Histoire de la CSN – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 05 Dec 2024 19:29:20 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Histoire de la CSN – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Cent ans d’histoire en 215 pages https://www.csn.qc.ca/actualites/cent-ans-dhistoire-en-215-pages/ Thu, 05 Dec 2024 17:00:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=101231 À l’occasion du Conseil confédéral de la CSN, la CSN-Construction souligne son centenaire en publiant un ouvrage historique relatant plusieurs moments marquants de l’histoire du syndicalisme dans la construction au Québec. Le livre nous fait revivre l’histoire de celles et ceux qui construisent le Québec depuis plus d’un siècle.

C’est en 1924 que des syndicats de métiers régionaux se regroupent pour former la Fédération catholique des métiers du bâtiment. Leur principal objectif à l’époque est de se donner un syndicat dont ils contrôleront complètement la destinée contrairement aux règles en vigueur dans les unions provenant des États-Unis également présentes sur les chantiers. Rapidement, ils obtiennent de premiers gains tels qu’une assurance maladie et une compensation financière dès le premier jour d’un accident de travail.

« L’histoire de la CSN est indissociable de celle de la CSN-Construction, rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Profondément ancrée au sein de la société québécoise, la CSN-Construction s’est nourrie des valeurs de démocratie, d’intégrité et de solidarité qui ont toujours caractérisé notre mouvement. Ce que la CSN est aujourd’hui est issu directement de la volonté des ouvriers, notamment ceux de l’industrie de la construction, de se donner une centrale à leur image, capable de les appuyer dans l’atteinte de leurs objectifs. »

Président de la CSN-Construction depuis 2012, Pierre Brassard souligne que l’organisation a dû braver la tempête très souvent tout au long de son histoire… et se réinventer. Par exemple, la CSN-Construction est récemment devenue le premier syndicat de l’industrie à ouvrir l’élection de ses dirigeants au suffrage universel de l’ensemble des membres. Alors qu’une nouvelle ronde de négociation collective débute dans l’industrie, les travailleuses et les travailleurs peuvent s’inspirer des grandes victoires du passé.

« Nous sommes une organisation particulièrement revendicatrice et combative, explique-t-il. Cela prend racine dans notre fonctionnement démocratique, dans le fait que toutes les décisions sont prises par les membres. C’est avec cette détermination que nous relèverons les défis auxquels nous faisons face, qu’on pense à la protection du pouvoir d’achat, à de meilleures indemnités de repas et de déplacement, à la bonification des jours fériés et à l’amélioration de la sécurité d’emploi par le biais du droit de rappel. La négociation 2025 n’est pas notre première ! Cela fait 100 ans qu’on avance à chaque négociation! »

C’est le vice-président de la CSN-Construction, Félix Ferland, qui a piloté ce projet de livre avec l’appui d’un conseiller syndical de la CSN aujourd’hui retraité, Louis-Serge Houle. « L’histoire du syndicalisme dans la construction est relativement méconnue, explique Félix Ferland, et il m’apparaissait essentiel que la CSN-Construction saisisse l’occasion de son centième anniversaire pour remonter le cours de notre histoire et en tirer des enseignements. Au cours de ces 100 ans, la CSN-Construction s’est engagée à défendre tous les travailleurs du secteur de la construction. Elle a su prôner et défendre un syndicalisme de combat, ce qui a façonné les conditions de travail que nous connaissons aujourd’hui. Cet ouvrage nous rappelle qu’aucun gain ne s’est concrétisé sans lutte, rien n’est tombé du ciel. Les conditions dans lesquelles nous évoluons aujourd’hui ont été arrachées par des combats, et ce livre en témoigne avec éloquence. »

Le livre « Cent ans de syndicalisme québécois dans la construction » sera disponible prochainement auprès de PôleDoc, au Service de la documentation de la CSN.

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Une histoire à raconter https://www.csn.qc.ca/actualites/une-histoire-a-raconter/ Thu, 05 Dec 2024 16:55:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=101264 Le 4 octobre 1924, dans l’édifice de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) à Montréal, les délégués de 14 syndicats fondent une fédération qui deviendra la CSN–Construction.

Ces syndicats catholiques sont vite rejoints par d’autres, confessionnels ou non : la syndicalisation des ouvriers du bâtiment est ainsi lancée aux quatre coins du Québec.

Cent ans de syndicalisme québécois dans la construction retrace l’histoire de luttes menées sans compromis, de batailles jamais menée par d’autres pour le droit au travail dans des conditions décentes, pour la parité des salaires entre les régions et pour l’atteinte d’une sécurité d’emploi toujours fragilisée par l’arbitraire des patrons.

Cette sécurité d’emploi, elle est aussi mise à rude épreuve par l’action d’unions cherchant à tout prix à prendre le contrôle des chantiers. Ce faisant, elles privent des ouvriers et des ouvrières de pouvoir travailler dans leur patelin juste parce que ces personnes ne sont pas membres du « bon » syndicat.

Cette dynamique donnera lieu à de dramatiques épisodes d’intimidation et de violence. Le livre retrace aussi le chemin parcouru pour réduire le nombre d’accidents et de maladies professionnelles dans cette industrie qui reste la plus meurtrière au Québec.

Livre disponible au centre de documentation de la CSN.

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Syndicaliste dans le sang https://www.csn.qc.ca/actualites/syndicaliste-dans-le-sang/ Thu, 05 Dec 2024 16:53:29 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=101203 Le Syndicat national des produits chimiques de Valleyfield (SNPCV–CSN) fait paraître cet automne un livre unique qui retrace l’histoire de cette communauté de travailleurs et de travailleuses qui, depuis les années 1960, a livré plus d’une lutte ouvrière légendaire.

Cet ouvrage est le fruit d’une collaboration entre deux figures marquantes du SNPCV–CSN. Nul autre que le regretté Marc Laviolette, qui dirigea le syndicat de 1986 à 1994 et de 2003 à 2012, a co-écrit le livre avec le président actuel du syndicat, Jean-Sébastien Neiderer. Ensemble, ils ont réussi à tracer cette remarquable ligne du temps, ponctuée de batailles syndicales hors norme qui ont marqué un grand nombre de membres de la CSN et la population du Suroît à bien des égards. Oser lutter : Organisés pour gagner est plus qu’un titre de bouquin ; c’est le fil directeur qui guide le lecteur à travers près de 60 ans d’une histoire syndicale importante.

En juin dernier, bien au-delà de la CSN, tout le mouvement syndical vivait un grand deuil après l’annonce du décès de Marc Laviolette. Militant politique et syndical d’envergure, l’ancien président de la confédération aura su rester, tout au long de sa carrière, « un homme de terrain ».

Sans relâche, il s’est investi dans l’éducation populaire et dans la défense des plus vulnérables de la société québécoise. Libre-penseur reconnu pour sa franchise et la proximité qu’il entretenait avec les militantes et les militants, M. Laviolette a tracé son chemin en étant guidé par de profondes convictions syndicales. Celui qui mena le SNPCV–CSN à travers maints combats ouvriers marquera surtout les esprits pour son engagement en matière de santé et de sécurité au travail.

« L’émancipation des membres par la lutte lui tenait profondément à cœur. Son courage politique l’incitait à refuser tout compromis quand il était justement important de rester ferme. C’était un grand visionnaire ! », exprime avec fierté son fils Alexandre Laviolette, président de la Fédération du commerce–CSN.

