Logement – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Tue, 21 Nov 2023 22:28:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Logement – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 La ministre Freeland n’en fait pas assez pour contrer la hausse du coût de la vie https://www.csn.qc.ca/actualites/la-ministre-freeland-nen-fait-pas-assez-pour-contrer-la-hausse-du-cout-de-la-vie/ Tue, 21 Nov 2023 22:28:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=93142 Malgré différentes nouvelles annonces dans son énoncé économique d’aujourd’hui, la ministre Freeland n’en fait pas encore assez pour juguler la crise du logement quand on sait qu’il manque quelque 3,5 millions d’unités d’ici 2030 pour répondre à la demande dans le secteur résidentiel canadien. Or, on sait que l’inflation est plus élevée sur les loyers que sur l’ensemble des dépenses des ménages. Le logement représente par ailleurs 30 % et plus des dépenses du tiers des locataires au Canada. De 2015 à 2022, l’OCDE a calculé que le prix de l’habitation a progressé 43 % plus rapidement que les revenus au Canada ! L’étau se resserre !

« Il y a des pas dans la bonne direction, mais l’ampleur de la tâche pour régler la crise du logement est telle que nous aurions souhaité un plan encore plus vigoureux et qui se met en marche beaucoup plus rapidement, notamment au Québec », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN. Cette dernière rappelle que la hausse du coût pour se loger est rapide et que c’est celle qui fait le plus mal au budget d’une majorité des ménages. Or, il n’y a que 141 M$ d’argent frais pour 2024-2025 dans le volet logement !

Freeland appuie sur le frein

Le déficit budgétaire est encore maîtrisé par rapport au PIB et le Canada est dans la meilleure position des pays du G7 à cet égard. « Le resserrement budgétaire pour 2023-2024, avec seulement 0,8 % de hausse des dépenses de programmes, s’apparente de plus en plus à de l’austérité », insiste la présidente de la CSN.

Assurance-emploi

 L’ajout de quatre semaines de prestations additionnelles pour les travailleuses et les travailleurs saisonniers est une bonne chose, mais il en faudrait plus. « On demande toujours 15 semaines de plus pour les personnes qui travaillent dans les industries saisonnières et surtout, une solution permanente et une réforme globale du régime », indique Caroline Senneville.

Médias

La CSN salue la bonification du crédit d’impôt sur la masse salariale journalistique, mais souligne sa déception de voir les journalistes radio et télé exclus de la possibilité de bénéficier de ce crédit. L’organisation syndicale fait remarquer que les nombreuses pertes d’emplois, notamment en région, touchent l’ensemble des médias.

Assurance médicaments

La CSN rappelle par ailleurs que le gouvernement actuel s’est engagé à mettre en place un régime d’assurance médicaments universel. Elle souligne que le moment pour réaliser cette promesse aurait été le bon, car l’assurance médicaments donnerait un répit financier à la population et aux entreprises.

Environnement

Dans son dernier budget, la ministre Freeland voulait transformer l’économie canadienne pour la rendre plus propre. Force est de constater que l’abandon de la taxe carbone sur le mazout pour le chauffage n’envoie pas le bon signal. « La suspension de la taxe carbone est un mauvais signal et c’est incohérent avec la lutte aux changements climatiques. On aurait par ailleurs souhaité de nouveaux investissements en transport en commun », ajoute Caroline Senneville.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

 

]]>
Crise du logement : en quête de sens et de solutions https://www.csn.qc.ca/actualites/crise-du-logement-en-quete-de-sens-et-de-solutions/ Mon, 13 Nov 2023 02:38:54 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=92912 Longtemps négligée, la crise immobilière s’est finalement invitée dans le débat politique. Il était temps : en septembre 2023, le loyer moyen au Canada a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 2000 dollars.

