suivie par un ophtalmologue, je vois flou. » « Coups de poings, morsures, claques au visage, coups de pied, insultes… j’ai craqué, je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois : stress post-traumatique dû aux agressions. » Ce ne sont là que quelques extraits des centaines d’histoires qu’a reçues le secteur du soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Ces cris du cœur collectés par la fédération font suite à l’annonce, en octobre 2025, des résultats d’un sondage sur les risques psychosociaux mené auprès de plus de 6 000 travailleuses et travailleurs du soutien scolaire. Les résultats sont troublants : 52 % disent avoir été victimes de violence physique directe. Si, dans la majorité des cas, on parle de cris avec colère (61 %) ou de langage grossier (62 %), on relève aussi des proportions alarmantes d’attaques avec objets (24 %), de conduites déplacées à caractère sexuel (propos 18 %, gestes 9 %) et même, dans 14 % des cas, de menaces de mort.

En marge du dévoilement de ces statistiques effarantes lors d’un colloque regroupant les syndicats, Annie Charland, présidente du secteur, ne mâche pas ses mots. « Ça n’a juste pas de sens qu’on tolère un tel niveau de violence. Et c’est pire qu’avant. On a sondé les membres avec les mêmes questions qu’avait posées l’Institut national de santé publique du Québec en 2022 et tous les chiffres sont plus élevés. Les membres sont à bout, on en a un sur quatre qui songe à quitter son emploi ! »

Forte d’une longue expérience syndicale, Annie témoigne sans hésitation de l’envergure de la crise. « Ce n’est pas mêlant, dénonce-t-elle, on n’a jamais vu ça. Plus de 60 % de notre monde rentre au travail malgré des problèmes de santé. L’appui des supérieurs est au plus bas et il n’y a aucune reconnaissance, ni pour le travail accompli ni de la violence qu’on subit. Le ministère de l’Éducation, les commissions scolaires et les centres de services scolaires doivent s’asseoir et trouver des solutions pour protéger la santé et la sécurité du personnel de soutien. »

« On l’a souvent répété et on sait que l’image est forte, conclut Annie, mais est-ce que ça prendra un mort pour que le gouvernement agisse ? On se le demande pour vrai. »

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Quand l’esprit de solidarité fait la différence https://www.csn.qc.ca/actualites/quand-lesprit-de-solidarite-fait-la-difference/ Tue, 17 Feb 2026 12:46:58 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112033 À la table de négociation, l’employeur refuse de considérer les contre-propositions financières du syndicat, pénalisant les éducatrices, mais aussi des centaines de parents de la région.

Plutôt que d’ouvrir la discussion avec le comité de négociation, la direction a préféré déposer une demande au Tribunal administratif du travail (TAT) pour forcer la fin de la grève et la reprise des services minimaux au CPE, et ce, dès le premier jour de l’entrée en vigueur de la loi 14. Le 6 février, le gouvernement a finalement accepté la demande patronale, en adoptant un décret en ce sens. Au moment d’écrire ces lignes, le TAT n’avait pas encore rendu de décision. Toute la CSN suit ce dossier de près. Il s’avère le premier cas d’application de cette loi, dont nous avions dénoncé l’adoption, car elle menace l’équilibre du rapport de force, au détriment des salarié-es.

Depuis trois mois, les employées du Jardin de Robi paient très cher pour l’entêtement acharné de leur employeur. Lors des derniers conseils fédéraux de la FSSS–CSN et de la FEESP–CSN, et aussi lors du conseil confédéral de décembre, les travailleuses ont pu compter sur un généreux élan de solidarité de la part du mouvement. Au terme de ces trois événements, une somme frisant les 25 000 $ a été amassée, leur permettant ainsi de se tenir debout, fortes et fières, jusqu’à l’obtention d’un règlement satisfaisant.

