Équipement de protection individuelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 20 Jan 2022 19:25:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Équipement de protection individuelle – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Rapport final de la Commissaire à la santé et au bien-être : Il faut passer à l’action ! https://www.csn.qc.ca/actualites/il-faut-passer-a-laction%e2%80%89/ Wed, 19 Jan 2022 18:46:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81435 Pour la Confédération des syndicats nationaux, le rapport final de la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, remet en perspective de nombreuses lacunes qui existaient déjà dans le réseau avant l’arrivée de la COVID-19. Les solutions sont connues depuis longtemps et en ce sens, la CSN appuie en grande partie les recommandations formulées. La CSN appelle le gouvernement à saisir cette occasion pour instaurer un véritable dialogue avec tous les partenaires, dont les syndicats, pour s’assurer de ne jamais revivre un tel drame.

Toutefois, la CSN relève plusieurs éléments sur lesquels le rapport n’insiste pas assez et qui doivent être pris en compte pour pouvoir effectuer le virage nécessaire. Par exemple, il faut prendre en considération la question de la santé et de la sécurité au travail. Il faudrait creuser davantage pour comprendre les lacunes observées sur le terrain par les syndicats. Il s’avère notamment que la gestion inadéquate des équipements de protection individuelle a eu un impact significatif. De même, les mauvaises conditions de travail du personnel ont contribué aux problèmes d’attraction, de rétention et à la rareté de la main-d’œuvre. Le sous-financement des services, le rôle croissant du secteur privé et les lacunes quant à la planification de la main-d’œuvre constituent autant de volets qui nécessitent des changements tant au niveau de la santé publique que de la gouvernance du réseau. Pour la CSN, ces éléments ont tous grandement contribué à la catastrophe.

Enquête publique
« Une enquête publique sur la gestion de la pandémie demeure nécessaire, estime la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il faut aller au fond des choses. Ce ne sont pas des coupables qu’on cherche, mais le portrait global afin de pouvoir appliquer des solutions structurantes. Malheureusement, les recommandations formulées dans ce rapport sont parfois timides. Nous les appuyons de façon générale, elles vont dans le bon sens, mais il faut faire beaucoup plus et instaurer des changements en profondeur pour consolider cet acquis précieux qui est mis à mal depuis trop longtemps. »

Pour la CSN, il faudra nécessairement revoir certaines façons de faire pour éviter une telle hécatombe dans le futur et corriger les lacunes identifiées dans le rapport, notamment la gouvernance défaillante, le leadership insuffisant et le manque d’imputabilité.

« Nous n’avons pas le droit de ne pas apporter les changements nécessaires dès maintenant, plaide le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc. La clé c’est de pouvoir se parler pour vrai, syndicats, établissements, gouvernement et de travailler ensemble. La gestion par arrêtés ministériels, ça a fait mal non seulement aux relations de travail, mais à notre capacité même de trouver des solutions ensemble, pour le bien de toute la population. Il faut absolument renouer avec le dialogue même dans ce climat d’urgence. La FSSS–CSN sera au rendez-vous d’une telle approche ».

Du côté de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), on relève que, malheureusement, comme le mentionne le rapport, le réseau de la santé et des services sociaux a mis ses employé-es en danger en ne respectant pas complètement le principe de précaution. « Nous demandions pourtant depuis le début de la pandémie d’élargir la distribution du meilleur équipement de protection disponible, comme les masques N95. Une réelle approche de précaution aurait alors rassuré et protégé la santé du personnel qui se trouvait au cœur de la tempête », affirme Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

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La FSSS–CSN suivra de près le programme de recrutement dans les services de garde https://www.csn.qc.ca/actualites/la-fsss-csn-suivra-de-pres-le-programme-de-recrutement-dans-les-services-de-garde/ Mon, 17 Jan 2022 20:45:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81420 Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), continuer d’améliorer les conditions des travailleuses et travailleurs reste le meilleur moyen de recruter la relève dans les services de garde éducatifs à l’enfance. Le ministre de la Famille annonçait aujourd’hui son programme de recrutement ayant pour but d’attirer le personnel pour augmenter le nombre de places dans le réseau.

La FSSS–CSN est heureuse de constater que le ministère de la Famille prend des moyens d’attirer la relève pour combler le manque de places en service de garde. Le gouvernement doit agir pour attirer l’ensemble du personnel des services de garde et des bureaux coordonnateurs. Elle suivra de près l’application du programme de recrutement et invite le ministre à discuter avec nous de l’application des mesures. La Fédération veut de plus s’assurer que le niveau de formation soit maintenu. Elle rappelle que la création de nouvelles places doit se faire uniquement dans les CPE et les milieux familiaux régis et subventionnés, là où les services aux enfants sont de la meilleure qualité. La FSSS–CSN réclame aussi plus d’actions pour mieux protéger le personnel des services de garde, dont l’accès aux masques N95.

« Les résultats de la dernière négociation des CPE, où la détermination des travailleuses a entraîné de nombreux gains, sont la meilleure carte de visite pour convaincre des gens de venir travailler dans le réseau des services de garde éducatifs. Il faut continuer de faire mieux, notamment en réglant l’enjeu des ratios d’enfants par éducatrice. C’est la clé pour rendre le réseau plus attrayant », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

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Un changement d’approche qui met à risque le personnel des services de garde https://www.csn.qc.ca/actualites/un-changement-dapproche-qui-met-a-risque-le-personnel-des-services-de-garde/ Fri, 14 Jan 2022 15:23:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81389 La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) s’étonne d’un énième changement d’approche qui vient mettre à risque les travailleuses et travailleurs et les enfants qui fréquentent les CPE et les services de garde en milieu familial. La FSSS–CSN réclame l’accès aux masques N95 pour le personnel des services de garde.

Le gouvernement annonce aujourd’hui de nouvelles consignes pour la gestion des cas et des contacts, remettant en question les consignes annoncées le 4 janvier dernier. Ces consignes, venant notamment affaiblir les mesures d’isolement en maintenant ouverts des groupes après la découverte d’un cas, ont de quoi inquiéter. Il en va de même de la gestion des cas confirmés à l’aide de tests rapides en lieu et place de tests confirmés par laboratoire. Cette décision, qui accroît considérablement les risques auxquels sera exposé le personnel des services de garde, intervient alors même que tout n’est pas fait pour assurer la protection du personnel et des enfants face à la transmission aérienne du virus. La FSSS–CSN demande l’accès aux tests rapides pour le personnel, que l’ensemble du personnel atteint de la COVID-19 soit automatiquement couvert par la CNESST et une augmentation des journées de la banque Covid pour les responsables de services de garde en milieu familial.

« Ces incessants changements dans les consignes finissent par perdre tout le monde. Ce qu’il faut actuellement, ce n’est pas d’assouplir les consignes, mais bien de mieux protéger les travailleuses, les enfants et les familles de ceux-ci. Ce que le gouvernement doit faire, c’est rendre disponibles les masques N95 dans les CPE et les milieux familiaux », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Rencontre d’urgence réclamée avec la CNESST
La FSSS–CSN interpelle aussi la CNESST afin qu’elle convoque d’urgence les acteurs du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et les experts en santé et sécurité au travail afin que des directives claires et conformes à la Loi sur la santé et la sécurité au travail soient émises sans délai.

« Il n’y a pas de compromis à faire avec la santé et la sécurité du personnel dans les services de garde. La CNESST a un rôle important à jouer, alors qu’on s’apprête à accroitre les risques dans ces milieux », de conclure Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

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L’intersyndicale en santé et services sociaux salue l’ouverture du gouvernement sur les nouvelles mesures pour le personnel https://www.csn.qc.ca/actualites/lintersyndicale-en-sante-et-services-sociaux-salue-louverture-du-gouvernement/ Thu, 13 Jan 2022 16:08:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81384 En plein cœur de la vague Omicron, l’intersyndicale en santé et services sociaux et le gouvernement ont eu des échanges constructifs dans l’objectif de poser des actions concrètes pour appuyer le personnel. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, la clé pour casser cette vague est de tout faire pour bien protéger le personnel et de déployer rapidement des mesures de reconnaissance pour agir sur l’attraction et la rétention.