Le 1er juillet, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a dénombré 490 ménages au Québec sans nouveau bail. Pour Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, ces chiffres ne sont que la partie émergée d’un archipel de la misère, sans « tous ceux et celles hébergés chez des proches, obligés de camper dans leur voiture ou dans un motel, en maison de transition, ni tous ceux et celles ne s’étant pas manifestés auprès d’un service d’aide ou en situation d’itinérance ». Et sans les millions de travailleurs pauvres, de jeunes, d’immigrants, d’aînés, de minorités, et/ou de familles monoparentales qui louent un logement trop cher, trop petit ou insalubre. Ailleurs au Canada, la situation est encore pire, et la crise immobilière se conjugue avec deux autres crises : celle des opioïdes et de la santé mentale.

Le phénomène n’est plus seulement à Montréal ou quelques grandes villes, il percole partout au Québec. Il est même devenu un frein au développement économique des régions puisqu’on peine à loger les travailleuses et les travailleurs nécessaires à certains nouveaux projets comme ceux de la filière batterie.

Tous coupables ou (presque) tous victimes ?

Le grand jeu du blâme politicien, de l’inversion accusatoire et des explications pseudo-économiques a fonctionné tout l’été. Toutes les contrevérités ont été dites sur cette crise : elle serait la faute des jeunes incapables de tenir un budget. La faute des travailleurs mal payés et donc… de leurs syndicats. La faute des cessions de bail qui pénaliseraient les propriétaires. La faute des immigrants, alors que leur arrivée prévisible n’a été accompagnée d’aucun plan national de création de logements. Et même la faute de l’augmentation des salaires des travailleurs et travailleuses de la construction ! « Nos membres subissent aussi de plein fouet cette crise et l’inflation », réagit cependant Pierre Brassard, président de la CSN–Construction.

Dernières coupables en date : la Banque du Canada (BDC) et l’envolée rapide des taux d’intérêt. Cet été, la CSN a déposé un mémoire pour les consultations prébudgétaires fédérales, dans lequel elle critique l’utilisation de la BDC comme seul outil pour juguler l’inflation. La centrale estime qu’agir ainsi accentue les inégalités sociales. D’autres politiques significatives sont nécessaires pour s’attaquer à l’inflation, y compris des moyens concrets de rendre le logement plus abordable.

Des solutions existent

Pour sortir de la « crise de l’offre », le FRAPRU estime la création de 50 000 logements sociaux à but non lucratif indispensable au Québec. Il s’agit là d’un minimum puisque la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) estime qu’il faudrait 620 000 nouveaux logements au Québec pour rétablir un équilibre dans le marché ! Une très grande corvée nationale est donc nécessaire.

Hélas, le secteur de la construction manque de bras, malgré une productivité record. « Nous alertons depuis longtemps sur le manque de main-d’œuvre. Une des causes sont de piètres conditions de sécurité dans l’industrie, car le secteur est le plus meurtrier au pays et montre de graves carences en matière de formation et de conditions de travail, pour attirer et garder ces professionnel-les », explique Pierre Brassard. Commentant la récente promesse par le premier ministre d’une formation accélérée payée et calquée sur celle des préposé-es aux bénéficiaires pendant la COVID, il ajoute : « la formation peut être attrayante, mais ce n’est pas en coupant dans les heures obligatoires pour obtenir un DEP qu’on formera les professionnel-les qualifiés dont on a tant besoin. Et la question de la rétention de ces travailleuses et travailleurs se pose toujours ».

En attendant, l’achat d’immeubles résidentiels existants par les villes sera nécessaire pour contrer « la financiarisation du logement » qui jette, chaque jour, des citoyennes et citoyens à la rue. Mais la volonté politique manque. Ainsi, la proportion de logements sociaux sur l’ensemble des logements locatifs québécois a diminué pour la première fois de l’histoire de la Belle Province, en passant de 11,2 % en 2016, à environ 10,1 % en 2021. Le FRAPRU estime que ce chiffre doit doubler et atteindre 20 % pour peser sur le marché locatif privé et permettre à tous de se loger dignement.

