Assurance-emploi – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Tue, 11 Mar 2025 16:38:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Assurance-emploi – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Élections fédérales 2025 – Le vrai bon sens https://www.csn.qc.ca/actualites/elections-federales-2025-le-vrai-bon-sens/ Mon, 10 Mar 2025 20:59:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=103057 Les élections fédérales prévues au plus tard en octobre de cette année risquent fort probablement d’être devancées au printemps étant donné les récents développements à Ottawa. Les ambitions protectionnistes démesurées du nouveau président élu à Washington militent également en faveur d’élections hâtives.

Fidèle à ses habitudes, la CSN a l’intention de prendre part au débat public dans le cadre de ces élections. Alors que depuis plusieurs mois un vent conservateur souffle sur le pays et sur notre voisin du sud, notre centrale syndicale entend mettre de l’avant ses priorités et dénoncer les propositions qui ne vont pas dans l’intérêt des travailleuses et des travailleurs.

Nous vous invitons à visiter notre page portant sur les élections afin de susciter la réflexion et l’analyse autour des enjeux soulevés par ce vote.

Bien sûr, le temps venu, nous vous invitons aussi à exercer votre droit de vote.

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Des dossiers prioritaires qui doivent débloquer https://www.csn.qc.ca/actualites/des-dossiers-prioritaires-qui-doivent-debloquer/ Wed, 26 Jul 2023 18:07:26 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=91589 À la suite du remaniement ministériel fédéral annoncé le 26 juillet, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) souhaite rappeler l’importance de faire avancer des dossiers clés, notamment en matière d’emploi, d’environnement et de culture.

« Tout d’abord, la CSN salue l’arrivée de Pascale St-Onge à la tête du ministère du Patrimoine canadien alors que le gouvernement fédéral tente de forcer les géants du Web à payer des redevances aux producteurs canadiens de contenu d’information », souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Ancienne présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), Mme St-Onge dirigera donc l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi. D’ailleurs, en juin dernier, les délégué-es de la FNCC–CSN ont adopté une résolution demandant aux deux paliers de gouvernements de cesser d’acheter de la publicité sur les plateformes Meta/Facebook et Google/YouTube, tant que ces multinationales n’auront pas annoncé leur intention de se conformer au projet de loi C-18.

Au ministère de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault succède à Carla Qualtrough. « Nous espérons que le ministre pourra finalement mettre en place la réforme tant attendue du régime d’assurance-emploi. Il s’agit d’une revendication phare de notre organisation depuis des années et d’une promesse du gouvernement depuis 2015 », rappelle la présidente de la CSN.

Stabilité
Au ministère du Travail et des Aînés, Seamus O’Regan Jr. demeure à la barre. La présidente de la CSN presse le ministre d’accélérer la mise en place d’une loi anti-briseurs de grève pour les organisations de compétence fédérale comme il s’est engagé à le faire.

Au chapitre de l’environnement, les défis demeurent nombreux pour le ministre Steven Guilbeault, qui conserve son portefeuille. Lors du dernier congrès de la CSN, les délégués ont d’ailleurs voté des résolutions à propos des conséquences de la transformation des emplois entraînée par les changements climatiques.

Les congressistes ont réclamé une transition durable et juste qui ne laisse personne derrière ainsi que plus de moyens pour pouvoir accompagner les travailleuses et les travailleurs dans ces transformations.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de près de 1 600 syndicats, elle défend plus de 330 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité et prend part à plusieurs débats de fond de la société québécoise pour une société plus solidaire, démocratique, équitable et durable.

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La CSN réclame une bonification du régime d’assurance-emploi https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-reclame-une-bonification-du-regime-dassurance-emploi/ Thu, 02 Feb 2023 21:35:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87098 Avec ses alliés des autres grandes centrales syndicales et les organismes de défense des chômeurs, la CSN a réclamé jeudi une bonification du régime de l’assurance-emploi que le gouvernement fédéral s’apprête à réformer. Au fil des ans, les gouvernements successifs ont restreint l’accès et diminué la durée et le montant des prestations.

« Il est plus que temps qu’Ottawa redonne aux travailleurs et aux chômeurs les bénéfices de l’assurance-emploi qui leur reviennent », a déclaré la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Justin Trudeau doit décider s’il veut ajouter son nom au bas de la liste des premiers ministres qui, tour à tour et depuis 30 ans, se sont emparés des surplus de la caisse ou ont réduit les avantages d’un régime qui appartient pourtant aux travailleuses et travailleurs, et aux employeurs. »

Six travailleurs sur dix n’ont pas droit aux prestations
La CSN participait jeudi à Ottawa au Forum du Commissaire des travailleurs et travailleuses de l’assurance-emploi. La centrale met de l’avant une plate-forme de 15 revendications communes qu’elle partage avec la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Depuis plusieurs années, seulement quatre personnes en chômage sur dix obtiennent des prestations, alors que tout le monde cotise. L’accès au régime diffère aussi selon le taux de chômage régional. Enfin, les travailleuses et travailleurs à temps partiel, les employé-es saisonniers et les femmes enceintes sont désavantagés.

Élargir l’accès et augmenter les prestations
Avec ses alliés, la CSN propose un nouveau seuil pour avoir droit aux prestations, soit 420 heures de travail ou après 12 semaines d’un minimum de 14 heures, au choix du prestataire. La durée des prestations devrait s’étaler de 35 semaines à 51 semaines, avec une possibilité de prolongation pour les femmes qui perdent leur emploi pendant ou après leur congé de maternité ou parental.

Les syndicats estiment en outre que le taux des prestations devrait être calculé sur la base des 12 meilleures semaines travaillées. Le taux de remplacement du revenu – qui est actuellement l’un des plus faibles des pays de l’OCDE – devrait être relevé de 55 % à 60 %. Et le maximum du revenu assurable devrait être relevé à son niveau d’antan en tenant compte de l’inflation, soit 82 300 $ au lieu de 56 300 $ (selon les données de 2021).

Les indemnités de départ et les préavis – qui sont une compensation pour la perte définitive d’un emploi – ne devraient pas être considérés dans la détermination de la période de prestations. De plus, les employeurs devraient être tenus d’être plus clairs en déclarant les motifs de cessation d’emploi.

Un régime géré par un organisme tripartite
Selon les quatre grandes centrales, le gouvernement devrait recommencer à contribuer au financement du régime qui gagnerait à être administré par un organisme tripartite. Des « agentes et des agents de liaison » devraient être embauchés pour faciliter le traitement des dossiers. Et le chef principal du nouveau Conseil d’appel devrait être redevable à la Commission de l’assurance-emploi, et non pas à son seul président.

Les prestataires pourraient librement travailler l’équivalent d’une journée par semaine sans pénalité. Un trop payé équivalent à moins d’une semaine de prestations n’aurait pas à être remboursé. Et les gens qui totalisent un revenu de plus de 75 375 $ (en salaire et en prestations) ne seraient pas tenus de remettre une partie de leurs prestations à la fin de l’année fiscale.

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La CSN salue les mesures d’aide aux moins nantis et attend toujours une réforme de l’assurance-emploi https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-salue-les-mesures-daide-aux-moins-nantis-et-attend-toujours-une-reforme-de-lassurance-emploi/ Fri, 04 Nov 2022 01:13:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85612 La CSN souhaite souligner la présence de mesures d’aide ciblées dans l’énoncé économique de la ministre Chrystia Freeland présenté aujourd’hui. Du même coup, la centrale syndicale se doit de dénoncer l’absence de soutien nécessaire à ceux qui perdront leur emploi en cette période de resserrement économique causé par la hausse draconienne des taux d’intérêt.

