Énergie – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 19 Sep 2024 13:44:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Énergie – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Mettons fin à l’octroi précipité des blocs d’énergie https://www.csn.qc.ca/actualites/mettons-fin-a-loctroi-precipite-des-blocs-denergie/ Thu, 19 Sep 2024 11:00:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=99650 Dans le cadre des consultations sur la Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives (PL no 69), la CSN s’inquiète de l’octroi précipité des blocs d’énergie, alors que des débats importants sont menés à la hâte.

« On place la charrue devant les bœufs. Dans le contexte où le Québec ne dispose plus de surplus d’électricité à moyen et long terme, nous devons être prudents. Les nombreux projets industriels viennent ajouter à la demande et il est d’ores et déjà clair que les infrastructures additionnelles qui seront nécessaires se traduiront par des augmentations importantes de tarifs, incluant la clientèle résidentielle », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. L’organisation syndicale s’inquiète aussi de la place réservée aux industries existantes qui auront besoin d’énergie supplémentaire pour maintenir de bons emplois dans nos régions ressources.

 C’est pourquoi la CSN est d’avis que le législateur doit ajuster les dispositions du PL 69 concernant le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, mais l’invite à sursoir à l’adoption des autres dispositions. « L’objectif est d’accélérer le processus de consultation et d’adoption de ce plan dont le Québec a urgemment besoin, alors que l’on doute que plusieurs autres éléments du projet de loi soient véritablement nécessaires ou même souhaitables », précise Mme Senneville.

 

Ne touchez pas à Hydro-Québec

D’autre part, la CSN exige qu’on laisse Hydro-Québec tranquille. « Il ne fait aucun doute que le PL 69 vient réduire le rôle d’Hydro-Québec dans la production, le transport et la distribution d’électricité. Depuis 1963, Hydro-Québec génère des retombées qui sont au cœur du développement économique et social du Québec moderne. Pour la confédération, ce serait une grave erreur de faciliter l’accroissement de la place du privé en permettant, par exemple, la vente de certains de ses actifs. »

Bien qu’on tente de nous rassurer, la privatisation lente et tranquille de nos ressources nous guette. « Hydro-Québec est en mesure de répondre aux besoins énergétiques du Québec dans l’avenir. Il est impératif de préserver ce patrimoine collectif qui est vital. »

Finalement, la CSN déplore que le gouvernement n’ait pas jugé bon l’inviter en commission parlementaire. « La consultation des acteurs politiques et sociaux est primordiale. Ce projet de loi comporte trop d’enjeux cruciaux pour faire l’économie de débats. Le gouvernement doit entendre le plus de gens possible », conclut Caroline Senneville.

Pour consulter le mémoire de la CSN: https://www.csn.qc.ca/memoire-pl-69_gouvernance-ressources-energetiques/

 

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Il faut rester complètement maîtres chez nous https://www.csn.qc.ca/actualites/il-faut-rester-completement-maitres-chez-nous/ Thu, 06 Jun 2024 21:48:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=98145 Le projet de loi 69 ouvre la porte à plus de production d’électricité privée, notamment par son article 38, qui permet à une entreprise de produire de l’électricité et de la distribuer à un client situé sur un terrain adjacent.

La hausse à 100 mégawatts (MW) maximum, plutôt que les 50 MW actuels, de la production hydroélectrique privée, est une autre voie par laquelle de nouveaux producteurs privés pourraient apparaître.

« Malgré certains points positifs, comme la planification des besoins à long terme, le projet de loi Fitzgibbon ne ferme pas la porte à des projets privés. Ces derniers risquent de ne pas bénéficier d’acceptabilité sociale et d’empêcher l’atteinte d’une vision d’ensemble quant à ce qui sera produit à long terme », souligne Caroline Senneville, présidente de la CSN. La planification devrait permettre d’éviter les mauvaises surprises et permettre de prendre en compte l’ensemble des besoins sociaux, économiques et environnementaux du Québec.

Ouverture à des modifications importantes de tarifs

Deux éléments de l’encadrement de la tarification disparaîtront après 2026 : la tarification dynamique ne serait plus seulement optionnelle et la tarification domestique pourrait varier en fonction de l’intensité énergétique. Le modèle de tarification pourrait donc changer radicalement à partir de 2026 en fonction de la consommation. Or, certaines personnes moins fortunées n’ont pas les moyens de rénover leur maison. C’est encore plus vrai pour les locataires aux prises avec un logement qui est une passoire thermique.

La CSN estime que le modèle de développement du secteur éolien au Québec est intenable dans sa forme actuelle et souhaite qu’Hydro-Québec soit le seul maître d’œuvre en la matière.

La présidente de la CSN déplore par ailleurs que ce projet de loi ait été élaboré sans transparence et sans débat public au préalable.

La CSN va étudier le projet de loi plus en profondeur pour mieux comprendre tous ses impacts sur les travailleuses et les travailleurs concernés.

À propos 

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN représente des travailleuses et des travailleurs dans la fabrication de pièces d’éoliennes.

 

 

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Les personnes qui font tourner le Québec veulent être entendues https://www.csn.qc.ca/actualites/les-personnes-qui-font-tourner-le-quebec-veulent-etre-entendues/ Thu, 20 Oct 2022 19:41:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85380 Au Conseil des ministres présenté aujourd’hui, composé de nouveaux visages comme de vétérans et qui aurait dû être paritaire, la CSN exprime la même demande pressante : les besoins des travailleuses et des travailleurs doivent venir en tête de liste, quel que soit le ministère touché. Et la centrale syndicale s’attend à être interpellée pour tout dossier relié au monde du travail.

« En effet, toutes les personnes qui donnent des services, éduquent, soignent, construisent et produisent le nécessaire pour répondre aux besoins de la population, méritent qu’on prenne mieux soin d’elles, surtout en période de pénuries de main-d’œuvre, d’inflation, de crise du logement. Nos services publics, véritable richesse du Québec, font peine à voir. Du côté du secteur privé, les mesures d’aide vers une transition juste tardent à se concrétiser, malgré l’urgence climatique », déplore Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Partout, la reconnaissance du personnel est primordiale, tout comme l’amélioration des conditions de travail. On y pense particulièrement en cette Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail : le nouveau gouvernement Legault doit écouter réellement ce que les travailleuses et les travailleurs du Québec ont à dire », affirme la présidente.

AUTRES CITATIONS DE CAROLINE SENNEVILLE :

 Sur la reconduction de Jean Boulet au ministère du Travail et la nomination de Kateri Champagne Jourdan à l’Emploi
« La CSN souhaite la bienvenue à Mme Champagne Jourdan au Conseil des ministres et voit d’un bon œil la poursuite des travaux en cours avec le ministre Boulet, lui qui nous a habitués à un canal de communication ouvert et fluide. Surtout que les enjeux ne manquent pas : pénurie de main‑d’œuvre, travail des enfants, salaire minimum, pour ne nommer que ceux-là. Ces ministres ont un rôle extrêmement important : ils s’occupent de ce qui fait véritablement tourner le Québec, soit le travail des Québécoises et des Québécois. »

 Sur la reconduction de Sonia LeBel au Trésor
« La reconduction de Sonia LeBel dans un poste névralgique comme au Conseil du trésor est importante, surtout en ce qui a trait aux négociations à venir des 170 000 membres représentés par la CSN dans le secteur public. Souhaitons que Mme LeBel se mette rapidement en mode écoute, et comprenne que nos membres sont en droit d’obtenir des conditions de travail et salariales à la hauteur des services qu’ils rendent à la population. Ce qui avait tardé lors de la négociation avec les travailleuses des CPE. »

Sur la reconduction de Christian Dubé à la Santé
« Le ministre Dubé reconnaît lui-même les énormes enjeux du réseau de la santé et des services sociaux, lui qui s’est engagé à en faire un employeur de choix – ce que nous n’oublierons pas. Espérons qu’il sera à même de mettre en chantier ses engagements afin de rendre le réseau attrayant et sécuritaire, à la fois pour celles et ceux qui y travaillent et pour toutes les personnes qui y sont soignées. Ça doit commencer par un réinvestissement majeur dans le réseau, et la CSN s’attend à continuer à faire partie des réflexions et des travaux qui en découleront. »

Sur les nominations de Bernard Drainville à l’Éducation et Pascale Déry à l’Enseignement supérieur
« En éducation et en enseignement supérieur, les défis sont immenses et prioritaires, à la hauteur de l’importance de ces dossiers pour la société québécoise. M. Drainville et Mme Déry auront beaucoup à apprendre et devront faire bien mieux que leurs prédécesseurs. S’ils veulent bien faire fonctionner le réseau, ils devront s’occuper des êtres humains qui y travaillent. Aussi, la CSN en profite pour saluer la décision de maintenir ces deux ministères séparés et s’attend à être consultée régulièrement par ceux-ci. »

 Sur la reconduction de Benoit Charette à l’Environnement, la Faune et les Parcs 
« La CSN demande à Benoit Charette que la mise en place de mesures de transition juste s’accélère, comme l’a fait le gouvernement fédéral la semaine dernière quand il a annoncé un investissement majeur pour décarboner Rio Tinto à Sorel. L’environnement et l’économie y gagnent, les travailleuses et travailleurs aussi. Des mesures d’aide pour une transition énergétique respectueuse de celles et de ceux qui y œuvrent est requise au plus vite, sinon on manquera le train et il sera trop tard. Et il n’y a pas d’emplois sur une planète morte. »

À propos de l’Énergie, maintenant sous le ministère de l’Économie
« Attention à la concentration de pouvoir : un ministère de l’Énergie à vocation un peu plus économique n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais un “virage vert” avec une multitude de projets énergivores, comme souhaité par le gouvernement, serait une erreur pour le Québec, tant que ne sont pas priorisés les objectifs climatiques. »

À noter : réaction CSN plus élaborée à venir sous peu pour les dossiers éducation et santé.

