Économie sociale – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Mon, 08 Feb 2021 12:15:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Économie sociale – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Budget du Québec : se donner tous les moyens https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-du-quebec-se-donner-tous-les-moyens/ Mon, 08 Feb 2021 12:10:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78403 Alors que la deuxième vague continue de s’abattre sur notre société, il va sans dire que les défis qui attendent le Québec sont gigantesques. Non seulement pour redémarrer l’économie, mais également pour s’assurer que nos institutions publiques, particulièrement nos réseaux de santé et d’éducation, soient en mesure de soutenir nos efforts en matière de relance économique et sociale.

Devant des défis d’une telle ampleur, il nous apparaît insensé que le Québec ne puisse compter sur l’ensemble des moyens qui sont à sa disposition. C’est en ce sens que nous interpellons aujourd’hui le ministre des Finances du Québec en vue du dépôt du prochain budget.

Le gouvernement doit rompre avec la stratégie d’austérité budgétaire qu’il poursuit depuis maintenant 25 ans. Il est aberrant que le carcan financier imposé par le retour à l’équilibre budgétaire et les versements au Fonds des générations — deux mesures adoptées dans un tout autre contexte et qui, de surcroît, avaient rempli leurs objectifs avant le début de la pandémie ! — continuent de miner notre capacité à nous sortir de la crise actuelle. Pourtant, au cours des deux dernières décennies, les finances publiques du Québec se sont grandement améliorées : la dette nette est désormais comparable à celles des gouvernements du Canada et de l’Ontario et, contrairement à celui du Québec, aucun de ces gouvernements ne détourne une part de ses revenus courants vers le remboursement de sa dette publique.

Une vaste majorité d’analystes s’entendent pour dire qu’un retour à l’équilibre budgétaire dès 2025 est irréaliste sans devoir hausser les impôts ou couper dans les dépenses publiques. Une solution souhaitable serait de repousser cette date butoir, comme le gouvernement l’a fait à la suite de la crise économique de 2008 dont l’ampleur était pourtant moins grave que celle d’aujourd’hui.

En pleine pandémie, il est inconcevable que le gouvernement s’oblige à dégager un surplus de près de 3 milliards de dollars afin de rembourser la dette publique à partir des revenus courants. Cela constitue une politique d’austérité budgétaire. L’état du ratio dette nette/PIB du Québec, inférieur à ceux de l’Ontario et de nombreuses économies de l’OCDE, milite en faveur d’une suspension des versements au Fonds des générations — tout comme la faiblesse actuelle et à venir des taux d’intérêt, et donc du service de la dette.

On s’en doute, le Québec a des besoins immédiats beaucoup plus importants, y compris pour ces « générations futures » qui, dans l’immédiat, se butent au sous-financement chronique de notre réseau d’éducation.

Bien que nous soyons entièrement d’accord avec la volonté du gouvernement du Québec de voir le gouvernement fédéral augmenter sa contribution aux coûts du système de santé, force est de constater qu’il fait piètre figure à ce chapitre : il se classe à l’avant-dernier rang des provinces en matière de dépenses en santé, accusant un écart de 333 $ par habitant sous la moyenne canadienne.

Pour nos organisations, il est urgent d’investir massivement dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation.

Faut-il, une fois de plus, faire ici la démonstration des liens directs entre les piètres conditions de travail du secteur public et les graves problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre qui ont miné la capacité de nos services de santé et d’éducation — sans parler des services de garde, essentiels au plein emploi et à la croissance économique — à répondre aux impacts de la pandémie ?

Les conditions de travail des employé-es des services publics ne peuvent plus être la variable servant à accélérer le retour à l’équilibre budgétaire. Avant même de pouvoir envisager un règlement dans le cadre des négociations du secteur public, il revient au ministre des Finances de s’assurer que la croissance des budgets alloués aux dépenses de programmes des principales missions de l’État permette l’amélioration des conditions de travail du secteur public et l’embauche du personnel nécessaire à la prestation de ces services.

