Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 18 Jun 2026 16:28:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Nouvelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 CPE Le Jardin de Robi – L’imposition de services minimaux est-elle constitutionnelle ? https://www.csn.qc.ca/actualites/cpe-le-jardin-de-robi-limposition-de-services-minimaux-est-elle-constitutionnelle/ Thu, 18 Jun 2026 16:26:09 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=118031 La cause des travailleuses du Jardin de Robi de Roberval se poursuit devant les tribunaux. Le Tribunal administratif du travail (TAT) doit décider prochainement si le mécanisme de la loi qui a limité la grève au CPE est contraire à la liberté d’association, donc aux droits fondamentaux du syndicat et des travailleuses. Si le TAT est convaincu que cette liberté a substantiellement été entravée au Jardin de Robi, il devra analyser si une telle entrave peut se justifier dans une société libre et démocratique.

Rappelons que le 13 mars, le TAT a assujetti le CPE Le Jardin de Robi au maintien de services minimaux. Suivant cette décision, le Syndicat des travailleuses des CPE et des BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, représentant une vingtaine de travailleuses, a convenu d’une entente avec l’employeur pour les services à maintenir – la loi l’obligeant à négocier ceux-ci. Le 26 mars, le TAT entérinait cette entente et imposait donc les services à maintenir pendant la grève des salariées robervaloises.

Ces dernières doivent ainsi garder le CPE ouvert trois jours sur cinq. Il s’agissait du premier cas de mise en application de la loi 14 (aussi connu comme étant le projet de loi 89), entrée en vigueur le 30 novembre 2025. Cette loi a pour effet de limiter le droit de grève dans des secteurs où il ne l’était pas, en plus de, potentiellement, se superposer aux services essentiels. Cela constituera un vrai casse-tête pour les organisations syndicales.

Ces deux décisions, des 13 et 26 mars dernier, sont des ordonnances interlocutoires parce que le TAT doit maintenant statuer si le mécanisme de la loi est constitutionnel.

C’est cette cause que le syndicat a défendue devant trois juges du TAT au cours des dernières semaines. Notons que cette affaire ne porte que sur la situation du Jardin de Robi. Si le syndicat avait gain de cause, les travailleuses du CPE seraient les seules touchées. À l’inverse, si le TAT ne retient pas les prétentions du syndicat, la décision n’aura pas d’impact sur le recours, plus général, entrepris en Cour supérieure contre la loi 14 dans son ensemble par les organisations syndicales.

Les plaidoiries ont été complétées au début du mois de juin. On attend maintenant la décision du TAT. La CSN n’a pas ménagé ses efforts dans ce dossier, en mobilisant quatre avocates et avocats du Service juridique de la CSN ainsi que des personnes conseillères de bien d’autres services. L’implication directe et de tout instant des travailleuses grévistes est également à souligner.

Droits fondamentaux

Selon la CSN, les tribunaux administratifs ont un rôle à jouer dans la défense des droits fondamentaux des citoyennes et des citoyens. Le TAT doit avoir à cœur la liberté syndicale, et s’assurer que les mécanismes visant à rééquilibrer les rapports de force ne sont pas compromis. En adoptant la loi 14, le gouvernement de la CAQ a instauré un mécanisme qui vise à casser la grève ; moyen ultime pour les salarié-es, qui tentent d’équilibrer le rapport de force pour négocier avec un employeur. Avec l’instauration de services minimaux, la grève perd de sa puissance. Finalement, cela favorise l’employeur qui ne ressent plus la même urgence d’en arriver à un règlement.

Dans son argumentaire en faveur de sa loi 14, le gouvernement prétend s’attaquer à la longueur des conflits de travail. Devant le TAT, le syndicat a notamment fait valoir que la loi provoque plutôt l’effet inverse. Il rompt la mécanique de négociation collective prévue au Code du travail – processus qui a globalement bien servi le Québec jusqu’à maintenant.

Les avocates et avocats syndicaux ont démontré qu’avant la loi 14, les mécanismes de relations de travail ont permis de négocier des conventions collectives, la plupart du temps sans conflits de travail, notamment dans le secteur des services de garde. En dernier recours, la grève demeure un outil qui peut être déployé, lors d’importantes impasses, afin d’arriver à un règlement. C’est aussi le moyen d’obliger l’employeur à négocier de bonne foi.

C’est précisément grâce à la grève ou à son recours potentiel que les éducatrices ont su améliorer leurs conditions de travail. Au fil des négociations, elles ont professionnalisé le secteur, ce dont elles tirent parti, tout comme l’ensemble de la société, qui peut compter sur des services de qualité et accessibles partout en province.

La CSN relève que pour les services de garde, tout mécanisme augmentant le déséquilibre est destructeur pour le mouvement syndical, car les intérêts des employeurs et ceux de l’État, qui finance les services, ont tendance à converger. L’État est donc, en quelque sorte, juge et partie.

Pour la CSN, l’imposition de services minimaux constitue de toute évidence une entrave au libre exercice des droits fondamentaux des travailleuses et du syndicat. Il s’agit d’une atteinte démesurée à leurs droits, car, dans les faits, elle mine leur accès à la grève et, par conséquent, leur droit de négocier leurs conditions de travail.

Du mouvement à la table
Pendant qu’elles attendent la décision du tribunal, les travailleuses poursuivent leur mobilisation. Le 12 juin, elles ont informé l’employeur qu’elles suspendaient l’exercice de la grève pour une durée de deux semaines. Cette décision fait suite à la dernière réponse patronale, quant à une proposition syndicale transmise à la conciliatrice au dossier. Les travailleuses ont prévenu qu’elles reprendraient leur mobilisation si aucune entente n’intervient durant cette trêve.

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Inégales dans la tourmente – L’impact des crises sur les femmes https://www.csn.qc.ca/actualites/inegales-dans-la-tourmente-limpact-des-crises-sur-les-femmes/ Mon, 01 Jun 2026 17:29:49 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117193 Le 9 juin de 12h à 13h, la CSN tient un webinaire de la campagne Faire front avec Eve-Lyne Couturier de l’IRIS pour discuter de l’impact des crises sur les femmes.

À la suite de la période austéritaire de 2012-2016, nous avons constaté que les femmes étaient plus touchées par les compressions et moins visées par les investissements publics. En 2026, c’est plutôt l’inflation, la guerre tarifaire avec les États-Unis et le contexte international volatile qui déstabilisent l’économie. Comment la situation économique des femmes a-t-elle évoluée ? Quels sont les indicateurs pertinents et comment les interpréter ? Comment la montée des discours conservateurs, masculinistes ou natalistes peut-elle avoir des impacts sur le marché du travail ? La conférence sera l’occasion de présenter des données à jour sur le marché de l’emploi, la ségrégation professionnelle et l’équité salariale en prenant en considération, dans la mesure du possible, une perspective intersectionnelle.

Eve-Lyne Couturier est diplômée en science politique à l’Université du Québec à Montréal. Elle a été analyste à la Régie de l’énergie pour le Regroupement des organismes environnementaux en énergie et travaille maintenant à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) sur les enjeux d’inégalités de revenu, l’évolution du système de retraite québécois et l’impact des politiques publiques sur les femmes.

Pour vous inscrire à ce rendez-vous sur l’impact des crises sur les femmes, veuillez remplir ce formulaire.