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Quand intérêts syndicaux et patronaux se rencontrent https://www.csn.qc.ca/actualites/quand-interets-syndicaux-et-patronaux-se-rencontrent/ Tue, 10 Dec 2019 16:45:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=73117 Quand le Point syndical a voulu aborder les enjeux d’organisation du travail avec le syndicat d’Énergir, son président, André Léonard, a tenu à le faire aux côtés de Jules Langlois, directeur des ressources humaines de l’entreprise. Une formule pour le moins inusitée, mais à l’image du climat qui règne au sein de la société énergétique. Et à voir les gains réalisés par le syndicat au cours des dernières années, force est d’admettre que les travailleuses et les travailleurs ont su en tirer leur épingle du jeu.

M. Léonard, en tant que président du syndicat, pourriez-vous nous expliquer sur quelles bases reposent vos relations avec la direction ?
« D’abord, il faut préciser que cette collaboration ne s’est pas bâtie du jour au lendemain. Au milieu des années 90, les relations avec l’employeur n’étaient pas toujours été évidentes. Nous étions davantage dans une situation de confrontation plutôt qu’en mode “résolution de problèmes”. Au tournant des années 2000, nous avons convenu qu’il fallait remédier à cette situation et trouver une nouvelle manière de gérer nos relations de travail. C’est à ce moment que nous nous sommes tournés vers un modèle de partenariat. À coup d’échanges, d’ouverture et de discussion avec l’employeur, nous avons réussi à bâtir un dialogue ouvert basé sur la confiance, la transparence et le respect mutuel. Sans ces ingrédients, il n’y a pas de collaboration possible. Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes toujours d’accord avec l’employeur ! Mais à la base, les deux parties conviennent d’un respect réciproque et d’une écoute active envers l’autre. C’est ce qui nous permet de nous influencer mutuellement et de progresser ensemble. »

M. Langlois, comme employeur, qu’est-ce qu’exige un tel partenariat en matière de gestion des relations de travail ?
L’important est de ne pas partir avec des positions toutes faites de part et d’autre. L’employeur doit se positionner sur le même terrain que le syndicat et ses membres. Il faut partir d’une problématique plutôt que d’une solution immuable. Cela exige notamment de nous donner le temps nécessaire pour faciliter la discussion et la communication avec le syndicat. Ainsi, plutôt que de consacrer notre temps à vendre une idée toute faite, nous allons nous concentrer à trouver collectivement la meilleure idée. Cela nécessite aussi un engagement clair et sincère de la part de la direction de l’entreprise à adopter une attitude d’ouverture et d’écoute envers nos partenaires syndicaux. Lorsque c’est réciproque, nous sommes à même de développer, au fil du temps, la confiance nécessaire qui nous permet de maintenir un tel rapport et de bâtir un partenariat durable. »

M. Léonard, ce modèle de gestion vous a-t-il permis de réaliser des gains syndicaux significatifs et, si oui, lesquels ?
« Absolument ! Nous avons réussi à négocier, entre autres, la semaine de quatre jours pour nos travailleuses et travailleurs syndiqués en mettant sur pied une formation à l’interne permettant de développer une plus grande polyvalence chez les employé-es. L’acquisition de nouvelles compétences, notamment sur le plan technique, a ainsi permis de créer de nouveaux emplois et de développer une expertise interne capable de répondre aux besoins de l’entreprise, tout en limitant le recours à de l’impartition externe, ce qui est très positif pour nos membres.

Un autre gain notoire est sans contredit la révision de la clause “camions-maison” en 2003. Ce gain a permis à un plus grand nombre d’employé-es de bénéficier du véhicule d’Énergir à domicile. Cela signifie qu’ils n’ont plus besoin, le matin, de se rendre au siège social de l’entreprise pour récupérer le véhicule de service ni de le retourner en fin de journée. C’est donc une économie considérable en termes de temps de service, qui bénéficie à la fois à l’entreprise et aux travailleuses et travailleurs. Dans le même esprit, nous avons également négocié avec l’employeur que des secteurs de travail soient circonscrits selon le lieu de résidence des employé-es de manière à faciliter la prestation de services tout en favorisant la proximité travail-maison. »

Du côté de l’employeur, est-ce que ce bon climat avec le syndicat se répercute sur vos rapports avec les salarié-es de manière générale ?
« C’est certain. Le respect que nous accordons à nos partenaires syndicaux se transmet, par ricochet, à l’ensemble de nos travailleuses et travailleurs. Dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre, où tout le monde se bat pour les meilleures ressources, nous croyons fondamentalement que la qualité des relations et du climat de travail qui en découlent constituent des atouts majeurs pour une organisation. C’est le meilleur moyen pour garder notre monde. »

Enfin, nous avons appris qu’une lettre d’entente avait été adoptée récemment relativement à la création de 41 postes. M. Léonard, pouvez-vous apporter des précisions sur cette entente importante en termes de création d’emplois ?

« L’entreprise a récemment adopté de nouveaux standards en matière de santé et sécurité au travail. Pour satisfaire à ces nouvelles exigences, il a fallu s’entendre avec l’employeur sur la meilleure façon d’y arriver, sans générer des heures supplémentaires ou recourir à de la sous-traitance. C’est ainsi que nous nous sommes entendus sur la création de 41 postes syndiqués, en veillant à une répartition équitable au sein de l’entreprise. Voilà un autre bel exemple d’un accord gagnant-gagnant.  Et à la veille de la négociation entourant le renouvellement de notre convention collective, nous entendons préserver ce climat avec l’employeur afin de continuer à améliorer les conditions de travail de nos membres. »

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La CSN appuie le mouvement de grève étudiante pour le climat https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-appuie-le-mouvement-de-greve-etudiante-pour-le-climat/ Fri, 08 Mar 2019 20:53:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70614 La CSN appuiera, vendredi prochain, le vaste mouvement international de grève étudiante pour le climat. Alors que près de 60 000 étudiantes et étudiants des cégeps et des universités seront en grève au Québec pour la lutte contre les changements climatiques, des grèves sont aussi prévues dans une cinquantaine de pays à travers le monde.

« Il est réjouissant de voir à quel point la jeunesse se mobilise pour le futur de la planète, mentionne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Les jeunes appellent à un changement radical dans nos façons de vivre et nos façons de faire. Étant donné l’urgence entraînée par le réchauffement climatique, nous n’avons d’autres choix qu’une remise en question fondamentale de nos comportements individuels et collectifs, que ce soit en matière de transport, d’énergie et de consommation. Plusieurs membres de la CSN manifesteront aux côtés des étudiantes et des étudiants afin d’exiger de nos gouvernements des mesures concrètes pour répondre aux nombreux défis du réchauffement climatique. »

Une étudiante suédoise, Greta Thunberg, est à l’origine de cette mobilisation planétaire. Depuis août 2018, elle a décidé qu’elle n’irait pas à l’école les vendredis pour demander au parlement suédois des changements radicaux face à l’urgence climatique. Depuis le début de son intervention, le mouvement est devenu planétaire et ne cesse de prendre de l’ampleur.

Le collectif La planète s’invite à l’université organise plusieurs actions, le 15 mars prochain, dans de nombreuses villes du Québec.

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Pour le maintien des cibles de réduction des GES https://www.csn.qc.ca/actualites/pour-le-maintien-des-cibles-de-reduction-des-ges/ Wed, 28 Nov 2018 03:00:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=69503 À la veille du discours inaugural de la 42e législature québécoise, plusieurs personnes et organisations des milieux scientifique, économique, environnemental et syndical souhaitent rappeler le très large consensus derrière les cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) adoptées par le Québec pour 2020 et 2030. Les soussignés encouragent le gouvernement Legault à maintenir le cap à cet égard.

Les signataires rappellent que la cible de réduction de GES de 20 % sous les niveaux de 1990 pour 2020 a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2009 et qu’elle est reflétée dans les cibles d’émission établies dans la règlementation du marché du carbone avec la Californie. Elle constitue un des éléments fondamentaux de l’architecture de la lutte contre les changements climatiques au Québec.

Quant à la cible de 37,5 % sous les niveaux de 1990 pour 2030, elle a été adoptée sur recommandation du Comité conseil sur les changements climatiques regroupant des représentants des secteurs industriel, municipal, écologiste et scientifique. Cette cible fait toujours l’objet d’un large consensus et a servi de fondement à la Politique énergétique 2030 du Québec et à la Politique de mobilité durable faisant elles aussi l’objet d’un large consensus.

Rappelons également que le récent Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C recommande une réduction de 45% des émissions mondiales de GES en 2030 (sous le niveau de 2010) pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, ce qui implique que l’ensemble des États de la planète devront revoir à la hausse leurs ambitions au cours des prochaines années. Dans la foulée de la publication de ce rapport du GIEC, le gouvernement fédéral a pour la première fois mentionné qu’il a l’intention d’adopter des « cibles plus ambitieuses ».

Les signataires rappellent finalement que le Québec et les entreprises québécoises atteindront la cible de 2020 à moindre coût par le biais du marché du carbone que le Québec a créé avec la Californie. La participation à ce marché combinée à des efforts importants sur le plan interne, notamment dans le secteur des transports, permettront au Québec d’atteindre ses objectifs climatiques tout en connaissant une croissance économique soutenue.

Signataires

Pierre Patry, Trésorier de la CSN
Patrick Bonin, Responsable de la campagne Climat-Énergie, Greenpeace Canada
Serge Cadieux, Secrétaire général de la FTQ
Dominic Champagne, Pacte pour la Transition
Audrey Depault, Directrice nationale, Projet de la réalité climatique Canada
Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
Catherine Gauthier, Directrice générale chez ENvironnement JEUnesse
Steven Guilbeault, écologiste
Anne-Céline Guyon, Front commun pour la transition énergétique
Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki, Co-président de Switch – l’Alliance pour une économie verte.
Vincent Moreau, Directeur général, Regroupement des Conseils régionaux de l’environnement du Québec
François Pépin, Président, Trajectoire
Sidney Ribaux, Directeur général, Équiterre
Christian Savard, Directeur général, Vivre en Ville
Christian Simard, Nature Québec

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Meilleures pancartes de la marche La Planète s’invite au parlement https://www.csn.qc.ca/actualites/meilleures-pancartes-de-la-marche-la-planete-sinvite-au-parlement/ Sun, 11 Nov 2018 01:51:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=69356 La créativité était au rendez-vous lors du grand rassemblement populaire La Planète s’invite au parlement à Montréal.