]]>
La hausse des taux d’intérêt a ses limites ! https://www.csn.qc.ca/actualites/la-hausse-des-taux-dinteret-a-ses-limites/ Thu, 19 Oct 2023 15:25:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=92454 Le gouvernement doit intervenir plus directement afin de lutter contre l’inflation. Tout miser sur la politique traditionnelle de la Banque du Canada serait une grave erreur. Telle est la mise en garde de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui craint de voir le pays sombrer dans une forte récession, comme au début des années 1990. De passage à Ottawa lors des consultations prébudgétaires du Comité permanent des finances, le trésorier de la CSN, Yvan Duceppe, a présenté dix recommandations au gouvernement fédéral.

La CSN invite notamment le gouvernement à diminuer, voire abolir, le prix des services gouvernementaux, à augmenter les transferts financiers aux ménages à faible revenu et à agir pour mieux contrôler les prix en matière de logement, entre autres.

« La hausse des taux d’intérêt est loin d’être le seul moyen pour lutter efficacement contre l’inflation, rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. L’impact de la politique traditionnelle de la Banque du Canada fait qu’on assiste à un transfert de richesse des personnes endettées vers celles qui détiennent des actifs financiers. La cible de l’inflation à 2 % doit-elle être visée à tout prix, quitte à nous plonger en récession ? Nous ne croyons pas. Le gouvernement a des responsabilités et surtout, il a des leviers pour mieux protéger le pouvoir d’achat des Canadiennes et des Canadiens. »

Assurance-emploi
La CSN déplore l’immobilisme du gouvernement canadien dans le dossier de l’assurance-emploi. Le gouvernement n’a toujours pas honoré son engagement de réformer et de bonifier le régime. Celui-ci ne répond plus depuis longtemps aux besoins des travailleuses et des travailleurs. Des milliers de personnes, notamment dans les industries saisonnières, vont dans les prochains mois se retrouver sans revenu et sans emploi, une situation catastrophique dans certaines régions!

La centrale syndicale réitère aussi son appui à la mise en place d’un régime public et universel d’assurance-médicaments afin de favoriser l’accès pour toutes et tous et de mieux limiter les dépenses totales.

Immigration
La CSN milite pour une révision du programme des travailleurs étrangers temporaires qui leur permettrait de changer d’employeur. Il faut par ailleurs mettre fin à la discrimination envers des candidates et candidats provenant d’Afrique francophone au programme des étudiants internationaux.

Économie verte
La CSN estime que le gouvernement canadien, à l’instar d’autres pays tels les États-Unis, devrait définir lui-même les priorités dans le secteur des technologies propres, plutôt que d’en laisse le soin aux entreprises privées. De plus, la CSN invite le gouvernement à cesser de soutenir l’industrie des hydrocarbures et à bonifier le financement du transport en commun, en collaboration avec les gouvernements provinciaux.

Fiscalité
Enfin, la CSN est membre du collectif Échec aux paradis fiscaux. À ce titre, elle fait valoir deux mesures précises, soit une imposition adéquate des entreprises multinationales, ainsi que la mise en place d’un registre permettant de divulguer le nom d’individus en position de contrôle effectif d’une compagnie, d’une fondation ou d’une fiducie ou d’individus qui en détiennent 10 % des parts.

Le mémoire complet de la CSN peut être consulté au www.noscommunes.ca/Committees/fr/FINA/StudyActivity?studyActivityId=12173416.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle est composée de près de 1 600 syndicats et regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec, mais également sur l’ensemble du territoire canadien.

