Position de la CSN – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Wed, 14 Dec 2022 16:29:31 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Position de la CSN – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Pour un programme de régularisation véritablement inclusif https://www.csn.qc.ca/actualites/pour-un-programme-de-regularisation-veritablement-inclusif-des-personnes-sans-statut-migratoire/ Tue, 25 Oct 2022 15:49:57 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85437 Vingt organisations communautaires et syndicales, appuyées par de nombreux groupes et individus des milieux académiques, religieux et patronaux, se réunissent pour réclamer la mise en place d’un programme véritablement inclusif visant la régularisation des personnes sans statut migratoire. Ces organisations demandent aux gouvernements du Canada et du Québec de s’engager concrètement dans ce processus, et ce, en collaboration avec la société civile.

Un programme en cours d’élaboration
À la suite de la lettre du premier ministre Justin Trudeau qui demande au ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC) de créer un programme de régularisation, le gouvernement fédéral prépare un programme de régularisation des personnes sans statut migratoire. Bien que les détails du programme ne soient pas encore précisés, le gouvernement envisage de régulariser les quelque 500 000 personnes sans statut au Canada.

Qui sont les personnes sans statut migratoire ?
Selon les expériences des organisations œuvrant auprès de personnes sans statut, celles-ci sont généralement les personnes qui sont entrées au Canada avec un statut et qui l’ont perdu à un certain moment. Les raisons de la perte d’un statut varient, mais on constate que dans la majorité des cas, un statut est perdu soit parce qu’une demande d’asile a été déboutée, soit parce que la personne n’était pas en mesure de renouveler son permis de travail ou d’études. De même, si une personne titulaire d’un permis de travail associé à un employeur unique (permis de travail dit fermé) quitte son emploi pour fuir les abus de l’employeur, elle devient sans statut si elle n’arrive pas à trouver un autre employeur lui permettant d’obtenir un nouveau permis de travail. La perte d’un statut n’est pas un acte criminel, mais consiste en une situation administrative non anticipée qui se produit pour beaucoup de personnes migrantes.

Pourquoi une régularisation ?
C’est d’abord et avant tout pour des considérations humanitaires et de respect du droit international que les organisations signataires réclament la régularisation des personnes sans statut. Ces personnes, qui sont venues au Canada après avoir fui la persécution et l’insécurité sociale ou financière, vivent depuis avec nous. Alors qu’elles contribuent à notre société, elles vivent souvent des abus et de la discrimination en raison de leur absence de statut. Ces personnes n’ont pas accès aux services publics répondant aux droits fondamentaux de tout être humain (santé et minimum vital notamment) et vivent dans la peur de la déportation.

Tout se passe comme si elles avaient été sanctionnées pour ne pas avoir de statut. Or, comme le stipule la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies, « le droit de quitter tout pays » et « le droit à une nationalité » sont des droits fondamentaux censés être garantis à toutes les personnes. Dans l’esprit de cette déclaration, de nombreux pays, dont la majorité des pays membres de l’Union européenne, ont mis en place des programmes de régularisation au cours des dernières décennies, et, dans bien des cas, de manière récurrente.

C’est par ces considérations humanitaires et de respect du droit international que la demande de régularisation est justifiée. Il serait pourtant nécessaire de mentionner d’autres aspects positifs et importants que la régularisation peut apporter à notre société. Soulignons enfin que la majorité des personnes sans statut en sol québécois ont déjà accumulé des années d’expérience de travail au Québec. Un grand nombre d’entre elles ont continué à travailler même pendant la période de confinement (pandémie de la COVID-19) au risque d’être infectées. Leur contribution à l’économie de notre société est ainsi essentielle. Il faut la reconnaître, d’autant plus que leur apport est incontestable dans cette période de pénurie de main-d’œuvre. Sur le plan linguistique et culturel, ces personnes ont déjà commencé à s’adapter aux us et coutumes du Québec, à apprendre la langue française et à tisser leur réseau social en dépit des obstacles.

L’obtention d’un statut permanent leur permettra de faire valoir leurs droits, d’améliorer leurs conditions de travail et de vie dans la santé, la sécurité et la dignité et de participer à la vie sociale plus harmonieuse.