« La générosité de nos camarades nous touche beaucoup », souligne Nathalie Duperré, présidente du Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Grâce aux sous récoltés, les travailleuses peuvent tenir la minute de plus. Les appuis qu’elles reçoivent quotidiennement durant cette importante lutte sont très précieux. »

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Hommage à une militante d’exception https://www.csn.qc.ca/actualites/hommage-a-une-militante-dexception/ Tue, 17 Feb 2026 12:39:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112041 Actuellement membre du comité confédéral LGBT+ de la CSN et fondatrice du comité de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres de la FNEEQ–CSN, Dominique conçoit le syndicalisme et la défense des droits de la personne comme deux combats indissociables. Au sein de son syndicat local, elle a mis pendant plusieurs années son engagement au service de l’avancement des droits et de la reconnaissance des minorités sexuelles.

Pour Dominique, « l’essence même du syndicalisme est la recherche de la justice. C’est une force structurante qui nous donne les moyens de mener nos luttes jusqu’au bout.

C’est grâce à la volonté de la confédération de lutter sur tous les fronts qu’on parvient à faire avancer la société et à mettre en place des mesures concrètes pour défendre les droits des minorités sexuelles », affirme-t-elle.

Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN et responsable politique du comité LGBT+, souligne que l’impact social de la CSN va de pair avec l’engagement de militante comme Dominique Dubuc. « La CSN a eu de l’influence dans le respect des libertés des communautés LGBT+, notamment grâce à l’implication de personnes aussi brillantes que Dominique. C’est cette diversité de perspectives et de luttes qui fait la force de notre mouvement aujourd’hui », affirme-t-elle.

Dominique constate toutefois avec inquiétude que, malgré des avancées importantes, les minorités sexuelles se retrouvent de plus en plus dans la ligne de mire de discours démagogiques. « Les minorités sexuelles, au sens large, servent aujourd’hui de boucs émissaires pour tout ce qui ne fonctionne pas dans notre société. Nous nous sommes battus pendant des décennies pour que nous et nos enfants ayons les mêmes droits que tout le monde. Or, on observe maintenant qu’il est politiquement payant de stigmatiser et de marginaliser davantage certaines communautés », déplore-t-elle.

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TOP 5: les pires employeurs de 2025 https://www.csn.qc.ca/actualites/top-5-les-pires-employeurs-de-2025/ Tue, 17 Feb 2026 12:39:00 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112047 1. Amazon

Champion poids lourd de l’antisyndicalisme. Un premier entrepôt se syndique au Québec. Résultat, Amazon ferme tout et jette 4500 personnes à la rue. Punir, intimider, enrayer les syndicats : une multinationale prête à tout pour écraser les droits des travailleuses et des travailleurs. Le TAT tranchera et, souhaitons-le, la solidarité vaincra.

2. Béton Provincial

Acheter, verrouiller, appauvrir. Béton Provincial a mis 50 salariés en lock-out, fin 2024, en pleine saison morte, après l’acquisition des installations de Demix. La récompense pour plusieurs années de service : la rue. Gel salarial, retraite abolie, assurances charcutées. Un manuel du parfait mauvais boss. Malgré cela, les gars demeurent déterminés à se faire respecter !

3. Renaud-Bray

Le mépris patronal en format poche. Déjà reconnue coupable de négociation de mauvaise foi, l’entreprise Renaud-Bray s’entête : rémunération à peine au-dessus du salaire minimum, briseurs de grève, refus de négocier et fermeture. Plus d’un an de conflit et une seule stratégie : user, décourager, fermer, pour tenter de faire taire les voix syndicales. Inadmissible. Point.

4. Société de transport de Montréal

Plus de 120 rencontres, zéro volonté. La STM a sciemment joué la montre, comptant sur les lois spéciales et le recul des droits syndicaux pour bloquer toute entente. Négocier ? Non. Éterniser le processus et compter sur l’affaiblissement des droits des travailleuses et travailleurs ? Oui. Une société publique qui se comporte comme le pire des employeurs privés.

5. Gouvernement du Québec

Salaires gelés en services préhospitaliers, en milieu correctionnel ou à l’aide juridique. Primes fantômes, droits piétinés… Comme employeur, force est de constater que Québec fait piètre figure. Il laisse traîner les négociations dans plusieurs secteurs parapublics et affaiblit la prévention en santé et sécurité du travail. Donner l’exemple ? Raté. Exploiter par des politiques anti-travailleuses et anti-travailleurs ? Réussi.