« La CSN salue toutes les mesures d’aide aux citoyennes et citoyens les plus démunis pour faire face à l’inflation, alors même que cette dernière est nettement plus élevée que ce qui était anticipé dans le dernier budget fédéral. Par exemple, la bonification de l’Allocation canadienne pour les travailleurs, destinée aux salarié-es qui peinent à joindre les deux bouts, est une bonne nouvelle. Les mesures déjà annoncées au cours des dernières semaines pour aider les familles à faible revenu à affronter la hausse du coût de la vie, soit le doublement du crédit d’impôt pour la TPS et, surtout, le supplément de l’Allocation canadienne pour le logement, sont également des mesures qui vont dans le bon sens », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« En revanche, la réforme du programme d’assurance-emploi qu’on attend depuis trop longtemps n’est nulle part en vue, alors que le ralentissement économique actuel et la possible récession à venir accentueront inévitablement les pertes d’emplois. Puisque le gouvernement et la banque centrale provoquent sciemment le recul de la croissance pour casser l’inflation, il ne serait que normal qu’un programme d’assurance-emploi bonifié soit au rendez-vous pour soutenir celles et ceux qui perdront leur emploi. Malheureusement, c’est silence radio sur toute la ligne », déplore la présidente.

« Par ailleurs, il est prometteur de voir que le gouvernement fédéral mise sur un crédit d’impôt pour les technologies propres, une mesure intéressante tant du point de vue environnemental qu’industriel. Il encouragera notamment la création de bons emplois inclusifs, décents et propres pour les personnes qui rêvent de faire partie de la classe moyenne. »

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La CSN étonnée de l’absence de mesures-clés lors du discours du Trône https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-etonnee-de-labsence-de-mesures-cles/ Tue, 23 Nov 2021 22:04:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81044 Après le premier discours du Trône du gouvernement, la CSN reçoit positivement certains engagements liés à l’environnement et la culture, et reste sur son appétit quant à ses demandes-clés concernant l’assurance-emploi et le secteur privé.

Assurance-emploi
La CSN s’étonne de l’absence totale de ce dossier dans le discours du Trône. « Le gouvernement doit régler, une fois pour toutes, le problème du “trou noir”, cette période où une personne avec un emploi saisonnier épuise ses prestations d’assurance-emploi sans avoir été en mesure de retrouver un emploi. La réforme devra également garantir l’admissibilité des personnes travaillant à temps partiel, tout comme l’accès des travailleuses et des travailleurs autonomes, notamment celles et ceux travaillant dans l’industrie culturelle, grandement affectée par la crise », ajoute Caroline Senneville, présidente de la CSN.

En plus de n’être accessible qu’à moins de la moitié des travailleuses et des travailleurs avant la COVID, le programme d’assurance-emploi a montré qu’il était totalement inadéquat en situation de crise économique majeure. « Que la réforme règle ces problèmes et qu’elle les règle vite. C’est un engagement des Libéraux qui doit être honoré », insiste la présidente.

Culture
Par ailleurs, la CSN se réjouit de constater que le gouvernement entend déposer de nouveau un projet de réforme de la Loi sur la radiodiffusion qui doit assurer le plein épanouissement de la culture québécoise en protégeant mieux le contenu francophone et les acteurs du milieu. La centrale syndicale demande également un projet de loi obligeant les plateformes numériques comme Google et Facebook à rémunérer à sa juste valeur l’industrie des médias traditionnels pour le contenu d’information qui y circule. Ce projet de loi pourrait être déposé dans les 100 jours.

Rappelant que de nombreuses personnes œuvrant dans le secteur culturel sont sans revenus depuis la fin de la PCRE le mois dernier, Mme Senneville exhorte le gouvernement à mettre en place sans délai les mesures transitoires de supplément de revenus à l’attention des artistes, que les libéraux avaient promises lors de la campagne électorale.

Urgence climatique
« Le gouvernement semble accorder une grande importance à l’environnement. Bonne nouvelle, parce qu’il n’y a pas d’emplois sur une planète morte. Les solutions, on les connaît : accélérer les investissements en transport collectif, développer et adopter des énergies propres, instaurer une stratégie de rajustement des prix carbone à la frontière, éliminer les différentes formes de subventions à l’industrie pétrolière et assurer une transition énergétique qui soit juste pour les travailleuses et les travailleurs ainsi que les communautés. On attend avec impatience les mesures concrètes », soutient Madame Senneville.

Secteur privé
La CSN a des préoccupations majeures quant au peu d’espace accordé à la question des intérêts économiques du Québec face à la montée du protectionnisme américain pour protéger les intérêts de secteurs stratégiques de l’économie québécoise (acier, aluminium, bois d’œuvre). Les industries québécoises ne doivent pas en subir les répercussions négatives. La centrale syndicale demande également aux partis de s’engager sans délai à intégrer la Davie, le plus grand chantier naval au Canada, au sein de sa Stratégie nationale de construction navale.

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Assurance-emploi : la CSN demande à l’ensemble des partis fédéraux d’appuyer l’extension des programmes d’aide https://www.csn.qc.ca/actualites/assurance-emploi-la-csn-demande-a-lensemble-des-partis-federaux-dappuyer-lextension-des-programmes-daide/ Tue, 09 Mar 2021 00:48:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78568 Alors que des milliers de travailleuses et de travailleurs n’ont toujours pas retrouvé leur source de revenus, la CSN interpelle l’ensemble des partis politiques siégeant à la Chambre des communes pour que ceux-ci appuient le projet du gouvernement canadien de prolonger la période de couverture des programmes de l’assurance-emploi et des prestations canadiennes d’urgence et de relance économique.

Pour la CSN, la crise de la COVID-19 a démontré toutes les lacunes des modalités de l’assurance-emploi dénoncées par le mouvement syndical depuis des années. « Nous avons salué la bonification du programme d’assurance-emploi et la mise sur pied, dès les premières semaines de la pandémie, des prestations canadiennes, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Alors que l’économie redémarre tranquillement, de nombreux secteurs en auront pour plusieurs mois avant de retrouver un semblant de normalité, notamment dans les secteurs de la culture et du tourisme. On ne peut pas abandonner ces travailleuses et ces travailleurs, alors que la campagne de vaccination en cours nous permet d’espérer des jours meilleurs dans un avenir proche. »

Ainsi, la centrale syndicale demande à l’ensemble des partis d’opposition d’appuyer le projet de loi déposé par le gouvernement. « Nous appelons l’ensemble des partis politiques à faire preuve de leur sens des responsabilités. Les travailleuses et les travailleurs n’accepteront pas que les joutes partisanes se fassent à leur détriment. Ce projet de loi doit être adopté, et ce, rapidement », d’ajouter Jacques Létourneau.

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Discours du trône : les partis politiques doivent mettre de l’avant les mesures souhaitées par les travailleuses et les travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/discours-du-trone-les-partis-politiques-doivent-mettre-de-lavant-les-mesures-souhaitees-par-les-travailleuses-et-les-travailleurs/ Wed, 23 Sep 2020 21:52:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=76394 À la suite du discours du trône prononcé aujourd’hui, la CSN accueille favorablement l’annonce de plusieurs mesures souhaitées par le milieu syndical pour venir en aide aux travailleuses et aux travailleurs québécois et canadiens. En ce sens, la centrale syndicale invite les partis politiques représentés au Parlement du Canada à tout mettre en œuvre pour que ces mesures voient le jour rapidement.