Revendications
Considérant tous les aspects mentionnés, les organisations signataires revendiquent :

  • Que le programme en élaboration soit véritablement inclusif ;

Afin d’inclure ces personnes se trouvant dans des situations variées, le programme de régularisation doit être inclusif, notamment en minimisant les exigences et en simplifiant le processus de demande. Il faut éviter, entre autres, le précédent créé par le programme de régularisation, dit « le programme d’anges gardiens », qui a exclu la majorité des personnes initialement visées, et par le fait même, qui est allé à l’encontre de « la reconnaissance de leur contribution essentielle ». De plus, il est nécessaire de revisiter l’ensemble du système d’immigration afin de mettre sur pied des programmes plus humains et plus inclusifs, permettant de protéger les droits de toutes les personnes.

  • Que le gouvernement du Québec s’engage dans sa mise en place.

Afin que ce programme soit mis en place au Québec, le gouvernement québécois doit s’engager dans le processus, et ce, en collaboration avec la société civile du Québec.

Les luttes communes
Les luttes seront poursuivies par toutes les organisations signataires ainsi que par d’autres groupes et individus appuyant la cause. La prochaine action commune est prévue en date du 6 novembre dans différentes régions du Québec, et d’autres activités suivront au cours des prochains mois.

Citations
« Nous sommes devenus sans statut, parce que le système d’immigration est complexe et restreint et ne nous protège pas des abus des employeurs, des recruteurs et d’autres personnes malhonnêtes. Ne pas avoir un statut migratoire, ce n’est pas un acte criminel, c’est un problème administratif. Nombreux pays dans le monde, comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal ou l’Irlande ont mis sur pied des programmes de régularisation. Pourquoi pas au Canada et au Québec, dans notre pays, censé respecter les droits de la personne ? » 

  • Nina Gonzalez, Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI)

« On réclame un programme de régularisation sans exception ni discrimination et l’arrêt des déportations. Nous sommes un pilier fondamental pour la société québécoise et on devrait être soutenu inconditionnellement ! » 

• Samira Jasmin, Solidarité sans frontières (SSF) 

« Les personnes sans statut sont vulnérables face aux abus de toutes sortes de la part d’agences et d’employeurs sans scrupules. Nous avons le devoir d’assurer le respect de leurs droits. Régulariser leur situation permet également de mieux faire face à la pénurie de personnel et de protéger l’évolution des salaires et des conditions de travail de toute la population. Il faut favoriser l’immigration permanente et lutter contre la précarisation rampante à laquelle nous assistons depuis plusieurs années. C’est une question d’égalité et de justice sociale, mais aussi un enjeu de préservation des acquis sociaux pour lesquels plusieurs générations de travailleuses et de travailleurs se sont battues. » 

  • Katia Lelièvre, 3evice-présidente, Confédération des syndicats nationaux (CSN)

« Il est essentiel que le Québec s’associe au gouvernement fédéral pour le succès d’un programme de régularisation à l’intention des personnes sans statut du Québec. » 

  • Stephan Reichhold, directeur, Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)

« Les droits humains des personnes sans statut et à statut précaire sont constamment bafoués : leurs droits au travail, leur droit à la santé, et parfois même leur droit à la vie. La régularisation de leur statut migratoire est un moyen efficace pour protéger les droits de ces personnes. Ainsi, Amnistie internationale Canada francophone soutient la demande pour un programme de régularisation large et inclusif, au Québec et au Canada. » 

  • Marisa Berry Méndez, responsable des campagnes, Amnistie internationale Canada francophone