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50 ans de luttes conjointes : les syndicats demandent toujours le respect https://www.csn.qc.ca/actualites/50-ans-de-luttes-conjointes-les-syndicats-demandent-toujours-le-respect/ Wed, 17 May 2023 20:18:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90282 La négociation du secteur public battant son plein, la CSN a voulu souligner les 50 ans du premier Front commun de 1972 par une courte rétrospective de cette négo au fil des ans. La projection du documentaire s’est close avec une ovation et des chants solidaires qui ont ouvert la troisième journée du rassemblement.

Dans la conjoncture politique du moment, les troupes se mobilisent devant un gouvernement qui « tend vers un appauvrissement des conditions de travail dans le secteur public », soutient François Enault, 1er vice-président de la CSN.

Pour le responsable de la négociation des secteurs public et parapublic, « les travailleuses et les travailleurs, comme en 1972 avec Robert Bourassa, considèrent que le gouvernement Legault a peu de respect pour leur profession. C’est pour ça que le monde se mobilise. » Pour une huitième fois au cours de l’histoire québécoise, les trois grandes centrales syndicales, accompagnées cette fois de l’APTS, ont décidé de se réunir à la table des négociations.

« Le Front commun, c’est super important. On est toutes et tous dans le même bateau, on a besoin du plus de bras possible pour assurer une bonne mobilisation et pour que le message passe », avance Yves Sabourin, vice-président à la vie syndicale, à la mobilisation et à l’information du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais–CSN.

En 1972, la revendication principale était de 100 $ minimum par semaine. « En 2023, la moyenne de la demande salariale du Front commun équivaut, pour la première année, à 100 $ de plus par semaine. Le gouvernement dit que ça n’a pas de bon sens, mais en même temps, les député-es vont se voter dans quelques jours une augmentation de 30 %, ce qui équivaut à 582 $ par semaine. C’est rire de nous autres », affirme François Enault. Pour la majorité des élu-es, l’indemnité annuelle de base passerait à 131 766 $, à laquelle s’ajoutent des primes dans la plupart des cas.

Une privatisation accélérée

La sauvegarde des services publics est le nerf de la guerre dans la bataille de l’heure, pour les militantes et les militants du secteur. Avec le dépôt du projet de loi 15 et l’objectif d’implanter la mégastructure que sera l’agence Santé Québec, le mouvement vers la privatisation se fera en accéléré et ce sont les contribuables qui « risquent d’en payer la facture ». Pour le premier vice-président de la CSN, « la vraie bataille est celle du maintien des services publics forts au Québec. Il faut s’adresser à l’ensemble du monde, pour que le message soit bien compris par toute la population. Ce n’est pas vrai qu’on va laisser le gouvernement nous pousser vers une privatisation de plus en plus grande », ajoute-t-il dans son discours d’aujourd’hui.

Annoncer des reculs acquis au terme de longues batailles a habituellement un effet mobilisateur. Dans son dépôt de décembre dernier, la CAQ proposait des reculs dans les

régimes de retraite. Pour le Comité de coordination des secteurs public et parapublic (CCSPP), le gouvernement utilise comme prétexte les départs hâtifs à la retraite provoqués par la récente bonification du Régime des rentes du Québec (RRQ). Il cherche ainsi à réduire la rente et à reprendre d’une main ce qu’il a donné de l’autre, alors que le régime est en pleine santé. « Un des avantages que les travailleuses et les travailleurs du secteur public ont, c’est bien le régime public de retraite. Ça mobilise notre monde que le gouvernement touche à ça », estime François Enault.

Ensemble, la CSN, la FTQ, la CSQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Cinquante ans après le premier Front commun, les centrales unissent une fois de plus leurs forces pour la ronde de 2023.

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FIERS BÂTISSEURS DEPUIS 100 ANS https://www.csn.qc.ca/actualites/fiers-batisseurs-depuis-100-ans/ Wed, 15 Feb 2023 20:00:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87574 Réunis en congrès ces trois derniers jours à Montréal, les délégué-es membres de la CSN–Construction, affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), se sont donné l’occasion d’échanger sur l’avenir de la fédération ainsi que sur les moyens à mettre en œuvre afin de mieux rejoindre les travailleuses et les travailleurs de l’industrie de la construction.

Les congressistes ont notamment procédé à l’élection de leur comité exécutif, de leurs directeurs d’associations de métiers et d’occupations, et du comité de surveillance. Cependant, d’autres sujets ont pu être abordés, dont la modification de la loi R-20 qui régit les relations de travail entre les associations syndicales et patronales dans l’industrie de la construction. Rappelons que le gouvernement du Québec a annoncé récemment son intention de la moderniser. Le congrès a permis de mentionner haut et fort que la CSN–Construction sera extrêmement vigilante sur cette réforme. Pierre Brassard, président de la fédération, a tenu à rassurer les délégués du congrès. « Le ministre Boulet est à l’étape des consultations, mais nous ne lui laisserons pas carte blanche pour la suite. S’il y a modernisation de la loi R-20, elle ne se fera pas sur le dos de nos membres et la CSN–Construction devra obtenir des gains significatifs sur des éléments aussi essentiels que la modernisation du mode de scrutin lors des périodes légales de changement d’allégeance syndicale, une loi anti-briseur de grève et la rétroactivité des salaires. »

Par ailleurs, les membres réunis en congrès ont aussi été informés qu’un anniversaire important sera à souligner au cours du prochain mandat. Ainsi, après le 100e anniversaire de la CSN en 2021, ce sera à la CSN–Construction à célébrer ses 100 ans. La Fédération catholique des métiers du bâtiment (FCMB), ancêtre de la CSN–Construction a été fondée le 4 octobre 1924. « L’histoire de la CSN ne serait pas celle que nous connaissons s’il n’y avait pas eu l’apport indéniable de cette fédération à la fondation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, ancêtre de la CSN. Vous nous avez démontré hors de tout doute que vous êtes de fiers bâtisseurs », a souligné Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Enfin, notons que le comité exécutif est composé de Pierre Brassard, réélu à la présidence, de Richard Galarneau, élu à la vice-présidence du secteur Génie civil et voirie, de Jean-Louis Simard, réélu à la vice-présidence du secteur Institutionnel et commercial et Industriel, de Félix Ferland, élu à la vice-présidence du secteur Résidentiel et de Jennie-Claude Lafontaine-Morin, élue au poste de secrétaire-trésorière de la fédération.

Fondée en 1924, par et pour les travailleuses et les travailleurs, la CSN–Construction offre à ses membres tous les outils nécessaires pour défendre et améliorer leurs conditions de travail. Présente et engagée partout au Québec, la CSN–Construction représente plus de 18 000 travailleuses et travailleurs de l’industrie.

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Des avancées spectaculaires malgré les embûches https://www.csn.qc.ca/actualites/des-avancees-spectaculaires-malgre-les-embuches/ Wed, 15 Feb 2023 11:21:54 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87368 Les négociations dans le secteur public et parapublic voient le jour au début des années 1960. Alors que la ronde actuelle sur le renouvellement des conventions collectives est bien entamée, Le Point syndical propose un retour sur l’évolution de ces négociations toutes particulières.

Avant la Révolution tranquille, la plupart des syndicats des hôpitaux et des écoles négocient leurs conditions de manière dispersée. Comme la répression est féroce – on se rappellera ici du règne de Maurice Dupessis – des conflits de travail éclosent ici et là. En 1962 est créé le Car­re­four syndical de la fonction publique, appelé à représenter quelque 135 000 salarié-es au fil du temps. Ancêtre du Front commun, ce carrefour facilite l’adoption du Code du travail en 1964.