Dans son budget, le ministre des Finances devra prévoir un financement adéquat d’un plan de relance de l’économie. Dès le printemps dernier, nous demandions au gouvernement d’instaurer les bases d’un véritable dialogue social avec la société civile pour discuter des différents moyens appropriés pour appuyer les travailleuses, les travailleurs et les entreprises dans leurs efforts de numérisation, de robotisation, de formation et de transition écologique, pour ne nommer que ceux-là.

Malheureusement, cet appel ne semble pas avoir été entendu par le premier ministre. Encore moins par son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dont la quête de « synergies » et de « pôles d’innovation » ne semble pas s’aventurer au-delà des portes closes d’un cercle restreint d’initiés.

Ce sont les membres que nous représentons, faut-il le rappeler, qui ont subi de plein fouet les impacts de la crise. Dans l’ensemble des démarches pour la relance de l’économie, nous estimons nécessaire d’instaurer ce dialogue social afin que les travailleurs et les travailleuses puissent faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations en matière d’emploi, de formation et de transformation de leurs milieux de travail. Les organisations syndicales connaissent leurs secteurs d’activités et, en ce sens, ont un rôle de premier plan à jouer dans cette relance.

Texte signé par : Jacques Létourneau, président de la CSN, Daniel Boyer, président de la FTQ, Sonia Ethier, présidente de la CSQ, Luc Vachon, président de la CSD

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La CSN solidaire des groupes communautaires en grève https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-solidaire-des-groupes-communautaires-en-greve/ Mon, 07 Nov 2016 14:28:21 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=56604 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à exprimer sa solidarité à l’endroit des quelque 1200 groupes communautaires engagés dans trois journées d’action cette semaine, dont deux jours de grève aujourd’hui et demain.

« L’apport des groupes populaires à la société québécoise est majeur, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. En les sous-finançant, voire en réduisant leurs budgets, le gouvernement Couillard affaiblit d’autant le Québec. Il doit cesser ses politiques d’austérité et leur assurer un financement adéquat. »

2015-11-03Vue d'ensemble(MDelsemme)

Jusqu’à mercredi, les organisations communautaires seront en action dans 17 régions pour réclamer un financement qui leur permettrait d’assurer pleinement leur mandat. Elles estiment à 475 millions de dollars la somme nécessaire pour rattraper leur sous-financement.

La dernière mise à jour économique du ministre Leitão a mis en lumière des surplus de plus de 3,7 milliards de dollars, avant le versement au Fonds des générations d’un montant de 1,5 milliard. « Alors qu’il appliquait son train de mesures austères, l’État québécois engrangeait des surplus, a poursuivi Jacques Létourneau. Les libéraux ont trompé les Québécoises et les Québécois en disant agir pour atteindre l’équilibre budgétaire. Leur véritable but est d’affaiblir l’État social en réduisant les services publics et les programmes sociaux.

« Le sous-financement des groupes communautaires participe à cette même logique. Nous savons maintenant que le gouvernement a les moyens de réinvestir massivement dans l’ensemble des missions de l’État, dont celle d’assurer un financement adéquat aux groupes populaires. Ces derniers peuvent compter sur l’appui de la CSN », a mentionné Jacques Létourneau.

 

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20 ans à faire les choses autrement https://www.csn.qc.ca/actualites/20-ans-a-faire-les-choses-autrement/ Mon, 01 Jun 2015 09:14:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=63014 À l’automne 1995, par un beau dimanche matin, l’équipe du Service de l’information de la CSN se livrait à un remue-méninges plutôt inusité. Il fallait en effet trouver un nom pour ce fonds de travailleurs que l’Assemblée nationale, quelques mois plus tôt, avait chargé la CSN de mettre sur pied. Après plusieurs heures de discussions animées, un nom avait finalement fait l’unanimité : Fondaction, le fonds de la CSN pour la coopération et l’emploi.

L’adoption de la loi constitutive de Fondaction, en juin 1995, avait été l’aboutissement de plusieurs années d’efforts conduits principalement par le trésorier de la centrale, Léopold Beaulieu. Ce dernier, un partisan de l’économie sociale, avait derrière lui une longue histoire marquée au coin de la coopération et de la finance socialement responsable. Léopold Beaulieu avait été l’un des fondateurs, en 1971, de la Caisse des travailleurs réunis de Québec, devenue avec le temps la Caisse d’économie solidaire Desjardins, qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de 1,4 milliard de dollars.

