Perspectives No. 54 – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 23 Jun 2016 21:40:41 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Perspectives No. 54 – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 30 ans de négociations coordonnées dans le secteur de l’hôtellerie https://www.csn.qc.ca/actualites/30-ans-de-negociations-coordonnees-dans-le-secteur-de-lhotellerie/ Tue, 21 Jun 2016 13:02:01 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53002 Pour souligner cet anniversaire, rappelons-nous comment ce modèle a contribué, depuis ses débuts en 1986, à faire avancer les conditions de travail et de vie des professionnel-les de l’hôtellerie partout à travers la province.

Le préalable historique est l’arrivée massive à la CSN de syndicats d’hôtels, au début des années 80. Ces hôtels étaient auparavant affiliés au local 31 d’un syndicat américain, rongé par la corruption et les pratiques antidémocratiques. Entre 1980 et 1986, jusqu’à 10 000 travailleurs sont ainsi passés à la CSN par petits groupes lorsque leur convention collective arrivait à échéance. C’est en 1986 que des pionniers comme Lise Poulin, Gilles Duceppe, Jacques Lessard et plusieurs militants du secteur de l’hôtellerie ont pensé à unir les forces de tous ces syndicats pour négocier. Jean Lortie, secrétaire général de la CSN depuis 2011, également présent à l’époque, se souvient des discussions centrées sur l’idée de cesser de mettre les syndicats des différents hôtels en compétition et sur la nécessité de collaborer pour créer un rapport de force suffisant pour obtenir des gains pour tous les travailleurs et travailleuses.

Le début d’un temps nouveau

Le 10 avril 1986, les syndicats des hôtels membres de la Fédération du commerce (FC–CSN) se réunissent et adoptent le principe d’une négociation coordonnée pour l’année suivante. Le but principal de ces négociations étant évidemment d’établir un rapport de force avec les employeurs, vu le nombre important de syndicats et de travailleurs pouvant allier leurs forces. Chaque syndicat membre est ainsi libre d’adhérer ou non à une plateforme de revendications communes, qui ont pour but d’améliorer les conditions de travail dans tous les hôtels. Chaque syndicat profite tout de même de l’autonomie nécessaire pour négocier avec son propre employeur à sa table de négociation, mais ne peut accepter une proposition inférieure à la plateforme préétablie sans consulter les comités de négociation des autres syndicats, réunis dans un comité de coordination. C’est sur le thème « On est 4000 en ville » qu’a donc lieu, au printemps 1987, la première négociation coordonnée du secteur de l’hôtellerie. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette campagne qu’a été créé le logo comportant cinq étoiles, qui est demeuré un symbole très fort dans le secteur de l’hôtellerie.

Au printemps 1990, alors que les conventions collectives émanant de la première négociation coordonnée viennent à échéance, se tient la première grande négociation provinciale des syndicats hôteliers, menée par Gilles Duceppe, coordonnateur du secteur de l’hôtellerie à la CSN. On élabore alors un système de classification des hôtels par catégorie et on avance le principe que les employé-es des hôtels d’une même catégorie doivent se regrouper et bénéficier de conditions de travail similaires. Effectivement, jusqu’à maintenant, les hôteliers étaient toujours en compétition entre eux par rapport aux conditions de travail des employé-es et non pas par rapport à la qualité du service offert. Ainsi, harmoniser les conditions de travail permettait d’avoir un certain standard dans l’industrie hôtelière et une saine concurrence entre les hôtels de même catégorie.

Se sortir de la misère

L’objectif premier des négociations coordonnées, affirme Jean Lortie, était de sortir les travailleurs de l’hôtellerie de la misère. Lorsqu’ils sont arrivés à la CSN dans les années 1980,plusieurs syndicats étaient mal en point. Travail au salaire minimum, pas de régime de retraite ni assurance collective, pas de congés maladie ni vacances, M. Lortie se souvient de ses débuts dans le domaine : « Quand vous étiez un travailleur de l’hôtellerie et que vous vouliez emprunter, vous aviez besoin d’un endosseur. On considérait que vous étiez à un point tel dans la misère, que vous ne seriez pas capable de rembourser un prêt, de financer une voiture ou une maison. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui », affirme-t-il avec enthousiasme.