« Tous les observateurs s’entendent pour dire que certains secteurs économiques seront affectés encore longtemps par la pandémie, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en sont les premières victimes. »

La centrale syndicale se réjouit particulièrement de la réforme annoncée en matière d’assurance-emploi. « La crise a malheureusement fait la démonstration, une fois de plus, que les modalités actuelles du régime d’assurance-emploi abandonnent un trop grand nombre de travailleuses et de travailleurs, notamment celles et ceux qui occupent des emplois à temps partiel, saisonniers ou atypiques. Il est urgent que l’ensemble des partis politiques collaborent afin que l’assurance-emploi puisse remplir son rôle, et ce, particulièrement en temps de crise », indique Jacques Létourneau.

La CSN accueille favorablement la mise en place d’un régime universel et public d’assurance médicaments. Elle rappelle que le modèle hybride en place au Québec n’est pas une voie à privilégier par le gouvernement fédéral compte tenu des problèmes d’accessibilité et la hausse fulgurante des coûts entraînés par le régime québécois.

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La réforme de l’assurance-emploi, plus nécessaire que jamais https://www.csn.qc.ca/actualites/la-reforme-de-lassurance-emploi-plus-necessaire-que-jamais/ Mon, 21 Sep 2020 16:11:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=76351 Au cours des derniers mois, des millions de personnes à travers le pays se sont butées aux nombreuses lacunes du régime d’assurance-emploi, un filet social dont les mailles ont été grandement agrandies par les réformes successives des 30 dernières années. Une part importante de ces travailleuses et travailleurs vivaient une période de chômage pour la première fois. N’eût été la mise en place rapide de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), cette première expérience aurait été des plus brutales.

L’impossibilité pour des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs de se qualifier à l’assurance-emploi, alors qu’ils venaient d’être mis à pied par des employeurs contraints au confinement, révèle toute l’incohérence de l’actuel régime d’assurance-emploi. La nécessité même de mettre sur pied la PCU pour répondre aux besoins en contexte de pandémie témoigne à elle seule de la trop grande rigidité des critères d’admissibilité et de la couverture déficiente du régime d’assurance-emploi.

Le mouvement syndical québécois exige depuis longtemps de la part du gouvernement fédéral une réforme de l’assurance-emploi, et si la nécessité d’instaurer la PCU illustre à quel point il est nécessaire de revoir de fond en comble le système de l’assurance-emploi, nos revendications conservent toute leur pertinence. Bien sûr, les mesures de transition entre la PCU et l’assurance-emploi annoncées à la fin août par le gouvernement Trudeau sont intéressantes, surtout celles qui permettent de se qualifier aux prestations avec 120 heures travaillées, mais elles auront une durée limitée. Ce à quoi il faut penser à partir de maintenant, c’est à une réforme en profondeur du régime.

Il est urgent de ramener le plancher d’admissibilité de 700 à 420 d’heures travaillées. Les travailleuses et aux travailleurs devraient également pouvoir se qualifier après 12 semaines travaillées, afin de nous rapprocher des critères d’admissibilité qui avaient cours avant la réforme Axworthy de 1993.

Le gouvernement doit également mettre un terme à la norme variable d’admissibilité qui fait en sorte que plus le chômage régional est bas, plus le nombre d’heures d’emploi assurable requis est grand. Si, sur papier, le principe semble logique, les travailleuses et les travailleurs sont toutefois pénalisés en raison des distorsions occasionnées par les pôles urbains de leur région respective. Nous proposons plutôt une norme de 420 heures ou 12 semaines travaillées, selon ce qui est le plus favorable au prestataire. Cette formule hybride éviterait de pénaliser outre mesure les travailleurs à temps partiel, ceux-ci ayant été particulièrement happés non seulement par la crise, mais aussi par la rigidité des critères d’admissibilité actuels du régime. La norme hybride doit de plus s’appliquer à l’ensemble des régions du pays.

Le gouvernement doit également augmenter le montant des prestations reçues en période de chômage. Pour nos organisations, le taux de remplacement du salaire devrait correspondre à au moins 60 % du maximum de la rémunération assurable (plutôt que 55 %), comme c’était le cas jusqu’en 1993.

La question du travail atypique — comme les travailleurs et travailleuses autonomes ou saisonniers — devra aussi être soulevée. Exclus de l’assurance-emploi, les travailleurs et les travailleuses atypiques n’ont pu traverser la crise que par l’entremise de la PCU. Trouver une façon de les intégrer au régime d’assurance-emploi demandera à l’ensemble des intervenants de faire preuve d’imagination et de créativité, nous en convenons. Nous sommes toutefois convaincus que la société canadienne ne peut tolérer plus longtemps que ces personnes n’aient pas droit aux mêmes protections que les autres salarié-es, et ce, strictement en raison de leur statut d’emploi.

De nombreux ajustements additionnels demeurent en outre nécessaires pour améliorer la capacité de la caisse d’assurance-emploi, financée à part presque égale par les employeurs et les salarié-es, à remplir sa mission première : venir en aide aux travailleuses et aux travailleurs ayant perdu leur emploi pour des raisons dont ils n’ont, malheureusement, aucun contrôle.

Le premier ministre Justin Trudeau amorcera sous peu la nouvelle session parlementaire avec un discours du Trône devant établir les priorités de son gouvernement pour les mois à venir. Il doit saisir l’occasion pour annoncer la vaste réforme de l’assurance-emploi demandée par les organisations syndicales et les groupes de chômeurs et chômeuses depuis trop longtemps — et ce, d’un océan à l’autre.

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La CSN salue les mesures annoncées par le gouvernement fédéral https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-salue-les-mesures-annoncees-par-le-gouvernement-federal/ Fri, 21 Aug 2020 16:39:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=76205 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) appuie les nouvelles mesures que le gouvernement fédéral entend mettre sur pied pour concrétiser la transition des prestataires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) vers le régime d’assurance-emploi.

« La prolongation de 4 semaines de la PCU devrait assurer un revenu aux travailleuses et aux travailleurs qui allaient bientôt avoir utilisé les 24 semaines auxquelles ils avaient droit, explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Le crédit de 300 heures assurables qu’accorde le gouvernement fera en sorte que plusieurs prestataires qui n’étaient pas admissibles à l’assurance-emploi auparavant le seront maintenant puisque le seuil d’admissibilité aux prestations régulières sera établi à 420 heures assurables. »

La CSN se réjouit également de la création des trois nouvelles « Prestations canadiennes de la relance économique », lesquelles visent à fournir un revenu aux prestataires de la PCU qui ne seront toujours pas qualifiés pour recevoir des prestations d’assurance-emploi.

« Nous sommes heureux de voir que les travailleuses et les travailleurs indépendants, les personnes malades et celles qui doivent prendre soin d’un proche ne se retrouveront pas sans revenu du jour au lendemain », a ajouté M. Lacharité.

Toutefois, l’organisation syndicale rappelle que ces mesures ne sont que temporaires. Les problèmes qui minent le programme d’assurance-emploi depuis plusieurs années subsistent toujours, tout comme la nécessité de réformer celui-ci. L’annonce faite par la nouvelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, sur le gel des cotisations au régime d’assurance-emploi pour les deux prochaines années a également de quoi faire sourciller.