En janvier 1996, Fondaction lançait sa première campagne de souscription. Il avait fallu faire vite. Une petite équipe avait été formée, au sein de laquelle se retrouvaient des salarié-es prêtés par la CSN, qui y était aussi allée d’une mise de fonds de 663 000 $ pour permettre à Fondaction de prendre son envol. Une somme de 8 millions de dollars avait été recueillie la première année. Vingt ans plus tard, en 2013-2014, 198,1 millions de dollars ont été souscrits, dont 122,9 millions de dollars par la retenue sur le salaire, la très grande majorité de ces retenues étant faites au profit de travailleuses et de travailleurs membres de syndicats affiliés à la CSN. Les femmes représentent 51,5 % des 127 755 souscripteurs, dont les revenus annuels se situent en deçà de 50 000 $. L’actif total de Fondaction s’établissait cette même année à 1,26 milliard de dollars. C’est sur une structure de bénévoles actifs dans les milieux de travail — les Représentants Fondaction, les RF — que s’appuie le fonds pour son développement.

L’originalité de Fondaction

Le fonds de la CSN détonne dans le monde de la finance et de l’investissement, comme en témoigne le slogan qui l’identifie : Donner du sens à l’argent. Transposées dans le monde de la finance, ce sont les valeurs défendues par la CSN que Fondaction met en avant. En faisant du développement durable son cheval de bataille, le fonds de la CSN a fait figure de pionnier. Fondaction, qui a jusqu’à maintenant publié cinq rapports de développement durable, soumet volontairement son fonctionnement et ses pratiques à une analyse indépendante.

La préoccupation du développement durable prend de plus en plus d’importance, les entreprises devant prendre en compte la sensibilité grandissante du public à cet égard. En 2014, 5774 entreprises à travers le monde avaient décidé d’appliquer les lignes directrices de la Global Reporting Institute (GRI) pour produire leur rapport. Parmi ces entreprises, 703 sont des institutions financières et 139 d’entre elles ont atteint le niveau A+. Au Canada, seulement deux institutions financières ont atteint ce niveau, dont Fondaction. Depuis, elle est devenue la première institution financière en Amérique du Nord à s’imposer les exigences les plus élevées de la GRI. Seulement neuf institutions dans le monde agissent de la sorte.

Au détour de ce vingtième anniversaire, Léopold Beaulieu entend poursuivre encore plus résolument la recherche de cohérence entre les investissements en entreprises, l’épargne en vue de la retraite et les placements effectués par le fonds. « Il y a de grands enjeux de société, des enjeux sociétaux qui sont tout à la fois économiques, sociaux et environnementaux. Fondaction doit se retrouver au cœur de ces enjeux et apporter sa contribution », soutient-il. C’est là qu’il compte amener Fondaction.

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2013 : S’attaquer à la « récession sociale » https://www.csn.qc.ca/actualites/2013-sattaquer-a-la-recession-sociale/ Tue, 08 Jan 2013 10:00:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/2013-sattaquer-a-la-recession-sociale/ Pour les représentantes et les représentants de la CSN, toutes ces politiques d’austérité, qui correspondent à l’itinéraire que cherchent à imposer les marchés financiers, les organisations patronales et les cercles de réflexion de droite, laissent un goût amer. « Ces derniers ne peuvent continuer seuls à tirer les ficelles en coulisse. Il y a des déficits budgétaires, soit, mais il y a également un déficit social auquel se greffe un déficit démocratique, de dénoncer le président de la CSN. Cette droite s’affaire aussi à construire un discours pour affaiblir les organisations syndicales et, conséquemment, fragiliser les conditions de travail. Nous n’entendons pas la laisser faire. »

