67e Congrès – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Tue, 13 Jun 2023 03:00:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png 67e Congrès – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Un congrès rassembleur https://www.csn.qc.ca/actualites/un-congres-rassembleur/ Tue, 13 Jun 2023 03:00:14 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=91100 Le 67e Congrès de la CSN a marqué les retrouvailles des membres de la confédération six ans après le dernier à s’être tenu en personne, en 2017. L’enthousiasme était proportionnel à l’attente ; les gens ont été revigorés par le contact humain et par la présentation visuelle impressionnante sur un immense écran qui prenait toute la largeur de la salle.

« L’atmosphère était intense, c’était agréa­ble. C’est ce que je voulais, un congrès le fun, ce qui ne l’a pas empêché d’être en tous points démocratique, avec plusieurs débats et même une élection ! », commente Caroline Senneville, présidente de la CSN réélue après un vote contre un candidat imprévu, Cheikh Fall, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Bridor–CSN. Ce dernier s’est rallié devant le congrès et les délégué-es ont chaudement applaudi la réélection de Caroline Senneville.

Bons débats
« Je sens une grande adhésion aux deux sujets principaux abordés par le congrès : la transformation et la protection des emplois ainsi que le rapport de force », se réjouit Caroline Senneville. Les ateliers sur les propositions ont permis aux congressistes de mener des réflexions intéressantes qui ont ensuite été rapportées en plénière. L’analyse du rapport de force est selon eux primordiale. La prise en compte d’éléments conjoncturels – pénurie de main-d’œuvre, télétravail, nouveaux membres, etc. – permet de s’ajuster en conséquence. Le rapport de force doit être travaillé en continu et non seulement en période de négociation. La construction d’alliances, l’information et la vie syndicale sont aussi des éléments majeurs pour le maximiser.

Comité exécutif de la CSN réélu pour 2023-2026 : Katia Lelièvre, 3e vice-présidente ; David Bergeron-Cyr, 2e vice-président ; François Enault,
1er vice-président ; Yvan Duceppe, trésorier ; Nathalie Arguin, secrétaire générale ; Caroline Senneville, présidente.

En ce qui concerne les conséquences de la transformation des emplois entraînée par les changements climatiques et démographiques, par les progrès technologiques, par la robotisation et l’intelligence artificielle et par la délocalisation des emplois, les congressistes ont insisté sur « l’importance d’écouter les gens qui sont au cœur de la machine » afin de s’assurer d’une transition durable et juste qui ne laisse personne derrière. Ils ont aussi réclamé plus de moyens pour pouvoir accompagner les travailleuses et les travailleurs dans ces transformations. La présidente note par ailleurs la solidarité des congressistes de différents secteurs qui ont atteint un consensus en environnement, faisant ainsi preuve de beaucoup d’ouverture et d’écoute.

Une grande solidarité s’est également exprimée durant ce congrès lors de la rétrospective des luttes et de l’accueil des nouveaux syndicats. Le dernier passage à un congrès de la CSN du président du Syndicat de l’usine d’Olymel de Vallée-Jonction, Martin Maurice, fut pour sa part très émotif en raison de la fermeture imminente de l’usine de 1 100 employé-es.

Enfin, pour faire connaître l’apport des syndicats dans la société québécoise, le congrès propose de mieux partager les bons coups, de travailler à contrer la désinformation et de s’affirmer davantage sur la place publique.

Et fait particulièrement intéressant à noter, il a été décidé de tenir des états généraux du syndicalisme après qu’une volonté claire en ce sens a été exprimée.

Santé financière solide
Bonne nouvelle sur le plan du budget : la santé financière de la CSN se porte bien. On note un excédent du budget de fonctionnement pour le mandat précédent qui a entre autres choses permis à la CSN d’investir dans de nouvelles ressources, comme dans un programme temporaire de mentorat pour assurer la transmission adéquate des connaissances et du savoir-faire à la nouvelle cohorte de conseillères et de conseillers syndicaux.

Quelque 2 000 participantes et participants ont pris part au congrès, un nombre que l’on n’avait pas vu depuis longtemps. « J’espère qu’il y aura encore plus de monde au prochain ! », conclut la présidente.

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Un congrès vert https://www.csn.qc.ca/actualites/un-congres-vert/ Tue, 13 Jun 2023 02:53:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=91132 Le 67e Congrès de la CSN avait lieu du 15 au 19 mai dernier, et comme c’est le cas depuis 2008, des efforts ont été déployés pour réduire au maximum l’empreinte écologique de l’événement.

Une attention particulière a été portée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport vers le palais des congrès, notamment par la mise en place d’un escompte pour inciter les congressistes à prendre le train. L’équipe responsable de l’organisation du congrès a également travaillé pour réduire en amont les matières résiduelles. Avez-vous remarqué l’absence de bouteilles d’eau en plastique et la diminution de la documentation par rapport aux années précédentes ?

Sur place, la sensibilisation et l’éducation auprès des délégué-es étaient notamment prises en charge par une escouade verte de 15 personnes. Et pour la première fois, la CSN a organisé une pesée des matières résiduelles, des déchets et des matières recyclables produits dans le cadre du congrès. Avec cette nouvelle information, nous sommes désormais outillés pour mesurer notre progression lors des prochaines instances.

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La géolocalisation, omniprésente chez les paramédics https://www.csn.qc.ca/actualites/la-geolocalisation-omnipresente-chez-les-paramedics/ Fri, 19 May 2023 16:59:25 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90813 Les enjeux liés à la géolocalisation sont multiples et bien que nous en saisissions désormais la portée, plusieurs travailleuses et travailleurs composent quotidiennement avec des outils qui les suivent pas à pas. Dany Chamberland, du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie–CSN, en connait beaucoup sur la question et nous explique les implications de cette technologie dans son milieu de travail.

« Une surveillance totale est intégrée sur plusieurs composantes de notre véhicule. Le système agit en quelque sorte comme une boîte noire sur un avion. Nous parlons donc du déclenchement des gyrophares, de la vitesse du véhicule en lien avec les limites dans les différentes zones de circulation, du dérapage possible du véhicule l’hiver, du déclenchement du système de frein ABS et de plusieurs autres données mécaniques. »

Plusieurs de ces informations sont transmises en temps réel à l’employeur. La somme des autres données est téléversée, dès le retour à la caserne, via un système Wi-Fi qui achemine tous ces détails à un serveur central. Les paramédics ont donc intérêt à bien maîtriser tout ce qui se déroule lors de leurs interventions, même dans l’urgence et avec tout le stress occasionné.

« Notre moniteur défibrillateur s’ajoute également à la collecte d’informations, puisque nous l’avons toujours à portée de notre véhicule. Dès que nous activons le moniteur, tout ce que nous disons et ce que le patient dit est enregistré directement sur l’appareil, incluant l’utilisation de l’appareil et l’information médicale. Nous téléchargeons le tout sur les serveurs du CISSS auquel nous sommes rattachés à la fin de la journée. Et même si nous oublions la procédure de téléversement des données à la fin de notre quart de travail, les paramédics du quart suivant le feront à la toute fin de celui-ci », mentionne Dany.

Il va sans dire que les paramédics sont pleinement conscients que ces outils les surveillent constamment. La nature même de leur travail, le contexte d’urgence dans lequel ils côtoient les patients et les implications légales imposent une documentation des événements, et ce, afin de protéger tous les acteurs impliqués.

« Les implications syndicales sont aussi multiples, particulièrement pour toutes les informations médicales qui doivent demeurer confidentielles. Mais toutes ces informations factuelles protègent également nos membres en cas d’incident et d’enquête », précise Dany Chamberland.

