Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Wed, 10 Dec 2025 19:10:17 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Les contre-pouvoirs dans la ligne de mire https://www.csn.qc.ca/actualites/les-contre-pouvoirs-dans-la-ligne-de-mire/ Wed, 10 Dec 2025 19:10:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=110220 À l’occasion du bureau fédéral de la FNCC–CSN, tenu le 29 novembre 2025 à Montréal, Louis-Philippe Lampron, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval, s’est entretenu avec les délégué-es sur les attaques du gouvernement envers les contre-pouvoirs et le régime qui protègent les libertés fondamentales.

« Il y a un fil rouge qui lie les projets de loi 1, 2, 3, 7 et 9. La CAQ complexifie la possibilité de s’opposer à la légalité de l’action gouvernementale, et ce, dans tous les secteurs », affirme l’expert d’entrée de jeu.

Selon M. Lampron, le gouvernement fait deux choses. Par sa constitution, il tâche de limiter la capacité des tribunaux à interpréter les droits et libertés de la personne. En faisant en sorte que lorsque c’est l’Assemblée nationale « qui parle », les tribunaux ne peuvent intervenir pour remettre en cause les choix établis par l’institution. Ensuite, à travers ses projets de loi, le gouvernement caquiste s’attaque concrètement à la capacité des groupes de la société civile et des organisations publiques indépendantes de contester des lois.

Dans un État de droit comme le nôtre, nul n’est au-dessus de la loi, pas même le gouvernement. Ainsi, il existe des contre-pouvoirs pour ramener à l’ordre un gouvernement qui part en roue libre : les tribunaux, la société civile – dont les syndicats –, les organismes indépendants, les citoyennes et citoyens – par des manifestations et des pétitions par exemple –, les médias et les partis de l’opposition.
Les contre-pouvoirs viennent protéger les droits de la population. Dans la pyramide des lois, il y a tout en haut la Charte des droits et libertés de la personne. Les droits et libertés inscrits dans la charte priment donc sur toutes les autres lois. Avec ses nouveaux projets de loi, le gouvernement vient démanteler cette pyramide.

Inonder la zone
La stratégie de la CAQ est littéralement d’inonder la zone avec trop d’initiatives qui attaquent plusieurs groupes en même temps. Ce qui fait en sorte de forcer une division à la fois des journalistes – qui ne sont pas capables de tout couvrir – et des groupes qui sont attaqués. « Le grand problème, quand on inonde la zone, c’est qu’on prend chacune des initiatives isolément sans voir le portrait global de la situation », croit le professeur.

De plus, le gouvernement ajoute du bruit et du brouillard en accolant des titres racoleurs. Par exemple, le projet de loi 3 : Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail. « Qui n’est pas en faveur de la démocratie syndicale ? Je veux dire, c’est comme de la tarte aux pommes. Mais évidemment, entre cette étiquette “ d’appât ”, pour que le projet de loi passe bien dans les médias, et la capacité des syndicats à justement jouer leur rôle dans la société… il y a une marge épouvantable ! », prévient M. Lampron.

Des projets de loi liberticides
Lors de sa présentation, le professeur en droit a expliqué un par un les projets de loi liberticides afin de bien exposer les enjeux démocratiques en cause.

Avec le projet de loi 1, la « constitution caquiste » comme l’expert aime l’appeler, le gouvernement vient ici museler les contre-pouvoirs et affaiblir les libertés fondamentales.

Selon le Barreau du Québec, le projet de loi vient affaiblir le régime québécois de protection des droits fondamentaux, mettre à mal la séparation des pouvoirs et l’indépendance des tribunaux, soulever des enjeux constitutionnels importants et vient rouvrir le débat sur l’avortement. Rien de moins.

Mais ce qui choque le plus M. Lampron, c’est que le gouvernement normalise le recours à la disposition dérogatoire. Cette disposition permet aux législateurs de suspendre l’application des droits et libertés. En ce moment, au Canada, il y a une multiplication des recours à ces dispositions de dérogation. Par exemple, en Alberta, Daniel Smith a récemment cassé une grève et imposé un contrat de travail de quatre ans au personnel enseignant en utilisant une clause dérogatoire.

Avec le projet de loi 2, le gouvernement enlève le droit de négocier aux médecins en imposant un contrat de travail par une loi spéciale. Il met en place des mécanismes de surveillance « qui n’en finissent plus ».

« Au-delà de ça, il y a également des mesures qui interdisent de remettre en cause et de critiquer cette loi spéciale et tous ces mécanismes de surveillance. Ces mesures ne s’étendent pas seulement aux médecins, mais aussi à la grand-mère, aux voisins, à l’ami ou au prof d’université. Dans ces conditions, on ne pourra contester ce régime sans possiblement subir des sanctions pécuniaires », affirme M. Lampron.

Dans le projet de loi 3, le gouvernement érige des « haies », des obstacles, pour empêcher les syndicats d’agir dans l’espace public. Par exemple, pour contester une loi qui viendrait brimer le droit des travailleuses et des travailleurs, le syndicat devra consulter ses membres. Il faudra convoquer une assemblée générale et atteindre le quorum. Combien de temps ça prendra, organiser tout ça ? Combien ça coûtera ? Pour Louis-Philippe Lampron, ce sont des haies qui ralentiront et qui empêcheront les syndicats d’agir dans l’espace public. Mais selon lui, la principale source de difficultés concernant ce projet de loi, c’est l’idée selon laquelle le syndicalisme doit être enfermé dans une stricte case de relations de travail.

Le projet de loi 7 : Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires, vient fusionner et couper des institutions et des organismes importants à notre démocratie. « Ainsi, on limitera la protection contre la censure institutionnelle et on mettra fin à des obligations de reddition de comptes, préservées notamment par la Loi sur la liberté académique qui s’applique au milieu universitaire », souligne M. Lampron. Il ajoute : « C’est une perte sèche pour la nature démocratique des décisions gouvernementales. On a besoin de plus d’organismes avec de l’expertise, dans les différentes sphères où le gouvernement doit trancher, si l’on aspire aux meilleurs choix possibles et pas seulement à “ quelque chose ” qui se décide dans le bureau du premier ministre. »

Finalement, le projet de loi 9 vient, entre autres, étendre l’interdiction des signes religieux aux employé-es des centres de la petite enfance et interdire des pratiques religieuses dans l’espace public. Selon M. Lampron, c’est un cas classique de discrimination : « Parce que ceux qui vont subir les désavantages, ce sont les membres de groupes religieux minoritaires. »

De plus, le gouvernement « veut interdire les prières de rue au nom de la laïcité de l’État. On veut ainsi faire de la laïcité une valeur, ce qui la détourne de son sens », soulève Louis-Philippe Lampron. L’objectif de la laïcité, c’est d’assurer l’égalité et la liberté de tous les citoyens, croyants ou pas, et de toutes religions ou convictions, en garantissant la neutralité religieuse des institutions publiques et une séparation claire de l’État et de la religion.

Une mobilisation fondamentale
En plus de faire pression sur le gouvernement, M. Lampron croit qu’il faut « accentuer la pression politique exercée sur les partis de l’opposition, pour qu’ils s’engagent dès maintenant à abroger des initiatives de cette nature. Ils ne se mouillent pas assez. La manif du 29 novembre, ce n’était pas un soulèvement contre le projet de loi 3, c’était une manif contre les projets de loi 1, 2, 3, 7 et 9. Parce que c’est lié ensemble. Cette attaque-là, elle est tous azimuts. »

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Les patrons et le gouvernement sont-ils si transparents ? https://www.csn.qc.ca/actualites/les-patrons-et-le-gouvernement-sont-ils-si-transparents/ Wed, 26 Nov 2025 15:28:04 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=109439 Le projet de loi 3 du gouvernement de la CAQ impose aux syndicats plusieurs nouvelles exigences dites de transparence financière, mais il semble bien que nous ayons là deux poids, deux mesures. En effet, si l’on compare ces nouvelles requêtes à celles que le gouvernement exige de lui-même ou encore aux pratiques des grandes entreprises, on remarque plusieurs disparités. 

Rappelons que le projet de loi 3 va imposer une consultation annuelle par vote secret des membres sur la façon d’utiliser une partie des cotisations. Ceci, même si les membres ont déjà approuvé ladite cotisation et les grandes orientations en matière de défense des acquis sociaux ou d’amélioration de ceux-ci.  

Le projet de loi impose aussi la divulgation de certaines dépenses comme les voyages, les repas, l’hébergement, ainsi que toute dépense supérieure à 5000 $.  

Notons que la CSN est l’une des organisation syndicale à publier ses états financiers vérifiés sur son site web. 