Rappelons que cette manifestation avait comme objectif d’envoyer un message fort au nouveau gouvernement : la population exige qu’il prenne immédiatement les mesures nécessaires pour s’attaquer à l’urgence climatique. 

Un retour sur des pancartes qui ont frappé l’imaginaire.

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Le pacte pour la transition https://www.csn.qc.ca/actualites/le-pacte-pour-la-transition/ Wed, 07 Nov 2018 21:53:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=69295 La CSN vous invite à signer le pacte pour la transition. Il s’agit d’un pacte qui n’est pas un engagement à être parfait mais un engagement solennel à réduire notre empreinte écologique. Avec la force du nombre, nous sommes persuadés qu’ensemble nous pouvons renverser la vapeur, pour la suite du monde.​​ Notre objectif collectif? Un million de signature! Parlez-en autour de vous. Partagez!

https://www.lepacte.ca/

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Tous dans le même bateau https://www.csn.qc.ca/actualites/tous-dans-le-meme-bateau/ Wed, 10 Oct 2018 18:02:40 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=68933 Les effets des changements climatiques se manifestent de plus en plus concrètement dans le monde du travail. Le mouvement syndical revendique depuis plusieurs années une « transition énergétique juste » pour les travailleuses et les travailleurs. Au cœur de ce principe, le devoir de nous assurer qu’aucun travailleur ne soit laissé à lui-même lorsque nous en serons à restructurer, collectivement, nos modes de production.

Mal de mer
Cela fait plus de 43 ans que Guylaine D’Astous travaille à l’usine Fruits de mer de l’Est du Québec, située à Matane. Elle est aujourd’hui secrétaire de son syndicat, et c’est sa sœur cadette, Micheline, elle-même à l’emploi de l’usine depuis 40 ans, qui en est la présidente. Les deux sœurs D’Astous ne sont pas les seules membres de leur famille à s’être dévoués pour l’entreprise. Il y a aussi eu Hermance (la mère), Fernand (le père), Magella (le frère), Colombe (la sœur), et Jean-Pierre (le beau-frère). À son apogée, l’usine comptait plusieurs familles parmi ses travailleuses et travailleurs, mais lorsqu’on observe le vieillissement de sa main-d’œuvre, il est évident que cette ère est maintenant révolue.

Guylaine et Micheline D’Astous

L’âge moyen des travailleurs de l’usine frôle les 55 ans et la grande majorité des 88 membres du syndicat ont plus de quarante ans d’ancienneté. Ce n’est pas un secret que le secteur de la pêche vit actuellement une crise importante qui entraîne des difficultés importantes pour les travailleurs. Avec le réchauffement des eaux, la crevette nordique se fait de plus en plus rare, et les employé-es sont contraints à ne travailler que 16 heures par semaine, une baisse de près de 75 % par rapport à 2012.

« Les jeunes sont obligés de quitter la région. On se ramasse avec une ville de petits vieux. Moins il y a de jeunes, moins il y a de monde pour garder l’usine en vie », explique Guylaine D’Astous. « Si notre travail continue de se précariser, les gens n’auront plus d’ouvrage, enchaîne sa sœur Micheline. Le gouvernement doit songer à de la formation pour nous guider vers d’autres secteurs, en croissance. »

En eau inconnue
Dave Cotton, capitaine et propriétaire du navire l’Intrépide, se décrit comme un homme « souriant et dérangeant » qui a la pêche et la mer tatouées sur le cœur. Mais malgré sa nature optimiste, il s’inquiète pour l’avenir du secteur de la pêche.

Dave Cotton

« Nous vivons un cycle particulièrement difficile pour la santé de notre crevette. La crevette nordique est très à l’aise dans l’eau froide, et nous connaissons actuellement un record de température en grande profondeur. Même de petites variations d’un tiers de degré sont extrêmement néfastes pour nos ressources halieutiques, déplore le capitaine. Nous pouvons malheureusement nous attendre à de très mauvaises années pour encore quatre à six ans, au moins. La pêche est un métier compliqué. Ça t’emmène loin de ta famille pour plusieurs semaines. Physiquement, c’est exigeant. On dort très peu. Si nous ne bougeons pas pour améliorer les choses, nous allons perdre de la bonne main-d’œuvre. Si trop de bons pêcheurs décrochent, qu’est-ce qui nous restera ? »

Chaleur étouffante
La Gaspésie a été la région la plus chaude au Québec à l’été 2018. En effet, il n’y a jamais fait aussi chaud depuis quarante ans. Bien que cette chaleur n’ait pas découragé les touristes de visiter la péninsule historique, le mouvement syndical a matière à examiner les effets des conditions météorologiques extrêmes sur la santé des travailleuses et des travailleurs.

Anita Blais

« Je n’ai jamais connu de chaleur comme ça. Cet été, c’était trop, » se désole Anita Blais, responsable de l’entretien du Géoparc de Percé et une des doyennes du site de l’UNESCO. « Une journée, il faisait tellement chaud que j’en ai eu mal au cœur, je suis devenue étourdie, et j’ai culbuté. Je me suis relevée rapidement parce que je ne voulais pas que les clients me voient dans cet état. Ce n’est pas juste le corps qui prend un coup, c’est le moral aussi. Il faut comprendre que travailler une journée à l’extérieur pendant une canicule, c’est comme travailler une semaine au complet. Ça t’assomme. J’arrive chez moi, je suis brûlée. »

Vent de changement

Bien que l’avenir puisse être préoccupant pour un grand nombre de Gaspésiennes et Gaspésiens, l’arrivée du secteur éolien amène quant à lui un nouvel espoir pour la région.

Cédric de Larichaudy

Lorsque Cédric de Larichaudy, mécanicien et président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de LM Wind Power, a commencé à l’usine en 2013, ils étaient quelque 150 travailleurs. Aujourd’hui, ils sont plus de 500 à y travailler, dont plusieurs anciens travailleurs du secteur de la pêche. « L’usine est tellement en recrutement que si quelqu’un dépose son CV aujourd’hui, il a des chances de commencer la semaine prochaine, explique M. de Larichaudy. L’énergie renouvelable, c’est l’avenir. Qui ne veut pas faire partie de la solution à la crise écologique ? »

L’avenir des travailleurs
Bien consciente que le Québec n’est pas à l’abri des bouleversements provoqués par les changements climatiques, la CSN a organisé en mai dernier, de concert avec la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et divers groupes environnementaux, un sommet sur la question de la transition énergétique juste. Près de 300 personnes provenant des milieux d’affaires, de la société civile, des organisations syndicales et environnementales, et des communautés autochtones, se sont rassemblées à Montréal pour demander au gouvernement du Québec d’adopter dès maintenant des mesures de transition écologique.

En tout, on estime à près de 700 000 travailleuses et travailleurs qui verront leur entreprise et leur travail se transformer au cours des prochaines années, notamment dans les secteurs du transport, de l’énergie, du bâtiment et de l’alimentation.

« Même en période électorale, les partis politiques ont joué à l’autruche quant à la nécessité d’une transition énergétique juste, dénonce Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable. L’heure est grave. Comment arriverons-nous à nous doter d’un plan légitime si le gouvernement manque à l’appel ? »


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Le gouvernement doit jouer son rôle de chef d’orchestre https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-doit-jouer-son-role-de-chef-dorchestre/ Fri, 25 May 2018 19:17:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=67725 Employeurs, investisseurs, société civile, organisations syndicales et environnementales, ainsi que le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador rassemblés hier et avant-hier dans le cadre d’un sommet historique regroupant près de 300 personnes au Palais des congrès de Montréal sur le thème de la transition énergétique juste ont lancé un appel urgent au gouvernement du Québec en l’invitant à jouer son rôle de chef d’orchestre pour la réaliser efficacement.

Éric Demers

Les participants et participantes provenant de divers horizons ont dégagé un constat commun clair qui marque l’urgence de la situation. « La transition énergétique est bel et bien déjà entamée et le Québec, malgré les valeurs qui le gouvernent et les ressources dont il dispose, est en retard. Il faut agir impérativement, car cet enjeu dépasse largement le monde du travail et concerne l’ensemble de la société », ont fait valoir les panélistes regroupés en table ronde hier après-midi.

La nécessité de faire de la transition énergétique juste un enjeu de première heure sur la place publique a largement fait consensus. « Nous devons saisir cette occasion pour définir le projet de société que nous voulons, car il s’agit aussi d’un enjeu de justice sociale », ont fait valoir plusieurs intervenants. Il a été question, notamment, du besoin d’éducation, de sensibilisation et de formation que soulève cet enjeu crucial.

Photo : Cédric Martin

Une plateforme rassembleuse

Ce sommet se voulait une plateforme rassembleuse des forces vives du Québec économique, social et environnemental, des Premières Nations et de tous les groupes intersectoriels interpelés par cet enjeu incontournable qu’est la transition énergétique juste. Les coorganisateurs, conférenciers et participants ont lancé un appel à s’unir pour une transition énergétique juste en amont du sommet afin de penser et de planifier une transition énergétique durable et juste pour tous et toutes.