 

 

 

 

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Une soirée de solidarité déconfinée en grand https://www.csn.qc.ca/actualites/une-soiree-de-solidarite-deconfinee-en-grand/ Fri, 19 May 2023 16:35:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90807 On sentait bien, depuis le début de ce congrès, que les militantes et les militants syndicaux étaient heureux de se retrouver. Un sentiment confirmé hier lors de la soirée de solidarité du jeudi, qui fut un franc succès.

C’est dans une ambiance survoltée que plusieurs centaines de congressistes ont célébré la solidarité syndicale. Campée dans le décor épuré du Centre des sciences de Montréal, sur le bord du fleuve, la soirée a réservé bien des surprises aux participantes et aux participants.

Il fallait d’abord sustenter les troupes affamées après des heures de débat sur le budget, sur les statuts et règlements et des ovations pour le trésorier Yvan Duceppe : les congressistes ont donc eu droit à des kiosques de cuisines diverses. Une mention spéciale pour le kiosque de poutine au poulet frit, où la longueur de la file d’attente a permis aux congressistes de se raconter de long en large leurs aventures syndicales des dernières années, ce qui n’était pas mauvais étant donné que c’était le premier congrès en personne depuis la pandémie. Commentaire d’un congressiste sur ce plat de résistance national : « La poutine n’était pas très grosse, mais il faut leur donner ça, ils étaient généreux sur le fromage ! ».

Bien sûr, côté bar, tout avait été prévu. On y retrouvait des bières de la microbrasserie Archibald et de chez Labatt, syndiquées chez nous. Katia Lelièvre, troisième vice-présidente, a privilégié les produits de son alma mater, la SAQ. La compétition fut féroce chez les férus de sport de salon, qui ont pu se délier les mains aux tables de baby-foot. D’ailleurs, David Bergeron-Cyr, deuxième vice-président, a été vu rôdant autour des tables une bonne partie de la soirée pour tenter de syndiquer les petits bonhommes de plastique.

Les congressistes ont aussi eu le plaisir de découvrir une salle consacrée au karaoké, pour les ténors et les sopranos, professionnel-les ou de salon. La file d’attente pour chanter était impressionnante, et ce, dès le début de la soirée ! D’ailleurs, François Enault, premier vice-président, a taquiné le micro en interprétant la chanson Sweet Caroline, de Neil Diamond. Un clin d’œil à la présidente fraîchement réélue, Caroline Senneville ? Demandez-lui quand vous le croiserez !

La piste de danse, animée jusqu’à tard le soir – ou très tôt le matin, c’est selon – par un DJ dont l’habillement respectait le style vestimentaire de sa profession, nous a permis d’admirer les jeux de pieds de bien des congressistes.

« Les délibérations démocratiques, c’est important. Mais il faut pouvoir danser après ! », nous rappelait un congressiste croisé ce matin, les yeux petits, un très grand café à la main.

Plusieurs auront noté que la secrétaire générale, Nathalie Arguin, avait plutôt bonne voix au micro se matin. Doit-on en déduire qu’elle a été plutôt sage ?

Signe que cette soirée fut fort appréciée, plusieurs militantes et militants mentionnaient, lors d’un vox pop mené ce matin où on leur demandait le moment fort du congrès, « est-ce que je peux répondre le party d’hier ? »

Bref, une soirée parfaite pour mousser une solidarité syndicale trop longtemps confinée !

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Des congressistes unis, la présidente Caroline Senneville réélue https://www.csn.qc.ca/actualites/des-congressistes-unis-la-presidente-caroline-senneville-reelue/ Fri, 19 May 2023 14:17:58 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90795 C’est au palais des congrès de Montréal que se termine aujourd’hui le 67e Congrès de la CSN, où près de 2 000 participantes et participants ont pu échanger, débattre, fraterniser et identifier les priorités d’action pour les trois prochaines années. C’est également lors de ce grand rassemblement que les six membres du comité exécutif ont été reconfirmés dans leurs fonctions.

« Je suis fière d’avoir été réélue par un processus démocratique, au sein d’une centrale démocratique.

Je souhaite une CSN unie, qui parle d’une seule voix, et d’une voix forte. Je vois une CSN capable d’affronter vents et marées, une CSN leader au Québec et ailleurs. Qu’on prenne notre place, qu’on continue de changer le monde à notre manière, un jour à la fois », a déclaré Caroline Senneville.

Elle ajoute : « Les défis qui nous attendent sont nombreux, alors que la pénurie de main-d’œuvre nous frappe de plein fouet, que le gouvernement cherche à centraliser les services publics et n’écoute pas les travailleuses et les travailleurs et que le patronat se fait trop souvent tirer l’oreille pour offrir des conditions décentes à ses employé-es. C’est pour toutes ces raisons que le congrès a voté en faveur d’un budget qui nous permet de continuer à être combatifs, comme l’est l’ADN de notre organisation. Nos membres méritent d’obtenir les meilleures conditions de travail possible, et nous leur donnerons les moyens de le faire. »

Les congressistes ont eu de nombreuses occasions de réfléchir et de s’exprimer, que ce soit lors des ateliers de discussion sur la transformation du monde du travail et le développement du rapport de force, en séance plénière ou lors des dîners-causeries. Les personnes qui se sont exprimées se sont montrées très satisfaites de l’ambiance du congrès, de la qualité des préparatifs, des occasions de prise de parole et de l’écoute du comité exécutif.

« On souhaite continuer notre travail en mode inclusif, combatif, ouvert, présent. Nous serons là pour porter la parole des 330 000 membres de la CSN sur toutes les tribunes », conclut la présidente.

 Le comité exécutif de la CSN 2023-2026 :

Caroline Senneville, présidente
Nathalie Arguin, secrétaire générale
Yvan Duceppe, trésorier
François Enault, 1er vice-président
David Bergeron-Cyr, 2e vice-président
Katia Lelièvre, 3e vice-présidente

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De légères modifications aux statuts et règlements https://www.csn.qc.ca/actualites/de-legeres-modifications-aux-statuts-et-reglements/ Thu, 18 May 2023 21:33:20 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90686 Les congressistes ont adopté aujourd’hui quelques amendements aux statuts et règlements ainsi qu’au code des règles de procédure de la CSN.

En ce qui a trait aux statuts et règlements, les changements visent notamment à prévoir la possibilité de tenir un congrès ou un congrès extraordinaire en mode virtuel, en cas de force majeure. Il sera également possible, selon les statuts et règlements amendés, de tenir les élections pour les postes au comité exécutif par l’entremise d’une plateforme numérique.  

L’un des autres amendements adoptés prévoit qu’un congrès extraordinaire devra être organisé en cas de vacance au comité exécutif, sauf s’il reste moins de six mois pour terminer le mandat. Un tel congrès extraordinaire pourrait se tenir en mode virtuel.

D’autres amendements aux statuts et règlements ont été adoptés. De façon générale, ils visent à préciser certains articles déjà existants.

Procédure

Le code des règles de procédure a aussi été mis à jour, notamment pour inclure la tenue potentielle d’un congrès en mode virtuel, y compris la procédure de vote. Quelques autres mises à jour ont été effectuées.

Rappelons que les règles de procédure de la CSN sont inspirées de celles qui ont été proposées par le notaire Victor Morin, en 1938, dans son ouvrage Procédure des assemblées délibérantes, mieux connu comme le Code Morin.

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La syndicaliste américaine qui veut électrifier les trains https://www.csn.qc.ca/actualites/la-syndicaliste-americaine-qui-veut-electrifier-les-trains/ Thu, 18 May 2023 19:19:30 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90633 « On vise l’électrification des trains taxis qui déplacent les wagons dans les gares de triage. Ce serait un gain du point de vue de la justice climatique, de la justice raciale et de la justice en matière de santé », mentionne Kari Thompson, responsable de la formation et de la stratégie internationale pour United Electrical (UE) des États-Unis.