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Spécial 8 mars: féminisme tout terrain https://www.csn.qc.ca/actualites/special-8-mars-feminisme-tout-terrain/ Tue, 17 Feb 2026 12:38:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112053 Pensons aux congés parentaux, à la santé et sécurité du travail – à travers des luttes contre le harcèlement – ou encore au salaire minimum. D’abord et avant tout des enjeux d’équité pour les femmes, tout le monde bénéricie aujourd’hui des fruits des luttes féministes.
À la CSN, le féminisme a autant de visages qu’il y a de membres. À l’occasion du 8 mars, le Point syndical s’est entretenu avec deux travailleuses pour prendre le pouls de l’engagement féministe en 2026.

Féminisme dans un métier non traditionnel

Catherine travaille chez Énergir depuis six ans. Elle fait partie des 16 % de femmes dans l’entreprise parmi le groupe CSN et des 25 % de femmes chez les techniciennes de l’exploitation du réseau. Elle est également vice-présidente de la condition féminine de son syndicat. Si le distributeur d’énergie démontre une certaine maturité en matière d’équité normative, des angles morts liés au genre peuvent toutefois persister. Catherine donne l’exemple des uniformes. Les modèles pour femmes sont inconfortables alors que la majorité des travailleuses sur le terrain ont besoin de bouger facilement. Elles finissent souvent par se procurer le modèle pour hommes, plus ample.

Les enjeux d’équité font leur chemin jusqu’à la table de négociation. Des gains en conciliation travail-famille ont récemment permis une plus grande flexibilité des horaires, un avantage apprécié par l’ensemble des employé-es.

L’arrivée de femmes dans l’entreprise a notamment contribué à améliorer la santé et la sécurité. Les travailleurs se blessaient souvent en ouvrant et fermant des vannes de gaz. « Ils devaient forcer pour manipuler les vannes à la main et finissaient par se blesser au dos », explique la déléguée. Avec l’arrivée des travailleuses, un outil offrant un meilleur levier a été développé, pour le bien de toute la force de travail.

Féminisme en temps de grève

Pour le CREW, syndicat qui représente les auxiliaires d’enseignement de l’Université Concordia, le féminisme est la racine de leur affiliation avec la CSN. Les personnes militantes qui ont organisé le maraudage entre 2023 et 2024 se mobilisaient contre un professeur accusé de harcèlement sexuel. Elles cherchaient une centrale qui les appuierait dans leurs démarches. Ainsi, le comité féministe du syndicat joue le rôle de gouvernail politique de l’organisation, s’assurant que chaque auxiliaire, dans son travail ou sa militance syndicale, a des opportunités similaires. Le comité remplit donc une mission éducative, mais aussi une fonction de chien de garde, pour faire en sorte que le réflexe d’inclusion intersectionnelle soit constant.

Pendant la grève du printemps 2025, la majorité des membres du comité se dirigent vers celui de la négociation. « Nos priorités se sont déplacées, mais notre approche féministe est demeurée transversale, explique Tyisha Murphy, qui milite au comité. Pendant cette période, on s’assure de mettre en place des services de garde pour que les parents puissent participer au même titre que les autres membres. Alors que les lignes de piquetage peuvent être drainantes, on s’assure que tous les grévistes demeurent hydratés, nourris et au chaud. C’est le fameux “ prendre soin ” ».

Dans les prochaines semaines, le comité organisera sa militance autour de la Journée internationale des droits des femmes et tâchera de multiplier les liens et les connexions avec d’autres syndicats. L’objectif est de bâtir une communauté de travailleuses et de travailleurs plus résiliente.

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Deux ententes à la PDA https://www.csn.qc.ca/actualites/deux-ententes-a-la-pda/ Tue, 17 Feb 2026 12:34:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112057 Deux syndicats CSN ont conclu des ententes avec la Place des Arts (PDA) cet automne, dans des contextes de négociation aux atmosphères bien différentes. La Place des Arts, complexe culturel majeur à Montréal, où l’on retrouve diverses salles de spectacles, est gérée par une société d’État québécoise.