À propos

Cette prise de position est notamment soutenue par

  • Amnistie internationale Canada francophone
  • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI)
  • Centre justice et foi (CJF)
  • Clinique pour la justice migrante (CJM)
  • Comité d’action de Parc-Extension (CAPE)
  • Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM–CSN)
  • Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Debout pour la dignité
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Illusion Emploi de l’Estrie
  • Le Québec c’est nous aussi
  • Ligue des droits et libertés (LDL)
  • Médecins du Monde Canada
  • PINAY
  • Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
  • Solidarité sans frontières (SSF)
  • Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
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Faire du réseau un employeur de choix ? Oui et ça presse ! https://www.csn.qc.ca/actualites/faire-du-reseau-un-employeur-de-choix-oui-et-ca-presse/ Wed, 30 Mar 2022 16:18:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=82100 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) accueille avec ouverture le plan présenté mardi par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, tout en demeurant sceptique sur certaines orientations. La CSN y retrouve de nombreuses pistes de solution qu’elle met de l’avant depuis plusieurs années. L’intention du gouvernement de faire plus de place au secteur privé constitue toutefois une mauvaise idée, tant pour le personnel que pour les citoyennes et citoyens et la CSN s’emploiera à en faire la démonstration. À l’instar de toute l’Intersyndicale en santé et services sociaux, la centrale syndicale appelle le ministre à mettre en place un lieu où les représentants des salarié-es pourront contribuer à bonifier le plan Dubé et participer à sa mise en œuvre.

« Nous tendons la main aujourd’hui au ministre Dubé pour que le rôle des organisations syndicales soit reconnu, plaide la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous souhaitons être des alliés du gouvernement dans cette vaste entreprise, parce que nous sommes attachés au réseau public de santé et de services sociaux. Nous sommes convaincus que l’amélioration des services à la population passe entre autres par une meilleure écoute des travailleuses et des travailleurs, en les plaçant au cœur de la recherche de solutions. »

Convenir paritairement de mesures pérennes
La CSN relève plusieurs mesures intéressantes dans le plan ministériel dévoilé aujourd’hui, lesquelles devront toutefois être précisées. Notons en premier lieu l’engagement du gouvernement à faire du réseau un employeur de choix, ce qui implique d’améliorer les conditions de travail du personnel, de favoriser la conciliation famille-travail-études et de procéder à plus d’embauches. La pandémie a révélé à quel point les conditions de travail sont inadéquates. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) invitent le gouvernement à discuter sans attendre avec les agents négociateurs sur des solutions à mettre en place rapidement, considérant l’urgence d’agir.

Hébergement et soins de longue durée
La Confédération des syndicats nationaux salue la volonté gouvernementale de créer de nouvelles places en CHSLD et de rénover les installations existantes. D’un même souffle, elle enjoint le gouvernement à intégrer les centres d’hébergement privés non conventionnés dans le secteur public afin que la qualité des soins de longue durée ne soit plus menacée par la recherche de profit de certains propriétaires. Une solution à long terme doit aussi être mise en place dans les résidences pour personnes âgées (RPA), notamment en intégrant aux équipes de soutien à domicile des établissements publics le personnel qui y dispense des soins et services. Encore une fois, pour mettre en place des solutions durables, il faut inclure davantage les travailleuses et les travailleurs, ce qu’ils réclament depuis des années, car des solutions, ils en ont à proposer. 

Accessibilité
En matière d’accessibilité, la CSN considère qu’il est grand temps de permettre à des professionnel-les, autres que les médecins, de recevoir des patientes et des patients pour des consultations. Ce décloisonnement doit assurer que les personnes requérant des soins et services seront prises en charge par le ou la professionnelle la mieux outillée pour évaluer son cas.

Préhospitalier
Quant à la volonté d’élargir le rôle des paramédics dans le système de santé en leur accordant plus d’autonomie, la CSN souligne que les syndicats font de telles propositions en ce sens depuis longtemps. Toutefois, doit-on rappeler qu’ils sont sans convention de travail depuis le 31 mars 2020 et que les négociations visant à établir un juste salaire piétinent actuellement ?

Rémunération médicale
Selon la centrale syndicale, il faut sortir du mode de rémunération à l’acte, qui crée un lien direct entre le volume d’actes posés et le revenu du médecin, sans tenir compte de la qualité ni de la pertinence des soins. Des formules mixtes de capitation et de salariat devraient être envisagées.

Plan d’urgence
Le gouvernement semble tirer leçon de la pandémie de COVID-19, notamment en voulant doter le réseau de la santé et des services sociaux de plans solides pour faire face à de prochaines crises. Pour la CSN, il est important que les organisations syndicales en soient parties prenantes, car la gestion par arrêtés ministériels sans consultation génère d’énormes frustrations sur le terrain.

