Organismes gouvernementaux – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Fri, 13 Sep 2024 21:00:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Organismes gouvernementaux – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Quand le syndicalisme défend la volonté de la population https://www.csn.qc.ca/actualites/quand-le-syndicalisme-defend-la-volonte-de-la-population/ Sun, 15 Sep 2024 10:00:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=99480 En cette Journée internationale de la démocratie, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) rappelle que syndicalisme va de pair avec démocratie. « Les organisations syndicales jouent un rôle important pour influencer la société. Leurs actions ont aidé à mettre en place de grands fleurons québécois comme les CPE et nos services publics. Mais on oublie souvent qu’une des grandes contributions du mouvement syndical est son travail d’enrichissement de la démocratie », observe Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« L’action collective est au cœur de la pratique syndicale. En se regroupant et en agissant de manière collective, les travailleuses et les travailleurs syndiqués exercent leur pouvoir de transformer leur milieu de travail en faisant reculer le pouvoir unilatéral des employeurs », poursuit la présidente du mouvement.  

La syndicaliste déplore que ces dernières années, on assiste à l’érosion d’espaces démocratiques en raison de décisions gouvernementales. « Qu’on pense à la création de Santé Québec, qui procède à une centralisation extrême dans le réseau de la santé. Que l’on pense à l’abolition des commissions scolaires il y a quelques années ou bien aux diverses attaques envers les services publics de manière générale, alors que la population y tient. Toutes ces initiatives gouvernementales enlèvent du pouvoir aux citoyennes et aux citoyens. Les organisations syndicales se sont opposées à ces diverses mesures, notamment en mettant le doigt sur les dérives centralisatrices », continue-t-elle.

La CSN profite aussi de cette journée pour rappeler ses demandes relativement au mode de scrutin, qui devrait être proportionnel et assurer une juste place aux femmes. « C’est une question de démocratie ! Dans l’opposition, la CAQ s’était d’ailleurs engagée à réformer le mode de scrutin si elle était au pouvoir… », conclut Mme Senneville.

 

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 320 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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Négociations du secteur public – À défaut d’une entente, le Front commun déclenchera la grève générale illimitée en début d’année 2024 https://www.csn.qc.ca/actualites/negociations-du-secteur-public-a-defaut-dune-entente-le-front-commun-declenchera-la-greve-generale-illimitee-en-debut-dannee-2024/ Thu, 21 Dec 2023 15:17:20 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=93521 Réunies hier dans leurs instances respectives, les délégations de la CSN, de la CSQ, de la FTQ et de l’APTS ont réitéré le mandat de déclencher la grève générale illimitée (GGI), ultime moyen de pression. Elles ont déterminé qu’à défaut d’entente satisfaisante d’ici là pour les 420 000 travailleuses et travailleurs qu’elles représentent la GGI sera exercée rapidement au moment opportun en début d’année 2024.

« Le message envoyé par nos instances pourrait se résumer en deux mots : ouverture et détermination. Après 11 jours de grève, forts de la mobilisation historique de 420 000 travailleuses et travailleurs et avec l’appui de la population à nos revendications, nous sommes ouverts à négocier une entente – favorable autant pour nos membres que pour la population du Québec – mais nous sommes aussi déterminés à obtenir les conditions nécessaires pour maintenir la pression tant qu’il le faudra », font valoir les porte-paroles du Front commun François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

Une entente possible, si la volonté politique est au rendez-vous

Au lendemain de ces instances, les porte-paroles du Front commun rappellent qu’une entente demeure possible d’ici la fin de l’année mais que pour y parvenir, il est essentiel que le gouvernement accepte de garantir la protection du pouvoir d’achat et d’assurer un enrichissement réel, permettant un rattrapage général des salaires et une amélioration des conditions de travail et d’exercice pour que les réseaux publics puissent faire face à la pénurie de main-d’œuvre qui les frappe de plein fouet. Des ouvertures ont été démontrées par les organisations syndicales, notamment sur la durée de la convention, mais, devant un contexte économique volatile, le gouvernement doit garantir aux 420 000 travailleuses et travailleurs qu’ils et elles ne courront pas le risque de voir leur pouvoir d’achat s’effriter au cours des prochaines années.

À la veille du temps des fêtes, le Front commun continuera de négocier et de mettre les bouchées doubles pour conclure une entente favorable dans les meilleurs délais pour les 420 000 travailleuses et travailleurs ainsi que pour la population. Ces avancées sont possibles, à condition que le gouvernement trouve des solutions pour répondre aux priorités des travailleuses et des travailleurs. Devant l’état actuel des réseaux l’heure n’est pas au statu quo, et encore moins aux attaques. Des mandats pour répondre aux propositions syndicales devront être confiés dès aujourd’hui aux tables sectorielles afin d’arriver à un règlement global.

« La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Nos membres sont mobilisés et déterminés. Nous avons un mandat clair pour avoir recours à la grève générale illimitée afin d’obtenir les conditions de travail nécessaires pour mettre un terme à la pénurie de main-d’œuvre. Nous allons exercer ce mandat si nécessaire et au moment jugé opportun en début d’année. Maintenant, ce que l’on veut d’abord et avant tout, c’est négocier sérieusement », concluent les porte-paroles.

À voir sur Facebook

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation
  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • retard salarial : 16,6 % ;
  • retard de rémunération globale : 7,4 % ;
  • proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.
À propos du Front commun

Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur.

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Échéance des conventions collectives du secteur public : le printemps se réchauffe et la mobilisation aussi! https://www.csn.qc.ca/actualites/echeance-des-conventions-collectives-du-secteur-public-le-printemps-se-rechauffe-et-la-mobilisation-aussi/ Thu, 30 Mar 2023 14:59:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=88398 Près de 2000 militantes et militants, issus des réseaux de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation et de l’enseignement supérieur, sont réunis aujourd’hui au Centre des congrès de Québec à l’occasion du rassemblement du Front commun pour marquer l’échéance imminente des conventions collectives du secteur public et discuter de l’intensification de la mobilisation qui s’annonce.

« Nous, d’une seule voix! Le message est clair. Ce rassemblement est l’occasion de tisser des liens, d’échanger et de discuter entre collègues des enjeux de cette négociation et des différentes stratégies, mais c’est surtout une étape importante de la mobilisation pour la ronde de négociations 2023 », d’indiquer François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Robert Comeau, président de l’APTS, et Magali Picard, présidente de la FTQ.

« Nous sommes prêts à nous mobiliser et nous serons présents sur le terrain pour rappeler au gouvernement que notre objectif est d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services en bonifiant les conditions de travail et en accordant aux travailleuses et aux travailleurs des augmentations salariales permettant un enrichissement et une protection permanente contre l’inflation. Après lui avoir tendu la main, on s’attend maintenant à ce que le gouvernement fasse mieux que son dépôt de cette semaine, qui ne bonifie rien et qui continue de faire en sorte que les travailleuses et les travailleurs s’appauvrissent. Ça prend beaucoup plus que de la “réorganisation du travail” et de la “flexibilité” pour pallier les effets dévastateurs de la pénurie de main-d’œuvre sur le quotidien de celles et ceux qui travaillent dans nos réseaux. Il faut réinvestir à la hauteur de la gravité de la situation », de poursuivre les leaders syndicaux.

Le Front commun insiste sur le fait que la population tient aux services publics et qu’elle reconnaît le besoin de réinvestir. La pandémie a démontré à quel point les travailleuses et les travailleurs de ces réseaux font partie du quotidien des Québécoises et des Québécois. Mais il y a une contradiction évidente entre baisser les impôts et parler de restructuration, alors que le Front commun dénonce les bris de services, l’exode de l’expertise et les difficultés d’attraction. « Notre monde est épuisé, c’est très clair. Mais le gouvernement ne devrait pas sous-estimer sa volonté et sa capacité de mobilisation », ont-ils ajouté, tout en faisant valoir l’importance du Front commun dans le contexte actuel.

« Nous, d’une seule voix; ce sont les membres qui l’ont voulu. Ils nous ont demandé de travailler ensemble, en toute solidarité, en contrepoids aux stratégies de division du gouvernement, qui ne font que nuire aux réseaux. Parce que, chaque jour, ce sont ces femmes et ces hommes qui font les frais du manque de vision à long terme dans nos écoles, nos centres, nos hôpitaux, nos CIUSSS, nos collèges, etc. Dans un contexte de finances publiques en bonne santé, il n’y a vraiment aucune raison pour que le gouvernement ne dépose pas de nouvelles offres véritablement bonifiées. »

« Et attention! Il faudra que cette négociation réponde aux besoins des 420 000 travailleuses et travailleurs que nous représentons. Au-delà de l’agenda politique de la CAQ, il y a des centaines de titres d’emploi tout aussi essentiels de laissés-pour-compte par les offres du gouvernement. Le travail des uns influence celui des autres, c’est un écosystème. Et oui, nous entendons défendre et négocier un règlement équitable pour l’ensemble des membres du Front commun. C’est une question de respect. »

Revendications en bref
Rappelons brièvement qu’au plan salarial, le Front commun revendique l’application d’un mécanisme permanent d’indexation annuelle basé sur l’indice des prix à la consommation (IPC), ainsi qu’un enrichissement visant un rattrapage salarial.