Transparence gouvernementale et patronale 

Dans le dernier budget du ministère du Travail, ou dans celui du Conseil exécutif qui relève directement du premier ministre, on peut consulter la hauteur de l’enveloppe globale, de même que le salaire du ministre, mais la ventilation budgétaire, concernant les repas et autres dépenses connexes, n’est pas disponible et ne présente pas les détails granulaires de 5000 $ et plus.  

Même constat pour les chefs d’entreprises ou les lobbies d’intérêt comme le Conseil du patronat du Québec : leurs états financiers ne sont pas ventilés comme il serait désormais exigé pour les organisations syndicales.  

L’allégement du fardeau administratif, sauf pour les syndicats 

Curieusement, la CAQ souhaite alléger le fardeau administratif de plusieurs organisations pour le bien commun et pour l’efficacité globale des organisations du Québec.  

Le projet de loi 103 présenté par Lucie Lecours, ministre déléguée à l’Économie, vise notamment à alléger le fardeau administratif dans les secteurs minier et municipal, le domaine agricole, les dossiers environnementaux et pour le secteur coopératif.  

Le projet de loi 7 vise quant à lui à réduire la bureaucratie. Il parle beaucoup de fusion d’organismes, mais veut aussi : « réduire la fréquence de certains rapports et retirer l’obligation de produire différents documents, notamment des rapports dans le secteur financier ». 

Pourquoi alors adopter une approche carrément opposée visant spécifiquement les syndicats? Bref, le jupon dépasse. 

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Dans les coulisses du procès d’Amazon https://www.csn.qc.ca/actualites/dans-les-coulisses-du-proces-damazon/ Thu, 20 Nov 2025 16:30:48 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=109363 Le 22 avril 2024, le jour même où Amazon apprend qu’un de ses entrepôts vient de se syndiquer, Jasmin Begagic prend l’avion pour Montréal. En plus de visiter l’entrepôt DXT4 visé par la requête, le président d’Amazon Canada Fulfillment Services (ACFS, l’une des multiples filiales internes d’Amazon) ordonnera trois jours plus tard la « suspension temporaire » du mystérieux entrepôt DYT4, à peine 36 heures après son ouverture.

Ce tout nouveau centre de distribution, sur l’avenue Francis-Hughes à Laval, devait être en mesure de traiter 114 000 paquets par jour. À lui seul, le volume envisagé pour DYT4 rivaliserait avec celui traité conjointement par trois autres entrepôts réservés à la livraison du « dernier mile » propre au modèle Amazon : DXT4 et DXT5, tous deux situés à Laval, et DXT6 à Lachine.

Un véritable « vaisseau amiral », selon les termes utilisés à maintes reprises par Jasmin Begagic lui-même devant la juge Irène Zaïkoff, dans le cadre des audiences du procès d’Amazon qui se tient au Tribunal administratif du travail.

Mais pourquoi donc avoir ordonné la suspension de ce tout nouveau centre de distribution, dont l’ouverture était reportée depuis 2022 ?

Jasmin Begagic prétend que c’est en raison de « sérieuses défaillances » en matière de sécurité : un électricien qui s’électrocute, des planchers non conformes, une signalisation en anglais seulement, entre autres considérations.

Questionné par les avocates de la CSN, Jasmin Begagic a admis en cour que l’établissement DYT4 avait pourtant passé l’évaluation de conformité requise par la procédure interne d’Amazon. Mais il ajoute du même souffle qu’il n’avait pas pu participer à l’audit en question et que, s’il avait été présent, jamais il n’aurait autorisé sa mise en fonction le 24 avril 2024.


La matrice a flanché

Amazon ne pouvait pas savoir que plusieurs des employé-es du « vaisseau amiral », au moment de leur transfert, avaient probablement signé une carte CSN. Certes, M. Begagic reconnaît que plusieurs d’entre eux avaient été recrutés, en raison de sa proximité géographique, à l’entrepôt à DXT4, au moment même où une campagne de syndicalisation y était secrètement menée.

Quand on le questionne sur la façon dont il a appris la nouvelle de la syndicalisation du premier entrepôt d’Amazon au Canada, Jasmin Begagic reconnaît qu’Amazon s’est fait prendre par surprise : la « matrice » utilisée par Amazon pour calculer « l’état de satisfaction des associé-es » n’avait pas activé de voyants rouges alertant l’état-major d’une syndicalisation potentielle des employé-es de DXT4, même si une campagne avait été menée par la CSN dans d’autres entrepôts d’Amazon.

« I think it was a defeat », a laissé tomber Jasmin Begagic au tribunal.

Ce dernier se défend d’être le grand patron d’Amazon au Canada. Président d’Amazon Canada Fulfillment Services, il ne supervise que l’aspect « centres de distribution » des opérations de la multinationale, qui comprend de multiples divisions : Amazon Logistics, Amazon Transport, Real Estate, Construction, Employees Relations, Human Resources, Legal, Finance, etc.

Jasmin Begagic ignore qui a pris la décision de fermer les entrepôts du Québec. Il en a été informé par son supérieur immédiat basé au Tennessee, David Alperson, vice-président Amérique du Nord d’Amazon Logistics.

Il reconnaît néanmoins avoir fait partie du comité de travail qui, à peine six mois après la syndicalisation d’un premier entrepôt au Canada, recommandera de fermer tous les centres de distribution situés au Québec.


Quand tout fermer devient la solution à un problème de volume

C’est sur une base « strictement économique » que cette recommandation a été faite à la direction d’Amazon aux États-Unis, a affirmé sous serment M. Begagic.

La fermeture inopinée du vaisseau amiral lui posait un réel problème : comment allait-il absorber le volume que DYT4 aurait traité alors que DXT4, DXT5 et DXT6 fonctionnaient aux limites de leurs capacités ? D’autant plus que les soldes de la période Prime de juillet arrivaient à grands pas…

Afin de trouver une solution, le comité « Volume Solve » fut mis en place. Selon son témoignage, Jasmin Begagic n’était qu’un joueur autour de la table, participant aux réunions quand cela lui était possible, mais sans en être celui qui les convoquait.

Pendant que le comité évalue ses options, des sous-traitants sont mis à contribution : Purolator, Intelcom et d’autres joueurs assumeront temporairement une partie des opérations.

En fait, elles le faisaient déjà : ces entreprises figuraient parmi les nombreux « tiers » qui s’occupaient d’une part importante de la livraison à domicile des colis d’Amazon, et ce, depuis son implantation au Québec.

On ignore à quel moment le comité « Volume Solve » est devenu le « Project Maple », nouvelle appellation de l’équipe maintenant chargée de trouver une solution à long terme pour les livraisons d’Amazon au Québec.

Ce qu’on sait toutefois, c’est que les travaux de ce comité auraient subitement permis à Amazon de réaliser qu’en fermant ses entrepôts et en transférant toutes ses opérations à des tiers, la multinationale pouvait réaliser des économies de 16,4 millions par année.

À plusieurs reprises depuis le début des audiences du procès d’Amazon, les avocates de la CSN ont demandé à Jasmin Begagic de détailler le suivi qu’il a effectué pour s’enquérir des travaux qui auraient permis de mettre le « vaisseau amiral » à niveau en matière de sécurité. « Quand on laisse sa voiture au garage pour la faire réparer et qu’on n’a pas de nouvelles, on appelle pour s’informer de l’état des réparations, non ? », ont tour à tour demandé la partie demanderesse et la juge Zaïkoff.

De son propre aveu, jamais M. Begagic ne s’est informé ni des travaux en cours ni d’une date où le vaisseau amiral aurait pu être remis en service.

Le 22 janvier 2025, Amazon annonçait la fermeture de tous ses entrepôts situés au Québec, mettant à pied 1700 employé-es et provoquant plus de 4500 pertes d’emplois.

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Vers un autre projet de loi contre les travailleuses et les travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/vers-un-autre-projet-de-loi-contre-les-travailleuses-et-les-travailleurs/ Thu, 16 Oct 2025 14:37:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108663 Le gouvernement Legault confirme son intention d’attaquer une fois de plus les droits des travailleuses et des travailleurs avec le dépôt prochain d’un projet de loi, notamment sur la question des cotisations syndicales. En ciblant des boucs émissaires comme les organisations syndicales et leurs membres, le gouvernement tente de faire oublier son bilan désastreux dans la gestion de l’État. La CSN a récemment lancé la campagne Faire front pour le Québec pour appeler à la mobilisation pour un Québec qui mise sur les travailleuses et les travailleurs, améliore nos services publics et passe à l’action face à la crise climatique.

