Langue de travail – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 02 Nov 2023 13:07:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Langue de travail – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Cibles d’immigration : les centrales syndicales décrient l’omission de l’immigration temporaire https://www.csn.qc.ca/actualites/cibles-dimmigration-les-centrales-syndicales-decrient-lomission-de-limmigration-temporaire/ Thu, 02 Nov 2023 13:07:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=92611 Les quatre grandes centrales syndicales dénoncent le manque de considération du gouvernement du Québec envers les travailleuses et les travailleurs migrants temporaires, alors qu’il a décidé de maintenir sa cible d’immigration à 50 000 personnes. Pour la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ, cette décision rend quasiment impossible l’accès à la résidence permanente pour ces gens qui contribuent pleinement à la vitalité économique et sociale du Québec.  

« En maintenant ses cibles, le gouvernement emprisonne dans la précarité la grande majorité des personnes immigrantes temporaires qui habitent et travaillent déjà dans nos milieux, partout au Québec », a décrié la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Au cœur de l’enjeu, la grande proportion des travailleuses et travailleurs temporaires aux prises avec des permis fermés qui les rendent captifs d’un seul employeur avec, pour conséquence, la crainte de représailles s’ils tentent de faire valoir leurs droits. Rappelons que le rapporteur spécial de l’ONU a dénoncé cette situation qui s’apparente à de l’esclavage moderne. 

« Dans un contexte de recours débridé à la main-d’œuvre temporaire pour combler des besoins permanents, le gouvernement ne pouvait omettre d’inclure cette proportion importante des personnes immigrantes dans ses cibles d’immigration. En les ignorant, il pave la voie à ce que les abus se poursuivent et se généralisent à l’égard des travailleuses et travailleurs étrangers captifs de leur permis de travail fermé », explique Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ. 

Les nombreux obstacles à la résidence permanente contribuent d’ailleurs à la croissance, au sein du marché du travail, d’une population immigrante sans statut, dont plusieurs travailleuses et travailleurs ne détiennent que des permis temporaires. Leur accueil permanent est donc considéré comme un enjeu crucial, tout comme la régularisation de leur statut.

« Nous saluons le désir de mieux soutenir l’accès à la francisation des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires et d’encourager les employeurs à prendre leurs responsabilités en la matière. Cependant, nous demandons des moyens pour les inclure et les franciser, et non de nouvelles mesures d’exclusion. L’apprentissage effectif du français ne pourra se faire dans les conditions proposées », explique Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Pour les centrales, les travailleuses et les travailleurs migrants ne doivent pas se voir imposer de nouvelles exigences au renouvellement de leur permis de travail, tel qu’un niveau de français, et à l’obtention de la résidence permanente. Ils devraient plutôt avoir un accès réel à la francisation, à de meilleurs salaires et des conditions de travail décentes, à des protections sociales et à une meilleure protection contre l’exploitation et les abus.

« L’immigration est un sujet à la fois crucial pour l’avenir de la société québécoise, et malheureusement polarisé à outrance. La planification et les niveaux d’immigration doivent refléter nos réels besoins et être plus humains. Il nous incombe de développer les capacités d’accueil, incluant la francisation en milieu de travail et la régionalisation de l’immigration, afin d’inclure convenablement toutes les personnes immigrantes », explique Luc Vachon, président de la CSD.

L’immigration temporaire est composée des travailleuses et travailleurs étrangers, des demandeurs d’asile et des étudiantes et étudiants étrangers. Au Canada, cette immigration a augmenté de 68 % en deux ans et représente désormais plus de 470 976 personnes au Québec, selon Statistique Canada. 

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Atteintes inacceptables aux droits linguistiques de fonctionnaires fédéraux à la table de négociation https://www.csn.qc.ca/actualites/atteintes-inacceptables-aux-droits-linguistiques-de-fonctionnaires-federaux-a-la-table-de-negociation/ Mon, 06 Mar 2023 15:43:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87837 Actuellement engagé dans la négociation d’une convention collective auprès du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, le syndicat UCCO-SACC–CSN, représentant 7 500 agentes et agents correctionnels fédéraux partout au pays, dénonce une atteinte significative, préoccupante et inédite à l’esprit de la Loi en matière de langues officielles.

En effet, depuis la création du syndicat il y a 20 ans, soit depuis les quatre dernières rondes de négociations, le gouvernement fédéral a toujours offert un service de traduction simultanée dans les deux langues officielles, le français et l’anglais. Or, en rupture totale avec cette pratique, depuis janvier 2023, le gouvernement fédéral oblige les négociateurs syndicaux à renoncer à la traduction simultanée ou à assumer 50 % des frais pour ce service, sous peine de refus de négocier.

Le gouvernement fédéral se justifie en invoquant la nécessité d’avoir recours à des traducteurs externes et mentionne au passage que de toute façon, le Commissariat aux langues officielles n’a pas le pouvoir de le forcer à fournir et à financer la traduction simultanée à la table de négociation.

Un mépris inquiétant

Le président national d’UCCO-SACC–CSN, Jeff Wilkins, dénonce un mépris aussi dangereux qu’inquiétant pour les agentes et les agents correctionnels :

« Lors des négociations, les mots comptent. Si toutes les parties à la table ne peuvent pas comprendre le contenu ou le contexte des débats, nous ne pouvons pas représenter nos membres comme il se doit. Nos membres s’attendent à ce que nous parlions en leur nom à la table de négociation, et nous ne pouvons pas le faire dans ces circonstances. Dans un monde parfait, toutes les parties seraient parfaitement bilingues, mais ce n’est pas le cas de part et d’autre à la table de négociation. Tout le monde doit comprendre ce qui se dit et cette responsabilité appartient à l’employeur, qui a le devoir de promouvoir les deux langues officielles au Canada. »

Au-delà de la seule situation des agentes et agents correctionnels, le vice-président national, Frédérick Lebeau, déplore que le gouvernement ne laisse pas le syndicat négocier de bonne foi dans la langue de son choix :

« Comme syndicat, nous représentons des membres partout au Canada, et à leur image, notre comité de négociation inclut des anglophones et des francophones. Peu importe la langue officielle qu’ils choisissent d’utiliser, ils doivent pouvoir être compris dans la langue de leur choix et comprendre ce qui est dit à la table de négociation. C’est leur droit et c’est aussi le droit des membres qu’ils représentent. Le droit de discuter, d’échanger avec notre employeur fédéral en français comme en anglais est au cœur de la démocratie canadienne. Ce n’est ni un accommodement ni une faveur qu’on nous concède, mais une obligation régulièrement réaffirmée par les plus hautes instances au pays. »

UCCO-SACC–CSN invite donc le gouvernement fédéral à prendre ses responsabilités et à fournir un service linguistique de qualité aux syndicats avec qui il négocie, comme il le fait depuis plus de 20 ans. Nous réaffirmons ainsi avec la plus grande fermeté que cette demande est nécessaire à des négociations sereines et fructueuses dans le respect de la loi, de l’histoire du Canada et des parties.

À propos

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC–CSN) représente plus de 7500 membres, répartis dans les cinq grandes régions du Canada: Pacifique, Prairies, Ontario, Québec et Atlantique. UCCO-SACC–CSN représente les agentes et agents correctionnels dans les 49 établissements fédéraux.

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Des mesures qui ont enfin du mordant https://www.csn.qc.ca/actualites/des-mesures-qui-ont-enfin-du-mordant/ Thu, 13 May 2021 16:54:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79330 La CSN applaudit le dépôt du projet de loi sur la réforme de la loi 101 attendue depuis des mois et se réjouit à première vue de voir le gouvernement se pencher enfin sur le sort des travailleuses et des travailleurs francophones du Québec. « Il était temps qu’on arrête de jouer à l’autruche en refusant d’admettre la lente anglicisation de l’ensemble du Québec, et du Grand Montréal en particulier. Des mesures s’imposaient et nous sommes soulagés aujourd’hui de constater les efforts notoires du ministre Jolin-Barrette en ce sens », a souligné d’entrée de jeu le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Exigence de l’anglais
L’un des principaux indicateurs de l’anglicisation est l’omniprésence des exigences en anglais dans les critères d’embauche. Malheureusement, peu de moyens étaient disponibles pour faire respecter le droit de travailler en français contenu dans la loi 101. Avec le projet de loi déposé aujourd’hui, l’employeur aura l’obligation de démontrer que le bilinguisme est absolument nécessaire avant de pouvoir en faire un critère d’embauche. « La réécriture des articles portant sur l’exigence d’une autre langue est un message clair envers les employeurs et les tribunaux : l’exigence du bilinguisme lorsqu’elle n’est pas justifiée n’a tout simplement pas lieu d’être », soutient le président de la CSN, Jacques Létourneau.