« Nous sommes curieux d’en savoir plus sur le financement de ces nouvelles mesures. Il ne faudrait pas hypothéquer l’avenir à long terme de la caisse de l’assurance-emploi, s’inquiète M. Lacharité. Il ne faudrait pas se réveiller dans deux ans avec des cotisations qui explosent parce qu’on a créé un gigantesque trou dans la caisse. »

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Le gouvernement Trudeau doit être au service des travailleuses et des travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-trudeau-doit-etre-au-service-des-travailleuses-et-des-travailleurs/ Thu, 05 Dec 2019 21:20:30 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=73054 La FTQ, la CSN et la CSQ pressent le gouvernement Trudeau de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs du Québec et du reste du Canada. Pour les trois centrales syndicales québécoises, il est urgent de mettre en place un régime d’assurance médicaments public et universel ainsi que d’apporter rapidement les modifications nécessaires au régime d’assurance-emploi.

Alors que Justin Trudeau a promis, lors de la campagne électorale, la mise sur pied d’un régime national d’assurance médicaments, les organisations syndicales réclament que le premier ministre précise rapidement que le régime sera entièrement public et universel. « Nous connaissons trop bien les profondes iniquités entraînées par le système hybride du Québec, où se côtoient une assurance publique et une panoplie de couvertures privées, indique Jacques Létourneau, président de la CSN. La recommandation du Comité consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, rendue publique en juin dernier, allait exactement dans le sens de nos revendications : seul un régime entièrement public et universel pourrait mettre un terme à ces injustices et répondre aux valeurs canadiennes en matière d’universalité d’accès aux soins de santé. Le premier ministre Trudeau doit y donner suite sans délai. »

Dans le dossier de l’assurance-emploi, les attentes du mouvement syndical n’ont pas changé. Ottawa doit poursuivre le travail amorcé par le ministre précédent et s’engager fermement à réformer le régime d’assurance-emploi pour le rendre plus flexible afin que les chômeuses et les chômeurs puissent bénéficier de prestations justes et équitables. « 60 % des personnes au chômage ne peuvent recevoir de prestations, alors que tous les travailleurs et travailleuses contribuent à la caisse d’assurance-emploi, souligne le président de la FTQ, Daniel Boyer. Cela est un scandale. L’urgence de réformer le régime n’est plus à démontrer. Il faut entre autres revoir les normes d’admissibilité, limiter les exclusions, ne plus pénaliser les travailleuses et les travailleurs saisonniers, augmenter le taux de remplacement de la rémunération assurable et poursuivre le rétablissement des tribunaux tripartites de contestation de l’assurance-emploi où siégeront des représentants du gouvernement, des employeurs et des organisations syndicales. Nos attentes sont grandes, ne nous décevez pas. »

Compte tenu de la situation entraînée par l’élection d’un gouvernement minoritaire par la population canadienne, les centrales syndicales pressent le gouvernement d’agir avec écoute et ouverture afin de faire progresser ces dossiers. « Le premier ministre a promis de remettre de l’argent dans les poches des Canadiennes et des Canadiens, rappelle la présidente de la CSQ, Sonia Éthier. Les revendications du mouvement syndical du Québec vont exactement en ce sens. Les études nous démontrent que, collectivement, ce sont des milliards que nous pourrions économiser avec la mise en œuvre d’un programme public et universel d’assurance médicaments. Quant à l’assurance-emploi, il est grand temps que les chômeuses et les chômeurs retrouvent la possibilité de bénéficier pleinement des sommes qu’ils ont cotisé au régime. »

Ensemble, la FTQ, la CSN et la CSQ représentent plus d’un million de travailleuses et de travailleurs.

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Une bonne nouvelle pour les chômeuses et les chômeurs https://www.csn.qc.ca/actualites/une-bonne-nouvelle-pour-les-chomeuses-et-les-chomeurs/ Fri, 04 Oct 2019 14:58:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=72384 Les travailleuses et les travailleurs victimes des injustices causées par le programme d’assurance-emploi, dont le fameux trou noir, peuvent enfin se réjouir… en partie. Le gouvernement annonçait en août le rétablissement du tribunal tripartite de contestation de l’assurance-emploi pour 2021.

À ce tribunal tripartite d’appel, dorénavant nommé Commission d’appel de l’assurance-
emploi, siégeront des représentants du gouvernement, des employeurs et des organisations syndicales. Rappelons que les conservateurs de Stephen Harper avaient aboli, par pure idéologie, l’ancien modèle pour le remplacer par un tribunal qui s’est finalement avéré inefficace quant aux délais, à l’équité, à la transparence, à l’accessibilité et à la protection des chômeuses et chômeurs. Rien de moins.

Pour la CSN et l’ensemble des organisations syndicales, même si le problème du trou noir, qui prive des milliers de personnes de prestations, n’est pas réglé, le retour du tribunal constitue un pas dans la bonne direction. « Nous aurions espéré le rétablissement du tribunal avant 2021, mais c’est quand même une bonne nouvelle pour les travailleuses et travailleurs qui pourront enfin être traités avec justice et respect, explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Cette victoire fait suite à une campagne de longue haleine menée par les organisations syndicales, les groupes de défense des chômeurs et les groupes de femmes pour permettre aux personnes en chômage qui interjettent appel de bénéficier d’un traitement équitable. »

Le gouvernement devra maintenant s’attaquer à trouver des solutions au trou noir qui péna­lise injustement des travailleuses et travailleurs de certaines régions au pays.

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Du pain sur la planche pour les trois prochaines années https://www.csn.qc.ca/actualites/du-pain-sur-la-planche-pour-les-trois-prochaines-annees/ Mon, 17 Jun 2019 18:44:35 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=71742 Lors du 28e congrès du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN (CCGÎM) qui s’est tenu du 12 au 14 juin 2019 au Centre récréatif de Lavernière aux Îles-de-la-Madeleine, les délégué-es présents ont adopté les propositions qui guideront le travail du nouveau comité exécutif.

Le nouveau comité exécutif du CCGIM–CSN est composé de Serge St-Pierre à la présidence, de Sara Vigneau au poste de secrétaire générale, de Denis Beaudin à la trésorerie, d’Alain Chevarie à la vice-présidence, territoire des Îles-de-la-Madeleine et de Tony Savino à la vice-présidence, territoire de la Gaspésie.

À la suite de débats et d’échanges issus de trois ateliers tenus durant le congrès, six propositions finales ont été adoptées par les délégué-es.

« Puisque nous avons tenu une journée thématique sur le sujet la veille de notre 28e congrès, il sera bien évidemment question de transports. Nous allons talonner les pouvoirs publics sur cette question fondamentale en lien avec les promesses et annonces faites. Il sera également question d’accessibilité et de transparence des fonds publics alloués, et ce, autant pour la Gaspésie que pour les Îles, de souligner Serge St-Pierre, nouveau président du CCGÎM–CSN. Aux propositions que nous avions formulées sur le transport, nos délégué-es ont ajouté celle-ci : que le CCGÎM prenne tous les moyens mis à sa disposition pour permettre en tout temps l’accès au moyen de transport de façon prioritaire et équitable pour le mieux-être de la population qui y demeure ».

« Nous continuerons à promouvoir l’amélioration globale des conditions de vie des travailleuses et travailleurs sur nos territoires, de contrer l’exode de ceux-ci par le soutien, entre autres, aux luttes des syndicats locaux, à la campagne 5-10-15, à un régime d’assurance médicaments public et universel et aux mesures visant à contrer la rareté de la main-d’œuvre. Nous allons également favoriser un meilleur accueil des travailleurs étrangers pour qu’ils se sentent bienvenus et qu’ils s’intègrent aux sociétés gaspésiennes et madeliniennes », d’ajouter monsieur St-Pierre.

Fidèle à ses traditions, le CCGÎM–CSN poursuivra également sa promotion du respect et de la qualité de vie de ses membres et des citoyennes et citoyens sur ses territoires en luttant pour un développement économique socialement responsable en donnant aussi son appui à la « Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique ».

