Normes du travail – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Mon, 19 Oct 2020 19:35:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Normes du travail – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Le SNAQ–CSN prêt à entamer les négociations ! https://www.csn.qc.ca/actualites/le-snaq-csn-pret-a-entamer-les-negociations%e2%80%89/ Mon, 19 Oct 2020 19:35:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=76723 Les membres du Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) ont approuvé à l’unanimité leur cahier de demandes au terme d’une rencontre de l’assemblée générale ayant eu lieu en fin de semaine.

« L’exercice démocratique a engendré des débats très respectueux et incroyablement productifs, s’est réjoui le président du SNAQ–CSN, Maxime Vaillancourt. Les propositions des membres nous ont permis de peaufiner notre cahier de demandes. Nous arriverons donc aux tables de négociation avec un document solide et des demandes raisonnables et mûrement réfléchies. »

Les revendications retenues par les membres visent à établir de nouvelles fondations pour la profession d’archéologue au Québec. Ces demandes sont divisées en cinq enjeux, nommément : la santé et la sécurité au travail, la conciliation vie-travail-famille, le droit au rappel et l’ancienneté, la reconnaissance de la profession et, bien sûr, les considérations financières.

« Il s’agit d’une première négociation pour ce nouveau syndicat dont le secteur d’activités présente certaines caractéristiques très particulières, explique la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois. Les conditions de travail actuelles des archéologues fluctuent énormément d’une firme à l’autre. Dans certains cas, elles ne satisfont même pas au minimum requis par la loi. Les demandes élaborées par les membres du SNAQ–CSN deviendront la norme à respecter au sein de la profession. »

À la suite de l’adoption de son cahier de demandes, le syndicat invitera sous peu chacun des employeurs où il est accrédité — ou en voie d’être accrédité — à s’asseoir à la table de négociation.

À propos

Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) a été fondé le 1er mars 2020 et représente la presque totalité des archéologues professionnels au Québec. Il s’est donné pour mission d’améliorer les conditions de travail et d’assurer une pratique saine et viable de l’archéologie au Québec, assurant ainsi des fondations solides pour la profession.

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Mobilité de main-d’œuvre : la CSN-Construction conteste la décision du Tribunal administratif du travail https://www.csn.qc.ca/actualites/mobilite-de-main-doeuvre-la-csn-construction-conteste-la-decision-du-tribunal-administratif-du-travail/ Tue, 10 Sep 2019 18:31:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=72088 Le 9 août dernier, une décision du juge Raymond Gagnon du Tribunal administratif du travail (TAT) déclarait invalides et inopérants les articles 35 et 38 du Règlement sur I’embauche et la mobilité des salariés dans I’industrie de la construction. En attendant la prochaine ronde de négociation des conventions collectives prévue en 2021, la CSN-Construction vient de déposer ce matin un pourvoi en contrôle judiciaire pour contester cette décision.

« La défense de nos travailleuses et travailleurs en région et la protection de leurs emplois font partie de l’ADN de la CSN-Construction. Depuis l’adoption, en 1968, de la loi R-20 régissant les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction, nous avons toujours défendu la priorité régionale d’embauche. C’est cette même préoccupation qui nous pousse aujourd’hui à contester la décision du juge Gagnon », a déclaré Pierre Brassard, président de la CSN-Construction.

Priorité régionale d’embauche

Malgré ces recours judiciaires, la CSN-Construction n’entend pas rester les bras croisés d’ici à la prochaine ronde de négociation, où la mobilité de la main-d’œuvre demeurera un enjeu prioritaire, tout comme la pérennité du régime d’assurance médicaments. « La voix juridique est une des avenues que nous empruntons aujourd’hui. Mais nous ne nous contenterons pas d’attendre l’issue de cette contestation pour agir. Nous savons pertinemment que l’essentiel des discussions autour de ces enjeux prioritaires aura lieu au cours de la ronde de négociation de 2021. C’est pourquoi depuis plusieurs semaines déjà, nous sommes très actifs sur le terrain afin de sonder l’intérêt de nos membres et préparer nos revendications en conséquence. C’est un travail essentiel que nous allons d’ailleurs poursuivre au cours des prochains mois », a ajouté M. Brassard.

Outre ces démarches, la CSN-Construction réitère sa demande à l’effet de tenir une consultation de l’ensemble des 191 000 travailleuses et travailleurs de l’industrie sur l’enjeu névralgique que constitue la mobilité de main-d’œuvre en vue de la prochaine ronde de négociation. Rappelons que la décision du TAT du 9 août dernier renvoyait aux parties l’obligation de négocier l’encadrement des clauses de mobilités de main-d’œuvre dans les conventions collectives de l’industrie de la construction.

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Le salaire minimum à 12,50 $ : encore trop loin de la cible https://www.csn.qc.ca/actualites/le-salaire-minimum-a-1250-encore-trop-loin-de-la-cible/ Wed, 01 May 2019 11:42:20 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=71197 À l’occasion de l’entrée en vigueur du nouveau taux horaire du salaire minimum à 12,50 $ l’heure et de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, les porte-paroles des sept organisations membres de la campagne 5-10-15 tiennent à exprimer leur déception. En campagne électorale, le parti de François Legault, la Coalition avenir Québec, disait vouloir créer des « jobs payants ». Il aurait pu commencer par améliorer le salaire de près de 900 000 personnes qui travaillent sous les 15 $ l’heure, mais il a raté l’occasion. « Il ne faut pas oublier que 15 $ l’heure, c’est ce qui est nécessaire, quand on travaille à temps plein, pour sortir de la pauvreté au Québec et pour cesser de vivre dans la crainte constante d’une dépense imprévue », a déclaré Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

L’augmentation de 50 cents l’heure arrive dans un contexte économique extrêmement favorable qui aurait dû éliminer toutes les craintes, souvent non fondées, liées à un salaire minimum plus élevé. Le taux de chômage est à un plancher historique (5,4 %), la pénurie de main-d’œuvre affecte plusieurs secteurs et régions et l’inflation demeure faible malgré une croissance forte. « Le gouvernement aurait dû faire preuve de courage et avancer vers les 15 $ l’heure. Cela aurait été une action en faveur d’une plus grande égalité homme-femme, car les femmes occupent environ 58 % des emplois à moins de 15 $ l’heure au Québec », comme le rappelle Mélanie Gauvin, porte-parole du Front de défense des non-syndiquéEs.

Pour une obligation de donner l’horaire de travail au moins cinq jours à l’avance
Outre l’augmentation du salaire minimum, la campagne 5-10-15 porte deux autres revendications qui visent à permettre de mieux concilier le travail et la vie personnelle et familiale. D’abord, les organisations membres demandent à ce que les personnes salariées aient le droit de connaître leur horaire au moins cinq jours à l’avance. Dans un monde où les emplois atypiques sont la réalité pour une part de plus en plus importante des travailleuses et travailleurs, l’instabilité des heures de travail entraîne des défis de taille pour la planification de la vie personnelle et familiale et la gestion du budget. « Le gouvernement doit continuer sur la lancée de la récente réforme de la Loi sur les normes du travail (LNT). Celle-ci permet désormais à une personne de refuser de travailler si elle n’est pas avisée à l’intérieur d’un délai de cinq jours. Ce premier gain doit être bonifié. La responsabilité doit être mise du côté de l’employeur avec une règle qui oblige la divulgation de l’horaire à l’avance », d’expliquer Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Dix jours de congé payé en cas de maladie ou de responsabilités familiales
Actuellement, la Loi sur les normes du travail prévoit seulement deux jours de congé payé lorsque les travailleuses ou travailleurs s’absentent pour raisons familiales ou de santé. Au-delà de deux jours, les personnes salariées doivent choisir : soit s’appauvrir pour se soigner ou s’occuper d’un proche, soit travailler malgré la maladie ou une responsabilité familiale.

« Les chiffres démontrent que ce sont encore aujourd’hui les femmes qui souffrent davantage de cette situation, a expliqué Jacques Létourneau, président de la CSN. En 2016, les femmes se sont absentées en moyenne 74 heures pour des obligations personnelles ou familiales alors que chez les hommes, la moyenne était de moins de 20 heures. L’équité homme-femme s’en trouve lourdement affectée », précise-t-il. Pour contribuer à établir l’équité homme-femme, le gouvernement doit rendre accessibles dix jours de congé payé à toutes et à tous.

La théorie démentie par la réalité
Plusieurs exemples démontrent que l’augmentation du salaire minimum n’a pas les impacts défavorables sur l’emploi que présument certaines théories économiques. Le seuil théorique de 50 % du salaire moyen qui avait été établi, bien que ce dernier était hautement discutable, ne peut certainement plus apparaître comme un critère valable et encore moins représentatif de la réalité du marché du travail. « Surtout, les données choisies par le ministère pour établir le salaire moyen excluent toutes les personnes employées à salaire fixe, ce qui fait baisser lourdement la moyenne, a clarifié Luc Vachon, président de la CSD. S’il y a eu corrélation dans les années 1970 ou 1980 entre le dépassement du ratio de 50 % et la hausse du chômage des jeunes, d’autres facteurs sont aussi à prendre en compte tels que l’arrivée des baby-boomers sur le marché du travail ou les crises économiques. Le contexte actuel est totalement différent et doit appeler à une autre approche », a-t-il dit.

Richard Perron, président du SPGQ, renchérit : « D’ailleurs, les prévisions de pertes d’emploi lancées par certains opposants de la hausse ne se sont pas concrétisées ailleurs. En Ontario, la hausse du salaire minimum à 14 $ l’heure en janvier 2018 devait, selon eux, provoquer la perte de centaines de milliers d’emplois. Or, on constate en Ontario une croissance de 2 % de l’emploi entre l’année 2017 et le premier trimestre de 2019 alors que la moyenne canadienne est de seulement 1,2 % », a-t-il poursuivi.