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Une énergie à propager https://www.csn.qc.ca/actualites/une-energie-a-propager/ Fri, 29 May 2026 18:10:27 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117023 Il revenait à Caroline Senneville de prononcer le discours de clôture du 68e Congrès de la CSN. Au sortir de ce rassemblement mémorable, les congressistes retournent dans leurs milieux pour faire vivre les propositions adoptées pour le mandat qui s’amorce.

Une des choses qu’on retiendra, ce sera l’assistance record. Plus de 2 000 membres ont convergé vers Québec toute la semaine pour prendre acte du bilan de nos actions des dernières années et pour nous projeter dans le futur en débattant des priorités des prochaines années. Le congrès est allé rondement et de nombreuses propositions ont été adoptées tout au long de la semaine.

Toujours combatif

Si l’on devait résumer le dernier mandat, la combativité serait le mot à retenir. Les luttes de centaines de syndicats nous ont rappelé à quel point c’est lorsqu’on se mobilise qu’on peut améliorer notre sort. Face à une inflation record, la détermination des travailleuses et des travailleurs a fait la différence. Un nombre majeur de grèves et plusieurs ententes assorties des gains significatifs ont marqué des trois dernières années.

Mais la réplique patronale n’a pas tardé. Les projets de loi antisyndicaux se sont accumulés et trop d’employeurs ont choisi l’arme du lockout pour mettre des salarié-es au pas. Nous devrons continuer de nous lever et de nous faire entendre pour réclamer plus de justice sociale.

Aller voir notre monde

Dans le mandat qui s’amorce, nous devrons tout faire pour défendre nos droits syndicaux. Les congressistes ont d’ailleurs adopté une proposition à ce sujet. Que cela soit dit : la CSN affirmera son identité syndicale plus que jamais. Avec les élections qui approchent, les partis politiques qui se voient gouverner le Québec doivent s’engager à retirer les lois liberticides adoptées par le gouvernement caquiste.

Aller à la rencontre des membres sera un incontournable. Les propositions discutées sur les droits syndicaux, sur les services publics et sur l’intelligence artificielle devront se matérialiser dans nos milieux de travail. Les plans d’action à venir passeront par l’éducation populaire des travailleuses et des travailleurs. Ce sera notamment le cas avec la tenue prochaine d’une consultation visant à actualiser la position de la centrale sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec.

Les défis qui nous attendent sont nombreux et le vent de face que nous affrontons a de quoi nous préoccuper. Mais ce sera toujours en nous appuyant sur notre solidarité que nous parviendrons à gagner. Clairement, les 2 000 congressistes repartent avec une énergie contagieuse qui va faire la différence pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

Merci

Un congrès de cette ampleur ne s’organise pas seul. Depuis des mois, nombreux sont les salarié-es, élu-es et militantes et militants qui préparent ce moment démocratique essentiel. Caroline a profité de ce mot de clôture pour saluer les équipes qui ont travaillé fort tout au long de cet événement triennal. Chapeau bas à toutes les personnes qui ont rendu possible la tenue du 68e Congrès de la CSN.

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Comité exécutif 2026-2029 https://www.csn.qc.ca/actualites/comite-executif-2026-2026-de-la-csn/ Fri, 29 May 2026 17:01:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117026 À l’issue du 68e Congrès, voici la composition du nouveau comité exécutif de la CSN  pour le mandat 2026-2029!

Caroline Senneville à la présidence,
François Enault à la première vice-présidence,
David Bergeron-Cyr à la deuxième vice-présidence,
Katia Lelièvre à la troisième vice-présidence,
Yvan Duceppe à la trésorerie.

La nouvelle secrétaire générale, Jessica Goldschleger, jusqu’ici présidente de la Fédération des professionnèles–CSN, succède à Nathalie Arguin, qui avait annoncé son départ à la retraite en début d’année.

 

 

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Une soirée sous le thème de la solidarité https://www.csn.qc.ca/actualites/une-soiree-sous-le-theme-de-la-solidarite/ Fri, 29 May 2026 13:50:45 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117006 La soirée de solidarité reste un moment attendu à chaque congrès. Les quelque 2000 délégué-es du 68e Congrès de la CSN avaient bien hâte de se dégourdir les jambes après une semaine marquée par les débats et les échanges en assemblée.

La Machine de cirque a enthousiasmé les militantes et les militants réunis au Centre des congrès de Québec. Être syndicalistes, c’est souvent devoir jongler au quotidien pour bien représenter les membres. Mais ce que nous réservait la troupe nous amenait à un autre niveau. Ce spectacle, présenté par une compagnie de cirque de Québec fondée en 2013, en a mis plein la vue. La représentation taillée sur mesure pour notre congrès a laissé place à des prouesses hautes en couleur.

Drapés de leurs plus beaux atours, les délégué-es avaient hâte de bouger. La solidarité s’exprime dans le débat, mais elle se vit aussi en fraternisant autour d’un verre. Ce qui est clair, c’est que les barmaids ont travaillé sans relâche. C’est sous l’impulsion de la DJ Mely Dupuis que les congressistes ont dansé toute la soirée. Animatrice d’une téléréalité queer, elle a animé la piste de danse pour permettre aux délégué-es de lâcher leur fou. Quoi de mieux qu’un karaoké pour clore une soirée mémorable? Chanter à tue-tête de nombreux classiques, plus ou moins sur la note selon les cas, est une autre manière de vivre notre solidarité.

Chose certaine, cette soirée de solidarité a été un succès et un bon moyen de célébrer collectivement. Après avoir tout donné sur la piste de danse, nous sommes fin prêts à retourner dans nos milieux de travail et continuer de défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

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Katia Lelièvre réélue à la troisième vice-présidence de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/katia-lelievre-reelue-a-la-troisieme-vice-presidence-de-la-csn/ Thu, 28 May 2026 20:40:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116991 Après un débat très intéressant tenu hier, Katia Lelièvre a été réélue aujourd’hui à la 3e vice-présidence de la CSN par le 68e Congrès. Pas moins de 92 % des délégué-es ont exercé leur droit de vote.

« Je remercie les membres pour leur confiance, ce sera un honneur et un privilège de vous représenter au cours du prochain mandat. Soyez assurés que je mettrai toute mon énergie à appuyer toutes vos luttes et que je vais demeurer à l’écoute des préoccupations des régions. Et on ne laissera personne derrière », a déclaré Katia Lelièvre, après l’annonce du résultat du vote jeudi après-midi, alors que plusieurs personnes la félicitaient chaleureusement.

Rappelons que Katia Lelièvre siégeait déjà à la 3e vice-présidence de la CSN depuis 2021. À ce titre, elle a été responsable politique des régions et du Service d’appui aux mobilisations et à la vie régionale. Elle a également piloté les dossiers, notamment ceux liés aux enjeux de l’éducation, des services de garde, de l’immigration, des communautés LGBTQ+, des jeunes et des peuples autochtones. Auparavant, Katia a été vice-présidente et présidente du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, de 2006 à 2021. Elle a entre autres, joué un rôle clé dans l’affiliation de son syndicat à la CSN.

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Regards sur le syndicalisme: différentes régions, mêmes enjeux, mêmes valeurs https://www.csn.qc.ca/actualites/regards-sur-le-syndicalisme-differentes-regions-memes-enjeux-memes-valeurs/ Thu, 28 May 2026 19:15:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116948 « Je me sens presque comme à la maison », exprime Unai Oñederra Egaña, responsable de la formation et de la stratégie souverainiste à la confédération syndicale du Pays basque Sud, Euskal Langileen Alkartasuna (ELA), pour décrire son expérience au 68e Congrès de la CSN.