« Malheureusement, depuis quelques années, nous constatons une dérive de différents ministères à bilinguiser les emplois, enchaîne-t-il. Le ministère de la Santé et des Services sociaux est particulièrement un mauvais élève à cet égard. En effet, il n’est pas rare que certaines directions exigent le bilinguisme tous azimuts sans en démontrer le besoin concret. Espérons que les ministères comprendront le message envoyé aujourd’hui et qu’ils prendront les mesures nécessaires pour faire respecter la loi. »

Francisation
Le président de la CSN souligne par ailleurs que la francisation des lieux de travail et des personnes, particulièrement dans le Grand Montréal, a été trop souvent mise de côté. « La simple traduction des affiches au travail ne suffit pas à franciser les milieux. Le gouvernement doit valoriser, promouvoir et soutenir la francisation des travailleurs et des travailleuses ainsi que des cadres dans les PME et les grandes entreprises. En ce sens, la création de l’organisme Francisation Québec est une excellente nouvelle », ajoute-t-il.

Jacques Létourneau est également satisfait de voir que le rôle des travailleuses et travailleurs sera enfin reconnu au sein des comités de francisation dans les grandes entreprises. « Ces comités, qui réunissent travailleurs et employeurs, aident les milieux de travail à trouver les meilleures solutions en matière de francisation. En y officialisant le rôle des travailleurs, ces comités deviendront de véritables mécanismes de valorisation de la langue française au travail. »

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Le droit de travailler en français doit être renforcé https://www.csn.qc.ca/actualites/le-droit-de-travailler-en-francais-doit-etre-renforce/ Fri, 21 Aug 2020 12:33:37 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=76203 Le ministre Simon Jolin-Barrette a récemment annoncé son intention de redonner ses lettres de noblesse à la Charte de la langue française, malmenée et devenue chevrotante. Il a non seulement l’intention de mieux encadrer la langue de travail, mais il vise aussi à inclure dans la loi les entreprises sous compétence fédérale. La CSN ne peut que saluer et encourager ces intentions !

Les dernières décennies libérales ont fait mal à la protection de la langue française. La reconnaissance des comités de francisation dans les grandes entreprises a perdu des plumes, l’État se bilinguise et les tribunaux ont laissé tomber les travailleuses et les travailleurs qui tentaient de faire respecter leur droit de travailler en français. Souvenons-nous que l’ancien premier ministre libéral Philippe Couillard a déjà appelé les ouvrières et les ouvriers à apprendre l’anglais « si un cadre anglophone passait par là ». Cette idéologie malheureusement répandue a contribué à un refroidissement de la défense de la langue française dans un total déni de l’anglicisation du Grand Montréal.

Quels sont les faits ?

La dernière étude de l’Office québécois de la langue française (OQLF) montre clairement que les employeurs exigent de plus en plus l’anglais dans les entreprises. L’OQLF indique en effet qu’à Montréal, 63 % des entreprises exigent la connaissance de l’anglais et que 46 % des municipalités ou des arrondissements ont rejeté un candidat à cause d’une mauvaise connaissance de l’anglais.

L’OQLF avait déjà établi que la proportion de personnes travaillant généralement en français a considérablement diminué ces dernières décennies pour atteindre 67 %, soit un taux similaire à ce qui existait avant l’adoption de la Charte de la langue française en 1977 ! À Montréal, hélas, le pourcentage atteint 41 %. Toujours selon l’OQLF, les travailleuses et les travailleurs échangent maintenant à 40 % entre eux dans une autre langue que le français.

Modifier la loi 101

Vouloir défendre la langue française dans les milieux de travail, c’est avant tout vouloir défendre une langue commune : pour offrir des formations, pour diffuser des consignes de santé et de sécurité au travail, pour développer l’esprit d’équipe et pour créer une solidarité entre les travailleuses et les travailleurs.

Trop souvent, l’argument sur l’importance de l’apprentissage des langues par les individus se confond avec le bilinguisme organisationnel. Il faut distinguer la connaissance de l’anglais pour voyager, servir des touristes ou communiquer avec des entreprises étrangères, et l’obligation des travailleuses et des travailleurs au Québec de tenir leurs réunions en anglais. Le ministre Jolin-Barrette doit donc impérativement apporter des modifications à la loi pour, entre autres, renforcer l’article 46 portant sur l’interdiction d’obliger les travailleuses et les travailleurs à parler anglais lorsque ce n’est pas nécessaire, faciliter le processus de plaintes, octroyer aux comités de francisation paritaires de véritables pouvoirs d’action et élargir l’article 141 pour inclure les outils de travail.

Par ailleurs, les efforts de francisation au travail doivent devenir plus systématiques. Défendre le droit de travailler en français n’est pas anodin. Lorsqu’une langue n’est plus utile pour le travail, elle perd de sa vitalité. Valoriser l’utilisation du français dans les milieux de travail constitue une importante clé de voûte afin d’encourager les jeunes à étudier en français, à participer à la culture francophone et à vivre en français. C’est aussi contribuer à la valorisation de la diversité linguistique devant une mondialisation uniformisante et anglicisante. Vu l’envergure de cette évolution, nous espérons que le ministre, en collaboration avec la société québécoise, fera de sa réforme de la Charte de la langue française un véritable chantier d’inclusion et de solidarité.

Jacques Létourneau, président de la CSN

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La loi 101 : 40 ans de fierté https://www.csn.qc.ca/actualites/la-loi-101-40-ans-de-fierte/ Tue, 22 Aug 2017 15:26:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=63071 À l’occasion du 40e anniversaire de la Charte québécoise de la langue française, la table de concertation Partenaires pour un Québec français (PQF) lance une campagne nationale de fierté sur la loi 101. Sous le thème : La loi 101 : 40 ans de fierté. Toujours à la mode, depuis 1977, PQF souhaite notamment rappeler les progrès réalisés grâce à l’adoption de la Charte. Ces célébrations seront l’occasion pour la dizaine d’organisations de la société civile formant PQF de réitérer l’importance du français comme seule langue commune et officielle du Québec. En s’appuyant sur les progrès réalisés depuis 40 ans, PQF fera valoir ses revendications auprès du gouvernement dans les prochaines semaines, notamment un renforcement de la loi 101 .

« Notre objectif est de faire en sorte que la société québécoise se réapproprie avec fierté cet outil, toujours aussi utile que nécessaire, qu’est la Charte de la langue française. Aujourd’hui, nous lançons un appel à poursuivre le renforcement du français au Québec tout en entretenant la fierté de faire du français la langue commune du Québec, et ce, dans tous les domaines de la vie ! », déclare Éric Bouchard, coordonnateur de PQF. « La loi 101, ce n’est pas une relique d’une autre époque. Elle demeure tout à fait pertinente en 2017. Nous pensons qu’il est important de profiter de ce 40e anniversaire pour rappeler à quel point la Charte a permis de définir le Québec contemporain ».

Des succès sur tous les fronts

« Avec la loi 101, le français est devenu la langue d’enseignement et de l’intégration au Québec, rappelle la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot. Même si notre langue doit toujours être promue et protégée, nous pouvons dire aujourd’hui que le français permet à de nombreux Québécois et Québécoises de se réunir, peu importe leur origine. C’est un acquis précieux pour le vivre-ensemble au sein de notre société. »

« L’apprentissage et la maîtrise de la langue française permettent non seulement d’accéder au patrimoine culturel du Québec et de se l’approprier, mais aussi de partager et d’enrichir une culture commune, peu importe nos origines. De plus, comme langue d’enseignement, le français donne à l’école publique un moyen d’assurer sa mission de mixité sociale, d’où l’importance de la préserver et de la célébrer aujourd’hui ! », renchérit le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette.

« De même, en instaurant le français comme langue des institutions publiques, le Québec a marqué clairement que le français est la seule langue commune au Québec. Il faudra demeurer vigilant devant certaines tendances à une ’’ bilinguisation ’’ de nos institutions », poursuit le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique (SFPQ), Christian Daigle.

« Dans les milieux de travail, les progrès réalisés en 40 ans sont remarquables. Il n’y a pas si longtemps, l’anglais était répandu dans toutes les usines où travaillaient une écrasante majorité de francophones, rappelle le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. Les obligations édictées par la loi, les comités de francisation, tout comme le progrès général du français langue commune ont contribué à franciser les milieux de travail. Il y a encore des progrès à faire dans certains milieux mais il convient de souligner tout le chemin parcouru ».