L’ensemble des organisations syndicales représentant le personnel du réseau de la santé et des services sociaux ont échangé avec le gouvernement dans les derniers jours pour proposer des solutions pour aider les travailleuses et travailleurs et regagner leur confiance. Plusieurs mesures annoncées par le gouvernement qui visent certaines catégories d’emploi permettront de soulager de façon appréciable, mais temporaire, la pression qui pèse depuis 22 mois sur le dos du personnel du réseau. L’intersyndicale invite donc le gouvernement à poursuivre les discussions dans le même état d’esprit afin de se sortir de la situation de crise liée à la pandémie et au manque de personnel.

La clé, c’est de bien protéger le personnel
Tout au long des échanges, l’intersyndicale a indiqué que l’élément prioritaire pour faire face au variant Omicron est d’appliquer le principe de précaution et d’implanter toutes les mesures nécessaires pour bien protéger les travailleuses et travailleurs, à commencer par l’accès au masque N95 pour l’ensemble du personnel. Si le changement de ton du gouvernement est bienvenu, il doit continuer d’en faire davantage pour prôner des mesures plus fortes, claires et simples à appliquer pour assurer la protection du personnel.

Des mesures pour attirer et retenir le personnel
Les mesures annoncées aujourd’hui par le ministre Dubé ont pour objectif d’avoir le personnel nécessaire pour les trois prochains mois. L’intersyndicale a invité le gouvernement à mieux reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs. L’élargissement de la prime de temps complet est une avancée intéressante, bien que l’intersyndicale continue de demander que les primes s’appliquent à l’ensemble du personnel au front de la lutte à la pandémie depuis des mois.

« Nos échanges avec le gouvernement l’ont convaincu de poser des gestes à très court terme pour freiner la crise. C’est la preuve que c’est en travaillant ensemble et en prenant en compte les solutions du personnel qu’on peut mieux gérer cette pandémie. C’est de cette manière qu’il faut continuer à travailler pour s’attaquer d’urgence aux problèmes de fond du réseau de la santé et des services sociaux », soulignent les leaders de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

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PL-59: 59 heures de vigie devant l’Assemblée nationale pour que le gouvernement protège vraiment tout le monde https://www.csn.qc.ca/actualites/pl-59-59-heures-de-vigie-devant-lassemblee-nationale-pour-que-le-gouvernement-protege-vraiment-tout-le-monde/ Mon, 31 May 2021 11:15:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79517 À l’unisson, des militantes et militants en provenance de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et de l’Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM), tiennent une vigie de 59 heures devant l’Assemblée nationale de 6 h le lundi 31 mai jusqu’à 17 h le mercredi 2 juin. Ils exigent des bonifications majeures au projet de loi 59 actuellement à l’étude au parlement.

Tout en respectant les mesures sanitaires, les militants réunis jour et nuit lancent un cri du cœur aux députés qui étudient la réforme en santé-sécurité du travail. Il est inacceptable qu’après des décennies d’attente, le Québec accouche d’un projet de loi aussi décevant qu’incomplet, qui va faire de grands oubliés pour longtemps, si les élus ne corrigent pas le tir maintenant.

  • Comment le gouvernement peut-il justifier auprès de celles et ceux qui font partie des groupes prioritaires – un modèle à suivre en matière de prévention – que désormais ces groupes n’existeront plus ? La santé-sécurité devra être négociée localement. Actuellement, des représentants syndicaux bénéficient du temps nécessaire afin d’assainir leurs milieux de travail et régler des situations dangereuses. Le modèle actuel ne doit pas être aboli. Il doit plutôt être appliqué à tous les secteurs d’activité.
  • Comment le gouvernement peut-il remettre en cause l’importance du paritarisme en matière de santé-sécurité ? Les instances qui discutent de SST doivent être paritaires. Pourquoi les employeurs pourraient-ils obtenir le droit de remplacer ou d’abolir les comités locaux en SST pour créer des comités multiétablissements, sans l’accord préalable de la partie syndicale ?
  • Comment le gouvernement pense-t-il régler les problématiques liées à la santé psychologique au travail s’il n’y a pas une application des mécanismes de prévention rigoureuse dans l’ensemble des milieux de travail du Québec ? Par ailleurs, des balises claires doivent encadrer le télétravail et statuer sur le droit à la déconnexion.

Mentionnons aussi que ce projet de loi prévoit de nombreux reculs injustifiés aux droits des victimes d’accidents et de maladies du travail en matière d’indemnisation et de réadaptation qui généreront des économies de 4,3 milliards de dollars, sur leur dos, pour les dix prochaines années.

Le projet du gouvernement s’apparente à un saupoudrage de quelques avancées en prévention, alors que l’essentiel n’est en fait que poudre aux yeux. Pourtant, le droit de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs du Québec, c’est d’œuvrer dans des environnements de travail sains où les dangers sont identifiés et éliminés à la source. En 2021 et pour l’avenir, il faut des représentants syndicaux à la prévention qui disposent de suffisamment de temps pour enquêter et corriger les lacunes dans tous les milieux de travail. C’est non négociable.

La colère est d’autant plus vive que, depuis des mois, les organisations syndicales et nombre d’organisations de la société confirment que ce projet de loi va laisser le Québec en queue de peloton des États nord-américains en matière de prévention avec, en plus, un risque de judiciarisation accrue. L’engorgement des tribunaux, déjà problématique, ne fera que s’accentuer. Il faut précisément viser l’objectif contraire.

Si le projet de loi 59 promet des économies aux employeurs du Québec, ce sont les accidentés et les malades du travail qui vont faire les frais de cette réforme. Ce n’est pas avec des demi-mesures en prévention et des reculs pernicieux en réparation et en soutien aux victimes d’accidents ou de maladies du travail que cette réforme fera progresser le Québec. Sans un sérieux coup de barre, le projet de loi 59 ne permettra pas à notre société de briller parmi les meilleures.

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Malgré 173 morts, le gouvernement s’entête à faire reculer le Québec https://www.csn.qc.ca/actualites/malgre-173-morts-le-gouvernement-sentete-a-faire-reculer-le-quebec/ Wed, 28 Apr 2021 10:00:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79000 En cette Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail, le Québec pleure les 173 personnes qui ont perdu la vie en 2020 en tentant de la gagner. La province se souvient aussi de tous ceux et celles qui se sont blessés en travaillant. En cette année de pandémie, la CSN exprime également sa solidarité avec les victimes de la COVID-19, virus souvent propagé au travail.

« Ayons une pensée pour les 40 000 personnes des secteurs de la santé et des services sociaux, et tout le personnel qui participe à l’éducation de nos enfants, bien souvent des femmes, qui ont contracté le virus. N’oublions pas, non plus, les milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur privé qui ont souffert de la maladie », rappelle David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN. Pour l’ensemble de ces gens, la CSN encourage ses membres, ses syndicats et ses organisations affiliées à observer une minute de silence à 10 heures, aujourd’hui, dans tous les milieux de travail.

«C’est quand même ironique qu’au cœur de cette funeste tragédie sanitaire, le gouvernement ne profite pas de l’occasion pour aller plus loin en matière de protection avec sa réforme en santé-sécurité. Le PL-59 fait reculer les droits des travailleuses et des travailleurs en limitant l’indemnisation et en reculant sur des acquis en prévention pour certains secteurs », s’indigne David Bergeron-Cyr.

En effet, la réforme va compliquer et judiciariser la réadaptation des victimes en échange de trop maigres avancées en prévention. Pire encore, l’abolition des groupes prioritaires prévus par la loi actuelle privera les milieux de travail industriels des mécanismes éprouvés depuis les 40 dernières années.

« La prévention, c’est non négociable. Ce qu’il faut, pour que le Québec cesse d’être le cancre en matière de santé-sécurité au Canada, est plutôt de ne pas seulement étendre les mécanismes de prévention à l’ensemble des milieux de travail, mais également leur donner tous les outils nécessaires à leur prise en charge. Les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas devenir les victimes de la réforme qui semble plutôt vouloir économiser sur leur dos », déplore le vice-président de la centrale.