Avant le front
Les négociations de 1966 et de 1969 ont posé les pierres d’assise des conventions collectives actuelles. C’est à ce moment que le gouvernement prend plus de place dans la négociation et se positionne comme État employeur. En santé, le droit de supplantation et des augmentations de salaire de 15 à 20 % sur deux ans sont notamment obtenus non sans une lutte importante, puisque les pourparlers durent 14 mois, avec grève générale en prime.

Naissance du Front commun et grèves générales 1970
Alors que l’État s’organise, la CSN, la FTQ et la CEQ se rencontrent à l’initiative de la CSN et mettent sur pied le Front commun, qui développe ses revendications sous fond de crise d’octobre. Devant la lenteur des négociations, le Front commun déclenche une grève générale à la fin mars, puis une autre en avril 1972. Un peu partout, des grèves spontanées éclatent pour appuyer les employé-es du secteur public. L’ampleur de la révolte est telle que le gouvernement libéral de Robert Bourassa impose une loi spéciale décrétant un retour au travail immédiat et interdit le recours temporaire à la grève. Les présidents Pepin (CSN), Laberge (FTQ) et Charbonneau (CEQ) invitent les grévistes à respecter le décret, mais le fait d’avoir défié les injonctions précédant la loi leur méritera des accusations pour outrage au tribunal. Les chefs de même que plusieurs dirigeants syndicaux feront deux séjours en prison.

Rassemblement du Front commun au Forum de Montréal, mars 1972.

Ces péripéties n’auront pas été vaines : à l’automne 1972, les syndiqué-es obtiennent notamment le salaire de 100 $ minimum par semaine (une hausse de 30 %), la création du régime de retraite de la fonction publique, des augmentations salariales et une clause d’indexation au coût de la vie. Marc Comby, archiviste de la CSN, précise toutefois : « Le Front commun de 1972 a marqué l’imaginaire, mais les gains les plus importants ne se sont pas faits lors de cette ronde. Marcel Pepin, qui était un étapiste, comprenait que tout ne pouvait pas être obtenu sur-le-champ. Il avait raison, puisque les rondes suivantes ont permis aux membres de faire des gains historiques. »

En effet, même si les syndiqué-es se sont heurtés à un lock-out et à une autre loi spéciale, les gains de la ronde de 1975-1976 ont été immenses : obtention de 165 $ par semaine, 48,84 % d’augmentation sur 4 ans, ajustements automatiques liés à l’inflation, congé de maternité sans solde de 17 semaines, un mois de vacances, assurance-salaire en cas d’invalidité… Quand même !

Des reculs et des gains
Front commun de 1981-82. Le gouvernement de René Lévesque fait subir aux syndiqué-es les contrecoups de trois lois spéciales très dures. Évoquant la crise économique majeure, il impose un recul salarial de 20 % à plusieurs titres d’emploi et décrète les conditions de travail jusqu’en décembre 1985. Une véritable douche froide après l’euphorie entourant la réélection du Parti Québécois. « Des syndiqué-es de la CSN ont déchiré leur carte de membre du parti », évoque Marc Comby.

Malgré toutes ces lois spéciales, bien d’autres gains ont été réalisés de 1980 à aujourd’hui : cinq semaines de vacances, congé de maternité payé et autres droits parentaux, programme d’accès à l’égalité pour les femmes, clause pour contrer la précarité, règlement sur l’équité salariale, reconnaissance de l’enseignement collégial et attention particulière aux bas salarié-es. « On peut dire chapeau au Front commun ! », souligne l’archiviste.

Tout le monde y gagne
Dès les années 1960, la CSN souhaitait que la négociation du secteur public serve de locomotive à l’ensemble de la société en tirant vers le haut les conditions de travail et les salaires du secteur privé. « Des gains du secteur public comme les salaires d’entrée plus élevés pour l’ensemble des gens et la bonification des droits parentaux ont servi de référence pour le marché du travail de façon générale », explique Philippe Morin, conseiller syndical au Comité de coordination des secteurs publics et parapublics de la CSN.

Manifestation du Front commun, Québec, 2022.

Cinquante ans après le premier Front commun, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS ont choisi de négocier de manière regroupée pour la ronde 2023. « Notre slogan Nous d’une seule voix se veut un clin d’œil au slogan Nous le monde ordinaire de 1972. Car même si le contexte change, l’union des forces dans le secteur public, elle, est bien enracinée », conclut François Enault, premier vice-président de la CSN et responsable de la négociation du secteur public.

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L’histoire de la CSN–Construction est intimement liée à celle de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/lhistoire-de-la-csn-construction-est-intimement-liee-a-celle-de-la-csn/ Wed, 15 Feb 2023 11:20:48 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87335 La FCMB est donc créée par des unions de métiers de Montréal, de Hull et de Trois-Rivières, qui rassemblent des menuisiers, des plombiers, des ferblantiers, des peintres, des charpentiers, des briqueteurs et des journaliers. Se joindront par la suite des unions de Québec, de Sherbrooke et d’autres régions. « Toutes ces organisations contribueront vivement à l’émergence de la CSN en joignant les rangs de la FCMB », souligne l’archiviste de la CSN, Marc Comby.

Fait intéressant à noter, dès le 3 novembre 1924, moins d’un mois après sa création, les délégués du bureau fédéral de la Fédération catholique des métiers du bâtiment dénoncent la compagnie Eddy Match de Hull et soutiennent la lutte des allumettières, qui deviendra historique.

L’ADN des luttes
« Avant même que la FCMB ne soit fondée, la question de la santé et de la sécurité sur les chantiers est au centre des préoccupations des unions », rappelle Marc Comby. Dès le 18 décembre 1925, le comité exécutif de la fédération propose la création d’une police d’assurance décès de 300 $ et d’une police d’assurance maladie de 5 $ par semaine, durant 10 semaines.

Lors du second congrès, des résolutions sont déposées afin de prévenir la transmission de maladies contagieuses sur les chantiers, de revoir la couverture de la loi des accidents de travail afin de prévoir une compensation financière dès le premier jour d’un événement et de demander au gouvernement provincial une inspection sanitaire obligatoire des installations de plomberie dans les villes de plus de 20 000 habitants. « Ces résolutions témoignaient déjà de l’engagement militant et social, qui était solidairement ancré dans les communautés des membres de la fédération », fait remarquer Pierre Brassard, président de la CSN–Construction.

Le 8 septembre 1929, les membres de la FCMB décident en congrès de mandater la fédération pour qu’elle voit avec le gouvernement à la mise en place d’un bureau préventif des accidents. Le vice-président de la CSN–Construction, Félix Ferland, rappelle que tout au long de son histoire et de concert avec la CSN, la fédération a milité pour que la prévention soit priorisée sur tous les chantiers du Québec. « Avec la récente loi 27, l’enjeu de la santé-sécurité au travail (SST) demeure au cœur des préoccupations sur les chantiers québécois », ajoute-t-il.

Autres luttes
La question des disparités salariales entre les grandes villes et les régions du Québec pousse la FCMB et la CTCC à militer dès 1934 en faveur de la Loi sur les décrets de con­ven­tion collective qui rendra uniformes les conditions de travail dans plusieurs secteurs économiques, dont celui de la construction. Au début des années 1970, les travailleurs de la construction obtiennent la parité salariale. « Un clou de six pouces planté à Gaspé a autant de valeur qu’un clou planté à Montréal », disait un slogan de la CSN.