« Nos artistes et leurs œuvres incarnent depuis des décennies une prise de conscience sur notre culture distincte, francophone et fière de l’être. L’adoption de la loi 101 symbolise le volet législatif de cette éclosion de la culture québécoise enracinée dans la langue française, ainsi que de notre volonté de l’affirmer et de la protéger, ajoute la présidente de l’Union des artistes (UDA), Sophie Prégent. Confrontée aux changements démographiques, sociaux ou technologiques, cette loi doit aujourd’hui être renforcée pour s’adapter aux mouvements de notre société. »

La campagne nationale s’étalera sur les prochaines semaines, notamment dans les médias sociaux des organisations de PQF. Des affiches seront également apposées dans de nombreux lieux publics et milieux de travail. Elle vise à rappeler les grands progrès réalisés par le français langue commune, grâce à la Charte, autour de quatre grands thèmes, soit : l’enseignement et l’inclusion, la langue de travail, la langue des institutions et la culture. Sur le site Web de PQF, on retrouvera divers contenus dressant un portrait historique mais également les grands enjeux actuels. PQF appelle donc la population à afficher fièrement son amour pour la langue française et à souhaiter un joyeux anniversaire à la Charte de la langue française. Vive la loi 101 !

Court métrage

De plus, PQF a dévoilé ce matin la bande-annonce du nouveau court métrage « L’adoption de la Charte de la langue française » réalisé dans le cadre de la série Je me souviens, un projet du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) dont la production déléguée a été confiée à Babel Films. Le court métrage sera disponible dès samedi matin 26 août sur la page Facebook du collectif Je me souviens ainsi que sur le site du MNQ.

PQF presse le gouvernement d’agir

Le 40e anniversaire de la Charte représente aussi l’occasion, pour PQF, de faire valoir, une fois de plus, ses revendications auprès du gouvernement. Depuis novembre 2012, la table fait pression pour que des modifications législatives soient apportées à la loi 101 afin de rehausser le statut du français dans l’espace public. Malgré ses multiples interventions auprès des élu-es et dans les médias, rien n’a été fait par le gouvernement du Québec.

« Non seulement le gouvernement ne peut plus ignorer le recul du français au Québec, mais il y a urgence d’agir, notamment sur le plan de la langue au travail. Il faut également combattre le bilinguisme institutionnel et les organisations partenaires pour un Québec français comptent toutes mettre l’épaule à la roue. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement une réforme majeure de la Charte de la langue française. Le 5 septembre, nous aurons l’occasion de présenter nos arguments lors d’une rencontre avec le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin », conclut le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Maxime Laporte.

Pour connaître les propositions de PQF, visitez le site : partenairesquebecfrancais.com.

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Des risques pour la qualité de vie des nouveaux arrivants https://www.csn.qc.ca/actualites/des-risques-pour-la-qualite-de-vie-des-nouveaux-arrivants/ Thu, 03 Aug 2017 18:40:29 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=61357 La CSN est préoccupée par les chiffres alarmants de Statistique Canada selon lesquels le français a continué de reculer en 2016 au Québec. Elle estime en outre que les montants alloués en matière de francisation ne correspondent pas aux besoins réels, puisqu’ils ne sont pas établis selon le nombre d’immigrants reçus.

La situation est particulièrement préoccupante dans les milieux de travail, estime la centrale. L’exigence de bilinguisme augmente et la proportion de personnes travaillant généralement en français est de 66 %, soit un taux similaire à ce qui existait avant l’adoption de la Charte de la langue française. « Le français se détériore d’année en année et les moyens pour appliquer la loi 101 sont insuffisants. Or, c’est elle qui garantit aux Québécoises et aux Québécois, entre autres choses, le droit de travailler en français. Si la langue française n’est pas perçue comme étant utile dans les milieux de travail, les nouveaux arrivants ne seront pas portés à l’apprendre », souligne le trésorier de la CSN, Pierre Patry.

Rappelons qu’une récente étude de l’IREC relatait que plus de 200 000 immigrants et immigrantes, soit 20 % de l’ensemble de la population immigrée du Québec, ne parlaient toujours pas français en 2011. « Quand elles s’installent au Québec, les personnes ont souvent plusieurs obligations financières et doivent se trouver rapidement un emploi. Un meilleur financement en francisation est absolument nécessaire pour que l’apprentissage du français soit plus attrayant, autant pour les emplois à temps plein que pour les postes à temps partiel », poursuit Pierre Patry.

Le trésorier de la CSN n’en démord pas : l’apprentissage de la langue est la meilleure façon pour les nouveaux arrivants d’avoir de meilleures conditions de travail et de vie, de se prémunir contre les risques associés aux accidents et aux maladies professionnelles et de faire respecter leurs droits. « Différentes études consultées ont montré comment les barrières linguistiques limitent la nature des emplois occupés par les immigrants, nuisent à la connaissance des lois et des ressources en santé et sécurité et isolent les travailleurs et travailleuses. Apprendre le français, c’est travailler socialement à la qualité de vie de toutes et de tous au Québec », conclut-il.

 

 

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Une langue commune pour le progrès collectif https://www.csn.qc.ca/actualites/une-langue-commune-pour-le-progres-collectif/ Wed, 29 Mar 2017 13:42:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=59184

Le français, outil d’inclusion, de prévention et de solidarité ! C’est une perspective large sur le rôle et la force du français langue commune et langue de travail qui se dégage des discussions tenues pour la Journée CSN de la francisation du 23 mars 2017. Des délégué-es de syndicats CSN de toutes les fédérations et de toutes les régions y prenaient part.

L’animatrice de la journée, Catherine Ladouceur, enseignante au cégep de Sherbrooke.

En ouverture, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a dressé le portrait de la situation du français au Québec, à l’aube du 40e anniversaire de la Charte de la langue française (loi 101), le 26 août prochain. Il a rappelé l’importance de cette loi qui a permis de freiner le déclin du français. La CSN, et son ancêtre la CTCC, se sont toujours battues pour défendre le droit de travailler en français, un des aspects majeurs de la loi 101.

Malheureusement, ces dernières années, le français s’est remis à reculer. Au point où aujourd’hui, seulement 66 % des Québécoises et des Québécois travaillent généralement en français, soit un taux similaire à ce qu’il y avait avant l’adoption de la Charte. Dans le Grand Montréal, seulement 51 % utilisent surtout le français au travail ! Bref, après avoir réalisé de grands progrès, force est de reconnaître que la place du français est dorénavant en repli.

 

Bilinguisation des lieux de travail
Plusieurs exemples récents montrent que beaucoup de travail reste à faire. Par exemple, dans le cas des cols blancs de Gatineau, les tribunaux ont donné raison à la Ville qui souhaite rendre obligatoire la maîtrise de l’anglais pour l’obtention de certains postes (lien lettre ouverte). Voilà un précédent inquiétant ! La CSN, à l’instar de nombreuses organisations, réclame un renforcement de la Charte à cet égard.

Au Gouvernement du Québec, 75 % des interactions entre les organismes d’État et les personnes immigrantes qui n’ont pas le français comme langue maternelle se déroulent en anglais. Dans la santé et les services sociaux, de 2001 à 2006, la part du personnel soignant utilisant l’anglais au travail a augmenté de 15, 5 % !

En éducation et en enseignement supérieur aussi, la situation est préoccupante. Au primaire et au secondaire, un vide dans la loi permet la pratique des écoles dites passerelles, c’est-à-dire que des personnes qui ont les moyens d’incrire leurs enfants à l’école privée, en anglais, pour un certain temps, peuvent par la suite réclamer le droit à l’école publique en anglais.

Au collégial, la loi 101 se s’applique pas. De plus en plus nombreux sont les étudiantes et étudiants francophones ou allophones qui choisissent des études collégiales en anglais. À l’université aussi, les enjeux sont nombreux. Pensons à l’ouverture d’une faculté de médecine de famille en Outaouais en collaboration avec l’Université McGill.

« Défendre le français n’est pas un repli sur nous-mêmes. Au contraire, c’est favoriser l’inclusion et le vivre ensemble. Favoriser le français, c’est s’assurer de développer et enrichir les liens qui nous unissent, notamment en ce qui a trait à la vie syndicale », souligne-t-il.