Des conséquences pour longtemps  

Il est minuit moins une pour bonifier le projet de loi 59, toujours à l’étude. À quand, par exemple, une vraie reconnaissance des problèmes d’épuisement au travail ? Quand va-t-on répandre les mécanismes de prévention efficaces, décentralisés avec des moyens encadrés pour les faire fonctionner ? Quand va-t-on admettre que lorsque le travail nous blesse, physiquement et psychologiquement, il faut le reconnaitre, sans tracasseries administratives ?

« Il aura fallu 40 ans pour accoucher d’une nécessaire réforme en santé-sécurité au travail. Nous sommes en train de rater un rendez-vous historique. Les conséquences du PL-59 risquent de nous affliger collectivement pour longtemps. Cette réforme ne doit pas être un affront à la mémoire des disparu-es dont nous nous souvenons en ce 28 avril », conclut-il.

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Les quatre centrales syndicales s’unissent pour freiner les reculs en santé et sécurité https://www.csn.qc.ca/actualites/les-quatre-centrales-syndicales-sunissent-pour-freiner-les-reculs-en-sante-et-securite/ Sat, 10 Apr 2021 14:30:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78895 À quelques jours de la reprise de l’étude détaillée du projet de loi no 59 sur la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) unissent leur voix pour dénoncer les reculs prévus dans le projet de loi du ministre Jean Boulet. Lors d’une conférence de presse virtuelle, les quatre chefs syndicaux ont fait le point sur les prochains sujets qui seront débattus en commission et qui auront un impact considérable sur la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses du Québec.

La liste des maladies professionnelles désuète

Mardi, dès la reprise des travaux sur l’étude détaillée du projet de loi no 59, les parlementaires trancheront sur la question de la liste des maladies professionnelles qui donne droit à une présomption pour la reconnaissance d’une lésion professionnelle. Or, cette liste de maladies n’a pas été mise à jour depuis 40 ans. Les centrales demandent que cette liste soit mise à jour et qu’elle tienne compte des avancées scientifiques plutôt que de la recherche d’économie des employeurs.

« Non seulement tout le monde s’entend pour dire que la liste des maladies professionnelles est désuète, mais aussi sur la façon de l’actualiser. En effet, les plus importantes associations patronales et les centrales syndicales du Québec se sont entendues au Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre en 2017 sur une façon adéquate de faire cette mise à jour et d’en assurer l’actualisation par la suite. Or, le ministre Boulet a choisi d’ignorer ce consensus et, en plus, d’ajouter des critères qui empêchent de fait l’accès à la présomption pour certaines maladies, dont la surdité. Les enjeux sont si grands pour les victimes de lésions professionnelles, on doit leur venir en aide et non leur ajouter des obstacles additionnels », dénonce Luc Vachon, président de la CSD.

La prévention mise à mal

Plutôt qu’étendre ce qui fonctionne pour les groupes prioritaires à tous les milieux de travail, la nouvelle mouture du projet de loi abolit les minimums prévus au bon fonctionnement des comités de santé et sécurité et retire aux travailleuses et aux travailleurs le droit de regard sur l’adoption du programme de prévention et sur le choix du médecin chargé de la santé au travail. Alors que la Loi sur la santé et la sécurité du travail est une loi d’ordre public, la responsabilité sera envoyée vers la négociation entre les parties avec à la clef, une possible contestation devant les tribunaux de la décision de la CNESST. On risque ainsi de judiciariser davantage la santé et la sécurité.

« Les travailleuses et les travailleurs du Québec devront maintenant négocier la protection de leur santé et sécurité en même temps que leurs salaires. C’est inacceptable! Ajoutons à cela l’ajout du critère de multiétablissement qui permet à un employeur d’appliquer des mesures de prévention de manière unilatérale dans tous ses établissements, peu importe la diversité et la complexité de leurs enjeux respectifs. L’objectif des mesures de prévention est de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs et de garder comme priorité leur protection! », ajoute Jacques Letourneau, président de la CSN.

La santé psychologique : un enjeu incontournable

Les risques psychosociaux sont un véritable problème dans les milieux de travail du Québec. Alors que les lésions professionnelles d’ordre psychologique ne font qu’augmenter, particulièrement dans les métiers à prédominance féminine, le ministre doit s’assurer que les acteurs des milieux de travail puissent les prévenir et les indemniser.  « Bien que certains termes faisant référence à la santé psychologique soient introduits dans le projet de loi, rien ne permettra réellement d’améliorer la situation si nous n’avons pas les mécanismes de prévention paritaires suffisants et des mesures concrètes facilitant la reconnaissance de ces lésions psychologiques. Notre souhait est que l’importance d’assurer la santé psychologique des travailleuses et des travailleurs se reflète dans le projet de loi et de façon concrète. Il faut que nous ayons collectivement les moyens d’agir », souligne Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Le secteur de la construction : rien de réglé

La construction est une industrie dangereuse. En ce qui concerne les décès, elle est chaque année surreprésentée, comptant 20 % des décès alors que l’industrie n’emploie que 5 % de la main-d’œuvre du Québec. Cela fait 40 ans que la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne prévoit pas de mécanismes de prévention pour la construction. Le projet de loi no 59 introduit des mécanismes de prévention, mais ne s’assure pas qu’ils puissent être fonctionnels sur le terrain. Les représentants en santé et en sécurité doivent être indépendants des employeurs pour pouvoir intervenir librement et réellement représenter les intérêts des travailleurs et travailleuses à risque. « Le ministre Boulet ne tient pas compte de la précarité de l’emploi et de la facilité pour l’employeur de mettre un terme au lien d’emploi si la personne ose revendiquer plus de prévention. Le mécanisme d’application pour l’élection d’un représentant à la prévention ne tient pas plus compte de la rapidité avec laquelle un chantier de construction évolue. Si le ministre veut vraiment sauver des vies, il doit assurer une indépendance et une stabilité dans les représentants à la prévention dans le secteur de la construction en instaurant une législation qui met sur pieds une représentation syndicale des travailleurs et des travailleuses de ce secteur. Sinon, ce n’est que de la poudre aux yeux », conclut Daniel Boyer, président de la FTQ.

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Alexandre Ladouceur, l’un des témoins derrière les masques https://www.csn.qc.ca/actualites/n95-le-tat-rabroue-la-cnesst/ Fri, 26 Mar 2021 15:56:30 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78743 Le CHSLD Lionel-Émond, situé à Gatineau, figure parmi les premiers centres d’hébergement de l’Outaouais à être aux prises avec une éclosion de COVID-19. De quatre cas confirmés, le nombre de bénéficiaires positifs grimpe à 19 en quelques jours.

À 29 ans, Alexandre Ladouceur semble rougir au bout de la ligne quand on lui demande si on peut le qualifier de « jeune homme fringant ». Ce préposé aux bénéficiaires admet néanmoins s’entraîner au gym cinq fois par semaine. Croyant que sa bonne santé le prémunirait de symptômes trop graves s’il attrapait la maladie, Alexandre s’était porté volontaire pour aller travailler en zone rouge, à l’aile du 4e étage où les usagers luttant contre la COVID-19 sont isolés. À temps plein, sur le quart de soir.

« J’ai commencé à avoir peur quand j’ai réalisé à quel point la maladie était aléatoire : des patients bien portants pouvaient mourir en l’espace de trois jours, alors que d’autres, bien plus faibles, étaient positifs, mais ne présentaient presque pas de symptômes », relate-t-il.

C’est en écoutant le premier ministre expliquer en conférence de presse que les masques de procédure protégeaient non pas la personne qui le porte, mais plutôt celle avec qui elle interagit, qu’Alexandre et ses collègues commencent à se poser des questions… Inquiets de la non-disponibilité des masques N95, certains commencent à apporter leur propre équipement de protection, qui un foulard, qui des lunettes de plongée…

Alexandre travaillera à temps complet pendant environ trois semaines avant de recevoir la confirmation le 27 avril, à son troisième test, qu’il avait été infecté.

« J’ai passé 19 jours seul dans mon appartement. J’appelais le 811 au moins une fois par jour, j’étais extrêmement faible, je crachais du sang… C’était rough. Et dur pour l’orgueil, aussi », reconnaît-il.