Décentralisation et protection des missions sociales
Pour la CSN, la décentralisation du réseau doit constituer la pierre d’assise de la refondation. Elle salue notamment l’engagement du gouvernement à compléter la mise en œuvre les recommandations de la Commission Laurent pour réformer le système de protection de la jeunesse et protéger les enfants vulnérables.

La CSN insiste toutefois sur la nécessité d’une réelle décentralisation basée sur l’autonomie organisationnelle des missions sociales, ce qui implique aussi l’octroi d’un financement qui y est dédié. Elle invite donc le gouvernement à mettre en place des échanges avec l’ensemble des partenaires pour revoir en profondeur l’organisation du réseau.

Des écueils
Plusieurs éléments du plan suscitent de vives inquiétudes

La volonté affirmée du gouvernement d’aller de l’avant avec le financement axé sur le patient est inquiétante, étant donné les risques de dérives associés à ce type de financement. C’est l’analyse des besoins de la population qui doit primer.

Plus grande place au secteur privé
Le gouvernement doit s’atteler dès maintenant à développer la capacité du réseau public à répondre adéquatement aux besoins de la population. La CSN réclame un moratoire sur tout nouveau projet de privatisation. Le plan présenté par le ministre repose en grande partie sur des acteurs privés, entre autres les Groupes de médecine familiale (GMF), alors qu’une réelle solution doit plutôt reposer sur le réseau public.

Agences de placement
La centrale syndicale déplore également que le gouvernement se contente dorénavant de vouloir mieux encadrer les agences privées de placement de personnel plutôt que de viser l’indépendance complète du réseau public à l’égard de la main-d’œuvre indépendante.

Des interrogations
Pour la CSN, le plan annoncé comporte également des zones de grandes incertitudes.

Soutien à domicile
La CSN suivra de près les travaux de la Commissaire à la santé et au bien-être portant sur l’analyse et l’amélioration du soutien à domicile. Le virage majeur en faveur du soutien à domicile que doit prendre le Québec ne peut plus attendre. La Confédération des syndicats nationaux espère que cette démarche permettra notamment de confirmer le pont essentiel que sont les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) entre la personne à domicile et l’équipe multidisciplinaire de professionnel-les et de techniciennes et techniciens du CLSC. En ce sens, si la CSN revendique l’amélioration des conditions de travail dans les EESSAD, elle s’oppose à ce que le personnel du secteur privé ou communautaire se substitue au travail des ASSS. La CSN souhaite un investissement massif dédié aux services de soutien à domicile, en santé physique comme mentale.

Rôle des CLSC
La CSN s’explique mal le silence du gouvernement quant au renforcement du rôle des CLSC en matière notamment de soutien à domicile, d’aide psychosociale et de services sociaux en général. Les CLSC sont pourtant la pierre d’assise du renforcement des services de première ligne dans le secteur public, tant sur le plan médical que psychosocial.

Financement
Enfin, toutes ces mesures ne pourront être mises en place si elles ne s’accompagnent pas du financement nécessaire. À cet égard, la CSN croit qu’il faudra faire davantage notamment en revoyant la fiscalité, afin d’assurer un financement adéquat, stable et prévisible des services publics.

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Le 65e Congrès de la CSN du 5 au 9 juin à Montréal https://www.csn.qc.ca/actualites/le-65e-congres-de-la-csn-du-5-au-9-juin-a-montreal/ Thu, 01 Jun 2017 19:43:37 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=60427 Les médias sont invités à la conférence de presse de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à 10 h 30, le lundi 5 juin 2017 à la salle 513a du Palais des congrès de Montréal, à l’occasion de son 65e congrès qui se déroulera sur le thème Voir loin, viser juste. Le président de la CSN, Jacques Létourneau, fera le point sur les propositions qui seront soumises aux quelque 1600 délégué-es provenant des syndicats affiliés et sur la démarche proposée pour les trois années du mandat qui suivront.

Les représentantes et les représentants des médias doivent s’inscrire au préalable à la salle 516a. L’ouverture officielle est à 13 h à la salle de la plénière (517), le lundi 5 juin. La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN), Dominique Daigneault, souhaitera alors la bienvenue aux délégué-es, salarié-es, retraité-es et invité-es de la CSN ainsi qu’aux délégué-es internationaux.