En 1999, après six ans de sacrifices de la part des travailleuses et travailleurs en raison du ralentissement de l’économie, l’industrie se porte mieux et est même en croissance. Les travailleurs du secteur de l’hôtellerie réclament donc que les bénéfices se reflètent également sur leurs conditions de travail. Les syndicats ont vite réalisé qu’ils avaient la capacité de paralyser une industrie qui recommençait à être lucrative après plusieurs années de crise. « Il y avait une volonté de lutter pour récupérer les gains perdus pendant ces six ans difficiles », soutient Jean Lortie. Ainsi, les négociations coordonnées ont permis de presque doubler les salaires entre 1999 et 2008, un gain substantiel pour les professionnels-les de l’hôtellerie.

La CSN derrière les travailleurs

Évidemment, l’implication de la CSN tant sur le plan financier que logistique est déterminante lorsqu’il s’agit du succès d’une négociation coordonnée. Le Fonds de défense professionnelle de la CSN (FDP) a effectivement été un outil de taille pour la mobilisation, la négociation, la formation et pour la visibilité avec laquelle les syndicats locaux ont pu faire valoir leurs revendications et gagner leurs luttes. À elle seule, une négociation coordonnée entraîne des coûts approximatifs de quatre millions de dollars. Au total, plus d’une dizaine de milliers de dollars du FDP ont été investis dans chaque syndicat à un moment ou à un autre où ces ressources étaient cruciales à l’obtention d’un gain pour les travailleurs.

Victoires et sacrifices

Les négociations coordonnées ont mené à la victoire les syndicats de l’hôtellerie, mais elles ont aussi apporté leur lot de défis en cours de route. « Les syndicats ont dû sacrifier une partie de leur autonomie pour assurer cette forte solidarité, un compromis politique important qui a exigé beaucoup de maturité des acteurs impliqués, explique Jean Lortie. Ce type de négociation a amené les syndicats à travailler ensemble, ce qui n’est pas naturellement acquis dans cette industrie compétitive, et à faire des compromis sur leurs objectifs de négociation à court terme pour l’intérêt collectif du secteur, à long terme. Effectivement, l’immense rapport de force qu’exerçait la négociation coordonnée sur l’employeur a permis plusieurs gains sur le plan des conditions de travail. La sixième semaine de vacances, l’ajout d’une journée de maladie, des hausses de salaire importantes, la reconnaissance des travailleurs par leur employeur et une prime de départ à la retraite ne sont que quelques-unes des victoires obtenues par les salarié-es du secteur hôtelier.

De nos jours, les jeunes qui commencent à travailler dans l’hôtellerie ne gagnent plus le salaire minimum pendant les vingt premières années de leur carrière, ils ne commencent pas leur vie professionnelle dans la misère, ils font partie de la classe moyenne, ont de bonnes conditions de travail et sont considérés comme essentiels au bon roulement de l’industrie du tourisme. Ils peuvent fièrement dire qu’ils participent à la création d’une richesse locale primordiale et irremplaçable pour la santé économique et sociale du Québec. Le tout, grâce au succès du modèle des négociations coordonnées et des luttes acharnées des travailleuses et des travailleurs syndiqués du secteur de l’hôtellerie. L’appui que leur a apporté la CSN a évidemment été d’une importance capitale tout au long de ces combats pour de meilleures conditions de travail. Tant pour la négociation et la mobilisation que pour la reconnaissance des travailleurs, les négociations coordonnées ont prouvé être un modèle efficace et un outil de taille pour mener à terme les luttes dans le secteur de l’hôtellerie.