Peu de temps après avoir reçu un appel de la Santé publique lui indiquant qu’il était « guéri » (« je crachais encore du sang », fait-il remarquer), une gestionnaire du CHSLD le contacte pour lui proposer un retour au travail… en zone rouge. « Je ne veux pas mourir! », lui répond-il aussitôt. « Ce n’est pas de sa faute, à la pauvre dame, mais elle a reçu toute la frustration que j’avais accumulée. J’avais vraiment l’impression – et je l’ai encore! – d’avoir été trompé. Depuis le début, dans cette histoire, c’est comme si on renvoyait toute la responsabilité aux employé-es : lavez-vous les mains, faites attention, puis tout va bien aller, comme si c’était de notre responsabilité de ne pas tomber malade… »

Alexandre Ladouceur a été « profondément atteint » par le décès de deux collègues. L’un est décédé des suites de la maladie, l’autre s’est enlevé la vie après que sa mère se soit retrouvée aux soins intensifs après l’avoir lui-même contaminée.

« C’est d’une tristesse… Les deux étaient tout proches de la retraite, c’est désolant », laisse tomber Alexandre.

Pas de contamination par aérosols?
Tout au long de l’année 2020, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) refusera de reconnaître la possibilité de contamination par aérosols – ces minuscules particules, plus petites que les gouttelettes – qui circulent dans l’air. Pour la santé publique, les masques N95 ne sont pas nécessaires. Pire, une ordonnance du Dr Horacio Arruda, émise en juin 2020, interdira tout usage des N95 dans le réseau à l’exception de cas bien précis, soit les interventions médicales générant des aérosols.

Malgré les nombreuses plaintes déposées par de nombreux syndicats du réseau de la santé et des services sociaux quant au manque de protection des travailleuses et des travailleurs, la CNESST refusera d’appliquer le principe de précaution, se collant sur les avis de l’INSPQ. Ce sont ces rapports d’intervention de la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui seront contestés, et ce, dès le printemps 2020, devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

Lorsque son délégué syndical, Simon Lacroix, le contacte pour tester son intérêt à venir témoigner devant le TAT afin de contester les avis de la CNESST, Alexandre y voit une occasion en or. « Je n’en veux pas aux gestionnaires avec qui je travaille, ils ont vraiment tout fait avec les moyens que nous avions. Mais les gens qui travaillent en zone rouge, ce sont des gens extrêmement courageux. Il me semble qu’on a une responsabilité de bien les protéger. Je ne sais pas combien ça coûte, un N95, mais la vie d’un travailleur, ça n’a pas de prix, ça je le sais. »

Dans sa décision, le juge qualifiera le témoignage d’Alexandre de « troublant ».

« J’ai expliqué au juge que de travailler comme préposé aux bénéficiaires, c’est dynamique : on bouge tout le temps. On voyait bien que la protection n’était pas suffisante. Quand il fait chaud, on sue, la visière glisse, le masque de procédure devient tout mouillé, il glisse aussi, on est proche du patient, on sent sa respiration sur notre visage… essaye de replacer ton masque quand tu es en train de changer une couche! »

Le juge Philippe Bouvier donnera raison aux prétentions syndicales : le risque de contamination par aérosols est réel, seul un appareil de protection respiratoire (de type N95 ou supérieur) peut en protéger les salarié-es, les employeurs n’ont pas assuré leur protection et la CNESST a failli à son devoir quant à l’application du principe de précaution. Il ordonne aux employeurs visés par la requête de rendre disponibles des masques N95 dès qu’un salarié, peu importe son titre d’emploi, se retrouve en présence d’un patient contaminé ou suspecté de l’être, soit en zone tiède et chaude, en plus d’offrir un test d’ajustement à tous les salarié-es qui doivent en porter.

C’est en pensant à ses collègues décédés et aux 30 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé qui ont contracté la maladie qu’Alexandre a savouré la victoire en lisant la décision du juge Bouvier cette semaine. Une victoire qui laisse un goût amer, plus d’un an après le début de la pandémie, admet-il.

« Ça faisait tellement longtemps que je parlais de tous ces problèmes à mes proches, j’étais content de pouvoir enfin parler à quelqu’un en position d’autorité. Je ne suis pas un spécialiste, ni un médecin, ni un avocat, mais le juge a pris le temps de m’écouter. Attentivement. J’ai juste essayé de lui répondre au meilleur de mes connaissances. »

Et fort d’une expérience des plus traumatisantes, risquerions-nous d’ajouter.

 La semaine prochaine : blocages politiques, victoire juridique

 

 

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Les chauffeuses et chauffeurs « REconfinent » à nouveau leurs autobus! https://www.csn.qc.ca/actualites/les-chauffeuses-et-chauffeurs-%e2%80%89reconfinent%e2%80%89-a-nouveau-leurs-autobus/ Wed, 24 Feb 2021 21:03:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78514 Les chauffeuses et chauffeurs du transporteur scolaire Autobus des Cantons–CSN ont décidé de passer à une autre étape dans leur revendication afin d’obtenir des barrières physiques dans les autobus de leur employeur. Ces salarié-es se sont regroupés à nouveau au Carrefour de l’Estrie dès 9 h 30 ce matin afin d’interpeller, cette fois-ci, M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, et M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, pour qu’ils les appuient dans leur démarche.

Un employeur qui ne se préoccupe pas de ses employé-es

Rappelons que le syndicat conteste la décision de l’employeur de ne pas installer des barrières de protection dans les véhicules pour protéger les chauffeuses et les chauffeurs contre la transmission du virus de la COVID-19. Pourtant, les transporteurs scolaires de la région de Sherbrooke et même la Société de transport de la ville de Sherbrooke ont procédé à l’installation de telles barrières dans leurs véhicules.

Chez Autobus des Cantons, on préfère opter pour les mesures les moins adaptées à la réalité de travail des employé-es en imposant le port du masque de procédure et de lunettes de sécurité. Le syndicat réitère qu’il s’agit du dernier recours proposé par la CNESST lorsque le milieu de travail ne permet pas d’autres options et réclame plus de la part d’employeur.

« Nous ne comprenons pas l’entêtement de l’employeur. La raison qu’il invoque n’est plus pertinente. Il a toujours allégué que les barrières physiques n’étaient pas homologuées par la SAAQ et Transport Canada, or c’est faux. Nous lui avons prouvé le contraire », martèle M. Mario Paré, président du Syndicat du transport scolaire Autobus des Cantons–CSN. Le syndicat a d’ailleurs démontré à l’employeur que des compagnies québécoises étaient désormais accréditées afin de produire des cloisons de protection pour les autobus. « Nous nous questionnons sur les véritables motifs de l’employeur. Pourquoi cet entêtement? », s’interroge M. Paré.

Pour Steven Gauley, président du secteur transport scolaire de la FEESP–CSN, le syndicat n’a d’autres choix que de demander l’intervention du gouvernement. « Considérant que les commissions scolaires peuvent donner des directives aux transporteurs scolaires qui les desservent et qu’il s’agit d’un problème lié à la santé et la sécurité au travail, nous avons décidé d’interpeller les deux ministres responsables. Espérons qu’ils se préoccuperont de la santé des chauffeuses et des chauffeurs, mais également de celle des élèves ».

Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), réitère son appui indéfectible envers le syndicat : « Je considère qu’en ces temps de pandémie où toute la population fait d’énormes sacrifices, il faut être un mauvais citoyen corporatif pour refuser de prendre les meilleurs moyens afin de protéger ses employé-es ».

Une pétition en ligne

Considérant le manque d’ouverture de la part de l’employeur, les salarié-es ont décidé de faire parvenir une lettre à l’employeur avec copie aux ministres Jean Boulet et Jean-François Roberge, pour tenter d’avoir une intervention de leur part. De plus, le syndicat invitera la population à signer la pétition qu’il mettra en ligne au retour de la relâche scolaire dans le cas où l’employeur n’irait pas dans la direction souhaitée.

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Le syndicat des agents correctionnels envoie un message et une autruche à la ministre Guilbeault https://www.csn.qc.ca/actualites/le-syndicat-des-agents-correctionnels-envoie-un-message-et-une-autruche-a-la-ministre-guilbeault/ Mon, 22 Feb 2021 19:25:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78502 Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) a livré une autruche en fleurs à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, lundi après-midi afin d’inviter le gouvernement à cesser de jouer à l’autruche et à reconnaître les risques importants que courent les agents en accomplissant leur travail essentiel.