 

Gouvernement Couillard : une attitude désinvolte

Josée Boileau

La première conférencière était Josée Boileau, qui fut éditorialiste au journal Le Devoir. Elle s’inquiète de ce qu’elle perçoit comme un désintérêt du gouvernement Couillard à l’égard de la langue. Elle rappelle notamment la déclaration malheureuse de Philippe Couillard en campagne électorale, en 2014, qui disait prôner l’apprentissage de l’anglais par les ouvriers pour qu’ils puissent dialoguer avec leur patron étranger…. De même, en visite officielle en Islande, il avait pris la parole en anglais seulement. De même, c’est en anglais qu’il a signé le livre d’or de la multinationale Siemens à l’occasion d’un voyage en Allemagne…

Elle pose la question centrale de l’intégration en milieu francophone des nouveaux arrivants, en dehors du cadre scolaire qui, globalement a fait ses preuves. Pas moins de 40 % des nouveaux arrivants ne parlent pas le français à leur arrivée au Québec. Et le gouvernement a choisi de relever le seuil d’immigration sans bonifier les programmes de francisation.

 

Par l’entremise du système scolaire, les enfants apprendront le français et de toute évidence, ils sont nombreux à avoir choisi de vivre en français parmi celles et ceux qui sont nés au Québec ou qui sont arrivés en bas âge. Mais qu’en est-il de leurs parents ? La plupart s’établissent à Montréal où seulement 25 % des PME demandent une connaissance du français à l’embauche, contre près de 40 % demandant une connaissance de l’anglais. Au final, la réalité c’est qu’il est fort possible de vivre et de travailler à Montréal toute sa vie sans connaître le français !

Pour Josée Boileau, ce constat et l’inaction du gouvernement sont alarmants non seulement pour l’avenir du français, mais plus largement pour toute notre culture et notre identité collective. Pour illustrer son propos, elle explique que lorsqu’elle était au Devoir, un jour, l’équipe s’est demandée comment faire davantage de place à des journalistes issus des communautés culturelles. C’est vers l’Université Concordia que Le Devoir dut se tourner. Ils y dénichèrent d’excellentes recrues, des gens compétents, maîtrisant le français à la perfection… mais qui ignoraient complètement qui était Julie Snyder. Bref, ils ignoraient tout de la culture québécoise.

Or, si le fait d’être entourés d’anglais a motivé nos gouvernements, dans les années 70, à s’occuper de la protection de la langue française, c’est d’autant plus d’actualité aujourd’hui avec l’omniprésence d’Internet et des nouvelles technologies de l’information. Même au niveau économique, le français est une force, rappelle-t-elle finalement : le secteur de la traduction à lui seul, pèse pour 2,5 milliards de dollars dans notre économie.

 

Le bon « perlé »
De son côté, la professeure de l’Université de Sherbrooke, Nadine Vincent, s’est attaquée à la qualité du français, surtout du français parlé, au Québec. Remontant jusqu’aux premiers jours de la colonie, elle a bien montré que le débat entre « français québécois » et « français international » n’est pas nouveau.

Nadine Vincent

Les origines de ce caractère distinct remontent à la Conquête par les Britanniques qui mit les Canadiens français sous une cloche de verre, coupant nos ancêtres de tout contact avec la France. Un siècle plus tard, lorsque les contacts reprennent, on se rend compte que le français parlé au Canada se distingue déjà fortement de celui parlé en France. Les Canadiens français parlaient encore la langue des rois, alors qu’à l’issue de la Révolution, les Français parlaient la langue du peuple

Bien que conquis, les Canadiens français sont fortement majoritaires sur le territoire et n’ont pas conscience que leur langue puisse être menacée, même si, pour communiquer avec les conquérants, ils doivent parler anglais. Dans la foulée de la Rébellion des patriotes, Londres dépêche Lord Durham qui, pour ramener la paix dans la colonie, propose d’amener la « civilisation » aux Canadiens français en prônant l’assimilation.

L’anglais gagne du terrain. À la fondation du Canada, les Canadiens français sont dorénavant minoritaires dans leur pays. Vers la fin du 19e siècle, on vit une véritable anglophilie, les parents cherchent à envoyer leurs enfants à l’école anglaise. On vit une immense insécurité linguistique. La connaissance du français n’est plus vue comme suffisante pour réussir dans la vie, d’autant plus que « notre français » n’a pas la même valeur que le « vrai français international ». C’est à cette époque que des intellectuels, dans la presse, commencent à plaider pour l’abandon de tous les termes qui ne font par patie du « français international », causes selon eux de la perte de vitesse du français au Canada. D’autres, au contraire, plaident pour la spécificité canadienne.

Bref, souligne Nadine Vincent, déjà à cette époque, c’est un débat qui oppose des lettrés à d’autres lettrés ! Ce débat revient épisodiquement de nos jours, par exemple, lorsqu’un réalisateur québécois produit un film en langue étrangère…

La trame demeure la même : il y aurait une hiérarchie des langues ; la nôtre serait située entre un « français international » théorique et des langues « repoussoirs », que ce soit les langues autochtones ou, aujourd’hui, le français parlé en Acadie ou le créole. Évidemment, cette perspective n’est pas partagée par toutes et tous, au premier chef les Acadiens qui ont réalisé beaucoup de progrès collectifs sur cette question dans les dernières décennies.

La linguiste termine en se demandant si c’est la vivacité de la langue qui sauve la patrie ou si c’est la patrie qui sauve la langue…

 

La langue française, outil de prévention et de socialisation

En après-midi, trois invités composaient une table ronde sur la maîtrise de la langue.

Pour Sylvie Gravel, professeure en sciences de la gestion de l’UQAM et spécialiste de la santé publique, le français est un enjeu de santé et de sécurité au travail. Comment assurer la prévention en milieu de travail et faire en sorte que chaque travailleur connaisse ses droits lorsqu’il ne comprend pas la langue utilisée dans les formations ou pour des affiches de prévention ? S’ajoute à cette difficulté la perception chez plusieurs immigrantes et immigrants que leur emploi n’est que temporaire et qu’il n’est pas utile de s’impliquer par exemple dans les programmes paritaires. Ces problèmes sont répandus alors que dans de nombreuses PME, particulièrement à Montréal, plus de la moitié des travailleuses et travailleurs n’ont pas le français pour langue maternelle. Un esprit communautaire se crée autour d’eux, ils ont l’impression d’être en famille, ce qui fait que même s’ils connaissent les recours possibles, ils hésiteront à les prendre. Même en cas, par exemple, de lésion professionnelle.

Il y a plusieurs solutions à la portée de ces entreprises. La CNESST peut aider lorsqu’il s’agit de bien comprendre un programme comme l’assignation temporaire.

Dans certaines entreprises où on retrouve plusieurs employé-es parlant une même langue autre que le français, on a confié à des gens parlant parfaitement français un rôle accru afin de s’assurer que tout le personnel comprenne bien les consignes de sécurité. Des subventions sont également disponibles pour faire de la formation. Sylvie Gravel souligne que les patrons et les cadres devraient aussi profiter de ces formations. Il faut que les formations soient données en milieu de travail et ouvertes au plus grand nombre.

En ce qui a trait aux travailleurs étrangers temporaires, le défi de la francisation est plus grand car la plupart de ces personnes n’entendent pas rester longtemps au pays. En général, ces entreprises se concentrent sur celles et ceux qui reviennent année après année.

Chez les travailleuses et les travailleurs d’agences, toutefois, ce sont les agences et non les employeurs qui sont imputables. Ces travailleuses et ces travailleurs ont beaucoup moins accès aux programmes de francisation et de prévention.

Globalement, l’accès à des programmes de francisation devrait être élargi car il permet non seulement d’améliorer les performances en prévention, mais aussi d’améliorer l’employabilité de ces personnes. Enfin, les instances en santé et sécurité devraient se montrer plus proactives à l’égard des travailleuses et des travailleurs précaires.

Pour le sociologue Paul Bélanger, les difficultés des adultes à lire et à écrire doivent être prises au sérieux, et pas seulement en ce qui a trait à la formation. Bien que le Québec compte plus de 800 000 analphabètes fonctionnels – c’est-à-dire des personnes adultes qui seraient incapables de lire le présent article – personne ne se définit ainsi. Ces personnes ont pour la plupart appris à lire et à écrire à l’école mais, souligne M. Bélanger, nos communications se sont lourdement complexifiées avec les années, demandant de développer des compétences nouvelles qu’elles n’ont pas développées. Selon lui, une bonne part de la faute revient aux personnes qui émettent les messages et qui échouent à le rendre compréhensible. « On voit le docteur 3 minutes et on ressort avec 3 feuilles écrites en caractères minuscules sur les médicaments qu’on nous prescrit, elle est là, l’iniquité ».