]]> Des cibles ambitieuses, des moyens trop modestes https://www.csn.qc.ca/actualites/des-cibles-ambitieuses-des-moyens-trop-modestes/ Tue, 21 Jun 2016 13:01:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52932 La politique proposée est sous la responsabilité du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. D’ailleurs, même si le document de présentation de la politique laisse la parole au premier ministre, au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, à la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et au ministre responsable des Affaires autochtones, il ignore complètement le ministre de l’Environnement. C’est à croire que la question énergétique peut être examinée sans égard aux enjeux environnementaux.

Pour Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable, le contexte d’urgence écologique commande qu’on agisse avec force si nous voulons infléchir le cours des choses. « En décembre dernier, à la conférence de Paris, nous avons entendu le chant des nations alors qu’elles convenaient toutes qu’il fallait maintenir le réchauffement de la planète à moins de 2 °C, voire à moins de 1,5 °C. Il est maintenant temps de définir comment ». Ainsi, pour le trésorier de la CSN, la mise en place d’une nouvelle politique énergétique est certainement une façon d’y arriver. Alors que le gouvernement a déjà pris l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % par rapport au niveau de 1990, et ce, d’ici 2030, et sachant que 70 % de nos émissions totales de GES découlent de la production, du transport et de notre consommation d’énergie, il est impossible de ne pas aborder la question énergétique. « Énergie et environnement sont intimement liés, que le gouvernement fasse preuve d’aveuglement volontaire n’y change rien », renchérit monsieur Patry.

Le temps d’agir concrètement

Au nombre de cinq, les objectifs ne manquent pas d’ambition. Améliorer de 15 % l’efficacité avec laquelle l’énergie est utilisée; réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés ; éliminer l’utilisation du charbon thermique ; augmenter de 25 % la production totale d’énergies renouvelables et augmenter de 50 % la production de bioénergie : voilà les cibles que le gouvernement s’est fixées, et pour lesquelles il y a peu à redire. « L’enjeu ne repose pas sur les objectifs à atteindre, ça, on y adhère », dira Mireille Pelletier, chimiste et spécialiste des questions environnementales au Service des relations du travail de la CSN. Selon elle, la question fondamentale est de savoir quels seront les moyens que le gouvernement mettra en place pour assurer l’atteinte de ces objectifs. En effet, augmenter de près de 28 % notre consommation d’énergies renouvelables et réduire de 40 % celle de produits pétroliers n’est pas une mince tâche. Au Québec, contrairement à plusieurs autres économies, 47,6 % de l’énergie utilisée provient déjà d’énergies renouvelables. De plus, 75 % de la totalité des produits pétroliers utilisés à des fins énergétiques est consommé dans le secteur des transports. À l’heure de l’auto en solo, des VUS et du just in time, la transition proposée apparaît encore plus incertaine si des actions concrètes ne sont pas mises en place.

Pourtant, c’est justement au chapitre des actions concrètes que le programme gouvernemental montre ses failles. Certes, il y a la création d’un organisme visant l’économie d’énergie et la transition énergétique, responsable de coordonner l’ensemble des services et des programmes offerts. Ce guichet unique devrait favoriser la cohérence des actions gouvernementales et un accès plus grand des citoyennes et des citoyens aux programmes gouvernementaux. Il y a aussi des projets-pilotes pour l’installation de stations multi­carburants et un projet de loi pour bannir définitivement l’utilisation du charbon. La politique énergétique propose de son côté l’expansion du réseau gazier et le développement d’un réseau d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, ce qui devrait permettre à des entreprises de se procurer des ressources moins polluantes. Par ailleurs, même si on reconnaît l’importance de l’économie d’énergie en la hissant au rang de filière de production, bien peu de mesures sont proposées à cet égard. Pour Mireille Pelletier, il n’y a aucun doute, l’énergie la moins coûteuse est celle qu’il n’est pas nécessaire de produire. Ainsi, l’État pourrait être beaucoup plus proactif sur cette question. « Le volontariat a ses limites. Il serait temps que le gouvernement revoie la réglementation de façon à obliger la prise en compte de cette dimension, notamment lors de constructions neuves », précise-t-elle. Finalement, même si la question du transport est abordée, on s’en réfère pour l’essentiel aux annonces déjà rendues publiques, dont celle concernant le plan d’action sur l’électrification des transports. Faut-il pourtant rappeler tout le scepticisme qui entoure la capacité réelle d’atteindre ces cibles, particulièrement celle de voir plus de 100 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables immatriculés au Québec d’ici 2020 ?