Et si l’effet de la hausse sur l’emploi était positif? C’est ce que démontre une étude récente de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). « On ne peut pas garantir qu’il n’y aura pas quelques pertes d’emploi, mais ça n’a rien à voir avec les prédictions catastrophistes, de mentionner Christian Daigle, président général du SFPQ. En contrepartie, la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure stimulera l’économie locale en ajoutant de 2,2 à 3,4 milliards de masses salariales. Celles et ceux qui en bénéficieront dépenseront leurs revenus supplémentaires pour mieux combler leurs besoins essentiels, plutôt que de les placer dans un paradis fiscal! »

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La CSN salue le travail des parlementaires sur la réforme des normes du travail https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-salue-le-travail-des-parlementaires-sur-la-reforme-des-normes-du-travail/ Tue, 12 Jun 2018 19:57:22 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=68111 La CSN salue l’adoption, à l’unanimité des parlementaires de l’Assemblée nationale, de la réforme de la Loi sur les normes du travail. Bien que beaucoup d’avancées doivent encore être accomplies, notamment sur la question du salaire minimum, la CSN se réjouit d’une première mise à jour de la loi en plus de 15 ans.

« Nous dénonçons depuis plusieurs années la jungle de relations de travail occasionnée par le recours aux agences de placement, rappelle Jacques Létourneau, président de la CSN. Pour la première fois, le gouvernement fait un pas dans la bonne direction : non seulement ces agences de sous-traitance devront-elles avoir un permis d’exploitation en bonne et due forme, elles devront également verser le même salaire que les entreprises qui les contractent. »

Pour la CSN, il était également temps que le gouvernement revoie les règles législatives en matière de disparité de traitement. « La bataille contre les clauses dites “orphelin”, remportée à la fin des années 1990, demeurait incomplète : nous nous devions d’étendre la définition des clauses de disparité de traitement à l’ensemble de la rémunération des salariés, y compris en matière de régime de retraite et pour l’ensemble des avantages sociaux. »

« Pour une rare fois, tout au long des travaux en commission parlementaire, le gouvernement a prêté l’oreille au mouvement syndical et a su tenir tête aux menaces d’hécatombes lancées par le patronat », souligne M. Létourneau.

La CSN se réjouit également des améliorations apportées aux normes du travail en matière de congés payés pour responsabilités familiales ainsi que de l’ajout d’une troisième semaine de vacances payées après trois années de service. Néanmoins, la CSN réclame toujours une loi-cadre en matière de conciliation travail-famille-études prévoyant de réelles dispositions pour faciliter la vie des familles d’aujourd’hui.

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Pour une loi adaptée au travail d’aujourd’hui https://www.csn.qc.ca/actualites/des-commentaires-constructifs-afin-den-arriver-a-une-loi-adaptee-au-travail-daujourdhui/ Wed, 16 May 2018 13:12:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=67643 Consultez le mémoire déposé par la CSN.

Dans son ensemble, la CSN accueille favorablement les modifications proposées à la Loi sur les normes du travail (LNT). Cependant, lorsqu’il est question des normes du travail, il importe de regarder les problèmes sous plusieurs angles afin de trouver les solutions les plus appropriées. C’est pourquoi la CSN, de passage à la commission parlementaire sur les modifications à la LNT adopte une approche proactive et propose d’aller un peu plus loin sur certains enjeux précis.

« D’entrée de jeu, on constate qu’un chantier sur la conciliation famille-travail-études a été lancé dans le cadre de cette réforme, explique Caroline Senneville, 1re vice-présidente de la CSN. Nous saluons le travail du gouvernement qui fait un pas dans la bonne direction en imposant la rémunération pour deux des dix jours de congé pour maladie ou obligations familiales prévus à la loi. La LNT constitue le contrat de travail des salarié-es les plus vulnérables de la société et nous sommes d’avis que toute perte de revenu constitue un obstacle majeur à la prise de congé pour plusieurs d’entre eux. Nous croyons que le gouvernement devrait même aller un peu plus loin et augmenter le nombre de journées rémunérées, afin de donner une réelle chance aux travailleuses et aux travailleurs qui se retrouvent sans traitement alors qu’ils doivent prendre soin de leur santé ou de celle de leur famille. »

« Pour ce qui est des horaires et des heures de travail, nous sommes heureux de constater qu’une personne salariée pourra refuser de travailler plus de deux heures au-delà de ses heures habituelles quotidiennes, plutôt que l’actuel “quatre heures”, souligne Caroline Senneville. Cependant, la LNT ne prévoit toujours pas qu’on puisse refuser ces heures sans condition, un problème qui pourrait être réglé aisément. D’un autre côté, nous croyons que la modification voulant que les employé-es aient maintenant le droit de refuser du travail offert moins de cinq jours à l’avance est insuffisante. La loi doit prévoir une mécanique claire permettant aux travailleuses et aux travailleurs de connaître leur horaire de travail cinq jours à l’avance. Pour l’instant, le projet de loi fait reposer le choix de refuser des heures de travail sur les épaules des salarié-es, et la LNT ne prévoit aucune garantie que les heures ainsi refusées pourront être reportée. Dans une optique d’amélioration de la conciliation famille-travail-études, il faut que la LNT permette réellement aux salarié-es d’organiser leur vie familiale à l’avance. Finalement, concernant les heures de travail, le gouvernement doit mettre en place des règles de déconnexion, faisant en sorte qu’un salarié ait le droit d’être coupé de toutes communications relatives à son travail en dehors de ses heures de travail. Le projet de loi privé sur le droit à la déconnexion est une avenue intéressante à ajouter aux modifications à la LNT. »

« La conciliation famille-travail-études est une réalité du travail d’aujourd’hui qui prend de plus en plus de place, notamment avec l’arrivée des jeunes sur le marché du travail et la réalité de plusieurs emplois qui changent et qui comportent des horaires élargis et une connexion permanente avec les employé-es. Dans ce contexte, le travail de réforme du gouvernement est intéressant, mais ce dernier doit pousser sa réflexion jusqu’au bout et faire les choix qui s’imposent pour réellement donner à la main-d’œuvre d’aujourd’hui une loi claire qui la protège sans retenue », ajoute Caroline Senneville.

Autres modifications à la LNT

Le projet de loi ne se limite pas qu’à la condition famille-travail-études, plusieurs autres aspects sont abordés. Sans entrer dans le détail pour chacun de ces points, la CSN tient à en souligner quelques-uns.

« Pour ce qui est des pourboires, nous réitérons qu’il est impensable de modifier l’article 50, insiste Caroline Senneville. Ce qui est perçu par certains comme une mesure de valorisation des métiers aurait comme conséquence de répartir les pourboires de façon arbitraire. Des solutions plus appropriées sont mises de l’avant par la CSN et permettraient de répondre adéquatement aux problèmes d’attraction et de rétention dans ce milieu. »

« La CSN appuie également plusieurs mesures concernant les disparités de traitement, poursuit Caroline Senneville. Nous saluons notamment la modification qui interdirait que le taux de salaire, la durée et l’indemnité de vacances soient réduits uniquement sur la base de la différence de statut entre des salarié-es travaillant à temps partiel ou à temps plein. Il en va de même pour l’élargissement de la loi afin que l’ensemble des avantages sociaux soit pris en considération lorsqu’il est question de disparité de traitement. Cependant, nous considérons que l’article 46 du projet de loi continue de légitimer certaines situations discriminatoires et illégales existantes. Cette situation maintiendra des iniquités pour plusieurs travailleuses et travailleurs qui les subissent. Sans que les mesures de la LNT soient applicables de manière rétroactive, nous croyons que les modifications devraient comprendre une mention claire selon laquelle la distinction fondée sur la date d’embauche concernant les régimes de retraite ou les avantages sociaux doit se résorber rapidement. »

« Finalement, la CSN apprécie l’effort consenti par le gouvernement pour mieux encadrer les agences de placement et élargir la défense des travailleurs étrangers temporaires, continue Caroline Senneville. Par exemple, l’ajout de mesures qui assurent aux salarié-es d’agence un taux de salaire identique à celui payé à celles et ceux de l’entreprise cliente pour effectuer les mêmes tâches dans le même établissement est un pas dans la bonne direction. Cela dit, en ce qui concerne les agences, la loi prévoit actuellement que le gouvernement pourra établir des règlements concernant plusieurs aspects de la relation entre agence et entreprise cliente. Nous croyons que toutes les mesures devraient être encadrées par la loi plutôt que par voie réglementaire afin d’uniformiser les conditions applicables aux agences, aux entreprises clientes et aux travailleuses et travailleurs des agences. »

« La CSN défend les travailleuses et les travailleurs du Québec et reconnaît qu’un effort est fait pour améliorer la protection minimale qu’offre la LNT, mais il faut aller plus loin », conclut Caroline Senneville.

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Opposition carrée aux restaurateurs https://www.csn.qc.ca/actualites/la-federation-du-commerce-csn-soppose-categoriquement-aux-restaurateurs/ Wed, 16 May 2018 01:27:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=67636 Pour la Fédération du commerce (FC–CSN), la position de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) et des chef-fes signataires de la lettre ouverte publiée cette semaine est irresponsable et dévalorise complètement le travail des serveuses et des serveurs. Dans le cadre des consultations pour la modification de la Loi sur les normes du travail (LNT), le gouvernement doit maintenir sa position et continuer de refuser de modifier l’article 50.