Il prône deux pistes d’action. D’abord utiliser un langage plus simple en santé et sécurité comme pour les formations techniques. En plus de cours de francisation aux employé-es, Paul Bélanger souhaiterait davantage de formation en communication pour ceux qui s’occupent, par exemple, de santé et de sécurité au travail afin qu’ils soient mieux en mesure d’être compris.

En parallèle, il plaide pour une revigoration des compétences des salarié-es. Il considère que des cours en alphabétisation sont voués à l’échec car les gens ne voudront pas s’y inscrire. Il propose d’aborder l’enjeu autrement en offrant, par exemple des formations sur les nouvelles technologies de communication écrite, ce qui permettra une amélioration globale des compétences, y compris en lecture et en écriture.

Quant à elle, Rama Diallo, une militante syndicale du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau, a livré une perspective plus personnelle sur l’importance du français comme langue de travail dans son milieu.

D’abord, elle souligne à quel point le fait de parler la même langue, de tous se comprendre, permet de combattre l’isolement. Cela a un impact positif sur toute la vie professionnelle, comme sur les relations de travail à l’interne. Parler la même langue, cela assure une meilleure cohésion de groupe et cela fait aussi en sorte que les travailleuses et les travailleurs sont mieux en mesure de connaître – et de défendre – leurs droits.

Dans le travail syndical, la maîtrise du français est incontournable, ne serait-ce que pour pouvoir interpréter et défendre la convention collective ! L’accès à des cours de francisation va par ailleurs aider les nouveaux arrivants dans leur vie quotidienne : ils pourront par exemple mieux soutenir leurs enfants dans la réalisation de leurs devoirs. Pour que cela soit possible, note Rama Diallo, il faut prévoir des cours de francisation, sur le milieu de travail et sur les heures de travail. Les participantes et les participants doivent être rémunérés durant ces cours, sinon ils ne les suivront pas.

 

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Non à une privatisation de l’immigration et à l’abandon de la francisation https://www.csn.qc.ca/actualites/non-a-une-privatisation-de-limmigration-et-a-labandon-de-la-francisation/ Wed, 10 Feb 2016 10:00:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/non-a-une-privatisation-de-limmigration-et-a-labandon-de-la-francisation/ La Confédération des syndicats nationaux (CSN) fait part de ses nombreuses réserves et vives inquiétudes face au projet de loi 77 qui vise à remplacer l’actuelle Loi sur l’immigration au Québec, et s’insurge contre la privatisation de l’immigration et l’abandon de la francisation.

Dans un mémoire de 24 pages déposé en fin d’après-midi aujourd’hui (10 février, 17h) à la Commission des relations avec les citoyens, la CSN y va de 23 recommandations afin d’assurer aux Québécoises et aux Québécois une loi de l’immigration équitable tant au plan social qu’économique.

D’abord, le projet de loi 77 semble vouloir laisser bien peu de place à la francisation des nouveaux arrivants. L’article 58 mentionne l’obligation pour le ministre d’élaborer des programmes d’accueil et de francisation, alors que la loi actuelle dit que le ministre doit dispenser et assumer les services d’intégration linguistique. Il y a un net recul à ce chapitre et c’est inexplicable quand on sait qu’actuellement 20 % des immigrants ne parlent pas un mot de français.

« On assiste à une véritable hécatombe au niveau de la francisation des immigrants. Les libéraux coupent inlassablement dans les programmes de francisation des immigrants. Le gouvernement rêve en couleur s’il croit que les immigrants vont apprendre le français sans soutien, notamment dans les milieux de travail. Certains d’entre eux sont ici depuis 20 ou 30 ans et ne parlent toujours pas la langue officielle du Québec. C’est alarmant et surtout inacceptable. Cela démontre aussi que la Charte de la langue française n’est pas rigoureusement appliquée au Québec. Comment expliquer autrement qu’on puisse y travailler et faire affaire avec l’administration publique sans connaître un mot de francais ? », lance avec conviction Jean Lortie, secrétaire général de la CSN. Il est également inquiétant de constater le peu de place qu’occupe l’intégration des immigrants à la société québécoise dans le projet de loi 77. Seulement deux articles en parlent, et de façon très vague. Or, il est de notre avis que pour connaître du succès, une politique de l’immigration doit assurer l’intégration des nouveaux arrivants. Cette réussite doit immanquablement passer par l’apprentissage et l’utilisation de la langue française, la reconnaissance des acquis et diplômes et la lutte à la discrimination.

Privatisation de l’immigration

Dans ce projet de loi, le gouvernement semble prioriser la seule prospérité économique au détriment de toute autre considération. Ainsi, les immigrants seraient sélectionnés en fonction des seuls besoins de main-d’œuvre des employeurs, une façon de faire qui occulte complètement l’enrichissement du patrimoine socioculturel du Québec.

« Voir l’immigration uniquement comme un système de recrutement de main-d’œuvre est une grave erreur. Il est vrai que l’immigration peut parfois permettre de répondre à des besoins précis d’entreprises, mais elle est beaucoup plus qu’un simple élément économique. Les besoins des entreprises et ceux de la société ne sont pas toujours compatibles », ajoute Jean Lortie.

Les statistiques tendent aussi à démontrer que l’arrimage entre immigration et besoins de main-d’œuvre est loin d’être la solution à tous les problèmes. Selon Statistique Canada, il y avait en 2014 au Québec, 8,2 chômeurs pour un poste vacant. Le manque de main-d’œuvre ne peut donc à lui seul guider la politique d’immigration.

Centralisation des pouvoirs

Autre élément inquiétant, le projet de loi 77 prévoit une centralisation excessive de pouvoirs entre les mains du ministre. En effet, des pans essentiels de la loi seront établis par règlement du gouvernement ou du ministre. « Cela signifie que le public ne pourra pas soumettre de commentaires préalablement à l’adoption de ces règlements. Une telle façon de faire est inacceptable et d’autant plus critiquable, qu’elle concerne l’immigration, un sujet névralgique pour la société québécoise tout entière. »

C’est sans compter que le projet de loi semble ouvrir la porte davantage à la main-d’œuvre temporaire. En effet, le gouvernement envisage la possibilité de mettre en œuvre des projets pilotes d’immigration temporaire d’une durée maximale de cinq ans.

« Quel est le but derrière ces projets pilotes ? questionne M. Lortie. Veut-on intensifier encore davantage l’utilisation de la main-d’œuvre étrangère temporaire ? Veut-on exploiter la misère et créer une caste de travailleurs et travailleuses jetables qu’on importe selon les besoins des entreprises et qu’on retourne chez eux quand on n’en a plus besoin ? On parle ici d’êtres humains et non de marchandise. »

Le gouvernement n’a par ailleurs rien prévu dans le projet de loi pour venir en aide aux femmes immigrantes qui ont souvent plus de difficultés à intégrer le marché du travail.

 

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Résolutions sur l’éducation de qualité, l’éducation de la petite enfance, l’éducation inclusive et sur l’utilisation des TIC en éducation https://www.csn.qc.ca/actualites/resolutions-sur-leducation-de-qualite-leducation-de-la-petite-enfance-leducation-inclusive-et-sur-lutilisation-des-tic-en-education/ Thu, 23 Jul 2015 09:23:53 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/resolutions-sur-leducation-de-qualite-leducation-de-la-petite-enfance-leducation-inclusive-et-sur-lutilisation-des-tic-en-education/ les déléguées et délégués participant au 7e Congrès mondial de l’Internationale de l’Éducation (IE) se pencheront sur les résolutions et documents politiques sur des questions considérées importantes par les éducatrices et éducateurs de partout au monde. Voici les questions qui seront abordées, relevant du thème «Droit à l’éducation de qualité, à l’équité et à l’apprentissage.”