« Ce gouvernement s’entête à s’attaquer aux droits des travailleuses et des travailleurs plutôt que de régler les problèmes qui préoccupent les gens. Il a échoué à freiner la crise du logement et à améliorer l’état de nos services publics. Il traine un bilan lamentable qu’il tente de faire oublier par tous les moyens. Ce qui demeure, c’est que des milliers de travailleuses et de travailleurs ont de la misère à joindre les deux bouts. Le gouvernement ne trouve rien de mieux que de s’attaquer aux organisations qui permettent d’améliorer leur sort et de veiller à la redistribution de la richesse dans notre société. Le gouvernement se préoccupe des cotisations syndicales, alors que son bilan en matière de gestion des investissements publics est désastreux : SAAQclic, Northvolt, troisième lien, autant d’exemples de gaspillage de fonds publics. Ce gouvernement n’a pas de leçon à donner à personne », Caroline Senneville, présidente de la CSN.

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Attaque de la CAQ: faire front https://www.csn.qc.ca/actualites/faire-front-point-de-depart/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:49 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108495 Depuis plusieurs mois déjà, le gouvernement de François Legault multiplie les attaques à l’endroit des travailleuses et des travailleurs : projet de loi 89, devenu la Loi 14, projet de loi 101, toujours à l’étude, et d’autres belles surprises à venir au menu législatif des prochains mois. Sous couvert d’une prétendue « modernisation du régime syndical », il prépare le terrain pour affaiblir les organisations qui, depuis des décennies, portent la voix des travailleuses et des travailleurs du Québec. Ses nouvelles cibles de prédilection : l’utilisation des cotisations syndicales et les règles démocratiques entourant le vote de grève. Cette obsession de vouloir limiter l’autonomie syndicale n’est rien d’autre qu’une tentative d’affaiblir le contre-pouvoir.

Or, au lieu de s’attaquer aux véritables enjeux qui préoccupent la population – la crise du logement, l’effritement des services publics, la précarisation des emplois, l’urgence climatique –, le premier ministre choisit la confrontation idéologique. Il dresse les syndicats en boucs émissaires, tout comme les personnes issues de l’immigration, dans l’espoir de détourner l’attention quant à ses propres échecs.

À droite toute !

Le remaniement ministériel effectué le 10 septembre dernier n’a fait que confirmer cette tendance. Ce coup de théâtre politique s’est avéré un véritable coup d’épée dans l’eau, en plus de démontrer un virage nettement plus marqué à droite sur l’échiquier politique.

La nomination à la présidence du Conseil du trésor de France-Élaine Duranceau, rebaptisée « Cruella » par le premier ministre lui-même, en dit d’ailleurs assez long sur ce « nouvel élan » que tente de donner M. Legault à son gouvernement en déroute. Ainsi, le mandat confié à Mme Duranceau sera d’opérer un « traite­ment choc » pour « faire le ménage » qui s’impose dans la fonction publique. En d’autres mots, c’est le retour à l’austérité dans tous les ministères.

 


À consulter


 

Quant aux autres priorités édictées par M. Legault, elles révèlent un gouvernement complètement déconnecté de la réalité des travailleuses et des travailleurs, tout autant que de la population en général. Alors que les familles peinent à se loger, que les hôpitaux débordent, que le coût de la vie explose et que les changements climatiques frappent de plein fouet nos communautés, voilà que le premier ministre brandit à nouveau les épouvantails de la laïcité et de la sécurité publique en tentant de faire porter l’odieux de son piètre bilan politique sur les plus vulnérables et les personnes issues de l’immigration. Pitoyable !

Dans ce contexte pour le moins préoccupant, la CSN ne restera pas les bras croisés. Cet automne, nous lançons une vaste campagne sous le thème « Faire front ». Parce que oui, il faudra faire front contre les attaques répétées envers les droits des travailleurs, contre l’inaction gouvernementale en matière d’environnement, mais il faudra aussi faire front pour préserver notre État social.

L’objectif de cette campagne est clair : amplifier l’influence de la CSN comme agent de changement social au Québec, en portant nos revendications dans l’espace public et dans l’arène politique. Nous voulons rappeler que les syndicats ne défendent pas seulement leurs membres : ils défendent un modèle de société plus juste et plus solidaire qui bénéficie à l’ensemble de la population.

Un premier grand rassemblement est déjà prévu le 29 novembre à Montréal, à la veille de l’entrée en vigueur de la Loi 14 qui vient brimer le droit de grève. C’est un rendez-vous incontournable auquel toutes les forces vives de notre société sont conviées pour manifester haut et fort notre ras-le-bol devant l’attitude méprisante et combien déconcertante du gouvernement actuel. Ce ras-le-bol, il nous faut le transformer en mouvement social puissant, porteur d’espoir et de changement.

Les prochains mois seront donc cruciaux en matière de mobilisation si nous souhaitons que notre message porte. Nous comptons donc sur le plus grand nombre à joindre le mouvement pour faire front, parce qu’on doit faire mieux pour le Québec !

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Un métier pas ordinaire https://www.csn.qc.ca/actualites/un-metier-pas-ordinaire/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108517 Le Point syndical s’est entretenu avec Sabrina Tremblay, qui nous plonge au cœur d’une journée typique pour le personnel du centre de prévention.

Il est 7 h 45 quand Sabrina arrive au Centre de prévention du suicide de Québec. En parcourant Limoilou, elle a resserré son manteau autour d’elle, l’air frais de l’automne se fait de plus en plus sentir.

Certains de ses collègues s’occupent du service de clavardage en ligne. De l’autre côté du clavier, beaucoup d’hommes en haut de quarante ans. « Une tranche de la population qui parle moins facilement de ses émotions », explique l’intervenante.

Ceci expliquant peut-être cela, les hommes de 50 à 64 ans présentent le taux de suicide le plus élevé au Québec. De façon générale, les hommes se suicident trois fois plus que les femmes. Sabrina, elle, travaille au centre d’appels. Elle en recevra entre 10 et 20  dans la journée, mais heureusement, ils ne viendront pas tous d’un individu en crise. Souvent, au bout du fil se trouve une personne inquiète pour un membre de son entourage, quelqu’un qui vit un deuil ou encore des intervenants en quête de ressources.

Mais ce matin-là, pas le temps d’arriver tranquillement au bureau. Le premier appel de Sabrina est celui d’une personne avec des idées noires. Dans ces cas, le protocole est clair : d’abord, accueillir la crise, puis évaluer les besoins de la personne. « L’objectif est de la guider vers un retour à la normale, explique Sabrina. Ce n’est donc pas le moment de creuser les bobos de jeunesse. On n’ouvre pas de portes qu’on ne peut fermer. »

En pleine crise, quiconque peut être enclin à tout voir en noir. L’objectif principal de l’intervenante ou de l’intervenant est de démontrer que certaines choses ont encore du sens. On souligne alors les forces de la personne en détresse, sans toutefois invalider ses difficultés.

Le travail d’équipe est très courant dans la journée de Sabrina. Comme le cas qu’elle traite est lourd, elle a l’obligation de consulter son équipe et d’établir le plan de match avec elle. Si le personnel du centre n’est pas à l’abri de trauma par procuration ou de la fatigue de compassion, les interventions lourdes ne sont toutefois pas monnaie courante.

Le syndicat du Centre de prévention du suicide de Québec et sa vingtaine de membres a récemment grossi ses rangs avec les salarié-es de la fondation du même nom. Œuvrant davantage dans la formation du personnel du réseau public ou communautaire, ils se sont joints à leurs camarades pour contrer les décisions arbitraires de leur employeur.

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Station de ski: les changements climatiques perturbent l’industrie https://www.csn.qc.ca/actualites/station-de-ski-les-changements-climatiques-perturbent-lindustrie/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108531 Les changements bousculent la réalité des stations de ski. Les saisons sont de plus en plus petites et la pluie empêche les salarié-es de travailler tout l’hiver. « Ça diminue la possibilité des membres de se qualifier pour l’assurance-emploi », affirme Michel Valiquette, trésorier à la Fédération du commerce–CSN.

Les entreprises doivent investir de plus en plus dans la technologie et dans la neige artificielle qui coûte très cher. « Autrefois, on ne voyait pas ça, des orages en plein hiver. Il faut maintenant se tenir prêt et assurer la sécurité de tous dans ce genre de situation », ajoute-t-il.

Les syndicats revoient en conséquence leurs priorités de négociation. Les enjeux de santé et de sécurité changent parce que les dangers sont différents. Au Massif de Charlevoix, le syndicat négocie actuellement de meilleurs équipements, une protection d’emploi accrue et des horaires qui maximisent le nombre d’heures offertes au personnel.