Deux jours de grève

Le Syndicat des préposé-es au stationnement de la Place des Arts a dû tenir deux jours de grève pour que leur employeur entende raison. Les travailleuses et travailleurs étaient sans contrat de travail depuis mars 2022. À l’automne 2025, ils ont perdu patience jusqu’à débrayer les 4 et 14 septembre, soir du gala des Prix Gémeaux, célébré à la PDA.

Ils revendiquaient des hausses salariales équivalentes à celles obtenues dans le secteur public. Les membres réclamaient aussi la protection de leur plancher d’emploi, en réaction aux nouvelles technologies implantées par l’employeur.

Grâce à leur mobilisation, ils ont réussi à gagner 28 % d’augmentation sur sept ans, une bonification de l’indemnité de maladie, la reconnaissance de l’indemnité des jours fériés non travaillés, l’octroi de jours de libérations syndicales et des mesures d’atténuation des impacts des nouvelles technologies. Les membres ont adopté l’entente à 92 %, le 11 octobre dernier.

Même pas 20 séances

Du côté du syndicat des placeurs et des ouvreuses, la nouvelle convention collective s’est réglée en moins de 20 séances de négociation.

« La négo portait principalement sur les enjeux salariaux. Les deux parties ont été très efficaces. Nous étions en mode exploratoire. Le ton à la table était très positif », affirme la nouvelle présidente du syndicat, Jennifer Dharmaratnam.

Les travailleuses et travailleurs ont atteint les paramètres salariaux du secteur public, incluant une clause de protection du pouvoir d’achat indexée sur l’IPC, des primes pour les repas et la double affectation. Ils ont voté à 95 % en faveur de l’entente de principe le 12 novembre dernier.

Chapeau !

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Édition hiver 2026: des nouvelles en rafale https://www.csn.qc.ca/actualites/edition-hiver-2026-des-nouvelles-en-rafale/ Tue, 17 Feb 2026 12:34:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112071 Paramédics renversés par l’inaction de Québec

Les 3300 paramédics CSN sont sans convention collective depuis le 31 mars 2023. Au cœur du litige : un juste salaire pour cet emploi et une réduction de la surcharge de travail. Les négociations se poursuivent avec le Conseil du trésor. Le 3 février, de nombreux paramédics se sont donné rendez-vous derrière l’Assemblée nationale pour accueillir les député-es lors de la rentrée parlementaire. En grève, avec maintien des services essentiels depuis le 6 juillet, ils n’entendent pas baisser les bras. Tenez-vous-le pour dit, M. Drainville !

Les membres du Massif acceptent la recommandation du conciliateur

Le 22 janvier 2026, après trois semaines de grève générale illimitée, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Massif de Petite-Rivière-Saint-François ont accepté à 91 % la recommandation du conciliateur. La nouvelle convention collective prévoit, sur une période de cinq ans, des augmentations salariales totalisant 5, 4, 3, 3 et 4 %. S’ajoute à ces augmentations une protection contre l’inflation, si l’indice des prix dépasse les hausses négociées. Ce mécanisme s’appliquerait au cours des trois dernières années de la convention et pourrait élever les salaires jusqu’à 5 % par année. Malgré cette issue positive, le syndicat ne peut passer sous silence les interventions politiques des dernières semaines. Les prises de position de Kariane Bourassa, députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré à l’Assemblée nationale, ont clairement favorisé l’employeur, sans égards aux conditions des travailleuses et des travailleurs de son propre territoire.

Enfin un syndicat à la garderie Unik

Les travailleuses de la Garderie Unik à Gatineau peuvent crier victoire ! Le Tribunal administratif du travail a reconnu leur syndicalisation après six mois de contestations patronales. Durant cette période, la direction n’a pas cessé de miner la mobilisation de ses employées en multipliant les cas d’ingérence, d’intimidation et de représailles pour activités syndicales. Heureusement, ces salariées pourront désormais compter sur leur syndicat et sur la force de la CSN pour les appuyer dans leur quête d’équité et de respect. Prochain arrêt : une première convention collective qui améliorera concrètement leurs conditions de travail.