Les journées ont été ponctuées de panels, de conférences et d’ateliers visant à informer sur la transition énergétique juste dans sa globalité, à préparer et adapter le concept de transition énergétique juste à la réalité québécoise et à permettre aux participants et participantes d’avoir voix au chapitre. Cela a été l’occasion d’établir un état des lieux et de l’action gouvernementale nettement insuffisante au regard des changements climatiques, et de mieux cerner le concept de transition juste, de discuter des leviers et des obstacles qui se dressent dans l’industrie financière pour la mise en place d’une transition juste, et de rendre publics les résultats et les recommandations du groupe de travail multisectoriel sur les impacts de la transition énergétique sur la main-d’œuvre et les entreprises du Québec à l’horizon de 2030.

Photo : Cédric Martin

« Nous nous appuyons sur ces deux jours de présentations et de débats pour demander à toutes les formations politiques en lice pour la prochaine campagne électorale non seulement de prendre position sur la question de la transition énergétique juste, mais aussi de s’engager à inclure des moyens concrets pour la réaliser dans leur plateforme », ont conclu les coorganisateurs de l’événement.

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Des effets positifs si le Québec s’y prépare https://www.csn.qc.ca/actualites/des-effets-positifs-si-le-quebec-sy-prepare/ Mon, 15 Jan 2018 15:07:26 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=65533 Alors que les impacts de la transition énergétique sur la main-d’œuvre et les entreprises n’ont pas été réellement pris en compte dans la Politique énergétique 2030 et que le gouvernement travaille actuellement sur la Stratégie de la main-d’œuvre, un groupe de travail multisectoriel dévoile aujourd’hui une étude inédite sur les impacts de la transition énergétique sur la main-d’œuvre et les entreprises québécoises à l’horizon 2030. Les effets anticipés de la transition énergétique seraient largement positifs si le Québec s’y prépare dès maintenant, affirme ce regroupement composé du monde syndical, patronal, de l’environnement, académique et de l’économie sociale. La formation de la main-d’œuvre sera une des clés d’une transition énergétique réussie et inclusive, ainsi que le développement d’entreprises de calibre mondial dans une série de créneaux porteurs. Ces acteurs proposent des solutions pour promouvoir des transformations durables du marché du travail sur le plan économique, environnemental et social.

Cette étude est le fruit d’un important travail de concertation de plus de 10 acteurs québécois des milieux économiques, syndicaux, environnementaux, de la recherche et de l’économie sociale – la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Équiterre, Fondaction, la Chaire de gestion du secteur de l’énergie (HEC Montréal), le Conseil du patronat du Québec (CPQ), le Chantier de l’économie sociale, le Comité sectoriel de main-d’œuvre de la chimie, de la pétrochimie, du raffinage et du gaz (Coeffiscience), le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire (CSMO-ÉSAC), le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ), le Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD), le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) et la firme COPTICOM.

TROIS SECTEURS CLÉS : LES TRANSPORTS, LE BÂTIMENT ET L’ÉNERGIE
Cette étude est l’une des premières réflexions portant sur les impacts de la transition énergétique au Québec sur les travailleuses et les travailleurs. Le groupe de travail a identifié 3 secteurs susceptibles d’être plus touchés par la transition énergétique en raison de leurs importantes contributions aux émissions de gaz à effet de serre et du nombre d’emplois qui leur est associé, soit celui des transports, du bâtiment et de la transformation et distribution d’énergie.

« Ces 3 secteurs représentent plus de 700 000 travailleuses et travailleurs dans toutes les régions. Il est primordial de réfléchir aux impacts que la transition énergétique aura pour la main-d’œuvre et les communautés afin de s’assurer qu’elle soit la plus inclusive possible », introduit Pierre Patry, trésorier du comité exécutif de la CSN.

Cette étude est le reflet des réalités vécues actuellement par les entreprises, les syndicats, les regroupements et plusieurs autres parties prenantes qui ont participé à l’exercice et se base sur des données dont ils disposent et qu’ils ont choisi de mettre en commun, tirées d’une revue de la littérature, de bases de données, d’entrevues ciblées auprès d’organisations pertinentes et des résultats de réflexions internes au sein de plusieurs des organisations membres du groupe de travail.

DES EFFETS POSITIFS ANTICIPÉS POUR ENRICHIR TOUTES LES RÉGIONS DU QUÉBEC
« La transition énergétique entrainera nécessairement une mutation en profondeur du marché du travail en créant de nouveaux emplois, et ce, dans plusieurs secteurs et sous-secteurs comme la construction, la rénovation des bâtiments, la géothermie, la biomasse ainsi que l’électrification des transports. Il est toutefois primordial de s’y préparer, afin d’en faire profiter toutes les régions de la province, et d’accompagner les secteurs énergétiques plus vulnérables », explique Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ.

Le groupe considère que les gains en efficacité énergétique qui découleront de la transition énergétique pourraient accroître la productivité globale de l’économie québécoise et, par conséquent, contribuer à la richesse du Québec. Peu de pertes d’emplois à court et à moyen terme sont à prévoir globalement pour autant que des mesures soient adoptées rapidement pour réduire la vulnérabilité de certains secteurs et sous-secteurs aux changements qui s’annoncent.

LE NERF DE LA GUERRE : LA QUALIFICATION DE LA MAIN-D’OEUVRE
La transition énergétique favorise l’émergence de nouveaux créneaux à fort potentiel de croissance qui pourraient grandement profiter à la main-d’œuvre, à condition qu’elle y soit adéquatement préparée. Pour les membres du groupe de travail, il ne fait aucun doute que les défis les plus importants à surmonter se situent au niveau de la formation, tout particulièrement dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Il est primordial de développer de nouveaux programmes de formation et de bonifier ceux existants, initiaux ou en entreprise, afin de permettre aux travailleuses et aux travailleurs de s’adapter aux nouveaux procédés et technologies.

TROIS PISTES D’ACTIONS POUR CRÉER ET MAINTENIR DES EMPLOIS DÉCENTS
Les membres du groupe de travail identifient 3 grandes pistes d’actions pour stimuler une transition énergétique inclusive et qui repose sur la création et le maintien d’emplois décents : (1) assurer le développement de programmes de formation de la main-d’œuvre, y compris pour les travailleurs et travailleuses déjà en emploi (2) favoriser l’émergence d’entreprises et de technologies de calibre mondial et une meilleure collaboration entre les secteurs public, privé et celui de l’économie sociale et (3) adapter le cadre réglementaire afin d’accroître sa cohérence et son efficacité et d’anticiper les impacts potentiels de la transition énergétique sur la main-d’œuvre et les entreprises.

« En tant qu’institution dédiée à la finance responsable et au développement durable, la transition vers une économie sobre en carbone est en cohérence avec nos valeurs et nous devons nous assurer que celle-ci contribue au maintien ou à la création d’emplois de qualité dans les régions du Québec », explique Léopold Beaulieu, président-directeur général de Fondaction.

SECTEUR DU TRANSPORT : NOUVELLES FILIÈRES EN CROISSANCE ET BESOINS EN FORMATION
« Le secteur du transport est au centre des stratégies gouvernementales visant à atteindre les ambitieux objectifs de réduction de GES que s’est fixés le Québec à l’horizon 2030. Pour ce faire, il faut accompagner la création d’emploi dans les nouvelles filières et répondre aux besoins de formation dans les domaines en croissance comme la réparation et l’entretien des véhicules électriques, et la fabrication et l’assemblage de matériel de transport collectif », précise Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

D’autres sous-secteurs seront à surveiller, comme celui de la mobilité partagée où les gains écologiques et sociétaux pourront aussi s’accompagner de pertes d’emplois comme dans l’industrie du taxi. De plus, la diminution graduelle souhaitée du parc automobile pourrait avoir un impact sur l’emploi dans la vente et l’entretien des véhicules.

« Par ailleurs, on oublie souvent les coûts importants liés aux systèmes de consommation d’énergie actuels, notamment en transport. D’importants gains d’efficacité et de productivité pourraient survenir avec la transition énergétique, ne serait-ce qu’en gérant mieux les déplacements, par la réduction de la congestion et des dépenses en véhicules individuels », mentionne Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal.

SECTEUR DU BÂTIMENT : DES TRANSFORMATIONS IMPORTANTES QUI NÉCESSITENT UNE MAIN-D’OEUVRE BIEN FORMÉE
Le secteur du bâtiment sera en pleine mutation au cours des prochaines années, notamment avec l’émergence de nouvelles normes en construction et rénovation et technologies qui favorisent les bâtiments durables. Ces transformations pourraient entrainer de nombreux emplois dans plusieurs domaines tels que la mécanique du bâtiment. Toutefois, le manque de formation pour les entrepreneur(e)s et la main-d’œuvre demeure un enjeu important. Encore peu de programmes de formation existent dans certains créneaux comme celui de la domotique, alors que des opportunités intéressantes de création d’emplois existent.

SECTEUR DE L’ÉNERGIE : ÉVOLUTION LENTE ET CONTRASTÉE À PRÉVOIR
La transition énergétique suppose une évolution du secteur de la transformation et de la distribution d’énergie. « Le secteur de l’énergie sera appelé à évoluer au cours des prochaines décennies. Ainsi, considérant les objectifs du gouvernement du Québec en matière de réduction de la consommation de pétrole, nous pouvons anticiper le développement de créneaux tels que la chimie verte et le bioraffinage qui pourraient mener à la création de nouveaux emplois à faible impact carbone. Cette évolution devra néanmoins s’appuyer sur la formation continue et sur des investissements technologiques afin d’éviter la délocalisation des emplois hors du Québec », conclut Guillaume Legendre, directeur général de CoeffiScience.

Dans les prochains mois, le groupe de travail sur la main-d’œuvre compte amorcer une série de rencontres avec les représentants gouvernementaux du Québec et du Canada afin de faire part des principaux constats issus de leurs travaux.