« Le Massif est une entreprise touristique. Les employé-es sont donc à la merci de la température et de l’achalandage. Comme il n’y a pas de garantie d’heures, plusieurs détenteurs de poste à temps plein finissent avec 20, 25 heures par semaine », souligne Annick Simard, présidente du syndicat du Massif Petite-Rivière-Saint-François.

Une industrie en transformation

Devant cette menace, plusieurs stations de ski cherchent à se renouveler en offrant des activités tout au long de l’année. Glissades d’eau, vélo de montagne et randonnée pédestre sont à l’honneur.

Cette optimisation permet aux salarié-es de travailler plusieurs mois par année. Parce que c’est une « job extraordinaire », selon le vice-président de la Fédération du commerce et membre du syndicat de la station Mont-Tremblant, Alexandre Filiatrault. « On travaille dehors, auprès de gens qui cherchent à se faire plaisir. Ça permet de rentabiliser notre passion du plein air. C’est une vie exceptionnelle ! »

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Lutter contre la sous-traitance https://www.csn.qc.ca/actualites/lutter-contre-la-sous-traitance/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108530 D’un côté, l’intransigeance de la STM qui veut à tout prix ouvrir la porte à la sous-traitance doit être dénoncée. De l’autre, le sous-financement gouvernemental mêlé à un grand désintérêt de la CAQ mène le transport en commun dans un cul-de-sac. Au cœur des négociations, ce qui se joue, c’est la protection du transport collectif réellement public.

D’entrée de jeu, le syndicat savait que la négociation serait difficile. Le manque d’intérêt de la CAQ pour le transport collectif se sent à des milles à la ronde, alors que les préposé-es d’entretien vivent des moments tendus face à une vague de violence sans précédent dans le métro et les autobus.

La mobilisation devient un passage obligé pour faire avancer la négociation, mais rien n’est gagné d’avance. Des injonctions tombent et limitent la capacité des membres à se faire entendre sur les lieux de travail. Le syndicat ne reste pas les bras croisés et prépare la suite. En mai 2025, il organisait un grand rassemblement populaire pour exiger un transport public bien financé.

Devant le peu de mouvement à la table de négo, une première séquence de grève, qui marquera les esprits dans la métropole, s’est tenue du 9 au 17 juin 2025. Face à l’inflexibilité de la STM, une deuxième séquence de grève a débuté le 22 septembre suivant.

« Nous étions rendus à exercer la grève. Après plus d’un an de pourparlers et face à des reculs majeurs exigés par la STM, il fallait répliquer. Nous devions nous faire entendre et montrer à l’employeur à quel point les employé-es tiennent à avoir de bonnes conditions de travail pour continuer d’offrir des services de qualité », indique le président du syndicat, Bruno Jeannotte.

S’en prendre à la grève

Le débrayage est fortement critiqué : les médias et plusieurs élu-es s’en donnent à cœur joie. Pourtant, la grève est encadrée par les services essentiels et le niveau de services est entériné par le tribunal. Si le conflit de travail est un désagrément évident, il ne met pas en danger la santé ni la sécurité de la population.

« L’administration municipale et le gouvernement ont directement attaqué ce recours à la grève. Quand une négociation tourne en rond, quelle est l’alternative à la grève ? Quand ton employeur veut envoyer ta job au privé, c’est normal de débrayer. Ça dérange, c’est certain. Mais le rapport de force est nécessaire pour améliorer les conditions de travail. Le seul moment où l’on a entendu les caquistes se préoccuper du transport collectif, c’est lors des récentes grèves. Le reste du temps, il vit très bien avec le sous-financement qu’il impose », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Sous-traitance, quand tu nous tiens

La STM veut transférer des emplois vers le privé. Pris dans un contexte budgétaire serré en raison du sous-financement gouvernemental, la société de transport veut économiser. Elle avait une belle occasion de donner l’exemple, mais elle a préféré augmenter de 6,5 % le salaire de sa PDG. À 474 000 $ par année, elle gagne plus que François Legault.

La STM se tourne donc vers la sous-traitance pour sauver des coûts. Pourtant, transférer des emplois vers le privé vient avec une facture plus élevée. Sans compter les risques de collusion et de corruption.

« Pour offrir à la population des services de qualité supérieure et relever le défi climatique, il est impératif de miser sur un personnel formé et stable. Notre mobilisation est le reflet de cette conviction profonde : nous nous battons pour l’avenir du transport collectif et pour de bonnes conditions de travail », explique le président du secteur transport à la FEESP–CSN, Kevin McLean.

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Le gouvernement coupe les ailes à la classe étudiante https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-coupe-les-ailes-a-la-classe-etudiante/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:40 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108522 Les bonzes de la CAQ, le premier ministre en tête, répètent sur toutes les tribunes que ces coupes n’ont pas d’effet sur les services aux personnes étudiantes et que l’éducation est « LA » priorité des priorités. Alors, les sourcils des trois collègues se froncent, les regards s’assombrissent et les mots durs se bousculent : « C’est un mensonge éhonté, même pas subtil. C’est aussi simple que ça ! »

Le premier à s’indigner est Yves Hallé, président du Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Lévis. Il devient intarissable tellement les exemples de bris de services se multiplient et tant la surcharge de travail s’intensifie pour les membres de son syndicat. Un exemple ? La veille de la rencontre avec Le Point syndical, le réseau informatique d’une salle de laboratoire s’est interrompu à deux reprises, compromettant les cours. Dans les faits, il manque un électricien depuis le mois de juin dernier dans ce collège vieillissant de la Rive-Sud de Québec. Il faut prendre les bouchées doubles ou se rabattre sur la sous-traitance plus onéreuse et moins rapide – parce que pas toujours disponible –, au lieu de pourvoir le poste. Même si les cégeps avaient l’autorisation d’embaucher, un électricien qui accepterait de travailler dans le réseau public à un salaire non concurrentiel, ça ne court pas les rues.

Aux services socioculturels du Cégep, les étudiantes et les étudiants se heurtaient à une porte close en début de trimestre. Plus personne ne répondait selon Marie-Anne Lehouillier, présidente du Syndicat des professionnel-les du Cégep de Lévis. Sans qu’elle soit remplacée, une première conseillère à la vie étudiante profitait en toute légitimité de son congé de maternité. Sa collègue a ensuite quitté, à son tour, pour une raison similaire. Un technicien s’est retrouvé à porter le service sur ses seules épaules. Ce travailleur a démissionné. Bris de service. Écriteau « FERMÉ » à la porte. Au mois d’août, les services socioculturels se sont retrouvés, en quelque sorte, décimés.

Autre aberration, au moment d’écrire ces lignes, les personnes étudiantes en situation de handicap devaient attendre plus d’un mois afin de fixer une date de première rencontre avec une conseillère ou un conseiller des services adaptés. Cette population étudiante augmente d’une année à l’autre à Lévis comme ailleurs au Québec (elles représentent près du tiers de la population étudiante du réseau collégial). L’équipe des services adaptés a beau être débordée, le plafond des heures rémunérées empêche l’embauche de ressources additionnelles. Ces spécialistes mettent pourtant en place d’indispensables plans d’intervention personnalisés pour favoriser la réussite éducative. Ces plans peuvent, notamment, prévoir du temps additionnel lors d’évaluations et planifier l’utilisation de logiciels spécialisés propres aux handicaps ou aux différentes limitations.

Les personnes conseillères des services adaptés sollicitent souvent l’appui d’autres spécialistes du collège comme des psychologues, eux aussi surchargés et victimes de la pénurie de main-d’œuvre. Quiconque travaille dans les cégeps constate que les troubles d’apprentissage, les troubles déficitaires de l’attention ou les troubles de santé mentale se multiplient pourtant au sein d’une population étudiante plus souffrante que jamais. Une première rencontre à la mi-octobre, c’est bien tard pour répondre aux besoins criants, sachant que les évaluations de mi-session arrivent vite.

Moins d’argent, plus d’inscriptions

On ne connaîtra le bilan financier de l’année en cours au Cégep de Lévis que dans quelques mois. Reste que les syndicats savent que le financement provenant du ministère de l’Enseignement supérieur a diminué de 2,4 millions de dollars au collège (excluant l’enveloppe « E » réservée aux salaires des personnes enseignantes). Il faut aussi considérer les effets du gel d’embauche chez le personnel de soutien et chez les professionnel-les. Enfin, chaque établissement doit respecter un maximum d’heures rémunérées. L’excédent d’heures effectué par les uns doit forcément être coupé chez les autres.