Victoire pour le syndicat de Kruger

Après quatre semaines de grève, dont trois en grève générale illimitée, les 150 travailleuses et travailleurs de Kruger à LaSalle ont approuvé, le 31 janvier, une entente de principe à 73,5 % des voix. L’accord prévoit une hausse salariale de 19 % sur cinq ans, dont 8 % dès la première année, ainsi que divers gains supplémentaires : une prime pour les opérateurs, une septième semaine de vacances après 30 ans de service et une augmentation de 0,5 % de la part de l’employeur dans le régime de retraite. La grève, déclenchée le 12 janvier, s’est terminée le 1er février. Respect camarades !

Fin du lock-out chez Ortec Environnement

À la surprise générale, l’entreprise de pompage et de nettoyage industriel de Saint-Rémi, en Montérégie, a mis en lock-out ses 22 travailleurs le 7 janvier dernier. L’employeur les a mis à la rue en pensant qu’ils allaient rentrer à genoux, à temps pour la grosse saison du printemps. Après cinq semaines, la direction a bien vu que les travailleurs n’allaient pas plier. Têtes hautes, les syndiqués ont manifesté leur mécontentement, malgré les grands froids de janvier et février. Leur ténacité leur a donné raison. Ils ont adopté à 71 % un règlement proposé par le conciliateur. Ainsi, ils obtiennent 9,5 % d’augmentation salariale sur trois ans, un régime de retraite amélioré, l’accès à six congés mobiles et une bonification des vacances et de certaines primes. Leur dernière convention collective s’était étirée sur onze ans. Ils demandaient donc un rattrapage, puisqu’ils ont subi de plein fouet l’inflation des dernières années.

70e Congrès de la CSN–Construction

Sous le thème L’union fait la suite, le congrès s’est tenu du 3 au 5 février 2026 à Montréal. À la suite de débats et d’échanges tenus en plénière et en ateliers, les membres ont défini plusieurs orientations qui guideront l’action de l’organisation pour les quatre prochaines années. Le nouveau comité exécutif est composé de Félix Ferland, de Jennie-Claude Lafontaine Morin, et de Richard Galarneau. Bonne suite, camarades !

8 mars 2026: Générations deboutte !

Au cours des derniers mois, la CSN a amorcé un important mouvement de mobilisation avec sa campagne Faire front. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un appel est lancé à toutes les femmes : Générations deboutte ! Être « deboutte », ce n’est pas une posture physique, mais politique. Plus qu’un slogan, c’est un appel à l’action, un cri de ralliement pour une société plus juste et plus libre.
Tout au long de son histoire, la CSN a mené des luttes, et les femmes y ont contribué depuis le tout début. Afin de poursuivre l’action collective pour une véritable égalité des genres, la CSN vous invite à participer aux activités du 8 mars, qui se tiendront partout au Québec. Contactez le conseil central de votre région pour en connaitre les détails.

Marche-don, Cours-don : 4e édition

Le 29 mars prochain, de nombreuses personnes s’activeront lors de la quatrième édition du Marche-don, Cours-don, dans le but d’amasser des fonds pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN. Cette activité de marche ou de course à relais joint l’utile à l’agréable : se rassembler autour d’un événement sportif hivernal, tout en aidant les familles dont les enfants sont touchés par le cancer.
L’année dernière, près de 150 000 $ ont été amassés pour le camp. Il est encore temps de s’inscrire et de faire un don, dans le cadre de cette belle initiative.
Nous soulignons cette année le 30e anniversaire de la collaboration de la CSN avec Leucan pour la tenue du camp d’été. La générosité des militantes et des militants a permis de recueillir plus de cinq millions de dollars à travers les années. La CSN s’engage d’ailleurs à continuer d’agir dans la communauté dans les futures années.

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Faire front: une protestation haute en couleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/faire-front-une-protestation-haute-en-couleurs/ Tue, 17 Feb 2026 00:52:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112056 Retour en images sur la grande manifestation du 29 novembre.

 

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L’égalité des chances laissée au libre marché https://www.csn.qc.ca/actualites/legalite-des-chances-laissee-au-libre-marche/ Wed, 04 Feb 2026 16:48:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=111539 Au Québec, le projet de la Révolution tranquille visait, entre autres, à offrir l’égalité des chances en matière d’éducation à tous les enfants québécois, peu importe leur origine ou leur lieu de résidence. Après la publication du célèbre rapport Parent au milieu des années 1960, le gouvernement entreprend un vaste chantier d’organisation du système d’éducation, de la maternelle à l’université, accessible à toutes les familles.