« Les exemples mis de l’avant par les chefs sont loufoques. Ils se plaignent que la profession de cuisinier n’est pas reconnue à sa juste valeur, que le salaire est trop bas. Nous sommes bien d’accord avec eux que la tâche effectuée en cuisine mériterait bien plus, mais ce n’est pas en pigeant dans la poche des employé-es au service qu’on résoudra le problème, estime Michel Valiquette, trésorier à la FC–CSN. Il ne faut pas oublier que, dans la majorité des cas, les femmes et les hommes qui travaillent au service ont un salaire horaire bien moins élevé étant donné que leur travail comprend un pourboire. De plus, ils paient des impôts sur leur pourboire, qu’ils en aient effectivement reçu ou non. »

« Sans compter que nous déplacerons simplement le problème d’attraction et de rétention du personnel, poursuit Michel Valiquette. Le problème qui se vit actuellement dans les cuisines se transposera dans les salles à manger. Qui acceptera d’être payé 9,80 $ l’heure, sous prétexte qu’on lui verse un pourboire, alors qu’on vient chercher ce pourboire gagné directement dans sa poche pour le redistribuer selon la volonté ou l’humeur du gestionnaire en place? Les chefs se plaignent du climat malsain dans leurs établissements, ce n’est certainement pas cette approche qui améliorera la situation. Et qu’adviendrait-il des employé-es des cuisines, seraient-ils maintenant considérés comme travailleuses et travailleurs à pourboire? Les restaurateurs sont clairs à savoir qu’ils n’augmenteront pas le taux horaire du personnel de service pour compenser leurs pertes, mais que comptent-ils faire avec les autres salarié-es de leur établissement? »

« C’est d’autant plus surprenant que, bien que les pourboires existent pratiquement depuis toujours au Québec, le fait d’aller soudainement piger dans ces sommes devient la solution à tous les maux des restaurateurs, se surprend Michel Valiquette. Ce sont des gestionnaires qui ont fait le choix d’être gestionnaire, leur travail est de trouver des solutions. Et pourtant, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Au-delà des taux horaires qui mériteraient d’être revus à la hausse, on peut penser à une bonification des vacances pour ces salarié-es qui travaillent souvent sous pression et qui répondent constamment à une clientèle exigeante. On pourrait aussi regarder du côté des régimes de retraite afin de retenir la main-d’œuvre plus longtemps en protégeant leur avenir. Pour la conciliation famille-travail-études, il y aurait plusieurs avenues intéressantes. Les métiers de la restauration sont souvent très stressants, avec des horaires atypiques et des salaires qui ne permettent pas toujours de subvenir aisément aux besoins d’une famille. Il serait donc normal d’instaurer des pratiques comme le dévoilement des horaires au moins cinq jours à l’avance et le droit de refuser sans condition des heures supplémentaires au-delà de deux heures après les heures prévues. Si on ajoute à cela des assurances collectives adéquates, on commence à avoir un début de solution pour garder les jeunes travailleuses et travailleurs avec des familles. »

« On le voit bien, la position des restaurateurs ne peut se limiter à la simple approche du partage des pourboires, il faudrait alors réformer des pans entiers de la loi, ne serait-ce que pour maintenir les maigres protections prévues à la LNT pour les travailleuses et les travailleurs de la restauration. La FC–CSN partage la position de la CSN, le gouvernement ne doit pas modifier l’article 50 », conclut Michel Valiquette.

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La mobilisation pour un salaire minimum à 15 $ se poursuit https://www.csn.qc.ca/actualites/la-mobilisation-pour-un-salaire-minimum-a-15-se-poursuit/ Tue, 01 May 2018 11:20:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=67497

À l’occasion de l’entrée en vigueur du nouveau taux de salaire minimum à 12 $ l’heure, le 1er mai, et de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, les porte-parole des sept organisations membres de la campagne 5-10-15 ont tenu à rappeler leurs revendications. Qu’il s’agisse de connaître son horaire de travail au moins 5 jours à l’avance, d’obtenir 10 journées rémunérées de congé pour maladie ou responsabilités familiales ou encore d’obtenir minimalement un salaire de 15 $ l’heure, les sept porte-paroles ont tous réitéré l’importance de ces revendications pour faire une différence dans la vie des travailleuses et des travailleurs.

Regarder le débat sur le salaire minimum diffusé au téléjournal de 18h, à Radio-Canada, entre le président de la CSN, Jacques Létourneau, et Martine Hébert, de la FCEI.

Photo: Jean-François Coutu

« La hausse du salaire minimum la plus importante des dernières années est à saluer, surtout parce qu’elle démontre que notre mobilisation porte fruits. Mais elle ne saurait faire oublier que c’est 15 $ l’heure qu’il faut, en travaillant à temps plein au Québec, pour sortir de la pauvreté et cesser de vivre dans la crainte constante d’une dépense imprévue », a déclaré Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Horaire de travail au moins 5 jours à l’avance : c’est un minimum!

La campagne 5-10-15, lancée le 7 octobre 2016, porte deux autres revendications, tout aussi importantes. Dans un monde où les emplois atypiques prennent une place de plus en plus grande, connaître un horaire à la dernière minute entraîne des défis de taille pour la planification de la vie personnelle et familiale de centaines de milliers de travailleuses et travailleurs. C’est pourquoi les organisations membres demandent, depuis le début, que les salarié-es aient le droit de connaître leur horaire au moins cinq jours à l’avance. « Il faut croire encore une fois que notre action porte puisque le projet de loi 176, qui va modifier la Loi sur les normes du travail, fait un pas dans cette direction. Sans obliger l’employeur à donner l’horaire à l’avance, une personne pourra légalement refuser de travailler si elle n’est pas avisée à l’intérieur d’un délai de cinq jours. Ce premier gain, bien qu’incomplet, indique qu’il faut maintenir notre campagne », d’expliquer Line Camerlain, vice-présidente de la CSQ.

Photo: Jean-François Coutu

Journées rémunérées pour congé de maladie ou responsabilités familiales et salaire à 15 $ : une question d’équité et d’égalité

Actuellement, la Loi sur les normes du travail (LNT) ne prévoit pas de rémunération pour les travailleuses ou travailleurs qui s’absentent pour raisons familiales et rien n’est prévu pour les absences maladie. Avec pour conséquence que des gens vont entrer travailler malades et risquer de contaminer les personnes avec lesquelles elles viennent en contact. D’autres encore vont s’absenter pour prendre soin de leur famille et vont donc s’appauvrir un peu plus dans le cadre actuel. « Les chiffres démontrent que ce sont encore aujourd’hui les femmes qui souffrent davantage de cette situation, a expliqué Jacques Létourneau, président de la CSN. En 2016, les femmes se sont absentées en moyenne 74 heures pour des obligations personnelles ou familiales alors que chez les hommes, la moyenne était de moins de 20 heures. L’équité homme-femme s’en trouve lourdement affectée », précise-t-il.

Avec le projet de loi 176, le gouvernement propose que deux journées de congé soient rémunérées, ce qui apparaît clairement insuffisant pour contribuer à établir l’équité homme-femme en matière d’absences du travail.

De plus, selon Mélanie Gauvin, porte-parole du Front de défense des non-syndiquéEs : « Les femmes sont surreprésentées dans les emplois au salaire minimum et  elles occupent également environ 58 % des emplois de moins de 15 $ au Québec. N’est-il pas étonnant qu’en 2018 ce soit encore des emplois occupés par des femmes qui soient les moins bien rémunérés?  Voici une occasion concrète,  pour un gouvernement qui prétend se soucier d’équité entre les sexes, de freiner l’appauvrissement et atteindre une plus grande égalité homme-femme. »

Un verrou invisible à faire sauter

Hausser fortement le salaire minimum se bute souvent à un ratio de 50 % du salaire horaire moyen à ne pas dépasser sous prétexte d’assister à des pertes d’emploi, à une réduction des heures de travail, voire une augmentation des prix des produits et services. En somme, des conséquences qui viendraient annuler l’effet positif de la hausse du salaire minimum.

C’est ce qu’il convient d’appeler le « verrou Fortin », du nom de l’économiste Pierre Fortin qui croit avoir démontré l’existence de ce seuil à ne pas franchir. « Pourtant, les données choisies par l’économiste réputé pour établir le salaire moyen excluent tous les employés à salaire fixe, ce qui fait baisser lourdement la moyenne, a clarifié Luc Vachon, président de la CSD. Mais aussi s’il y a eu corrélation par le passé entre le dépassement du ratio de 50 % et la hausse du chômage des jeunes, d’autres facteurs sont aussi à prendre en compte, rien n’étant aussi simple dans l’économie réelle », a-t-il dit.

Jean-François Landry, 3e vice-président du SPGQ, renchérit : « D’ailleurs, les prévisions de pertes d’emploi lancées par les anti-hausse ne se sont jamais concrétisées ailleurs. L’Institut Fraser prévoyait  des pertes de plus de 50 000 emplois en Colombie-Britannique à la suite d’une hausse de 28 % du salaire minimum, il y en a plutôt eu 3600, tous récupérés en très peu de temps par la suite », a-t-il poursuivi.

Et si l’effet était plutôt le contraire? C’est ce que démontre une étude toute récente de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). « Oui, il y aura des pertes d’emploi, mais ça n’a rien à voir avec les prédictions catastrophes, de mentionner Christian Daigle, président général du SFPQ. Et elles seront compensées de 9 à 11 fois par le fait que la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure stimulera l’économie locale, principalement parce que celles et ceux qui en bénéficieront dépenseront par exemple  pour combler leurs besoins essentiels et non pour cacher de l’argent au fisc. »

Photo: Jean-François Coutu

 

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La CSN et la FTQ s’opposent à la modification de l’article 50 https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-et-la-ftq-sopposent-a-la-modification-de-larticle-50/ Mon, 12 Feb 2018 20:37:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66170 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ainsi que leurs fédérations et syndicats affiliés s’opposent à toute modification de l’article 50 de la Loi sur les normes du travail (LNT) qui toucherait aux pourboires.

« Plusieurs voix demandent au gouvernement de modifier la LNT afin de donner le pouvoir aux patrons de partager les pourboires des serveuses et des serveurs avec les salarié-es travaillant dans les cuisines dans le but, soutiennent-ils, de valoriser ces métiers. Pour nous, cette proposition ne ferait que déplacer le problème des bas salarié-es de la restauration. Ce genre de nivellement vers le bas risque de dévaloriser entièrement le secteur de la restauration, l’effet contraire de ce qui est recherché ici », de préciser Jacques Létourneau, président de la CSN.

« Révisée en 2002, la LNT actuelle prévoit que le pourboire versé directement ou indirectement par un client appartient en propre au salarié qui a rendu le service au client. Le partage des pourboires permettrait aux employeurs de piger dans ces sommes et de les distribuer arbitrairement, selon leur bon vouloir. Si, à l’époque, le législateur a adopté cette formule dans la LNT, c’est qu’il avait bien saisi le danger de laisser le choix de la méthode de partage de ces sommes aux employeurs », de souligner Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Comme plusieurs autres secteurs, la restauration traverse une période difficile de recrutement et de rétention de ses salarié-es. La restauration n’est pas un domaine facile, particulièrement en cuisine, et, la plupart du temps, les salaires offerts ne reconnaissent pas les compétences et les efforts demandés : le travail debout en cuisine s’effectue sous pression, dans la chaleur et l’humidité, où le risque de blessure est beaucoup plus élevé que dans d’autres secteurs. À notre avis, le partage des pourboires n’est pas une solution puisque cette proposition risque de déplacer le problème de recrutement en cuisine vers les serveuses et les serveurs », de renchérir Daniel Boyer.