  • Pour 2023 : une hausse de 100 $ par semaine pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs OU IPC + 2 % (selon la formule la plus avantageuse);
  • Pour 2024 : IPC + 3 %;
  • Pour 2025 : IPC + 4 %.

Le Front commun porte également d’autres revendications à la table centrale, notamment en ce qui concerne :

  • la retraite;
  • les droits parentaux;
  • les disparités régionales;
  • les assurances collectives;
  • les lanceurs d’alerte.

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $;
  • Retard salarial : -11,9 %;
  • Retard de rémunération globale : -3,9 %;
  • Proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

Pour plus d’information sur la négociation en cours : https://www.frontcommun.org/.

À propos du Front commun
Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2023.

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Les agents correctionnels marquent la reprise des négociations avec un coup d’éclat https://www.csn.qc.ca/actualites/les-agents-correctionnels-marquent-la-reprise-des-negociations-avec-un-coup-declat/ Fri, 25 Feb 2022 15:58:14 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81705 Les agents des services correctionnels du Québec ont déployé une immense bannière sur l’édifice abritant les bureaux du Conseil du trésor à Montréal vendredi matin, afin d’accentuer la pression sur le gouvernement au moment où reprenaient les négociations entre les parties syndicale et patronale.

« Nous espérons que le Trésor nous démontrera finalement qu’il comprend toute l’étendue des problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre qui minent les services correctionnels », affirme Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN). « Les agentes et agents des services correctionnels sont des travailleurs essentiels qui exercent un métier difficile et dangereux. Ils méritent plus de reconnaissance de la part du gouvernement. »

Le Conseil du trésor a invité les porte-paroles syndicaux à revenir à la table de négociation cette semaine, après que ceux-ci aient mis fin aux négociations en décembre parce qu’ils jugeaient les offres salariales du gouvernement largement insuffisantes.

« Parce qu’ils travaillent dans l’ombre, les agents correctionnels figurent parmi les oubliés de la pandémie de COVID-19, explique Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). L’exercice de leur travail, déjà excessivement stressant et dangereux, l’est devenu encore plus avec le coronavirus qui continue de faire des ravages dans les établissements de détention. »

D’ailleurs, selon un sondage commandé à la firme Léger par le SAPSCQ–CSN, moins du quart des Québécoises et des Québécois affirment qu’ils accepteraient de travailler comme agente ou agent de services correctionnels, ce qui explique en partie les difficultés de recrutement.

« Le coup d’éclat d’aujourd’hui démontre que les agents en ont vraiment ras le bol, tonne Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain (CCMM–CSN). Leur convention collective est échue depuis bientôt deux ans ; il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités et leur témoigne la reconnaissance qu’ils méritent. »

En novembre dernier, les membres du syndicat ont d’ailleurs voté à 97 % en faveur d’un mandat de moyens de pression lourds afin de faire monter la pression au moment jugé opportun.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la FEESP–CSN et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

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Les agents correctionnels du Québec exigent davantage de reconnaissance https://www.csn.qc.ca/actualites/les-agents-correctionnels-du-quebec-exigent-davantage-de-reconnaissance/ Tue, 04 May 2021 11:15:12 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79199 Les agents de services correctionnels ont manifesté devant les établissements de détention de Québec et de Laval mardi matin pour exprimer leur frustration envers le gouvernement au moment où les représentants patronaux et syndicaux reprenaient les négociations en vue du renouvellement de la convention collective.

« Ça fait un an que le gouvernement reste campé sur ses positions et qu’il ne démontre aucune volonté de faire avancer les négociations, s’insurge Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN). Il est temps de lui faire comprendre qu’il doit faire des offres sérieuses et reconnaître le travail des agentes et agents de la paix qui maintiennent le réseau correctionnel du Québec à bout de bras. »

Après avoir observé le refus du gouvernement de négocier de bonne foi lors de la négociation soi-disant accélérée du printemps 2020 et de la tentative avortée de reprise de la négociation « normale » l’automne dernier, le syndicat a été insulté de voir que les offres patronales étaient restées essentiellement inchangées le 31 mars dernier.

« Le gouvernement et le Conseil du trésor sont complètement déconnectés de la réalité, déplore M. Lavoie. On est aux prises avec de graves problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre depuis plusieurs années, mais l’employeur continue de jouer à l’autruche et ne propose absolument rien pour améliorer la situation. »

« En public, le gouvernement dit vouloir régler au plus vite, mais arrivé aux tables de négociation, il se traîne les pieds, affirme la présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Nathalie Arguin. Les agentes et agents des services correctionnels mettent leur santé et leur sécurité à risque chaque jour au service du gouvernement et de la société québécoise. Il est impératif que ces sacrifices soient enfin reconnus. Et cela passe par une convention collective et des conditions dignes du travail périlleux que le personnel des services correctionnels du Québec effectue au quotidien. »

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

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Les agents correctionnels de Bordeaux exigent davantage de protection https://www.csn.qc.ca/actualites/les-agents-correctionnels-de-bordeaux-exigent-davantage-de-protection/ Sat, 17 Apr 2021 22:35:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78966 Les agents de services correctionnels (ASC) de l’établissement de détention de Montréal – communément appelé prison de Bordeaux – ont manifesté devant l’établissement samedi avant-midi pour exprimer leur colère envers la direction, qui refuse de les protéger dans l’exercice de leurs fonctions.

« Les agents sont écœurés de voir la direction se ranger systématiquement du côté des détenu-es quand il y a une altercation entre ceux-ci et un ASC, explique Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN). La direction ne peut pas s’attendre à ce que les agents restent les bras croisés pendant qu’elle continue à leur manquer de respect. »

Le plus récent exemple de ce mépris est la révision d’une décision du comité de discipline, qui avait puni un détenu récidiviste pour avoir attaqué et blessé plusieurs agents. En apprenant que la direction venait de lever une partie des sanctions, une centaine d’agents se sont réunis spontanément devant l’édifice afin de faire connaître leur mécontentement.

« La direction générale des services correctionnels ne se préoccupe aucunement de la sécurité des agentes et des agents. Elle est complètement déconnectée de la réalité, renchérit M. Lavoie. Il est grand temps que notre employeur se sorte la tête du sable et se rende compte que ça ne peut plus durer. Il faut que ça change. »

« Cette attitude, qui frôle l’arrogance de la part de la direction envers ses ASC, n’a simplement pas sa place dans un milieu de travail au climat déjà très tendu, affirme la présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Nathalie Arguin. Plutôt que de jouer avec le feu en mettant la sécurité de ses employé-es à risque, la direction devrait plutôt écouter ce que ces derniers lui répètent depuis des mois, car ce sont eux qui sont au front chaque jour et qui connaissent les dangers réels liés à l’exercice de leur travail. »

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

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Dites merci https://www.csn.qc.ca/actualites/dites-merci/ Fri, 15 Feb 2019 20:15:56 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70189 Ils font le ménage ou l’entretien, ils nous soignent, nous défendent, nous enseignent, nous nourrissent. Ils nous écoutent et nous conseillent, ils assurent notre sécurité. Pour ces raisons et bien d’autres, la CSN rend hommage à celles et ceux qui assurent les services publics par le déploiement d’une grande campagne de valorisation.

L’objectif de la campagne Vous êtes les services publics. Merci est de rendre plus visible le travail essentiel qui s’accomplit tous les jours en éducation, en santé et services sociaux et dans les organismes publics. « Les personnes qui œuvrent dans ces réseaux ne travaillent pas seulement dans les services publics, ils sont les services publics, toutes et tous à leur manière, parfois au grand jour, souvent dans l’ombre. On ne pourrait pas s’en passer », souligne Jacques Létourneau, président de la CSN.

La pénurie de main-d’œuvre est l’une des démonstrations de l’alourdissement de la charge de travail dans le secteur public. La CSN veut rappeler à la population, en guise de prélude à la négociation, que celles et ceux qui sont les services publics méritent mieux. La campagne se déroulera du 5 février au 5 août dans les établissements, dans l’espace public et sur le Web. Les travailleuses et travailleurs pourront y prendre part en participant à des activités de mobilisation sur le Web et sur le terrain. À ces activités s’ajouteront des initiatives de visibilité. « Quand on est un employeur qui se respecte, on respecte aussi ses employé-es. On leur manifeste une vraie reconnaissance. »

Défi « Dites merci »
Lors de cette campagne, vous serez invités durant cinq jours, sur Facebook, à dire un merci original à une ou un employé des services publics et à inviter l’un de vos contacts à faire de même. L’objectif est de faire boule de neige afin que la population voie défiler cette chaîne de mercis. Soyez prêts !

 

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Un coup de pouce aux patrons https://www.csn.qc.ca/actualites/un-coup-de-pouce-aux-patrons/ Thu, 01 Oct 2015 18:38:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=62921 Comme une pierre de plus dans l’édification de son programme de démantèlement de l’État, le gouvernement a adopté, en juin dernier, un projet de loi qui marque la disparition de la Commission de l’équité salariale, de la Commission des normes du travail et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail.