Il sera possible de suivre les activités du congrès de la CSN en s’abonnant aux deux infolettres quotidiennes diffusées tôt le matin et en fin de journée.

Le président de la CSN prononcera le mot d’ouverture vers 14 h. À 16 h, les délégué-es débattront d’une proposition sur la vie syndicale. Suivra vers 17 h une présentation par la 3e vice-présidente Véronique De Sève de la rétrospective des luttes menées par les syndicats, les conseils centraux et les fédérations affiliés depuis le 64e Congrès, en 2014.

Deuxième journée

Le mardi 6 juin, la CSN lancera le Manifeste du 65e Congrès, une déclaration syndicale et politique qui présente ses grandes orientations pour sortir le Québec de cette austérité permanente qui s’est installée depuis l’élection des libéraux de Philippe Couillard. Le Manifeste a été rédigé à la suite d’une consultation auprès des syndicats affiliés qui s’est déroulée entre octobre 2016 et février 2017. « À la résignation, ce Manifeste veut opposer une vision et des revendications pour aller chercher de nouvelles avancées sur le chemin des libertés, des idéaux égalitaires, de la justice sociale et de la solidarité », note-t-on en préambule du Manifeste.

À compter de 10 h, les délégué-es participeront à l’un des neuf ateliers portant sur cinq thématiques :

  • Sécuriser le revenu tout au long de la vie
    • Une réforme de la Loi sur les normes du travail : pourquoi et pour qui ? (Jean Bernier, professeur émérite, Université Laval)
    • Revenu minimum garanti ou salaire minimum et programmes de sécurité de revenu ? (Simon Pepin-Tremblay, IRIS)
  • Développer l’économie et créer des emplois de qualité
    • La 4e révolution industrielle : la fin de l’emploi salarié ? (Simon Lacoste Julien, Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal, UdM)
    • Quel avenir pour le secteur manufacturier ? Quelle place pour le développement des régions ? (Louis J. Duhamel, Deloitte ; Robert Laplante, directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) ; Léopold Beaulieu, PDG de Fondaction)
  • Lutter contre les changements climatiques
    • Sortir du pétrole. Que peut faire le Québec dans le contexte canadien ? Comment assurer une transition juste ? (Éric Pineault, UQAM)
    • Les changements climatiques. Quels impacts et défis pour les régions du Québec ? (Isabelle Charron, Ouranos)
  • Consolider les services publics
    • Le Québec est-il trop endetté ? Comment financer les services publics et lutter contre la privatisation ? (Mathieu Dufour, IRIS)
  • Renforcer la démocratie
    • Un changement de notre mode de scrutin s’impose. Quel est le choix de la CSN ? (Jean-Pierre Charbonneau, ancien ministre des institutions démocratiques)
    • À l’ère des médias sociaux, quel avenir pour les médias traditionnels et la démocratie ? (Josée Legault, journaliste)

En après-midi, retour en plénière avec la présentation des états financiers 2014-2017 par le trésorier de la CSN, Pierre Patry. À compter de 16 h 30, les discussions reprennent sur la proposition sur la vie syndicale.

Troisième journée

À compter de 8 h 30, les propositions du plan d’action seront présentées aux délégué-es. Ce plan d’action, qui découle du Manifeste, vise à mobiliser les membres de la CSN autour d’enjeux syndicaux et sociaux en vue de la prochaine élection québécoise, prévue en octobre 2018. Un panel de discussion sur la démocratie syndicale, animé par Christian Nadeau, de l’UdM, mettra la table. Les délégué-es débattront des recommandations d’action en ateliers à partir de 10 heures.

Quatrième journée

Dès 8 h 30, le trésorier Pierre Patry présentera les prévisions budgétaires 2017-2020 qui seront par la suite soumises aux délégué-es. Suivra le débat en vue de l’adoption des propositions du plan d’action.

Vers 16 h, les délégué-es entendront une présentation de Donald Cuccioletta, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand (UQAM), sur la conjoncture aux États-Unis.

Dernière journée

À 9 h, les délégué-es voteront sur les propositions déposées par les organisations affiliées et celles qui n’auront pas été adoptées jusqu’alors.