« Si on veut améliorer les conditions de travail des plus bas salariés de la restauration, il serait plus efficace d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure à l’embauche, d’informer les salarié-es de l’horaire de travail au moins 5 jours à l’avance et d’offrir 10 jours de congés payés annuellement. Ces mesures seraient bénéfiques pour tous les secteurs d’emploi où il y a une rareté de la main-d’œuvre, y compris dans la restauration. Ce n’est pas en corrigeant les salaires d’un groupe moins bien payé sur le dos d’un autre groupe que l’on trouvera une solution juste et équitable », de conclure Jacques Létourneau.

Source : CSN et FTQ.

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Les syndiqué-es de la CSN vont se faire entendre sur la Côte-Nord en 2018 https://www.csn.qc.ca/actualites/les-travailleuses-et-travailleurs-syndiques-a-la-csn-vont-se-faire-entendre/ Fri, 05 Jan 2018 15:48:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=65489 L’année 2018 sera mouvementée sur le plan des relations de travail et en ce qui a trait aux enjeux politiques de la région. Comme chaque année, le Conseil central Côte-Nord–CSN fait le point avec les médias sur ce qui s’annonce au cours des douze prochains mois. « Des négociations se dérouleront dans plusieurs secteurs où nous sommes présents. Nous serons prêts à nous mobiliser et à mener les luttes nécessaires pour que les travailleuses et les travailleurs obtiennent de bonnes conditions dans le renouvellement de leurs conventions collectives. En cette année électorale, nous comptons également faire entendre les revendications de nos membres ainsi que nos positions sur les enjeux sociaux et économiques nord-côtiers. Toutes les actions du conseil central iront dans ce sens », a souligné d’entrée de jeu le président du Conseil central Côte-Nord – CSN, Guillaume Tremblay.

« De nombreuses négociations s’annoncent sur la Côte-Nord. Certains employeurs pourraient vouloir mettre en place des mesures pour presser toujours plus le citron de leurs employé-es tout en réduisant les conditions dans lesquelles ils travaillent. C’est ce qu’on appelle faire plus avec moins, et nous allons nous élever contre cette méthode. Le conseil central de la Côte-Nord suivra de près le déroulement de toutes les négociations qui se dérouleront sur son territoire pour s’assurer que non seulement les travailleuses et les travailleurs conservent leurs acquis, mais pour qu’ils réalisent des gains concrets. Si on veut retenir une main-d’œuvre qualifiée dans la région, il faut que les bons emplois soient au rendez-vous. »

2018 doit être l’année des réinvestissements
« Malgré les surplus budgétaires faramineux qu’ils ont accumulés en grande partie grâce à leurs mesures d’austérité, les libéraux se mettent déjà à l’œuvre pour continuer à asphyxier nos services publics. Les baisses d’impôts annoncées lors de la mise à jour économique dévoilent clairement quelles sont leurs intentions : donner le coup de grâce aux services offerts par l’État. On va réagir et prendre tous les moyens pour dénoncer les dangers d’une telle manœuvre. »

Pour Guillaume Tremblay, les libéraux sont déjà en campagne électorale. « À moins d’un an des élections, ils distribuent les cadeaux, comme en témoigne le chèque de 100 $ envoyé pour chaque enfant en âge scolaire. Ce genre de mesure ne nous fera pas oublier les assauts qu’ils ont fait subir à nos services publics depuis le début de leur mandat. Après le 1er octobre 2018, le gouvernement qui sera en place ne doit pas nous faire rejouer dans ce même mauvais film : nous allons exiger de la part de l’ensemble des candidates et des candidats aux élections un engagement ferme pour un réinvestissement massif dans les services publics » a-t-il enchaîné.

« Tous les ans, de l’argent est injecté dans le fonds des générations afin de rembourser la dette, dont nous n’entendons même plus parler. À écouter Philippe Couillard et Carlos Leitao en ce moment, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes au Québec, alors que leur discours était vraiment alarmiste durant les deux premières années de leur mandat », ajoute Guillaume Tremblay. Le gouvernement et ceux qui appuient le fonds des générations prétendent qu’il s’agit d’une façon de penser aux générations futures. Selon le président du Conseil central Côte-Nord – CSN, ce raisonnement ne tient absolument pas la route. « Les dernières annonces sont loin de suffire pour combler les compressions que les libéraux nous ont fait subir. Des rattrapages importants s’imposent et des ressources humaines et financières doivent être investies autant en santé qu’en éducation et dans les autres missions de l’État. C’est en refusant d’agir ici et maintenant que le gouvernement handicapera sérieusement l’avenir des jeunes ainsi que la qualité de vie des aîné-es et des personnes les plus démunies de notre société. Nous serons aux aguets dans le prochain budget à ce sujet. »

Emplois : absence de vision
Guillaume Tremblay est également préoccupé au sujet de l’emploi dans la région. « Alors que certains secteurs connaissent une pénurie sur le plan de la main-d’œuvre, comme celui de la santé et des services sociaux, par exemple, d’autres secteurs où se trouvent de bons emplois subissent des pertes importantes. Les employeurs des secteurs en pénurie doivent s’ajuster pour attirer les travailleuses et les travailleurs dans la région et pour créer de la rétention. Il n’y a pas de recette miracle pour ça; les bonnes conditions de travail doivent être une priorité », souligne-t-il aussi.

Un autre secteur de développement névralgique sur la Côte-Nord qui nous préoccupe est celui de la construction. Dans cette industrie, le nombre d’heures travaillées a baissé de 60 %, ce qui est considérable. La Commission de la construction du Québec prévoit d’ailleurs que cette diminution se poursuivra jusqu’en 2020, puisque le chantier de la Romaine tire à sa fin et qu’aucune perspective de nouveaux chantiers ne pointe à l’horizon. On le sait bien, la construction génère plusieurs emplois directs et indirects. Ici, c’est 4000 travailleuses et travailleurs qui sont concernés, ainsi que leurs familles et toutes les personnes qui gravitent autour de cette industrie. Cette question devra être au cœur des préoccupations du prochain gouvernement. »

Pour le Conseil central Côte-Nord–CSN, la réforme de la Loi sur les normes du travail et le rehaussement du salaire minimum à 15 $ l’heure doivent aussi faire partie des priorités du gouvernement. « Il n’est pas normal qu’une personne vive dans la pauvreté en travaillant à temps plein », explique Guillaume Tremblay. La question de l’assurance-emploi sera également au cœur des enjeux de l’année 2018 sur la Côte-Nord. « Nous étions optimistes à la suite de notre rencontre sur le sujet avec le ministre Duclos au printemps dernier. Malheureusement, il n’a pas remédié à la question du trou noir qui laisse des gens sans prestations durant plusieurs semaines. Nous venons à ce sujet de lancer une pétition et nous espérons qu’il entendra notre appel. Nous luttons depuis une quinzaine d’années contre le trou noir, il faut régler ce problème pour les chômeuses et les chômeurs. Nous irons d’ailleurs très bientôt faire une petite visite de courtoisie au ministre pour le lui rappeler », a conclu Guillaume Tremblay.

À propos
Sur la Côte-Nord, le Conseil central Côte-Nord–CSN regroupe plus de 5500 membres qui œuvrent dans tous les secteurs d’activité et regroupés dans plus de 50 syndicats.

 

 

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Cap sur la négociation, l’emploi et l’élection québécoise https://www.csn.qc.ca/actualites/cap-sur-la-negociation-lemploi-et-lelection-quebecoise/ Fri, 29 Dec 2017 15:12:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=65470 Au cours de la traditionnelle conférence de presse annuelle que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient depuis près de 40 ans à l’aube d’une nouvelle année à son siège social, son président, Jacques Létourneau, a présenté les priorités de la centrale syndicale pour 2018. Trois grands thèmes s’imposent cette année : la négociation collective, l’emploi et la prochaine campagne électorale.

Au cours des prochains mois, pas moins de 50 000 travailleuses et travailleurs membres de 926 syndicats de la CSN négocieront ou poursuivront la négociation pour le renouvellement de leur convention collective.

Dans ses priorités pour la prochaine année, la CSN mettra également le cap sur la promotion de l’emploi, particulièrement dans le secteur manufacturier qui continue de connaître une période de turbulence, malgré les pénuries d’emplois constatées dans certaines régions. « Il est paradoxal de traverser une telle période alors que des milliers de travailleuses et de travailleurs perdent leur travail, des emplois bien rémunérés, tout juste avant le temps des fêtes, a déclaré le président de la CSN. Cette situation est d’autant plus déplorable que leur sort est lié à des décisions prises par les gouvernements ou à des gestes qu’ils pourraient poser. »

Davie : Trudeau doit bouger

Le cas du chantier naval Davie continue de faire couler beaucoup d’encre, alors que plus de 800 ouvriers ne savent pas s’ils retourneront à l’usine en raison de l’inaction du gouvernement libéral à corriger une iniquité dans l’octroi des contrats liés à la stratégie nationale de construction navale du Canada. Une attitude qui cause aussi de l’insécurité chez les milliers d’employé-es œuvrant au sein des quelque 800 fournisseurs de Davie. Les quelque 1200 travailleuses et travailleurs ont pourtant réalisé un véritable tour de force en transformant un navire-conteneur en ravitailleur pour l’armée canadienne dans les délais et sans dépassement de coûts, alors que les chantiers d’Halifax et de Vancouver tardent toujours à livrer un navire.