« La pression exercée sur le réseau carcéral québécois présentement en raison de la deuxième vague de COVID-19 est insoutenable et le gouvernement continue de faire comme si de rien n’était, explique le président du SAPSCQ–CSN, Mathieu Lavoie. Les détenu-es dans les établissements de détention continuent de se promener dans leur secteur et de jouer aux cartes dans les aires communes, coude à coude, sans aucun équipement de protection. Il est temps que le gouvernement cesse de se mettre la tête dans le sable et impose des mesures sanitaires aux personnes incarcérées. »

Le cadeau, livré au bureau de la ministre, était accompagné d’une lettre détaillant les conditions extrêmes dans lesquelles les agentes et agents des services correctionnels exercent leurs fonctions depuis le début de la crise sanitaire

« Non seulement les équipements de protection individuelle et les autres mesures de prévention compliquent considérablement l’accomplissement de nos tâches, mais nous devons également composer avec des détenus de plus en plus hostiles et violents, ainsi qu’avec des risques de contagion décuplés en raison du fait que nous exerçons notre fonction dans un milieu clos où la proximité est difficilement évitable », peut-on y lire.

« Les quelque 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels du Québec mettent leur santé à risque chaque jour, rappelle la présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Nathalie Arguin. Le gouvernement doit absolument reconnaître leur travail et prendre les moyens qui s’imposent pour les protéger le mieux possible. »

À propos
Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

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Prisons provinciales : la Sécurité publique doit cesser de jouer à l’autruche https://www.csn.qc.ca/actualites/prisons-provinciales-la-securite-publique-doit-cesser-de-jouer-a-lautruche/ Wed, 10 Feb 2021 18:16:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78421 Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) exhorte le ministère de la Sécurité publique (MSP) à renforcer les mesures sanitaires s’appliquant aux personnes incarcérées afin de contenir les éclosions de COVID-19 qui sévissent dans les établissements de détention du Québec.

« C’est quand même insensé de voir que le gouvernement a serré la vis à tout le monde sauf aux détenu-es, s’étonne Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ–CSN. On impose le couvre-visage, la distanciation physique et l’interdiction de voir leurs proches à la population entière; nos aîné-es dans les résidences pour personnes âgées et les CHSLD doivent aussi respecter la distanciation et porter le couvre-visage dans leurs aires communes; mais les détenu-es dans nos prisons peuvent se promener dans leur secteur et socialiser coude à coude sans aucun équipement de protection. Il est temps que le gouvernement cesse de se mettre la tête dans le sable et oblige les détenu-es à suivre les mêmes règles que tout le monde! »

Au cours des dernières semaines, la deuxième vague de la pandémie a frappé durement les établissements de détention de la province, particulièrement les établissements de Québec (secteur féminin), de Rivière-des-Prairies, de Saint-Jérôme et de Montréal (Bordeaux) qui, à eux quatre, comptent plus de 150 personnes incarcérées et près de 40 employé-es présentement atteints de la COVID-19.

La multiplication des congés de maladie, des retraits par mesure préventive et l’incapacité de pourvoir les postes vacants depuis le début de la crise sanitaire font en sorte que le réseau correctionnel se retrouve sous pression alors que le taux d’absentéisme chez les agentes et les agents frise maintenant les 30 %.

« Le manque de soutien et de reconnaissance du gouvernement envers les employé-es des services correctionnels qui sont au front chaque jour depuis mars dernier met à risque notre santé et celle des détenu-es, poursuit M. Lavoie. La ministre de la Sécurité publique, Mme Guilbeault, se plaît à demander à la population d’être docile, il faudrait maintenant qu’elle ait le courage d’en demander autant à la population carcérale. »

« On comprend mal l’entêtement du MSP à ne pas imposer de mesures sanitaires aux détenu-es, alors que les éclosions continuent de se multiplier dans les établissements de détention. En plus des détenu-es, ce sont les quelque 2800 agentes et agents correctionnels qui mettent leur santé à risque au quotidien. Cette situation est non seulement inacceptable, mais irresponsable, dénonce la présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Nathalie Arguin. Le ministère doit impérativement réajuster le tir. Il en va de la protection de tout le monde. »

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

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Les travailleuses et travailleurs de la santé enfin mieux protégé-es face à la COVID-19 https://www.csn.qc.ca/actualites/les-travailleuses-et-travailleurs-de-la-sante-enfin-mieux-protege-es-face-a-la-covid-19/ Tue, 09 Feb 2021 16:06:04 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78413 Comme le réclame la FSSS–CSN depuis le début de la pandémie, les travailleuses et travailleurs de la santé qui travaillent auprès des patients atteints de la COVID-19 pourront utiliser des appareils de protection respiratoire N-95 ou leur équivalent pour se protéger.

Rappelant que plus de 30 000 travailleuses et travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19 et que certains y ont laissé leur vie, la FSSS–CSN se réjouit du fait que la CNESST affirme enfin et sans ambiguïté que les appareils de protection respiratoires constituent des moyens de prévention nécessaires pour réduire les risques d’exposition des travailleurs et travailleuses de la santé œuvrant en zone chaude.

Cette nouvelle directive vient calmer l’indignation que la récente décision du comité sur les infections nosocomiales (CINQ) de l’INSPQ avait provoquée au sein du personnel du réseau. En effet, tout en indiquant vouloir protéger le personnel de la santé et leur donner accès aux masques N-95, le CINQ recommandait de ne considérer offrir ces respirateurs N-95 que dans les cas d’éclosion non contrôlée et au terme d’une longue démarche bureaucratique, ainsi que d’une série de conditions restreignant considérablement leur accès au moment opportun.

« Ça fera bientôt un an que la pandémie est en cours. Il est plus que temps que la CNESST intervienne pour s’assurer que le personnel de la santé soit bien protégé. La CNESST doit s’imposer en matière de prévention en santé et de sécurité au travail. C’est son travail, et il était impératif d’intervenir en réponse aux directives du CINQ de l’INSPQ », affirme Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La décision de la CNESST est l’aboutissement d’une longue lutte des organisations syndicales et de certains scientifiques et professionnels de la santé qui revendiquent ce droit depuis les débuts de la pandémie. Face à la flambée des cas au sein du personnel, mais aussi de la population, tout a été mis en œuvre pour obtenir ce changement d’orientation. Des recours juridiques ont été entrepris, des représentations constantes ont été faites auprès des organisations en cause, des documents ont été déposés et les médias alertés. Ces recours multiples ont finalement fait entendre la voix de la raison. Mieux vaut tard que jamais, surtout que nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux variants.

« Nous n’avons ménagé aucun effort et nous continuerons de le faire, de telle sorte à s’assurer que le personnel soit bien protégé au travail à l’avenir, mais aussi pour s’assurer qu’une telle situation, où pendant un an on met la santé et la sécurité du personnel à risque, ça ne puisse plus se reproduire », ajoute Judith Huot, première vice-présidente à la FSSS–CSN.

Cette victoire démontre, une fois de plus que la mobilisation et l’organisation sont les seuls garants de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et travailleuses.

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COVID-19 : La santé des travailleuses et travailleurs de la santé mise dangereusement à risque https://www.csn.qc.ca/actualites/covid-19-la-sante-des-travailleuses-et-travailleurs-de-la-sante-mis-dangereusement-a-risque/ Thu, 28 Jan 2021 19:17:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78328 Alors que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) reconnaît maintenant le risque de transmission aérienne de la COVID-19 dans les milieux de travail, les nouvelles mesures de protection au travail annoncées par l’institut ne permettent pas de protéger adéquatement les travailleuses et les travailleurs de la santé.

L’INSPQ recommande aux établissements du réseau « d’envisager » (sic) offir une protection respiratoire à l’aide d’un appareil de protection de type N-95 ou l’équivalent que lorsqu’une éclosion de COVID-19 est hors contrôle dans un milieu de travail, et ce, malgré le respect rigoureux de l’ensemble des autres mesures de prévention et de contrôle des infections et à la suite d’une évaluation exhaustive de la situation.