En visite au congrès de la CSN, la syndicaliste américaine explique que les syndiqué-es de Wabtec ont déjà un prototype de locomotive hybride et entièrement électrique. Leur introduction réduirait la pollution pour les travailleuses et les travailleurs des gares de triage et des entreprises ferroviaires. Elle viendrait également diminuer la pollution dans les quartiers où se trouvent ces gares. Dans les grandes villes des États-Unis, ces quartiers sont souvent des endroits où résident des personnes racisées. Le gain est donc triple, pour le quartier, pour les syndiqué-es et pour l’environnement.

Le syndicat de UE ne se contente pas de fabriquer les trains électriques, il milite aussi afin de faire changer les règles qui limitent la pollution des trains de l’Environmental Protection Agency (EPA). « Des règles plus strictes sur les moteurs pourraient forcer les compagnies à acheter électrique », estime Kari Thompson, selon qui l’EPA est en voie de passer à l’action. Or, comme l’industrie ferroviaire du Canada et celle des États-Unis sont interconnectées, le lobby syndical de UE pourrait avoir un effet de notre côté de la frontière.

Solidarité internationale

Au-delà de l’exemple des trains électriques, la solidarité internationale peut s’exprimer de plusieurs façons.

« On doit mieux communiquer entre nous, fait valoir la représentante de UE. Elle précise que les gains en négociation des uns peuvent aider les autres syndicats dans les pays où cette multinationale est établie. Kari Thomson donne l’exemple de syndicats en Belgique, qui profitent de lois sur l’accès à l’information pour les entreprises et qui peuvent parfois informer les syndicats de la même multinationale dans d’autres pays.

La collaboration internationale entre les syndicats peut également s’appliquer lors de la négociation et de la mise en place des accords de commerce international. La représentante de UE rappelle que les derniers accords et programmes de soutien du secteur automobile incluent des exigences de fabrication en Amérique du Nord. Or, si les usines vont au Mexique, les conditions de travail ne seront pas les mêmes, conclut-elle.

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L’oxygène du mouvement https://www.csn.qc.ca/actualites/loxygene-du-mouvement/ Thu, 18 May 2023 15:06:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90548 Les agentes et agents multiplicateurs sont des militantes et des militants engagés sur le terrain afin d’établir des contacts et de développer la syndicalisation. Ils œuvrent dans des territoires inconnus et souvent hostiles. Les AMS sèment l’autonomie, la démocratie et la solidarité qui font la force de la CSN. Ces valeurs sont déterminantes pour l’organisation de milieux de travail non syndiqués.

Pour être efficace, une ou un AMS a besoin de préparation, de discernement et parfois d’un peu de chance.

Choisir son terrain pour s’en rendre maître

Les agentes et agents multiplicateurs en syndicalisation agissent près des milieux de travail pour des prises de contact, la distribution de contenus informatifs, la signature de cartes. La maîtrise du terrain consiste donc à repérer les zones à risque (propriété privée), celles qui sont exposées (entrée du site de travail) ou publiques (le Tim Horton au coin de la rue). Chacun de ces espaces possède ses propres règles du jeu. Une fois la question du terrain résolue par un repérage minutieux se pose la question de quand passer à l’action.

L’art subtil de se faire des camarades au travail

Les abus d’un employeur, la réputation de la CSN et ses victoires ne suffisent pas toujours à aller chercher de nouveaux membres. Convaincre du bien-fondé du syndicalisme est avant tout affaire de stratégie et de présence sur le terrain. La syndicalisation n’est pas nécessairement le premier réflexe pour régler ses problèmes au travail. Les AMS propagent par leurs actions la volonté de s’organiser dans nos régions. Ils sont un complément essentiel aux salarié-es du Service de syndicalisation de la CSN.

Le rôle infime, mais décisif de la chance

C’est souvent le manque de respect de l’employeur (sur le plan humain, organisationnel ou de la rémunération) qui agit en tant que force numéro 1 guidant l’adhésion syndicale. Toute campagne part d’un mécontentement profond et généralisé. Il faut donc trouver la bonne personne, au bon moment et au bon endroit. Il s’agit d’une part d’aléatoire non négligeable essentielle pour démarrer une campagne. Comme la présentation de l’action de syndicalisation de la CSN de mercredi l’a montré, la route est semée d’embûches antisyndicales : de l’envie de se syndiquer à l’accréditation, le travail d’AMS est parfois difficile et ingrat.

Mais ce que nous apprend l’histoire de la CSN depuis 1921, c’est qu’un combat juste doit toujours être mené.

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Ces nouveaux syndicats qui joignent la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/ces-nouveaux-syndicats-qui-joignent-la-csn/ Wed, 17 May 2023 21:00:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90302 Les témoignages présentés par vidéo au congrès sont accablants. « On était vraiment isolés. Parfois, on travaillait de longues journées et on n’était pas rémunérés, car on est payés à l’image », explique Calvin Brett, professionnel de l’animation 2D, pour décrire les conditions prévalant avant la syndicalisation de son milieu de travail.

Andréanne Girard, intervenante en maison d’accueil pour sans-abris, renchérit : « Il y avait du favoritisme et beaucoup d’injustices, on n’avait pas de sécurité d’emploi, on pouvait travailler à temps plein une semaine et seulement huit heures la semaine d’après ». Elle ajoute : « Quand j’ai demandé pourquoi les employé-es d’agence étaient mieux payés que nous, on m’a répondu que j’étais un leader négatif. Et que les leaders négatifs, ils seraient renvoyés », se rappelle Philippe Couture, Sauveteur et Poteau au Village Vacances Valcartier.

On ne naît pas syndicaliste, on le devient. Et trop souvent, ce sont les abus d’un employeur ou sa cupidité qui poussent à s’unir pour se faire respecter.

Un plan commun de syndicalisation
Sans le travail formidable de l’équipe de syndicalisation de la CSN et des agentes et agents multiplicateurs en syndicalisation (AMS), il aurait été impossible d’atteindre ces nouveaux camarades, a rappelé David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN. « Toutes les luttes que nous menons ensemble inspirent des milliers de travailleuses et de travailleurs et les incitent à joindre notre mouvement », résume-t-il. Lors de sa présentation mercredi portant sur les nouveaux syndicats affiliés à la CSN, il a évoqué le plan commun de syndicalisation animé par une coordination nationale et ses excellents résultats. David a évoqué l’objectif majeur d’augmentation du taux d’adhésion syndical au Québec pour augmenter le rapport de force face aux employeurs.

Le symbole Amazon
La multinationale, symbole de tous les excès du capitalisme et deuxième employeur le plus important des États-Unis, est pour David Bergeron-Cyr un enjeu mondial. La moitié des accidents de travail dans les entrepôts aux États-Unis se produisent d’ailleurs chez Amazon. Partout dans le monde, les employé-es de cette multinationale s’organisent pour se syndiquer et pour contester la gestion brutale et inhumaine de son PDG plein aux as – sa richesse personnelle représente un tiers du PIB du Québec.

Après le succès inspirant des employé-es d’Amazon à Staten Island, en banlieue de New York en janvier dernier (la toute première accréditation syndicale d’Amazon en Amérique du Nord), il est légitime pour la CSN d’appuyer la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs des entrepôts du Grand Montréal et d’ailleurs.

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Le rapport de force, pourquoi et comment l’exercer ? https://www.csn.qc.ca/actualites/le-rapport-de-force-pourquoi-et-comment-lexercer/ Wed, 17 May 2023 20:55:28 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90310 À la question portant sur la cohésion entre les orientations des organisations formant la CSN, plusieurs participantes et participants ont évoqué l’importance de « partir de la base ».