Pour consulter le rapport du groupe de travail : http://bit.ly/2mBinNZ

Origine du Groupe de travail sur la main-d’oeuvre
À l’automne 2016, des intervenants des milieux de l’économie verte et de l’économie sociale se rencontraient afin d’amorcer une réflexion sur les implications de la transition énergétique pour la société québécoise à laquelle ont participé initialement la Caisse d’économie solidaire Desjardins, le Chantier de l’économie sociale, le CIRODD, la CSN, le CPQ, COPTICOM, la Fondation David Suzuki, le Mouvement Desjardins et le RNCREQ. Les participants ont identifié trois chantiers de réflexion sur lesquels portent plus précisément leurs travaux, soit (1) les marchés publics ; (2) l’impact de la transition énergétique sur la main-d’oeuvre ; et (3) l’endettement et la surconsommation. Une première collaboration en 2016 a donné lieu à une série des recommandations afin d’optimiser le rôle des marchés publics comme levier au développement économique durable et solidaire.

Le Groupe de travail sur la main-d’œuvre s’est ensuite créé pour produire un rapport qui se veut un tour d’horizon des enjeux soulevés par le deuxième chantier.

 

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Un large front commun demande le retrait des projets de règlement sur les hydrocarbures https://www.csn.qc.ca/actualites/un-large-front-commun-demande-le-retrait-des-projets-de-reglement-sur-les-hydrocarbures/ Thu, 16 Nov 2017 15:05:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=64738 Agriculteurs, groupes syndicaux, environnementaux, et citoyens s’unissent pour demander au gouvernement du Québec le retrait intégral des quatre projets de règlements de mise en œuvre de la Loi sur les hydrocarbures.

Les groupes mobilisés déplorent les impacts inévitables sur l’environnement, le climat planétaire, la biodiversité et la santé humaine qui découleraient de l’application des projets de règlements. Ils ont notamment exprimé leur vive inquiétude face à la possibilité que des puits de pétrole et de gaz puissent être forés et que des activités de stimulation des puits, notamment la fracturation hydraulique, puissent être menées au Québec à proximité et en dessous des zones habitées, des aires protégées et des parcs nationaux, près du fleuve Saint-Laurent et des grandes rivières, dans et sous les terres agricoles et forestières, les milieux naturels que sont généralement les terres publiques et les territoires non organisés, les lacs, les petits cours d’eau et les portions à faible débit des grandes rivières. Ils rappellent également que la Loi sur les hydrocarbures a été adoptée sous le bâillon en décembre dernier en dépit d’une opposition quasi unanime de l’ensemble de la société civile, des partis d’opposition, des Premières Nations et du monde municipal.

Les groupes ne sont pas rassurés par les propos tenus par le ministre Pierre Moreau concernant les modifications projetées aux projets de règlement, propos qui démontrent l’improvisation du gouvernement dans ce dossier. Considérant les modifications majeures devant être apportées aux projets de règlement, et face au mécontentement et l’inquiétude que ceux-ci ont suscité dans la population, les groupes estiment que le gouvernement doit faire table rase des projets de règlements et s’engager à tenir une vaste consultation sur la question de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Absence d’acceptabilité sociale
Les groupes soulignent également la vive inquiétude que les projets de règlements soulèvent dans la population, ainsi que dans le monde municipal et dans les communautés autochtones. Les groupes soutiennent finalement que ces projets de règlements entrent en contradiction avec les objectifs de lutte aux changements climatiques contenus dans l’Accord de Paris.

Le machiavélisme du gouvernement 
« Le gouvernement de Philippe Couillard tente de duper la population en cachant des mesures pour favoriser le développement des hydrocarbures au sein de sa Politique énergétique. Il s’agit d’un geste machiavélique inacceptable qui n’est pas digne de ce siècle. La Confédération des syndicats nationaux prône un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures depuis 2011. Nos inquiétudes ne datent pas d’hier. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il d’entendre les préoccupations des travailleuses et des travailleurs, des environnementalistes, des populations autochtones, et des groupes citoyens sur cette question ? » – Pierre Patry, trésorier de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et responsable politique des questions environnementales et du développement durable

Citations des membres du front commun
« À la FTQ nous sommes d’avis que le Québec doit plutôt travailler à réduire notre dépendance aux hydrocarbures et non en faciliter l’exploitation. Dans la déclaration de politique sur les changements climatiques adoptée lors du dernier congrès de la FTQ, nous avons clairement demandé au gouvernement de mettre sur pieds des chantiers comme l’électrification et le développement du transport collectif, et ce en concertation avec le mouvement syndical et la société civile. Il faut un véritable débat sur l’exploitation des hydrocarbures. Changeons le Québec, pas le climat », déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux

« Permettre des forages à proximité des hôpitaux constitue une menace non seulement pour les professionnelles en soins, mais également pour les patients dont l’état de santé les rend souvent plus vulnérables. Le rôle du gouvernement est de légiférer dans l’intérêt de la population et non des multinationales qui exploitent les hydrocarbures » –  Nancy Bédard, Vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ, responsable des dossiers sociopolitiques.

« L’enjeu de l’exploitation des hydrocarbures nous préoccupe grandement et c’est important de se mobiliser tous ensemble, comme acteurs sociaux, pour faire entendre raison au gouvernement. D’ailleurs, lorsque 15 000 scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur l’état de notre planète, cela démontre qu’il est urgent d’agir pour renverser la vapeur. Il est grand temps de miser sur le vrai développement durable, tant dans nos choix de ressources énergétiques que dans nos actions environnementales futures. Ce sont justement des valeurs que nous souhaitons transmettre aux jeunes par l’entremise de notre mouvement des Établissements verts Brundtland (EVB-CSQ). » – Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

« Nous sommes une association de personnes retraitées résolument conscientisées par les enjeux environnementaux. Pour l’AREQ, la protection des milieux naturels, la sécurité des populations et la lutte contre les changements climatiques est une question d’équité intergénérationnelle. C’est pourquoi ces projets de règlements, dans leur forme actuelle, nous apparaissent inacceptables. Assurons ensemble le meilleur avenir possible aux générations futures » – Lise Lapointe, présidente de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ)

« Comme enseignantes et enseignants, nous croyons que nous devons léguer aux générations futures un patrimoine environnemental en tous points meilleur que celui qui nous est confié. Donc nous dénonçons ces projets de règlements et nous demandons au gouvernement de respecter le souhait de la société civile. Le gouvernement doit s’engager sans tarder dans un virage énergétique majeur pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures.  Par ailleurs, nous trouvons tout à fait inacceptable que ces règlements permettent des forages si près des établissements scolaires mettant en danger la sécurité de nos élèves et de tous les personnels scolaires. » – Alain Marois, vice-président à la vie politique, Fédération autonome de l’enseignement (FAE)

« Les projets de règlements ouvrent littéralement nos lacs, nos rivières et les rives du fleuve Saint-Laurent à l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière, avec toutes les conséquences prévisibles et imprévisibles que cela comporte. Les risques découlant du cadre proposé sont trop importants et ne sont pas proportionnels aux bénéfices anticipés par le gouvernement. Il faut faire table rase de ces règlements, qui constituent une menace pour nos plans d’eau, notre eau potable, nos terres agricoles et la santé de la population. » – Karel Mayrand, directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki

« La zone agricole cultivable ne représente que 2 % du territoire québécois. Elle est déjà hypothéquée par l’étalement urbain, les routes, le captage d’eau souterraine, les aqueducs, les parcs éoliens, le transport d’électricité, les gazoducs, les oléoducs et les mines. Maintenant que le gouvernement du Québec a décidé d’ajouter le développement des hydrocarbures à cette longue liste, il doit prendre ses responsabilités et imposer des balises raisonnables pour limiter les dégâts. La règlementation est irresponsable, qu’il s’agisse des contraintes aux activités agricoles, des distances séparatrices, de la responsabilité des promoteurs ou de l’ouverture gouvernementale à la fracturation hydraulique. » – Pierre Lemieux, premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles

« Des forages en plein cœur de réserves fauniques ? Dans des milieux humides non protégés, dans les forêts anciennes ? Non ce n’est pas une fiction. Déjà la réserve faunique de Matane est ciblée, de même que la forêt seigneuriale Joly de Lotbinière. Avec ces projets de règlements, le gouvernement ouvre les milieux naturels aux gazières et aux pétrolières. Il doit les retirer. » – Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

« Après avoir dit non aux hydrocarbures dans l’estuaire du fleuve et à Anticosti, il faut mettre un terme final à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois. Le Québec jouit d’une situation privilégiée en matière d’énergies renouvelables et il faut cesser de s’engager dans une avenue tout à fait contraire à nos objectifs de lutte aux changements climatiques. » – Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre

« La résistance s’intensifiera si le gouvernement adopte ses projets de règlements qui répondent aux demandes des pétrolières et des gazières et vont à l’encontre de la volonté des populations et de la protection de l’environnement. On reçoit d’ailleurs déjà des demandes pour des formations en désobéissance civile de la part des groupes citoyens qui se préparent à résister. Si le gouvernement souhaite faire consensus au Québec, il devrait plutôt se concentrer sur les énergies propres » – Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace.

« Le gouvernement actuel ne se contente plus d’affaiblir son régime de protection de l’environnement, voilà qu’il offre à l’industrie des hydrocarbures une réglementation sur mesure pour lui livrer notre territoire, jusque dans nos réserves fauniques et sous les parcs nationaux. En 2017, plutôt que de soutenir les hydrocarbures par nos institutions, il devient urgent d’entreprendre une vaste transition énergétique et écologique portée par le souci du bien commun. »  – Maryse Rousseau, vice-présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

« Les Québécois n’ont jamais donné au gouvernement la permission de céder le sous-sol de leur territoire à des compagnies privées dont les activités sont incompatibles avec le maintien des milieux de vie et des milieux naturels qu’ils chérissent. Quelles portions du Québec la population serait-elle disposée à sacrifier? La forêt seigneuriale de Joly ? Les terres agricoles ? Les berges du Saint-Laurent ? Le Lac Saint-Jean ? Les territoires non organisés de la Gaspésie ou les parcs du Bas-Saint-Laurent ? Poser la question, c’est y répondre. » – Carole Dupuis, Regroupement vigilance hydrocarbures Québec.