 

]]>
Médicaments et soins dentaires, une occasion à saisir pour le Canada https://www.csn.qc.ca/actualites/medicaments-et-soins-dentaires-une-occasion-a-saisir-pour-le-canada/ Tue, 22 Mar 2022 21:20:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81996 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) encourage les partis politiques à Ottawa à s’engager dans la mise en place concrète d’un régime universel d’assurance-médicaments au Canada et de politiques assurant l’accès à des services dentaires pour les Canadiennes et les Canadiens qui en ont le plus besoin. Ces mesures, ainsi qu’un soutien accru du gouvernement fédéral au logement abordable, sont au cœur d’une alliance annoncée plus tôt aujourd’hui entre le Parti libéral du Canada et le Nouveau parti démocratique. Ce dernier s’engage à appuyer le gouvernement à la Chambre des communes pour l’adoption des prochains budgets en échange de l’engagement du gouvernement à travailler activement à la mise en place de ces mesures.

« Pour nous, il en va de la responsabilité de tous les élu-es de la Chambre des communes de travailler activement à la mise en œuvre de ces politiques, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous appelons toutes et tous les députés à mettre l’intérêt collectif au sommet des priorités pour que ces projets deviennent réalité. Il est grand temps que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens aient accès aux médicaments dont ils ont besoin. Ce sont aussi de bonnes politiques sur le plan économique, car cela permet de renforcer les services publics partout au pays, notamment au Québec tout en permettant un meilleur contrôle de la croissance des coûts du système, les médicaments en étant une composante importante. »

La CSN se montrera très vigilante pour s’assurer que les Québécoises et les Québécois bénéficient de ce nouveau régime universel, car le régime québécois actuel d’assurance-médicaments ne correspond plus à nos besoins collectifs, notamment en raison des problèmes d’accessibilité, d’équité et de contrôle des coûts.

En parallèle, la CSN réitère l’importance pour le gouvernement fédéral d’augmenter le niveau de ses transferts aux provinces en matière de santé et de services sociaux.

Notons enfin que l’entente d’alliance PLC–NPD prévoit la présentation d’un projet de loi visant à interdire l’emploi de travailleurs de remplacement (briseurs de grève) lors de conflit de travail dans des entreprises sous juridiction fédérale.

]]>
500 organisations, dont la CSN, réclament une politique d’habitation au Québec https://www.csn.qc.ca/actualites/500-organisations-dont-la-csn-reclament-une-politique-dhabitation-au-quebec/ Tue, 01 Mar 2022 15:50:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81734 Selon ces organisations, une telle politique est plus que jamais nécessaire compte tenu de la gravité et de la profondeur des crises en cours, dont la flambée du coût du logement, la rareté persistante de logements locatifs à loyer abordable, ainsi que l’aggravation de l’itinérance et de la discrimination lors de la location d’un logement. Les organismes affirment que l’adoption d’une politique d’habitation est aussi devenue incontournable, compte tenu de la montée de phénomènes comme les rénovictions, la location temporaire à des fins touristiques et la spéculation immobilière. Prenant exemple sur les conséquences qu’a eues la COVID-19 sur les populations les moins nanties, elles estiment impérieux d’agir pour éviter que leurs mauvaises conditions d’habitation les rendent plus vulnérables aux pandémies et aux dérèglements causés par les changements climatiques.

Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, déplore que le Québec n’ait toujours pas de politique d’habitation et qu’il n’ait pas encore reconnu formellement le droit au logement : « Malgré les recommandations de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le droit au logement n’est pas inscrit explicitement dans la Charte québécoise des droits et libertés. Au contraire, le logement est d’abord considéré comme un bien de consommation, voire une occasion de profits, ce qui est encore plus vrai, vu la place grandissante que les sociétés d’investissements, les fonds de retraite et les grands promoteurs immobiliers prennent sur le marché de l’habitation. »