« Faut que ça parte du plancher et non le contraire », ont affirmé certains. « J’ai quitté une autre organisation exactement pour ça : on était gérés. On n’avait aucun contrôle sur notre syndicat ». D’autres ont toutefois nuancé. « Lorsqu’une organisation – un conseil central par exemple – se vote des orientations, ça vient des membres. Les syndicats ont aussi le devoir de faire vivre ces orientations, de les redescendre sur le plancher et d’y mener les débats. Ça part de la base, ça remonte, et ça doit redescendre. »

Sur l’éternel défi de favoriser la participation des membres, plusieurs ont souligné l’importance d’une communication efficace. Par efficace, on a sous-entendu « qui provoque l’écoute et engendre un dialogue ». D’autres ont évoqué la nécessité de bien comprendre la réalité des membres. Dans plusieurs syndicats, rejoindre les travailleuses et les travailleurs étrangers constitue un beau défi. « Chez nous, c’est 30 à 40 % de notre effectif. On a donc modifié nos méthodes pour aller vers une approche plus familiale, plus communautaire et ça fonctionne ! » Certains ont précisé avoir fait une place au sein du comité exécutif aux travailleuses et aux travailleurs d’origines diverses. « On n’a pas attendu qu’ils viennent à nous. On a pris les devants. Leur apport est précieux. »

À propos de ce que devrait être la priorité des actions politiques qui dénoncent les injustices vécues par les travailleuses et les travailleurs, le partage plus efficace de la richesse a largement été revendiqué. « Les plus riches de ce monde font 300 fois plus que nous autres. Y’en a de l’argent, de ce côté-là de la clôture. Ils ne veulent juste pas la partager. » Certains ont évoqué l’importance de partager non pas pour remettre aux individus, mais plutôt au collectif. « Dans les CPE, on a de plus en plus d’enfants à défis particuliers. On a besoin d’aide, on a besoin de soutien. Le partage de la richesse, ça doit servir au collectif aussi. »

Concernant la tenue d’éventuels états généraux sur le syndicalisme, la plupart étaient en faveur de ce genre d’exercice. Bien sûr, la délicate question de l’image médiatique du syndicalisme a fait réagir. « On est montré comme des chialeux, alors qu’on représente les solutions. Faut que le monde comprenne ça. » Toutefois, l’importance de la relève syndicale s’est démarquée comme l’un des enjeux prioritaires. « Si on est capables

d’attirer la relève, de convaincre de plus en plus de gens, il va en rester moins pour médire à propos des syndicats. La relève, c’est la clé. »

Finalement, l’analyse, le développement et l’exercice du rapport de force ont été ciblés comme étant prioritaires. Certains ont mis l’accent sur l’importance de bien calculer l’atterrissage suivant l’exercice musclé d’un rapport de force. « Quand ton rapport de force est très solide, les membres le savent et s’attendent à des résultats de même envergure. Il faut que le deal soit fort, sinon tes membres vont être déçus. De là toute l’importance d’analyser finement l’évolution de la conjoncture tout au long d’une négociation. »

Les résolutions seront débattues et soumises au vote demain.

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Là où le mot « nation » prend tout son sens https://www.csn.qc.ca/actualites/la-ou-le-mot-nation-prend-tout-son-sens/ Wed, 17 May 2023 20:45:41 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90288 Ce n’est pas d’hier que la CSN entretient des liens étroits avec les représentantes et les représentants du syndicat basque ELA (Solidarité travailleurs basques). À preuve, le premier contact entre la CSN et Amaia Muñoa, l’actuelle secrétaire générale adjointe du syndicat présente au congrès de la CSN, remonte à 2001, au Sommet des Amériques à Québec. Amaia venait alors tout juste d’être élue trésorière de ELA.

Une amitié tissée serrée
Malgré les images brouillées par les gaz lacrymogènes qui demeurent à l’esprit de bien des gens, les souvenirs que garde Amaia de cet événement demeurent limpides : « Je m’en souviens comme si c’était hier. Bien sûr, il y avait beaucoup d’agitation parmi les manifestantes et les manifestants et les affrontements avec les forces de l’ordre étaient particulièrement musclés. Mais ce qui m’a le plus marquée à l’époque, c’est cet accueil si chaleureux que nous avait réservé la CSN. C’est comme si nos partenaires de ce mouvement s’étaient fait un devoir de nous protéger dans tout le tumulte ambiant. C’est là que j’ai tissé mes premiers liens d’amitié avec le Québec et la CSN ».

Nations sans État et convergence des luttes
Lorsqu’on questionne Amaia et son collègue Unai Oñederra – lui aussi délégué de ELA présent au congrès de la CSN – sur la nature des liens qui unissent les deux organisations syndicales, les deux répondent du tac au tac : « Nous sommes deux grandes organisations syndicales évoluant au sein de nations sans État. Nous avons une histoire et un passé similaires, traversés par plus d’un siècle de luttes pour l’amélioration des conditions de travail de nos membres, mais aussi pour l’émancipation de nos nations respectives. Nous avons beaucoup appris de nos expériences mutuelles et avons encore beaucoup à apprendre de nos défis communs. »

Unai est aussi directeur de la Fondation Manu Robles-Arangiz créée par ELA en 1991 afin de promouvoir et de développer les valeurs du mouvement syndical basque. Pour lui, ces deux luttes, nationale et syndicale, sont indissociables : « La lutte pour l’amélioration des conditions de travail et des conditions de vie de nos compatriotes va de pair avec celle pour l’indépendance du Pays basque. Il s’agit des deux côtés de la même médaille », insiste-t-il.

Syndicalisme de combat
En plus de ces traits de convergence historiques, le style de syndicalisme même que pratique ELA s’apparente à celui de la CSN. « Pour faire face aux enjeux actuels et aux nombreux défis auxquels nous sommes tous collectivement confrontés, ça prend du nerf et de la détermination, explique Amaia. C’est ce que j’ai toujours aimé à la CSN, cette combativité dans le militantisme. On l’a vu encore dans la rétrospective des luttes présentée lors de la journée d’ouverture du congrès. C’est là qu’on voit tous les gains concrets qu’on peut réaliser lorsqu’on se mobilise avec pugnacité. »

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50 ans de luttes conjointes : les syndicats demandent toujours le respect https://www.csn.qc.ca/actualites/50-ans-de-luttes-conjointes-les-syndicats-demandent-toujours-le-respect/ Wed, 17 May 2023 20:18:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90282 La négociation du secteur public battant son plein, la CSN a voulu souligner les 50 ans du premier Front commun de 1972 par une courte rétrospective de cette négo au fil des ans. La projection du documentaire s’est close avec une ovation et des chants solidaires qui ont ouvert la troisième journée du rassemblement.

Dans la conjoncture politique du moment, les troupes se mobilisent devant un gouvernement qui « tend vers un appauvrissement des conditions de travail dans le secteur public », soutient François Enault, 1er vice-président de la CSN.

Pour le responsable de la négociation des secteurs public et parapublic, « les travailleuses et les travailleurs, comme en 1972 avec Robert Bourassa, considèrent que le gouvernement Legault a peu de respect pour leur profession. C’est pour ça que le monde se mobilise. » Pour une huitième fois au cours de l’histoire québécoise, les trois grandes centrales syndicales, accompagnées cette fois de l’APTS, ont décidé de se réunir à la table des négociations.

« Le Front commun, c’est super important. On est toutes et tous dans le même bateau, on a besoin du plus de bras possible pour assurer une bonne mobilisation et pour que le message passe », avance Yves Sabourin, vice-président à la vie syndicale, à la mobilisation et à l’information du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais–CSN.