  • Education de la petite enfance
  • Prise en charge des élèves en difficulté d’apprentissage
  • Droits des enfants et du personnel enseignant handicapés
  • Education équitable et inclusive
  • Les environnements d’enseignement et d’apprentissage de qualité
  • Définition de l’apprentissage
  • Promotion de l’enseignement et la formation professionnels – Qualifier les jeunes
  • Diversité linguistique
  • Direction des établissements scolaires
  • Les enseignantes et les enseignants en tant que leaders
  • Droit à l’éducation des enfants réfugiés et apatrides et l’éducation et les personnes déplacées
  • L’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation

Les médias sont invités à couvrir ces activités. Le mot clic est #unite4ed


Faits saillants – le jeudi 23 juillet

9 h à 12 h 30 Résolutions mentionnées ci-dessus (Hall Canada – Salles 1, 2 and 3) 14 h à 17 h 30 Séances parallèles en sous groupe sur la qualité des fonctions de direction, les conditions d’emploi de qualités, une réponse mondiale à la privatisation et à la commercialisation de l’éducation, sûreté et sécurité dans les établissements scolaires, le personnel de soutien à l’éducation, etc (Salles 209, 210, 211, 212 and 214) 18 h à 19 h Présentation du livre: Flip the System(Salle de bal Trillium)


Détails

Quoi : Congrès mondial de l’IE Qui : 2 000 personnes déléguées, observatrices et invitées Quand : Du 21 au 26 juillet Où : Centre Shaw, 55, promenade Colonel By, Ottawa Calendrier des événements EI Site Web du Congrès de l’IE

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Le gouvernement Couillard doit cesser sa bilinguisation de la société québécoise https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-couillard-doit-cesser-sa-bilinguisation-de-la-societe-quebecoise/ Wed, 20 May 2015 16:48:09 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/le-gouvernement-couillard-doit-cesser-sa-bilinguisation-de-la-societe-quebecoise/ Plus de 120 militantes et militants de tous les milieux professionnels et de tous les secteurs de la CSN se sont réunis à l’occasion de la Journée de la francisation qui se déroulait sur le thème ironique Couper dans la langue, #OMG ! – Fiers de travailler en français. Leur objectif : freiner l’anglicisation des milieux de travail et favoriser l’usage de la langue française pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois.

« Philippe Couillard affirmait en campagne électorale que tous les travailleurs devraient apprendre l’anglais, rappelle le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie. Avec les compressions de 1,6 million auxquelles il a soumis en seulement deux ans plusieurs organisations qui œuvrent à l’application de la Charte de la langue française, on prend aujourd’hui l’exacte mesure de la place toujours réduite qu’il veut accorder au fait français au Québec. »

Jean Lortie souligne avec inquiétude la présence grandissante de l’anglais au sein de l’administration publique et dans les milieux de travail, y compris dans le secteur public. « En santé, par exemple, on constate que de grands efforts financiers sont fournis pour offrir autant de services que possible en anglais. On envoie ainsi le signal qu’il est maintenant très facile d’obtenir les services dans les deux langues et que c’est le droit de chacun de pouvoir obtenir des réponses en anglais. On sous-entend aussi que les travailleuses et travailleurs ont désormais l’obligation de savoir parler anglais dans leur milieu de travail », déplore-t-il.

Valoriser le français

Le gouvernement doit absolument adopter des moyens plus efficaces pour permettre aux immigrants de mieux s’intégrer à la société québécoise. Selon la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain – CSN, Dominique Daigneault, une formation adéquate visant à faire du français la langue commune au travail constitue l’un de ces moyens et devrait être incluse dans la politique d’immigration qu’il s’apprête à déposer.

« Le gouvernement doit mettre en place des mesures qui faciliteront l’apprentissage du français, explique-t-elle. Les efforts des libéraux pour rendre bilingue le système devraient plutôt être orientés vers la formation des immigrants et immigrantes en français, ce qui leur permettrait notamment de vivre une intégration au marché du travail plus facile. Il ne faut jamais oublier que l’usage du français comme langue commune favorise la construction de la solidarité entre les travailleuses et travailleurs. »

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Et les prix sont remis à… https://www.csn.qc.ca/actualites/et-les-prix-sont-remis-a/ Tue, 31 Mar 2015 11:15:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/et-les-prix-sont-remis-a/ Lors de la Soirée des Mérites et des prix Francopub du 26 mars 2015, l’Office québécois de la langue française a récompensé des personnalités et des organisations pour leurs réalisations en matière de promotion et d’usage du français au travail et dans le commerce, dans les technologies de l’information, en publicité, en toponymie et dans la culture.

Les Mérites du français dans la catégorie travail et commerce ont été remis à :

Entreprise de moins de 50 employés : Likuid Communications

Entreprise ou organisation de 50 à 99 employés : Table sectorielle de l’automobile de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

Entreprise d’au moins 100 employés : TELUS

Comité de francisation : Bell – Mention Coup de cœur au comité de Bitumar inc.

Entreprise internationale : Allstate du Canada, compagnie d’assurance Pour plus d’information : http://www.francofete.qc.ca/

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On vous attend https://www.csn.qc.ca/actualites/on-vous-attend/ Tue, 31 Mar 2015 10:32:01 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/on-vous-attend/ Cette année encore, la CSN invite ses membres à participer à la Rencontre annuelle sur la francisation en milieu de travail qui aura lieu le 20 mai prochain à l’hôtel Gouverneur Place Dupuis (Montréal).

Malheureusement, la présence de la langue française ne cesse de diminuer sur les lieux de travail québécois. Selon les données de l’Office québécois de la langue française, la proportion de personnes travaillant généralement en français a considé­ra­blement diminué au cours des dernières années passant de 73 % à 66 % entre 1989 et 2010, soit un taux similaire à ce qui existait avant l’adoption de la Charte de la langue française.

Dans le Grand Montréal, cette proportion est passée de 56 % en 1989 à 51 % en 2010. Cette situation ne peut que s’enliser alors que l’hystérique politique d’austérité génère un lot de coupes aux organismes de francisation et de défense de la langue française. La promotion et la défense du droit de travailler en français sont donc toujours, et même plus que jamais, nécessaires. La CSN espère que cette journée vous permettra d’être fiers de travailler en français.

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La CSN prône une meilleure intégration des immigrants https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-prone-une-meilleure-integration-des-immigrants/ Fri, 30 Jan 2015 08:05:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/la-csn-prone-une-meilleure-integration-des-immigrants/ La langue française, une intégration améliorée et l’élimination des discriminations doivent être au cœur de la nouvelle politique québécoise en matière d’immigration croit la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui a déposé le 29 janvier un mémoire à ce sujet devant la Commission des relations avec les citoyens.

Selon la CSN, les nouveaux arrivants sont une richesse à bien des égards et il est du devoir du gouvernement d’adopter une politique d’immigration qui va au-delà de l’objectif de croissance économique par « l’importation » de travailleurs. La politique doit assurer l’intégration harmonieuse des personnes accueillies, et ce, dans une société francophone et moderne où l’égalité de toutes et de tous est garantie légalement.

« On sait que les nouveaux arrivants éprouvent des difficultés à faire reconnaître leurs diplômes et leurs expériences professionnelles. Les démarches et les frais engagés pour régler ce genre de situation découragent bien des immigrants. C’est sans compter que les employeurs exigent souvent d’eux qu’ils aient une expérience de travail au Canada. Le résultat est que bon nombre d’immigrants n’auront d’autres choix que de se contenter d’un emploi moins qualifié qui ne correspond pas à leurs aspirations », précise Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

En effet, selon une étude de 2010 du ministère de l’Immigration, plus de 56 % des personnes immigrantes détenant un diplôme universitaire étaient surqualifiées pour leur emploi.

Une vision plus humaine de l’immigration

L’économie ne doit pas être le seul critère sur lequel le gouvernement s’appuie pour adopter sa politique. L’immigration doit s’inscrire dans une vision plus large incluant nos valeurs sociales et humaines.

L’intégration des immigrants doit donc comprendre non seulement l’apprentissage du français, mais également celui de l’histoire, de la culture et des institutions.

La politique d’immigration qui sera élaborée doit assurer le respect des droits de la personne et tenter d’éliminer toute discrimination dont sont victimes les nouveaux arrivants. À cet égard, la nouvelle politique devra s’attaquer au problème de l’utilisation grandissante des travailleurs migrants temporaires qui sont employés pour combler des besoins ponctuels avant d’être renvoyés chez eux. Cette main-d’œuvre a aussi droit à des conditions de travail décentes et à des salaires équitables.

La situation des femmes immigrantes doit également être au cœur des préoccupations du Ministère dans l’élaboration de sa politique. Ces dernières font face à diverses formes de discrimination incluant celle liée au sexe.

« Leurs conditions de vie (logement, nourriture, intimité) sont souvent médiocres. Peu d’enquêtes sont menées pour vérifier le respect, par les employeurs, des législations du travail […] Les travailleuses domestiques sont, en outre, exclues de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles et du régime de santé-sécurité », peut-on lire dans le mémoire.