Ironiquement, ces coupes draconiennes surviennent au moment où la population étudiante explose. En effet, selon les syndicats, elles étaient 2993 personnes à étudier au Cégep de Lévis en septembre, l’année dernière. Durant l’actuelle rentrée, elles sont 3374, une augmentation de 11 %. Ce boom rafraichissant devrait encourager toute l’équipe à célébrer. Ce n’est pourtant pas l’enthousiasme partagé dans l’établissement. Notons que les budgets des collèges sont établis en fonction de la fréquentation de l’année précédente, non de l’année en cours.

Pour le corps professoral, l’impact s’avère moins direct, quoique bien réel. « Par exemple, les jeunes en situation de handicap, entassés dans nos classes, ont besoin d’endroits et de surveillance lorsqu’ils font leurs examens. Puisqu’il manque de place, en raison des moyens financiers qu’on n’a pas, on demande aux professeur-es d’évaluer les mêmes compétences en moins de temps, occasionnant un surcroit de travail », constate le président du Syndicat des professeur-es du collège d’enseignement général et professionnel de Lévis, Patrick Bourget.

Tout le personnel se serre les coudes afin d’éviter d’épuiser les collègues et de tuer la flamme. « Le plus difficile, c’est la pression que ça exerce. Si tu t’absentes, tu sais que c’est ta collègue qui va écoper », s’attriste Marie-Anne Lehouillier.

La nouvelle ministre Martine Biron doit changer de cap

Dans un contexte aussi précaire où les équipes sont à bout de souffle, changer la ministre de l’Enseignement supérieur sans changer de direction est assurément voué à l’échec.

Aucune larme n’a été versée dans le réseau lors du récent remaniement ministériel qui a provoqué la mutation de l’ancienne ministre Pascale Déry. Celle qui n’a jamais vraiment compris son rôle avait réussi à faire l’unanimité contre elle. La CSN a été la première à réclamer sa démission alors qu’elle n’a jamais su défendre son ministère à la table du Conseil des ministres, appliquant bêtement l’austérité caquiste. Plusieurs directions de collèges et même la fédération qui les représente ont déploré les « choix douloureux à venir » et les « compressions sans précédent » imposées aux cégeps. Pascale Déry a aussi excellé dans la microgestion, intervenant directement pour des motifs personnels dans le contenu de cours aux collèges Vanier et Dawson, déclenchant même une enquête aux résultats peu convaincants, au mépris de la liberté académique, si fondamentale au cégep et à l’université.

La nouvelle titulaire du portefeuille de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, doit donc s’inscrire immédiatement en rupture avec celle qui l’a précédée afin de prioriser l’enseignement supérieur au Québec, au lieu d’en faire un simple slogan électoraliste. Le virage à 180 degrés doit se matérialiser concrètement par l’annulation des compressions de 151 millions qui minent la pérennité du réseau collégial. Le coup de barre doit permettre de lever la directive paralysante du gel d’embauche dans les établissements. La ministre Biron doit protéger le réseau collégial de l’ingérence politique en étendant aux collèges la Loi sur la liberté académique dans le milieu universitaire. Surtout, elle doit parvenir à rétablir le lien de confiance brisé entre le réseau et le ministère.

Ces demandes formulées par les trois fédérations de l’éducation de la CSN, qui représentent la vaste majorité des travailleuses et des travailleurs du réseau collégial, trouvent écho chez les trois présidences du Cégep de Lévis. Si elles pouvaient rencontrer Martine Biron, elles lui demanderaient de sortir de sa tour. « Venez donc vous asseoir avec nous, venez jaser, puis arrêtez de voir les syndicats comme des opposants. Prenez-les comme des gens avec qui vous pouvez travailler, puis trouver des solutions. »

Du même souffle, les trois ne se bercent pas d’illusions. La ministre de l’Enseignement supérieur exécute les commandes du premier ministre Legault et de sa coalition qui se radicalise vers la droite. « La CAQ, ça sent le conservatisme et les restrictions budgétaires. Ça ne sent pas l’engouement, la vision ou le renouveau », tranche Patrick Bourget qui se sent malgré tout porté par les yeux allumés des jeunes qui suivent ses cours. « Moi, c’est pour eux que je travaille », conclut-il.

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Petit guide de survie à un lock-out https://www.csn.qc.ca/actualites/petit-guide-de-survie-a-un-lock-out/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:37 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108523 Si l’on souhaite toujours une résolution rapide à un lock-out, il est possible qu’il dure des semaines ou des mois. Et contrairement à une grève, c’est davantage l’employeur qui a le contrôle quant au moment du retour au travail. Dans ce cas, mieux vaut moduler son énergie pour passer à travers le conflit, sur le long terme. Le syndicat du Zoo de Granby a donc minutieusement choisi où il mettait son énergie : au profit des besoins ponctuels de la table de négociation. Un nœud particulier à défaire ? Comptez sur les membres pour se faire entendre.

Entrevue avec la présidente du syndicat du Zoo de Granby, Camille De Rome.

Préparation d’un marathon

Chaque semaine de piquetage au zoo comptait en moyenne :

  • Deux journées de piquetage traditionnels. Comme la ligne devient un refuge, les membres doivent cultiver l’espace, se l’approprier et s’assurer qu’il permet de faire face aux intempéries météo, canicule comme blizzard.
  • Deux jours d’actions dérangeantes. Ces actions offrent la possibilité de rencontrer des gens et de gagner en visibilité. Pensez à une manifestation ou à une visite surprise chez un partenaire de l’employeur.
  • Deux journées où l’on prévoit des activités ludiques. Parfaites pour favoriser la santé relationnelle des membres, elles contribuent à relâcher la pression. Cours de yoga sur la ligne de piquetage, randonnée, cuisine collective, jeux de société, tous les moyens sont bons pour maintenir de forts liens de solidarité.

Pour survivre à cette véritable guerre psychologique contre l’employeur, il faut travailler sa résilience. Camille conseille de se concentrer sur le court terme et de mettre l’accent sur les petites victoires. C’est le moment d’entretenir des liens de confiance avec les camarades et avec le comité de négociation. Pour la présidente, le meilleur moyen de gagner du contrôle sur son quotidien a été de devenir responsable de la mobilisation. Parce que si les contemplations anxieuses de l’avenir peuvent devenir toxiques, avoir les deux mains sur le volant de l’action est un remède à toute épreuve.

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À la rencontre des derniers sylviculteurs https://www.csn.qc.ca/actualites/a-la-rencontre-des-derniers-sylviculteurs/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108513 Le projet de loi 97 sur le régime forestier, finalement abandonné par le gouvernement Legault à la fin septembre, comportait un angle mort de taille. Il stipulait qu’une intensification des travaux sylvicoles deviendrait nécessaire si la superficie de récolte du bois était fortement réduite, mais ne proposait aucun plan clair pour rendre cela possible. Cette intensification est toujours nécessaire, mais le financement, lui, brille par son absence.

Aucun investissement n’est prévu pour accroître les travaux forestiers, alors que le secteur relève plusieurs lacunes, dont le manque de main-d’œuvre. Le métier de sylviculteur est en train de mourir par manque de relève.

Le Point syndical a rencontré des membres du syndicat national de la sylviculture l’été dernier dans le Témiscouata.

« Pour doubler la production par hectare, ça prend du monde, ça prend de la relève. On n’attire personne… avec rien ! Ça ne marche pas, résume Denis Malenfant, sylviculteur de 64 ans. Les jeunes qui commencent dans le métier ne restent pas. Il faut se lever vers 4 h 30 pour se rendre à la parcelle afin de débroussailler ou de planter avant les grosses chaleurs. Le métier est aussi risqué : près de 20 % des membres du syndicat ont perdu un doigt en maniant la débroussailleuse en terrain accidenté. En plus, l’équipement et le carburant ne sont pas fournis par l’employeur et le temps pour se rendre dans le bois n’est pas payé. On doit frotter en tabarnouche pour se faire une paye », ajoute Denis, en expliquant qu’un frotteur est quelqu’un qui travaille fort sans jamais abandonner.

« Il faut offrir de bonnes conditions, comme dans n’importe quelle autre job », explique le président du syndicat, Serge Desrosiers. Il rappelle qu’un projet pilote avait vu le jour pour combiner une rémunération à l’heure – déplacement, affûtage des lames – et à l’hectare. Le gouvernement a malheureusement laissé tomber ce projet et le paiement à l’hectare est redevenu la norme.

Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts verse un montant par hectare aux entrepreneurs pour les opérations sylvicoles. Or, ces derniers peuvent choisir de réduire la part allouée aux sylviculteurs afin de financer davantage le travail technique en amont, ou encore d’en conserver une plus grande part pour eux-mêmes. Résultat : les conditions sont très inégales d’un entrepreneur à l’autre.