En 1972, la revendication principale était de 100 $ minimum par semaine. « En 2023, la moyenne de la demande salariale du Front commun équivaut, pour la première année, à 100 $ de plus par semaine. Le gouvernement dit que ça n’a pas de bon sens, mais en même temps, les député-es vont se voter dans quelques jours une augmentation de 30 %, ce qui équivaut à 582 $ par semaine. C’est rire de nous autres », affirme François Enault. Pour la majorité des élu-es, l’indemnité annuelle de base passerait à 131 766 $, à laquelle s’ajoutent des primes dans la plupart des cas.

Une privatisation accélérée

La sauvegarde des services publics est le nerf de la guerre dans la bataille de l’heure, pour les militantes et les militants du secteur. Avec le dépôt du projet de loi 15 et l’objectif d’implanter la mégastructure que sera l’agence Santé Québec, le mouvement vers la privatisation se fera en accéléré et ce sont les contribuables qui « risquent d’en payer la facture ». Pour le premier vice-président de la CSN, « la vraie bataille est celle du maintien des services publics forts au Québec. Il faut s’adresser à l’ensemble du monde, pour que le message soit bien compris par toute la population. Ce n’est pas vrai qu’on va laisser le gouvernement nous pousser vers une privatisation de plus en plus grande », ajoute-t-il dans son discours d’aujourd’hui.

Annoncer des reculs acquis au terme de longues batailles a habituellement un effet mobilisateur. Dans son dépôt de décembre dernier, la CAQ proposait des reculs dans les

régimes de retraite. Pour le Comité de coordination des secteurs public et parapublic (CCSPP), le gouvernement utilise comme prétexte les départs hâtifs à la retraite provoqués par la récente bonification du Régime des rentes du Québec (RRQ). Il cherche ainsi à réduire la rente et à reprendre d’une main ce qu’il a donné de l’autre, alors que le régime est en pleine santé. « Un des avantages que les travailleuses et les travailleurs du secteur public ont, c’est bien le régime public de retraite. Ça mobilise notre monde que le gouvernement touche à ça », estime François Enault.

Ensemble, la CSN, la FTQ, la CSQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Cinquante ans après le premier Front commun, les centrales unissent une fois de plus leurs forces pour la ronde de 2023.

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Les technologies doivent servir les travailleuses et les travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/les-technologies-doivent-servir-les-travailleuses-et-les-travailleurs/ Wed, 17 May 2023 20:01:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90272 Les progrès technologiques touchent particulièrement certains emplois de l’industrie de la construction. Par exemple, il y a une vingtaine d’années, les arpenteuses et les arpenteurs travaillaient toujours en équipe de deux sur les chantiers. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Avec l’informatisation des équipements, l’utilisation de robots, de drones et des technologies de localisation comme le GPS, ils travaillent maintenant seuls. Et ce n’est pas sans conséquence.

Le vice-président de la CSN–Construction, Jean-Louis Simard, est bien placé pour en parler : il ne cumule pas moins de 60 000 heures sur les chantiers québécois. « Les arpenteurs doivent maintenant transporter seuls tout leur matériel, souligne-t-il. Il n’y a plus de transfert de connaissances entre les plus anciens et les nouveaux. C’est une source de stress importante pour les plus jeunes, puisqu’on sait qu’une seule erreur, en arpentage, peut coûter très cher. C’est aussi un risque accru d’accident, car toute ton attention est portée sur la machine et forcément moins sur l’environnement autour. »

Pour la CSN–Construction, qui place la santé-sécurité au sommet de ses priorités, c’est un enjeu bien réel. « Les employeurs sont prêts à investir dans les nouvelles technologies, mais malheureusement, pas mal moins dans la santé et la sécurité », déplore-t-il.

Pourtant, la technologie peut aussi servir à assurer la sécurité de toutes et de tous sur les chantiers. Il mentionne, par exemple, un système utilisé sur celui de l’échangeur Turcot : tous les salarié-es portent un capteur spécial dans leur casque, lequel est relié aux véhicules lourds. Ainsi, si un risque de collision est détecté, le véhicule tombe automatiquement au neutre. Une belle innovation, trop peu répandue.

Jean-Louis Simard croit qu’on verra de plus en plus d’automatisation complète de certaines tâches, et pas seulement dans l’arpentage. Pensons au travail de forage du tunnel du REM, sous le Mont-Royal, effectué par une machine téléguidée à partir d’un bureau. Le vice-président de la CSN–Construction se garde bien de rejeter ces nouvelles technologies. Il souligne que celles-ci peuvent faciliter certaines tâches et diminuer le risque d’erreur de calcul.

GPS
Lorsqu’on parle de nouvelles technologies dans la construction, on ne peut faire fi de l’introduction d’un nouveau système de compilation des heures qui a été au cœur d’un conflit de travail ces dernières années. Les syndicats s’opposaient à l’obligation pour les travailleuses et les travailleurs d’installer une application de pointage sur leur téléphone personnel. Les syndicats, dont la CSN–Construction, n’ont pas pu en empêcher le déploiement. Toutefois, ils ont forcé la mise en place de plusieurs balises afin de protéger la vie privée des salarié-es, dont l’obligation pour l’employeur d’obtenir le consentement écrit de la personne salariée.

Réforme annoncée
Les prochains mois ne seront pas de tout repos à la CSN–Construction. En effet, le gouvernement a annoncé son intention d’augmenter la « versatilité » sur les chantiers. À ses yeux, cela implique de revoir l’organisation de l’industrie, notamment en ce qui a trait à la distribution des tâches entre les différents métiers. Le gouvernement demande à la Commission de la construction du Québec (CCQ) de trouver un terrain d’entente entre les syndicats et les employeurs.

De tels changements doivent d’abord être débattus au Comité sur la formation professionnelle dans l’industrie de la construction, un lieu paritaire. Car plusieurs questions sont en jeu, notamment celle de la formation pour les futurs salarié-es comme pour celles et ceux qui sont déjà dans l’industrie. De plus, il faudra s’assurer que ces changements n’auront pas comme effet de diminuer la rémunération pour certains d’entre eux, puisque les taux de salaire ne sont pas les mêmes dans tous les métiers… Des discussions sont en cours, mais personne ne peut prédire actuellement si un consensus pourra émerger.

Si le gouvernement et les patrons ont tendance à dénoncer « l’immobilisme syndical », il faut rappeler que les syndicats ont déjà accepté, dans le passé, de procéder à certains changements, par exemple en permettant aux apprenti-es dans certains métiers de procéder au ramassage de débris, ce qui était auparavant réservé aux manœuvres de l’industrie. Rappelons également que les syndicats ont déjà accepté de réunir les métiers d’opérateurs de machinerie lourde et de pelle mécanique. Si ce changement n’est pas mis en œuvre actuellement, cela s’explique surtout par la vétusté du système informatique de la CCQ, datant de 1972…

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Pareils, mais différents https://www.csn.qc.ca/actualites/pareils-mais-differents/ Wed, 17 May 2023 19:24:58 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90268 « Nos organisations mènent des luttes similaires, dont celle contre ce que nous appelons la digitalisation du travail, une dévalorisation qui se manifeste par l’absence ou le manque de créativité, les tâches répétitives, bref, par une perte de sens au travail. Cette perte de sens est accentuée par l’inégalité des statuts d’emploi qui implique forcément une inégalité des salaires versés. Alors que le secteur public tirait les conditions de travail vers le haut avec des emplois dits statutaires (permanents), nous constatons que le privé ne fait pas mieux et que même dans le public, les conditions sont tirées vers le bas avec la création de postes plus précaires.