Le FRAPRU constate des reculs dans la mise en oeuvre de ce droit que Québec s’est pourtant engagé à faire progresser. La pénurie de logements s’étend maintenant à presque tous les centres urbains et le coût du logement gruge une partie grandissante du revenu des ménages. Pendant ce temps, la plus grande incertitude plane sur l’avenir d’AccèsLogis, le seul programme dédié au logement social et communautaire, et la tendance est à la privatisation de l’aide au logement. Le gouvernement Legault a promis d’adopter ce printemps un plan gouvernemental en habitation, mais selon Véronique Laflamme, « ce sera un coup d’épée dans l’eau en l’absence d’une vision globale et de mesures vraiment structurantes à long terme comme la réalisation massive de logements sociaux, le contrôle obligatoire des loyers, un registre national des baux et des protections efficaces contre les évictions. »

Des impacts multiples
Philippe Néméh-Nombré, vice-président de la Ligue des droits et libertés, souligne que le Québec n’est pas à la hauteur des engagements qu’il a pris à l’égard des droits en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels : « Le Québec a le devoir de respecter, de protéger et de mettre en œuvre le droit au logement et s’il s’y refuse, comme c’est le cas présentement, cela a des impacts négatifs sur plusieurs autres droits, comme ceux à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à la sécurité ou encore à l’égalité. De plus, cela vient aggraver la discrimination dont souffrent notamment les ménages racisés, les familles, les personnes à l’aide sociale ou celles en situation de handicap ».

La présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Caroline Senneville, rappelle que la lutte pour le logement a toujours été importante pour la CSN, qui réclamait déjà une politique d’habitation au début des années 1970 : « C’est d’ailleurs ce que nous donnons souvent en exemple pour parler de l’importance d’agir sur les politiques sociales en même temps qu’on lutte pour l’amélioration des conditions de travail. Les travailleuses et les travailleurs que nous représentons nous témoignent de leurs nombreuses difficultés vécues à ce niveau : pénurie d’appartements, hausse du coût des loyers, rénovictions, etc. Le manque de logements peut aussi être un frein à l’attraction et à la rétention de la main d’œuvre dans plusieurs régions du Québec ».

Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, fait ressortir les liens entre la négation du droit au logement et celle du droit à un revenu décent : « Le coût du logement est un casse-tête pour la plupart des ménages locataires, mais c’est un véritable cauchemar pour les ménages en situation de pauvreté qui doivent se résoudre à couper dans d’autres besoins essentiels, en particulier la nourriture, pour arriver à payer leur loyer et éviter de se faire évincer pour non-paiement de loyer. Ce n’est pas pour rien qu’en 2021, 610 000 personnes ont dû recourir à de l’aide alimentaire au Québec, ce qui représente une hausse de 22 % par rapport à 2019. Cela ne s’améliorera sûrement pas avec la hausse combinée des loyers et du coût de l’alimentation. »

Louise Lafortune, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC), constate que la situation actuelle du logement met de nombreuses femmes en danger, tout en contribuant à l’engorgement des ressources d’hébergement : « Plusieurs femmes hésitent à quitter un conjoint violent, parce qu’elles craignent de se retrouver à la rue. Il arrive même parfois que des femmes qui avaient malgré tout pris cette décision se résignent à retourner chez leur ancien conjoint, parce qu’elles ne trouvent pas de logement ou qu’elles n’arrivent pas à payer le loyer de l’appartement trop cher qu’elles avaient loué de peine et de misère. Une éventuelle politique d’habitation devrait reconnaître le droit à la sécurité de ces femmes ».

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, rappelle pour sa part que « ce sont les populations les plus vulnérables, entre autres celles qui sont mal-logées ou en situation d’itinérance, qui sont les plus durement touchées par les catastrophes provoquées par les changements climatiques ». Cela démontre, à son avis, l’urgence d’accélérer la lutte contre la crise climatique, dans une optique de justice sociale, dans le respect des droits de toutes et tous. « La reconnaissance de la crise climatique et de l’importance du logement pour y faire face, devrait être une priorité de la politique d’habitation ».

Pour sa part, le FRAPRU a rédigé une telle Politique globale en habitation qu’il propose au gouvernement d’adopter pour faire progresser concrètement le droit au logement, il la publicisera dans les prochains jours.