« À l’arrivée des élections fédérales, nous avons reçu le mandat de recenser nos revendications historiques à l’attention de ce gouvernement, de constituer une plateforme qui sera divulguée à la population de nos territoires et de défendre celle-ci auprès des candidats et des différents partis politiques durant la campagne électorale. Bref, nous avons beaucoup de pain sur la planche et c’est avec une grande fierté que je poursuivrai le travail de notre camarade et ami Anatole Chiasson qui vient tout juste de débuter une retraite bien méritée », de conclure le nouveau président du CCGIM–CSN.

Les délégué-es, les élu-es retraités et actifs et les salarié-es de la CSN ont rendu un vibrant hommage à monsieur Chiasson dans le cadre de leur traditionnelle soirée de solidarité.

À propos de la CSN et du CCGIM-CSN

Le CCGIM-CSN regroupe environ 4500 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité. Celui-ci compte plus de 77 syndicats affiliés.

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Élections fédérales, priorités syndicales https://www.csn.qc.ca/actualites/elections-federales-priorites-syndicales/ Thu, 06 Jun 2019 16:01:36 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=71587 Alors que la rentrée de l’automne sera marquée par la campagne électorale fédérale, le Point syndical vous propose de faire l’état des lieux de certains dossiers qui seront suivis de près par la CSN.

Environnement et lutte aux changements climatiques
Malgré les engagements pris par le gouvernement canadien lors de la Conférence de Paris (COP21) en matière de réduction des gaz à effet de serre, rien ne l’empêcha d’acheter à fort prix l’oléoduc Trans Mountain. Depuis l’élection de Doug Ford et de Jason Kenney, l’opposition à toute forme de taxation du carbone se fait de plus en plus entendre. En matière de mesures concrètes pour réduire notre production et notre consommation d’hydrocarbures, les lendemains du 21 octobre prochain deviennent de plus en plus inquiétants, en dépit de l’ampleur de la crise climatique.

Assurance-emploi
Malgré certains ajustements introduits par le gouvernement libéral, beaucoup reste à faire pour assurer une protection adéquate aux personnes en situation de chômage. Les mesures annoncées dans le budget fédéral de 2018 n’ont pas permis de mettre un terme au « trou noir » qui frappe durement des milliers de travailleuses et travailleurs saisonniers dans plusieurs régions du Québec et ailleurs au pays.

Assurance-médicaments
Constatant les ratés de la panoplie de régimes d’assurance médicaments à la grandeur du Canada, tant privés que publics, le gouvernement Trudeau a mis sur pied le Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments. Son rapport préliminaire, dévoilé en mars dernier, confirme les prétentions de la campagne menée par la CSN, la FTQ et la CSQ. Même s’il comporte des avantages par rapport au reste du Canada, le régime hybride, public et privé, qui prévaut au Québec entraîne de profondes iniquités entre les citoyennes et citoyens et provoque une hausse démesurée des coûts, tant pour les salarié-es et les employeurs que pour les différents paliers de gouvernement. Seul un régime entièrement public et universel pourrait instaurer l’égalité en matière d’accès aux médicaments parmi la population canadienne et entraîner d’importantes économies pour l’ensemble de la société.

Accords internationaux, contrats publics et emploi
La multiplication d’accords de libre-échange bipartites ou multipartites a grandement diminué la capacité du Canada, de ses provinces et de leurs différentes sociétés publiques de privilégier l’emploi local. Devant les géants américains, européens et asiatiques, il est de plus en plus difficile pour nos entreprises nationales de tirer leur épingle du jeu. Le gouvernement fédéral n’a toutefois pas démontré une réelle volonté de favoriser l’emploi local et les entreprises d’ici. L’exemple des trains de VIA Rail pour l’axe Québec-Windsor est flagrant : jamais la société de la Couronne n’a eu recours à la possibilité qui lui était offerte de négocier avec Bombardier Transport pour permettre à l’usine de La Pocatière d’égaliser la soumission de Siemens.

Aide aux médias
La classe politique, tous paliers de gouvernance confondus, a réagi bien tardivement à la crise que traversent les médias canadiens, particulièrement la presse écrite, et ce, malgré les revendications portées par la CSN depuis quelques années. La recommandation formulée par la Fédération nationale des communications–CSN, à savoir d’instaurer un crédit d’impôt sur la masse salariale des salles de presse, s’est enfin concrétisée dans le dernier budget Morneau. Reste à voir si les modalités d’application qui seront recommandées par le comité d’experts passeront le cap du 21 octobre.

Système de paye Phénix
Un véritable fiasco : pour combler la perte de 550 emplois au Nouveau-Brunswick, entraînée par l’annulation du registre des armes à feu, Stephen Harper provoquait trois fois plus de mises à pied à la grandeur du pays en voulant centraliser à Miramichi l’ensemble des systèmes de paye de la fonction publique fédérale. Depuis l’implantation du système Phénix, des milliers de fonctionnaires doivent en subir les ratés informatiques, ne recevant pas la rémunération correspondant à leurs heures travaillées. Au-delà des offres de compensation offertes récemment et acceptées par les membres d’UCCO-SACC–CSN, les libéraux ne sont toujours pas parvenus à trouver des solutions durables à ce véritable merdier provoqué par les conservateurs.

Paradis fiscaux
Fortement critiqué par les conservateurs, le cycle de déficits budgétaires dans lequel le gouvernement fédéral s’est engagé pourrait rapidement être résorbé par des mesures agressives et concrètes en matière de lutte à l’évasion et à l’évitement fiscaux. Entre autres dispositions législatives ayant un impact bien réel, le gouvernement canadien doit mettre un terme à la possibilité pour les entreprises de rapatrier des dividendes en franchise d’impôt à partir de paradis fiscaux. Pour la CSN, le Canada doit également appliquer les nouvelles normes découlant des initiatives du G20 et de l’OCDE en matière d’échange automatique de renseignements financiers pour mettre fin au secret bancaire.

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Le manque d’envergure du budget fédéral déçoit la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/le-manque-denvergure-du-budget-federal-decoit-la-csn/ Wed, 20 Mar 2019 00:11:36 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70688 La CSN se montre déçue du peu d’envergure du budget fédéral dévoilé aujourd’hui par le ministre des Finances, Bill Morneau. Alors que de nombreux enjeux auraient dû être abordés afin de venir en aide aux citoyennes et aux citoyens canadiens, bien peu de mesures structurantes se retrouvent dans ce budget.

« Nous le savons, les problèmes reliés aux pénuries de main-d’œuvre menacent directement l’économie canadienne, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Plutôt que de prendre le taureau par les cornes, le gouvernement vient piger dans la caisse d’assurance-emploi pour financer des formations à très court terme, alors que le problème du trou noir des travailleurs saisonniers demeure entier. » La CSN approuve toutefois le retour au tripartisme lors de contestation des décisions au Tribunal de la sécurité sociale.

D’autre part, la CSN aurait attendu des mesures bien plus concrètes pour régler le problème de la croissance sans fin du prix des médicaments, qui vient miner le bien-être des familles canadiennes. « La volonté du gouvernement fédéral de contrôler le coût des médicaments est certes bienvenue. Mais ce n’est pas en créant une agence nationale pour tenter de négocier leur coût qui règlera les problèmes que nous vivons. Seul un programme d’assurance médicaments public et universel pourra à la fois régler les iniquités entre les différentes formes de couverture et réduire substantiellement les coûts pour l’ensemble de la société canadienne », rappelle Jacques Létourneau.