Voulant démontrer à tous ses « capacités de gestionnaire », le gouvernement a, dans la précipitation et avec un manque d’analyse flagrant, improvisé une fusion d’organismes en arguant l’efficacité et l’efficience. Cette fusion n’est pas anodine. Comme un contaminant, elle ne tuera pas, mais elle affaiblira le corps visé, en l’occurrence, celui des droits. Pour l’essentiel, ces organismes ont tous des responsabilités quant à l’application de lois qui confèrent des droits importants aux travailleuses et aux travailleurs. Le droit à la reconnaissance de la valeur du travail des femmes, celui à un travail décent par l’imposition de normes minimales et celui de travailler dans un environnement où les risques pour la santé et la sécurité sont, dans la mesure du possible, éliminés, constituent des valeurs partagées par l’ensemble de la société. Ainsi, dans un souci allégué de « rationalisation et de rigueur », le gouvernement s’en prend, encore une fois, plus particulièrement aux femmes ainsi qu’aux travailleuses et aux travailleurs non syndiqués.

Le gouvernement a aussi profité de l’occa­sion pour changer significativement les règles du jeu concernant l’encadrement légal des recours en matière de santé et de sécurité du travail : l’abolition des assesseurs et la création d’un tribunal administratif du travail sont deux exemples de changements qui nous inquiètent, notamment au regard d’un meilleur accès à la justice et du maintien des expertises.

Sauver la mise

Entre les premières intentions du gouvernement et l’adoption de la loi, il faut reconnaître que nos actions n’ont pas été vaines et que nous sommes parvenus, avec l’aide de l’opposition officielle, à améliorer singulièrement la proposition gouvernementale. Ainsi, nous avons obtenu le maintien du paritarisme comme élément fondateur de la nouvelle commission et la création d’une vice- présidence dédiée aux questions relatives à l’équité salariale, qui sera nommée après consultation des organisations syndicales et des associations d’employeurs. Le gouvernement a aussi consenti à garder intact le processus décisionnel lors du traitement des plaintes en matière d’équité salariale, tout comme il a reconnu la nécessité de confier à une autre vice-présidence la responsabilité des normes du travail. En ayant obtenu des modifications dans la gouvernance de l’organisme et l’implantation de deux comités afin d’assurer le suivi des activités et de participer à l’élaboration des orientations en matière d’équité salariale, d’une part, et de normes minimales du travail, d’autre part, nous nous sommes assurés d’une réelle capacité d’intervention sur ces enjeux.

Investir les lieux, faire reconnaître nos droits

Difficile de ne pas voir dans cette réforme une main tendue vers les employeurs et une façon de réduire le rôle de l’État. Ainsi, le respect de droits aussi fondamentaux que ceux qui sont sous la responsabilité du nouvel organisme ne pourra être assuré sans une vigilance de tous les instants. Notre présence au sein du conseil d’administration et des comités de partenaires doit être vue comme une occasion d’amener le gouvernement et les employeurs à mieux se comporter. Le gouvernement peut bien agir sur les structures, il devrait savoir que cela n’altérera en rien notre volonté de défendre bec et ongles les acquis historiques des travailleuses et des travailleurs et d’endiguer tout recul des droits des personnes non syndiquées.

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Révision des programmes et actions gouvernementales : un changement dans la manière, mais les mêmes visées https://www.csn.qc.ca/actualites/revision-des-programmes-et-actions-gouvernementales-un-changement-dans-la-maniere-mais-les-memes-visees/ Mon, 31 Aug 2015 15:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/revision-des-programmes-et-actions-gouvernementales-un-changement-dans-la-maniere-mais-les-memes-visees/ « Le gouvernement Couillard et son ministre du Conseil du trésor, Martin Coiteux, ont visiblement tiré des leçons de leurs prédécesseurs dans leur volonté de changer de façon fondamentale le rôle de l’État québécois et l’ensemble des services publics et des programmes », a réagi le président de la CSN, Jacques Létourneau, au rapport de la Commission sur la révision permanente des programmes et des déclarations du ministre Coiteux qui ont suivi.

« Il y a 30 ans, le rapport Gobeil a notamment prôné la privatisation de plusieurs organismes gouvernementaux, alors que le gouvernement Charest s’est lancé en 2003 dans une réingénierie de l’État, d’expliquer le porte-parole syndical. Devant l’opposition populaire à leurs projets, les gouvernements libéraux de chacune de ces époques ont reculé. Nous ne sommes pas dupes des manœuvres du ministre Coiteux qui poursuit globalement les mêmes fins que ses prédécesseurs, en adoptant une attitude tout autre, qui s’apparente à un exercice de relations publiques. Encore une fois, après la présentation des recommandations de cette commission, il veut passer pour le bon gars. »

L’année dernière, lors de sa sortie, la CSN avait qualifié d’idéologique le rapport préliminaire de la commission Robillard. « À la lumière des recommandations qui sont faites aujourd’hui, notre opinion s’est renforcée, a poursuivi Jacques Létourneau. La commission fait fi des nombreuses transformations qu’ont connues nos programmes sociaux et nos services publics au cours des dernières années. Elles ont toutes conduit à moins d’accessibilité et moins de services à la population, tout en causant un essoufflement des personnels qui ont toujours moins de moyens pour travailler. Il est curieux de constater que toutes ces réformes draconiennes ont été réalisées successivement sans avoir fait l’objet d’évaluations, s’il faut en croire Lucienne Robillard… »

Pour la CSN, la commission Robillard a reçu du gouvernement Couillard un mandat qui rejoint le grand objectif qu’il poursuit depuis son élection : le démantèlement de l’État québécois. La fin du monopole de la SAQ et le transfert des responsabilités de Revenu Québec à Ottawa visent justement à enlever à l’État les moyens d’assumer le rôle qu’il joue depuis plus de 50 ans. « Autant Madame Robillard que Monsieur Coiteux estiment qu’il faut juger les programmes à leurs résultats concrets, d’ajouter le président de la CSN. Or, avec une productivité en hausse de 23 % depuis 2008 et des dividendes de plus d’un milliard de dollars, sans compter les taxes versées, la SAQ nous apparaît déjà performante. »

La CSN s’inquiète des véritables objectifs que poursuit le gouvernement libéral à l’égard de la SAQ, car malgré les conditions qu’il pose pour accroître la performance de la société d’État, le ministre Coiteux n’exclut pas la libéralisation de la vente des vins et des spiritueux. « Nous n’accepterons pas qu’il agisse ainsi, a mentionné Jacques Létourneau, il en va des revenus pour l’État, du développement économique pour les régions et des bonnes conditions de travail des milliers d’employé-es de la SAQ répartis aux quatre coins du Québec. »

Quant au transfert des activités de Revenu Québec, la CSN met en garde le gouvernement de revenir à une situation d’avant le régime duplessiste, où le Québec était davantage inféodé à l’État fédéral.

Au cours des prochains jours, la CSN analysera de façon plus approfondie le rapport de la commission sur la révision permanente des programmes pour une réaction plus complète.

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La CSN rejette les offres du gouvernement https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-rejette-les-offres-du-gouvernement/ Tue, 16 Jun 2015 13:00:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/la-csn-rejette-les-offres-du-gouvernement/ Les quatre fédérations du secteur public de la CSN rejettent les offres du gouvernement déposées dans le cadre du renouvellement des conventions collectives des employé-es des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux.

Après six mois de négociation, les comités patronaux ont enfin commencé à clarifier, au cours des derniers jours, la nature réelle de leurs demandes en déposant de nouveaux cahiers de négociation. « En amorçant cette négociation, nous avons soulevé au gouvernement d’importantes préoccupations, notamment en rapport aux problèmes de rareté et de pénurie de main-d’œuvre dans nos réseaux publics, indique la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. Mais plutôt que de répondre aux problèmes que nous avons identifiés, le gouvernement propose des mesures qui vont inévitablement les exacerber. »

« Plutôt que de chercher l’adhésion de ses salarié-es aux importantes restructurations qu’il impose, le gouvernement souhaite s’attaquer à leurs conditions de travail pour faire en sorte qu’il puisse les faire travailler là où il veut, quand il le veut et de la façon qu’il le veut, poursuit Madame Lévesque. Il voudrait forcer les gens à se déplacer à des centaines de kilomètres de leur lieu de travail actuel, sans quoi ils pourraient être considérés comme démissionnaires. Il voudrait imposer unilatéralement des horaires atypiques, voire des semaines de travail sur plus de cinq jours. Alors que 75 % des emplois des services publics sont occupés par des femmes, ces changements iraient complètement à l’encontre de la conciliation famille-travail. »

En déposant leurs demandes à l’automne dernier, les fédérations du secteur public affiliées à la CSN avaient identifié quatre priorités pour améliorer la capacité d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, la qualité de vie au travail et l’efficacité des réseaux publics : mettre un terme à la sous-traitance, réduire la précarité d’emploi, protéger l’autonomie professionnelle des employés et bonifier les mesures de conciliation famille-travail-études. Pour la CSN, d’importantes économies et des gains d’efficience concrets sont à la portée du gouvernement :

« Non seulement le gouvernement refuse de répondre à nos demandes, mais il aborde les problèmes complètement à l’envers, déplore la vice-présidente de la CSN. Les pénuries de main-d’œuvre provoquent un surplus d’heures supplémentaires et des excédents de coûts? Pas de problème, nous dit le gouvernement, on va abolir le paiement des heures supplémentaires après un quart normal de travail. On manque de personnel pendant l’été? On n’a qu’à empêcher le monde de prendre leurs vacances! Ce sont des mesures qui nous ramènent 30 ans en arrière. On a de la difficulté à trouver du personnel dans certains secteurs? Abolissons les primes instaurées pour répondre à ces situations particulières! Le gouvernement va tellement écœurer le monde que plus personne ne voudra travailler dans les services publics. Est-ce vraiment ça qu’il veut? »

« Le gouvernement est-il vraiment prêt à négocier sérieusement? Son comportement aux différentes tables de négociation nous apparaît très préoccupant » signale Francine Lévesque.