Or, à la demande du clergé, le gouvernement favorisera la liberté de choix des parents, ce qui permettra à l’enseignement privé subventionné de se tailler une place dans le système scolaire. Pour Christophe Allaire Sévigny, ce libre choix nous a menés tout droit à ce qu’il appelle aujourd’hui la « ségrégation scolaire », une expression formulée à l’époque par le regretté sociologue, Guy Rocher.

L’idée de retracer l’origine de cet idéal d’égalité des chances et d’en tracer un historique naîtra d’une lettre d’opinion signée Rocher, membre de la commission Parent. L’auteur rencontrera du personnel enseignant, des élèves et des chercheurs. La forme originale du balado, Distances sociales, sera retenue au départ, à la suite duquel il procèdera à la rédaction de son essai.

Sous forme d’enquête, l’argumentaire solide du sociologue, enseignant au cégep de Sherbrooke, est brillamment construit sur des faits, des écrits et des exemples concrets. L’ensemble nous fait comprendre que ce que d’autres nomment « l’école à trois vitesses » au Québec existe bel et bien et que ce modèle reproduit des inégalités systémiques qui stigmatisent le développement scolaire jusqu’au dernier diplôme obtenu.

Pour appuyer sa thèse, l’ouvrage aborde également l’histoire de la ségrégation raciale dans les écoles primaires de Topeka, dans le Kansas des années 1950, et les luttes populaires et judiciaires menées jusqu’en Cour suprême des États-Unis afin d’y mettre un terme. Malgré un jugement unanime déclarant la ségrégation inconstitutionnelle, une résistance massive s’organisera afin de maintenir en place les privilèges systémiques ségrégationnistes des blancs, appuyée par la fausse doctrine du Séparés mais égaux.

Selon les données disponibles, le maintien du libre choix au Québec fera de notre système d’éducation le plus inégalitaire au Canada. Ce constat brutal n’est pas sans conséquences : le modèle hiérarchique du privé subventionné et des programmes sélectifs au public, dit régulier, discrimine les enfants dès le départ selon leurs origines socioéconomiques, leur culture et les moyens financiers des parents. Sans surprise, les cheminements réguliers offrent moins d’activités culturelles et scolaires enrichissantes, restreignent considérablement l’accès aux études supérieures et, conséquemment, aux emplois les mieux rémunérés.

Appuyé par les thèses économiques néolibérales, Allaire Sévigny explique que l’origine religieuse de la liberté confessionnelle en matière d’éducation sera reprise par les défenseurs du marché déréglementé, forçant la marchandisation de l’éducation ; une concurrence malsaine entre les écoles et le maintien d’un libre choix économique discriminatoire.

Cet important ouvrage, qui a reçu le prix Pierre-Vadeboncœur de la CSN en décembre dernier, expose une réalité injuste que vous ne verrez plus jamais de la même manière.

Pour emprunter : visiter PôleDoc CSN

Séparés mais égaux
Christophe Allaire Sévigny
Lux

À écouter : Distances sociales en balado
https://baladoquebec.ca/distances-sociales-carnet-dun-sociologue-ambulant

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Les Rendez-vous Faire front https://www.csn.qc.ca/actualites/les-rendez-vous-faire-front/ Tue, 03 Feb 2026 15:58:57 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=111524 Dans les prochaines semaines, la CSN tiendra des webinaires pour apprendre et échanger sur des grands enjeux qui touchent les travailleuses et les travailleurs. Ces moments seront aussi l’occasion de réfléchir à nos pratiques militantes.

Alors que les gouvernements et les grands patrons nous attaquent plus que jamais, nous devons faire le point pour continuer de faire front. La formation militante des travailleuses et des travailleurs est cruciale pour accentuer notre mobilisation et remporter des gains.

Un réseau d’éducation qui favorise l’égalité des chances

Le 10 février de 12 à 13 heures, l’éducation sera à l’ordre du jour. Lors de cet échange, nous discuterons de l’école à trois vitesses, de la violence qui augmente dans nos écoles et de l’impact des coupes budgétaires sur nos écoles.