Non seulement ces recommandations constituent la reconnaissance, par l’INSPQ, que les mesures actuelles sont susceptibles de ne pas être suffisantes pour protéger le personnel, mais elles sont aussi odieuses, puisqu’elles sont à l’effet d’être possiblement mises en œuvre seulement quand la situation est hors contrôle et donc, que des usagers et membres du personnel auront déjà été infectés. Or, cela est totalement contraire au principe de précaution, sans compter que cela nie le droit à un milieu de travail sécuritaire prévu par la Loi sur la santé et la sécurité au travail tout en mettant la population elle-même à risque.

« Ça fait des mois qu’on demande aux autorités de protéger le personnel adéquatement dans les milieux de travail et au lieu de répondre à l’appel, on expose le personnel à des dangers qui sont reconnus par ces mêmes autorités, jusqu’à ce que la situation soit hors contrôle. Ça n’a aucun sens, c’est carrément dangereux et le gouvernement doit intervenir immédiatement, d’autant plus que le MSSS affirme toujours qu’il n’y a pas de pénurie de respirateurs N-95 », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La FSSS–CSN rappelle aussi que c’est la CNESST est responsable de l’application de la loi et qu’elle doit intervenir en faveur de la protection des travailleuses et des travailleurs. « La CNESST doit intervenir dès maintenant et cesser immédiatement d’abdiquer son rôle au profit de l’INSPQ. Ce n’est pas l’INSPQ qui a le mandat d’appliquer la LSST, c’est la CNESST. Maintenant, ça suffit. », indique Judith Huot, première vice-présidente à la FSSS et responsable du dossier SST. « Le ministre du Travail, Jean Boulet, va-t-il accepter qu’on prive des travailleuses et des travailleurs d’équipements de protection qui sont pourtant disponibles et qui sont nécessaires pour les protéger d’un risque reconnu », questionne Jeff Begley?

« Celles et ceux qui font en sorte qu’on expose ainsi le personnel à de tels risques portent une lourde responsabilité. Déjà, plus de 30 000 travailleuses et travailleurs de la santé ont été infectés par la COVID-19. L’épidémie est toujours bien présente, et nous sommes aux prises avec des variants plus contagieux. La situation est intolérable », affirme Jeff Begley.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jouer à la cachette… dans l’amiante https://www.csn.qc.ca/actualites/jouer-a-la-cachette-dans-lamiante/ Thu, 28 Jan 2021 17:13:21 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78324 C’est un enquêteur de la Commission des normes, de l’équité de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui a ordonné la suspension des travaux le 26 novembre dernier après avoir visité deux propriétés de l’entreprise où des travaux en cours ne respectaient pas le Code de sécurité pour les travaux de construction.

Dans son rapport d’intervention, l’enquêteur justifie sa décision en écrivant qu’il y a « danger pour la santé, la sécurité ou l’intégrité physique des travailleurs », notamment en raison de la présence de matériaux susceptibles de contenir de l’amiante et de la friabilité de ceux-ci. Il ajoute également « [qu’] aucun rapport d’échantillonnage ni autre mesure de dépistage n’a été fait sur les lieux de travail » et « [qu’] aucune procédure de décontamination […] n’est prévue ou appliquée. »

Cette situation n’est peut-être pas exceptionnelle, estime le syndicat. Selon lui, il est fort probable que d’autres travaux aient été réalisés sans égards au protocole et sans que les tests de dépistage aient été effectués.

« C’est difficile d’avoir un portrait clair de la situation, explique Daniel McSween, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Structures métropolitaines–CSN. On ne voit pas les travailleurs sous-traitants, car ils travaillent quand on n’est pas là. Un moment donné, on voit un chantier apparaître sans avertissements. »

Tourner les coins ronds pour sauver une piastre
Lorsqu’il y a présence d’amiante dans les matériaux — ou lorsqu’un employeur ne fait pas les tests pour en vérifier la présence — cela complique considérablement les travaux.

« Tu dois mettre une bâche devant la porte et, avant de rentrer, tu dois faire une zone propre où tu te changes ; tu enfiles une combinaison de protection jetable, des gants, un masque à pastille, etc., explique M. McSween. Il faut d’abord décontaminer les lieux, c’est-à-dire enlever tous les matériaux qui peuvent émettre de la poussière d’amiante et les mettre dans des sacs jaunes. »

La présence d’amiante dans les bâtiments de Structures métropolitaines a été détectée pour la première fois il y a un peu plus d’un an, après qu’une infiltration d’eau a créé des dommages considérables dans l’un de ces bâtiments. Puisque les autres édifices détenus par le promoteur ont été construits durant la même période, la présence d’amiante y est aussi fortement suspectée. Le directeur de la compagnie n’avait alors pas voulu faire tester immédiatement l’ensemble de ses bâtiments pour les inscrire au registre de l’amiante, s’engageant plutôt à effectuer les tests avant de procéder à d’éventuels travaux.

« Au début, c’était nous qui faisions les aménagements de salles de bain et les autres travaux de ce genre, se rappelle M. McSween. Nous connaissons le protocole à suivre afin de réaliser ces travaux de manière sécuritaire pour les travailleurs et pour les locataires. Maintenant, nos gars continuent à faire les petits travaux quand même, mais plusieurs gros travaux sont effectués par des sous-traitants en dehors des heures normales de travail. »

À qui la faute ?
Mais est-ce que Structures métropolitaines est vraiment à blâmer ? Après tout, la compagnie a octroyé un bon de commande à une entreprise externe qui agit à titre de maître d’œuvre des chantiers. C’est donc cette dernière qui est responsable de l’exécution de l’ensemble des travaux et de l’octroi des contrats aux employeurs sous-traitants.

Or, le syndicat affirme avoir informé à maintes reprises l’employeur des agissements des sous-traitants, mais il n’a jamais donné suite.

Au-delà de l’indifférence et du mépris troublant démontrés par cette attitude envers la santé des salarié-es et des locataires de l’immeuble, l’employeur joue, selon toute vraisemblance, un rôle bien plus important qu’il ne veut le laisser croire. Comme le note l’enquêteur de la CNESST dans son avis d’intervention, « aucun avis d’ouverture de chantier n’a été acheminé à la CNESST […] avant le début des travaux. »

« Quand tu refais une salle de bain au complet, tu dois soumettre un avis d’ouverture de chantier à la CNESST. Si ce n’est pas fait, il n’y a aucune trace du chantier nulle part. C’est à Structures métropolitaines que revient cette responsabilité et ils ne le font pas », relate finalement le président du syndicat.

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Le gouvernement ne met pas en place les conditions gagnantes https://www.csn.qc.ca/actualites/vaccination-des-salarie-es-du-reseau-de-la-sante-et-des-services-sociaux/ Fri, 22 Jan 2021 19:47:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78305 Au cours des derniers jours, la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS–CSN) reçoit des échos fort préoccupants des salarié-es de divers établissements quant à la campagne de vaccination en cours dans le réseau. En effet, plusieurs salarié-es souhaitant être vaccinés se voient forcés d’y renoncer à cause des conditions mises en place, notamment les coûts que cela engendrerait pour eux.

Selon les règles édictées par le gouvernement et les responsables patronaux des établissements, les travailleuses et les travailleurs du réseau peuvent recevoir le vaccin durant leur temps de travail et ne pas perdre de rémunération. Cependant, du même coup, ils offrent la possibilité aux employeurs de mettre en place divers autres scénarios et cela laisse place à des iniquités entre les membres du personnel d’un même établissement et entre les établissements. Par exemple, pour obtenir le vaccin, des personnes doivent, en plus de leur journée de travail, voyager plusieurs heures pour recevoir le vaccin à un point de service éloigné de leur lieu de travail habituel, sans aucune autre compensation, ni en temps, ni en frais de déplacement. Cela met en péril le succès de la campagne de vaccination.

La FSSS–CSN a interpellé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à ce sujet de même que les représentantes et les représentants patronaux. La solution proposée est simple : dédommager pleinement les salarié-es qui doivent recevoir le vaccin, tant en ce qui a trait aux frais de déplacement qu’au temps requis pour recevoir le vaccin. Si l’on veut favoriser et faciliter la vaccination, il est important de mettre en place des conditions équitables pour toutes et tous.