Au début des années 1960, les luttes pour la réduction du temps de travail font passer la semaine normale de travail de 54 à 44 heures en moyenne dans plusieurs régions et même à 40 heures à Montréal. Dès 1970, la reconnaissance de l’ancienneté par employeur et par région devient un autre cheval de bataille défendu par la fédération. Cette revendication demeure non réglée aujourd’hui – les employeurs ayant toujours combattu toute avancée à ce sujet – et sera au centre de plusieurs négociations en alliance syndicale.

Placement syndical
Puisque le placement faisait partie de la dynamique de la construction dès les années 1920, la défense de la sécurité d’emploi deviendra rapidement un enjeu majeur pour la CSN–Construction. Or, le placement syndical, dont le monopole sur les chantiers avait été donné aux organisations syndicales, est une lame à double tranchant qui menace justement la sécurité d’emploi.

Plusieurs propositions furent mises de l’avant par la CSN–Construction dans le but de régler ce problème en confiant le placement sur les chantiers à un organisme paragouvernemental indépendant, la Commission de la construction du Québec, par exemple. « L’argument central demeurait toujours le même : dans la mesure où le placement ne serait plus un enjeu de division syndicale, les organisations pourraient enfin se consacrer à leur rôle fondamental, soit celui de faire respecter les droits des travailleuses et des travailleurs », explique Pierre Brassard.

Rendez-vous avec son histoire
Au moment d’écrire ces lignes, la CSN–Construction prépare son 69e congrès qui marquera aussi le lancement de son 100e anniver­saire. Longue vie à la CSN–Construction !

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Prendre la route, tout ce temps https://www.csn.qc.ca/actualites/prendre-la-route-tout-ce-temps/ Wed, 15 Feb 2023 11:20:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87329 Chauffeuse d’autobus depuis vingt ans, Hélène Fortin n’a pas connu toutes les tempêtes rencontrées par son syndicat au fil des ans. Cela dit, elle incarne à merveille l’intelligence collective qui s’est développée au sein de son groupe. « À l’époque, on était sur des tramways et on va y retourner bientôt. C’est beau, cette roue qui tourne. On retire une grande fierté de traîner toute cette histoire avec soi », témoigne la présidente du Syndicat des employé-es du transport public du Québec métropolitain–CSN.

Faire partie du plus vieux syndicat de la CSN ne rend pas les batailles faciles pour autant. Le projet de tramway est sans cesse menacé par l’humeur politique, souligne Hélène Fortin, tout de même encouragée par l’appui renouvelé du maire de Québec, Bruno Marchand. Or, même si les recours juridiques d’un groupe citoyen voulant voir ce projet enterré ont échoué, les sondages d’opinion hésitent. L’issue demeure donc incertaine, malgré l’urgence.

Pour apaiser les taxis floués par Uber, souligne aussi Hélène, Québec a modifié la Loi sur les transports. La promesse était de les mettre à contribution pour raccorder les banlieues au réseau de transport public. Mais le projet a tôt fait de prendre le pli individualiste. En parallèle avec le réseau d’autobus, des jeunes vont en taxi à l’école. Des gens prennent aussi ce moyen pour se rendre au travail. « Le privé est partout, sur les mêmes routes que nous ! On nous disait que les taxis allaient amener du monde sur nos lignes alors qu’ils ramassent plutôt les gens à nos propres arrêts », regrette la chauffeuse.

Hélène Fortin, présidente du Syndicat des employé-es du transport public du Québec métropolitain–CSN // Photo : Pascal Ratthé

« On nous a menti. Il ne devait pas y avoir de coupes de services en banlieue alors qu’on voit des départs de lignes être retirés. Des services flexibus être élargis. Des zones être fusionnées pour permettre les longs déplacements, ce qu’on disait vouloir éviter ! »

À la trace
Il y a aussi cette fâcheuse habitude de vouloir savoir précisément quand l’autobus se pointera. Le système de géolocalisation indique aux usagères et aux usagers, à la seconde près, l’heure de passage des lignes. Cette heure se déploie en direct sur les écrans du centre de contrôle de l’administration. Des messages électroniques sont ainsi envoyés en temps réel pour signaler les moindres retards. De la même façon, des appels ordonnent aux chauffeurs et aux chauffeuses de se ranger lorsqu’ils sont trop en avance sur l’horaire prévu – comme si le chantier qui s’en venait n’avait pas été prévu par la personne au volant de l’autobus. En outre, la direction peut imposer une rencontre avec l’employé-e en défaut.

Entre deux runs, l’employeur a aussi réduit le temps à rien, l’autobus devant poursuivre sans arrêt son chemin. « La cadence des lignes, c’est l’enfer. On n’a pas le temps d’aller pisser. Si on le fait, on se met dans le trouble pour le reste de la journée. »

Une trentaine d’employé-es ont récemment démissionné. « On voyait pas ça avant. Des gens avec dix-neuf, vingt ans d’ancienneté… Ils sont pu capables ! » Alors, le monde s’organise. « Les jeunes sont présents dans les assemblées, au conseil syndical, au comité de mob… Ils sont partout, je les aime d’amour. » Quelque 700 t-shirts rouges ont été épuisés en deux jours et ont pris d’assaut les routes de Québec. Tous les membres les portent pour conduire leur autobus, arborant à l’épaule un gros 99,4 % : le score du vote de grève pris avant Noël.

« On s’est délogués il n’y a pas longtemps, ajoute la présidente du syndicat. La clientèle ne pouvait pas nous suivre. C’était pas où est Charlie, c’était où est la 58 ? Et pourtant, on a donné exactement le même service qu’à l’habitude. »

Les horaires et la sous-traitance figurent au cœur du projet de négociation. « Pis les salaires, surtout ! Avec l’inflation, on a vraiment l’impression d’avoir reculé dans le temps. »

En dépit de son âge respectable, le plus vieux syndicat de la CSN vit encore des premières. « On est trois femmes sur le comité exécutif. On est enfin majoritaires. On a pris le contrôle ! », lance-t-elle par bravade, ricaneuse.

Ça, mettons que ça a pris un peu trop de temps.

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Là où l’action syndicale tire des leçons de l’histoire https://www.csn.qc.ca/actualites/la-ou-laction-syndicale-tire-des-lecons-de-lhistoire/ Wed, 15 Feb 2023 11:20:12 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87360 Peut-on agir sur le plan syndical sans mémoire historique ? Peut-être, mais les avancées marquantes des luttes syndicales sont la plupart du temps le fruit d’une lecture actualisée des leçons du passé.

Au centre de documentation et des archives de la CSN, Marc Comby est convaincu que les organisations syndicales gagnent à investir dans la conservation de leurs archives. Récemment, l’homme, bardé d’une seconde maîtrise – celle-là en histoire – a mis tous ses talents et toute son énergie à nourrir le livre de son confrère Yves Desjardins, Le Québec à l’ouvrage, lancé à l’occasion du centenaire de la CSN.