« Il existe à travers le monde de nombreux cas de contamination de nappes souterraines et de cours d’eau par des hydrocarbures, une contamination qui est bien souvent irréversible. Plutôt que de suivre le principe de précaution, le gouvernement ouvre nos plans d’eau aux forages et permet la fracturation hydraulique. Les Québécois et les Québécoises tiennent à leur santé et à la santé de leurs cours d’eau. Voilà pourquoi la population s’est si vivement et rapidement opposée à ces projets de règlements qui menacent notre eau potable, » explique Alice-Anne Simard, directrice générale d’Eau Secours !

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Réduisons notre consommation énergétique https://www.csn.qc.ca/actualites/reduisons-notre-consommation-energetique/ Wed, 13 Sep 2017 20:17:26 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=63321

vertlasolidarite.org

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À la recherche d’une transition juste https://www.csn.qc.ca/actualites/a-la-recherche-dune-transition-juste/ Mon, 24 Apr 2017 20:00:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=59752 Élévation globale du niveau des mers, vagues de chaleur, blanchissement des coraux, réfugiés climatiques, fonte des calottes polaires, gaz à effet de serre, exploitation des hydrocarbures, énergies renouvelables, la société devient de plus en plus sensibilisée aux enjeux liés aux changements climatiques, mais qu’en est-il des solutions ? Qu’adviendra-t-il des travailleurs et travailleuses dans un monde en mutation ? Devrons-nous faire un choix entre l’environnement et l’économie ? La transition écologique peut-elle être « juste » et équitable pour tout le monde ?

L’idée d’une « transition juste » pour les travailleuses et les travailleurs circule depuis près de vingt ans, principalement dans le cadre des négociations climatiques des Nations unies (COP). Mais ce n’est que récemment qu’elle s’est mise à susciter la curiosité des acteurs politiques responsables du développement durable. Pourtant, malgré le récent intérêt porté au principe de transition juste, il ne bénéficie pas de la même popularité à la COP et chez les environnementalistes que dans le public ou chez les travailleuses et travailleurs visés par les mesures qui y sont rattachées.

Regard vers la transition

La transition juste est un cadre d’action développé par le mouvement syndical qui propose l’adoption de mesures visant à sécuriser la qualité de vie des travailleuses et des travailleurs lors du passage vers une économie sobre en carbone. Sachant que plusieurs secteurs d’activité risquent d’être fortement ébranlés par les bouleversements provoqués par les changements climatiques au cours des prochaines décennies, le mouvement syndical revendique une place pour les travailleurs à la table, lorsqu’il sera question de la planification de la restructuration des modes de production et de l’organisation du travail.

Parmi les mesures proposées, on trouve des investissements substantiels dans des technologies et des secteurs peu polluants et générateurs d’emplois, la diversification des économies locales, la bonification des mesures de protection sociale, et la création d’outils de formation et de développement de la main-d’œuvre afin de soutenir le déploiement de nouvelles technologies et d’encadrer les mutations industrielles.

Toujours peu connu

En 1998, le syndicaliste canadien Brian Kohler fut parmi les premiers à faire mention de la transition juste : « On n’a pas de choix à faire entre l’économie et l’environnement. C’est soit les deux, soit ni l’un ni l’autre. »

Bien que le concept de transition juste se soit répandu progressivement à travers la couche militante du mouvement syndical québécois au cours des deux dernières décennies, il ne s’est toujours pas enraciné dans les milieux de travail des secteurs d’activité affectés. C’est la raison pour laquelle le comité exécutif de la CSN a proposé la lutte contre les changements climatiques comme enjeu à débattre au cours de la consultation précongrès.

Pour Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable, la méconnaissance de la notion de transition juste s’explique en partie par l’absence de politiques concrètes ayant des objectifs chiffrés quant aux gains d’emplois et aux balises entourant la formation des travailleurs touchés par ces changements. « Maintenant que la transition juste se trouve enchâssée dans le préambule de l’Accord de Paris, le temps est venu de revendiquer un plan d’action crédible ancré dans ces principes, qui vise l’élimination de notre dépendance aux hydrocarbures », explique le trésorier de la CSN.

Le rôle de l’État

Récemment, Pierre Patry a eu l’occasion de présenter la vision que défend la CSN lors d’une conférence intitulée « Les travailleuses et travailleurs : des acteurs incontournables pour réussir la transition énergétique », qui s’est tenue à la Maison du développement durable à Montréal. « La transition n’est pas une chose pour laquelle on peut être pour ou contre, en faveur ou en défaveur, car elle se passe, qu’on le veuille ou non. Il faut donc se préparer pour ces changements et les anticiper afin d’en tirer des bénéfices, plutôt que de simplement en subir les conséquences. Nous avons la capacité en tant qu’êtres humains d’envisager l’avenir et de s’y préparer. Profitons-en ! »

Le trésorier de la CSN, Pierre Patry, déclarait lors d’une récente conférence que les travailleurs sont des acteurs incontournables pour réussir la transition énergétique et qu’il faut anticiper les changements afin d’en tirer des bénéfices plutôt que d’en subir les conséquences. | Photo : Martin Reisch

Le trésorier de la CSN dénonce également le fait que le gouvernement de Philippe Couillard parle des deux côtés de la bouche lorsqu’il est question de développement durable. « Le gouvernement se dit écologique tout en s’engageant activement dans le démantèlement de l’État, notamment en déstructurant les organisations régionales de concertation et en matière de création d’emplois. Les centres locaux de développement (CLD) et les corporations de développement économique communautaire (CDEC) étaient porteurs d’une vision de création d’emplois et de développement durable. Leur disparition représente une occasion ratée de se doter d’un développement local et régional respectueux de l’environnement ! Quel sera le rôle des villes et des municipalités dans la transition ? Comment cet enjeu sera-t-il pris en compte ? Impossible de le dire pour l’instant, mais l’absence de joueurs de différents milieux dans la réflexion — incluant le milieu syndical, est une perte importante. »

Le travailleur oublié

Pierre Patry remarque aussi que la parole des travailleuses et des travailleurs est souvent négligée lors des débats sur les enjeux écologiques. « La conversation porte souvent sur l’option qui crée le plus d’emplois, et bien que ces facteurs soient intéressants et importants pour la société, nous oublions souvent le rôle du travailleur dans toute cette grande mêlée. Comment se sent-il face à cette transition ? Comment allons-nous l’accompagner et répondre à ses préoccupations ? »

Ces questions sont justement au centre des activités d’Iron & Earth, une organisation composée de travailleurs et travailleuses qui œuvrent ou ont œuvré dans les sables bitumineux, qui souhaite faire de la place aux énergies renouvelables dans l’économie fragile de l’Alberta. Elle offre entre autres de la formation aux travailleurs du secteur pétrolier qui sont sans emploi ou sous-employés pour qu’ils puissent se trouver du travail dans le secteur solaire ou en construction durable.

« Oui, les sables bitumineux ont créé beaucoup d’emplois en Alberta, mais ce ne sont pas les travailleurs qui ont bénéficié des profits avant la crise économique actuelle. Et maintenant, plusieurs d’entre eux sont sans abri ou ont dû vendre leur voiture, ce qui nuit grandement à leur capacité de se trouver un nouvel emploi. Ce que nous vivons présentement à Calgary est de loin la pire chose qui est arrivée à notre ville depuis une génération, déplore Kerry Oxford, soudeuse et membre du Conseil d’administration d’Iron & Earth. Je n’étais pas sur le marché du travail lors du dernier ralentissement économique, les personnes de mon âge ou plus jeunes n’ont donc jamais vécu une situation semblable. La violence conjugale a augmenté de 10 % au cours des dernières années et le taux de suicide est en hausse ; des milliers d’entreprises ferment leurs portes. L’heure est grave. Il est très important que notre gouvernement soutienne les initiatives qui visent à former les travailleurs pour qu’ils puissent travailler dans un nouveau secteur énergétique. C’est la raison pour laquelle Iron & Earth souhaite jouer le rôle de facilitateur afin que toutes les parties prenantes — travailleurs, développeurs, gouvernements — aient leur place à la table. Il faut créer des ponts avant qu’il ne soit trop tard. »

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La science, pas le silence https://www.csn.qc.ca/actualites/la-science-pas-le-silence/ Sat, 22 Apr 2017 20:55:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=59715 Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) était présent lors de la marche pour les sciences aujourd’hui à Montréal dans le cadre des activités du jour de la terre.

https://twitter.com/laCSN/status/855817035481313281

Des rassemblements semblables ont eu lieu dans plus de 500 villes à travers le monde afin d’envoyer un message clair aux politiciens, et notamment au président Trump, que la population appuie le travail des scientifiques et le rôle qu’ils jouent dans la société. Les gouvernements doivent agir en conséquence en développant des politiques énergétiques qui s’attaquent à la crise climatique que nous vivons actuellement.

https://twitter.com/charluv2011/status/855856447837437953

https://twitter.com/OGrosdidier/status/855857133526671360

https://twitter.com/Suzyqube/status/855850098093203456

Le vice président du CCMM–CSN a pris la parole lors du rassemblement.

https://twitter.com/laCSN/status/855844222095695872

https://twitter.com/laCSN/status/855843667457781762

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Investissement de 5,7 millions $ pour LM Wind Power rendu possible grâce aux salarié-es https://www.csn.qc.ca/actualites/investissement-de-57-millions-pour-lm-wind-power-rendu-possible-grace-aux-salarie-es/ Sun, 15 Jan 2017 19:48:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=57708 La FIM–CSN accueille favorablement le nouvel investissement de 5,7 millions $ du gouvernement du Québec, annoncé le vendredi 13 janvier, qui aura pour résultat la création de plus de 265 nouveaux emplois chez LM Wind Power. La compagnie du secteur éolien deviendra ainsi le plus grand employeur privé de la Gaspésie, avec près de 450 emplois.