« À la FSSS–CSN, nous souhaitons que cette campagne de vaccination fonctionne et que les salarié-es y adhèrent largement, si l’on veut se donner les meilleures chances de protéger rapidement les usagères et les usagers, la population et le personnel, explique le président de l’organisation, Jeff Begley. Depuis le début de cette crise, le gouvernement mise sur l’engagement, la passion et le professionnalisme du personnel pour qu’il tienne le fort dans des conditions inacceptables. Il refuse de verser des primes COVID à une écrasante majorité du personnel au front depuis le début de la crise. Il refuse également de rendre disponibles les équipements de protection individuels nécessaires. Il laisse traîner les négociations du secteur public tout en formulant des promesses en conférence de presse qui sont en complet décalage avec ce qu’il offre à la table de négociation. Il ne faut pas s’étonner ici que plusieurs salarié-es calculent que se faire vacciner leur coûterait beaucoup trop cher actuellement. »

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La CSN exige des modifications en profondeur pour vraiment protéger tout le monde https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-exige-des-modifications-en-profondeur-pour-vraiment-proteger-tout-le-monde/ Thu, 21 Jan 2021 21:15:37 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78230 Dans un mémoire étoffé, présenté en commission parlementaire cet après-midi, la CSN exige une bonification importante du projet de loi 59 du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. « Ça fait des dizaines d’années que la CSN demande une nécessaire révision des vieilles lois en santé-sécurité. Au nom de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs québécois, nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous et de bâcler la réforme », martèle d’emblée Jacques Létourneau, président de la CSN.

La confédération reconnaît certaines avancées dans le texte déposé par le gouvernement de François Legault. Mais, elle dénonce aussi les importants reculs. « Au lieu d’étendre à tout le monde les succès enregistrés au fil des ans par les groupes prioritaires en matière de prévention — comme dans le secteur de l’industrie lourde —, le gouvernement coupe dans leurs droits. C’est reçu comme une gifle », s’indigne Jacques Létourneau. En effet, dans ces milieux, PL-59 réduira les pouvoirs et le temps alloué aux représentants à la prévention pour procéder aux inspections et aux enquêtes.

En contrepartie, dans les milieux jugés à risque faible, comme l’éducation ou certains secteurs de la santé — majoritairement féminins — les minutes octroyées à la prévention seront nettement insuffisantes. La détermination des niveaux de risque doit d’être revue. « En ces temps de pandémie, qui au Québec croit sérieusement que celles et ceux qui accompagnent les jeunes dans nos écoles ou qui soignent les patients dans nos hôpitaux sont à risque faible? C’est absurde », selon M. Létourneau.

L’épuisement professionnel : grand oublié de PL-59

Si les risques psychosociaux et le stress post-traumatique sont enfin reconnus, le projet de loi ne va pas assez loin en matière de santé psychologique. Rien n’est prévu concernant le « mal du siècle » : l’épuisement professionnel. On sait que cette forme d’épuisement résulte souvent d’une organisation du travail déficiente ou de pratiques de gestion malsaines. Le gouvernement doit adapter sa réforme pour reconnaître cette réalité.

Accroissement inquiétant des pouvoirs de la CNESST

La CNESST disposerait d’un pouvoir réglementaire additionnel pour restreindre les soins et les moyens à déployer afin de permettre la réadaptation entière d’une ou d’un accidenté-e du travail. Cette mesure ouvre-t-elle la porte à la réalisation d’économies sur leur dos?

Aussi, PL-59 apporte des changements qui affectent particulièrement le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Le gouvernement veut-il limiter la portée de cette avancée pour les femmes en restreignant les risques pour lesquels le retrait préventif serait applicable? Il faut rappeler que cette mesure permet de prendre acte des risques du milieu de travail et de s’y attaquer. Ce qui en fait une mesure de SST essentielle et non une mesure sociale, comme le prétendent certains employeurs.

Mobilisation et campagne publicitaire

La CSN et ses organisations affiliées partout au Québec réclament une bonification importante du PL-59. « Nos membres se mobilisent pour que le Québec cesse d’être dernier de classe en santé-sécurité au travail. La réforme aura un impact majeur sur la vie des travailleuses et des travailleurs. Le gouvernement serait irresponsable d’en oublier en chemin », conclut Jacques Létourneau.

La CSN a créé le site SSTvraiment.org afin de vulgariser et d’expliquer comment la réforme du gouvernement doit être bonifiée afin de vraiment protéger tout le monde. Une vaste campagne publicitaire dans chaque région du Québec est également en cours afin de sensibiliser les travailleuses et les travailleurs québécois aux manquements de cette réforme.

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Des solutions pour éviter de reconfiner l’industrie du Québec https://www.csn.qc.ca/actualites/des-solutions-pour-eviter-de-reconfiner-lindustrie-du-quebec/ Wed, 06 Jan 2021 14:51:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77905 Alors que des rumeurs indiquent que le gouvernement considère le confinement du secteur industriel québécois, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) tient à proposer des solutions de rechange pour que l’économie continue de tourner, tout en minimisant les risques pour la santé.

« Une grande majorité d’usines n’a pas eu de problèmes avec la COVID-19 en appliquant un protocole de prévention strict. Il faudrait renforcer les contrôles et prévoir des amendes dissuasives pour les quelques employeurs moins sérieux », fait valoir Louis Bégin, président de la FIM–CSN.

Des congés COVID-19 payés

Une autre mesure pourrait minimiser les risques de transmission du virus. « Il serait également temps que toutes les travailleuses et tous les travailleurs des usines du Québec aient accès à des congés payés lors des isolements préventifs en attente du résultat d’un test COVID-19 », insiste Louis Bégin. Sans ces congés payés, des travailleurs peuvent parfois décider de rentrer à l’usine pour pouvoir continuer à mettre du pain sur la table de leur famille, alors qu’ils présentent pourtant de légers symptômes.

Fermetures d’usines

Louis Bégin rappelle que la COVID-19 a fragilisé certains secteurs industriels. Il déplore notamment la fermeture de l’usine Kruger de Bromptonville et plus récemment celle de Cascades, à Laval, qui fabriquait des produits en papier pour le secteur hôtelier et celui de la restauration. « Un 2e confinement risque de provoquer de nouvelles fermetures définitives », craint le président de la FIM–CSN.

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Les membres du personnel administratif des trois établissements de l’école Irénée-Lussier manifestent à Montréal https://www.csn.qc.ca/actualites/les-membres-du-personnel-administratif-des-trois-etablissements-de-lecole-irenee-lussier-manifestent-a-montreal/ Tue, 05 Jan 2021 21:55:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77897 À l’aube de l’annonce de nouvelles mesures de confinement par le gouvernement du Québec, les employé-es de soutien, membres de l’Association professionnelle du personnel administratif (APPA–CSN) de l’école Irénée-Lussier (maison mère et annexes) de Montréal manifestent pour revendiquer un rehaussement des mesures permettant de les protéger dans l’exercice de leur travail. Ces derniers dénoncent haut et fort ce qui est vécu dans les 14 écoles à mandat régional ou suprarégional du Centre de services scolaires de Montréal.

Les employé-es de ces 14 écoles spécialisées accueillent au quotidien des élèves d’âge préscolaire, primaire et secondaire présentant des besoins et défis suffisamment grands pour ne pouvoir être intégrés dans des milieux réguliers ou encore dans des classes spéciales en milieu régulier. Ces écoles spécialisées ont une offre de services sur mesure, définie en fonction des caractéristiques et besoins spécifiques de leur clientèle. La majorité de ces clientèles nécessite des services de proximité, tels des soins d’hygiène, une aide à l’alimentation, la gestion de crise, certaines techniques d’enseignement, etc. Les intervenantes et intervenants de ces écoles sont confrontés au quotidien à des comportements tels des morsures, des crachats, des égratignures, ou à des problématiques d’incontinence ou de salivation non contrôlée. Dans certaines de ces écoles, les soins prodigués et interventions mises en place sont équivalents à ce qui se fait dans le milieu de la santé et des services sociaux. Or, ces écoles ne profitent pas des mêmes avantages que dans le réseau de la santé : pas de dépistage régulier ni de priorisation pour la vaccination.