Des moyens à la mesure de la tâche

On décèle aussi à la lecture de la politique, que le gouvernement est favorable à l’exploitation des hydrocarbures en territoire québécois. La proposition d’un cadre légal pour régir ce type d’activité et les hypothèses quant à l’utilisation des redevances qui découleraient de cette exploitation laissent peu de doute sur les intentions réelles du gouvernement en la matière. Pourtant, il est de plus en plus évident que l’exploitation de cette ressource se situe en porte-à-faux avec la volonté affirmée de réduire nos émissions de GES. À coup sûr, elle retarderait notre transition énergétique qu’on affirme par ailleurs poursuivre.

Le Québec doit aussi avoir les moyens de ses ambitions. Une transition de l’envergure de celle qui nous est proposée ne peut se faire sans délier les cordons de la bourse. Et justement, le gouvernement a annoncé qu’il consacrerait 4 milliards de dollars à ce projet de transition énergétique, mais ce montant sera déboursé sur une période de 15 ans, soit une moyenne de 267 millions par année. C’est là que le bât blesse, de l’avis de Pierre Patry. « C’est vraiment peu quand on pense à l’ampleur de la tâche et notamment au passage obligé vers l’électrification des transports. C’est encore moins crédible quand le gouvernement ne peut garantir qu’il s’agira d’argent frais », souligne-t-il.

Les questions énergétiques ne sont pas détachées des questions économiques. À maintes reprises au cours de notre histoire, les ressources énergétiques ont servi de levier au développement économique. Tous le reconnaissent, notre électricité apparaît pour plusieurs un avantage comparatif indéniable qui a permis la création de plusieurs emplois de qualité. De même, plusieurs ont foi en l’énergie éolienne pour développer des régions comme la Gaspésie. Pourtant, et malgré ce constat évident, la question de l’emploi et celle de l’importance des travailleuses et des travailleurs pour opérer cette transition énergétique sont tout à fait absentes du décor ! « Le gouvernement doit voir la transition énergétique comme une occasion de développement. Un moyen de s’engager vers un développement durable », indique le trésorier de la CSN.

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Femmes et changements climatiques https://www.csn.qc.ca/actualites/femmes-et-changements-climatiques/ Tue, 21 Jun 2016 13:01:19 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52890 De nombreuses études ont été entreprises pour recenser les impacts particuliers des changements climatiques sur les femmes, surtout dans des régions moins développées industriellement et déjà aux prises avec les effets dévastateurs de ces changements. Au Québec, les travaux négligent trop souvent cette dimension. Pourtant cette problématique nous concerne toutes et tous. C’est dans cette optique que le comité national de la condition féminine s’est penché sur la problématique « femmes et environnement ».

Pour mieux évaluer les impacts spécifiques sur les femmes, le Réseau des femmes en environnement a soumis un mémoire à l’Office de consultation publique de Montréal en mars 2016. Nous vous en présentons et commentons ici quelques conclusions.

L’importance d’une analyse différenciée selon le sexe (ADS) trouve sa justification dans le fait que les femmes, même au Québec, sont plus nombreuses dans les catégories vulnérables aux changements climatiques, et cela, en raison des rôles sociaux spécifiques qui leur sont assignés par nos sociétés et des discriminations auxquelles elles doivent faire face.