Le congrès élira également les six membres du comité exécutif pour le prochain mandat de trois ans. L’installation des élu-es est prévue pour 11 h 45, le vendredi 9 juin. Le congrès prendra fin à 12 h 30.

Les invité-s internationaux

Pas moins de 21 délégué-es syndicaux internationaux participeront au 65e Congrès de la CSN. Ils proviennent de l’Argentine, de la Belgique, de la Catalogne, de la Colombie, de l’Espagne, des États-Unis, de la France, d’Haïti, du Japon, du Mali, du Mexique, du Nicaragua, de la Palestine, des pays Basques et du Sénégal.

La CSN représente plus de 300 000 travailleuses et travailleurs provenant de tous les secteurs d’activité principalement au Québec, mais également sur l’ensemble du territoire canadien.

OBJET :                    Conférence de presse du 65e Congrès de la CSN

PORTE-PAROLE :    Jacques Létourneau, président de la CSN

DATE :                     Le 5 juin 2017, à 10 h 30

ENDROIT :               Salle 513a, Palais des congrès de Montréal

 

 

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La CSN rappelle que la prostitution est une forme de violence et d’exploitation https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-rappelle-que-la-prostitution-est-une-forme-de-violence-et-dexploitation/ Fri, 20 Dec 2013 11:45:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/la-csn-rappelle-que-la-prostitution-est-une-forme-de-violence-et-dexploitation/ À la suite de la décision de la Cour suprême qui vient invalider pour cause d’inconstitutionnalité les dispositions du Code criminel encadrant la prostitution au Canada, la CSN réitère la position sur la question qu’elle a adoptée lors de son dernier conseil confédéral.

La Cour suprême rappelle d’abord que la prostitution est légale au Canada. Cela étant le litige consiste à déterminer si l’encadrement de cette pratique tel qu’il est établi au Code criminel porte atteinte à la sécurité des prostituées. La Cour estime que oui. La Cour rejette par ailleurs l’argument du procureur général voulant que les personnes qui se prostituent n’ont qu’elles-mêmes à blâmer parce qu’elles ont fait le choix de se livrer à une activité intrinsèquement risquée. La Cour note en effet « les prostituées de la rue forment, à quelques exceptions près, une population particulièrement marginalisée. Que ce soit à cause du désespoir financier, de la toxicomanie, de la maladie mentale ou de la contrainte exercée par un proxénète, elles n’ont souvent guère d’autre choix que de vendre leur corps contre de l’argent. Dans les faits, même si elles peuvent conserver un certain pouvoir minimal de choisir, on ne peut dire qu’elles « choisissent » véritablement une activité commerciale risquée ». La Cour suspend les effets de son jugement pour un an laissant ainsi le temps au législateur de décider de nouvelles dispositions législatives.

Position de la CSN

Le 13 décembre dernier, la CSN adoptait certaines orientations condamnant la prostitution comme système d’exploitation inacceptable du corps humain, particulièrement celui des femmes. « La position de la CSN est ferme : la prostitution constitue une forme de violence et d’exploitation envers elles, et il faut la combattre. Il est impératif de sévir contre les proxénètes et les clients, plutôt que d’exercer de la répression envers les prostituées, principalement des femmes. Il s’avère aussi nécessaire de mettre fin à la pénalisation de ces femmes, qui sont les victimes d’une industrie mise en place pour satisfaire les plaisirs des hommes », a lancé la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher.

Pour venir à bout de cette violence et aider les femmes à se sortir de la prostitution, il faut aussi fournir aux prostituées des services adaptés à leurs besoins, particulièrement dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement et de la recherche d’emploi. « Ces services manquent cruellement à l’heure actuelle », a soutenu la vice-présidente de la CSN. Depuis l’adoption de ce type de mesures en Suède, la prostitution de rue a diminué de moitié et un changement de mentalité semble s’installer. Les sondages témoignent en effet de la baisse constante du nombre de clients fréquentant les prostituées. « Il faut contrer la banalisation de la prostitution, car il est faux de prétendre qu’il s’agit d’un travail normal accompli de gaité de cœur par la majorité des femmes qui l’exercent », a conclu Denise Boucher.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Pour en savoir plus, consulter « La prostitution : une exploitation à dénoncer et une pratique à combattre ! ».