Le test de la réalité Au Québec, le recours aux banques alimentaires a crû de 17 % entre 2011 et 2012. Au troisième trimestre de 2012, le taux de chômage était de 7,7 %, mais grimpait à 10,4 % si on y ajoutait les chômeurs découragés. Parmi les personnes en emploi en 2011, plus d’une sur trois (38,1 %) occupait un emploi soit à temps partiel, temporaire autonome ou rattaché à une agence de placement. Pour le seul secteur manufacturier québécois, on dénombre la perte de 160 000 emplois en une décennie. Entre 2008 et 2011, le taux de croissance annuel moyen du salaire horaire médian, une fois l’inflation soustraite, n’a atteint que 0,6 % au Québec. Les prestations d’assurance-emploi et les conditions d’accès à celles-ci viennent à nouveau d’être réduites. Près de 40 % des travailleuses et des travailleurs n’ont aucun régime complémentaire de retraite. Pour finir, l’endettement des ménages canadiens a atteint un niveau record en 2012, avec un taux de 164,6 % des revenus disponibles. « Ces chiffres en disent long. Il est temps de renverser la vapeur ! C’est inexplicable que dans une société développée il y ait autant de pauvreté, de précarité et d’insécurité », de dire Jacques Létourneau.

Du côté des dépenses, en plus d’alimenter le cynisme, la collusion et la corruption démontrées à la commission Charbonneau coûtent cher aux citoyennes et aux citoyens. On évoque une hausse de 30 % du prix des travaux. Du côté des revenus, le Vérificateur général du Québec révélait, en 2009, que 14 entreprises n’avaient versé aucun droit minier de 2002 à 2008, alors que leur production brute valait 4,2 milliards de dollars. Dans une récente étude effectuée par KPMG, sur la compétitivité fiscale des entreprises à l’échelle internationale, le Canada se classe au premier rang des pays développés et au deuxième rang, après l’Inde, pour les résultats d’ensemble, parmi les 14 principaux pays comparés. « Pendant ce temps-là, les gouvernements provincial et fédéral maintiennent le cap sur les compressions budgétaires qui, de surcroît, s’additionnent d’année en année. Des gouvernements qui font aussi du remboursement de la dette leur nouveau leitmotiv, et ce, au détriment des services à la population et en recourant de plus en plus à la tarification et à la marchandisation des services publics », de soutenir Jacques Létourneau.

Forcer une meilleure répartition de la richesse « Derrière cette dure réalité, il y a du vrai monde. Du vrai monde qui peine même à survivre parfois. Le mouvement des indignés a d’ailleurs su démontrer à la face du monde cette montée des inégalités. Il faut continuer de s’en inquiéter et la combattre. Ainsi, à la CSN en 2013, nous privilégierons des axes de travail et d’action afin de répondre minimalement à trois objectifs : garantir des revenus décents pour tous, et ce, à toutes les étapes de la vie, assurer un développement économique durable et prévoir une fiscalité équitable et adéquate pour financer les services publics. Sur ce dernier thème, nous croyons qu’il est temps de relancer un débat de société. Chacun des derniers budgets nous a éloignés d’un système fiscal plus progressif », d’expliquer Jacques Létourneau.

En plus de soutenir ses syndicats en négociation, d’encourager la création d’emplois de qualité, de promouvoir la croissance des revenus pour les syndiqués comme pour les non-syndiqués, la centrale s’attaquera aussi à la question de notre système de retraite et à la promotion de la politique industrielle qu’elle vient d’adopter. Nous entendons participer activement aux consultations que le gouvernement mettra en avant, dont évidemment le Sommet sur l’enseignement supérieur. « Nous entreprendrons certainement une vaste campagne de sensibilisation sur ces enjeux de l’heure et sur la nécessité de barrer le chemin à ceux qui ne rêvent qu’à miner le rôle des syndicats dont, pourtant, la contribution historique au développement économique et social est reconnue. Comment croire que des législations comme C-377 ou celle dite de droit du travail (right-to-work) comme aux États-Unis seraient pensées pour protéger les droits du monde ordinaire ? » de demander Jacques Létourneau. Pour la CSN, il est possible de conjuguer progrès social et progrès économique. Pour y parvenir, il faut oui créer de la richesse, ce que les travailleuses et les travailleurs font tous les jours, mais aussi la partager. « Cela veut dire, sur les lieux de travail, être capable d’offrir des conditions de travail et des emplois de qualité et, dans la gestion publique, avoir un État apte à soutenir l’économie et à mettre en place des mesures de solidarité afin que comme citoyens et comme travailleurs nous retrouvions des lendemains meilleurs », de conclure le président de la CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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