À propos

La CSN regroupe plus de 325 000 travailleuses, dont 170 000 œuvrent dans les réseaux publics de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux. Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

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Déjouer le haut-parleur néo-libéral https://www.csn.qc.ca/actualites/dejouer-le-haut-parleur-neo-liberal/ Mon, 01 Jun 2015 09:05:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=63050 Il est notamment véhiculé par des voix qui condamnent tous ceux qui osent le dénoncer. Lors des états généraux Ensemble, organisons la riposte que le Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) a tenus à la fin d’avril 2015, Jean-Noël Grenier, professeur au Département des relations industrielles de l’Université Laval, a présenté une analyse éclairante des stratégies mises de l’avant par les partisans du régime actuel d’austérité. Avec humour, il a incité son auditoire à réagir aux attaques vicieuses contre les syndicats et l’ensemble des travailleurs.

Une double stratégie

Politiser les relations de travail.

Afin de répondre aux raisonnements douteux de nos détracteurs qui répètent ad nauseam leurs messages simplistes dans certains médias, il faut bien comprendre leurs tactiques, lance d’emblée le professeur Grenier. D’abord, ils politisent à outrance les relations de travail et organisent des campagnes de dénigrement bien ciblées pour diviser afin de mieux régner. « L’idée est de démontrer que les syndicats sont déraisonnables, indifférents au sort de la classe moyenne qui paye la majorité des impôts et des taxes », explique-t-il. Bien sûr, ces médias ne crient pas à la une que la classe moyenne, dont ils se disent les ardents défenseurs, est constituée des 520 000 employé-es syndiqués de la fonction publique.

L’une des stratégies des politiciens au pouvoir consiste aussi à s’ériger en protecteurs des jeunes. « Pour leur assurer un avenir meilleur, il faut leur offrir les pires services ! », s’exclame ironiquement Jean-Noël Grenier. Ils parlent de rigueur plutôt que d’austérité ; ils jouent au bon père de famille pour gérer une situation supposément catastrophique ; ils évoquent la modernisation des services publics alors qu’ils travaillent plutôt à la reconfiguration du rôle de l’État pour laisser toujours plus de place au privé et à la tarification. « Quiconque critique leur rhétorique contradictoire se fait accuser d’être corporatiste, égoïste, contre le progrès et de vouloir protéger ses acquis à tout prix. Leur discours, à la fois apocalyptique et faussement basé sur de bonnes intentions, ne tolère pas l’opposition », soutient le professeur.

Dépolitiser la gestion des finances publiques.

Alors qu’un discours médiatique très populiste politise les relations de travail, une dépolitisation de la question des finances publiques est opérée par des politiciens intransigeants. Dans cette optique, le débat est évacué, le renflouement des déficits n’est possible qu’avec des compressions monstres, seuls remèdes à la survie de nos services. Ce discours est tellement mis de l’avant que tous ceux qui osent le remettre en question se voient au mieux qualifiés d’écervelés ou d’inconscients. Pour concrétiser cette idéologie et neutraliser les avis contraires, on abolit des lieux d’échanges comme la Conférence régionale des élus (CRÉ). On montre ainsi la porte aux représentantes et représentants des groupes de la société civile, on remplace des personnes élues par des personnes nommées qui vont inlassablement répéter le mantra du gouvernement.

Un camouflage éhonté

La logique du discours néolibéral consiste à détourner et à taire certaines vérités pour que le message passe plus aisément. Elle est axée sur certaines dépenses sans allusion aux emplois qu’elles créent et aux revenus qu’elles rapportent en taxes et impôts. Elle s’abstient notamment de parler des 800 millions de dollars perdus par l’abandon de la taxe sur le capital. Elle applaudit aux baisses d’impôt consenties aux entreprises qui auraient pu aider à résorber le déficit. Elle ignore la question des paliers d’imposition fiscale. En outre, le système comptable gouvernemental est organisé pour créer des déficits qui devront être renfloués par la transformation du rôle de l’État. La « restructurite » est à ce titre fort utile pour tromper le public. Il faut abolir les commissions scolaires, martèle-t-on à titre d’exemple, tout en évitant de préciser ce qu’il en sera de la coordination et des coûts des services à remplacer et des conséquences sur la représentation citoyenne.

En santé, les restructurations se produisent souvent lors de l’amorce d’une négociation collective et relèvent de la pure stratégie, souligne d’ailleurs le conférencier. « Comme le gouvernement ne peut justifier les faméliques conditions qu’il propose à ses employé-es, il se lance dans des refontes du système en invoquant l’urgence et la nécessité d’épargner. Les syndicats et autres groupes peinent alors à convaincre leurs membres et la population que l’état actuel des organisations et des services n’est pas critique au point de jeter le bébé avec l’eau du bain », fait valoir Jean-Noël Grenier.

Des techniques de gestion axées sur des résultats précis et empruntées à l’entreprise privée (Lean, Toyota) sont introduites sans débat pour soi-disant améliorer le système. « Les travailleuses de la santé doivent limiter à quelques minutes leurs entretiens avec les patients. C’est surréaliste », déplore en marge de la conférence du professeur Grenier la présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras. L’ensemble de ces pratiques issues de l’approche managériale impose aux salarié-es de la fonction publique l’obligation de consacrer une bonne partie de leur temps à la bureaucratie. « On alourdit le travail en instaurant des mesures de gestion gourmandes en temps qui empêchent de livrer des services adéquats. À plus ou moins longue échéance, ceux-ci risquent de devenir moins efficaces, justifiant par le fait même les coupes imposées. Un véritable cercle vicieux », ajoute-t-elle.

Les porteurs de ce discours ne laissent rien au hasard. Ils créent des organismes, comme la Fondation 1625 pour la hausse des frais de scolarité. Ils investissent le Web et les médias sociaux. « Voyez un peu les commentaires sur les sites de nouvelles, sur Facebook et Twitter… Ce sont toujours les mêmes personnes qui interviennent, qui cognent sur le clou de la démagogie et du mépris », fait remarquer Ann Gingras. Ces attaques sont encore plus frontales dans les médias d’opinion de certaines régions comme à Québec. Toutes ces stratégies atteignent en partie leur but : les populations matraquées finissent par s’habituer à la dégradation des services qu’elles reçoivent et par se débrouiller de plus en plus par elles-mêmes. Un défaitisme s’installe y compris chez nos syndiqué-es : un État présent qui cherche à améliorer les services publics devient suspect.

À nous de jouer

Il faut donc agir à tous les niveaux pour faire de l’éducation politique et ne pas compter uniquement sur les mobilisations ponctuelles, qui sont insuffisantes pour résister à ces assauts. « Les jeunes et tous nos membres sont tous les jours exposés aux offensives de nos détracteurs. Dans les taxis, les autobus, les usines, dans les médias de masse, partout, ils les entendent, ils les lisent, ils les voient. Nous devons être présents sur toutes les plateformes dans tous les milieux et occuper le terrain, de toutes les façons », renchérit Ann Gingras.

La négociation est certes importante, mais s’y limiter ne fera que minimiser les impacts des compressions sur les membres. Il faut donc investir les milieux de travail et bien nous outiller pour aller à leur rencontre. La meilleure façon de les conscientiser est d’ailleurs d’écouter ce qu’ils ont à dire. Il faut nous armer d’arguments contre le néolibéralisme qui sévit dans plusieurs médias et s’infiltre partout. Nous devons aussi tisser des liens solides avec les autres groupes qui partagent nos valeurs, interroger la société et intervenir dans tous les lieux de décision, allant des conseils de ville aux réunions diverses de politiciens provinciaux et fédéraux. « Il n’y a rien d’anormal à ce que le mouvement syndical se remette en question. Si ce n’était pas le cas, je serais inquiet. Nous devons nous attendre à remporter toutes sortes de victoires, des petites comme des grandes. Après toutes les attaques que nous subissons, il faut avouer que nous sommes résilients. Les associations syndicales seront encore là demain, tout comme les associations d’employeurs et les partis politiques. S’ils nous attaquent de la sorte, c’est parce que nous sommes des adversaires coriaces, des résistants », conclut finalement Jean-Noël Grenier.

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« Deux poids, deux mesures », dénonce le Front commun https://www.csn.qc.ca/actualites/deux-poids-deux-mesures-denonce-le-front-commun/ Fri, 24 Apr 2015 06:15:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/deux-poids-deux-mesures-denonce-le-front-commun/ Le Front commun dénonce le retour des bonis de performance à l’intention des gestionnaires de certaines sociétés d’État alors que le Conseil du trésor menace d’appauvrir les 530 000 travailleuses et travailleurs des services publics, une politique du « deux poids, deux mesures » inacceptable selon les porte-parole syndicaux.