« Il y a unanimité au Québec pour réclamer du fédéral qu’il accorde des contrats afin d’assurer la pérennité du plus grand chantier naval du Canada, a poursuivi Jacques Létourneau. À l’exception du Parti libéral du Canada, tous les partis politiques du Québec et du Canada ainsi que la classe des affaires et le monde syndical sont unis derrière Davie et ses travailleuses et travailleurs. Le premier ministre Trudeau a le pouvoir de changer les choses, et nous poursuivrons nos démarches auprès de ce gouvernement qui ne doit pas céder aux pressions d’Irving et de Seaspan, qui agissent pour éliminer un concurrent. »

PFR à Kénogami

Victimes d’une sixième fermeture temporaire depuis 2016, les travailleuses et travailleurs de PFR à Kénogami voient aussi un large front commun se former autour d’eux. « La situation dans cette usine, comme dans le secteur de la forêt, est intenable, a mentionné Jacques Létourneau. Dans ce cas aussi, nous aurions besoin de l’intervention du fédéral pour intervenir auprès du gouvernement américain qui a imposé une taxe sur le papier surcalandré. En outre, il est essentiel que PFR modernise ses installations pour assurer la pérennité des emplois. Nous serons aux côtés de nos membres pour préserver leur travail. »

GE Power

La situation est semblable chez General Electric à La Prairie, dont la fermeture a été annoncée à la fin novembre. En activité depuis la création d’Hydro-Québec, GE Power, un fournisseur de la société d’État, déplacera ses activités aux États-Unis, tout en demeurant son principal client. « Cette entreprise est profitable et ses employé-es ont développé une expertise incomparable dans le monde, a indiqué le président de la CSN. Hydro-Québec doit rendre des comptes et privilégier l’achat local auprès de fournisseurs d’ici qui possèdent la main-d’œuvre spécialisée pour répondre à ses demandes. Nous ferons tout pour maintenir le plus d’emplois possible dans cette région. »

REM

Le projet du Réseau électrique métropolitain prévoit des investissements de plus de 3,7 milliards de dollars sans offrir de garanties adéquates en termes de retombées directes pour le Québec. « Au cours des prochains mois, nous ferons valoir auprès du gouvernement du Québec la nécessité d’assurer un contenu local, y compris dans le matériel roulant, a fait valoir Jacques Létourneau. Il doit y avoir une obligation pour la Caisse de dépôt et placement du Québec à favoriser les emplois d’ici pour la réalisation de ce projet. »

ALENA

Par ailleurs, la CSN demeure préoccupée des conséquences que pourrait avoir la renégociation de l’ALENA pour l’épanouissement de la culture québécoise et les services publics. La réouverture de cette entente doit être l’occasion de renforcer les mécanismes de défense des droits du travail et de protéger la capacité des États à intervenir pour défendre le bien commun sans risquer des poursuites abusives de la part d’investisseurs s’estimant lésés.

Élection québécoise

Année électorale au Québec, 2018 sera l’occasion pour la CSN de faire valoir les revendications des travailleuses et des travailleurs en interpellant les candidats et les partis politiques sur leurs préoccupations. « Après quatre années d’austérité et de sous-financement des services publics et des programmes sociaux, un changement s’impose dans la gestion des finances publiques, avec ces milliards de surplus qui s’engrangent et le déficit social qui ne cesse de se creuser. La prochaine élection sera l’occasion de revenir sur ces enjeux cruciaux pour la société québécoise », a déclaré le président de la CSN.

Le 65e Congrès de la CSN, qui s’est tenu en juin dernier, a d’ailleurs fait de la prochaine élection québécoise l’une de ses priorités. Un manifeste traçant les grandes lignes du projet de société défendu par la confédération syndicale a été adopté par les quelque 2000 délégué-es des syndicats.

« Suivant le plan d’action qui a été voté au congrès, nous entreprendrons, dès le mois de février, une tournée dans nos syndicats pour échanger avec nos membres sur les enjeux de la prochaine élection québécoise prévue en octobre, a expliqué Jacques Létourneau. Ils seront invités à adopter l’une des revendications inspirées du manifeste et à la soutenir. »

À partir des décisions qui seront prises sur le plan local, les conseils centraux de la CSN élaboreront des plateformes régionales de revendications à partir desquelles seront interpellés les différents candidats et candidates et les partis politiques. Le projet de la CSN vise une véritable politique industrielle, l’accessibilité à des services publics et à des programmes sociaux de qualité, une réforme majeure de la Loi sur les normes du travail prévoyant un salaire minimum décent pour toutes et tous, la mise en place d’une Charte de l’environnement impliquant une transition juste et écologique des emplois et la consolidation de la démocratie.

« Nous plaidons depuis longtemps pour la réforme du mode de scrutin qui permettrait à toutes les opinions de trouver leur place à l’Assemblée nationale, a soutenu le président de la CSN. Nous estimons également que l’état de la démocratie est intimement lié à la qualité de l’information. Or, la presse écrite au Québec traverse une crise majeure qui menace les emplois et l’accessibilité à une information de qualité. En 2018, nous poursuivrons les pressions auprès des gouvernements pour qu’ils soutiennent adéquatement les entreprises de presse. »

Le prochain budget québécois sera une autre occasion de plaider en faveur d’un réinvestissement massif dans les missions de l’État, plutôt que d’utiliser les surplus pour baisser les impôts.

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Une mauvaise solution à un vrai problème https://www.csn.qc.ca/actualites/une-mauvaise-solution-a-un-vrai-probleme-2/ Sun, 10 Dec 2017 12:49:11 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66258 Par Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (CSN), responsable politique du secteur Tourisme, diplômé de l’ITHQ

Sous prétexte de vouloir contrer l’actuelle rareté de main-d’œuvre qui touche la restauration, l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) demande une modification à l’article 50 de la Loi sur les normes du travail touchant aux pourboires.

Leur demande est claire : ils souhaitent pouvoir partager les pourboires des serveuses et des serveurs avec les salariés travaillant aux cuisines afin de valoriser ces métiers. Pour nous, il s’agit d’une mauvaise solution à un problème réel.

À cet égard, nous avons été surpris de l’appui de Liza Frulla, directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, à la demande de l’ARQ. Plus surprenant encore, elle soutient que le travail actuel dans un restaurant se fait désormais en équipe, au lieu de reposer presque entièrement sur le serveur. Pour justifier son appui, elle fait référence à une époque révolue depuis fort longtemps où le travail se faisait au « guéridon », par le serveur, devant les clients, à la table.

Cette vision archaïque des enjeux touchant à la main-d’œuvre de la restauration révèle une faible connaissance de ce milieu.

Pour nous, le partage des pourboires n’est pas une solution puisque cette proposition risque de déplacer le problème de recrutement vers les serveuses et les serveurs.

La Loi sur les normes du travail actuelle est claire : le pourboire versé directement ou indirectement par un client appartient en propre au salarié qui a rendu le service au client. Puisque la dernière révision de cette loi date de 2002, nous sommes d’avis qu’elle répond bien à la réalité des salariés à pourboire.

VALORISER LES MÉTIERS DE LA CUISINE

Pour réellement valoriser le travail exigeant qui est accompli dans les cuisines en restauration, l’ITHQ pourrait, entre autres, faire connaître ce métier peu reconnu. Peu de gens savent qu’on y trouve de nombreux postes intéressants offrant une rémunération décente et une perspective de carrière. Prenons simplement l’exemple éloquent du secteur de l’hôtellerie.

Conscients de la piètre qualité des emplois dans le secteur de l’hôtellerie au milieu des années 80, des hommes et des femmes travaillant dans ce domaine se sont syndiqués et ont développé des stratégies communes de négociation. Au fil des ans, grâce à leur détermination, et surtout à leur solidarité, ils ont réussi à obtenir des conditions de travail décentes qui leur permettent maintenant de faire carrière dans l’industrie.

En fait, les salaires et les avantages sociaux versés dans certains restaurants d’hôtels du Québec sont si avantageux que ces salariés ont des revenus qui les placent dans la classe moyenne.

À ces taux horaires, il nous faut ajouter les avantages sociaux : des vacances bonifiées, des régimes de retraite, des assurances collectives et des clauses favorisant la conciliation famille-travail qui constituent un facteur additionnel d’attraction et de rétention à l’emploi dans ce secteur. Pour arriver à de telles conditions de travail, nous avons misé sur la valorisation de ces emplois. Les faits nous démontrent le succès de cette stratégie.

Une autre avenue qui permettrait de bonifier les conditions des plus bas salariés de la restauration consisterait à promouvoir les revendications de la campagne 5-10-15, soit d’être informés de l’horaire de travail au moins 5 jours à l’avance, de disposer de 10 jours de congés payés annuellement et de recevoir une rémunération minimale de 15 $ l’heure. Nous sommes d’avis que l’ensemble de ces mesures seraient bénéfiques pour les secteurs d’emploi où il y a une rareté de la main-d’œuvre.

Finalement, nous nous opposons à la modification de l’article 50 de la Loi sur les normes du travail parce que nous croyons fermement qu’on ne peut corriger les salaires d’un groupe moins bien payé sur le dos d’un autre groupe mieux payé. Seule une hausse des salaires et des avantages sociaux offerts aux gens de métiers des cuisines pourra répondre à cette rareté de main-d’œuvre.

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Tolérance zéro! https://www.csn.qc.ca/actualites/tolerance-zero/ Tue, 24 Oct 2017 10:53:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=64480 À titre de représentantes et de représentants syndicaux et patronaux, à titre aussi d’acteurs de première ligne dans le monde du travail au Québec, nous tenons à faire la déclaration publique que voici.

Nous sommes ébranlés par l’ampleur des gestes qui mènent aux dénonciations courageuses des agressions et du harcèlement sexuels qui envahissent les tribunes actuellement. Celles-ci ont produit sur la société québécoise un véritable électrochoc collectif. À la suite de ces nombreux témoignages qui nous parviennent de tous horizons, nous réitérons notre intention de combattre la violence et le harcèlement au travail et demandons à nos organisations affiliées d’adopter la politique de tolérance zéro à cet égard.

Des lois existent pour prévenir et contrer la violence, le harcèlement et la discrimination au travail. Le Code du travail, la Loi sur les normes du travail et les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés s’appliquent non seulement aux salariés des organisations et des entreprises, mais aussi, aux fournisseurs, aux clients et à toutes personnes qui entourent leurs activités. Plusieurs employeurs et syndicats se sont aussi dotés, en partenariat, de moyens supplémentaires visant à assurer des environnements de travail respectueux entre les personnes. Des mécanismes ont été intégrés aux conventions collectives et aux codes d’éthique dans des organisations de toutes natures. Des politiques contre la violence et le harcèlement ont été adoptées. Des comités voués à cette problématique ont été mis en place. Ces outils agissent d’une part en prévention et, d’autre part, afin de fournir un soutien aux travailleuses et aux travailleurs en cas de situations litigieuses ou de plaintes.