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La CSN revendique l’accès au statut de résident permanent dès la première année en sol canadien https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-revendique-lacces-au-statut-de-resident-permanent-des-la-premiere-annee-en-sol-canadien/ Wed, 18 Dec 2013 08:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/la-csn-revendique-lacces-au-statut-de-resident-permanent-des-la-premiere-annee-en-sol-canadien/ En ce 18 décembre, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à souligner la Journée internationale des migrants. Chaque jour de par le monde des travailleuses et travailleurs fuient le chômage et la misère de leur pays et partent à l’étranger, à la recherche d’un travail décent, à même d’améliorer leur sort et celui de leur famille. Selon les données de l’ONU, ils seraient ainsi plus de 232 millions à s’exiler pour de meilleures conditions.

Le Canada profite de cette situation économique difficile que connaissent plusieurs pays pour combler ses besoins de main-d’œuvre. Depuis 2000, le nombre de travailleurs migrants a d’ailleurs haussé de 70 % ici. Des postes où les conditions de travail sont médiocres, au point que les travailleurs canadiens n’en veulent pas, sont de plus en plus occupés par des travailleurs migrants : dans l’aide domestique, en restauration, dans l’hôtellerie, dans les abattoirs ou encore dans le secteur agricole ou forestier.

Un bon nombre des migrants recrutés entrent au pays par le Programme d’embauche des travailleurs étrangers temporaires. « Autrefois, par l’ouverture des frontières, on visait à accueillir des gens pour qu’ils s’installent chez nous, avec leur famille et qu’ils s’intègrent à la société, d’expliquer Jean Lortie secrétaire général de la CSN. Mais les programmes de travail temporaire changent la donne, les travailleurs et les travailleuses qui viennent ainsi sont renvoyés chez eux au gré des besoins des entreprises. Cela contrevient au principe fondamental de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui veut que le travail ne soit pas une marchandise. »

Plusieurs de ces programmes de travail sont conçus de façon à rendre le travailleur vulnérable, le permis de travail étant lié à un seul employeur pour un emploi précis. « Dans de telles conditions, il lui est extrêmement difficile d’exiger le respect de ses droits. Le travailleur qui se plaint risque d’être congédié et il ne pourra retravailler au Canada à moins d’obtenir un nouveau permis, ce qui implique des délais très longs. Sans ressources financières, isolé, il peut en venir à accepter n’importe quel travail au noir où il sera encore plus exploité et vulnérable », poursuit Jean Lortie.

La CSN revendique pour les travailleuses et travailleurs migrants le droit de changer d’employeur, le droit de choisir son lieu de résidence et l’accès au statut de résident permanent dès la première année en sol canadien.

Au Québec, la main-d’œuvre migrante temporaire dite peu spécialisée provient principalement des Philippines (aides familiales) ainsi que du Guatemala et du Mexique (travailleuses et travailleurs agricoles).

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On ne peut travailler sur la pérennité sans les syndicats et les travailleuses ! https://www.csn.qc.ca/actualites/on-ne-peut-travailler-sur-la-perennite-sans-les-syndicats-et-les-travailleuses/ Fri, 18 Oct 2013 10:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/on-ne-peut-travailler-sur-la-perennite-sans-les-syndicats-et-les-travailleuses/ La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) dénoncent la mise en place d’un chantier majeur sur les services de garde éducatifs où les associations patronales siègeront, mais qui ignore totalement la voix des travailleuses qui interviennent quotidiennement auprès des enfants.

Le chantier doit faire le point sur le fonctionnement, le financement, la gouvernance et l’évolution du réseau des CPE, 15 ans après sa création. Depuis l’annonce de ce chantier, le 8 octobre dernier, la CSN a multiplié les démarches auprès de la ministre Léger et du gouvernement pour que le mouvement syndical, qui a largement contribué à la mise sur pied du réseau des CPE, soit associé à ses travaux, mais en vain. « Le gouvernement prétend faire un exercice sérieux avec les partenaires. Ne nous leurrons pas ! L’absence des travailleuses à la table de discussion enlève toute crédibilité à l’exercice », déclare Denise Boucher, vice-présidente de la CSN.