« C’est encore une fois une démonstration du mépris du gouvernement envers ses propres employés. En ne leur offrant que 3 % sur 5 ans, on menace de doubler le retard de rémunération qu’ils accusent par rapport aux autres travailleurs québécois. Le gouvernement voudrait appauvrir le personnel des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique, alors qu’il réintègre en catimini des bonis à l’intention des hauts gestionnaires!», fulmine Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

« La situation est pour le moins ironique, poursuit Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. L’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, avait éliminé ces bonis en 2010 dans le cadre de sa stratégie de retour à l’équilibre budgétaire. Le gouvernement actuel martèle que tout le monde doit faire sa part, que le retour à l’équilibre budgétaire dès cette année est incontournable, mais il profite de l’adoption sous le bâillon d’un projet de loi mammouth pour offrir une augmentation de salaire aux hauts gestionnaires. Faut le faire! »

« Ce gouvernement ne cesse de nous surprendre. Alors qu’il impose des hausses de taxes et de tarifs aux plus démunis, aux familles et à la classe moyenne, il se permet d’offrir des primes aux plus fortunés et de préparer un projet de loi pour augmenter la rémunération des députés», dénonce Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Philippe Couillard s’en prend aux salariés du secteur public, aux femmes, à la classe moyenne et aux plus démunis. Le Front commun entend s’opposer farouchement à la politique de division libérale et se mobiliser pour obtenir des conditions de travail décentes pour ses membres. Si ce gouvernement n’a aucun respect pour ses travailleuses et ses travailleurs, il va certainement nous trouver sur son chemin », préviennent les porte-parole.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

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Un budget patronal, dit la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/un-budget-patronal-dit-la-csn/ Thu, 26 Mar 2015 15:54:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/un-budget-patronal-dit-la-csn/ « Les patrons québécois ont raison d’être euphoriques, ils ont trouvé un gouvernement à leur main, a réagi le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, au budget présenté par le ministre Leitão. À la lecture du Plan économique du Québec, on voit de quelles affaires se préoccupe le ministre. En fait, il n’en a que pour le monde des affaires, il ne s’occupe pas des affaires du monde. »

Selon le porte-parole de la CSN, le gouvernement favorise outrancièrement les entreprises par d’importantes réductions d’impôt et allègements fiscaux, alors qu’il laisse en plan les citoyennes et les citoyens qui vivront des compressions encore plus importantes que celles imposées par le premier budget Leitão, en juin dernier. « Le gouvernement va beaucoup plus loin que les coupes draconiennes qui continuent de frapper les services publics et les programmes sociaux, a poursuivi Jacques Létourneau. L’austérité se poursuit à la vitesse grand V. »

Et les revenus ?

La CSN estime que le gouvernement Couillard continue de se priver d’importantes sources de revenus et, malgré ses prétentions, rien ne garantit que les allègements fiscaux dont bénéficieront les sociétés et les PME assureront la création d’emplois. « Le budget ne prévoit aucune mesure en ce sens, et l’histoire économique récente du Québec nous enseigne que les patrons n’investissent pas suffisamment dans leurs entreprises, ne créent pas assez d’emplois ; ils sont nombreux à engranger des profits ou à les transférer dans des paradis fiscaux », dénonce le président de la CSN, qui rappelle que les allègements prévus au budget totaliseront plus de 2,5 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Après moins d’un an de pouvoir, les ministres Leitão et Coiteux font aujourd’hui montre d’une arrogance affichée en montrant un tel parti pris en faveur des entrepreneurs du secteur privé. En outre, les mesures d’allègement qui sont proposées pour les particuliers sont pour le moins faméliques. « L’abolition graduelle de la contribution santé dans deux ans et la mise en place d’un bouclier fiscal sont de bonnes mesures, mais nettement insuffisantes en comparaison des nombreux et importants avantages qui sont consentis sans réserve aux sociétés. »

L’hécatombe des services publics

Le budget fait odieusement porter le poids des compressions dans les services publics sur le dos des citoyennes et des citoyens. Jacques Létourneau : « Le budget précédent avait prévu une hausse de 3 % des dépenses en santé et de 2,2 % en éducation, soit beaucoup moins que les coûts de système qui s’établissaient autour de 4,5 % dans la santé. Or, tous les établissements de santé et d’éducation ont dû couper dans des services directs à la population, a mentionné Jacques Létourneau. Le budget qui nous est présenté aujourd’hui va beaucoup plus loin dans les mesures austères avec une hausse des dépenses en santé de 1,4 %, de 0,2 % en éducation et une diminution 1,1 % pour tous les autres programmes. C’est l’hécatombe dans nos réseaux publics et il sera impossible de répondre aux besoins de la population. Tout est en place pour provoquer une récession économique, mais aussi sociale. » La CSN tient à dénoncer le peu de considération dont continue de faire preuve le gouvernement Couillard à l’égard des travailleuses et des travailleurs du secteur public québécois dans ce budget. « Je rappelle au ministre que la négociation est en cours. En martelant des positions inacceptables, il pave la voie à une intensification des moyens de pression. La perte du pouvoir d’achat depuis des années et l’alourdissement des conditions de travail des employé-es de l’État commandent du gouvernement qu’il fasse preuve de beaucoup plus d’ouverture », a souligné le président de la CSN.

Fusions d’organismes : les missions en péril

Concernant les fusions et des réorganisations d’organismes gouvernementaux, la CSN s’inquiète de leur capacité réelle de préserver les missions qui leur sont propres, en particulier en regard des travailleuses et des travailleurs non syndiqués. Rappelant que plusieurs des organismes visés ne sont pas financés par le gouvernement, le président de la CSN a appelé le gouvernement à la prudence et lui a demandé de reconsidérer cette mesure.

La CSN représente plus de 325 000 travailleuses et travailleurs dans tous les secteurs d’activité partout au Québec, dont 170 000 dans la santé, les services sociaux, l’éducation et les organismes gouvernementaux.

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L’histoire du cinéma en jeu https://www.csn.qc.ca/actualites/lhistoire-du-cinema-en-jeu/ Wed, 25 Mar 2015 09:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/lhistoire-du-cinema-en-jeu/ Plus que jamais, l’avenir de la Cinémathèque québécoise est sombre et incertain. Non seulement souffre-t-elle d’un sous-financement chronique depuis plus de 20 ans, mais voilà que le gouvernement libéral envisage de fusionner la Cinémathèque à Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ), une idée qui entraînerait des mises à pied et une importante perte d’expertise dans le domaine cinématographique.

« La solution proposée par la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, n’est pas envisageable. Ce gouvernement semble obsédé par les fusions tous azimuts. Sous prétexte de vouloir réaliser des économies de bouts de chandelle, cette hypothétique fusion entre la Cinémathèque et la BANQ menace sa mission même. Nous demandons donc à madame la ministre de protéger l’intégrité et l’indépendance de la cinémathèque et de prendre le temps d’étudier, avec les employés, les artisans et les acteurs du milieu, d’autres possibilités de scénarios afin d’assurer la pérennité de cette institution vieille de 51 ans. À court terme, nous voulons que le budget soit reconduit et augmenté de 800 000 dollars annuellement pour enrayer le déficit actuel. C’est bien peu, compte tenu de tout ce que nous devons faire et de ce que nous voulons accomplir dans l’avenir », soutient Pascale St-Onge, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN).

Le sacrifice des employé-es

Rappelons que la mission de la Cinémathèque québécoise est d’acquérir, de documenter et de sauvegarder le patrimoine cinématographique, télévisuel et audiovisuel québécois, ainsi que le cinéma d’animation international et des œuvres significatives du cinéma canadien et mondial, pour en assurer la mise en valeur à des fins culturelles et éducatives.

Au fil de ses 51 années d’existence, la cinémathèque a développé une expertise unique et admirée partout dans le monde.

Le sous-financement de la Cinémathèque québécoise étouffe la créativité de ses artisans depuis trop longtemps. « Ce sont les sacrifices des employé-es de la cinémathèque qui, en acceptant de geler nos conditions de travail depuis 2008, ont permis à l’institution de demeurer en vie tout ce temps. Le gouvernement doit reconnaitre nos efforts et nous aider à trouver une solution à long terme qui assurera le rayonnement de notre travail. On ne peut pas conserver 40 000 films et vidéos et 30 000 émissions de télé dans un état extraordinaire sans avoir au préalable développé une expertise unique. Je crains pour l’histoire du cinéma au Québec », a lancé Lorraine LeBlanc, présidente du syndicat des employés et employées de la Cinémathèque québécoise (SEECQ)

Plusieurs membres de la communauté artistique du cinéma et de la télé sont également inquiets. « La Cinémathèque est comme notre cave à vin. Elle protège nos films de leur nature éphémère. Elle leur offre cette pérennité qui témoignera de notre culture », mentionne avec justesse le cinéaste Charles Binamé qui a tenu à défendre la pérennité de cette institution.

« La Cinémathèque québécoise fait partie de nos fondations, ces fondations qui nous permettent comme peuple de nous ouvrir au monde, qui participent à donner à notre jeunesse un lieu d’appartenance, un sentiment de confiance, que cette jeunesse soit née ici ou qu’elle trouve ici une terre d’adoption. La cinémathèque permet aussi à sa population vieillissante de se retrouver, se reconnaître et de se souvenir », a soutenu la comédienne, Suzanne Clément.