« Malgré tout, ce que j’aime de ma job, c’est la liberté ! Je ne pourrais pas rester enfermé à l’intérieur », résume Denis.

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Rien n’est jamais acquis https://www.csn.qc.ca/actualites/rien-nest-jamais-acquis/ Wed, 15 Oct 2025 11:41:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108510 « En ce moment, l’homophobie et la trans­phobie sont de plus en plus décomplexées et ça se manifeste dans les médias sociaux et dans les sphères politiques », affirme Dominique Dubuc, enseignante en biologie au Cégep de Sherbrooke et militante au comité LGBT+ de la CSN.

Un exemple de cette manifestation dans l’univers politique est le Comité des sages sur l’identité des genres, mis sur pied par le gouvernement caquiste l’an passé. « Il existe déjà des entités politiques, comme le Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie, qui peuvent conseiller le gouvernement. Il a préféré nommer des gens pas du tout experts qui ont mis sur le même pied des anecdotes et des études. Le rapport du comité ouvre la voie à un recul des droits dans nos institutions éducatives », soutient Mme Dubuc.

Des outils CSN

À la CSN, on s’efforce de rendre les milieux de travail plus inclusifs. « Des études prouvent que dès qu’on a un environnement de travail qui instaure des mesures sécuritaires et plus inclusives pour les personnes en marge de la société, ça donne automatiquement un meilleur climat de travail, plus bienveillant pour tous les salarié-es », affirme Mme Dubuc.

Geneviève Lapointe, éducatrice en CPE à Montréal et représentante du comité diversité sexuelle et pluralité des genres du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, est du même avis : « Il faut continuer à démystifier les préjugés, puis à essayer de briser la désinformation. »

Pour cela, le conseil central offre une formation Ni plus ni moins comme tout le monde ! à l’intérieur de la formation Exécutif I. « C’est une heure offerte aux dirigeantes et dirigeants syndicaux afin de les sensibiliser et de les outiller pour qu’ils puissent bien répondre aux enjeux des personnes LGBT+ », détaille la vice-présidente de la CSN et responsable politique du comité confédéral LGBT+, Katia Lelièvre.

De son côté, Dominique Dubuc a préparé des guides pour les syndicats et les négociateurs de convention collective.

« Nous avons récemment mis à jour le guide sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres, Ni plus ni moins comme tout le monde ! – disponible sur le site de la CSN. On y retrouve, par exemple, une check-list de choses que les employeurs et les syndicats peuvent appliquer pour rendre le milieu de travail plus inclusif », affirme Dominique Dubuc.

De plus, elle a participé à la rédaction du guide de travail La rédaction inclusive des conventions collectives, toujours dans le but de favoriser l’inclusion.

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Dure réalité sur le terrain https://www.csn.qc.ca/actualites/dure-realite-sur-le-terrain/ Wed, 15 Oct 2025 11:34:45 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108507 Après des années de sous-investissement, plusieurs infrastructures publiques de la province tombent en ruine. L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et le Cégep Saint-Laurent en sont deux exemples bien documentés. Mais que signifie travailler comme salarié-e dans de telles conditions ?

Lamia Salhi, agente de griefs au Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, est affirmative : « On n’arrive pas à servir la population comme il le faut et c’est très frustrant ! Je vous le confirme, c’est déprimant de travailler dans un taudis. »

Pour les préposé-es aux bénéficiaires, le risque de blessures augmente en raison des chambres qui ne sont plus du tout adaptées. « Ils doivent faire de la gymnastique pour parvenir à manier une civière, jusqu’à devoir sortir les meubles et les bureaux », précise l’agente de griefs.

« Je ne peux pas dire que nos membres ne réalisent plus certaines manœuvres, puisqu’ils ont l’obligation de donner les soins, mais c’est devenu très difficile, mentionne Lamia Salhi. Ils s’efforcent de ne pas baisser la qualité des soins, mais ce sont eux qui en paient les frais. »

On apprenait en 2023 que l’établissement desservait 27 % de la population de Montréal alors qu’elle ne comptait que 19 % des civières et 16 % des lits.

Cégep Saint-Laurent : à la recherche des clés

Au Cégep Saint-Laurent, un pavillon complet a été fermé à la fin 2023, en raison de la déficience de la structure interne du bâtiment.

Deux ans plus tard, la vie étudiante suit son cours, dans un campus éclaté, mais certains problèmes demeurent.

« En ce moment, le nouveau personnel enseignant qui entre en poste n’a malheureusement pas de clés, explique le président du Syndicat des professeur-es du Cégep de Saint-Laurent, Dimitri Zuchowski. La machine qui fait les clés est hors service dans le bâtiment condamné. La seule autre machine équivalente qui existe se trouve en Suisse. »

Refaire les clés est impossible à moins de changer toutes les serrures, ce qui est peu probable, faute de budgets. Pendant ce temps, les nouveaux professeur-es qui ont besoin d’ouvrir une porte doivent en faire la demande au personnel de sécurité.

« En ce moment, on se résigne et on accepte la situation. Mais l’ensemble des procédures s’est considérablement allongé. Ça nous affecte sur tellement d’aspects de notre travail », déplore Dimitri Zuchowski.

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30 ans aux côtés des enfants https://www.csn.qc.ca/actualites/30-ans-aux-cotes-des-enfants/ Wed, 15 Oct 2025 11:34:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108504 Cet été se tenait une fois de plus le Camp Vol d’été Leucan–CSN. Cette année, l’événement revêtait un caractère particulier. On y soulignait le 30e anniversaire de cette collaboration de la centrale avec Leucan, témoignant de l’ampleur de l’engagement de la CSN envers cette cause. Des militantes et des militants du mouvement s’investissent chaque année pour rendre possible la tenue de ce camp estival visant à offrir du répit aux familles d’enfants malades depuis trois décennies. Chaque année, l’appui financier de la confédération se fait aussi bien grâce à des campagnes de financement comme le Marche-don, Cours-don et des tournois de golf, que par différentes levées de fonds organisées par des conseils centraux, des fédérations et des syndicats.

Le 30 juillet avait lieu la journée portes ouvertes où plusieurs membres de la CSN sont venus rencontrer les familles qui participent au camp. C’est dans l’ambiance festive du Camp Carowanis, à Sainte-Agathe-des-Monts, que les familles et les enfants ont pu s’amuser et prendre un peu de repos. La baignade et de nombreux jeux ont offert une pause quant aux épreuves vécues par ces familles éprouvées, tout en permettant aux personnes militantes présentes d’expérimenter un autre type d’engagement.

« Maintenant que le camp est terminé, les travaux s’amorcent afin de poursuivre notre engagement pour un autre… 30 ans ! Tant et aussi longtemps qu’il y aura des enfants atteints du cancer, la centrale sera là pour les soutenir », déclare le vice-président, David Bergeron-Cyr. Pour un mouvement comme la CSN, fondé sur la solidarité au quotidien, cet engagement va de soi et permet au mouvement syndical de faire une différence dans la vie des gens. C’est pourquoi la CSN est prête à poursuivre ses efforts dans les années à venir pour continuer d’aider Leucan et les enfants.

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Une soif de reconnaissance https://www.csn.qc.ca/actualites/une-soif-de-reconnaissance/ Wed, 15 Oct 2025 11:34:41 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108502 Les paramédics sont les professionnel-les de la santé qui offrent des soins, souvent dans un contexte d’urgence et à l’extérieur de l’hôpital, qu’on désignait autrefois comme des ambulanciers. Qu’ils travaillent pour l’organisme public Urgences-santé dans la région métropolitaine, pour une entreprise privée ou pour une coopérative, les paramédics négocient notamment leur rémunération avec le Conseil du trésor puisque c’est Québec qui finance les services. La CSN représente la grande majorité de ces travailleuses et travailleurs, partout au Québec.

Deux côtés de la bouche

Dès les premières heures de la grève, la présidente du Conseil du trésor, alors Sonia LeBel, expliquait sur le réseau X que le règlement salarial négocié dans le secteur public était « accessible » pour les paramédics. Elle s’est bien gardée de préciser que son gouvernement demandait du même souffle aux paramédics qu’ils renoncent à certaines mesures, ce qui reviendrait à réduire leur rémunération d’environ 10 %, soit près de quatre dollars l’heure. Et dès le premier jour du futur contrat de travail ! De plus, le gouvernement considère actuellement que la rémunération des paramédics est trop élevée par rapport à l’évaluation qu’il fait de la valeur de leur travail : ce qui explique qu’il ne prévoit pas de bonifications salariales.