Nous devons collectivement tout mettre en oeuvre pour que les milieux de travail du Québec soient exempts de violence. Il nous revient d’utiliser l’ensemble des outils à notre disposition pour l’enrayer à la source ou la faire cesser lorsqu’elle se manifeste. D’autres solutions existent également à cette fin : campagnes de sensibilisation, formations consacrées à cet enjeu crucial, appel à des groupes ayant une expertise avec les victimes, etc. Il nous faut prendre la situation à bras-le-corps, mener les initiatives qui s’imposent et agir sur tous les fronts pour un refus total de toute forme de violence ou de harcèlement au travail.

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec;
Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante;
Stéphane Forget, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec;
Véronique Proulx, présidente de Manufacturiers et Exportateurs du Québec;
Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques;
Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec;
Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux;
Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

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Le salaire minimum à 15 $, rien de moins https://www.csn.qc.ca/actualites/le-salaire-minimum-a-15-rien-de-moins/ Thu, 05 Oct 2017 15:45:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=64283 La semaine dernière, Philippe Couillard a adopté un ton «guerrier» pour défendre les intérêts de Bombardier contre Boeing et pour dénoncer l’injustice subie par une multinationale québécoise. Nous croyons que les travailleuses et les travailleurs qui sont au bas de l’échelle et qui luttent au quotidien contre la pauvreté mériteraient que leurs dirigeants politiques défendent leurs intérêts avec la même ardeur. En cette année préélectorale, c’est ce que nous demandons au gouvernement. Rien de moins.

Le 7 octobre, Journée mondiale pour le travail décent, il y aura exactement un an que nos organisations ont lancé la campagne 5-10-15. Celle-ci s’inscrit résolument dans le débat sur l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure. C’est ce que ça prend aujourd’hui, au Québec, pour sortir de la pauvreté après avoir travaillé toute l’année à temps plein. Rien de moins.

En plus du salaire minimum à 15 $, nous souhaitons que la ministre responsable du Travail fasse preuve de courage politique dans la modernisation des normes du travail. Nos deux autres revendications, le 5 et le 10, sont des mesures simples qui amélioreront grandement la conciliation travail-vie personnelle.

Le 5 : pour permettre à toutes et à tous d’organiser leur vie personnelle et leurs obligations familiales, la Loi sur les normes du travail doit obliger les employeurs à fournir l’horaire de travail au moins cinq jours à l’avance. Rien de moins.

Le 10 : pour soutenir les travailleurs et travailleuses qui sont confrontés à la maladie ou à des obligations familiales, il faut garantir 10 jours de congé payé. Plus de 60 % des travailleurs et travailleuses du Québec n’ont toujours pas accès à cette protection. Quand on a un budget serré, la perspective de perdre quelques jours de salaire incite bon nombre de personnes à travailler même lorsqu’elles sont malades. Si on s’absente pour prendre soin d’un proche gravement malade, ce sont des dépenses essentielles qui sont sacrifiées. Pour protéger des aléas de la vie, c’est 10 jours de congé payé. Rien de moins.

Malheureusement, le gouvernement semble trouver que les travailleuses et les travailleurs ne méritent ni de sortir de la pauvreté ni d’améliorer leurs conditions de travail. Alors qu’en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, le salaire minimum à 15 $ l’heure est en voie de devenir une réalité, le Québec mise sur une hausse totale de 1,70 $ sur quatre ans, pour le porter à 12,45 $ en 2020. Une gifle pour les personnes au salaire minimum. Rien de moins.

À un an des élections, la campagne 5-10-15 veut inviter l’ensemble des partis politiques à clarifier leurs engagements en matière de salaire minimum et de conditions de travail, mais aussi augmenter la pression sur le gouvernement pour le forcer à s’intéresser au sort des travailleuses et des travailleurs pauvres et à défendre leurs intérêts avec la même vigueur qu’il défend les intérêts du patronat. Rien de moins.

C’est pour cela que nous marcherons à Montréal le 15 octobre prochain, aux côtés de nos partenaires des autres campagnes pour le salaire minimum à 15 $ l’heure.

Mélanie Gauvin, Virginie Larivière, co-porte-parole de la campagne 5-10-15*

* Les sept organisations membres de la campagne 5-10-15 : le Front de défense des non-syndiquéEs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

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Un plan d’action qui vise juste https://www.csn.qc.ca/actualites/un-plan-daction-qui-vise-juste/ Tue, 18 Jul 2017 20:32:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=61210 Voir loin, viser juste, c’est le fondement du plan d’action présenté aux délégué-es du 65e Congrès de la CSN. Ce plan d’action est le reflet des préoccupations soulevées par les syndicats rencontrés lors de la tournée précongrès, autour de cinq grands thèmes touchant l’emploi, le revenu, la lutte contre les changements climatiques, la consolidation des services publics et le renforcement de la démocratie.

Au cours des trois prochaines années, les syndicats seront appelés à mettre en œuvre les mesures nécessaires à la réalisation du plan d’action de la CSN, qui s’avère ambitieux et dont le succès dépend de l’engagement de tous.

Parmi les priorités, la protection des services publics, car depuis l’élection des libéraux de Philippe Couillard, malgré tous les efforts déployés pour contrer l’entreprise de démolition de l’État social québécois, l’obsession du déficit zéro a privé des dizaines de milliers de Québécoises et Québécois des services auxquels ils ont droit. Les mesures d’austérité ont eu des effets dévastateurs, non seulement sur les travailleuses et travailleurs du réseau public de santé, de services sociaux et d’éducation, mais aussi chez tous les citoyens et citoyennes qui ont subi des hausses tarifaires répétées, notamment en matière de frais de garde, d’accès aux soins de santé ou de coûts d’électricité.

Au cours des trois prochaines années, la CSN veut investir le terrain politique, à sa façon, par l’action syndicale, pour mettre un terme au saccage de nos services publics. L’orientation idéologique de ce gouvernement met en péril la qualité de vie et des emplois des classes moyennes et populaires, et l’approche d’une élection permettra de susciter des débats et une mobilisation sur ces enjeux cruciaux pour la société québécoise. Le plan d’action propose donc d’aller à la rencontre des membres dans leurs milieux de travail pour ouvrir un espace de réflexion sur le Québec que nous voulons.

Pour Karine L’Écuyer, du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency, « il est important de poursuivre les batailles sociales qui mettent de l’avant l’ensemble de nos valeurs. Il faut qu’on s’inquiète pour l’ensemble de la société. Nous sommes dans des mesures d’austérité permanentes, alors il faut qu’on soit en lutte permanente, à mon avis ».

Nécessaire réforme des lois du travail

La CSN propose une réforme majeure de la Loi sur les normes du travail et de ses règlements, qui touchent à la fois le salaire minimum, les congés, les vacances, l’équité de traitement ou les licenciements collectifs. La CSN veut garantir des emplois de qualité, ce qui inclut un salaire décent pour toutes et tous dans l’ensemble des régions du Québec.

Pour Kevin Gagnon, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Bridgestone Joliette, la campagne du 5-10-15 est essentielle. « Les travailleurs, chez nous, gagnent plus de 15 $ l’heure, mais pour ce qui est des 10 jours de congé payés pour cause de maladie ou pour la famille, même dans un syndicat mature de 40 ans comme le nôtre, on n’en bénéficie pas. C’est la Loi sur les normes qui s’applique, 10 congés pour obligations familiales, c’est tout. On n’a pas de congés payés. Même chose pour la demande qui réclame cinq jours d’avis pour les changements d’horaire, c’est important pour nous, pour l’organisation de la vie des jeunes familles. »

Josée Chamberland, du Syndicat du soutien scolaire des Appalaches, partage également ce point de vue. À ses yeux, la campagne 5-10-15 est très importante. « C’est fondamental pour nous, il faut en parler à nos membres, démystifier ça. Plusieurs d’entre eux nous disent que ça n’a pas de bon sens d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure. Que nos entreprises vont devoir augmenter les prix, vont faire faillite, alors qu’on sait très bien que ce n’est pas la réalité, que ce sont des entreprises qui font des profits importants. »

Pour Michel Paré, président du Syndicat des travailleurs de l’Hôtel Bonaventure à Montréal, « l’amélioration de la Loi sur les normes du travail et la réforme du Code du travail, c’est une priorité. Plusieurs syndicats ont dû faire la grève ou ont subi des lock-out. Mon syndicat a fait cinq semaines de grève et ce qui a fâché les collègues, ça a été de constater qu’il y avait quelqu’un d’autre qui faisait leur travail pendant qu’ils étaient dans la rue et qu’ils n’avaient pas de salaire. Notre employeur a continué d’opérer pendant qu’on était en grève grâce au personnel des agences, du personnel qu’il cachait dans des chambres. On était impuissants devant ça. L’inspecteur du travail ne pouvait pas être là tout le temps. Les briseurs de grève, les agences de placement, il y a un gros ménage à faire là. »

Maintien d’emplois de qualité

La CSN réclame depuis très longtemps, une véritable politique industrielle accompagnée de ressources financières. Un projet qui compte beaucoup pour Kevin Gagnon. « Le secteur manufacturier a connu de lourdes pertes dans les dernières années, c’est important qu’on soit capable de mettre des balises et qu’on garde des emplois de qualité au Québec. Il faut être capable d’obliger les entreprises à faire de la deuxième et de la troisième transformation ici. » Une préoccupation que partage entièrement Raphaël Jobin, président du Syndicat des travailleurs du Chantier naval de Lauzon. « C’est une grande priorité pour nous. Ce qu’on a voulu, c’est inclure la construction navale dans une politique industrielle. C’est le nerf de la guerre pour notre fédération, la Fédération de l’industrie manufacturière. Si on n’a pas quelque chose de concret à amener aux politiciens fédéraux et provinciaux, on ne pourra pas survivre comme chantier. On a déjà eu des engagements clairs, mais ça a été balayé après les élections. On a été fermé pendant sept ans. Notre combat, c’est aussi celui d’une partie de la population. »