Le sociologue Christophe Allaire Sévigny, auteur de l’essai Séparés mais égaux, une enquête sur la ségrégation scolaire au Québec et récipiendaire du prix Pierre-Vadeboncoeur 2025, fera partie de la discussion.

Les salarié-es du réseau de l’éducation sont aux premières loges pour constater l’effet des coupes budgétaires et des mauvaises décisions gouvernementales sur les élèves. Le gel d’embauche fait mal, l’état de nos écoles laisse à désirer, le manque de services aux élèves est préoccupant, tout cela alors que la violence envers le personnel augmente. En éducation, nous avons de nombreuses raisons de Faire front.

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur l’éducation, veuillez remplir ce formulaire.

La CAQ contre nos droits: bien comprendre les projets de loi

Le 17 février de 12 à 13 heures, nous discuterons des lois liberticides mises de l’avant par le gouvernement caquiste. Dans les derniers mois, plusieurs projets de loi déposés par le gouvernement viendraient affaiblir l’État de droit, assez pour que le Barreau du Québec s’inquiète d’une dérive autoritaire.

Parmi ces projets de loi, mentionnons le projet de loi 89 (maintenant loi 14) qui attaque le droit de grève des travailleuses et des travailleurs, le projet de constitution qui brime la démocratie et le droit de contester des lois ou encore le projet de loi 3 qui affaiblirait grandement les organisations syndicales. Pour mieux comprendre l’offensive gouvernementale contre les contre-pouvoirs, participons en grand nombre à ce webinaire de la CSN.faire

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur les lois liberticides, veuillez remplir ce formulaire.

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La sororité, sur tous les fronts https://www.csn.qc.ca/actualites/la-sororite-sur-tous-les-fronts/ Thu, 29 Jan 2026 17:25:29 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=111493 L’École féministe syndicale de la CSN lançait sa deuxième édition le 27 janvier dernier. Sous le thème Tant qu’il le faudra ! – qui trouve écho auprès des militantes depuis quelques années. Des dizaines de participantes se sont réunies pour traiter d’idées féministes de l’heure. Et les sujets ne manquaient pas cette année. Pendant deux jours, la CSN a accueilli un grand forum consacré aux droits des femmes à travers des ateliers collaboratifs et des conférences données par des expertes en la matière. Un espace de mentorat et de réseautage féministe toujours si pertinent, tant que l’égalité des genres demeurera un objectif à atteindre – ici comme ailleurs.

« Le mois de janvier n’est pas fini, qu’on dénombre déjà cinq féminicides au Québec. Je tiens à dédier la tenue de l’école à ces merveilleuses femmes qui ont perdu la vie, lance d’emblée la secrétaire générale de la CSN et responsable politique du comité confédéral de la condition féminine, Nathalie Arguin. Sans vouloir alourdir l’atmosphère en ouverture d’événement, je vous invite à vous lever et à clamer haut et fort so-so-so-sororité ! », scande Nathalie avec ses consœurs.

À l’École féministe de la CSN, les participantes ne chôment pas. Une multitude de sujets présentés en conférence résonnent auprès des militantes. De la division sexuelle du travail, à la dénonciation de l’antiféminisme, en passant par les risques psychosociaux de l’épuisement professionnel et par les menstruations et la ménopause en milieu de travail, le champ exploré par l’école se distingue par sa grande diversité.

Caroline Senneville, au lancement de l’événement, rappelle l’importance de la lutte féministe au cœur du mouvement CSN. « La rémunération des employées syndiquées a atteint 95,6 % de celles de leurs collègues masculins, près de cinq points de plus que pour l’ensemble des travailleuses. Les femmes, qu’elles soient syndiquées ou non, gagnent cependant toujours moins que leurs homologues masculins. Les acquis le sont jusqu’à tant qu’on nous les enlève », met en garde la présidente de la confédération.

À la deuxième journée, les membres avaient l’occasion de partager leurs idées et de consolider leurs militances syndicales dans les ateliers organisés par l’école. La grève comme objet d’émancipation, le continuum des violences envers les femmes et l’analyse différenciée selon les sexes en santé et sécurité du travail ont nourri les débats lors des laboratoires animés.