]]>
Il faut un minimum de 18 $ l’heure pour sortir de la pauvreté https://www.csn.qc.ca/actualites/il-faut-un-minimum-de-18-lheure-pour-sortir-de-la-pauvrete/ Thu, 07 Oct 2021 16:34:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=80680 Des groupes de lutte contre la pauvreté et de défenses des non-syndiqué-es, des centrales syndicales et des syndicats* profitent de la Journée mondiale pour le travail décent pour affirmer que le salaire minimum nécessaire pour permettre aux travailleurs et travailleuses du Québec de sortir de la pauvreté s’établit dorénavant à 18 $ l’heure.

Depuis 2016, la revendication portée par différents groupes syndicaux et communautaires d’un salaire minimum à 15 $ l’heure a remis cet enjeu sur la place publique en plus de mener à des hausses substantielles du salaire minimum, lequel demeure cependant bien insuffisant. En 2021, il est évident qu’il est impossible de vivre décemment avec le salaire minimum actuel de 13,50 $ l’heure. Même la revendication de 15 $ l’heure n’est plus adéquate en raison de la hausse du coût de la vie, particulièrement en matière de logement et de l’augmentation du coût du panier d’épicerie. C’est pourquoi une mise à jour était nécessaire.

Le salaire minimum doit permettre aux travailleurs et aux travailleuses qui occupent un emploi à temps plein de sortir de la pauvreté. En se guidant sur différents indicateurs, tels que la mesure à faible revenue (MFR-60), en consultant leurs membres, en réalisant des entrevues et un sondage auprès des personnes à faible salaire, nos organisations en sont arrivées à fixer leur nouvelle revendication en matière de salaire minimum à 18 $ l’heure. Une telle revendication tend d’ailleurs à se rapprocher du revenu viable comme défini par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). C’est sur la base de ce constat que plusieurs organisations ont déjà adopté dans leurs instances la revendication pour la hausse du salaire minimum à 18 $ l’heure et que d’autres consulteront leurs membres afin de définir les orientations lors de leurs prochaines instances.

« Mais, au-delà des calculs et des aspects techniques, la lutte pour le salaire minimum reste une affaire de principe. Il est tout simplement inacceptable que le travail soit synonyme de pauvreté. Or, ce qui devrait aller de soi ne fait malheureusement pas consensus. Les regroupements d’employeurs et le gouvernement travaillent fort pour que ça ne se passe pas. Pourtant, dans le contexte économique actuel de pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs à bas salaire, il n’y a plus d’excuses pour ne pas se rendre à 18 $. Pour nos organisations, le Québec est trop riche et prospère pour qu’un seul travailleur ou une seule travailleuse vive dans la pauvreté », déclarent les représentants et représentantes des organisations.

« L’augmentation du salaire minimum est un levier économique en soi qui favorise une société plus égalitaire. Il permet une augmentation du pouvoir d’achat des personnes, majoritairement des femmes, et réduit les écarts de revenus qui se creusent avec les années. C’est dans cet esprit que nos organisations revendiqueront 18 $ l’heure et nous nous mobiliserons pour y arriver! », ajoutent les membres des organisations.

* Organisations signataires :
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
La Confédération des syndicats nationaux (CSN)
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
La Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS)
Collectif pour un Québec sans pauvreté

]]>
Vers une crise du logement permanente ? https://www.csn.qc.ca/actualites/vers-une-crise-logement-permanente%e2%80%89/ Thu, 06 Jun 2019 16:01:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=71611 Plusieurs régions du Québec font face à une crise du logement qui semble s’installer pour de bon. La nouvelle donne climatique, la pénurie de main-d’œuvre et l’« uberisation » du tourisme compliquent toutefois la vie de celles et ceux qui sont frappés par celle-ci. François Roy de Logemen’Occupe nous explique la situation en Outaouais.