Développement durable et transition juste

Sur le plan environnemental, la CSN propose la mise en place d’une Charte de l’environnement qui favorise une transition juste et écologique des emplois. Une proposition qui rejoint Karine L’Écuyer. « La question de l’environnement est intéressante quand il est question de trouver des nouveaux secteurs d’emploi pour aider les gens qui travaillent actuellement dans des secteurs polluants, dans des secteurs où on ne veut pas investir pour l’avenir. Pour ça, la CSN a un gros travail à faire pour convaincre la population qu’il y a d’autres options, rassurer les travailleuses et travailleurs et ne pas les laisser tomber. »

Sauvegarde de services publics de qualité

La CSN veut s’assurer du maintien de l’universalité, de l’accessibilité et de la qualité des services publics. Elle réclame un réinvestissement dans les services publics et les programmes sociaux. Le plan d’action de la CSN entend contrer la privatisation des services publics et la prolifération de la sous-traitance dans tous les secteurs d’activité. « Ce qui m’interpelle le plus, c’est l’accessibilité et la défense des services publics », nous dit Marie-Claire Desbiens, secrétaire générale du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. « Les libéraux sont en train de tout détruire. La privatisation me fait très peur, parce que Barrette, c’est ça qu’il veut, et c’est là qu’on s’en va. Il va falloir être très présent. Être visible, faire connaître nos luttes, intéresser les médias. »

Consolidation de la démocratie

Pour renforcer la démocratie, la CSN exige depuis des années une révision en profondeur du mode de scrutin et le maintien d’une information de qualité dans toutes les régions du Québec. En cette ère de désinformation, les citoyens ont plus que jamais besoin d’une information équilibrée et de qualité qui touche leurs préoccupations, où qu’ils se trouvent.

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Exploitation des travailleurs d’agence : qu’attend le gouvernement pour légiférer? https://www.csn.qc.ca/actualites/exploitation-des-travailleurs-dagence-quattend-le-gouvernement-pour-legiferer/ Mon, 12 Jun 2017 19:53:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=60894 Blogue de Jean Lacharité

Avez-vous lu la série d’articles parus dans le quotidien La Presse, ce samedi, à propos, notamment, des travailleuses et des travailleurs d’agence? À la lecture de ces articles, une question surgit : qu’attend le gouvernement pour légiférer afin de faire cesser l’exploitation dont sont victimes les travailleuses et les travailleurs employés par des agences de placement? C’est la question qu’avait posée la CSN dans le cadre du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre en février dernier, et qu’elle réitère ces jours-ci. À l’époque, le premier ministre lui-même avait avoué que la situation était insoutenable « On m’a raconté des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête. Ce sont des entreprises instables, qui font faillite et qui renaissent sous un autre nom; les travailleurs se retrouvent souvent abandonnés », avait lancé le premier ministre. Pourtant, depuis, c’est le silence radio.

Soyons honnêtes : c’est une exploitation qui frôle l’esclavagisme, rien de moins. Au 21e siècle, il est tout à fait inconcevable que des femmes et des hommes, immigrants et vulnérables, travaillent dans des conditions aussi affligeantes. Et ne nous y trompons pas, les agences n’emploient pas que des travailleurs sans papiers. Bon nombre d’immigrants reçus n’ont d’autre choix que de se tourner vers ces agences, étant incapables de se dénicher un emploi stable.

L’article le plus frappant de La Presse relate l’expérience d’une femme qui s’est infiltrée incognito dans ces milieux de travail qui sont, avouons-le, d’un autre temps. Cette dernière décrit en détail les conditions déplorables dans lesquelles elle et des centaines d’hommes et de femmes doivent travailler, parfois jusqu’à l’épuisement.

La CSN presse donc le gouvernement de Philippe Couillard de donner suite à sa promesse lancée en février dernier de rouvrir la Loi sur les normes du travail pour améliorer les conditions de travail de ces travailleurs. Il y a urgence d’agir, d’autant plus que le Québec est la seule province canadienne où les agences ne sont pas encadrées légalement.

Selon des données de Statistique Canada, les revenus des agences de placement du Québec se chiffraient, en 2012, à 1,5 milliard de dollars. Rappelons que pour tenir une telle agence et poursuivre ses activités, il n’existe au Québec aucune obligation, ni de s’enregistrer, ni d’obtenir un permis, ni même de faire preuve de solvabilité. Cette absence d’encadrement laisse donc les agences libres de déterminer elles-mêmes leur mode de fonctionnement sans avoir à rendre compte de leurs activités ou des normes qu’elles se donnent.

De plus, puisque les agences n’ont pas à prouver leur solvabilité, plusieurs travailleuses et travailleurs vivent des embûches lorsque vient le temps de recouvrer les sommes qui leur sont dues, particulièrement lorsque les agences ont des difficultés financières, déclarent faillite ou ferment leurs portes tout simplement. Il n’y a aucune obligation d’accorder au salarié-e d’agence les mêmes conditions de travail que celles dont bénéficient, à qualification et à expérience égales ou équivalentes, ceux de l’entreprise cliente qui font le même travail. Cela entraîne d’importantes disparités de traitement en fonction du statut d’emploi.

Un patronat complice?

Dès 2013, la CSN, en collaboration avec d’autres organisations syndicales, déposait au Conseil consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM), une importante recherche mettant en lumière l’urgence d’encadrer légalement ces milieux d’emploi. Mais les représentants patronaux, siégeant aussi au CCTM, avaient refusé de donner suite aux recommandations syndicales. Comment le patronat peut-il tolérer une telle situation? N’a-t-il pas à cœur le sort de ces femmes et de ces hommes?

Poser la question, c’est un peu y répondre.

 

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Le prochain budget Leitão doit prévoir un réinvestissement dans la formation et l’éducation https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-leitao-reinvestissement/ Fri, 17 Feb 2017 23:58:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=58391 Au sortir du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a invité le gouvernement Couillard à faire preuve d’audace et à profiter du prochain budget pour réinvestir massivement dans la formation, l’éducation et l’enseignement supérieur.

« Depuis hier, les interventions des participants et des participantes ont démontré que de façon générale le système d’éducation fonctionne très bien et qu’il remplit son rôle pour former des travailleuses et des travailleurs, mais aussi des citoyennes et des citoyens, a déclaré Jacques Létourneau. Toutefois, les mesures d’austérité ont fait très mal et un réinvestissement s’impose. Avec les surplus budgétaires qu’il engrange depuis 18 mois, il dispose de toutes les marges de manœuvre pour le faire. »

Ce forum, qui réunissait les centrales syndicales, les associations patronales et les organisations reliées au secteur de l’éducation, de la formation et de l’employabilité, notamment, a permis à la CSN d’intervenir sur toutes les questions qui la préoccupent au regard de l’emploi et de la main-d’œuvre. « Nous avons insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions générales de vie au travail pour pourvoir les postes vacants et pour maintenir les travailleuses et les travailleurs à l’emploi. Il est faux de prétendre que l’attraction et la rétention se résument à de la formation », a poursuivi Jacques Létourneau pour qui la formation ne doit pas être asservie aux stricts besoins à court terme des employeurs, comme le souhaitent notamment les associations patronales.

Le porte-parole syndical a rappelé des études de l’OCDE et de l’OIT qui ont établi une corrélation entre l’amélioration des conditions de travail et l’accroissement de la productivité. « En bonifiant les conditions de travail, on agit donc aussi sur l’économie du Québec et sur la rentabilité des entreprises. »

À cet égard, la CSN a bien accueilli l’annonce du premier ministre Couillard d’agir sur les agences de placement de main-d’œuvre et de réviser la Loi sur les normes du travail. En clôture de l’événement, M. Couillard a salué les interventions syndicales sur les agences de placement qui lui ont « rappelé des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête », en raison du sort que réservent ces bureaux de main-d’œuvre aux travailleurs immigrants.

« Une révision de la Loi sur les normes du travail doit viser à une bonification des conditions de travail, a expliqué le président de la CSN. Il n’est pas question de reculer et nous pousserons pour faire valoir les revendications de la coalition 5-10-15. Par ailleurs, nous avons très bien démontré la nécessité d’adopter une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études pour établir des conditions uniformes à toutes les entreprises québécoises qui profiteraient à tout le monde. »

Au cours de cet événement, la CSN a aussi plaidé pour que le gouvernement réinvestisse dans les programmes d’employabilité et de francisation, un domaine malmené par l’austérité, et pour qu’il enraye le racisme systémique, notamment en instituant une commission parlementaire, deux conditions pour favoriser une meilleure intégration des immigrantes et des immigrants et pour leur ouvrir le marché du travail. Elle a aussi lancé un appel pour que soit développée une stratégie d’emploi pour les femmes.

À l’ouverture du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, les centrales syndicales québécoises en avaient profité pour lancer une déclaration qui établissait leurs priorités.

Outre Jacques Létourneau, la délégation de la CSN était formée de Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, de Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, d’Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), de Nicole Lefebvre, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), de David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN), de Michel Forget, adjoint au comité exécutif de la CSN, et de Julie Audet, conseillère syndicale au Service des relations du travail de la CSN. Le Rendez-vous sur la main-d’œuvre, qui se tenait au Centre des congrès de Québec, s’est terminé vendredi.

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Les entreprises doivent se responsabiliser davantage https://www.csn.qc.ca/actualites/les-entreprises-doivent-se-responsabiliser-davantage/ Thu, 16 Feb 2017 23:56:44 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=58330 Au jour 1 de cette rencontre au sommet, où le gouvernement a invité les centrales syndicales, les associations patronales et les organisations reliées au secteur de l’éducation, notamment, la CSN a défendu la nécessité que les entreprises se responsabilisent davantage.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a indiqué que l’une des conditions pour répondre adéquatement aux enjeux liés à l’emploi et à la disponibilité de main-d’œuvre dépasse la formation et les compétences pour pourvoir les postes vacants. Dans les entreprises, le dialogue est nécessaire pour identifier les besoins touchant à l’organisation du travail, en impliquant davantage les travailleurs et les travailleuses, mais aussi les besoins en formation. En outre, il faut que les employeurs réinvestissent dans leurs entreprises. Jusqu’ici, c’est un échec.