Dur conflit à la Robin Hood qui donnera naissance à la loi anti-briseurs de grève,
Montréal, 1977

Les jeunes générations ont parfois tendance à tenir bien des choses pour acquises, souligne l’archiviste. « Le jeune qui entre à l’usine avec un bon salaire ne sait pas toujours que son grand-père crevait de faim dans la même usine. Il a fallu qu’il se batte pour obtenir des conditions de travail décentes. »

« Pour le centenaire de la CSN, on a voulu raviver notre mémoire historique afin que les jeunes prennent conscience que ce qu’ils ont, ils le doivent à des gens qui, avant eux, ont bossé fort et ont milité activement. La mémoire historique sert à perpétuer et à consolider l’institution et l’action syndicale. »

Manifestation lors de l’emprisonnement des présidents des trois centrales syndicales, Québec, 9 mai 1972.

La façon de conserver les archives diffère d’une centrale syndicale à l’autre. « Les archi­ves des différentes organisations en disent long sur leur propre histoire », explique-t-il.

« À la CSN, nos origines sont catholiques. Du point de vue des archives, c’est notre avantage. Les aumôniers savaient parler français. Ils savaient écrire et étaient minutieux. Ils notaient tout, ils conservaient tout. On a donc des archives fascinantes et des milliers de documents, dont nos procès-verbaux. »

Campagne de boycott du chocolat Cadbury, 1978.

Le dernier inventaire du centre de documentation fait état de 141 fonds d’archives de la CSN, des conseils centraux et des fédérations, d’une quarantaine de journaux et d’un nombre incalculable de procès-verbaux et de mémoires numérisés depuis 1921. Des pans entiers de l’histoire du Québec moderne accessibles aux militantes et aux militants, aux médias ainsi qu’aux chercheuses et aux chercheurs universitaires.

Les allumettières, Hull (Gatineau),1924

À elle seule, la photothèque de la CSN compte plusieurs dizaines de milliers de photos argentiques, dont la majorité a été numérisée. Celles-ci n’ont toutefois pas encore été entièrement indexées ni cataloguées. « Il y a encore du travail pour des années. Lentement mais sûrement, le centre continue à mettre à la disposition des membres documentation et archives », conclut Marc Comby.

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Un mariage heureux https://www.csn.qc.ca/actualites/un-mariage-heureux/ Wed, 15 Feb 2023 11:20:06 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87331 Au cours de ses 100 ans d’action collective, la CSN a pu compter dans ses rangs des femmes d’exception qui ont fait avancer la cause syndicale.

En 1921, lors de la fondation de la CSN, connue alors comme la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), les femmes sont relativement peu nombreuses sur le marché du travail. Néanmoins, l’un des premiers grands combats de la CTCC sera mené par les allumettières de la compagnie Eddy Match. Depuis 1921, la centrale est passée « d’une approche défensive et paternaliste à l’égard des syndiquées à un engagement actif et militant envers l’égalité », souligne Claudette Carbonneau dans un récent article du Bulletin d’histoire politique. Il s’agit d’un parcours qui, bien qu’ayant grandement subi l’influence de l’Église, a su s’adapter à l’évolution de la société québécoise.

Celle qui a dirigé la CSN de 2002 à 2011 se remémore des « grèves courageuses et historiques » menées à la CTCC/CSN par des femmes, comme celles du textile et de la chaussure. Fatiguées d’être méprisées par leur employeur qui leur accorde un salaire de misère, les employées de Dupuis frères mènent la grève en 1952. Leur lutte bénéficiera à toutes les travailleuses des autres grandes enseignes. L’histoire se rappellera également les infirmières de l’hôpital Sainte-Justine en 1963. Épuisées et inquiètes de la qualité des soins offerts, elles déclenchent la grève et forcent « la Reine à négocier avec ses sujets », pour paraphraser l’ancien premier ministre du Québec, Jean Lesage.

Assemblée des travailleuses de garderies, années 1970. // Archives CSN

Au sein même de la centrale, un comité féminin sera mis en place en 1953. Les femmes veulent qu’on cesse de voir leurs problèmes comme des « affaires de bonnes femmes » !

Dans les années 1990, peu de femmes occupent des postes de responsabilités à la CSN. « Au comité exécutif, je trouvais que ça n’avait pas de bon sens d’être la seule femme sur six personnes, alors que 50 % de nos effectifs sont des femmes ! » L’ancienne présidente de la CSN évoque la « conviction profonde et la mobilisation des femmes » qui ont mené les batailles pour les centres de la petite enfance, les congés parentaux et l’équité salariale. Ce dernier enjeu, une véritable saga, a entraîné les militantes à multiplier les manifestations. Face aux stratagèmes juridiques et gouvernementaux, la CSN a porté à bout de bras ce dossier devant les tribunaux, et la bataille pour l’équité salariale se poursuit.

Viser la parité
Le comité exécutif de la CSN est aujourd’hui à parité. « Ça prêche par l’exemple », fait valoir la secrétaire générale de la CSN, Nathalie Arguin. Au milieu des années 90, la cigarette est toujours autorisée dans les lieux publics. Son syndicat du Casino de Montréal se bat pour que les employées enceintes puissent bénéficier du retrait préventif ». « Je suis bien fière de cette lutte qui a contribué, avec le soutien d’autres organisations, à faire changer les choses. » D’un point de vue militant, la touche féminine, tout comme la diversité en général, « amène une meilleure action syndicale et crée moins d’angles morts. »

Agir pour l’avenir
L’intersectionnalité, c’est lorsqu’une même personne subit une accumulation de discriminations en lien avec son origine, son sexe, son âge, sa religion, son orientation sexuelle, sa classe sociale ou ses capacités physiques. Ramatoulaye Diallo, trésorière du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, peut en témoigner. À son arrivée au Québec dans les années 90, la Guinéenne envoie plusieurs curriculums vitae pour tenter de décrocher un poste de technicienne de laboratoire. Cette diplômée universitaire en microbiologie ne reçoit même pas un appel !

« Il y a des alliances à faire avec d’autres mouvements sociaux pour lutter contre les systèmes qui nous oppriment », note pour sa part Emilia Castro, militante depuis plus de 30 ans et ex-vice-présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN.

Au dernier congrès de la CSN, une proposition demandant l’engagement de la CSN pour un modèle inclusif et intersectionnel des milieux de travail a été adoptée. Il y a de l’espoir !

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L’histoire du mouvement vue de près https://www.csn.qc.ca/actualites/lhistoire-du-mouvement-vue-de-pres/ Wed, 15 Feb 2023 11:19:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87356 Michel Rioux a été aux premières loges de plusieurs pans de l’histoire du syndicalisme québécois. Journaliste et chroniqueur syndical, notamment au Soleil où il a été congédié pour activités syndicales, il arrive à la CSN en 1969 comme directeur de l’information. L’un de ses premiers tests de politique interne se déroule lors du « bill 63 » de 1969 qui donne le libre-choix d’envoyer ses enfants à l’école anglaise. Le débat est houleux dans l’espace public, il l’est aussi dans les rangs de la confédération. Alors président de la CSN, Marcel Pepin demande des changements au projet de loi ; Michel Chartrand, lui, s’y oppose carrément. « Pepin a été à deux cheveux de démissionner. C’est une lettre aux militants qui a raccommodé les choses », souligne Rioux en ajoutant que la langue et la question nationale faisaient l’objet d’une mésentente entre Pepin et Chartrand, qui abordaient ces sujets différemment.