« La CSN, comme le nôtre, est un syndicat combatif avec au centre de sa stratégie la grève et la résistance », ajoute-t-il.

Annick de Ruyver, du service international à la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) en Belgique, note une ambiance particulière à la CSN. « Je trouve que la manière dont vous parlez de vos membres et dont vous êtes fiers de vos travailleurs, c’est vraiment particulier, décrit-elle. La façon dont vous mettez en avant leurs actions. C’est vraiment eux qu’on voit ! »

Malgré les différences structurelles entre les syndicalismes français et québécois, Maher Tekaya, secrétaire confédéral responsable du dossier Europe à la Confédération française démocratique du travail (CFDT), se reconnaît dans les valeurs de la CSN. En particulier l’importance de la démocratie et de la lutte contre les dérives affectant directement les travailleuses et les travailleurs.

Une distinction sur le concept d’autonomie syndicale a aussi été remarquée par Daniel Cornesse, secrétaire national responsable des affaires wallonnes à la CSC. « On a tendance, à la CSC, à organiser les éléments de manière homogène. Et ça se voit dans les détails. Vous avez une multitude de couleurs sur vos drapeaux. Chez nous, il y a une couleur et tout le monde l’utilise, avec le même drapeau et le même logo. Ç’a sans doute des avantages, mais on perd un peu de diversité d’actions. »

On le constate en discutant avec les invités internationaux au congrès, les enjeux décrits par la CSN sont aussi vécus par ces derniers. La mondialisation a standardisé plusieurs choses. Face à cela, Annick de Ruyver propose une meilleure collaboration intersyndicale. « Je dis souvent que chaque milieu syndiqué ayant un équivalent dans une même entreprise, ici au Québec, devrait établir des liens. Dans le contexte d’aujourd’hui, il faut trouver des moyens pour que nos délégué-es engagent des discussions, collaborent et partagent leurs réalités de travail et de vie. »

Pleins feux sur le syndicalisme américain

Les attaques contre les droits syndicaux que vit le Québec sont des scénarios bien connus pour Mark Meinster, directeur des programmes stratégiques chez United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE). « C’est important de se souvenir que ces attaques ont déjà eu lieu aux États-Unis », exprime-t-il. Aux États-Unis, les syndicats sont régis par des règles encadrant leurs dépenses et l’usage qu’ils en font.

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Mark Meinster, directeur des programmes stratégiques chez United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE), en discussion avec la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Quoi faire, pour éviter que se concrétise au Québec ce qui s’est passé de l’autre côté de la frontière ? Mark Meinster y va d’un conseil : « Aux États-Unis, les syndicats n’ont pas fait un bon travail pour combattre le discours antisyndical. Il aurait fallu rendre ses enjeux plus évidents et montrer concrètement comment le fait de contrôler les finances des syndicats affecte la vie des travailleuses et travailleurs directement. Il fallait générer ces discussions dans les milieux de travail. »

L’UE est une organisation de gauche qui se distingue des autres syndicats américains. Ils ont une idéologie beaucoup plus proche de celle de la CSN. « Une de nos ressemblances est le respect de l’autonomie des différents niveaux d’organisation », précise Mark Meinster.

Comme à la CSN, ils considèrent que l’avis des membres est primordial et doit orienter l’action syndicale. « Un syndicat est plus fort lorsqu’il est guidé par ses membres », conclut le militant.

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Regards du Sud sur le syndicalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/regards-du-sud-sur-le-syndicalisme/ Thu, 28 May 2026 15:00:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116693 C’est d’abord la similarité des préoccupations syndicales qui sautent aux yeux des trois invités latino-américains. Fernando Vivaldo, délégué de la Central Única dos Trabalhadores du Brésil, explique que les enjeux relatifs aux services publics, à l’intelligence artificielle et aux droits syndicaux se trouvent également au cœur de leurs préoccupations.

Mais c’est la question de l’impérialisme états-unien qui prend une place prépondérante dans la discussion. « Comme Mexicains, le sujet de la souveraineté nationale est au centre de nos inquiétudes », explique le délégué du Frente Auténtico del Trabajo, Benedicto Martinez Orozco.

Les trois invités internationaux proviennent de pays indépendants depuis plusieurs siècles, mais leur inquiétude concerne la capacité effective de leurs nations à se gouverner sans ingérence étrangère. Comme le « point Godwin » de la politique contemporaine, la question de Trump arrive très rapidement dans la discussion.

Fréquemment perçue comme la cour arrière des États-Unis et appartenant à la zone d’influence naturelle du pays, l’Amérique latine a trop souvent été le théâtre de coups d’État dont les ficelles étaient tirées depuis Washington.

Ivan Gonzalez Alvarado, vénézuélien d’origine et délégué de la Confederación sindical de trabajadores y trabajadoras de las Américas, est concerné au premier chef par cet impérialisme, mais, comme militant, c’est la navigation politique des syndicats qui l’habite.

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Pour les trois invités, le climat politique actuel est tel qu’il pourrait être facile de perdre de vue la raison d’être des syndicats : défendre les travailleuses et les travailleurs, sur tous les fronts. S’ils prennent part à la joute politique à un niveau plus important que le font les centrales québécoises – les appuis à des candidats ou à des partis politiques ne sont pas rares –, ils insistent sur l’importance de rester indépendants et de ne pas devenir l’appareil d’un parti politique, par exemple.

Les trois invités peuvent compter sur des gouvernements de gauche dans leurs pays de résidence respectifs – la Confédération des travailleuses et des travailleurs d’Amérique est établie en Uruguay. Ils insistent sur l’importance que la société civile soit présente pour appuyer et justifier les réformes critiquées par la droite. Du même souffle, ils ajoutent qu’ils doivent aussi être en mesure de faire des critiques constructives de certains projets de loi, sans aller jusqu’à demander le remplacement des différents gouvernements progressistes qui demeurent leurs alliés naturels.

Les centrales syndicales ont l’avantage de pouvoir se tenir au-dessus de la mêlée partisane et d’examiner les enjeux politiques sur le long terme. Pour les trois invités venus tisser des solidarités, c’est le meilleur moyen de défendre les travailleuses et les travailleurs contre les attaques de l’extrême droite, dont la progression ne semble pas connaître de frontières.

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30 ans au coude-à-coude avec Leucan https://www.csn.qc.ca/actualites/30-ans-au-coude-a-coude-avec-leucan/ Thu, 28 May 2026 13:03:14 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116908 Le 68e Congrès de la CSN était le moment de souligner une collaboration non négligeable qui s’inscrit dans le temps. Cela fait maintenant 30 ans que la CSN appuie Leucan dans sa mission de soutenir les enfants atteints de cancer et leur famille.

La confédération s’investit particulièrement pour financer la tenue du Camp Vol d’été Leucan–CSN, qui se tient chaque année pendant deux semaines pour offrir du répit aux familles. Les efforts de la CSN, des organisations affiliées et des militantes et militants ont permis d’amasser plus de cinq millions de dollars jusqu’à maintenant.