Illustration : Luc Melanson

Le vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr a plaidé pour relever le salaire minimum et favoriser la syndicalisation afin d’améliorer les conditions de travail au Québec. Il a aussi déploré le peu d’action gouvernementale pour favoriser le maintien des entreprises d’ici qui déménagent aux États-Unis, plutôt que d’investir et de les rendre plus performantes.

Plus tôt dans la journée, les présidences des centrales syndicales CSN, CSD, CSQ et FTQ ont rencontré les médias pour expliquer les grandes lignes de la déclaration syndicale lancée pour ce forum.

Outre Jacques Létourneau et David Bergeron-Cyr, la délégation de la CSN est formée de, Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Nicole Lefebvre, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), Michel Forget, adjoint au comité exécutif de la CSN, et Julie Audet, du Service des relations de travail de la CSN. Le Rendez-vous sur la main-d’œuvre, qui se tient au Centre des congrès de Québec, se termine vendredi.

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Le gouvernement Couillard doit tenir compte des préoccupations des travailleuses et des travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-couillard-doit-tenir-compte-des-preoccupations-des-travailleuses-et-des-travailleurs/ Thu, 16 Feb 2017 13:22:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=58286 À l’ouverture du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, les présidences des centrales syndicales québécoises lancent un message clair au gouvernement Couillard : la qualité de vie au travail doit être au cœur des moyens mis en œuvre dans une stratégie visant à assurer le développement économique du Québec et la prospérité de l’ensemble des Québécoises et Québécois.

Après près de trois années de ce gouvernement consacrées à l’austérité, les centrales syndicales accueillent favorablement l’ouverture au dialogue qui se concrétise par ce rendez-vous. Cependant, elles souhaitent que ce soit aussi l’occasion pour le gouvernement de Philippe Couillard de démontrer qu’il ne penche pas systématiquement du côté des employeurs, qui souhaitent orienter l’éducation selon leurs stricts besoins à très court terme, et qu’il prêtera une oreille attentive aux propositions du mouvement syndical.

Pour assurer un développement économique, les centrales syndicales plaident pour une relance des secteurs manufacturier et industriel, ainsi que pour la création d’emplois de qualité dans un contexte de développement durable. Le gouvernement du Québec doit se mettre en marche pour inciter les entreprises à investir en innovation, en recherche et en développement, et ce afin d’assurer la vitalité de l’économie québécoise. Les centrales rappellent également le rôle majeur des services publics comme moteur de développement économique, particulièrement en région, et soulignent que les problématiques de main-d’œuvre y sont aussi bien présentes, notamment en raison des mesures d’austérité des dernières années.

Le recul de la population en âge de travailler est préoccupant. De même, les impacts possibles des évolutions technologiques et de la lutte aux changements climatiques sur les travailleuses et les travailleurs et leur maintien en emploi doivent être au cœur des discussions. Toutefois, il faut préserver la mission des réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur, qui doivent former les jeunes et les adultes pour qu’ils puissent s’épanouir afin de participer pleinement à la société. Le gouvernement doit s’assurer d’un financement qui leur permet de préserver leur mission, en maintenant une formation générale et une offre variée de programmes, et de jouer adéquatement leur rôle à cet égard dans toutes les régions du Québec. Restreindre leur mission aux seules préoccupations patronales limiterait profondément les compétences des jeunes et des adultes et leur mobilité dans une économie en constante évolution.

Le gouvernement Couillard doit impérativement considérer la question des conditions de travail et de la qualité de vie au travail des emplois actuellement disponibles. Il est faux de prétendre à une pénurie de main-d’œuvre qui serait liée strictement à un manque de compétences et de qualification des travailleuses et des travailleurs. La qualité des emplois disponibles, le niveau de la rémunération, l’organisation du travail, les carences en santé et en sécurité du travail, notamment sur le plan de la santé mentale, l’existence de disparités de traitement dans la couverture de régimes de retraite dans certains milieux de travail, nuisent très certainement à la nécessité pour certains employeurs de combler les postes dans leurs entreprises.

En outre, l’adoption d’une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études et des services de garde éducatifs adéquats permettraient très certainement à un plus grand nombre de jeunes parents – au premier chef les femmes – de ne pas avoir à faire des choix déchirants pour accéder au marché du travail et de se maintenir en emploi, en plus de permettre de pourvoir les emplois disponibles et ceux qui le deviendront dans un avenir rapproché.

L’absence de règlementations, au Québec, visant les agences de placement, un vivier des pires conditions de travail dans lequel sont confinés des milliers d’ouvriers, dont un nombre considérable d’immigrantes et d’immigrants, constitue aussi un écueil important sur le chemin de la stabilisation des emplois et de la main-d’œuvre.

En ce sens, la bonification de la Loi sur les normes du travail et un salaire minimum qui permette de sortir de la pauvreté doivent aussi être considérés dans les pistes d’action du gouvernement. Il est également important que le Québec se rallie au projet de bonification du régime public de retraite (RRQ), que le reste du Canada a accepté.

Les centrales syndicales déplorent le peu d’espace qui est accordé à ces questions essentielles qui sont pourtant au cœur d’une stratégie visant à répondre à un marché du travail qui évolue rapidement. Dans ce débat qui concerne les emplois disponibles, l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre, les employeurs ont une responsabilité à laquelle ils ne peuvent se soustraire. Il en est de même de leur rôle dans le financement des différents programmes qui doivent être déployés.

À cet égard, les entreprises doivent s’engager à financer adéquatement la formation, l’accueil et l’intégration en emploi. Au fil des années, elles n’ont cessé de réclamer une diminution de leurs charges fiscales et il est déplorable que les gouvernements qui se sont succédé aient répondu positivement à leurs demandes, privant ainsi le Québec d’importantes ressources. L’éducation, l’enseignement supérieur, le perfectionnement et la formation continue ne peuvent être financés uniquement par les contribuables. Les entreprises doivent assumer pleinement leurs responsabilités sociales à ces égards.

Le gouvernement doit également agir sur les obstacles qui limitent l’accès à la formation. Pensons notamment à la formation professionnelle uniquement financée à temps plein, à l’enjeu des petites cohortes en région qui ne peuvent démarrer faute de ressources financières adéquates ou aux enveloppes fermées en formation continue. L’accessibilité est un vrai problème.

Nous sommes déterminés à agir en ce sens dans l’intérêt supérieur des Québécoises et des Québécois.

François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

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La CSN salue le rapport du Directeur de santé publique de Montréal https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-salue-le-rapport-du-directeur-de-sante-publique-de-montreal/ Wed, 07 Dec 2016 21:12:35 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=57425 La Confédération des syndicats nationaux salue la publication du rapport émis par le Directeur de santé publique de Montréal (DSP–M) au sujet des agences de location de personnel.

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« Le rapport met en lumière les problèmes fondamentaux liés à ces agences de placement, un secteur affichant actuellement une croissance fulgurante. Les emplois offerts par celles-ci sont précaires, à bas salaire, et les personnes immigrantes y sont surreprésentées. Les travailleuses et les travailleurs qui utilisent les services de ces agences sont souvent très scolarisés même si ces emplois exigent généralement peu de compétences, de préciser Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Les emplois les plus dangereux sont souvent confiés à ces agences, ce qui permet à certains employeurs d’externaliser les risques liés à la santé et à la sécurité du travail afin d’afficher un dossier plus reluisant à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). »

Selon le rapport, les emplois dans les agences présentent un risque variant de élevé à extrême de lésions professionnelles, et les périodes d’indemnisation y sont plus longues, ce qui s’explique probablement par la gravité des lésions.

« Plus de 80 % des agences sont situées dans le Grand Montréal et les travailleuses et les travailleurs qu’elles emploient sont trop souvent invisibles. La relation tripartite d’emploi (client-agence-salarié) rend l’application de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) fort difficile. Les agences et leurs clients se renvoient la balle, que ce soit pour la simple responsabilité de fournir des équipements, la formation ou la prise en charge des accidents. Tous ces facteurs compromettent le droit à des conditions de travail sécuritaires », de dénoncer Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain (CCMM–CSN).

« Dans un contexte d’emplois multiples, il devient difficile de repérer la source des maladies qui se développent à long terme. Les travailleuses et les travailleurs d’agences sont aussi vulnérables du fait qu’il leur est très difficile d’exercer un droit de refus ou de signaler un accident de travail chez le client puisqu’ils pourraient perdre leur emploi. En ce sens, le taux de déclaration des accidents est clairement sous-évalué. La CSN revendique un encadrement strict des agences par le biais d’une réforme législative de toutes les lois du travail qui touchent à leurs activités. Cette réforme viserait à contrer les nombreuses difficultés que génère la relation tripartite et créées par le vide règlementaire actuel, en assurant un traitement juste et équitable des travailleuses et des travailleurs d’agences », de conclure Jean Lacharité.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

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La CSN rejette tout allègement supplémentaire des normes https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-rejette-tout-allegement-supplementaire-des-normes/ Tue, 15 Nov 2016 18:48:57 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=56879 Pour la Confédération des syndicats nationaux, les nouvelles normes de sécurité pour les centres d’hébergement privés annoncées l’année dernière ne doivent pas être allégées. La CSN considérait que ces normes, qui se voulaient une réponse du gouvernement à la tragédie de l’Isle-verte, n’allaient déjà pas assez loin.

« À la suite de la catastrophe de l’Isle-verte, le coroner Delage écrivait qu’un système de gicleurs automatique dans un immeuble ne règle pas tous les problèmes, rappelle le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Il recommandait une combinaison de mesures protectrices, dont, surtout, un personnel qualifié en nombre suffisant. Le projet de règlement que pilote aujourd’hui Gaétan Barrette va à l’encontre de cette recommandation : il doit être complètement repensé. Si le gouvernement pense que les organismes à but non lucratif ne sont pas capables de respecter ces normes, nous l’invitons plutôt à réfléchir à un moyen de les soutenir pour qu’ils soient en mesure de le faire ».

Depuis plusieurs mois, la CSN mène campagne contre la privatisation et l’effritement de nos services publics en santé et services sociaux.

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