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L’expertise en développement économique en danger https://www.csn.qc.ca/actualites/lexpertise-en-developpement-economique-en-danger/ Fri, 13 Feb 2015 10:20:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/lexpertise-en-developpement-economique-en-danger/ Tout comme les autres régions, Montréal se voit imposer par le gouvernement du Québec une coupe majeure dans le soutien à son développement économique. Malgré cette contrainte importante, la métropole du Québec aurait tout intérêt à conserver le maximum d’experts déjà en place, notamment dans les CDEC, qui ont une connaissance approfondie du territoire et de ses entreprises.

« Plusieurs municipalités, dont Laval, ont choisi de conserver les organisations et les experts en développement qui étaient en place pour appuyer leur développement économique local. Montréal devrait s’en inspirer plutôt que de repartir de zéro. Tout comme dans les régions du Québec, plusieurs quartiers de Montréal ont cruellement besoin de leur organisme de développement économique communautaire », estime Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et présidente de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud/ Plateau Mont-Royal.

Pour le moment, Montréal a annoncé un redécoupage territorial pour réduire de 18 à 6 le nombre d’organisations locales de développement, mais n’a pas encore confirmé quel sera le point d’ancrage de ces organisations à but non lucratif. On ne sait encore rien non plus du nombre d’experts qui pourront œuvrer dans ces points de service pour l’ensemble des arrondissements de Montréal. Si le pacte fiscal est appliqué tel quel, cela signifierait la perte de plus de 50 % de près de 200 spécialistes du développement.

Ce pacte fiscal est cependant transitoire pour une année et fait passer le financement provincial au développement économique local de Montréal de 13 M$ à 7,5 M$. « La Ville pourrait faire plus pour son développement. En injectant 5 M$, il y aurait facilement moyen de conserver l’expertise», insiste Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente six syndicats de CDEC. Dans un an, il serait même possible de revoir le pacte fiscal et de négocier pour récupérer certaines sommes de Québec.

Ma CDEC, j’y tiens

Conserver des CDEC en place comme point de service peut se justifier pleinement en se basant sur des critères objectifs d’efficacité des structures, d’atteintes des cibles, de complémentarité des services comme ceux reliés à l’employabilité et d’enracinement dans la communauté. « Si on ne se fie pas à des critères objectifs et qu’on repart à zéro, le développement économique de Montréal et le lien avec les communautés en souffriront pendant des années, et ça, on ne peut pas se le permettre, surtout dans le contexte actuel», estime Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain CSN. Cette dernière insiste aussi sur l’importance de l’approche de développement économique communautaire propre aux CDEC. Cette vision risque d’ailleurs de se perdre dans les nouvelles structures ébauchées par la Ville si aucun lien avec les CDEC n’est conservé. La gouvernance prévue par la Ville pour ses six nouveaux organismes est en effet presque complètement entre les mains du milieu des affaires.

Les conseils d’administration actuels des CDEC, composés de représentants de divers milieux – d’affaires, communautaire, syndical, institutionnel et de la population – sont représentatifs de leur communauté. C’est cet ancrage local qui permet une participation réelle de la communauté aux orientations, aux actions et aux projets de développement des CDEC, dont certaines existent depuis 30 ans.

85 % de réussite

Plusieurs projets montréalais ont bénéficié au fil des années des conseils de leur CDEC pour démarrer ou croître. Le cinéma Beaubien, le Petit Medley, le Plaza St-Hubert, le développement du canal de Lachine, la revitalisation de la rue Notre-Dame Ouest, la Tohu, Ateliers créatifs de Montréal, Crudessence et plusieurs autres ont bénéficié des conseils et du soutien de leur CDEC locale.

Les entreprises accompagnées ont d’ailleurs un taux de survie après 5 ans de 85 % contre seulement 35 % pour celles qui n’ont pas de soutien. En 2013-2014 seulement, les CDEC de Montréal ont contribué à la création de 498 entreprises et offert un soutien technique à 3388 d’entre elles. Un investissement de 3,7 M$ des CDEC a généré 29 M$ dans le développement de Montréal. Pour cette période, près de 10 000 emplois ont été créés ou maintenus.

Lors de l’évènement Je vois mtl de l’automne dernier, les CDEC avaient d’ailleurs obtenu des félicitations. Denis Coderre y avait d’ailleurs confirmé son intention de collaborer avec les CDEC et les CLD pour le développement économique local. C’est maintenant le temps d’agir.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs.

La Fédération des professionnèles (FP) compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens oeuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les CDEC et les CLD.

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Les impacts négatifs sont multiples https://www.csn.qc.ca/actualites/les-impacts-negatifs-sont-multiples/ Thu, 12 Feb 2015 12:30:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/les-impacts-negatifs-sont-multiples/ Le Conseil du statut de la femme verra son budget diminué de 460 000 $ dès l’année prochaine et fermera tous ses bureaux en région, apprenait-on hier. « Il est purement désolant que le gouvernement s’en prenne encore une fois à cet organisme essentiel à la défense des droits des femmes », dénonce la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

En agissant de la sorte, les libéraux témoignent d’une indifférence complète envers les femmes. Pire, ils continuent à les viser spécifiquement avec leurs politiques d’austérité. « Les exemples d’attaques envers les femmes ne se comptent plus, ajoute Véronique De Sève. Quand on diminue le filet social, par exemple en augmentant les tarifs des services de garde, ce sont les femmes qui en payent directement le prix. Quand on coupe en santé, en éducation, dans les services publics en général, elles sont très nombreuses à perdre leur emploi puisque ces secteurs embauchent près de deux fois plus de femmes que d’hommes », déplore la vice-présidente de la CSN.

Le gouvernement libéral envoie de plus un autre message aux régions par cette amputation budgétaire au Conseil du statut de la femme. « Les quatre bureaux de Saguenay, Rouyn Noranda, Montréal et l’unité régionale de Québec seront fermés. Ce que le gouvernement libéral est en train de faire subir aux régions en termes de destruction de programmes et de services est réellement inquiétant », poursuit-elle.

Le Conseil du statut de la femme devra mettre à pied le quart de son personnel pour faire face à ces restrictions budgétaires. « Les libéraux sapent le modèle et l’économie du Québec. Les gens perdent des emplois bien rémunérés et sont pris ensuite pour en accepter d’autres beaucoup moins intéressants et se serrer la ceinture. Dans ce cas-ci, on parle d’emplois qui permettaient de faire avancer la recherche sur des enjeux importants qui concernent les femmes », enchaîne Véronique De Sève. Le Conseil du statut de la femme rappelle le gouvernement à l’ordre pour qu’il respecte le principe d’égalité entre les hommes et les femmes dans ses lois, ses politiques et ses programmes. Les libéraux cherchent à se soustraire à ces analyses. C’est indécent », conclut Véronique De Sève.

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30 degrés sous zéro ne refroidiront pas les ardeurs de la caravane contre l’austérité dans les MRC de la Mitis et de la Matapédia https://www.csn.qc.ca/actualites/30-degres-sous-zero-ne-refroidiront-pas-les-ardeurs-de-la-caravane-contre-lausterite-dans-les-mrc-de-la-mitis-et-de-la-matapedia/ Mon, 02 Feb 2015 21:10:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/30-degres-sous-zero-ne-refroidiront-pas-les-ardeurs-de-la-caravane-contre-lausterite-dans-les-mrc-de-la-mitis-et-de-la-matapedia/ Des militantes et des militants, et l’exécutif du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL-CSN) ont commencé leur visite d’une vingtaine de lieux de travail, pour expliquer aux membres et aux résidents comment l’austérité libérale attaque sévèrement notre région.

Aujourd’hui dans la MRC de la Matanie, nous avons sensibilisé une centaine de personnes à divers endroits, dont le centre hospitalier, le CHSLD et le CLSC de Matane. Chez la majorité, l’indignation est manifeste. « Si tous ceux et celles qui partagent notre dégoût face aux coupes sauvages du gouvernement Couillard dans les services publics et les programmes sociaux se mobilisent pour la grande manifestation de samedi prochain devant les bureaux du ministre Jean D’Amour, il va y avoir foule », s’enthousiasme Nancy Legendre, présidente du CCBSL.

Partout au Bas-Saint-Laurent

Cette phase II de mobilisation contre l’austérité nous conduira dans chacune des huit MRC du Bas-Saint-Laurent. Mardi le 3 février, la caravane s’arrête au CSSS de Mont-Joli (7 h) et à l’édifice municipal de la ville (12 h). À 15 h, les militants seront à l’hôpital d’Amqui. « Rien, surtout pas le froid extrême, ne nous empêchera de dénoncer l’opération insidieuse qui vise à opposer régions et grands centres », promet Mme Legendre. Il est impensable de croire qu’en abolissant les CLD et la CRÉ, qu’en créant un nouveau modèle de soins avec les CISSS, qu’en abolissant l’agence de santé et en fusionnant les commissions scolaires on va améliorer le sort de la population du BSL, de même que la vitalité de notre région. Il en va de même pour le sous-financement des cégeps et de l’UQAR.