Tout part de l’expérience vécue par Céline Charbonneau, conseillère syndicale retraitée de la confédération, et de son fils Vincent, atteint d’une tumeur cérébrale. Sa visite du camp l’amène à proposer à la centrale de s’investir auprès de Leucan. Trente ans plus tard, cet engagement demeure.

Une soirée pour la cause

Le 27 mai se tenait une soirée pour mettre en évidence l’importance de la CSN dans cette mission à travers les années. La soirée visait à marquer le coup de ce partenariat majeur, tout en soulignant la contribution des nombreuses personnes qui s’impliquent au sein de la fondation du camp. Des témoignages ont permis de se remémorer toutes les activités tenues dans le mouvement avec les années. Des défis têtes rasées, en passant par les tournois de golf et de baseball, ou plus récemment, la tenue du Marche-don, Cours-don. Autant d’événements qui ont permis d’amasser des fonds et de rassembler les gens autour de cette cause.

Au cours de la soirée, une vidéo a été diffusée, donnant la parole à des personnes qui ont joué un rôle clé dans le développement de cette collaboration. Céline Charbonneau et Roger Valois, vice-président de la CSN de 1984 à 2011, ont présenté les balbutiements du projet, alors que David Bergeron-Cyr, vice-président actuel, et Juli Meilleur, directrice générale de Leucan, ont misé sur la portée contemporaine de nos échanges.

Quand on pense à cette association avec Leucan, on prend la pleine mesure de ce que la CSN est capable d’accomplir. Quand la confédération s’investit, elle le fait pleinement. Ici comme ailleurs, la CSN se bat pour un monde meilleur.

Défi têtes rasées

Autre moment fort du congrès : le défi têtes rasées. Près d’une dizaine de militants et de militantes se sont prêtés au jeu pour financer Leucan. Lors de chaque congrès, ce défi est une activité suivie de près par les congressistes. Une autre manière pour la CSN de montrer sa solidarité.

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Choisir l’espoir pour bâtir nos services publics de demain https://www.csn.qc.ca/actualites/choisir-lespoir-pour-batir-nos-services-publics-de-demain/ Thu, 28 May 2026 12:20:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116904 L’état des services publics est grandement préoccupant. Dans le collimateur des gouvernements depuis des décennies, ils se dégradent au rythme des réformes centralisatrices et de l’austérité constante.

C’est à partir de ce constat que la politologue, autrice et chroniqueuse politique Josée Legault, a posé une rude question : les services publics au Québec ont-ils encore un avenir ?

Comme nous, elle répond par l’affirmative, bien qu’elle constate que des forces cherchent à les miner plus que jamais.

Avec les élections qui approchent, nous devons faire entendre nos voix pour que ces services occupent une place dans le débat collectif.

Revenir aux sources

Lors de sa conférence, Josée Legault nous a donné l’occasion de prendre du recul, pour rappeler l’objectif poursuivi par le Québec en développant les services publics.

Au sortir de la Grande Noirceur, le Québec avait accumulé un retard majeur. Le déploiement des réseaux de l’éducation et de la santé avait pour objectif de changer les choses. Au chapitre des bonnes nouvelles, nous constatons que les services publics ont permis à des milliers de Québécoises et de Québécois de profiter d’une ascension sociale qui a changé leur vie, tout en freinant le décalage que nous avions accumulé vis-à-vis du Canada anglais.

Mais dès que notre État social a porté ses fruits, les premières attaques ont surgi. Ces services publics, pourtant encore tout nouveaux et fragiles, sont alors la cible de la poursuite du déficit zéro.

Le privé voit une opportunité d’affaires

En parallèle à la dégradation des services publics, un marché privé croît progressivement.

Le Québec, qui se distinguait pour son filet social généreux misant sur l’égalité des chances, prend depuis un chemin différent. En santé et services sociaux, le privé prend de plus en plus de place et trop de citoyennes et de citoyens doivent sortir la carte de crédit pour accéder à des services au privé.

En éducation, la situation n’est pas plus rose. Nos écoles tombent en ruine et la ségrégation scolaire accentue les inégalités sociales. Longtemps fer de lance de l’égalité des chances, notre réseau de l’éducation remplit de moins en moins sa mission pendant que l’école à trois vitesses vit ses belles heures.

La polarisation ambiante se matérialise en deux camps : d’un côté, une vision décomplexée qui défend le privé face aux échecs de nos services publics. De l’autre, un projet de consolidation de notre filet social.

Renforcer les services publics pour le bien commun et l’économie québécoise

Ce n’est pas nouveau, à la CSN, nous avons choisi notre camp. Nous avons toujours été au cœur de la lutte pour bâtir un État social où les services sont octroyés sur la base des besoins et non de l’épaisseur du portefeuille.

Ce qui alimente notre espoir, c’est que nous ne sommes pas seuls. Non seulement de nombreuses organisations de la société civile se battent avec nous pour le bien commun, mais la vaste majorité de la population est d’accord avec nous. C’est ce que révèle un récent sondage Léger commandé par la CSN qui démontre que les Québécoises et les Québécois se méfient du privé à but lucratif en santé et en éducation. Plus fort encore : il révèle que trois personnes sur quatre sont en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse afin d’améliorer nos services publics.

Le tableau est sombre. Le camp adverse a déjà gagné du terrain en profitant de la détérioration des services publics. Mais nous ne pouvons pas tomber dans le désespoir. Comme le dit madame Legault, quand on mesure l’ampleur du recul, on mesure aussi l’ampleur du terrain à reconquérir.

Le Québec doit se reconstruire et nous devons faire entendre notre voix. À celles et ceux qui voudraient nous faire taire, nous devons répondre plus fort encore que nous lutterons chaque jour pour un autre Québec. C’est pourquoi la CSN va continuer le combat pour un renforcement des services publics universels, accessibles et de qualité, sur l’ensemble du territoire québécois.

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Des gains majeurs, de nouveaux défis à l’horizon https://www.csn.qc.ca/actualites/des-gains-majeurs-de-nouveaux-defis-a-lhorizon/ Wed, 27 May 2026 21:37:06 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116805 Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dernier mandat aura été foisonnant en matière de négociation. Et le prochain risque de l’être tout autant, dans le contexte des lois antisyndicales dorénavant en vigueur. Il nous faudra être stratégiques et pugnaces pour arriver à nos fins.

C’est l’essentiel du message qu’a livré le premier vice-président de la CSN, François Enault, lors de son rapport sur la négociation, mercredi en fin de journée.

 

2023-2026

Au cours des trois dernières années, plus d’un millier de conventions ont été renouvelées.

Au cœur de ces travaux, le comité de coordination générale des négociations, le CCGN, où siègent les huit fédérations de la CSN, a élaboré un plan de match de négociation pour lequel trois axes ont été identifiés : la santé-sécurité du travail, la déjudiciarisation des relations de travail et le minimum 20 $ l’heure.

La stratégie a porté ses fruits, plusieurs clauses en ces matières ont été adoptées.

Concernant la campagne Minimum 20 $, on peut parler de succès retentissants : « quand on regarde les 600 conventions collectives signées en 2025, 97 % atteignent le minimum de 20 $ l’heure », a relaté le premier vice-président.

Impossible de parler du dernier mandat sans évoquer la négociation du secteur public. Un des plus gros fronts communs de l’Histoire. Le plus grand à avoir tenu jusqu’au bout.