L’apprentissage du français

Il est aussi de l’avis de la CSN qu’il faut allouer des ressources financières plus importantes à l’apprentissage de la langue française et offrir des cours de francisation de base d’une durée suffisante à tous les immigrants et à leur famille afin qu’ils puissent rapidement s’intégrer en français dans notre société.

Les immigrants doivent aussi faire face à un milieu du travail où l’on exige de plus en plus la connaissance de la langue anglaise. Le défi est donc double pour ces nouveaux arrivants, une situation que déplore la Confédération. Il est essentiel que l’Office québécois de la langue française (OQLF) ait la pleine capacité de remplir ses mandats, notamment de s’assurer du respect du droit de travailler en français au Québec.

Le projet de politique d’immigration préconise « une vision porteuse d’un projet collectif rassembleur pour l’ensemble de la société ». De belles paroles qui viennent toutefois en contradiction avec les dernières décisions du gouvernement libéral. « Le seul projet que semble entretenir le gouvernement est celui du démantèlement du modèle social québécois, un modèle fondé sur l’égalité des chances, la solidarité et la protection sociale. L’austérité n’est pas un projet de société. Pour mettre en œuvre la nouvelle politique d’immigration, des ressources importantes devront être investies sans quoi cette politique ne sera qu’un vœu pieux », conclut Jean Lortie.

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Les syndicats CSN rectifient le tir https://www.csn.qc.ca/actualites/les-syndicats-csn-rectifient-le-tir/ Thu, 20 Nov 2014 08:40:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/les-syndicats-csn-rectifient-le-tir/ Les syndicats CSN du chantier naval de la Davie tiennent à rectifier le tir quant une prétendue inaction syndicale concernant l’anglicisation des communications entre la direction anglophone et les travailleurs syndiqués de l’usine.

« Il est complètement faux de dire que le syndicat n’a rien fait pour contrecarrer la situation, souligne le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc. (CSN), Gaétan Sergerie. Depuis plus d’un an, des actions ont été entreprises pour endiguer le problème. Les membres d’un comité réunissant les quatre syndicats de la compagnie se rencontrent d’ailleurs toutes les semaines à ce sujet », ajoute-t-il.

« Il aurait été intéressant que l’auteur de la plainte s’adresse à son syndicat au sujet de ses appréhensions, ajoute pour sa part le président du Syndicat des employés du corps de sécurité de Davie (CSN), Pierre Fortier. Il aurait constaté que nous avions pris tous les moyens nécessaires en fonction de la situation existante. »

Un plan de francisation dont l’application est progressive a d’ailleurs été mis en place au sein de l’entreprise. « Le gouvernement supervise la mise en œuvre de ce plan, qui est déjà entamée par des actions visibles et concrètes. L’employeur a jusqu’en 2015 pour s’y conformer », souligne le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Alain Lampron.

Rappelons que la CSN défend résolument le droit de travailler en français dans les entreprises au Québec. Elle prône notamment le renforcement des comités de francisation dans les entreprises et l’élargissement du rôle de l’Office québécois de la langue française afin qu’il puisse être plus proactif auprès de toutes les PME.

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Insatisfaite de la décision de la Cour supérieure, la CSN réclame l’intervention du gouvernement https://www.csn.qc.ca/actualites/insatisfaite-de-la-decision-de-la-cour-superieure-la-csn-reclame-lintervention-du-gouvernement/ Sun, 13 Apr 2014 08:38:52 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/insatisfaite-de-la-decision-de-la-cour-superieure-la-csn-reclame-lintervention-du-gouvernement/ La CSN déplore la décision que la Cour supérieure du Québec vient de rendre concernant l’affichage de marques de commerce en anglais et appelle le nouveau gouvernement libéral à prendre ses responsabilités à cet égard.

« Depuis plusieurs années, des commerçants enregistrent leur marque de commerce en anglais auprès de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada, faisant ainsi échec à la loi 101. Qu’en pense Philippe Couillard ? », a questionné le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Motif de la décision

La Cour supérieure est sans équivoque. Conformément au Règlement sur la langue de commerce et des affaires, l’affichage d’une marque de commerce dans une autre langue que le français est autorisé, en particulier sur des enseignes de magasin lorsqu’il n’existe aucune version française déposée de la marque en question.

Il n’est donc pas de sa responsabilité de modifier des textes législatifs et réglementaires qui sont clairs et de contredire l’interprétation qui en a été faite au cours des 20 dernières années. Selon elle, il revient plutôt au législateur québécois de montrer la voie s’il estime que le visage linguistique du Québec souffre de la multiplication des marques de commerce anglaises dans l’affichage public et la publicité commerciale. « Ce choix relève de la fonction politique et non du pouvoir judiciaire », peut-on d’ailleurs lire dans le jugement.

Responsabilité du gouvernement

« Durant la campagne électorale, Philippe Couillard a fait preuve d’insensibilité face à la question de la langue française, a rappelé Jacques Létourneau. Dans le discours qui a suivi l’élection de son gouvernement, il s’est un peu rattrapé en promettant de veiller avec « force et passion » à l’épanouissement de la seule société à majorité francophone en Amérique du Nord. Je l’invite donc à joindre la parole aux actes et à prendre les solutions politiques qui s’imposent pour que la loi 101 soit respectée au Québec », a-t-il insisté.

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Des ajouts bénéfiques, mais… https://www.csn.qc.ca/actualites/des-ajouts-benefiques-mais/ Wed, 30 Oct 2013 14:54:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/des-ajouts-benefiques-mais/ Pour la CSN, les mesures de solidarité sociale annoncées aujourd’hui par le gouvernement, pour venir en aide aux plus mal pris de notre société, ne peuvent qu’être bénéfiques, mais les représentants de la centrale considèrent que nous avons l’obligation de trouver des solutions à long terme pour parvenir à de meilleurs résultats.

La CSN apprécie particulièrement les efforts qui seront faits pour franciser et intégrer les immigrants au marché du travail et la volonté du gouvernement de déposer un projet de loi concernant l’encadrement des conditions de travail des travailleuses domestiques ainsi que des mesures portant sur l’encadrement des agences de placement temporaire. « Nous mettons en avant de nombreuses revendications sur ces sujets depuis plusieurs années ; entre autres l’intégration des immigrants dans les milieux de travail et l’accessibilité pour tous à des conditions de travail décentes », de rappeler Jacques Létourneau, président de la CSN.

« Nous sommes fort heureux d’entendre que désormais tout projet mis en avant par le gouvernement devra être empreint de sa vision de la solidarité et qu’une meilleure coordination interministérielle sera assurée. L’intention est plus que louable et nous soutenons une telle vision. Mais, au-delà des intentions, c’est dans l’action que nous jugerons la conduite du gouvernement en cette matière », d’affirmer Jacques Létourneau.

De même, toute annonce bonifiant l’offre en service de garde comme les haltes-garderies communautaires et le soutien pour l’intégration des enfants handicapés en service de garde constitue une bonne nouvelle pour les parents.

Ceci dit, si la bonification de l’aide financière aux personnes seules qui sont prestataires de l’aide sociale contribuera à améliorer leurs conditions de vie, elle demeure nettement insuffisante pour les sortir de la pauvreté. À cet égard, la CSN déplore que le plan d’action du gouvernement annoncé aujourd’hui ne comporte pas une série de mesures visant à éradiquer la pauvreté, notamment une hausse substantielle du salaire minimum.

Par ailleurs, si la CSN a toujours soutenu la mission des organismes communautaires, elle réitère qu’il est primordial que l’État maintienne l’équilibre qui existe actuellement entre ces organismes et les services publics dans la prestation de services. « Les organismes communautaires ont effectivement besoin de plus de soutien de la part du gouvernement pour accomplir leur mission et aussi pour assurer à celles et à ceux qui y œuvrent des conditions de travail décentes. Mais l’ajout de ressources financières ne peut servir à détourner des services dispensés par le secteur public vers le secteur communautaire, comme semble vouloir le faire le ministre Hébert avec son assurance autonomie », de mettre en garde le président de la CSN.