Malheureusement, pendant que le gouvernement maintient cette ligne dure, sur le terrain, les paramédics désertent la profession. Pour celles et ceux qui demeurent en poste, la surcharge de travail devient intenable et les heures supplémentaires obligatoires explosent. Pour le secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, la solution à cette faible rétention est d’améliorer les conditions d’emploi, de s’entendre sur une échelle salariale adéquate et d’améliorer le régime de retraite. Faut-il rappeler que la réalité de ce travail est extrêmement exigeant, tant physiquement que mentalement ?

Services essentiels

Étant donné la nature de leur travail, les paramédics sont tenus de maintenir les services essentiels à la population durant la grève. Elle s’exerce donc en deux volets. D’une part, ils cessent d’effectuer une liste de tâches qu’ils remplissent en temps normal, mais qui ne sont pas indispensables à la santé et à la sécurité du public. D’autre part, grâce à une percée réalisée par la CSN lors de négociations précédentes, le personnel-cadre est tenu de contribuer au maintien des services essentiels en effectuant des quarts de travail en remplacement de celles et ceux qui exercent une grève de temps.

Qu’à cela ne tienne, les syndiqué-es ont été très visibles au courant de l’été. Ils ont notamment profité des grands événements pour aller à la rencontre de la population. Plusieurs de ces rassemblements n’auraient pu avoir lieu sans la présence de paramédics prêts à intervenir en cas d’urgence. Pas de paramédics, pas de Grand Prix, pas de festival ! Ce message a pu raisonner à Montréal comme à Trois-Rivières, à Québec, en Estrie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans les Laurentides et en Montérégie, lors d’événements en tout genre, notamment à un match du CF Montréal.

Plusieurs dates de négociation sont prévues cet automne. Par le passé, les paramédics ont souvent fait preuve d’une grande créativité en matière de mobilisation. Nul doute que les élu-es de la CAQ les trouveront sur leur chemin si le parti maintient la ligne dure pour tenter de leur imposer de tels reculs.

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Austérité et favoritisme: la CAQ, un parti au service des élites https://www.csn.qc.ca/actualites/austerite-et-favoritisme-la-caq-un-parti-au-service-des-elites/ Wed, 15 Oct 2025 11:34:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108498 Le projet politique de ce club sélect au service des mieux nantis est clair et limpide : un Québec où tout se vend, tout se privatise, tout s’exploite. Cette organisation politique applique sans gêne un programme hostile aux droits des travailleuses et travailleurs et est obsédée par l’enrichissement du secteur privé – duquel bon nombre de ses proches font partie.

François Legault et ses ministres ne s’en cachent même plus : les syndicats sont leurs ennemis, des « nids de guêpes » pour reprendre leurs propos. Afin d’affaiblir le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs pour mieux faire passer des politiques qui enrichissent une minorité, le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé un projet de loi en février dernier. Adopté depuis, il restreint grandement la possibilité pour les syndiqué-es d’améliorer leurs conditions d’emploi. Prétextant qu’il considérera davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock out, le gouvernement se donne le droit de mettre fin à des conflits de travail et d’imposer des services minimums dans tous les secteurs, ou presque. En plus de judiciariser inutilement les conflits, cette loi vient limiter de manière abusive les moyens dont disposent les salarié-es syndiqués pour exercer leur rapport de force nécessaire en négociation. Le message est clair : « Fermez-la, travaillez sans exiger plus, contentez-vous du minimum ! »

Le vrai visage de la CAQ

Les caquistes nous parlent de « rigueur », de « responsabilité » et de « saine gestion des finances publiques ». Mais ces mots maquillent ce qui constitue une austérité néolibérale sans imagination. C’est la réalité québécoise depuis plus de 40 ans.

Pendant que les plus riches et les grandes entreprises dorment sur leurs avantages fiscaux, que la CAQ procède à une baisse d’impôt, se privant ainsi de revenus essentiels, elle continue de réduire les services publics et laisse les écoles tomber en ruines, tout en regardant les hôpitaux crouler sous la pression. Parallèlement, des cliniques et entreprises privées de soins médicaux obtiennent des contrats mirobolants alors que les hôpitaux publics manquent de personnel et de matériel. Les ministres caquistes transforment la maladie en occasion d’affaires et la détresse humaine, en ligne comptable. Résultat de tout cela ? Des services sociaux qui disparaissent, une érosion de la confiance de la population envers ces derniers, des travailleuses et des travailleurs à bout de souffle et le privé qui s’insère partout où il le peut.

Depuis l’arrivée au pouvoir de François Legault, la frontière entre l’État et les intérêts privés est devenue complètement floue. On ne compte plus les nominations de proches dans des postes clés, les contrats publics accordés à des entreprises dirigées par d’anciens collaborateurs ou des donateurs et les appels d’offres qui favorisent la voisine ou le cousin. Quelques exemples : la gestion des maisons des aîné-es, confiée à des entrepreneurs proches du pouvoir, s’est soldée par des dépassements de coûts faramineux et une efficacité douteuse; le 3e lien, présenté comme une nécessité stratégique, semble avant tout une bébelle électorale et une occasion en or pour des firmes d’ingénierie et des promoteurs bien connectés.

Salaire minimum : un mépris assumé

Parlons-en, du minimum. La CAQ refuse obstinément de hausser le salaire minimum à un niveau décent, pendant que le coût de la vie explose. Les gens peinent à boucler leurs fins de mois, mais le gouvernement préfère parler de « compétitivité » et de « prudence économique ». Traduction : mieux vaut protéger les marges de profit des entreprises que de garantir un revenu de base décent à celles et ceux qui font en sorte que le Québec fonctionne.

Et la crise du logement ? Joyeuse inertie. Des familles dorment dans des voitures ou restent piégées dans des appartements insalubres alors que le Québec connaît une flambée des loyers. Un contrôle des loyers aiderait grandement les locataires, mais la CAQ ne règlemente d’aucune façon l’accès au logement. Le parti aggrave même cette crise en révisant la méthode de calcul de l’indice d’augmentation de loyer à l’avantage des propriétaires ! La CAQ n’a pris aucune mesure sérieuse pour le logement social et n’a visiblement aucune volonté d’imposer des balises aux promoteurs voraces.

En somme, la CAQ gouverne avec la main de fer du patronat et le sourire figé du comptable. Son agenda est clair : casser les syndicats, prôner des politiques qui contribuent à réduire le pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs, privatiser l’essentiel des services publics et injecter des milliards dans le privé. Ce choix politique n’est pas un manque de vision, c’est un choix délibéré… et glaçant.

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Shane Vollant-Einish: nouveau souffle sur la Côte-Nord https://www.csn.qc.ca/actualites/shane-vollant-einish-nouveau-souffle-sur-la-cote-nord/ Wed, 15 Oct 2025 11:34:36 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108537 Originaire de Kawawachikamach, près de Schefferville, Shane Vollant-Einish est profondément ancré dans ses racines innues et naskapies. Avant d’être élu vice-président du Conseil central de la Côte-Nord–CSN, il a parcouru un chemin professionnel très varié, qui témoigne de sa volonté à contribuer à l’essor de sa région et de sa communauté. Au fil de sa carrière, il a occupé plusieurs emplois : pompier, aide-menuisier, pêcheur et Ranger canadien, avant de se consacrer à son poste actuel d’opérateur d’équipement lourd.

« Notre collectivité est relativement isolée et être polyvalent est une qualité essentielle. Les besoins en tout genre sont multiples et souvent urgents. Il est donc crucial de répondre présent lorsque notre communauté nous interpelle », affirme Shane.

« La volonté d’aider les autres m’a poussé à m’engager dans le monde syndical, poursuit-il. Nos communautés sont relativement autonomes et, depuis longtemps, nous avons appris à gérer nos enjeux de manière démocratique. Nos méthodes d’organisation sont très similaires à celles de la CSN et la force de la structure syndicale de la centrale nous inspire. Elle est porteuse d’une histoire de luttes syndicales qui constitue un soutien déterminant pendant les conflits de travail. »

En plus de son rôle de vice-président, Shane occupe le poste d’opérateur d’équipement lourd pour la société de transport ferroviaire Tshiuetin, première ligne de chemin de fer en Amérique du Nord entièrement détenue et exploitée par un regroupement de Premières Nations. « C’est une immense fierté pour nous de détenir et d’opérer cette ligne ferroviaire, déclare Shane. Tshiuetin est bien plus qu’une simple entreprise de transport. Elle emploie de nombreuses personnes, et maintient un lien tangible et direct avec le reste du Québec et du Canada. Elle représente une véritable porte ouverte sur le monde pour les membres de nos communautés. »

Shane est formel, son nouveau rôle au sein du conseil central représente bien plus qu’une simple fonction syndicale : c’est l’opportunité de renforcer les liens entre les travailleuses et travailleurs de la région. « Je suis désormais le représentant de tous les membres de la Côte-Nord. Notre territoire est isolé et nous avons appris à jongler avec cette réalité, mais cela ne veut pas dire que nous devons vivre en autarcie. Au contraire, nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres. Le développement de la solidarité régionale est essentiel pour assurer notre progrès collectif. »

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Immigration: les rafles se multiplient aux États-Unis https://www.csn.qc.ca/actualites/immigration-les-rafles-se-multiplient-aux-etats-unis/ Wed, 15 Oct 2025 11:33:00 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108538 Aux États-Unis, des millions de res­sor­tissants étrangers vivent aujourd’hui dans la peur d’aller travailler. Et pour cause : les milieux de travail sont de plus en plus la cible des rafles menées par les agents de la police fédérale de contrôle de l’immigration (ICE), chargés de faire respecter les politiques migratoires du pays.