« 420 000 travailleuses et travailleurs des services publics, dont
170 000 issus de la CSN, qui exercent une grève de 11 jours, c’est impressionnant. Plus de 100 000 travailleuses et travailleurs dans les rues de Montréal », a fait valoir François Enault.

En matière de gains salariaux, le contexte inflationniste aura constitué un défi important. « On peut toutefois dire qu’on a très bien tiré notre épingle du jeu ».

Du côté des fédérations du privé, on a obtenu 21 % d’augmentation sur 4 ans dans l’hôtellerie, plus de 25,5 % sur 5 ans dans le domaine de l’aérospatiale, pour ne donner que quelques exemples.

À la CSN–Construction, c’est 22 % sur 4 ans que les travailleuses et les travailleurs sont allés chercher. On peut penser aussi aux luttes menées chez General Dynamics, au Mont-Sainte-Anne, dans plusieurs collèges privés et à Télé-Québec, notamment.

Du côté des fédérations du public, des luttes notables ont aussi été menées : dans les CPE, dans le transport collectif – au Réseau de transport de la Capitale et à la Société de transport de Montréal –, dans le transport scolaire, où l’on a vu du 35 %, du 45 % et même du 52 % sur 6 ans. On peut également penser aux centres d’hébergement privés, au milieu communautaire, et à plusieurs autres.

« Sans surprise, ces résultats majeurs ont fait réagir les patrons et le gouvernement. C’est pourquoi le prochain mandat ne sera pas simple », a toutefois averti François Enault.

 

2026-2029

La CSN, on le sait, est particulièrement bien outillée pour servir ses syndicats en matière de négociation. En plus des spécialistes en la matière, il existe bien peu d’endroits où l’on donne accès à une boîte à outils comme celle de la CSN pour appuyer les équipes de négociation.

« Mais au-delà de notre structure, il y a aussi notre approche. Et il faut parler d’analyse du rapport de force, a lancé François Enault. Parce que s’il y a un défi qui nous attend pour le prochain mandat, c’est celui de bien analyser notre capacité à mener les batailles, dans le but de faire des gains. »

Pour le premier vice-président, afin de comprendre nos leviers face à une négo, il faut pouvoir prendre le temps d’observer la conjoncture, d’évaluer la compétition, de réfléchir aux alliances possibles, regarder le cahier de commandes, observer l’image de l’employeur et, oui, évaluer notre capacité à se mobiliser.

« Tout ça, ce sont quelques-uns des éléments à considérer. Une fois cette analyse faite, là, on peut commencer par les étapes habituelles de toute bonne négociation. C’est ça, la manière CSN. »

Mais il ne faudrait pas s’asseoir sur nos lauriers. Nous devons continuer à nous améliorer en la matière, a souligné François Enault. Surtout devant les luttes qui nous attendent, à la lumière des dernières lois antisyndicales dorénavant en vigueur.

Pour le premier vice-président, réussir à tirer son épingle du jeu en négociation constitue le meilleur moyen de se battre pour les droits de toutes et de tous. « Négocier de bonnes conditions de travail, c’est la façon idéale d’améliorer notre sort collectif : comment demander aux travailleuses et aux travailleurs de lutter pour une meilleure société, s’ils en arrachent ? s’interroge-t-il. Si nous voulons un deuxième front fort, nous devons continuer à être parmi les meilleurs en négociation », a conclu François Enault.

 

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La polarisation au service du capitalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/la-polarisation-au-service-du-capitalisme/ Wed, 27 May 2026 21:21:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116793 Le comité confédéral sur les relations interculturelles a invité Emilie Nicolas – animatrice, conférencière et chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada – à échanger avec les congressistes lors d’un dîner-causerie consacré aux enjeux de l’immigration au Québec.

Avant d’entamer la discussion, Emilie Nicolas a campé le sujet en brossant un portrait historique du racisme au Québec et en Amérique du Nord. « Les discours nationalistes fermés ne viennent pas de nulle part. Ils ont toujours existé », soutient-elle. Elle a toutefois rappelé que des mouvements inclusifs ont toujours été présents, en évoquant notamment l’accueil des boat people vietnamiens dans les années 1970.

La polarisation mène vers l’effritement social et la perte de droits
Emilie Nicolas cite les États-Unis comme un contre-exemple. Selon elle, les politiciennes et politiciens de droite y ont réussi à convaincre une partie de l’électorat blanc, en s’appuyant sur des préjugés raciaux, qu’il valait mieux démanteler le filet social que de risquer de voir des personnes racisées en profiter. Elle lance un avertissement : cette logique commence à prendre forme ici à travers la volonté de réduire l’accès aux CPE pour les enfants des demandeurs d’asile, à l’aide au logement et à d’autres services.

Elle a soulevé un deuxième signal d’alarme : l’effritement des droits qui se dessine sous nos yeux. Dans les années 2010 et 2020, ce sont d’abord les minorités qui ont vu les leurs reculer. En 2025, affirme-t-elle, ce sont désormais les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont fragilisés par le gouvernement.

« C’est dommage qu’on n’ait pas écouté les femmes qui portent le hijab et les personnes trans », a-t-elle ajouté.

Une révolution à échelle humaine
Mme Nicolas invite aussi à prendre ses distances des médias sociaux. À ses yeux, ceux-ci alimentent une perte de souveraineté cognitive. La révolution, dit-elle, ne se fera pas sur les réseaux sociaux.

Elle mise plutôt sur le dialogue, estimant qu’en personne, le respect et l’écoute trouvent davantage leur place. « Plus on va se parler en personne, plus on va réaliser qu’on ne se déteste pas tant que ça. »

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La transition juste doit être négociée, ça presse ! https://www.csn.qc.ca/actualites/la-transition-juste-doit-etre-negociee-ca-presse/ Wed, 27 May 2026 20:04:07 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116770 La crise climatique est déjà bien réelle au Québec et il est grand temps de négocier une transition juste si on ne veut pas en subir les nombreuses conséquences. C’est là la teneur du dîner-causerie sur l’environnement, qui était animé par Annie Chaloux, professeure à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la question climatique.

Quelques faits révélateurs de la crise :

-En 2025, Montréal a atteint la deuxième pire qualité de l’air au monde en raison des feux de forêt.

-En 2025, le Québec a connu 4 canicules totalisant 20 jours au-dessus de 30 degrés Celsius. 2023, 2024 et 2025 ont d’ailleurs été les trois années les plus chaudes de l’histoire, à l’échelle planétaire.

-En 2025, l’Ontario a subi la pire tempête de verglas depuis 1998.

« Ce n’est pas quelque chose qui se passe à l’extérieur de nos frontières », souligne Annie Chaloux. Celle-ci rappelle que le coût annuel des changements climatiques au Canada s’élève actuellement à 25 G$ et que, si rien ne change, il risque d’augmenter à 100 G$ d’ici 2050.

Décarboner l’économie avec justice

Il est donc primordial de décarboner notre économie, d’éliminer autant que possible le recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). Pour que ça aille de l’avant sans ressac, il faut cependant que ce soit une transition juste et négociée. Le coût des immenses chantiers requis à cet effet ne doit donc pas exacerber les inégalités existantes. Dans le monde, les 10 % les plus riches émettent 50 % des gaz à effet de serre et les 50 % les plus pauvres n’en produisent que 10 % ! Les plus pauvres contribuent peu au problème, mais ils subissent davantage les conséquences d’une telle réalité. Il ne faut pas accentuer cette injustice.