Manifestation samedi devant les bureaux fraîchement rénovés du ministre Jean D’Amour

Tous ceux qui veulent faire entendre leur voix pour contrer l’austérité libérale sont bienvenus samedi matin à 10 h 30 lors d’une grande manifestation devant les bureaux rénovés à grands frais du ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent, Jean D’Amour, à Rivière-du-Loup.

Le CCBSL met d’ailleurs à la disposition des Bas-Laurentiens et Bas-Laurentiennes des autobus pour assurer leur transport à partir de onze villes de la région.

À propos

Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) compte près de 10 000 membres. Pour sa part, la CSN compte plus de 325 000 membres issus de tous les secteurs d’activité tant privés que publics.

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Le développement économique de Montréal est en jeu https://www.csn.qc.ca/actualites/le-developpement-economique-de-montreal-est-en-jeu/ Mon, 26 Jan 2015 07:35:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/le-developpement-economique-de-montreal-est-en-jeu/ Le maire de Montréal doit décider d’ici la fin du mois du sort des corporations de développement économique et communautaire (CDEC) et des centres locaux de développement (CLD) de la métropole du Québec. On ne sait toujours pas combien d’organismes de développement économique seront conservés ni dans quels arrondissements ils seront situés, encore moins combien d’experts en développement pourront préserver leur emploi.

« C’est aberrant de voir que le gouvernement libéral s’apprête à désorganiser le soutien au développement économique de tout le Québec sans avoir un plan bien défini et une expertise déjà en place pour prendre le relais efficacement. Ce qui arrive au développement économique montréalais est inacceptable », déplore Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Rappelons que le gouvernement du Québec a diminué de plus de 50 % sa contribution aux municipalités en ce qui concerne le développement régional, et que le projet de loi 28 prévoit par ailleurs de faire passer de 18 à 6 le nombre d’organisations qui se consacrent au développement économique sur le territoire montréalais. L’austérité met donc des bâtons dans les roues des entreprises en devenir ou qui planifiaient des projets de croissance.

« Les coupes de plus de la moitié du budget consacré au développement régional vont empêcher de réaliser autant d’accompagnements et de suivis de projets de PME, qui sont pourtant vitaux pour l’économie des arrondissements de Montréal », insiste Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles CSN et responsable du dossier du développement régional à la Fédération. Il faut savoir que chaque arrondissement de Montréal possède pour le moment une CDEC ou un CLD, ce qui permet d’assurer un service de proximité aux entrepreneurs, tout en étant à l’écoute des besoins des communautés locales. « On va perdre du temps à se réorganiser plutôt que de développer notre métropole. La CSN demande donc au gouvernement de maintenir le modèle de développement économique local et régional ainsi que les organisations – CLD, CDEC, CRÉ – qui ont fait leurs preuves. C’est dans ce sens qu’elle interviendra à la commission parlementaire sur le projet de loi 28 », ajoute Véronique De Sève.

« Il serait extrêmement dommage de sacrifier toutes ces années de travail avec une réforme improvisée sur fond d’austérité. La ville de Montréal doit prendre le temps de considérer les meilleures options pour l’avenir de son développement économique », avance Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain.

Réunis le 22 janvier, les membres des syndicats de CDEC ont adopté des principes pour la reconfiguration des territoires desservis par le développement local et régional : vision de développement économique communautaire, autonomie de gestion, processus démocratique, culture d’innovation et de développement et maintien des expertises. Ils demandent au maire de Montréal, Denis Coderre, de tenir compte de ces principes.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération des professionnèles (FP) compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et de professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les CDEC et les CLD.

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Les libéraux ont fait la vie dure à l’économie de la Côte-Nord https://www.csn.qc.ca/actualites/les-liberaux-ont-fait-la-vie-dure-a-leconomie-de-la-cote-nord/ Wed, 14 Jan 2015 08:22:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/les-liberaux-ont-fait-la-vie-dure-a-leconomie-de-la-cote-nord/ « Les mesures d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard nuisent à l’économie et au développement de la Côte-Nord accentuant ainsi la dévitalisation de notre région », déplore le président du Conseil central Côte-Nord (CSN) Guillaume Tremblay.

« Les nombreux projets de loi que les libéraux imposent vont assurément se traduire par des pertes d’emplois directs et par l’abolition de services de proximité pour les Nord-Côtiers », explique M. Tremblay. Ce dernier ajoute qu’avec la fermeture de la Conférence régionale des élus (CRÉ), l’abolition de l’Agence de la santé et des services sociaux et des Centres locaux de développement (CLD) ainsi que la réduction des services offerts par les Carrefours jeunesse-emploi (CJE), ce sont des pouvoirs décisionnels et des outils de concertation et de développement économique primordiaux qui quittent la Côte-Nord.

« Les fermetures des directions régionales des ministères des Forêts, de la Faune et des Parcs, de la Culture et des Communications, de l’Éducation, du Loisir et du Sport et de la Sécurité publique pour les déplacer au Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’unité de gestion de l’île d’Anticosti transférée au Bas-Saint-Laurent sont des exemples de pertes importantes pour une région déjà durement touchée par une économie au ralenti », plaide le président du Conseil central Côte-Nord. « Pire encore, l’hémorragie ne s’arrêtera pas là : des rumeurs circulent au sujet d’autres directions régionales. Que va-t-il advenir de la direction régionale d’Emploi-Québec, et de celles des ministères des Affaires municipales, des Transports et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation », s’interroge M. Tremblay.

Un double discours

Alors que ce gouvernement annonce la relance du Plan Nord et affirme une intention ferme de développer la Côte-Nord et ses richesses naturelles, il devient contradictoire d’ainsi dépouiller la Côte-Nord de ses centres décisionnels et de ses outils de concertation et de développement économique. On lance un drôle de message non seulement à la population du territoire, mais aussi aux futurs résidents, investisseurs et entrepreneurs. Après un tel saccage, qui aura maintenant envie de venir s’établir sur la Côte-Nord?

Le Conseil central Côte-Nord a multiplié les alliances avec les groupes sociaux ainsi qu’avec d’autres organisations syndicales pour informer et mobiliser la collectivité sur ces questions. Rappelons-nous la participation active de la population aux manifestations tenues dans quatre villes de la région tout au long de l’automne 2014 et le grand rassemblement du 29 novembre à Québec. Ajoutons à cela plusieurs rencontres avec nos syndicats et de nombreuses assemblées publiques. AUSTÉRITÉ le mot de 2014, les maux de 2015

L’année 2015 servira de baromètre quant aux impacts négatifs des annonces faites en 2014 par les libéraux. Mais il faudra certainement plus d’une année pour mesurer pleinement l’ampleur des dégâts tant économiques que sociaux.

Déjà en 2015 nous assisterons à une hausse des tarifs qui affecteront le revenu des familles. Le projet de loi 10 dans le domaine de la santé, le chambardement des commissions scolaires, l’augmentation des tarifs des services de garde, la diminution du financement des groupes communautaires, les compressions dans le financement des cégeps vont étouffer encore un peu plus la classe moyenne. Sans compter que d’autres compressions sont à venir dans le dépôt du prochain budget en mars 2015.

Toutes ces décisions sont prises avec un seul objectif, celui du retour à l’équilibre budgétaire pour 2015-2016, un choix idéologique qui va nuire aux intérêts de nos communautés, de la classe moyenne et des plus démunis. Ce gouvernement doit être à l’écoute des besoins de la population et reporter l’atteinte du déficit zéro, mais il doit surtout regarder davantage en direction de la colonne des revenus pour régler le problème du déficit.

En 2015, le Conseil central Côte-Nord va poursuivre la mobilisation autour de la politique d’austérité du gouvernement Couillard. Nous souhaitons établir un large front social pour informer les gens et lutter contre ces mesures qui vont nous appauvrir collectivement et accentuer les inégalités sociales.

Autre dossier chaud pour le Conseil central Côte-Nord, soit le renouvellement des conventions collectives des 500 000 travailleuses et travailleurs de l’État. Le ministre Coiteux ne semble pas vouloir négocier de bonne foi en annonçant dès maintenant un gel des salaires et des embauches ainsi que des reculs dans les conditions de travail. Au nombre de ces reculs visant spécifiquement notre région, mentionnons le retrait annoncé de la prime de rétention de 8 % à Sept-Îles et Port-Cartier. Selon certaines estimations, environ 2 000 personnes bénéficient de cette prime, ce qui représente un manque à gagner de huit millions de dollars pour la région, soit l’équivalent de 160 emplois à 50 000 $ par année.

Campagne électorale fédérale

Le Conseil central Côte-Nord va s’inviter dans la campagne électorale fédérale de 2015 pour faire la lutte aux conservateurs de Stephen Harper. « Que ce soit sur le plan social ou environnemental, ou en matière de travail, et même sur la scène internationale, ce gouvernement a été catastrophique », lance Guillaume Tremblay, président du CCCN. Pensons aux compressions sauvages imposées année après année à notre diffuseur public Radio-Canada, au saccage de l’assurance emploi et au quasi-démantèlement de Poste Canada qui contribuent à la dévitalisation de la Côte-Nord.

Sur le plan environnemental, nous allons continuer notre surveillance des activités d’exploration des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti. Et comme d’autres, nous sommes en attente de voir la décision du gouvernement du Québec dans le dossier de Mine Arnaud à Sept-Îles.