« Les travailleuses et travailleurs sans-papiers vivent aussi de la discrimination similaire à celle contre laquelle vous luttez ici. Plus précaires, ils acceptent souvent des postes mal payés que d’autres refusent, des emplois peu valorisants. Nous militons donc pour qu’il y ait une régularisation de leur statut, ce qui amènerait automatiquement un rehaussement important de leurs conditions de travail afin de tirer ces salarié-es vers le haut et de contrer la dévalorisation du travail.

Et différents

« Notre organisation regroupe 1,5 million de membres, y compris les sans-emploi affiliés que nous représentons et à qui notre organisation verse les indemnités de chômage que nous recevons de l’État. Plus besoin de déclarer ses semaines au gouvernement, le versement se fait plus rapidement, plus facilement et nous soutenons leurs efforts pour retrouver un emploi, pour refaire leur CV, etc. Les sans-emploi sont membres à part entière et participent à tous nos congrès.

Contrer l’ubérisation et la précarisation du travail

« Nous travaillons aussi à la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs de plateforme, de celles et de ceux, par exemple, qui livrent des repas via des applications, les faux indépendants qui ont le même employeur, afin d’élever leurs conditions de travail. On veut assurer leur santé et leur sécurité au travail tout en leur donnant accès aux protections sociales. Nous avons récemment vu, au Brésil, des applications pour obtenir les services d’un avocat payé à l’acte et donc précarisé, et nous devons organiser ces nouvelles formes d’accès au travail afin de leur garantir de bonnes conditions d’exercice.

« Nous travaillons également sur la mise en place de lois qui imposeraient un devoir de vigilance. Cela impliquerait que les maisons-mères des multinationales soient responsables et redevables pour toute la chaîne de production, du producteur de cacao en passant par celui qui le transforme pour le consommateur. Nous avons d’ailleurs tissé des liens avec la CSN lors de la courte grève des salarié-es de Barry Callebaut, en septembre 2019. Puisque nous avons la transparence financière en Belgique, nous avons divulgué les renseignements financiers nécessaires à la négociation des salarié-es de Saint-Hyacinthe.

« Finalement, comme vous, nous vivons une montée de l’extrême droite et nous sommes très vigilants à cet égard. Les élections européennes arrivent chez nous en 2024, à tous les niveaux de pouvoir du pays, et cela coïncide aussi avec les élections syndicales qui ont lieu tous les quatre ans. Nous avons des règles concrètes afin d’éjecter tout délégué-e affichant de telles postures politiques. Il n’est pas question pour nous de laisser l’extrême droite prendre place dans des organisations qui luttent pour la solidarité, l’entraide et la justice sociale. »

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La CSN en bonne santé financière grâce à une forte croissance du nombre de membres https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-en-bonne-sante-financiere-grace-a-une-forte-croissance-du-nombre-de-membres/ Tue, 16 May 2023 21:24:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90090 Fidèle à la longue tradition de transparence et de reddition de comptes propre à la CSN, le trésorier de la confédération, Yvan Duceppe, a présenté aujourd’hui aux délégué-es du congrès les états financiers de l’exercice se terminant le 28 février 2023, en plus des prévisions budgétaires 2023-2026.

Les quelque 2 000 congressistes présents ont ainsi pu constater que la CSN demeure en bonne santé financière avec des excédents enregistrés dans chacun des trois fonds sur lesquels repose la structure financière de l’organisation, à savoir le Budget de fonctionnement, le Fonds de défense professionnelle (FDP) ainsi que le Fonds de soutien extraordinaire (FSE).

Croissance du nombre de membres
Ces excédents, notamment celui du Budget de fonctionnement qui s’élève à près de 27,7 M$, s’expliquent entre autres par une forte croissance du nombre de membres CSN qui a porté les revenus de per capita à un niveau jamais atteint auparavant. « Au cours du dernier exercice financier, il y a eu en moyenne près de 28 000 membres cotisants de plus que ce qui avait été budgété lors du dernier congrès, portant ainsi les revenus de cotisations à plus de 281,6 M$ », se réjouit Yvan Duceppe.

« Cette croissance importante du nombre de membres cotisants témoigne de toute l’attractivité du mouvement CSN. Il va sans dire que cela constitue aussi une bonne nouvelle pour la santé financière de notre organisation », poursuit le trésorier.

Plusieurs nouvelles ressources
Cette situation, jumelée à l’atteinte d’économies substantielles découlant de la pandémie, a donc permis à la CSN de bonifier les services aux syndicats et de déployer un programme de mentorat. Celui-ci vise à accompagner et à outiller les conseillères et les conseillers du mouvement pour assurer la continuité des services et mieux répondre aux besoins des syndicats.

« Nous croyons que l’ajout de ces ressources représente une marque de foi envers l’avenir de notre mouvement, puisque le déploiement de celles-ci va nous permettre d’aborder les nombreux défis qui nous attendent avec encore plus de confiance », ajoute Yvan Duceppe.

FDP : l’outil de solidarité par excellence
Du côté du Fonds de FDP, le nombre moyen de prestations hebdomadaires de grève et de lock-out a plus que quintuplé par rapport au dernier mandat, passant de 93 en 2017-2020 à 538 en 2020-2023. Voilà qui représente un montant total versé de plus de 25,6 M$ aux membres affectés par ces conflits depuis la bonification du niveau des prestations qui avait été adoptée lors du dernier congrès.

Malgré cette somme importante, les revenus du FDP demeurent plus élevés que les dépenses, ce qui en confirme la bonne santé financière. « Plus que jamais, le FDP est en mesure de soutenir les luttes de celles et de ceux qui veulent améliorer leurs conditions de travail ou simplement se faire respecter. C’est dans un tel contexte qu’un outil de solidarité aussi puissant que le FDP prend tout son sens », conclut Yvan Duceppe.

Tout au long de la séance plénière, les délégué-es ont pu débattre des différentes propositions portant sur les finances. Les débats se poursuivront jeudi, jour où les congressistes seront appelés à adopter la proposition budgétaire 2023-2026 qui permettra à la CSN de soutenir les activités de ses organisations affiliées et, au premier chef, celles de ses membres.

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Une première série d’ateliers portant sur la transformation et la protection de nos emplois https://www.csn.qc.ca/actualites/une-premiere-serie-dateliers-portant-sur-la-transformation-et-la-protection-de-nos-emplois/ Tue, 16 May 2023 21:11:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90087 Deux propositions du comité exécutif sont soumises aux membres en atelier avant d’être débattues en plénière jeudi après-midi. Retour sur la première série qui s’est déroulée ce matin et qui abordait le thème de la transformation et de la protection de nos emplois.

Mise au jeu de la première thématique

Un premier panel composé d’Anne-Céline Guyon, chargée de projet experte climat chez Nature Québec et de Bruno-Pierre Gauthier, président du secteur transport à la FEESP–CSN, a abordé les défis liés à la transition énergétique à partir de l’exemple de l’électrification des transports collectifs. Les panélistes ont mis l’accent sur « l’importance d’écouter les gens qui sont au cœur de la machine » pour s’assurer d’une transition durable et juste qui ne laisse personne derrière.

En plus des impacts de la crise climatique, la proposition du comité exécutif aborde les conséquences sur la transformation de nos emplois des changements démographiques, des progrès technologiques, de la robotisation des entreprises, de l’intelligence artificielle ou de la délocalisation de nos emplois. Face à ces réalités complexes, la CSN souhaite entendre ses membres pour mieux orienter ses actions dans les années à venir.