Rien dans l’annonce d’aujourd’hui n’indique comment le gouvernement entend financer ces mesures. « Il va sans dire que tant qu’il dit maintenir sa cible concernant le déficit zéro, cela signifie qu’il devra procéder à de nouvelles coupes pour soutenir son plan. Jamais nous n’accepterons qu’il emprunte cette voie. Se pose donc la question du financement de nos politiques sociales. Nous revenons donc à ce que nous demandions lors du premier budget de ce gouvernement, soit que le Québec se donne les outils pour accroître ses revenus et assurer une plus grande progressivité du système fiscal, avec l’objectif de se doter d’un régime fiscal qui assure convenablement le financement de nos services publics et de nos programmes sociaux. Le gouvernement devrait convier la société québécoise à un large débat sur la fiscalité et les finalités de celle-ci. Ces questions sont d’ailleurs abordées dans la campagne automnale que la CSN mène dans toutes les régions du Québec sur le thème Et si on avançait, le progrès social dépend de nous », de conclure Jacques Létourneau.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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Trente personnalités signent une déclaration Le MMF organise une manifestation dimanche https://www.csn.qc.ca/actualites/trente-personnalites-signent-une-declaration-le-mmf-organise-une-manifestation-dimanche/ Wed, 23 Aug 2006 04:00:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/insere-la-date-et-le-titre-du-communique-6/ À l’occasion du 30e anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 30 personnalités, dont la présidente de la CSN, signent la déclaration du Mouvement Montréal français en faveur de l’application rigoureuse et du renforcement de la Loi 101.

Le sociologue Guy Rocher, qui fut président du comité de rédaction de la Charte de la langue française, Jean Dorion, président de la SSJBM, Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, et Mario Beaulieu, président du Mouvement Montréal français, ont lancé une invitation à la population à descendre dans la rue à l’occasion du trentième anniversaire de la Loi 101, le dimanche 26 août. Cet événement débutera par une marche populaire dont le départ se fera à 13 h devant la station de métro Mont-Royal et se terminera par un rassemblement au parc à l’angle des rues Sherbrooke et Saint-Urbain.

Voici le texte de la déclaration et la liste des signataires

Trentième anniversaire de la Charte de la langue française Les plus beaux fruits sont à venir : faire du français la langue publique commune

Il y aura trente ans ce 26 août, le Québec ouvrait un nouveau chapitre de son histoire en adoptant la Loi 101. Ce fut un coup d’audace formidable dont les effets se firent sentir immédiatement. La langue française se voyait enfin reconnaître la place qui lui revient. La force de la loi révélait le peuple à lui-même. Cette charge symbolique eut un impact considérable sur notre société : celui de donner enfin à la majorité sa légitimité nationale.

L’affirmation du français comme langue officielle, langue commune, langue du travail, langue des échanges et du rayonnement, trait caractéristique et fondateur de la nation et porteur de son avenir, voilà le geste et la volonté que nous célébrons aujourd’hui.

En normalisant la place du français dans ses institutions, la société québécoise s’en retrouvait radicalement transformée, et la nation mise en mouvement : telle aura été la grande intuition de Camille Laurin. C’est par rapport à cette expérience fondatrice plus qu’aux diverses mesures concrètes prévues qu’il faut d’abord mesurer le chemin parcouru. Car si des progrès ont été réalisés, il faut bien constater qu’ils ne l’auront jamais été dans la quiétude sereine d’une quelconque pax canadiana. Dès son origine, des forces ont été mises à l’oeuvre pour la dénaturer et la faire dévier de sa trajectoire. Aussitôt déposée devant l’Assemblée nationale, la loi qui devait faire du français la seule langue officielle du Québec a été mise à l’épreuve par ceux qui ne cesseront jamais de la contester.

La francisation du Québec, objectif de la Charte de la langue française, n’est pas complétée, loin s’en faut; surtout à Montréal, où des progrès ont certes été réalisés, mais où dans plusieurs domaines, le français plafonne quand il ne régresse pas. Les organismes responsables d’appliquer la Charte ont des moyens diminués. La politique linguistique des services gouvernementaux est largement bafouée. En 2002, la Loi 104 rétablissait l’usage exclusif de la langue officielle dans les communications écrites de l’Administration avec les autres gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec. Cet article 16 de la Charte, officiellement réinstauré, n’a toujours pas été mis en vigueur.

La majorité des allophones de Montréal et des anglophones de tout le Québec travaillent principalement en anglais. Dans les foyers, la majorité des transferts linguistiques se font toujours vers cette langue, contribuant de la sorte à accélérer notre minorisation en réduisant notre poids démographique. Plus de la moitié des jeunes allophones choisissent de fréquenter le cégep anglais. Le bilinguisme recolonise les institutions publiques.

Montréal, notre métropole, laisse voir chaque jour davantage les signes d’une aliénation qu’on croyait vaincue dans la langue des services ainsi que dans le fonctionnement et l’organisation des institutions. Le paysage commercial se défrancise à mesure que la mondialisation sert de prétexte à l’anglicisation des raisons sociales. La langue publique commune est celle qui permet aux gens de différentes langues maternelles de communiquer entre eux. C’est donc dans les régions linguistiquement mixtes et surtout dans la région montréalaise qu’on peut constater si le français est la langue commune au Québec.

Les dispositions linguistiques de la Loi 101 ont été érodées au point où il faudrait désormais réanimer cette loi fondatrice, la raccorder à ses intentions premières. Car ce qu’il reste de cette loi motive un sentiment trompeur de sécurité. La fierté que nous tirons de ce qu’elle a déjà été ne doit pas empêcher de constater ce qu’elle n’est plus.

Il faut une nouvelle Loi 101 dont les dispositions permettront de mieux accorder la francisation avec les diverses fonctions d’intégration des institutions publiques.

Il faut une Loi 101 restaurée pour que le Québec se dote d’un ordre institutionnel cohérent. Cela est particulièrement névralgique dans le système de santé montréalais et dans les établissements d’enseignement supérieur présentement fondés sur une logique de développement séparé. Si le français est la langue officielle du Québec, il doit être la langue de toutes les institutions nationales, et celles-ci doivent être pensées pour soutenir et confirmer le statut de la langue française comme langue normale du fonctionnement des institutions et de l’intégration sociale. Cela n’exclut rien quant au respect de la minorité anglophone.

Le Québec se trouve de plus en plus radicalement confronté à des choix exigeants. L’ordre du monde bouge vite et nous sommes condamnés à agir avec une cohérence et une cohésion exemplaires, sans quoi nous risquons d’être emportés par des forces qui nous réduiront à l’insignifiance. La loi 101, nous en sommes assez fiers pour la célébrer. Et assez conscients de ce qu’elle nous a révélé de nous-mêmes pour appeler à sa restauration. Les plus beaux fruits de la Charte de la langue française sont encore à venir.

Les trente signataires de cette déclaration sont :

1-Mario Beaulieu (président, Mouvement Montréal français), 2-Yves Beauchemin (écrivain), 3-Rachid Bandou (membre de l’association Amitié Québec-Kabylie), 4-Victor-Lévy Beaulieu (écrivain), 5-Henri Brun (professeur émérite en droit constitutionnel), 6-Paul Cairoli (travailleur social), 7-Claudette Carbonneau (présidente, Confédération des syndicats nationaux), 8-Pierre Curzi (député du Parti Québécois, critique en matière de culture et communications), 9-Robert Dean (ancien Ministre du revenu), 10-Jean Dorion (président, Société St-Jean-Baptiste de Montréal), 11-Pierre Dubuc (directeur, L’Aut’ journal), 12-Gilles Duceppe (chef et député du Bloc Québécois), 13- Andrée Ferretti (écrivaine), 14- François Gauthier (président, Forum francophone international), 15-Jean-Claude Germain (auteur), 16-Robert Laplante (directeur, Action nationale), 17-Louise Laurin (porte-parole, Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire), 18-Denis Lazure (ancien Ministre des Affaires sociales), 19-Raymond Legault (président, Union des artistes), 20-Jean-Marc Léger (ancien directeur de l’Office québécois de la langue française), 21-Sylvie Léonard (actrice), 22-Luck Mervil (auteur-compositeur-interprète), 23-Jacques-Yvan Morin (ancien Ministre de l’Education), 24-Maria Mourani (député du Bloc Québécois), 25-Réjean Parent (président, Centrale des syndicats du Québec), 26-Jean-Paul Perreault (président, Impératif français), 27-Luc Picard (acteur), 28-Guy Rocher (professeur de sociologie et chercheur au Centre de recherche en droit public), 29-René Roy (secrétaire général, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec), 30-Marcel Tessier (historien) et plusieurs autres .


Source : MMF – 23 août 2006

Pour renseignements : Sophie Beaupré, (514) 835-6319, (514) 839-4140, permanence@montrealfrancais.org

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