Les intervenants de ces écoles sont inquiets et anxieux. Ils connaissent les vulnérabilités de leurs élèves, tant sur le plan développemental que sur leur santé physique et psychologique. Ils craignent d’être pour eux des vecteurs de contagion. Ils craignent aussi d’être contaminés et de contaminer leur cercle familial.

Pour sa part, l’école Irénée-Lussier accueille des élèves de 12 à 21 ans atteints de déficience intellectuelle moyenne à sévère ou de trouble du spectre de l’autisme. Ces élèves ne comprennent pas le propre des mesures sanitaires. Cette école a déjà fait face à plusieurs fermetures de classes. À la fin novembre, à la maison mère, sept classes sur onze avaient été fermées ainsi que les cinq classes de l’annexe Jeanne-Mance.

Mesures de protection et encadrement prioritaire

« Qu’on nous comprenne bien : ce n’est pas qu’on ne veut pas travailler, mais on veut être en mesure de le faire dans des conditions qui soient sécuritaires pour l’ensemble du personnel. On accueille des élèves souvent lourdement handicapés déjà aux prises avec des problèmes de comportement et d’hygiène personnelle. Ce n’est pas évident de faire respecter toutes les mesures sanitaires dans de telles circonstances (port du masque, lavage fréquent des mains, désinfections, etc.). On se retrouve régulièrement dans des situations qui s’apparentent grandement à ce qui est vécu dans le réseau de la santé et des services sociaux, avec une clientèle vulnérable et un personnel constamment à risque. On comprend qu’on offre un service essentiel, mais encore faudrait-il que l’on soit considérés comme tels, avec le même traitement prioritaire au niveau des tests de dépistage et de la vaccination que les autres travailleurs essentiels », a déclaré Michel Picard, président de l’APPA–CSN.

Scolarisation à mi-temps et diminution des ratios : une nécessité

À l’instar de l’expérience positive vécue au printemps dernier, où le ratio des élèves par classe permettait l’application des mesures sanitaires et la désinfection régulière, les employé-es de soutien de l’école Irénée-Lussier, empathiques aux besoins des parents, souhaiteraient diminuer le ratio des élèves par classe, soit en créant plus de classes, soit en instaurant la scolarisation à mi-temps (une journée sur deux), ce qui permettrait un meilleur encadrement des enfants, en plus de permettre au personnel déjà exténué de souffler un peu. « Ce n’est un secret pour personne, le personnel au front depuis le début de la pandémie est à bout de souffle. C’est le cas du personnel de soutien, des préposé-es et des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée qui doivent maintenir les services offerts aux élèves, confinement ou pas. Ce qu’on demande, c’est de réduire le nombre d’élèves par classe afin de permettre un meilleur encadrement des enfants, diminuer les risques de transmission du virus et permettre au personnel d’avoir un peu de répit. Avec les absences qui s’accumulent, la pénurie de main-d’œuvre et l’essoufflement général du personnel, ce n’est plus une recommandation. Il s’agit d’une nécessité. Il en va du bien-être de tout un chacun », a renchéri Annie Charland, présidente du secteur scolaire à la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN).

Rappelons qu’une lettre avait été transmise au ministre de l’Éducation en décembre dernier pour soulever ces problèmes et réclamer des mesures et des conditions de travail plus appropriées

Les manifestations vont se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, et ce, dans les trois annexes de l’école Irénée-Lussier : Hochelaga, Jeanne-Mance et Le Caron.

 

À propos
L’Association professionnelle du personnel administratif (APPA) compte plus de 5500 membres répartis entre le Centre de services scolaires de Montréal et la Commission scolaire English-Montréal. L’APPA est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), au secteur scolaire de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

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Les chauffeuses et chauffeurs « confinent » leurs autobus ! https://www.csn.qc.ca/actualites/les-chauffeuses-et-chauffeurs-%e2%80%89confinent%e2%80%89-leurs-autobus%e2%80%89/ Wed, 09 Dec 2020 19:27:37 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77735 Fâché-es du peu de considération que l’employeur a pour eux, les chauffeuses et chauffeurs du transporteur scolaire Autobus des Cantons, qui dessert la région de Sherbrooke, ont décidé de dénoncer leur situation en « confinant » les autobus scolaires de leur employeur. Ces salarié-es qui réclament des mesures sanitaires beaucoup plus adéquates se sont regroupés au Carrefour de l’Estrie à 9 h 30 ce matin afin de lancer un message clair à la direction. Ils invitent d’ailleurs la population à venir les appuyer.

Des mesures sanitaires déficientes

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN conteste la décision de l’employeur de ne pas installer des barrières de protection dans les véhicules pour protéger les chauffeuses et chauffeurs. Pourtant, tous les autres transporteurs de la région de l’Estrie qui ont des syndicats affiliés à la CSN comprennent les enjeux de santé et sécurité de leurs employé-es et ont procédé à l’installation de barrières en vinyle à faible coût. Chez Autobus des Cantons, on préfère opter pour les mesures les moins adaptées à la réalité de travail des employé-es en imposant le port du masque et de lunettes de sécurité.

« Nous avons des enjeux liés à la vision des conducteurs. De la buée se forme dans les lunettes de sécurité avec le port du masque, ce qui rend la conduite moins sécuritaire. Cette mesure devrait être la dernière option privilégiée par l’employeur, car il s’agit du dernier recours proposé par la CNESST lorsque le milieu de travail ne permet pas d’autres options », clame Mario Paré, président du syndicat.

« De plus, les conductrices et conducteurs peuvent être en contact avec plus de 100 élèves par jour en raison du fait qu’ils font des transferts, explique M. Paré. Beaucoup de contacts sont à moins de deux mètres pendant des périodes de plus de 15 minutes. Les élèves assis sur les bancs avant sont souvent des élèves du primaire qui n’ont pas l’obligation de porter le couvre-visage. Nos membres reçoivent donc continuellement les gouttelettes des plus petits sur leurs vêtements. Considérant la durée de vie de la COVID-19, ils prêtent donc flanc à la contamination » s’inquiète M. Paré.

« La majorité d’entre eux ayant plus de 60 ans, on comprendra que leur stress de développer des complications est grand. Surtout, n’oublions pas qu’avec la forte pénurie de main-d’œuvre présente dans notre secteur, un chauffeur d’autobus malade, c’est souvent un trajet annulé faute de remplaçant. Les ruptures de service sont donc à prévoir ! », prévient Stephen Gauley, du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP).

D’autres actions à venir

Considérant le manque d’ouverture de la part de l’employeur, les salarié-es ont décidé de se regrouper afin d’aller chercher l’appui de la population dans leur revendication pour un milieu de travail sécuritaire. Ils passeront une partie de la journée dans le stationnement du Carrefour de l’Estrie et invitent la population à venir les appuyer. D’autres actions sont à prévoir dans le cas d’une impasse.

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La sortie de crise, c’est d’améliorer les conditions du personnel. https://www.csn.qc.ca/actualites/la-sortie-de-crise-cest-dameliorer-les-conditions-du-personnel/ Mon, 23 Nov 2020 21:17:40 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77514 La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) lance une vaste campagne publicitaire radio pour exiger que le gouvernement appuie et protège le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs.

Urgence d’agir pour sortir nos réseaux de la crise
Cette campagne publicitaire diffusée partout au Québec envoie un message fort au gouvernement Legault : le personnel tombe au combat dans la lutte à la pandémie et il y a urgence d’agir pour améliorer leurs conditions de travail et salariales. Les négociations en cours dans le secteur public, des CPE et du préhospitalier sont des occasions à saisir pour reconnaître l’apport essentiel de ce personnel au front depuis le début de la pandémie.
La FSSS–CSN dénonce de plus la protection insuffisante du personnel. La transmission aérienne du virus est reconnue, mais le Québec refuse d’ajuster à la hausse les mesures de protection, notamment en rendant disponibles les masques N95. Non seulement le gouvernement n’améliore pas les niveaux de protection, mais il a tendance à tenter de mettre la faute des récentes éclosions sur les employé-es.

« Si le gouvernement continue à refuser d’améliorer le sort du personnel, on s’en va droit dans le mur ! En santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs, la pandémie aggrave l’état de santé psychologique du personnel. On ne tiendra pas le coup encore longtemps ! La sortie de crise, elle passe par un coup de barre pour le personnel. Il y a urgence d’agir ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

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