Le transport, principale source d’émissions au Québec, doit être entièrement repensé, notamment en réorganisant les villes et en rendant le transport collectif plus accessible.

« Subirons-nous cette transformation ou choisirons-nous d’y participer ? », interroge Annie Chaloux.

La conférencière met toutefois en garde contre le fait d’invoquer le président Trump pour justifier l’inaction, alors que la « révolution verte », qui devrait succéder à notre révolution tranquille, devrait déjà être engagée. Le délégué Sébastien Collard s’est dit préoccupé par le fait que l’Amérique du Nord est à la traîne sur cette transition et que cela représente un « risque pour nos emplois », à moyen terme. Lorsque l’ère Trump sera derrière nous et que la Chine et d’autres pays seront très en avance sur la question des nouvelles technologies nécessaires, nous risquons de devenir les cancres de l’économie mondiale.

Les avantages de la transition

Souvent, la transition est présentée comme un simple coût, une épreuve. Annie Chaloux insiste sur tous les aspects positifs qui, pourtant, en découlent.

-Des logements mieux isolés sont plus confortables et moins chers à chauffer.

-Les transports collectifs réellement accessibles représentent une économie importante et une baisse du stress lié au trafic.

-Des villes et des espaces de vie avec plus d’arbres sont plus frais et contribuent à une bonne santé mentale.

-Des emplois de qualités dans des secteurs d’avenir.

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Cinq membres de l’exécutif de la CSN sont élus par acclamation https://www.csn.qc.ca/actualites/cinq-membres-de-lexecutif-de-la-csn-sont-elus-par-acclamation/ Wed, 27 May 2026 18:53:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116734 Les délégué-es du 68e Congrès ont réélu par acclamation certains membres de l’exécutif de la CSN. C’est le cas de Caroline Senneville, qui entamera son troisième mandat à la tête de la centrale. Enseignante au niveau collégial et ancienne présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN, elle a obtenu la confiance des délégué-es afin de poursuivre son travail à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs pour les trois prochaines années.

François Enault, négociateur chevronné, est réélu à la première vice-présidence pour un troisième mandat également. Il aura notamment à piloter la prochaine ronde de négociation du secteur public au nom des 170 000 membres que la CSN représente aussi bien dans le réseau de la santé et des services sociaux que dans ceux de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

C’est aussi un troisième mandat qui s’amorcera pour Yvan Duceppe. Comptable professionnel agréé, il a appuyé pendant des années les syndicats du mouvement au sein de MCE Conseils, en plus d’avoir occupé la fonction de trésorier à la Fédération des professionnèles–CSN. Le trésorier de la confédération veillera à la bonne santé financière de notre organisation.

De son côté, David Bergeron-Cyr est réélu pour un troisième mandat à la deuxième vice-présidence. Opérateur de chariot élévateur au centre de distribution du Groupe Jean Coutu et ancien président de la Fédération du commerce–CSN, il poursuivra notamment son travail sur des dossiers liés à la syndicalisation et la santé et la sécurité du travail.

Un nouveau visage fait son entrée à l’exécutif. Il s’agit de Jessica Goldschleger, anciennement présidente de la Fédération des professionnèles–CSN. Elle est élue pour un premier mandat à titre de secrétaire générale de la confédération.

Il est à noter qu’une élection se tiendra pour le poste de la troisième vice-présidence.

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Intelligence artificielle: quelle réponse syndicale ? https://www.csn.qc.ca/actualites/intelligence-artificielle-quelle-reponse-syndicale/ Wed, 27 May 2026 11:48:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116636 Diverses avancées technologiques survenues au cours des dernières décennies ont déjà bouleversé le monde du travail. Entre Amazon et Uber, un nouveau modèle d’exploitation capitaliste est en marche. Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) aura des conséquences dans pratiquement tous les secteurs d’activité. Pensons notamment à l’utilisation des modèles d’IA générative, déjà généralisée à l’ensemble de la société alors que ces outils sont commercialisés depuis à peine trois ans.

L’avènement de cette révolution entraînera de plus en plus de défis pour les travailleuses et les travailleurs et pour leurs syndicats. C’est l’un des grands sujets à l’ordre du jour du 68e Congrès. Pour lancer la réflexion, la professeure agrégée au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais, Julie M.E. Garneau, a dressé un état de la situation et proposé quelques pistes de réflexion aux congressistes.

Est-ce la fin du travail ? Difficile de répondre à cette question de manière définitive à ce moment. Pour l’instant, relève Julie Garneau, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies viennent surtout modifier les tâches des travailleuses et des travailleurs. Certes, des emplois disparaissent dans le processus. Certains nouveaux emplois sont aussi créés, mais ce sont en général des emplois à statut précaire, sans aucune protection. En général, pour les travailleuses et les travailleurs, l’implantation de l’intelligence artificielle rime avec une augmentation du contrôle patronal à leur égard, la perte de savoir professionnel, des risques quant à la protection des données, une intensification du travail — car l’IA remplace les salarié-es dans les situations les plus simples — ainsi qu’une augmentation des risques d’erreur et d’enjeux éthiques.

Julie Garneau est également chercheuse au Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) et co-responsable de l’axe Industrie 4.0, travail et emploi à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA). Ce dernier a mené récemment une vaste enquête auprès des organisations syndicales, dont la CSN.

Force est de constater que l’IA fait des gagnants et des perdants parmi les travailleuses et les travailleurs. Si plusieurs l’utilisent pour faciliter leur travail et augmenter leur productivité, notamment chez les professionnel-les, plusieurs lui attribuent une certaine dégradation de leurs conditions de travail, un constat généralisé dans certains secteurs comme celui de la logistique.

En fait, l’impact de l’IA sur le travail peut prendre différentes formes en fonction de l’individu, de ses tâches et de son rôle dans l’organisation. Elle peut donc mener :

  • Au remplacement de travailleuses et de travailleurs et à des pertes d’emploi ;
  • À une dégradation de l’environnement de travail (surveillance, perte d’autonomie, perte d’expertise) ;
  • À une augmentation du travail (gain de productivité, amélioration de l’expérience de travail) ;
  • À la migration vers du travail non salarié marqué par davantage de précarité et moins de droits (Uber, Amazon, etc.).

L’enquête de l’OBVIA révèle que, présentement, seulement 20 % des syndicats jouent un rôle dans la prise de décision de leur employeur concernant l’IA. L’OBVIA constate également que, dans les milieux de travail où le syndicat joue un rôle actif, celui-ci est en mesure d’améliorer les décisions ainsi que de participer à établir un climat de confiance à l’égard des nouvelles technologies.

Syndicats : un rôle à jouer

Les syndicats seront appelés à intervenir de plus en plus pour contrer les conséquences négatives de l’IA. Trois terrains devront être investis :

  • Un ensemble de lois et de règlements devra être utilisé afin d’édicter des normes, de protéger les droits des travailleuses et des travailleurs et de contrer les principales conséquences négatives du recours à l’IA et aux nouvelles technologies. Le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur lequel siègent des représentants de la CSN a récemment émis un avis à cet égard.
  • Les syndicats doivent également intégrer ces enjeux dans les conventions collectives. Les syndicats ont un rôle à jouer pour que ces innovations bénéficient aux travailleuses et aux travailleurs et non seulement aux capitalistes.
  • Enfin, les syndicats doivent informer leurs membres, leur fournir un cadre d’analyse afin que les travailleuses et les travailleurs se saisissent concrètement de ces enjeux. Pour Julie Garneau, les syndicats doivent s’imposer comme des acteurs légitimes dans ce domaine.