Les images font frissonner : masqués, lourdement armés, appuyés par des véhicules militaires, ils envahissent par centaines là une usine, là une ferme, aujourd’hui un restaurant, demain un lave-auto. C’est à de véritables arrestations de masse qu’ils s’activent, se servant d’attaches à usage unique pour immobiliser les travailleurs, le temps de vérifier le statut de chacun.

À Los Angeles en juin dernier, c’est un stationnement du Home Depot de Westlake qui fut le théâtre d’un tel coup de filet. Comme chaque matin, ils étaient déjà quelques centaines de journaliers à espérer être embauchés pour la journée quand les agents de l’ICE ont envahi les lieux, multipliant les arrestations arbitraires. Devant l’ampleur des manifestations, Trump jugea bon de déployer les troupes de la garde nationale, malgré l’opposition du gouverneur californien – et féroce opposant démocrate –, Gavin Newsom.

En juillet, la juge Maame E. Frimpong ordonnait aux corps de police de cesser de cibler aléatoirement les communautés immigrantes en raison de leur accent ou de leur apparence ethnique. Un tel profilage racial enfreint le 4e amendement américain, qui protège les citoyens contre les arrestations abusives.

Si la décision Frimpong a été confirmée par la Cour d’appel, l’administration Trump a depuis porté la question à la Cour suprême qui, dans une décision provisoire rendue le 8 septembre, levait temporairement les interdictions imposées aux opérations de la police de l’immigration.

Mais les forces de l’ICE n’ont pas attendu la décision du plus haut tribunal du pays. Le 7 août dernier, c’est dans le stationnement du même Home Depot de Los Angeles qu’ils ont déployé l’opération « Cheval de Troie ». Cachées dans un camion de location – comme ceux utilisés par les entrepreneurs en quête de main-d’œuvre bon marché –, des troupes ont surgi du camion, pourchassant les malheureux.

Pour de nombreuses communautés immigrantes, le pire est à craindre si la Cour suprême devait, lorsqu’elle se penchera sur le fond de l’affaire, autoriser des arrestations basées sur « l’ethnicité apparente », comme le souhaite l’administration Trump.

D’autant plus que la loi budgétaire que le président a fini par faire adopter au cours de l’été, le One Big Beautiful Bill Act, prévoit une augmentation de 75 milliards $ du budget de l’ICE, permettant à la force d’embaucher 10 000 nouveaux agents. La somme de 45 milliards sera investie au cours des quatre prochaines années pour décupler le nombre de centres de détention pour personnes immigrantes en situation irrégulière, comme cet « Alcatraz des alligators », construit en un temps record en bordure d’une piste d’atterrissage abandonnée en Floride, qui sert depuis à l’expulsion des immigrants.

Le président Trump et sa secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem – celle-là même qui avait défrayé la chronique après avoir abattu son chien à bout portant – n’en démordent pas : c’est aux criminels endurcis, « membres de gang, violeurs et pédophiles », qu’ils font la lutte.

Les chiffres montrent pourtant le contraire. Depuis le retour des arrestations de masse, la part d’immigrants sans antécédent criminel parmi les personnes arrêtées par l’ICE n’a cessé d’augmenter, passant de 24 % en décembre à 37 % en juillet, selon les chiffres compilés par le Deportation Data Project de l’Université de Californie à Berkeley.

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En marche pour changer le monde https://www.csn.qc.ca/actualites/en-marche-pour-changer-le-monde/ Wed, 15 Oct 2025 11:32:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108539 C’est grâce à des féministes québécoises qu’était lancée, il y a 30 ans, la marche historique « Du pain et des roses ». Cet événement a donné naissance au mouvement international de la Marche mondiale des femmes qui, lors de sa première édition en l’an 2000, a rassemblé des personnes issues de 161 pays pour dénoncer la pauvreté et la violence subies par les femmes. Depuis, cette grande mobilisation se déroule tous les cinq ans, partout à travers le monde.

« Bien que les militantes pour l’égalité des sexes aient réalisé des gains, les iniquités persistent. La montée de la droite et du masculinisme suscite des inquiétudes. On constate encore beaucoup de précarité d’emploi chez les femmes et une augmentation de la violence qu’elles subissent », s’inquiète la responsable politique du comité confédéral de la condition féminine et secrétaire générale, Nathalie Arguin.

« À la CSN, notre travail est d’aller sur le terrain et de croire les victimes. On offre des formations sur la condition féminine et sur la prise de parole des femmes. C’est important qu’elles prennent leur place à l’intérieur des syndicats. On veille aussi à ce que la Loi sur l’équité salariale soit respectée, pour une diminution de la précarité économique des femmes. En plus de participer activement à la marche mondiale, on se mobilise chaque 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Mon grand rêve est que tout ceci ne soit plus que commémorations, car nous aurions créé une société basée sur les valeurs féministes qui placent l’économie au service du vivant », explique la responsable de la condition féminine du Conseil central du Montréal métropolitain, Marie-Roberte Lucate.à

Le 18 octobre 2025, la marche mondiale dénoncera les violences faites aux femmes et l’inaction face à la crise climatique. Le rassemblement revendiquera aussi un revenu décent qui garantit l’autonomie financière des femmes et leur droit à l’accès universel et gratuit aux services publics.

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Entre petits syndicats https://www.csn.qc.ca/actualites/entre-petits-syndicats/ Wed, 15 Oct 2025 11:32:57 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=108549 À l’approche des élections municipales à l’échelle de la province, la CSN a décidé de faire le point sur les enjeux vécus par les syndiqué-es du milieu. Alors que ces derniers sont touchés de plein fouet par la hausse du coût de la vie, l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre affectent désormais le recrutement.

« Avant, dans le municipal, on nous considérait comme choyés, relève Kuang Selao, président du secteur du même nom à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Personne ne pleurait nos conditions de travail. Pendant la COVID, le domaine privé a toutefois bonifié ses conditions alors que celui du municipal stagne. »

Kuang raconte avoir vu des cols bleus de son syndicat local quitter le secteur même après 10 ou 15 ans d’ancienneté. « Habituellement, les bleus sortent seulement à leur retraite », poursuit-il. Le président du secteur s’explique mal cette résistance des villes à augmenter les salaires… alors que l’explosion du prix de l’immobilier profite positivement à leurs revenus. Il constate que les villes ne priorisent pas l’investissement dans la main-d’œuvre, même si elles en ont grandement besoin.

Dans le contexte économique, le volet financier est vraiment au cœur des préoccupations des membres. « Lorsqu’on a obtenu une bonification au régime de retraite, une employée m’a dit oui, c’est une bonne nouvelle, mais ça n’ajoute pas de pain sur ma table », illustre Kuang Selao.

Les défis du secteur

L’enjeu majeur du secteur municipal à la FEESP est l’existence de nombreux petits syndicats. « Comme ils ne sont pas toujours autonomes, cela peut affecter leur vie syndicale et la capacité à représenter efficacement les enjeux vécus par leurs membres », complète le président du secteur.

La taille de l’unité fait aussi que le potentiel de candidates ou candidats qui souhaitent s’engager syndicalement est faible. Cela fait boule de neige : les plus petits syndicats ne participent pas aux instances du mouvement. « C’est pour ça qu’à l’exécutif du secteur, on a pris l’engagement d’aller à la rencontre de tous ces groupes », ajoute Kuang Selao.

La participation citoyenne aux élections municipales est en baisse dans la province, de moins en moins de personnes s’y intéressent alors que ça devrait plutôt être le contraire, selon le président du secteur à la FEESP–CSN.

« C’est une entité de proximité, mentionne Kuang Selao. Je trouve que c’est le seul palier où l’on peut avoir un impact direct. »

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