« Durant ces deux journées, j’ai vu des féministes qui se tiennent debout et qui déploieront divers projets pour améliorer les conditions de vie et d’emploi de toutes les membres. À la CSN, on a une force de mobilisation sans commune mesure. Nous ne baisserons jamais la garde et nous poursuivrons l’action collective pour une véritable égalité ! », clame Nathalie Arguin en mot de clôture.

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Syndicalisme d’épicerie : salades de fruits et inflation  https://www.csn.qc.ca/actualites/salades-de-fruits-et-inflation/ Thu, 29 Jan 2026 16:28:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=111484 « Je suis encore ici parce que je m’entends bien avec mes collègues et qu’on a de bons avantages, mais honnêtement, si on m’avait dit qu’après tant d’années, je toucherais encore ce salaire-là, je serais partie », soupire la mère de famille.

La grille salariale du IGA d’Alma ressemble à celle de beaucoup d’épiceries. On y gravit les échelons à coup de quelques centaines d’heures travaillées et on gagne alors 25 ou 35 sous de plus. Vu le montant, la hausse du salaire minimum annuelle les rattrape constamment, faisant reculer l’ensemble des employé-es dans ce qui devient un véritable jeu de serpents et échelles. Après 18 000 heures cumulées, Sylvie n’est toujours pas au sommet de la grille.

Les travailleuses et les travailleurs du IGA d’Alma ont parti le bal de la négociation coordonnée des marchés d’alimentation. Au terme des pourparlers, ils ont obtenu une hausse de 1,50 $ de l’heure, un montant substantiel pour le milieu, permettant de dépasser 20 $ l’heure au dernier échelon de la grille salariale. « Ce n’est pas la fin du monde, mais ça aide », souligne Sylvie. Autre amélioration, l’échelle salariale sera modifiée de façon à ce que les syndiqué-es puissent désormais atteindre le sommet en quatre ans.

« On est les premiers à constater la hausse du prix de l’épicerie. Chaque matin, j’imprime des étiquettes pour les bols de fruits et je vois les changements. Pareil sur le plancher, le sac de pommes qui coûtait 2,50 $ il y a quelques années coûte maintenant 6 $ », explique Sylvie. La commise n’a pas la berlue. En 2025, le prix des fruits frais a augmenté de 4,4 %. Alors que l’inflation globale a atteint 2,2 % l’année dernière, plusieurs ont accusé les marchés d’alimentation d’abuser de ce phénomène pour augmenter leurs prix et multiplier leurs profits.

En 2025, Empire Company Limited, la société mère de Sobeys, qui exploite principalement IGA au Québec, cumulait 700 millions de profit. Même son de cloche du côté de Métro et Loblaws, qui ont respectivement enregistré des gains de 1 et de 2,6 milliards.

Vers 15 h 30, elle nettoie le plancher et les ustensiles, ajuste l’inventaire et remplit le comptoir. C’est l’heure de rentrer à la maison. En saluant sa collègue qui a plus de 27 ans d’ancienneté, elle se demande qui la remplacera quand elle aura pris sa retraite.

« On a pas mal de problèmes de roulement. C’est bien beau, les étudiantes et étudiants, mais ça prend des gens avec plus d’expérience pour les guider et pour occuper les horaires de jour », explique-t-elle. Une vague de départs à la retraite touche présentement son épicerie et de nombreux employé-es qui cumulent plus de 25 ans d’ancienneté sont difficilement remplacés.

« Quand les gens viennent déposer leur CV et voient le salaire d’entrée, ils font demi-tour », ajoute Sylvie. Elle espère que les meilleures conditions de travail dernièrement négociées par le syndicat faciliteront le recrutement.

Le modèle de négociation coordonnée de la CSN est bien rodé au Saguenay, alors qu’un nombre considérable des épiceries de cette région sont affiliées à la CSN. Durant la prochaine année, 16 autres marchés, aux Îles-de-la-Madeleine, à Chibougamau, dans les régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec, suivront les pas du syndicat du IGA d’Alma. Ensemble, les membres tenteront d’instaurer un nouveau standard dans le secteur.

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