La FIM–CSN rappelle que les travailleuses et les travailleurs sont au cœur de cette réussite après avoir accepté d’importantes modifications à leur convention collective. « Le syndicat, appuyé activement par la fédération, a mené une négociation avec l’employeur qui a culminé par une entente acceptée par les salarié-es. C’était une étape nécessaire pour l’obtention d’un important contrat et, ultimement, pour l’octroi de l’investissement du gouvernement », estime Alain Lampron, président de la FIM–CSN.

« Nous avons fait des concessions importantes à nos yeux, notamment en acceptant de passer d’une semaine de cinq jours à une semaine de sept jours. Aujourd’hui, nous constatons que nos choix ont rapporté, car non seulement nos emplois sont garantis pour de nombreuses années, mais en plus, nous allons plus que doubler le nombre de salarié-es », affirme Sylvain Denis, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de L.M. Wind Power.

Au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN), la nouvelle est chaudement accueillie. « Un investissement comme celui annoncé aujourd’hui, générateur d’autant de nouveaux emplois stables, à temps plein et syndiqués, c’est rare pour une région comme la nôtre. À la CSN, nous sommes heureux d’y avoir joué un rôle et nous resterons présents pour ces travailleurs et ces travailleuses », lance Jacques Mimeault, président du CCGIM-CSN.

Bien que la FIM–CSN salue cette annonce, elle rappelle du même coup que le gouvernement du Québec n’a toujours pas de politique concrète et efficace en matière d’énergie éolienne : « Encore une fois, on ne le dira pas assez, le Québec a besoin d’une politique industrielle globale qui inclut l’énergie éolienne. Cela permettrait de soutenir activement le développement de ce créneau d’excellence », conclut Alain Lampron.

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Environnement : l’incohérence au rendez-vous! https://www.csn.qc.ca/actualites/environnement-lincoherence-au-rendez-vous/ Thu, 22 Dec 2016 21:58:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=57613 Blogue de Pierre Patry

Au cours des dernières semaines, les différentes mesures annoncées par les gouvernements fédéral et provincial illustrent bien combien il est légitime de douter de leur réelle volonté d’effectuer un changement de cap sur les questions environnementales.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a fait siennes les cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) peu ambitieuses du gouvernement Harper. Si l’on veut atteindre les objectifs de l’accord historique de Paris adopté lors de la COP21 en 2015, cette cible doit être considérée comme une valeur plancher qui devra devenir plus contraignante. Pire encore, en approuvant des projets d’oléoduc comme celui de Kinder Morgan, le gouvernement nous éloigne de ces cibles. Enfin, la décision controversée de Justin Trudeau d’aller de l’avant sur les questions d’oléoduc sans le consentement éclairé des nations autochtones va à l’encontre de ses engagements électoraux sur le mode de gouvernance et la réconciliation avec les premiers peuples du Canada.

Au Québec, ce n’est guère mieux. Bien que nous nous soyons dotés de cibles ambitieuses de réduction de GES, le gouvernement de Philippe Couillard vient d’adopter sous le bâillon une loi qui favorise l’exploitation des hydrocarbures, ce qui est totalement incompatible avec ces cibles. Pourtant, plusieurs voix s’étaient élevées pour demander de scinder en deux le projet de loi afin d’adopter rapidement la partie sur la transition énergétique et de prendre le temps de débattre du volet concernant l’exploitation des hydrocarbures. Encore une fois, le gouvernement a fait la sourde oreille et a fait fi des règles démocratiques élémentaires.

Conférence des parties (COP) et emplois
La communauté internationale s’est réunie le mois dernier à Marrakech pour la 22e ronde des négociations climatiques de la Conférence des parties (COP) des Nations unies. Après l’adoption de l’entente de la COP21 pour limiter la température mondiale au-dessous des 2 °C, le travail ardu et technique pour réaliser cet objectif devait se mettre en branle lors de cette rencontre.

Cette rencontre s’est déroulée dans le contexte particulier où les Américains ont élu un climatosceptique grandiloquent à la présidence des États-Unis, le lendemain même de l’ouverture de la COP22.

Le temps de parler de la transition juste
La Confédération des syndicats nationaux (CSN), de même que la Confédération syndicale internationale (CSI), est présente lors des négociations climatiques de la COP depuis 2009. Une des priorités du mouvement syndical sur la question environnementale est la mise en application d’une « transition juste » qui se ferait avec l’appui, l’expertise et la participation des travailleuses et des travailleurs afin de décarboniser notre économie et d’ouvrir la voie à des énergies renouvelables.

Bien que la CSN et la CSI martèlent l’importance d’une transition juste depuis plusieurs années, ce n’est que récemment que la place des travailleuses et des travailleurs dans la lutte contre les changements climatiques suscitent l’intérêt d’un nombre important des acteurs concernés lors des négociations climatiques. Antérieurement, nos ateliers sur la transition juste peinaient à attirer les délégué-es des COP. Avec l’inclusion de la transition dans le préambule de l’entente de Paris, il y a de plus en plus d’appétit de la communauté internationale pour débattre sérieusement de la question. D’ailleurs, une conférence qui touchera uniquement la question de la transition juste se tiendra dans quelques mois à Bonn en Allemagne.

Cette vague d’intérêt s’explique par le fait que les acteurs politiques ne peuvent plus ignorer les craintes légitimes des travailleuses et des travailleurs œuvrant dans les secteurs polluants visés par le passage à une économie plus verte. L’élection du controversé magnat de l’immobilier à la présidence des États-Unis en est une illustration. Il a su exploiter l’insécurité économique des mineurs de charbon et des travailleurs du secteur pétrolier. Son élection est due en partie à l’échec de nos mouvements et des politiciens progressistes à bien articuler la nature même de la transition juste. Les travailleuses et les travailleurs ne veulent pas être des spectateurs ignorés lors de la mise en œuvre des efforts titanesques que les pays doivent entreprendre pour diminuer les effets dévastateurs des changements climatiques sur la planète.

Comment allons-nous nous assurer que ces travailleurs pourront recevoir les formations nécessaires pour combler les besoins de nouveaux emplois nés de cette transition écologique? Quelles mesures financières allons-nous proposer pour que les travailleurs à la veille de la retraite ou qui éprouvent des problèmes d’apprentissage ne se retrouvent pas dans une situation économique précaire à la suite de la décroissance de leurs secteurs d’emploi? La probabilité de garder le réchauffement climatique à moins de 2 °C demeurera à risque sans l’adoption de politiques pour répondre à ces questions et préoccupations de millions de travailleurs. L’heure est à l’action et la CSN continuera de proposer sur toutes les tribunes pertinentes des pistes de solution pour résoudre cette problématique d’envergure.

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Le vent souffle pour LM Wind Power à Gaspé https://www.csn.qc.ca/actualites/le-vent-souffle-pour-lm-wind-power-a-gaspe/ Thu, 25 Aug 2016 22:19:41 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=54482 La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) et le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN) sont satisfaits de l’annonce d’un nouveau contrat à long terme pour l’usine LM Wind Power de Gaspé qui, en plus de consolider les 200 emplois actuels, permettra la création de 85 nouveaux emplois.

Des efforts qui portent leurs fruits en Gaspésie

Le CCGIM–CSN tient à souligner l’excellent travail du Syndicat des travailleuses et des travaillers de LM Wind Power : « C’est par un travail soutenu et de collaboration que le syndicat a réussi à mobiliser ses membres pour ainsi en arriver à une entente avec l’employeur. Nous voyons les résultats des efforts déployés aujourd’hui », lance Jacques Mimeault, président du conseil central. « Nous observons que malgré l’adversité, les membres CSN ont su demeurer solidaires à l’ouverture du dialogue et de la négociation avec l’employeur. Par ces faits, nous constatons l’importance du rôle qu’a joué le syndicat dans le dossier ainsi que sa détermination à sauver les emplois. C’est par ce genre d’attitude que notre organisation syndicale révèle toute son importance », poursuit-il.

Pour le conseil central, il est évident que ce nouveau contrat est le fruit d’une mobilisation de tous les acteurs de la région. « Nous sommes conscients que ce résultat implique également l’intervention de différentes actrices et acteurs du milieu politique de la région et nous tenons à les remercier pour leur travail. Cette usine offrira près de 300 emplois, et cela dans un esprit d’excellence. Cela s’avère un pôle important pour le développement économique régional et consolide la ville de Gaspé à l’ouverture du marché international », renchérit Jacques Mimeault.

Une démonstration de la nécessité d’une politique industrielle globale

Pour la FIM–CSN, cette nouvelle démontre l’importance pour le Québec de se doter d’une politique industrielle globale et vigoureuse, incluant une politique énergétique. « Le développement durable de notre secteur industriel permettrait, à terme, de créer des milliers d’emplois, et ce, dans toutes les régions du Québec. Ce contrat montre que nous gagnerions à être plus proactif dans ce domaine, il faut que le gouvernement mette en place des politiques structurantes pour aider et soutenir le développement de l’industrie manufacturière », affirme Mathieu Lafleur, vice-président de la FIM–CSN.

Un secteur industriel fort et bien développé permettrait, selon l’organisation syndicale, d’accroître les exportations. « Le contrat actuel de LM Wind Power est destiné aux États-Unis, si nos gouvernements soutenaient de façon concrète le secteur industriel nous pourrions voir nos exportations manufacturières augmenter, et cela serait profitable à l’ensemble du Québec », poursuit Mathieu Lafleur.

La FIM–CSN entend donc continuer à mettre de la pression pour que le gouvernement se dote d’une politique industrielle globale sérieuse qui permettrait de soutenir avec force le développement de l’industrie manufacturière au Québec.

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La CSN sonne l’alarme sur un séisme appréhendé dans le dossier des hydrocarbures https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-sonne-lalarme-sur-un-seisme-apprehende-dans-le-dossier-des-hydrocarbures/ Wed, 17 Aug 2016 21:00:58 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=54400 La CSN a dénoncé les mesures de la Loi sur les hydrocarbures lors de son audience en commission parlementaire sur le projet de loi 106, qui concerne la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030. Rappelons que la confédération revendique un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures depuis 2011.