Une formule revisitée

Pour ce 67e congrès, davantage d’espace a été prévu afin que les membres puissent échanger en petits groupes et s’approprier les enjeux avant de débattre plus formellement des propositions en plénière. Trente et un ateliers composés d’une quarantaine de personnes ont permis aux membres d’échanger sur les impacts de ces transformations dans leurs milieux, à partir d’une diversité de réalités tant sectorielles que régionales.

Les délégué-es ont parlé des emplois menacés par les progrès technologiques, dans les secteurs du commerce et de l’industrie, mais également dans les milieux moins affectés par ces changements historiquement, tels que les services de santé et l’éducation. La déshumanisation du travail inquiète pour ses effets sur les services et ses répercussions sur la santé mentale des salarié-es : « Les êtres humains ont appris à travailler ensemble, mais on n’a pas encore appris à télétravailler sans que ça génère une forme ou une autre de détresse psychologique ». On souligne que ces progrès peuvent aussi être à l’avantage des travailleuses et des travailleurs s’ils permettent d’améliorer la qualité des services et de leur vie au travail. Mais pour cela, les salarié-es doivent être au cœur des discussions, ce sont les vraies personnes expertes de l’organisation du travail.

On réclame plus de moyens pour accompagner les travailleuses et les travailleurs dans ces transformations : « Lorsqu’on constate que 70 % de la pollution est produite par les grandes entreprises et les industriels, il faut que la responsabilité soit également partagée. Les employé-es ne peuvent pas être les seuls à porter la responsabilité d’opérer une transition juste. ». L’inaction actuelle des gouvernements contribue grandement à la privatisation des profits et à la socialisation des coûts, notamment en matière de santé publique.

La dévitalisation des régions a aussi fait l’objet de nombreuses interventions ce matin, lesquelles ont souligné les disparités qu’elle entraîne. « Le fly-in fly-out provoque de sérieux effets secondaires. Les entreprises offrent des conditions de travail bonifiées afin que les salarié-es acceptent d’aller en région éloignée. Ironiquement, les travailleuses et les travailleurs locaux ne peuvent en bénéficier et les gens doivent à leur tour s’expatrier pour avoir droit à de meilleures conditions, vidant ainsi la région en question de sa main-d’œuvre. »

« Nous devons apprendre à vivre avec la planète au lieu de seulement l’exploiter. »

La configuration des salles en cercle dans les ateliers a favorisé l’écoute face aux diverses réalités. Il en ressort que ces changements affectent les travailleuses et les travailleurs de manière bien différente. Pour assurer une transition juste, écologique et équitable, les délégué-es ont rappelé que la solidarité doit rester au cœur de l’action de la CSN sur ces enjeux. Ils invitent aussi à développer des liens avec d’autres mouvements sociaux.

Ces discussions mettent la table aux délibérations qui se dérouleront lors de la plénière de jeudi après-midi. D’ici là, un deuxième chantier de discussion sera mis au jeu demain matin : celui de la construction de notre rapport de force collectif et solidaire.

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Des milieux de travail alliés contre la violence conjugale https://www.csn.qc.ca/actualites/des-milieux-de-travail-allies-contre-la-violence-conjugale/ Tue, 16 May 2023 20:55:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90084 Un dîner-causerie accueillait ce midi les délégué-es interpellés par la question de la violence conjugale en milieu de travail. Si on se fie à la participation à cette activité qui affichait complet, la mobilisation des syndicats dans la lutte contre la violence semble essentielle.

Nathalie Arguin, secrétaire générale de la CSN et responsable du dossier de la condition féminine, ouvrait la rencontre. L’objectif était « d’aborder un sujet important et délicat, celui de la violence conjugale. Même si on en parle un peu plus, selon Statistique Canada, seulement 30 % des victimes portent plainte… c’est donc un fléau et il y a plusieurs enjeux sur lesquels s’attarder aujourd’hui ». La secrétaire générale invitait chaleureusement les personnes présentes à participer à la période d’échange qui s’est tenue après la conférence.

Cette activité, qui s’est déroulée au Holiday Inn Montréal centre-ville en marge du congrès, est portée par Emmanuelle Proulx, responsable du comité confédéral de la condition féminine de la CSN. « Le but de la rencontre est d’initier les gens à la réalité de la violence conjugale en contexte de travail. Il faut que les gens réalisent que la violence conjugale, ça se poursuit au travail, pas nécessairement en matière d’actes, mais que la victime vit ça, même quand elle est sur les lieux de travail. Notre objectif est vraiment qu’il y ait une prise en charge syndicale de cette réalité », explique la conseillère syndicale.

Pour l’occasion, les organisatrices de l’événement ont invité Arina Grigorescu, chargée de projet des milieux de travail alliés contre la violence conjugale au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, à présenter une conférence de sensibilisation en la matière. Ce regroupement est un vaste réseau engagé depuis 1979 pour le droit à l’intégrité physique et psychologique des femmes. « Notre travail, c’est de représenter les droits des femmes et des enfants victimes de violence conjugale. Au regroupement, on va porter leur voix et sensibiliser les gouvernements et les autres intervenants sociaux, » annonce Arina Grigorescu.

Le programme Milieux de travail alliés contre la violence conjugale a été mis sur pied en 2021. Il propose aux employeurs et aux syndicats québécois une série d’actions de sensibilisation et de mesures visant à rendre les milieux de travail plus sécuritaires et aidants pour les victimes de violence conjugale. Les syndicats doivent désormais se positionner comme des alliés en favorisant la prévention des impacts de la violence conjugale au travail.

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Crise de l’information : un avenir en demi-teinte https://www.csn.qc.ca/actualites/crise-de-linformation-un-avenir-en-demi-teinte/ Tue, 16 May 2023 15:16:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90019 La transition vers une information hybride, parfois papier, parfois entièrement numérique, ne s’est pas faite sans heurts pour les médias québécois. Comme partout dans le monde, la recherche d’un modèle de revenus qui assurerait la pérennité de l’information s’est faite au rythme des mises à pied et des fermetures des salles de presse.

C’est une génération entière de nouveaux journalistes qui ont été préparés à la précarité professionnelle dès les bancs d’école. Or, la situation économique de certains médias semble enfin se stabiliser. La pandémie a eu des retombées positives dans les salles de presse et a amené un afflux de lectrices et de lecteurs, de même que de nouveaux revenus publicitaires, notamment des différents paliers gouvernementaux.

« Je suis très optimiste en ce qui concerne le futur du Devoir, j’ai l’impression que la volonté gouvernementale est là. Les gens comprennent l’importance de la liberté de la presse », explique Andréanne Bédard, présidente du syndicat de la rédaction du Devoir.

Même son de cloche du côté de La Presse, qui a amorcé quant à elle l’année 2023 avec des bénéfices évalués à 11 millions de dollars.

Le chemin a toutefois été long pour que le gouvernement agisse concrètement afin d’assurer la viabilité et l’indépendance des médias d’information, et c’est notamment la pression mise par la Fédération nationale de la culture et des communications–CSN qui a permis d’obtenir la mise en place d’un crédit d’impôt remboursable de 35 % pour la masse salariale des salles de nouvelles.

Sur le plan canadien, les travailleuses et les travailleurs du domaine de l’information devraient bientôt pouvoir compter sur l’adoption de la loi C-18 qui forcerait les Google et Facebook de ce monde à négocier des ententes d’indemnisation équitables avec les médias pour le partage de leurs contenus journalistiques, un autre gain de la FNCC–CSN.