De plus, en raison de la division sexuée du travail domestique, les femmes risquent de porter le plus gros du poids des problèmes de santé reliés aux changements climatiques (augmentation des cas de maladies de Lyme et du virus du Nil) et des conséquences des catastrophes naturelles dans leur rôle d’aidantes naturelles.

« Une étude réalisée en 2000 sur les impacts des inondations au Saguenay de 1996 démontre que les séquelles physiques et psychologiques étaient plus importantes pour les femmes que pour les hommes. En effet, les femmes doivent à la fois se rétablir de ces catastrophes naturelles et continuer à assumer leurs obligations familiales et extérieures. Elles vivent aussi des stress plus importants que ceux des hommes pendant et après un évènement météorologique extrême puisqu’elles sont les principales dispensatrices de soins (Duncan 2008). Les catastrophes naturelles sont aussi souvent accompagnées d’un accroissement de la violence envers les femmes (Duncan 2008). »

En outre, comme travailleuses à temps partiel, travailleuses « atypiques » et travailleuses ayant un taux d’emploi et des revenus inférieurs aux hommes, les femmes sont, dès aujourd’hui, plus vulnérables aux conséquences négatives qu’ont ces bouleversements sur leurs conditions économiques (augmentations des tarifs d’électricité, des coûts des aliments, etc.). Ces différences doivent être prises en compte lors de l’adoption de politiques dans la lutte aux changements climatiques afin d’éviter d’exacerber les inégalités qui existent déjà entre les femmes et les hommes.

Collectivement comme travailleuses et travailleurs, nous devons nous informer non seulement sur les volets économiques et scientifiques de la problématique, mais aussi sur les effets quotidiens qu’auront ces changements sur notre tissu social et plus particulièrement sur les femmes. Comme pour les mesures d’austérité, engageons nos réflexions en ce sens.

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Une entente de principe finalement adoptée https://www.csn.qc.ca/actualites/une-entente-de-principe-finalement-adoptee/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:54 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53043 Les travailleuses et les travailleurs de la compagnie Sucre Lantic sont retournés au travail après avoir adopté le dimanche 5 juin une entente de principe, ce qui leur a permis de conserver leur régime de retraite à prestations déterminées et d’obtenir une augmentation de salaire de 11,3 % étalée sur cinq ans.

« Il était hors de question d’accepter à quelque niveau que ce soit des disparités de traitement entre les nouveaux salarié-es et les plus anciens », a commenté le président du STT de Sucre Lantic (FC–CSN), Marc L’Heureux.

Rappelons que Sucre Lantic voulait créer deux classes de salarié-es en obligeant les nouvelles personnes embauchées à devoir attendre huit ans avant d’atteindre le dernier échelon salarial. L’employeur voulait également imposer le régime de retraite à cotisation déterminée aux nouveaux employé-es, et faciliter l’usage de la sous-traitance.

« Les salarié-es ont tenu leur bout et ont refusé tous les reculs que voulait imposer l’employeur », a conclu David Bergeron-Cyr, vice-président à la Fédération du commerce (FC–CSN).

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Ouvrir la voie à un monde juste et solidaire https://www.csn.qc.ca/actualites/ouvrir-la-voie-a-un-monde-juste-et-solidaire/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:53 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52966 Lancé au Brésil en 2001, le FSM se veut un lieu de rassemblement « visant à approfondir la réflexion, le débat d’idées démocratique, la formulation de propositions, l’échange en toute liberté d’expériences […] qui s’opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d’impérialisme ». La CSN a participé à toutes les éditions du FSM, depuis sa première à Porto Alegre. Le forum voulait alors offrir une opposition au Forum économique mondial de Davos en tant qu’espace alternatif à la pensée unique et à l’hégémonie conservatrice néolibérale.