On se transporte en pleine crise d’octobre 1970, après la mort de Pierre Laporte, ministre du Travail du Québec. Rioux assiste Marcel Pepin dans une conférence de presse cruciale qui se tient à la CSN avec Claude Ryan, directeur du Devoir, René Lévesque, chef du Parti Québécois, Louis Laberge, président de la FTQ et Yvon Charbonneau, président de la CEQ. On y demande de négocier pour libérer le diplomate britannique James Cross. Une déclaration commune dénonce par ailleurs les mesures de guerre.

Front commun de 1972. La loi spéciale sur le retour au travail est adoptée. À Télé-Québec, les trois présidents ne demandent pas à leurs membres de la défier, au grand dam du bouillant Chartrand. « Ça commence à chauffer un peu partout », raconte Rioux. On connait la suite : les chefs syndicaux sont condamnés pour outrage au tribunal en raison du non-respect des injonctions précédant la loi.

Michel Rioux prend sa retraite de la CSN en 1998, sous la présidence de Gérald Larose. Toujours très actif aujourd’hui, celui qui siégea au conseil d’administration du Devoir de 2001 à 2022 a écrit de nombreux articles et ouvrages sur l’histoire de la CSN. « Je veux raconter aux gens qui arrivent à la CSN l’histoire du mouvement auquel ils s’intègrent », conclut-il.

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De fières héritières de Donalda ! https://www.csn.qc.ca/actualites/de-fieres-heritieres-de-donalda/ Wed, 15 Feb 2023 11:17:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87333 Véritable symbole de courage et de ténacité, Donalda Charron s’est sacrifiée pour la cause ouvrière féminine. Aujourd’hui, les militantes de la CSN portent toutes un peu son héritage.

Cette fille de manufacture, comme on les appelait à l’époque, devint la première femme à présider un syndicat au Canada. En 1919 et en 1924, Donalda affrontera les employeurs de l’une des plus grandes entreprises au pays lors de deux grèves à l’usine d’allumettes E.B. Eddy de Hull. Comme le souligne l’anthropologue Serge Bouchard dans un épisode de la série De remarquables oubliés, « Donalda Charron s’est battue en sachant que les femmes, encore moins que les ouvriers, n’avaient aucune autre arme que celle de leur courage pur. Donalda Charron est l’héroïne d’une période historique tellement dure, où le capitalisme industriel tuait littéralement les gens ».

Contrairement à ce qui est parfois véhiculé, cette pionnière syndicale n’est pas morte seule et complètement oubliée. « C’est tout le contraire, souligne Julie Charron, sa petite nièce. Mon père s’est occupé de Donalda jusqu’à sa mort. Aujourd’hui, il repose au cimetière Notre-Dame de Gatineau avec elle.

Bien que Julie n’ait pas connu sa grand-tante, la tradition familiale parle d’une ardente militante qui n’avait pas la langue dans sa poche. Donalda avait aussi, paraît-il, tout un caractère ! « C’était une battante. Elle se tenait debout. Elle avait du cran pour l’époque », ajoute fièrement Julie. Lors de la grève de 1924, la contremaîtresse des allumettières « protège ses filles » en bloquant la voie à la voiture du surintendant Wood qui fonce sur les grévistes.

À l’évidence, la fibre syndicale court dans la famille Charron, puisque Julie a été présidente et trésorière de son syndicat local, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux dans la région de l’Outaouais (Papineau)–CSN.

Cette fille de nature plutôt réservée s’est impli­quée afin de défendre les droits des syndiqué-es dans un souci de justice, de droiture et d’équité, toutes des valeurs familiales partagées aussi par ses frères, Sylvain et André. À l’aube du 100e anniversaire de la grève des allumettières de 1924, ces valeurs demeurent également bien ancrées dans le mouvement CSN.

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La force d’une image https://www.csn.qc.ca/actualites/la-force-dune-image/ Wed, 15 Feb 2023 11:15:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87325 Plus qu’une représentation identitaire, le logo de la CSN constitue le symbole syndical par excellence de résilience et de solidarité pour des générations de camarades. Alors qu’il fait partie des icônes les plus facilement reconnues par le grand public, son histoire est souvent entourée de mystère pour les militantes et les militants du mouvement.

Pour Marc Comby, archiviste et historien à la CSN, l’origine du logo se place à l’intersection de deux trajectoires : « Celle réelle, physique et tridimensionnelle de Jean Gauguet-Larouche. Puis celle graphique et visuelle, dans le contraste, de Jean Gladu. »

Sculpteur né à la Malbaie et diplômé des beaux-arts de Montréal, Jean Gauguet-Larouche façonne dans les années 60 trois anneaux de fer entrelacés. Il puise ainsi dans la mémoire ancestrale des peintures rupestres et des symboles celtiques. Dans cette vision fédératrice, personne n’est le maillon faible : les trois chaînons entrelacés – symboles d’autonomie, de démocratie et de solidarité – forment un triangle. Celui-ci représente à son tour le triptyque syndicats-fédérations-conseils centraux.

Plus tard, Jean Gladu, alors graphiste à la CSN, conçoit le logo en photographiant les anneaux en haut contraste. « Mon mandat était de créer une version efficace et contemporaine d’une idée qui existait déjà », résume-t-il. Derrière le choix du logo se cache aussi une réalité technique de l’époque, quand il fallait choisir entre pouvoir imprimer plus rapidement un grand nombre de prospectus ou encore imprimer en couleur, avec toutes les difficultés que cela impliquait. Le choix défendu par Jean Gladu de garder la couleur noire honore cet héritage né d’une contrainte, mais résume encore, à sa manière, une philosophie inclusive.

En 1974, lors de son 46e congrès, la CSN adopte officiellement cet emblème un peu « trône de fer » et « métal » avant l’heure. Alors qu’elle entre dans son deuxième siècle de lutte pour la dignité et les droits au travail, la plus vieille organisation syndicale du Canada rend hommage à son histoire en gardant ce symbole et y ajoute le nouveau slogan patrimonial et historique Solidaire depuis 1921.

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Gérald Larose reçoit le prix Camille-Laurin et l’Ordre de Montréal https://www.csn.qc.ca/actualites/gerald-larose-recoit-le-prix-camille-laurin-et-lordre-de-montreal/ Tue, 17 May 2022 15:45:23 +0000 http://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=83826 La CSN tient à souligner le travail remarquable et soutenu de Gérald Larose, qui a occupé la présidence de la CSN de 1983 à 1999 et qui vient tout juste de recevoir l’Ordre de Montréal, tout juste après avoir remporté le prix Camille-Laurin.

Le 15 mai dernier, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lui a remis la plus haute distinction de la Ville décernée à des personnalités émérites qui ont contribué de façon exceptionnelle au rayonnement de Montréal.

La remise du prix Camille-Laurin, décerné le 23 mars dernier par l’Office québécois de la langue française à l’occasion du Gala des Mérites du français, est venue consacrer l’engagement exceptionnel de Gérald Larose envers la langue de Molière. Elle met ainsi en relief la contribution significative de l’ex-président de la CSN à la qualité du français dans l’espace public et au rayonnement qu’il a ainsi su lui donner.

Professeur associé au département de travail social de l’Université du Québec à Montréal depuis 1999, Gérald Larose a laissé sa marque dans plusieurs domaines au cours de sa carrière, dont la défense des droits des travailleuses et travailleurs, le travail social, l’économie sociale, et ce, toujours avec le souci du respect et de la protection de la langue française.

En 2019, l’Académie française lui avait également remis le prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises décerné à des personnalités françaises ou étrangères ayant rendu à la langue et aux lettres de fiers services.