Pour plus d’information, consultez cette grande enquête menée par l’OBVIA, publiée en avril 2026, et l’avis du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM) sur l’intelligence artificielle en milieu de travail.

 

 

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La Gen Z en action https://www.csn.qc.ca/actualites/la-gen-z-en-action/ Tue, 26 May 2026 20:25:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116561 Près de 80 jeunes – et moins jeunes – ont pris part au dîner-causerie du comité confédéral des jeunes ce midi. Dans la salle, des syndiqué-es de moins de 35 ans venus créer des solidarités, mais aussi des membres à la recherche de pistes de solutions pour inclure davantage la relève syndicale. 

Affilié à la CSN en 2023, le CREW représente les auxiliaires d’enseignement et de recherche de l’Université Concordia. Mya Walmsley et Saskia Kowalchuk racontent que c’est l’incapacité de leur ancienne centrale syndicale à défendre adéquatement ses membres qui les a poussées à changer d’organisation. Un professeur accusé de harcèlement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La nature du travail d’auxiliaire pose toutefois une difficulté structurelle à qui tente de mener un maraudage : la liste des membres change chaque session universitaire. Malgré ça, les militants du CREW ont recueilli 1700 cartes, en misant sur une campagne militante rigoureuse et créative. « On voulait parler aux membres dans un langage qui avait du sens pour eux et s’éloigner du langage formel et corporatiste de notre ancienne centrale », expliquent les deux militantes.  

Rosalie Bezeau-Faucher et Marion Dinne présentent ensuite le Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention communautaire (STTIC–CSN), syndicat de 900 membres issus de 23 organismes communautaires. Contrairement au CREW, qui est un syndicat de jeunes par définition, le membrariat du STTIC–CSN est jeune, principalement à cause des mauvaises conditions de travail du milieu communautaire. Ses adhérents, souvent nouvellement diplômés, vivent leur première expérience de travail et se heurtent à des salaires insuffisants, à des enjeux de santé et de sécurité ainsi qu’au sous-financement des milieux communautaires. Le syndicalisme devient alors un levier essentiel, tant pour améliorer les conditions d’emploi que pour renforcer les services à la population. 

Dans les deux syndicats, les intervenantes soulignent des défis communs : roulement élevé, manque de ressources et méconnaissance des droits chez les jeunes travailleuses et travailleurs. Ces réalités compliquent la vie syndicale et le renouvellement militant. Pourtant, le message est clair : rien ne justifie que les jeunes soient traités comme une main-d’œuvre bon marché. Que ce soit dans le commerce de détail, la restauration, les épiceries ou les universités, tout travail devrait permettre de vivre dignement.  

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Des finances saines malgré les défis https://www.csn.qc.ca/actualites/des-finances-saines-malgre-les-defis/ Tue, 26 May 2026 20:23:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116524 Le trésorier de la CSN, Yvan Duceppe, a présenté aujourd’hui les états financiers couvrant le mandat 2023-2026. Celui-ci a été marqué à la fois par une hausse des revenus, mais aussi par une augmentation des dépenses.

En effet, on remarque une augmentation de plus de 30 000 cotisantes et cotisants à la CSN si l’on compare le mandat 2020-2023 à celui de 2023-2026. La cotisation mensuelle moyenne (29,66 $) a également été plus élevée dans le mandat qui se termine que ce qu’elle était il y a trois ans (27,54 $).

Concrètement, ces deux facteurs ont permis de générer des revenus totaux de 349 M$, alors que les revenus du mandat précédent s’élevaient à près de 288 M$. La santé financière du Budget de fonctionnement est donc bonne, avec un surplus de 3,4 M$.

 Nécessaire renflouement du FDP

Les dépenses du Fonds de défense professionnelle ont atteint 149,2 M$ dans le mandat qui vient de se terminer. Cela s’explique par le nombre élevé de conflits des dernières années, mais aussi par la hausse des prestations de secours adoptée au dernier congrès.

« Pas moins de 203 580 prestations de secours auront été versées à des syndiqué-es en conflit durant ces trois années », précise le trésorier de la CSN.

« C’est absolument remarquable. L’état de la situation financière à la CSN appelle toutefois à un renflouement du FDP. Un renflouement reposant sur des mesures auxquelles toutes et tous contribuent : la CSN, les fédérations, les conseils centraux, les syndicats ainsi que les travailleuses et travailleurs. »

 

 

 

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Amplifier la voix des travailleuses et des travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/amplifier-la-voix-des-travailleuses-et-des-travailleurs/ Tue, 26 May 2026 18:11:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116493 Pour une première fois dans l’histoire du Québec, un gouvernement est venu modifier le droit du travail sans consulter les principaux intéressés : les travailleuses et travailleurs et leurs représentants. Selon Dalia Gesualdi-Fecteau, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal et directrice du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT), les syndicats et leurs membres doivent reprendre l’offensive afin que les lois correspondent à leurs besoins.

« Le droit du travail s’est forgé par du temps et des luttes ouvrières », a lancé d’entrée de jeu Mme Gesualdi-Fecteau. Mais depuis quelques années, le gouvernement impose sa propre vision en la matière, en opposant droits collectifs et droits individuels. Elle invite ainsi les congressistes et la CSN à repenser la législation du travail afin de se doter d’une vision ambitieuse et de revendiquer de nouvelles avancées.

« La loi 14 permet au gouvernement d’intervenir dans les conflits de travail. Le projet de loi 3, quant à lui, introduit la conception de cotisation facultative, par laquelle on vise à limiter la capacité des syndicats à intervenir dans les débats démocratiques et dans les luttes sociales. Or, c’est ce que les syndicats ont historiquement fait ; c’est une fonction essentielle du syndicalisme », croit-elle.

Selon la professeure, le droit du travail sert, d’une part, à réduire les risques économiques et en matière de santé, à assurer un encadrement, mais aussi à aménager des espaces d’autonomie et des cadres où peut s’exprimer une voix collective.

Il ne s’agit pas que d’un droit individuel : lorsque les travailleuses et travailleurs disposent de conditions dignes, c’est la qualité de vie globale qui est rehaussée.

En plus de défendre nos acquis et de vouloir aller chercher ce qu’on a perdu au cours du dernier mandat de la CAQ, il faut que le droit du travail réponde aux enjeux d’aujourd’hui et de demain : transformation technologique et numérique rapide – intelligence artificielle –, crise climatique, crise tarifaire, concurrence des intérêts nationaux, protectionnisme, populisme, etc.

« Quand on veut réagir face à ces transformations, il faut penser aux compétences et aux conditions de travail. Nous devons saisir les occasions quand elles se présentent », affirme Dalia Gesualdi-Fecteau.

Un dialogue démocratique
Au Québec, nous avons des lieux de dialogue qui font rougir de jalousie le reste du Canada : le Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre, la Commission des partenaires du marché du travail et des comités au sein de la CNESST. Mais ces structures doivent rester mobilisées en tout temps, pas seulement quand ça plaît au gouvernement. Vu la rapidité des transformations dans nos milieux de travail et dans la société en général, ces canaux doivent demeurer ouverts en permanence.