Une réalité en demi-teinte

La situation semble plus difficile du côté de la nouvelle Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) qui rassemble une série de quotidiens régionaux (Le Soleil, Le Droit, Le Quotidien, La Voix de l’Est, La Tribune et Le Nouvelliste). Alors qu’ils avaient réussi à conserver l’édition papier de leurs journaux jusqu’à maintenant, ils se voient finalement forcés de transitionner totalement vers le numérique. Sur le banc des accusés, le coût toujours plus élevé de la production et de la distribution du papier. Cette transition s’accompagne de compressions d’une centaine d’emplois, soit près du tiers des effectifs de la coopérative.

À Montréal, la situation est précaire pour l’information locale, alors que la trentaine d’artisanes et d’artisans derrière le journal Métro et de ses hebdos de quartier pourraient bientôt perdre leur emploi. Métro Média attend toujours l’aide promise par l’administration Plante pour faire face à l’arrêt de la distribution des Publisac et à la perte draconienne de revenus publicitaires.

« Une vraie inquiétude règne au sein de la rédaction depuis quelque temps. On a tous conscience qu’il y a une crise dans l’industrie depuis plusieurs années, on sent que notre domaine d’emploi est précarisé », explique Zoé Magalhaes, présidente du syndicat montréalais de l’information qui représente les employé-es du Métro.

Ainsi, si la situation semble bonne dans certains grands médias, la santé financière est loin d’être au rendez-vous pour toutes et tous. Récemment, Québecor annonçait la suppression de 240 postes, dont 140 directement à TVA. De ces coupes, la majorité ne semble pas affecter les postes de journalistes, mais Pierre Karl Péladeau envisage de nouvelles compressions.

Du côté de Radio-Canada, c’est le spectre de Pierre Poilievre et du Parti conservateur qui angoisse. Ce dernier a récemment réitéré sa proposition de privatiser CBC/Radio-Canada s’il est porté au pouvoir lors des prochaines élections.

Les médias sont donc loin d’être sortis du bois et si certains font preuve d’optimisme, la majorité d’entre eux continuent de faire face aux défis que suppose la transformation en profondeur de leur modèle économique. La fin du modèle papier continue de s’imposer, mais bien futé celui ou celle qui prédira jusqu’où ira ce changement.

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Transformation du monde du travail et beaucoup d’émotions https://www.csn.qc.ca/actualites/transformation-du-monde-du-travail-et-beaucoup-demotions/ Tue, 16 May 2023 03:59:08 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90504 C’est au palais des congrès de Montréal que s’ouvrait ce matin le 67e Congrès de la CSN, où près de 2 000 participantes et participants se sont déplacés. Ce rassemblement permet aux centaines de syndicats présents de se prononcer démocratiquement sur les grands thèmes qui orienteront les actions de la centrale syndicale au cours des trois prochaines années.

Dans son allocution d’ouverture, la présidente de la centrale, Caroline Senneville, a souligné à grands traits les bouleversements profonds qui frappent le monde du travail. « La pandémie a laissé des traces. Nous nous sommes démenés pour que les services soient maintenus, pour que les industries roulent, pour que les biens soient transportés, les personnes logées, les bâtiments construits. Maintenant, nous devons nous adapter au télétravail, à la robotisation, à la numérisation, à l’intelligence artificielle, à la transition verte, aux impacts de la pénurie de main-d’œuvre et à l’inflation, notamment. »

La transformation des emplois – tout comme leur protection – est effectivement l’une des deux grandes orientations qui seront mises au jeu cette semaine. « À la CSN, on souhaite trois choses : tout d’abord, que nos syndicats soient alertés, qu’ils interpellent leur employeur sur ces enjeux et qu’ils soient mis au jeu pour orienter les transformations en cours dans leur milieu. Ensuite, comme centrale, c’est notre rôle d’outiller nos membres. Enfin, nous devons transmettre un message clair aux gouvernements pour qu’ils soutiennent ces transformations : si vous parlez aux patrons, vous devez parler aux syndicats. Toujours. »

Un nombre de conflits et un budget de soutien records

L’ouverture du congrès a également été l’occasion de souligner le nombre record de luttes qui se sont tenues au cours du dernier exercice. Ce sont d’ailleurs plus de 26 millions de dollars qui ont été remis aux grévistes CSN entre 2020 et 2023 en prestations de grève. Du jamais vu. « La CSN est la seule centrale syndicale qui s’est dotée de ce type de fond de grève, afin que nos membres gardent la tête haute… et hors de l’eau. La preuve que nous soutenons concrètement notre monde dans leur lutte pour obtenir des conditions de travail intéressantes ».

Des moments touchants

En conclusion de cette première journée, les ex-politiciennes Françoise David et Véronique Hivon sont venues parler aux participantes et aux participants de leur engagement militant et de la façon dont elles ont su rallier autour d’elles les personnes et les moyens nécessaires pour mener à bien les projets qui leur tenaient à cœur.

Le dernier acte du lundi fut sans doute le moment le plus émouvant et le plus attendu par les congressistes : la projection d’une vidéo retraçant l’ensemble des conflits du dernier mandat. Portées par la voix de la comédienne et dramaturge Évelyne de la Chenelière, les images de travailleuses et de travailleurs en conflit ont su tirer des larmes à de nombreuses personnes sur place.

Les congressistes seront en atelier demain avant-midi sur la question de la transformation des emplois. Les médias sont cordialement invités à y participer. Le congrès de la CSN se poursuit jusqu’au vendredi 19 mai.

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Pouvoir combattre le cynisme et le désintérêt, maintenant https://www.csn.qc.ca/actualites/pouvoir-combattre-le-cynisme-et-le-desinteret-maintenant/ Mon, 15 May 2023 22:07:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=89899 C’est un vibrant plaidoyer en faveur de l’engagement, du militantisme et de la solidarité qu’ont livré Françoise David et Véronique Hivon, cet après-midi, en ouverture du 67e Congrès de la CSN. Invitées à prendre la parole devant les 2000 congressistes, les deux ex-députées, respectivement de Québec solidaire et du Parti québécois, ont livré leur propre interprétation du thème du congrès, Pouvoir maintenant.

Rappelant qu’elle a elle-même été syndicaliste de 1977 à 1984, Françoise David a confié à l’assistance que c’est au cours de ces années à la CSN qu’elle a appris « comment on construit des stratégies, comment on mobilise les collègues, comment on gagne…  ou savoir quel chemin prendre quand on perd. » Car les victoires ne sont pas toujours immédiates, a-t-elle rappelé en citant les enseignements de Madeleine Parent. « Parfois, ça prend plus de dix ans, comme l’équité salariale », a ajouté Mme David.

L’ex-co-porte-parole de Québec solidaire a appelé les membres de la CSN « à travailler ensemble, pour le bien commun. Il faut prendre conscience qu’on a besoin les uns des autres » pour faire avancer notre société sur une base progressiste. « Le choix que nous faisons aujourd’hui, pour le bien commun, ce fut le choix de millions de personnes à travers les siècles pour changer leur vie, une révolution à la fois. Je nous fais confiance. Je sais que nous en sommes capables ».

Des propos qui ont trouvé beaucoup d’écho chez Véronique Hivon. « Il faut croire en ses capacités, sans attendre les conditions parfaites. On peut faire bouger les choses avec notre force militante ».

L’ancienne ministre et députée du Parti Québécois a rappelé aux congressistes la nécessité de construire un pouvoir ancré dans la base : un changement ancré dans la base, dans la réalité des citoyennes et des citoyens. Elle a souligné à plusieurs reprises que tout changement progressiste prend racine dans le militantisme. « Pour que les réformes aient du sens, elles doivent partir du monde. S’ancrer dans leur vie, dans leur vision. »

Une responsabilité que Véronique Hivon souhaite partager avec les militantes et les militants de la CSN présents au palais des congrès aujourd’hui. « Notre ennemi commun, c’est le cynisme, le désintérêt, la désaffection », a-t-elle conclu.

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