PS : Quel est l’état de la crise du logement en Outaouais ?
« En ce moment, la région de l’Outaouais affiche un taux d’inoccupation historique de 1,2 % et, à Gatineau, celui-ci tombe à 0,8 %. Pour les logements familiaux de trois et quatre chambres à coucher, il n’y a tout simplement aucun logement disponible, et ce, dans plusieurs quartiers. Et les seules unités disponibles sont inabordables pour les familles modestes ou à faible revenu. Rappelons que, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), l’équilibre du marché locatif est atteint lorsque les taux d’inoccupation sont à 3 %, et qu’il y a crise en deçà de 1,5 %.

PS : Est-ce que les pouvoirs publics soutiennent la population ?
« Malgré la gravité de la situation et au contraire de ce qu’ils avaient mis en place au début des années 2000, les pouvoirs publics n’offrent aucun soutien aux ménages pris dans l’actuelle crise. De 2001 à 2005, plusieurs mesures d’aide aux municipalités avaient été mises en place, dont du soutien au déménagement et à l’entreposage, de l’hébergement d’urgence ainsi que le programme de supplément au loyer. Cette subvention aux familles à faible revenu finançait la différence entre le coût d’un logement à prix modique et celui d’un logement dans le marché privé. Or, rien n’a été prévu cette fois-ci, alors que la crise est bien pire.

PS : Est-ce que les phénomènes météorologiques extrêmes et les inondations ont eu un impact sur la situation ?
« Effectivement, plusieurs centaines d’unités ont été détruites lors de ces événements, ce qui aggrave la situation. Les propriétaires qui en sont victimes occupent des logements meublés de transition que les propriétaires privés louent plus cher et qui sortent du marché locatif permanent. Ils sont plus chers, mais moins qu’une chambre d’hôtel et plus conviviaux pour les familles délocalisées des zones inondées. Ces logements de transition sont également convoités par la main-d’œuvre qui transite entre deux habitations dans deux villes éloignées.

PS : Il y a donc une influence de la pénurie de main-d’œuvre sur cette crise ?
« En fait, la pénurie de main-d’œuvre qui sévit en ce moment vient saturer le marché locatif, particulièrement à cause des nouvelles travailleuses et nouveaux travailleurs qui viennent combler les emplois offerts dans la région. Alors que certains d’entre eux occupent deux logements, un dans leur ville d’origine et un ici, près d’où ils travaillent, d’autres font carrément l’aller-retour de Montréal à Gatineau, à tous les jours, du fait qu’ils ne trouvent pas un logement adapté à leurs besoins.

PS : Est-ce qu’il y a d’autres éléments qui entrent en jeu ?
« Dans la région de Gatineau, nous trouvons à peu près 200 unités de logement qui sont monopolisées pour les locations touristiques de type Airbnb, ce qui soustrait d’autant le nombre d’unités disponibles pour du logement permanent. Tout ceci au même moment où le gouvernement a également resserré les critères d’accession à la propriété, ce qui pousse plusieurs ménages vers des logements locatifs.

« Au final, le plus grand problème auquel nous faisons face, c’est l’incapacité du secteur privé à répondre rapidement et adéquatement à la demande de logements locatifs, particulièrement pour les familles à faible revenu. Les mises en chantier de condos atteignent des sommets alors que, partout au Québec, nous avons un cruel besoin de logements abordables pour les familles modestes ou à faible revenu. »

Le passé démontre que les gouvernements peuvent intervenir par l’imposition de politiques d’inclusion qui obligent les promoteurs à inclure des logements abordables dans leurs projets ou en finançant publiquement des projets de logements sociaux.

]]>
Histoire du logement en douze temps https://www.csn.qc.ca/actualites/histoire-du-logement-en-douze-temps/ Fri, 07 Dec 2018 12:00:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=69675 Bien que le Canada et le Québec se soient engagés à respecter le droit au logement en signant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU en 1976, force est de constater que les enjeux liés à l’habitation demeurent les mêmes, 40 ans plus tard. Et n’eût été les nombreuses batailles livrées par des militantes et des militants sous différentes bannières, la situation serait pire encore aujourd’hui.