Le projet de loi 106 devait être le point de départ de la mise en œuvre de la nouvelle politique énergétique, et bien que la CSN applaudisse certains aspects, dont la création de Transition énergétique Québec (TEQ), elle condamne le fait que le gouvernement libéral prenne prétexte du projet de loi pour introduire la Loi sur les hydrocarbures. En effet, la CSN se questionne sur la nécessité de proposer, à l’intérieur d’un même projet de loi, la création d’un organisme dont la mission est de coordonner la mise en œuvre de l’ensemble des programmes et des mesures visant l’atteinte des cibles en matière énergétique et de production de gaz à effet de serre (GES) et la Loi sur les hydrocarbures, alors que les objectifs de l’un et de l’autre sont contradictoires.

Confier au renard la garde du poulailler
Une plus grande participation citoyenne à la table des parties prenantes du TEQ, notamment celle du monde du travail, figure parmi les recommandations émises par la CSN dans son projet de mémoire sur la Politique énergétique 2030. « La transition vers une économie verte n’est possible qu’avec la participation active des travailleuses et des travailleurs, explique M. Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable. Ces derniers seront parmi les premiers affectés par les changements qui s’amorcent. Il ne faut jamais oublier que ce sont les travailleuses et les travailleurs qui mettront en œuvre, sur le terrain, les mesures annoncées dans la politique énergétique. »

L’absence de participation citoyenne se fait aussi sentir dans le processus de création de comités de suivi par les titulaires de licence d’exploration. La Loi sur les hydrocarbures accorde au détenteur de licence le pouvoir de choisir les personnes qui siégeront au comité et d’en déterminer le nombre. Pour la CSN, ceci donne un pouvoir décisionnel démesuré aux promoteurs qui ont un intérêt tout particulier à s’assurer de l’aboutissement de leurs projets.

De plus, la CSN émet de sérieux doutes quant à l’acceptabilité sociale des projets impliquant les hydrocarbures au Québec. Elle dénonce le manque de consultation sur l’acceptabilité des projets d’exploration et d’exploitation, et croit que des projets de cette envergure ne peuvent être réalisés au Québec sans l’aval des citoyennes et des citoyens.

Non-respect des droits autochtones
La CSN juge que le manque d’obligation de consulter les Premières Nations et d’obtenir d’elles leur consentement pour l’utilisation de leurs territoires est un oubli aberrant de la part du gouvernement Couillard. « Les Premières Nations doivent être consultées en amont de l’émission de toute licence touchant un territoire utilisé par celles-ci de même que pendant l’opérationnalisation de tout projet, dénonce Pierre Patry. Le gouvernement ne peut pas se soustraire à ses responsabilités envers la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Les Premières Nations doivent donner leur consentement libre et éclairé à tout projet qui serait proposé sur des territoires pour lesquels elles pourraient avoir des revendications ou qu’elles utilisent. »

Des choix pour les générations futures
L’indépendance énergétique est une question névralgique pour le Québec, particu­lièrement par rapport aux hydrocarbures. Or, « le Québec a la chance de pouvoir compter sur un fort potentiel de production d’énergie propre. Il n’en tient qu’à nous, comme société, de faire les choix collectifs pour le canaliser dans le sens d’une révolution écologique qui serait aussi le gage de notre prospérité » de conclure Pierre Patry.

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Des cibles ambitieuses, des moyens trop modestes https://www.csn.qc.ca/actualites/des-cibles-ambitieuses-des-moyens-trop-modestes/ Tue, 21 Jun 2016 13:01:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52932 La politique proposée est sous la responsabilité du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. D’ailleurs, même si le document de présentation de la politique laisse la parole au premier ministre, au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, à la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et au ministre responsable des Affaires autochtones, il ignore complètement le ministre de l’Environnement. C’est à croire que la question énergétique peut être examinée sans égard aux enjeux environnementaux.

Pour Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable, le contexte d’urgence écologique commande qu’on agisse avec force si nous voulons infléchir le cours des choses. « En décembre dernier, à la conférence de Paris, nous avons entendu le chant des nations alors qu’elles convenaient toutes qu’il fallait maintenir le réchauffement de la planète à moins de 2 °C, voire à moins de 1,5 °C. Il est maintenant temps de définir comment ». Ainsi, pour le trésorier de la CSN, la mise en place d’une nouvelle politique énergétique est certainement une façon d’y arriver. Alors que le gouvernement a déjà pris l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % par rapport au niveau de 1990, et ce, d’ici 2030, et sachant que 70 % de nos émissions totales de GES découlent de la production, du transport et de notre consommation d’énergie, il est impossible de ne pas aborder la question énergétique. « Énergie et environnement sont intimement liés, que le gouvernement fasse preuve d’aveuglement volontaire n’y change rien », renchérit monsieur Patry.

Le temps d’agir concrètement

Au nombre de cinq, les objectifs ne manquent pas d’ambition. Améliorer de 15 % l’efficacité avec laquelle l’énergie est utilisée; réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés ; éliminer l’utilisation du charbon thermique ; augmenter de 25 % la production totale d’énergies renouvelables et augmenter de 50 % la production de bioénergie : voilà les cibles que le gouvernement s’est fixées, et pour lesquelles il y a peu à redire. « L’enjeu ne repose pas sur les objectifs à atteindre, ça, on y adhère », dira Mireille Pelletier, chimiste et spécialiste des questions environnementales au Service des relations du travail de la CSN. Selon elle, la question fondamentale est de savoir quels seront les moyens que le gouvernement mettra en place pour assurer l’atteinte de ces objectifs. En effet, augmenter de près de 28 % notre consommation d’énergies renouvelables et réduire de 40 % celle de produits pétroliers n’est pas une mince tâche. Au Québec, contrairement à plusieurs autres économies, 47,6 % de l’énergie utilisée provient déjà d’énergies renouvelables. De plus, 75 % de la totalité des produits pétroliers utilisés à des fins énergétiques est consommé dans le secteur des transports. À l’heure de l’auto en solo, des VUS et du just in time, la transition proposée apparaît encore plus incertaine si des actions concrètes ne sont pas mises en place.

Pourtant, c’est justement au chapitre des actions concrètes que le programme gouvernemental montre ses failles. Certes, il y a la création d’un organisme visant l’économie d’énergie et la transition énergétique, responsable de coordonner l’ensemble des services et des programmes offerts. Ce guichet unique devrait favoriser la cohérence des actions gouvernementales et un accès plus grand des citoyennes et des citoyens aux programmes gouvernementaux. Il y a aussi des projets-pilotes pour l’installation de stations multi­carburants et un projet de loi pour bannir définitivement l’utilisation du charbon. La politique énergétique propose de son côté l’expansion du réseau gazier et le développement d’un réseau d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, ce qui devrait permettre à des entreprises de se procurer des ressources moins polluantes. Par ailleurs, même si on reconnaît l’importance de l’économie d’énergie en la hissant au rang de filière de production, bien peu de mesures sont proposées à cet égard. Pour Mireille Pelletier, il n’y a aucun doute, l’énergie la moins coûteuse est celle qu’il n’est pas nécessaire de produire. Ainsi, l’État pourrait être beaucoup plus proactif sur cette question. « Le volontariat a ses limites. Il serait temps que le gouvernement revoie la réglementation de façon à obliger la prise en compte de cette dimension, notamment lors de constructions neuves », précise-t-elle. Finalement, même si la question du transport est abordée, on s’en réfère pour l’essentiel aux annonces déjà rendues publiques, dont celle concernant le plan d’action sur l’électrification des transports. Faut-il pourtant rappeler tout le scepticisme qui entoure la capacité réelle d’atteindre ces cibles, particulièrement celle de voir plus de 100 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables immatriculés au Québec d’ici 2020 ?

Des moyens à la mesure de la tâche

On décèle aussi à la lecture de la politique, que le gouvernement est favorable à l’exploitation des hydrocarbures en territoire québécois. La proposition d’un cadre légal pour régir ce type d’activité et les hypothèses quant à l’utilisation des redevances qui découleraient de cette exploitation laissent peu de doute sur les intentions réelles du gouvernement en la matière. Pourtant, il est de plus en plus évident que l’exploitation de cette ressource se situe en porte-à-faux avec la volonté affirmée de réduire nos émissions de GES. À coup sûr, elle retarderait notre transition énergétique qu’on affirme par ailleurs poursuivre.

Le Québec doit aussi avoir les moyens de ses ambitions. Une transition de l’envergure de celle qui nous est proposée ne peut se faire sans délier les cordons de la bourse. Et justement, le gouvernement a annoncé qu’il consacrerait 4 milliards de dollars à ce projet de transition énergétique, mais ce montant sera déboursé sur une période de 15 ans, soit une moyenne de 267 millions par année. C’est là que le bât blesse, de l’avis de Pierre Patry. « C’est vraiment peu quand on pense à l’ampleur de la tâche et notamment au passage obligé vers l’électrification des transports. C’est encore moins crédible quand le gouvernement ne peut garantir qu’il s’agira d’argent frais », souligne-t-il.

Les questions énergétiques ne sont pas détachées des questions économiques. À maintes reprises au cours de notre histoire, les ressources énergétiques ont servi de levier au développement économique. Tous le reconnaissent, notre électricité apparaît pour plusieurs un avantage comparatif indéniable qui a permis la création de plusieurs emplois de qualité. De même, plusieurs ont foi en l’énergie éolienne pour développer des régions comme la Gaspésie. Pourtant, et malgré ce constat évident, la question de l’emploi et celle de l’importance des travailleuses et des travailleurs pour opérer cette transition énergétique sont tout à fait absentes du décor ! « Le gouvernement doit voir la transition énergétique comme une occasion de développement. Un moyen de s’engager vers un développement durable », indique le trésorier de la CSN.

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