La CSN salue néanmoins la confirmation des mesures en appui à la presse écrite, telles qu’énoncées par le ministre Morneau en novembre dernier. Le crédit d’impôt sur la masse salariale des journalistes, que prévoit le budget d’aujourd’hui, figure parmi les nombreuses revendications portées par la CSN afin de venir en aide aux médias écrits dans la crise qu’ils traversent présentement.

Enfin, la CSN déplore qu’aucune mesure particulière visant à appuyer le chantier maritime de la Davie ne se trouve dans le budget fédéral dévoilé aujourd’hui et que ce chantier — le plus grand au Canada — ne figure toujours pas au centre de la stratégie nationale de construction navale.

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La CSN occupe les bureaux de Service Canada https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-occupe-les-bureaux-de-service-canada/ Wed, 13 Mar 2019 18:36:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70651 Malgré une occupation du bureau de Justin Trudeau pendant neuf heures le 30 janvier dernier, Ottawa persiste à maintenir une mécanique de l’assurance-emploi qui génère de la pauvreté, qui dévitalise les localités éloignées qui vivent d’industries saisonnières. Une manifestation organisée par la CSN s’est tenue aujourd’hui dans les bureaux de Service Canada au Complexe Guy-Favreau, à Montréal, pour tenter de faire entendre la voix des régions au premier ministre.

« Pourquoi le gouvernement Trudeau s’obstine-t-il à maintenir une mécanique d’assurance-emploi héritée du gouvernement précédent, alors que la caisse de l’assurance-emploi déborde? », s’interroge Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Ce dernier demande au gouvernement, qui dit vouloir lutter contre la pauvreté et prévoit même un projet de loi sur ce sujet, de réformer en profondeur le système d’assurance-emploi actuel.

Les règles actuelles engendrent une fin des prestations, le trou noir, auprès des chômeuses et des chômeurs. Ces derniers font pourtant partie des moins bien nantis de notre société et on ne devrait pas les appauvrir encore plus. « Le prochain budget fédéral sera une bonne occasion pour le gouvernement de montrer qu’il est sérieux dans sa démarche et veut vraiment améliorer le sort des Canadiennes et des Canadiens qui sont au bas de l’échelle », ajoute Jean Lacharité.

Le trou noir persiste
Les solutions proposées dans le budget fédéral de l’an dernier ne corrigent pas le problème du « trou noir » qui plonge des milliers de familles dans la pauvreté. La formation ou les autres mesures proposées dans ce budget sont temporaires et incomplètes. Le nombre de semaines sans prestation d’assurance-emploi (trou noir) continue de croître en raison d’anciennes réformes du programme et du fait que le taux de chômage est plus bas dans l’ensemble des grandes régions qui servent de référence pour fixer le nombre de semaines de couverture. Les localités éloignées avec un taux de chômage plus élevé se trouvent défavorisées par ce calcul.

Ottawa doit entendre les régions
« Il faut cesser de vider les régions éloignées. Envoyer des travailleuses et des travailleurs de l’extérieur qui repartent de la région une fois le travail terminé n’assure pas la vitalité du territoire », soutient Jean Lacharité.

Bien que le problème du trou noir n’affecte pas les grandes villes comme Montréal ou Ottawa, les élu-es au fédéral doivent répondre à l’appel des régions et se prononcer sur leur volonté de réformer en profondeur les règles de l’assurance-emploi afin d’éviter le plus possible de multiplier les semaines sans aucun revenu pour les travailleuses et les travailleurs de l’industrie saisonnière en région éloignée.

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Une réforme est indispensable https://www.csn.qc.ca/actualites/une-reforme-est-indispensable/ Fri, 15 Feb 2019 20:14:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70177 Les règles actuelles de l’assurance-emploi nuisent sérieusement aux travailleuses et travailleurs des petites localités et, par ricochet, à l’économie des régions. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit le réaliser et agir en conséquence.

La pénurie de main-d’œuvre provoque une baisse du taux de chômage et, par conséquent, une plus grande étanchéité du programme. Il devient de plus en plus difficile de se qualifier pour l’assurance-emploi. Pour cette raison, les PME issues de secteurs saisonniers comme le tourisme, la pêche ou la foresterie ont de la difficulté à trouver du personnel, causant ainsi une dévitalisation de petites localités en région.

La baisse générale du taux de chômage d’une région provoque en effet la baisse automatique du nombre de semaines de prestation d’assurance-emploi et fait augmenter le nombre d’heures travaillées pour se qualifier. Ce dispositif fait en sorte que de plus en plus de travailleuses et travailleurs saisonniers voient augmenter leur nombre de semaines sans aucun revenu. En ce moment, ce « trou noir » sans revenu oscille entre 5 et 18 semaines.

Des travailleuses et travailleurs ont donc décidé d’occuper le bureau de Justin Trudeau à Montréal, en février, afin de lui faire entendre raison.

La CSN s’attend à ce que tous les partis politiques fédéraux se prononcent sur la nécessaire réforme de l’assurance-emploi et compte mener une lutte effrénée afin d’obtenir gain de cause.

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Manifestation pour une réforme de l’assurance-emploi https://www.csn.qc.ca/actualites/manifestation-pour-une-reforme-de-lassurance-emploi/ Thu, 31 Jan 2019 20:22:08 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70019

Photo : Jean-François Coutu

Malgré une occupation du bureau de Justin Trudeau pendant neuf heures hier, Ottawa persiste à maintenir une mécanique de l’assurance-emploi qui génère de la pauvreté, qui dévitalise les localités éloignées et qui vivent d’industries saisonnières. Après l’éviction des élu-es de la CSN hier, une manifestation s’est tenue aujourd’hui vers midi, devant ces mêmes bureaux pour tenter de faire entendre la voix des régions au premier ministre.

« Les solutions proposées dans le dernier budget fédéral ne corrigent pas le problème du « trou noir » qui plonge des milliers de familles dans la pauvreté. La formation ou les autres mesures proposées sont temporaires et incomplètes », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Le nombre de semaines sans prestation d’assurance-emploi (trou noir) continue de croître en raison d’anciennes réformes du programme et du fait que le taux de chômage est plus bas dans l’ensemble des grandes régions qui servent de référence pour fixer le nombre de semaines de couverture.

Photo : Jean-François Coutu

Au terme de cette occupation du bureau montréalais du premier ministre, une conseillère du cabinet Trudeau a simplement rappelé les mesures du dernier budget, par téléphone, et n’a pas été en mesure de dire si une rencontre était possible avec les représentants des régions concernées par le trou noir.

Ottawa doit entendre les régions

Photo : Jean-François Coutu

Bien que le problème du trou noir n’affecte pas les grandes villes comme Montréal ou Ottawa, les élu-es au fédéral doivent répondre à l’appel des régions et se prononcer sur leur volonté de réformer en profondeur les règles de l’assurance-emploi afin d’éviter le plus possible de multiplier les semaines sans aucun revenu pour les travailleuses et les travailleurs de l’industrie saisonnière en région éloignée.

Vider les petits villages éloignés ou y envoyer des travailleurs étrangers temporaires pendant une partie de l’année n’est pas une solution qui assure la vitalité de l’ensemble du territoire du Québec ou du Nouveau-Brunswick.

Photo : Jean-François Coutu

« Ottawa doit avoir une vision pour les régions et doit surtout passer des beaux discours à l’action s’il veut diminuer la pauvreté. Modifier en profondeur le régime de l’assurance-emploi serait un premier pas significatif », conclut Jean Lacharité.