À terme, ce chantier devra proposer des pistes de solution visant à maintenir la qualité des services. « La ministre s’est montrée ouverte à travailler avec l’ensemble des partenaires pour assurer la pérennité des services de garde. Quelle surprise d’apprendre que les travaux se mettent en branle sans présence syndicale. Il va de soi que nous devons être présents pour poser les diagnostics et pour réfléchir aux pistes de solution », explique Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN.

À l’issue de la dernière négociation dans le secteur des CPE, la FSSS a signé une lettre d’intention visant à créer un forum sur la gouvernance auquel participeraient tous les partenaires. « C’est une priorité pour nous de réfléchir à la gouvernance et à la qualité des services dans les CPE. Alors qu’on attend toujours un retour du gouvernement sur la création du forum, on apprend qu’il crée un chantier sur lequel les organisations syndicales ne siègeront pas. Est-ce que l’intention du gouvernement est de tout décider d’avance avec les employeurs pour par la suite ne tenir qu’un forum cosmétique avec les organisations syndicales? S’il veut assurer la pérennité des services de garde, il ne peut se mettre au travail sans l’expertise des syndicats et des travailleuses qui donnent les services aux enfants partout au Québec. La question de la gouvernance et du financement des services de garde est prioritaire pour nous et nous n’accepterons pas d’être laissés sur la touche », de conclure Dany Lacasse.

À propos de la FSSS–CSN et de la CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 125 000 membres dans les secteurs privé et public. La FSSS est la plus grande organisation syndicale du secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

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Les nouvelles compressions annoncées dans le discours du Trône sont inacceptables https://www.csn.qc.ca/actualites/les-nouvelles-compressions-annoncees-dans-le-discours-du-trone-sont-inacceptables/ Wed, 16 Oct 2013 19:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/les-nouvelles-compressions-annoncees-dans-le-discours-du-trone-sont-inacceptables/ La CSN dénonce l’attitude du gouvernement conservateur qui a ni plus ni moins annoncé dans son discours du Trône vouloir continuer à sabrer les services publics et s’en prendre aux conditions des travailleuses et des travailleurs pour arriver à l’équilibre budgétaire.

« Le gouvernement tente de courtiser la population avec des mesures de protection pour les consommateurs, mais s’en prend sans merci aux travailleurs et aux services publics. Par la bouche de son lieutenant-gouverneur, il affirme aspirer à une fonction publique allégée et avoir l’intention de procéder à des coupes en matière de congés de maladie et d’indemnités. Il a également annoncé des compressions supplémentaires dans les services. Ce sont des sociétés d’État comme Radio-Canada et, au bout du compte, l’ensemble des Québécois et des Canadiens qui vont encore y goûter », a souligné le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Celui-ci se désole aussi de voir les conservateurs tenter de redorer leur blason en révisant les mesures de sécurité pour le transport ferroviaire. « Il faut se rappeler que c’est à ce même gouvernement qu’on doit la déréglementation dans ce secteur, laquelle a certainement sa part de responsabilité dans la catastrophe de Lac-Mégantic », souligne-t-il.

La CSN déplore par ailleurs le silence complet du gouvernement concernant le régime d’assurance-emploi. « Les conséquences de la réforme de l’assurance-emploi des conservateurs ont été décriées à de nombreuses occasions, a aussi souligné Jacques Létourneau. Par son silence, le gouvernement signifie qu’il entend aller de l’avant en s’attaquant aux chômeuses et aux chômeurs au lieu de s’en prendre au chômage. Stephen Harper n’a donc pas renoncé à son intention de limiter l’accès à l’assurance-emploi pour des milliers de personnes. J’ai une petite nouvelle pour lui, nous n’avons pas renoncé nous non plus à nous faire entendre. Nous n’avalerons pas ces couleuvres », a-t-il ajouté.

« Les forces progressistes sont déjà bien organisées et vont demeurer sur le pied d’alerte pour faire obstacle à ces mesures de droite qui mettent à mal notre économie et notre filet social. Notre solidarité est importante plus que jamais », a finalement laissé tomber Jacques Létourneau.

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