Ayant fait le tour de plusieurs pays du Sud depuis sa fondation — dont l’Inde, le Kenya et le Venezuela, la tenue du FSM au Québec représente une première dans un pays du Nord. Cette édition abordera entre autres le développement d’une économie solidaire, la lutte pour la justice et la démilitarisation, la décolonisation et l’autodétermination des peuples, et la justice environnementale.

Réduire l’écart Nord-Sud

Pour Jean Murdock, secrétaire général et trésorier de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), le choix de Montréal comme ville hôte du FSM permet de déconstruire la vision « tiers-mondiste » du fonctionnement du système mondial.

« Dans les pays du Nord, nous vivons également des problèmes d’inégalités sociales. Que des délégations viennent observer cette réalité permet d’en avoir une approche plus mondialisée », constate M. Murdock. « L’histoire des forums sociaux mondiaux tend à donner raison aux premiers altermondialistes qui avaient prévu l’effet boule de neige de la mondialisation sur les droits de la personne et les inégalités sociales. Aujourd’hui, on le vit, même au Québec. La tenue du forum à Montréal permettra de mieux partager l’ensemble de ces enjeux qui sont de plus en plus mondialisés. »

Quartier ouvrier

Afin de favoriser les échanges sur les luttes liées au monde du travail et pour traiter des grandes questions comme les services publics, l’environnement, les femmes, les jeunes, etc., la CSN et ses organisations affiliées participent notamment au « Quartier ouvrier », de concert avec d’autres organisations syndicales et communautaires.

Illustration : Alain Reno
Illustration : Alain Reno

Au programme, trois journées d’ateliers autogérés (10 au 12 août) ainsi que des assemblées de convergence et une grande conférence sur les luttes ouvrières.

Pour la CSN, la tenue du FSM au Québec offre aussi l’occasion de discuter de stratégies pour contrer l’austérité. « Les politiques d’austérité du gouvernement Couillard font des ravages partout au Québec en s’attaquant avant tout aux communautés défavorisées », déplore Jacques Létourneau, président de la CSN. Tant ici qu’ailleurs, l’austérité s’est avérée un échec. Le FSM nous permettra de débattre avec nos camarades de l’international et de dresser un portrait global des effets dévastateurs qu’ont les compressions sauvages et le démantèlement systématique des États. »

La CSN invite ses militantes et militants à s’inscrire au Forum social mondial en ligne et à proposer des ateliers sur les thématiques retenues.

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« Des jeunes prêts pour le travail, une économie prête à les accueillir » https://www.csn.qc.ca/actualites/des-jeunes-prets-pour-le-travail-une-economie-prete-a-les-accueillir/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52887 Le comité a mené divers travaux sur les clauses de disparité de traitement et sur la prolifération des statuts d’emplois atypiques et précaires, deux phénomènes qui entraînent une forme de discrimination envers les jeunes.

Les clauses de disparité de traitement communément appelées « clauses orphelin » ou « rémunération à double palier » sont interdites par la Loi sur les normes du travail (LNT) depuis 1999. Malgré leur caractère illégal et la reconnaissance qu’elles induisent une discrimination envers les jeunes, on constate qu’elles sont toujours présentes dans certaines de nos conventions collectives. De plus, elles sont toujours très nombreuses dans les régimes de retraite et d’assurance collective, deux formes importantes de revenus qui ne sont pas explicitement nommées dans la définition du salaire dans la LNT. La présence de ce type de clause n’est pas sans conséquence sur le climat de travail et sur la vie syndicale. Dans les milieux de travail, nous observons une tension entre les salarié-es nouvellement embauchés et les plus expérimentés. Le sentiment d’injustice provoqué par la rémunération globale différente pour le même travail se traduit non seulement par une insatisfaction vis-à-vis de l’employeur, mais également vis-à-vis du syndicat. Le comité estime que le gouvernement doit agir rapidement pour s’assurer que l’interdiction des « clauses orphelin » inscrite dans la loi soit respectée dans les conventions collectives, mais qu’elle s’applique également aux régimes complémentaires de retraite et d’assurance collective.