Rappelons que des élu-es de quatre conseils centraux de la CSN étaient présents à l’occupation d’hier : Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN), Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN), Conseil central Côte-Nord (CCCN–CSN) et Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN). Le comité d’Action-Chômage Côte-Nord était également représenté.

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Le budget Morneau : un petit pansement sur une hémorragie https://www.csn.qc.ca/actualites/le-budget-morneau-un-petit-pansement-sur-une-hemorragie/ Fri, 16 Mar 2018 13:45:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66752 Plusieurs militantes et militants sont réunis ce matin devant divers bureaux de Service Canada de la Côte-Nord, de Charlevoix, du Bas-St-Laurent ainsi que du Nouveau-Brunswick pour dénoncer les mesures nettement insuffisantes en assurance-emploi prévues au budget Morneau. Les conseils centraux de la CSN de chacune des régions touchées, Action-chômage Côte-Nord ainsi que le Comité d’action de l’assurance-emploi des travailleuses et des travailleurs saisonniers du Nouveau-Brunswick exigent une aide immédiate pour combler le « trou noir de l’assurance-emploi » que vivent des milliers de travailleurs.

« Le 6 mars dernier, les attentes étaient très élevées avec le dépôt du budget ! Malheureusement, le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas été à la hauteur de ces attentes qu’il avait lui-même créées en nous faisant croire qu’il avait compris nos réalités. Dix millions de dollars pour tous les chômeurs, ce ne sont que des miettes. Et dire que le ministre Duclos a eu l’audace de qualifier ces mesures d’aide pour l’assurance-emploi d’ “historiques” ! C’est inhumain de sa part et cela nous démontre à quel point il est insensible aux familles qui sont de plus en plus nombreuses à n’avoir aucun revenu » a résumé Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord – CSN.

« Nous saluons l’idée de permettre à des travailleurs d’avoir accès à de la formation lorsqu’ils sont sur l’assurance-emploi. D’ailleurs, plusieurs programmes existent déjà! Malheureusement, on ne règle pas le problème réel qui touche 6 500 travailleuses et travailleurs qui occupent des emplois saisonniers et occasionnels. La majorité d’entre eux n’ont pas besoin de formation supplémentaire pour faire le travail qu’ils occupent chaque année », a déclaré Line Sirois, coordonnatrice d’Action-chômage Côte-Nord.

Les employeurs qui œuvrent dans le tourisme, la pêche, la construction et l’exploitation des richesses naturelles ont investi dans leur main-d’œuvre et ont formé leurs travailleurs. Lorsque ces entreprises redémarrent leurs activités, elles doivent pouvoir compter sur leurs travailleurs formés et expérimentés.

Les nouvelles mesures de l’assurance-emploi pour les règles d’admissibilité et le nombre de semaines de prestation ont un impact économique majeur sur nos régions. Seulement sur la Côte-Nord, 6 500 travailleurs seront 6 semaines sans revenu, selon les évaluations de Service Canada. Alors que ces travailleurs touchent en moyenne des prestations s’élevant à 400 $ par semaine, cela représente concrètement des pertes de 18 millions de dollars dans notre économie. Le phénomène est semblable au Bas-St-Laurent, dans Charlevoix, en Gaspésie et au Nouveau-Brunswick.

« En janvier, Jean-Yves Duclos, le ministre de la Famille, des enfants et du Développement social, nous avait dit bien comprendre la réalité de l’industrie saisonnière et par le fait même, les difficultés auxquelles les travailleuses et les travailleurs doivent faire face. Il nous avait promis que nos actions serviraient à quelque chose. Aujourd’hui, on se réunit à nouveau devant les bureaux de Service Canada parce que l’aide, on ne l’a toujours pas et ça devient intenable. Le gouvernement doit faire quelque chose et le faire maintenant », a conclu Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-St-Laurent.

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Ottawa doit mettre en place des mesures d’urgence avant d’arriver avec une solution durable https://www.csn.qc.ca/actualites/ottawa-doit-mettre-en-place-des-mesures-durgence-avant-darriver-avec-une-solution-durable/ Thu, 22 Feb 2018 16:12:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66293 Devant la multiplication des cas de personnes sans emploi qui se retrouvent actuellement sans prestations d’assurance-emploi dans l’est du Québec, la CSN réclame du gouvernement fédéral qu’il annonce des mesures d’urgence, le temps d’en arriver à des solutions durables à ce problème récurrent. C’est le message qu’ont livré à Montréal des représentantes et représentants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), dont trois conseils centraux concernés par cette situation, soit celui de la Côte-Nord (CCCN–CSN), celui de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN) et celui du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN).

« Il est carrément inacceptable que des travailleurs et des travailleuses soient aspirés dans une spirale de pauvreté et d’endettement parce que le régime d’assurance-emploi, pour lequel ils cotisent, est établi sur des bases qui ne tiennent pas compte de la réalité du travail saisonnier, indique Jacques Létourneau, président de la CSN. Le gouvernement Trudeau doit régler ce problème une bonne fois pour toutes. »

Le « trou noir » de l’assurance-emploi désigne la période, parfois longue de plusieurs semaines, où les chômeurs et chômeuses perdent leur couverture en raison des règles de calcul dans les différentes régions. Ce problème récurrent affecte particulièrement les travailleuses et travailleurs saisonniers des secteurs des pêches, de la forêt, du tourisme et de la construction. Des milliers de salarié-es se voient ainsi privés de revenus alors qu’ils sont dépendants du rythme des saisons.

Au cours des dernières semaines, les conseils centraux de la CSN de l’est du Québec, en partenariat avec différents regroupements de chômeurs et de chômeuses, ont multiplié les pressions sur le gouvernement. Le 12 janvier dernier, des militantes et militants du Conseil central Côte-Nord–CSN, ont occupé durant plus de 30 heures les bureaux du ministre Duclos. Puis, le 12 février, s’est joint le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN pour une série d’occupations simultanées dans cinq centres de Service Canada de l’est du Québec.

« Notre région vit au rythme du travail saisonnier, les victimes du “trou noir”, ce sont des membres de nos familles, nos amis, nos voisins, c’est pour eux qu’on se mobilise », explique Guillaume Tremblay, président du CCCN–CSN. De son côté, Anatole Chiasson, président du CCGIM–CSN explique « qu’il n’y a pas une journée qui passe sans qu’on rencontre des personnes touchées ou à la veille de l’être. Tout le monde se demande quand le gouvernement va réagir. » Même son de cloche chez Nancy Legendre, présidente du CCBSL–CSN : « Les personnes qui perdent leurs prestations nous interpellent, ne sachant ni vers quoi ni vers qui se tourner, et dans plusieurs cas, ce sera vers le crédit. Ça ne peut plus durer. »

Bien que plaidant pour une solution durable, la CSN rappelle qu’il faut impérativement mettre en place sans délai des mesures d’urgence. « Les sans-emploi ont besoin d’une action forte et immédiate de la part du gouvernement fédéral. C’est maintenant qu’ils éprouvent des difficultés et c’est maintenant qu’ils doivent recevoir l’aide qui leur permettra de passer au travers d’ici la reprise du travail », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.


Le « trou noir » en chiffre

Le nombre d’heures minimal pour avoir accès à l’assurance-emploi et le nombre minimal de semaines de prestations sont calculés selon le taux de chômage de la région concernée. Ainsi, dans la région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, où le taux de chômage est établi à 12,7 %, un prestataire doit avoir travaillé 455 heures pour recevoir un minimum de 24 semaines de prestations. Dans la région du Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord, où le taux de chômage est à 5,9 %, ce sont 700 heures qui sont nécessaires pour obtenir 14 semaines de prestations. En moyenne, au Canada, la durée du « trou noir » s’élève à plus de six semaines.