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Une salle en l’honneur de Claudette Carbonneau https://www.csn.qc.ca/actualites/une-salle-en-lhonneur-de-claudette-carbonneau/ Sun, 03 Oct 2021 13:47:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80643 Première femme à occuper la présidence de la CSN, Claudette Carbonneau a eu l’honneur de voir son nom donné à une salle de la Maison Parent-Roback (MPR), à Montréal. Né d’une initiative visant à soutenir financièrement la mission de la MPR, un projet de collaboration avec la CSN a été développé afin de mettre en valeur, via trois tableaux, l’engagement de celle qui a été à la tête de la centrale de 2002 à 2011.

Plusieurs luttes charnières ont marqué le parcours de la syndicaliste qui s’est échelonné sur plus de trois décennies. Claudette Carbonneau a entre autres lutté pour la mise en place d’un véritable réseau de services de garde éducatifs à l’enfance et pour la reconnaissance du travail de milliers de femmes y œuvrant; pour l’adoption de la Loi sur l’équité salariale en 1996 ainsi que pour un important règlement sur l’équité salariale dans le secteur public en 2006. À l’occasion des 40 ans de la Charte des droits et libertés du Québec, en 2015, un hommage lui a été rendu en raison de son engagement pour de meilleures conditions de vie et de travail pour toutes et tous.

« Les femmes ont été au cœur de l’action syndicale de Claudette Carbonneau, a insisté l’actuelle présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elle s’est battue pour leurs droits et pour qu’elles obtiennent la pleine reconnaissance de la valeur de leur travail. Sa contribution a été majeure pour l’avancement de la cause des femmes », a conclu madame Senneville.

À propos la Maison Parent-Roback
Depuis 1997, la Maison Parent-Roback rassemble sous un même toit des organisations féministes qui œuvrent au quotidien à améliorer les conditions de vie des femmes. La CSN vous invite à contribuer financièrement à cette importante mission en faisant un don à la MPR.

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Nathalie Arguin élue au secrétariat général de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/nathalie-arguin-elue-au-secretariat-general-de-la-csn/ Sat, 25 Sep 2021 15:17:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80583 Les délégué-es du Conseil confédéral de la CSN, réunis hier en instance virtuelle, ont élu Nathalie Arguin au secrétariat général de la Confédération. Mme Arguin, qui était jusqu’ici présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), succède ainsi à Jean Lortie, qui part à la retraite après 40 ans de militance à la CSN, dont 10 ans à titre de secrétaire général de l’organisation.

« Je tiens à remercier chaleureusement les délégué-es qui m’ont fait l’honneur de leur confiance en me confiant cette importante responsabilité à l’exécutif de la CSN. C’est à la fois un immense privilège, mais aussi un beau défi que j’entends relever avec enthousiasme, confiance et détermination », a déclaré Nathalie Arguin.

Cumulant plus de 26 années de militantisme à la CSN, Mme Arguin a contribué à la fondation de son syndicat d’origine en 1995, le Syndicat des employées et employés de la Société des Casinos du Québec, au sein duquel elle a exercé diverses fonctions à titre de membre du comité exécutif. Elle a par la suite siégé comme présidente du Comité de la condition féminine de la FEESP de 2000 à 2009, avant d’être élue secrétaire générale de cette fédération en 2009, fonction qu’elle a occupée jusqu’en 2018. Depuis lors, elle occupe la présidence de la FEESP. Nathalie Arguin siège également sur le conseil d’administration de Bâtirente depuis 2011 et occupe depuis 2015 la vice-présidence de l’organisation.

« Toutes ces années à militer et à apprendre dans cette fabuleuse école qu’est la CSN m’ont permis d’accumuler un précieux bagage de connaissances et d’expertise que je souhaite aujourd’hui, plus que jamais, mettre au service de l’ensemble des membres et des syndicats affiliés à la CSN, afin d’améliorer les conditions de travail et sociales de la classe ouvrière. C’est là le cœur de mon engagement depuis les tout débuts de mon militantisme à la CSN et c’est ce qui continuera de guider mon action au quotidien comme secrétaire générale de la Confédération », a conclu Mme Arguin.

 

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Le Québec moderne, résultat de luttes syndicales https://www.csn.qc.ca/actualites/le-quebec-moderne-resultat-de-luttes-syndicales/ Fri, 24 Sep 2021 13:58:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80562 Par Jean Lortie, secrétaire général de la CSN

Le 24 septembre marque le 100e anniversaire de la première centrale québécoise créée, la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Cent années de luttes qui ont marqué le Québec.

Rappelons-nous qu’au début du siècle dernier, le taux de mortalité infantile dans certains quartiers de Montréal était de 27 %. Avec ses terribles conditions d’hygiène, on comparait alors la métropole à Calcutta, en Inde. Et la ville de Québec? Encore plus horrible : un enfant sur deux mourrait en bas âge… Une catastrophe difficile à imaginer aujourd’hui, alors que nous avons un régime québécois d’assurance maladie, une classe moyenne très présente et des conditions de vie et de travail bien loin du siècle dernier.

Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Il serait bon de se rappeler que le Québec moderne est largement dû aux grandes luttes syndicales menées depuis 1921. Par exemple, avant le régime public d’assurance maladie, réclamé par la CSN et obtenu après 10 ans de lutte, les Québécois mourraient à la maison faute de soins, ou faute de pouvoir se les payer. En témoigne cette anecdote d’un ancien collègue : lorsque sa mère s’était retrouvée à l’hôpital pendant un accouchement difficile, la famille avait dû vendre la maison pour régler la facture. Une décision déchirante qui appartient heureusement au passé.

Au cours des années 60, la CSN a participé activement à la commission Parent, laquelle a mené à la création des cégeps et des universités. L’objectif de la centrale syndicale : permettre aux fils et aux filles d’ouvriers de se scolariser et d’avoir ainsi accès à de meilleurs emplois et d’améliorer leur sort et celui de leur famille. Difficile d’imaginer que le système scolaire moderne a à peine 60 ans, tant l’accès à l’éducation est tenu pour acquis.

Depuis un siècle, la CSN a également embrassé la cause des femmes, et a su mener avec succès sa lutte pour obtenir le régime québécois d’assurance parentale, l’équité salariale et la création des CPE. Pour la petite histoire, c’est en 1924 qu’a eu lieu la première grande grève de la CSN. Celle-ci fut menée par des femmes, les allumettières de la compagnie E.B. Eddy, à Hull. Elles ont eu gain de cause et ont marqué un important jalon dans l’histoire syndicale.

Il faut se souvenir que la CSN et les autres centrales syndicales sont de véritables créatrices de la classe moyenne, avec leur mission de sortir les gens de la pauvreté en leur donnant des emplois décents et des conditions de travail dignes et sécuritaires. Le mouvement syndical est le plus grand répartiteur de richesse au Québec, et celle-ci est redistribuée dans toutes les régions, permettant ainsi de créer d’autre richesse par les achats locaux.

Le mouvement syndical sera au rendez-vous pour toutes ces luttes à mener. Pour 100 ans encore s’il le faut.