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Encore aujourd’hui, l’histoire montre l’importance des syndicats https://www.csn.qc.ca/actualites/encore-aujourdhui-lhistoire-montre-limportance-des-syndicats/ Tue, 26 May 2026 17:57:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116489 « Les vacances, les retraites, la sécurité, le temps libre, la dignité… on a tout arraché ça ! L’histoire, ça nous montre que les gains sociaux, ça vient de l’organisation collective. Et s’il reste encore un endroit où ça peut être fait, ce n’est pas dans les partis politiques, c’est dans les structures comme la CSN », a lancé l’historien et journaliste au Devoir, Jean-François Nadeau, devant une foule enthousiaste à l’ouverture du congrès.

Les syndicalistes sont aujourd’hui présentés comme des « enfants gâtés », mais certains rappels historiques montrent à quel point cela est faux. Nadeau situe le basculement idéologique actuel en le reliant à Margaret Thatcher, ancienne première ministre de Grande-Bretagne, qui affirmait que la société n’existait pas comme telle. Récemment, Elon Musk est allé jusqu’à affirmer que « l’empathie est un danger ! ». Des chroniqueurs comme Mario Dumont ou Mathieu Bock Côté se font, de nos jours, les échos de cette philosophie au Québec.

Jean-François Nadeau retrace les conséquences de cette pensée individualiste au Québec, notamment en éducation avec les écoles à trois vitesses ou les bâtiments qui tombent en ruine. « Les terrains vagues servent de chambre à coucher », constate le journaliste, qui ajoute que des bâtiments publics, comme l’Hôtel-Dieu, sont inoccupés et pourraient servir à loger celles et ceux qui sont dans la rue.

Des luttes passées qui nous constituent

Jean-François Nadeau a rappelé plusieurs luttes historiques qui ont mené à des avancées pour les travailleuses et les travailleurs. « Les droits n’ont pas poussé dans les arbres », rappelle-t-il.

On repense rarement, par exemple, que les ouvriers du canal de Lachine, en 1877, se sont fait tirer dessus. Même constat pour les ouvriers qui ont construit le Parlement de Québec, en 1878, et dont le salaire avait été réduit de 50 % ! En 1906, les mitrailleuses sont utilisées pour contrer l’arrivée d’un syndicat dans une scierie de Buckingham (Gatineau). Les combats emblématiques des allumettières pour fonder le premier syndicat de femmes au Canada, en 1918, ont également été évoqués ainsi que les grèves de l’amiante et chez Dupuis Frères.

Les inégalités persistent aujourd’hui

Jean-François Nadeau a pris soin de montrer que les inégalités extrêmes ne sont pas seulement histoire du passé. Les écarts de richesse sont même en croissance aujourd’hui. Il note, par exemple, le salaire de la nouvelle PDG du CN, Tracy Robinson, qui atteint 21,4 M$ – l’équivalent de 600 années au salaire minimum !

« Combien de richesse une société peut-elle concentrer avant de commencer à se défaire, à se déliter ? Jusqu’à quel point les écarts entre riches et pauvres devront-ils se creuser avant qu’on se rende compte qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ? Qui est pourri au royaume du Caquistan ? », interroge Jean-François Nadeau.

Nadeau fait remarquer que les personnes immigrantes servent bien souvent de boucs émissaires pour qu’on détourne le regard des problèmes d’inégalité. « Mon père adoptif est depuis peu dans un CHSLD, s’il n’y avait pas d’immigrantes pour l’aider tous les jours, il serait mort », a lancé le journaliste avec émotion… sur quoi la salle a longuement applaudi.

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Discours d’ouverture : une CSN mobilisée face aux reculs et tournée vers l’avenir https://www.csn.qc.ca/actualites/discours-douverture-une-csn-mobilisee-face-aux-reculs-et-tournee-vers-lavenir/ Mon, 25 May 2026 22:03:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116282 En ouvrant le 68e Congrès de la CSN devant plus de 2000 congressistes réunis à Québec, la présidente Caroline Senneville a brossé un portrait lucide – parfois préoccupant, mais résolument combatif – des trois dernières années. Son message : malgré les attaques contre les droits syndicaux, les crises politiques et économiques et un contexte international instable, la CSN a tenu bon, s’est mobilisée et a obtenu des gains concrets pour ses membres.

D’entrée de jeu, la présidente a situé le mandat 2023-2026 dans une conjoncture mondiale marquée par la montée de l’autoritarisme, les conflits armés, la polarisation politique et l’affaiblissement des institutions démocratiques. Elle a souligné les répercussions directes de ce climat sur les travailleuses et les travailleurs, notamment à travers les tensions économiques, les incertitudes commerciales et les pressions sur l’emploi.

Au Canada, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et les tensions commerciales avec les États-Unis ont fragilisé plusieurs secteurs d’activité, particulièrement les industries manufacturières et forestières. La CSN a réitéré sa demande pour une réforme de l’assurance-emploi afin de mieux protéger les salarié-es devant les ralentissements économiques.

Sur la scène québécoise, Caroline Senneville a dressé un bilan sévère du deuxième mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui fut une période de confrontation avec le mouvement syndical. Elle a dénoncé plusieurs lois antisyndicales, notamment celles limitant le droit de grève, affaiblissant la santé et la sécurité du travail, notamment dans les services publics et fragilisant l’autonomie syndicale. La CSN, a-t-elle rappelé, a multiplié les mobilisations, les recours politiques et juridiques pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs.

Face à ces offensives, la centrale a répondu par l’action. La campagne Faire front, lancée en 2025, a largement mobilisé les membres autour de priorités communes : défendre la liberté syndicale, protéger l’État social et assurer une transition juste. Dans ce cadre, plus de 50 000 personnes ont participé à une grande manifestation à Montréal contre les reculs imposés par le gouvernement le 29 novembre dernier.

La présidente a également mis en lumière plusieurs campagnes structurantes menées durant le mandat, notamment Pas de profit sur la maladie, visant à freiner la privatisation du réseau de santé et services sociaux, ainsi que L’information, un bien public, qui a contribué à faire avancer les mesures de soutien aux médias. La mobilisation dans le réseau d’éducation a aussi permis de stopper d’importantes compressions budgétaires.

Sur le terrain des négociations, le bilan présenté est significatif. Dans le secteur privé, les efforts pour hausser les bas salaires ont porté leurs fruits : 97 % des conventions signées en 2025 ne comportent plus de rémunérations inférieures à 20 $ l’heure. Le Front commun du secteur public a obtenu des gains salariaux importants pour près de 420 000 personnes, incluant une augmentation salariale de 17,4 % et une clause d’indexation à l’inflation.

Le mandat aura aussi été marqué par une croissance syndicale soutenue, avec plus de 15 000 nouveaux membres, ainsi que par des luttes emblématiques, dont la syndicalisation historique chez Amazon, une première au Canada, et la riposte à la fermeture des entrepôts québécois, avec la campagne Délivrons-nous d’Amazon – Pas d’achat, pas de contrat.

En conclusion, Caroline Senneville a rappelé que les droits des travailleuses et des travailleurs ne sont jamais acquis. Dans un contexte de transformations profondes – transition climatique, intelligence artificielle, mutations du travail – la CSN entend poursuivre son action avec la même détermination. « Rien ne nous a été donné. On a gagné ensemble », a-t-elle lancé, appelant les membres à poursuivre les luttes avec solidarité, fierté et combativité.

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