Précarité et travail atypique chez les jeunes

Au cours des trente dernières années, nous avons pu constater une augmentation considérable du travail précaire, notamment par la multiplication des emplois atypiques, particulièrement chez les jeunes travailleuses et travailleurs. L’une des conséquences de ce phénomène est l’accroissement des inégalités de revenus entre les générations. Nous observons que, malgré ce qu’on veut nous laisser croire, ce type d’emploi, plus répandu dans certains secteurs comme l’hébergement, la restauration, l’alimentation, le commerce, le secteur manufacturier et celui des municipalités, se perpétue, et que les jeunes qui entrent sur le marché du travail dans un emploi atypique risquent d’avoir une vie professionnelle constituée d’emplois précaires. Certaines conventions collectives excluent spécifiquement de leur application certaines catégories d’emplois atypiques, souvent occupés par des étudiantes et étudiants ou des salarié-es occasionnels, ce qui contribue aux iniquités. Le comité national des jeunes demande à ce que le gouvernement revoit le Code du travail pour l’adapter aux nouvelles réalités du travail et pour permettre la syndicalisation d’un plus grand nombre de travailleuses et de travailleurs.

Famille-travail-études

La CSN fait partie de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études, qui réclame l’adoption d’une loi-cadre pour assouplir certaines contraintes ou exigences du monde du travail. Le comité national des jeunes travaille actuellement avec le comité de la condition féminine sur cet enjeu important. Leurs réflexions et les résultats de leurs travaux seront au centre d’un événement dont nous vous ferons part bientôt.

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Une croyance populaire à nuancer https://www.csn.qc.ca/actualites/une-croyance-populaire-a-nuancer/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53054 Selon la formule, une baisse du taux de change ($ US/$ CA) permettrait d’accroître les exportations en direction des pays où la monnaie est plus forte. Inversement, un taux de change trop élevé les réduirait. Si cette logique semble implacable, la réalité n’est pas aussi simple. En effet, le boom attendu dans les exportations canadiennes depuis la chute du taux de change n’est pas au rendez-vous. Selon François Bélanger, économiste au Service des relations du travail de la CSN, « certains analystes reconnaissent que la faiblesse du taux de change n’a plus un impact aussi important qu’avant sur les exportations manufacturières au Canada ».

Bien qu’il soit vrai que le taux de change influence le niveau des exportations, plusieurs autres éléments affectent aussi le commerce international. Par exemple, la crise économique de 2007-2008 qui a sévi chez nos voisins du Sud semble avoir fait diminuer fortement les exportations, et cela, même si le dollar canadien s’est déprécié entre 2008-2009. Aussi, après une longue période de baisse des exportations vers le marché américain, la place qui revenait au Canada est maintenant chaudement disputée par certaines économies émergentes, comme la Chine et le Mexique. « Nous avons déjà exporté plus de 80 % de notre production vers les États-Unis, maintenant, c’est un peu plus de 70 %. Cette place a été prise par d’autres et c’est désormais à nous de les déloger », explique François Bélanger. D’ailleurs, il faut comprendre que le dollar américain ne s’est pas seulement apprécié face au dollar canadien, mais également face aux monnaies de ces nouveaux concurrents, annulant ainsi l’effet de levier dont auraient pu bénéficier les produits canadiens.

Certaines décisions politiques prises par nos voisins pèsent aussi très lourd dans la balance. À la suite de la récession de 2008, les États-Unis ont décidé de développer une politique industrielle visant à accroître la production et à rapatrier certains secteurs. « Cette pratique s’appelle on shoring, par opposition aux off shoring qui consistent à délocaliser des industries, et ils la mènent de façon particulièrement vigoureuse. Nous l’avons vu au Québec quand la ville de Memphis est venue chercher Electrolux. Ils accordent plusieurs avantages afin de rapatrier la production », note François Bélanger. Pour soutenir son secteur industriel, Washington a mis en place certaines mesures protectionnistes comme en fait foi le Buy American : « On a sous-estimé le protectionnisme américain, nous étions persuadés qu’à 70 cents, les carnets de commandes allaient déborder, et ça n’a pas été le cas », indique Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN).