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Jean Lortie annonce son départ à la retraite après 40 ans de militance https://www.csn.qc.ca/actualites/jean-lortie-annonce-son-depart-a-la-retraite-apres-40-ans-de-militance/ Fri, 20 Aug 2021 20:31:49 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80245 C’est avec émotion que les 300 000 membres de la CSN et ses 650 employés ont appris aujourd’hui le départ à la retraite d’un collègue militant fort apprécié qui aura fait sa marque au sein de la CSN depuis quatre décennies. En effet, Jean Lortie, l’actuel secrétaire général de la 2e plus grande centrale syndicale québécoise, a annoncé qu’il quitterait ses fonctions le 24 septembre prochain, date du 100e anniversaire de l’organisation.

« Même si j’annonce mon départ à la retraite avec un certain pincement de cœur, ma décision est mûrement réfléchie. Après 40 ans, il est temps pour moi de passer le flambeau à une nouvelle génération qui apportera un esprit de renouveau. La CSN, c’est un mouvement. C’est ce qui caractérise notre organisation et qui en fait sa force : des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui, depuis 100 ans, ont milité pour améliorer leur sort, et qui continueront à œuvrer pour que les Québécois aient des conditions de travail décentes », déclare Jean Lortie.

Travailleur de l’hôtellerie de l’Hôtel Place Dupuis depuis 1979, Jean Lortie a été élu pour la première fois trésorier de son syndicat à l’âge de 21 ans en 1983. Il a ensuite occupé le poste de trésorier de la Fédération du commerce CSN de 1986 à 1998, pour ensuite être élu à sa présidence. En mai 2011, il accédait au poste-clé de secrétaire général de la CSN.

« Comme secrétaire général, Jean a toujours eu à cœur de bien représenter les syndicats affiliés à la CSN. Il dit souvent qu’être sur le terrain auprès des syndicats locaux et des travailleuses et des travailleurs l’a toujours fait « ronronner de plaisir ». En plus du terrain, Jean a brillé dans les fonctions qu’il occupait à l’exécutif depuis 10 ans. Nous nous ennuierons tous de son côté humain, de sa grande intelligence stratégique et de sa passion sans cesse renouvelée pour le monde syndical. Jean, la CSN te doit beaucoup et te salue aujourd’hui », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Jean Lortie conclut : « Après 35 années à la direction de ce mouvement, je souhaite entreprendre une nouvelle étape de ma vie. Je pense avoir fait honneur à mes prédécesseurs en assumant avec dignité et respect ma fonction de secrétaire général de la CSN. J’ai consacré toutes mes énergies et mes forces à défendre la cause des travailleuses et des travailleurs, mon seul souci, mon seul combat depuis le tout début. »

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Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) salue Ann Gingras https://www.csn.qc.ca/actualites/le-conseil-central-de-quebec-chaudiere-appalaches-csn-salue-ann-gingras/ Wed, 11 Aug 2021 15:27:52 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80165 Ann Gingras a remis aujourd’hui sa démission à titre de présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) afin de pouvoir faire le saut en politique fédérale. L’équipe du conseil central salue celle qui a présidé aux destinées de l’organisation depuis plus de 20 ans.

Issue du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Hilton-Québec (CSN), Ann Gingras a commencé à militer au conseil central en 1989. C’est en 1991 qu’elle est élue vice-présidente avant de devenir présidente du comité exécutif en 1999. En plus de 100 ans d’histoire, Ann Gingras est la personne qui a occupé le plus longtemps, 22 ans, le poste de présidente du conseil central. Nous la remercions pour toutes ces années de militantisme syndical et de défense acharnée des travailleuses et des travailleurs.

Intérim
C’est Barbara Poirier que le comité exécutif a désigné pour assurer l’intérim jusqu’à ce que des élections aient lieu lors de la prochaine assemblée générale, prévue en octobre. Technicienne en administration, au niveau de l’approvisionnement dans le réseau de la santé, elle est élue présidente de son syndicat local en 2009 et a mené une féroce campagne de maraudage dans le cadre des fusions forcées imposées par la réforme Barrette. Elle est élue vice-présidente du conseil central en 2018, où elle est notamment responsable des dossiers de la condition féminine et de la formation.

Non-partisan
Rappelons que le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) est issu d’une tradition syndicale qui refuse l’action politique partisane. Les statuts et règlements de l’organisation sont, à ce chapitre, limpides :

« Le CCQCA, comme organisation syndicale, n’appuie aucun parti ou candidat, que ce soit au niveau fédéral, provincial, municipal ou scolaire. Cependant, le CCQCA peut dénoncer ou approuver les attitudes, projets, mesures, doctrines, théories, lois, provenant d’individus, de groupes, de partis ou de gouvernements qui concernent les intérêts des travailleuses et des travailleurs. »

Les prochaines élections fédérales ne feront pas exception. Le conseil central n’appuiera pas de candidat et ne donnera pas de mot d’ordre électoral à ses membres.

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Un négociateur chevronné élu à la première vice-présidence de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/un-negociateur-chevronne-elu-a-la-premiere-vice-presidence-de-la-csn/ Tue, 22 Jun 2021 23:03:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79891 Réunis en instance virtuelle ce matin, les délégué-es du conseil confédéral de la CSN ont élu François Enault comme nouveau premier vice-président au comité exécutif de la centrale. M. Enault succède à Caroline Senneville, qui a été élue présidente jeudi dernier à la suite de l’annonce du départ en politique municipale de Jacques Létourneau.

« Je remercie chaleureusement les délégué-es qui m’ont fait confiance en votant pour moi aujourd’hui. Je remercie aussi Dominique Daigneault, militante de longue date de notre mouvement qui avait aussi déposé sa candidature. La CSN a toujours mis en commun les forces de tout le monde. C’est donc bien entouré des 300 000 membres de la CSN que je remplirai mes nouvelles fonctions », déclare M. Enault.

Œuvrant à la CSN depuis plus de 25 ans, M. Enault a occupé des fonctions variées au sein de la centrale syndicale. Ayant fait ses premières armes en tant que stagiaire à la Fédération de la métallurgie — CSN (FIM—CSN) à compter de 1994, il a ensuite été conseiller syndical à la FIM pendant de nombreuses années et président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la CSN pendant six ans. Il devient directeur des services de la FIM en 2008, coordonnateur en 2011 et adjoint au comité exécutif de la CSN en 2014. Depuis 2017, il occupait le poste de coordonnateur du Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC–CSN).

« Afin d’obtenir une société plus juste et égalitaire, il faut négocier de bonnes conventions pour les travailleuses et les travailleurs. Je suis convaincu que si nous voulons que la CSN demeure un acteur de premier plan, nous devons miser sur sa grande force de négociation. Et la négociation, ça me connaît ! Je suis intervenu dans plusieurs négociations difficiles dans le secteur privé ces quinze dernières années et j’ai aussi été négociateur auprès du Conseil du Trésor récemment dans le cadre de mes fonctions de coordonnateur d’UCCO-SACC–CSN. Comme une des responsabilités de la première vice-présidence est la négociation du secteur public, mes aptitudes de négociateur seront bénéfiques au mouvement et à ses membres », continue-t-il.

Pour le nouveau vice-président, il ne fait aucun doute que la négociation ne s’est jamais limitée aux seules discussions tenues à la table des pourparlers.

« Nos luttes se sont aussi gagnées dans les milieux de travail, sur le trottoir et sur les lignes de piquetage. Que ce soit en négociant, en se mobilisant ou en faisant pression sur les employeurs de toutes sortes de façons, c’est en mettant à contribution les habiletés de toutes et de tous qu’on peut gagner. Comme premier vice-président, je me ferai un devoir de veiller à cela », termine-t-il.

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