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La CSN au front dans l’Est du Québec https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-au-front-dans-lest-du-quebec/ Tue, 13 Feb 2018 20:41:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66177 On dit des « trous noirs » que même la lumière ne s’en échappe pas, pourtant, c’est tout le contraire qui s’est produit aujourd’hui dans l’Est du Québec, puisque du « trou noir » de l’assurance-emploi s’est dégagé un élan de solidarité et d’espoir. À l’appel du conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et de celui de la Côte-Nord, ainsi que de groupes de chômage de l’Est du Québec et du Nouveau-Brunswick, plus d’une centaine de militantes et militants solidaires, et de chômeurs et chômeuses ont occupé une dizaine de bureaux de Service Canada afin de dénoncer les règles inacceptables de l’assurance-emploi du Canada qui privent de revenus de nombreuses personnes.

Bureau de Service-Canada à Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine.

Le « trou noir » de l’assurance-emploi, un problème cruel et malheureusement récurrent
La problématique du « trou noir » n’est pas nouvelle, elle est en effet décriée par les groupes de chômeurs et par la CSN depuis de nombreuses années, mais le phénomène prend une ampleur plus importante cette année en raison des règles de calcul qui s’appliquent aux différentes régions. « Dans le fond, plus le taux de chômage est bas, plus on demande des heures pour se qualifier et plus le nombre de semaines de prestation auquel on a droit diminue. En février-mars, les gens n’ont plus de prestations et doivent attendre le retour du travail en avril ou en mai, selon l’emploi qu’ils occupent », explique Line Sirois d’Action chômage Côte-Nord. « Le problème n’est pas nouveau, mais il n’a jamais été aussi important, car aujourd’hui on parle de gens qui n’arriveront même pas à se qualifier à l’assurance-emploi », ajoute-t-elle.

Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord–CSN et Line Sirois d’Action chômage Côte-Nord.

Selon Line Sirois, il existe deux façons de faire face au « trou noir ». L’aide sociale pour les personnes seules ou qui ont un conjoint également touché, ou le crédit pour les autres « qui vivent à crédit jusqu’au retour du travail. Ils devront ensuite rembourser leurs dettes et reprendre leur souffle en attendant que tout cela recommence », dénonce madame Sirois.

Le couple Nancy Gendreau et Jimmy Pelletier de Forestville, vit actuellement la situation du « trou noir ». Alors que monsieur Pelletier a déjà perdu ses prestations depuis une semaine, madame Gendreau, elle, attend avec anxiété ce moment : « Dans deux semaines, c’est le néant pour nous », lance-t-elle avec angoisse. Elle et son conjoint multiplient les recherches d’emploi, mais il y en a peu dans leur secteur et ils refusent de quitter la Côte-Nord : « On ne veut pas s’exiler à Québec ou à Montréal, on a passé notre vie ici », poursuit-elle.

Le couple de Forestville n’est pas au bout de ses peines, l’année 2018-2019 s’annonce pire encore. « Cette année, l’emploi que j’occupe depuis cinq ans ne me permettra pas de me qualifier, je fais 554 heures par saison, et ça en prend 700 », explique Nancy Gendreau.

Richard Leblanc, des Îles-de-la-Madeleine, connaîtra le même sort à la fin du mois. Tout comme le couple Gendreau-Pelletier de Forestville, il multiplie les demandes d’emploi en vain. « Comme je reprends la pêche en avril ou en mai, ce n’est pas n’importe quel employeur qui est intéressé de m’engager pour un mois ou deux mois », indique-t-il. Bien qu’inquiet, le Madelinot prend la chose avec optimisme : « Moi, je suis chanceux parce que j’ai une conjointe qui travaille. J’évite la catastrophe grâce à elle. Si les deux nous perdions notre emploi, on devrait sûrement envisager partir des Îles. »

Nancy Gendreau et Jimmy Pelletier n’ont pas la même situation, ils croient devoir se résoudre à faire une demande d’aide sociale. « Quand t’es rendu dans une situation pareille, je trouve ça humiliant, et de loin. On fait juste transférer le problème du fédéral au provincial », confie Nancy Gendreau avec amertume.

Nancy Gendreau, observatrice à quai dans l’industrie de la pêche, et Jimmy Pelletier, travailleur de la forêt, couple de Forestville, tous deux en chômage saisonnier et victimes du « trou noir » de l’assurance-emploi.

La CSN au front pour mettre un terme au « trou noir »
C’est pour dénoncer ce phénomène injuste et inacceptable que les conseils centraux–CSN de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord ont entrepris une campagne de mobilisation au cours des dernières semaines. Soucieux d’accroître la pression sur le gouvernement, des efforts ont été faits pour élargir la mobilisation. « Ce matin, on voulait que la mobilisation prenne de l’ampleur. La Gaspésie et les Îles ont décidé d’embarquer avec nous, mais aussi des groupes de chômeuses et chômeurs du Nouveau-Brunswick », explique Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord. Déjà, en décembre dernier, le conseil central accompagné du groupe Action chômage Côte-Nord avaient occupé pendant 36 heures les bureaux du ministre Duclos à Québec. À ce moment, le ministre avait assuré aux militantes et militants qu’il se pencherait rapidement sur le dossier : « Visiblement, il s’en est occupé, mais pas dans le bon sens, parce que dans la région, au lieu de devoir faire 665 heures pour se qualifier pour 15 semaines, ça en prend maintenant 700 pour 14 semaines de prestations. C’est de pire en pire », affirme Guillaume Tremblay.

Les manifestantes et manifestants ne demandent rien de compliqué. « Nous avons décidé de faire cette action aujourd’hui en appui aux revendications que nous portons depuis plusieurs années auprès du gouvernement fédéral sur la question de l’assurance-emploi. Nous voulons qu’il change les règles de base d’admissibilité pour les prestataires pour éviter le “trou noir”. Ce n’est pourtant pas très compliqué », fait valoir Anatole Chiasson, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN. Guillaume Tremblay renchérit : « La caisse d’assurance-emploi génère des surplus toutes les années. Ce n’est pas le gouvernement qui remplit cette caisse, ce sont les travailleurs, les travailleuses et les employeurs. »

Dix occupations simultanées, et ce n’est pas fini!
À 10 h ce matin, les bureaux de Service Canada à Chandler, à Cap-aux-Meules, à Baie-Comeau, à Forestville, à Sept-Îles ainsi que cinq bureaux au Nouveau-Brunswick ont été pris d’assaut par des militantes et militants solidaires et par des chômeurs. Bien que tout ait été calme et paisible, Service Canada a préféré demander l’aide de la Sûreté du Québec pour faire expulser les occupantes et occupants.

Anatole Chiasson, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN et Danièle Bélanger, conseillère syndicale à la CSN, s’adressant aux médias dans la foulée de l’action contre le « trou noir ».

Alors que la Sûreté du Québec évinçait les occupants des différents bureaux, Anatole Chiasson en est allé de cette annonce : « On ne lâchera pas, au contraire, on va rester mobilisé et on va sûrement augmenter la pression sur le gouvernement pour qu’il change rapidement les règles d’admissibilité. »

Tant au Conseil central Côte-Nord qu’à celui de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, on promet d’autres actions d’éclat et on demande aux militantes et militants de rester à l’affût.

Richard Leblanc, pêcheur en chômage saisonnier, bientôt victime du « trou noir ».

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