Pour qui suit un tant soit peu les luttes sociales au Québec, le FRAPRU (Front populaire en réaménagement urbain) demeure la figure emblématique de la mobilisation pour le droit au logement. François Saillant, porte-parole de l’organisation pendant plus de 35 ans, relate des pans de l’histoire de ce mouvement dans le livre-témoignage Lutter pour un toit — Douze batailles pour le logement au Québec. Ces quelques luttes illustrent le contexte et les enjeux sous-jacents du conflit pour faire respecter les droits des plus vulnérables à se loger décemment. Qu’il s’agisse de la cherté des loyers, de la revendication à plus de logements sociaux, d’insalubrité (encore !), de la dénonciation de la spéculation immobilière ou du phénomène plus contemporain de la « gentrification » d’anciens quartiers ouvriers, autant de batailles bien souvent annoncées comme perdues d’avance, tellement les David ne font pas le poids devant les Goliath capitalistes, spéculateurs et autres espèces de peu de conscience sociale. Au-delà des résultats escomptés, chaque lutte a laissé des traces qui ont servi aux suivantes. Et si elles ont parfois permis des avancées, elles auront surtout freiné les reculs. Mais toujours, elles ont « dérangé, d’une manière ou d’une autre, les pouvoirs publics et divers intérêts économiques ».

Dans sa conclusion, François Saillant évoque la situation singulière des communautés autochtones, dont les « conditions de logement […] sont l’un des fruits des politiques colonialistes adoptées à leur égard ». Incontestablement, Lutter pour un toit, « c’est être engagé dans un combat permanent » qui s’inscrit dans cette grande mobilisation pour plus de justice sociale et de dignité humaine.

]]>
Grand Forum sur la pauvreté et itinérance https://www.csn.qc.ca/actualites/grand-forum-sur-la-pauvrete-et-itinerance/ Wed, 27 Jan 2016 00:21:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=56584 À la veille de l’ouverture de la commission parlementaire sur la réforme de l’aide sociale, le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) à tenu mardi le 26 janvier un premier forum Pauvreté et itinérance. Alors que des mesures importantes contre la pauvreté sont prescrites par la Politique nationale de lutte à l’itinérance, le gouvernement du Québec multiplie les actions qui augmentent le risque d’itinérance.

Ce forum fut l’occasion pour plus de 130 personnes concernées du milieu de faire le point sur les programmes de réinsertion, l’accès aux centres de toxicomanie et la réforme de l’aide sociale avec son work fare. Différentes présentations sur ces questions étaient au programme, de même qu’un panel sur les stratégies de lutte avec François Saillant du Front d’action populaire et réaménagement urbain (FRAPRU) et Jacques Létourneau de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).


]]>
Norman Laforce https://www.csn.qc.ca/actualites/norman-laforce/ Fri, 29 May 2015 02:11:07 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=55770 normand

« J’ai été sur une liste d’attente pendant plus de treize ans avant d’avoir droit à un logement social. La pénurie est flagrante. Mais des deux bords, tant à Québec qu’à Ottawa, on se fiche des besoins des plus démunis. Plutôt que d’investir, on nous annonce toujours une nouvelle vague de compressions. On coupe et on coupe et on coupe, et ce sont toujours les pauvres qui écopent. Et ce n’est plus juste les prestataires d’aide sociale qui ont besoin de logement social, il y a plein de gens qui gagnent le salaire minimum et qui ont beaucoup de difficulté à se loger.

Si ça continue de même, j’ai des grandes craintes de me retrouver à la rue dans les prochaines années. C’est bouleversant. »

– Norman Laforce, militant pour le logement social

]]>
Crise du logement https://www.csn.qc.ca/actualites/crise-du-logement/ Wed, 01 Apr 2015 14:15:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=55607 logement2-1

]]>