Évidemment, le Conseil central Côte-Nord va appuyer tous ses syndicats qui renouvelleront leur convention collective. Nous leur offrirons un soutien sans faille dans leur quotidien, qui se complexifie année après année.

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2015, l’année de toutes les mobilisations, prédit la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/2015-lannee-de-toutes-les-mobilisations-predit-la-csn/ Mon, 05 Jan 2015 10:10:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/2015-lannee-de-toutes-les-mobilisations-predit-la-csn/ « L’an 2014 aura été celui des solidarités, 2015 sera l’année de toutes les mobilisations », prédit le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. Au cours des 12 prochains mois, la lutte aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard et la campagne électorale fédérale seront au centre des énergies militantes pour une meilleure redistribution de la richesse au Québec, alors que près des deux tiers des membres de la CSN seront en négociation de leurs conditions de travail et de salaire. Voir la vidéo (2 minutes) de la conférence de presse.

« Avec l’année qui vient de se terminer, il ne faut pas être devin pour prévoir que les occasions de prendre la rue seront très nombreuses en 2015, surtout si les mesures d’austérité annoncées en 2014 par le gouvernement libéral se mettent effectivement en place, a déclaré Jacques Létourneau, lors de la traditionnelle conférence de presse de début d’année de la CSN. Nous n’avons vu que la pointe de l’iceberg des compressions, mais sur le front de la mobilisation, les libéraux de Couillard en auront plein la vue ! La CSN sera de ce combat. L’enjeu est de taille : le maintien de l’État social québécois, mais aussi la préservation et la création d’emplois de qualité. »

2014 : La solidarité en quatre temps L’austérité dans la mire

Dans son bilan de 2014, la CSN identifie quatre temps forts des solidarités qui se sont tissées au cours de la dernière année. Les plus marquées sont certes celles qui se sont déployées contre les politiques d’austérité du gouvernement Couillard, où un éventail de groupes et de syndicats se sont serré les coudes pour s’y opposer.

« Depuis le début des travaux à l’Assemblée nationale, à la fin de l’été, pas une semaine ne s’est passée sans que les effets de ces mesures ne soient dénoncés aux quatre coins du Québec », a mentionné Jacques Létourneau. Partant de leur réalité, les syndicats, en particulier ceux de la CSN, et les groupes féministes, populaires et environnementaux ainsi que les associations étudiantes ont bien montré à quel point les politiques sociales et les services publics, qui visent à redistribuer la richesse et à établir un filet de protection sociale depuis 50 ans, sont mis à mal par les libéraux. En ce sens, les objectifs ont pleinement été atteints, comme l’ont démontré toutes les manifestations régionales et nationales, culminant avec celles du 29 novembre qui ont attiré plus de 125 000 personnes à Montréal et à Québec.

La CSN dénonce l’adoption de projets de loi, dont celui sur les régimes de retraite des employé-es municipaux, les mesures de régression sociale qui conduisent à la disparition des organismes de concertation et de développement social, comme les CLD, les CRE et les CJE, ainsi que les reculs aux services de garde, les fusions et les compressions dans la santé et l’éducation. « En diminuant les revenus de dizaines de milliers de travailleuses, de travailleurs et de retraité-es et en privant les régions d’organismes solidement implantés dans leurs communautés qui soutiennent des projets créateurs d’emplois, les libéraux de Philippe Couillard nous ont fait voir où ils logent. En détruisant le modèle québécois, ils nous démontrent clairement qu’ils ne défendent pas les intérêts des gagne-petit et de la classe moyenne », a analysé le président de la CSN. Au regard de la création d’emplois, l’une de ses promesses durant la campagne électorale, la performance du Parti libéral a, en outre, été littéralement misérable…

Environnement

Sur le plan environnemental, les communautés locales se sont levées contre les dangers identifiés des projets d’Enbridge et de TransCanada. La population en a été suffisamment alertée pour que le gouvernement impose des conditions à l’approbation du projet du port pétrolier à Cacouna. « Il reste encore à faire, mais le travail de conscientisation des groupes écologistes et des regroupements de citoyens a été remarquable sur les projets visant à faire du Québec la plaque tournante du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta », a poursuivi le président de la CSN. En 2014, le maintien de la bourse du carbone est aussi un bon point à retenir. L’année 2015 permettra certainement aux mobilisations citoyennes de prendre de l’ampleur. Le Jour de la Terre, le 22 avril, sera l’une de ces occasions.

Radio-Canada

La solidarité qui s’est construite autour de la campagne Tous amis de Radio-Canada a également été un moment fort de 2014. « L’attachement à notre diffuseur public ne s’est jamais démenti, a mentionné le président de la CSN, et c’est lors de la manifestation du 16 novembre, qui a réuni quelque 25 000 personnes à Montréal, qu’il s’est le plus visiblement manifesté. En outre, la motion votée unanimement par les député-es de l’Assemblée nationale défendant la SRC/CBC a permis de réitérer l’importance de cette institution pour la francophonie. » La CSN revendique la création d’une commission parlementaire publique sur son avenir et un moratoire sur les compressions qui lui sont imposées par le gouvernement Harper.

Les luttes locales

À la CSN, les manifestations de solidarité se sont multipliées tout au long de 2014. D’abord, en appui aux syndicats en lutte pour leurs emplois ou pour leurs conditions de travail, comme celui de l’Hôtel Loews Le Concorde, à Québec, et de ceux de trois marchés Loblaws en conflit de travail en Abitibi-Témiscamingue qui n’ont jamais baissé les bras malgré l’intransigeance du géant canadien de l’alimentation au cours de négociations qui s’étirent depuis plus de deux ans. Le président de la CSN mentionne aussi le 64e Congrès de la CSN, en mai, où les 2800 délégué-es ont discuté et adopté des recommandations visant à améliorer les conditions de vie des non-syndiqués-es, dont un projet pilote de syndicalisation sur une base régionale ou professionnelle, hors du cadre prévu par le Code du travail québécois.

Austérité : le mot de 2014, les maux de 2015

En 2015, les mobilisations se multiplieront contre les politiques d’austérité du gouvernement Couillard. Au cours des prochaines semaines, les discussions se poursuivront entre les organisations syndicales et les groupes féministes, environnementaux et communautaires, et les associations étudiantes pour établir un large front social de défense de l’État social québécois et maintenir la pression. Jacques Létourneau : « M. Couillard répète que ‘‘l’équilibre budgétaire est une absolue nécessité”, mais ils sont de plus en plus nombreux à voir que cet objectif aveugle, idéologique et dogmatique ne sert pas les intérêts des classes populaire et moyenne, qu’il est un leurre. Qui est pour moins de services aux familles, aux femmes, aux personnes âgées ? Qui est pour la suppression de l’aide aux devoirs, du soutien à la création d’emplois, et qui est pour des services de santé déficients? Le gouvernement doit être à l’écoute des besoins de la population et reporter l’atteinte du déficit zéro, un objectif qu’il doit d’abord viser par un développement économique plus soutenu, le maintien et la création d’emplois de qualité et la recherche de nouveaux revenus. »

Les mesures d’austérité seront légion en 2015, une année aussi marquée par des hausses de tarifs qui affecteront les revenus des familles : le projet de loi 10 dans la santé, les chambardements des commissions scolaires, les augmentations de tarifs des services de garde, la diminution du financement des groupes populaires, les compressions dans les cégeps, les universités et les programmes sociaux. Le renouvellement des conventions collectives des 500 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois par le Front commun sera un moment fort de ces mobilisations. « Le gouvernement Couillard a mis la table pour un affrontement avec un gel des salaires et des embauches, ainsi que des reculs tous azimuts aux conditions de travail, a dénoncé Jacques Létourneau.

Les interventions de son escouade austérité, formée des Coiteux, Barrette, Bolduc et Leitão, sont à l’image de sa vision de l’État québécois : épluché, diminué, ratatiné. Nous ne le laisserons pas faire. » Devant la démolition des acquis sociaux et l’image résolument négative du rôle de l’État que les libéraux défendent, la CSN se fera le promoteur d’une fiscalité progressive pour une meilleure redistribution de la richesse et de sa propre politique industrielle visant à assurer un développement harmonieux de l’ensemble des régions, et favorisant la création d’emplois de qualité.

La Marche mondiale des femmes

Sur le thème Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires se tiendra la quatrième action internationale de la Marche mondiale des femmes. Du 8 mars, Journée internationale des femmes, à octobre prochain, elle permettra une large mobilisation planétaire pour opposer une autre vision de la vie et du bien-être des communautés que celle promue par les classes dirigeantes. Au Québec, c’est par les mesures d’austérité qui frappent au premier chef les femmes que cette dernière vision se réalise. La CSN participera activement à cette manifestation.

Campagne électorale fédérale : Harper dans la mire

La lutte à l’austérité se transportera aussi à l’échelle canadienne, où la CSN battra la campagne contre les conservateurs de Stephen Harper. « À tous les niveaux, sur les plans social, environnemental, du travail, et même sur la scène internationale, ce gouvernement a été une catastrophe, a indiqué Jacques Létourneau. Nous aurons l’occasion de nous débarrasser de lui et nous mettrons nos énergies pour ce faire. »

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