Notre industrie en partie responsable

S’il est vrai que la situation socioéconomique des États-Unis joue un rôle majeur pour comprendre la situation actuelle des exportations canadiennes, il serait simpliste de s’arrêter là. Les compagnies canadiennes sont aussi responsables de la situation actuelle. Plusieurs grandes entreprises ont, pour de multiples raisons, créé des filiales sur le territoire américain. « Une tendance semble se dégager pour les grandes entreprises : au lieu d’exporter de façon traditionnelle à partir d’un pays X, elles choisissent de produire directement sur le marché visé en y implantant des filiales », observe François Bélanger.

La chute des exportations a grandement affecté le secteur manufacturier canadien et québécois. « La capacité industrielle n’est plus la même. Plus de 160 000 emplois ont été perdus depuis 2002 pour se situer, en 2013, à 490 000 emplois. Au-delà de ces pertes, il faut savoir que des usines ont fermé et que des chaînes de production ont été démantelées. Notre capacité industrielle n’est plus la même, et cela, au moment où notre place sur certains marchés est plus que jamais concurrencée », soutient François Bélanger. De son côté, Alain Lampron est catégorique : « Les entreprises auraient dû profiter de la force du dollar pour investir, mais elles ne l’ont pas fait et aujourd’hui, nous sommes moins compétitifs, quand on ne se fait pas carrément dire que nous sommes désuets. »

Un prétexte pour s’attaquer aux salariés

Bien que de nombreux spécialistes s’entendent pour minimiser les impacts du taux de change, il semble que celui-ci ait maintes fois servi de justification aux employeurs pour rouvrir les conventions collectives et imposer des reculs importants aux salarié-es.

« L’ensemble de nos syndicats subissaient ce type de menaces : “On a de la misère” ou “on n’a plus la même marge de manœuvre”, etc. Il y en a eu des renégociations et même des ralentissements », se souvient Alain Lampron. Pour sa part, François Bélanger appelle à relativiser l’impact d’un dollar fort sur les entreprises. « S’il est vrai que la masse salariale augmente, les coûts liés aux importations ou à l’acquisition de nouvelles machineries, eux, diminuent, la volatilité des taux de change comporte donc des avantages et des inconvénients. »

Pour un virage qualitatif

Là où le taux de change intervient, c’est sur le prix des produits. Un taux de change faible permet d’offrir des marchandises à moindre prix. Les entreprises exportatrices pourraient, si elles le voulaient, opérer un changement qualitatif. « Plutôt que d’espérer que le taux de change leur donne un avantage quantitatif, pourquoi ne pas s’orienter vers une production de marchandises à forte valeur ajoutée ? », se questionne François Bélanger. Il faudrait donc investir davantage dans la recherche et le développement, tout en s’assurant que les innovations contribuent à la production industrielle canadienne plutôt que d’être envoyées ailleurs dans le monde. Ce virage permettrait de compenser la fluctuation du taux de change en offrant sur le marché international des produits incontournables, peu importe leur prix, à forte valeur ajoutée.

Plutôt que de voir le taux de change comme une fatalité, positive ou négative, il serait grand temps d’innover et de développer l’économie canadienne et du Québec afin de les immuniser le mieux possible face à ces fluctuations des cours monétaires.

[su_box title= »Secteurs du tourisme de l’hôtellerie » box_color= »#e20613″]

Ces deux secteurs sont probablement les plus sensibles aux soubresauts du dollar. Un taux de change trop fort entraîne rapidement un ralentissement de l’activité pour deux raisons. D’une part, le touriste étranger évitera les destinations où le taux de change est trop élevé, puisqu’il lui en coûtera plus cher pour voyager. D’autre part, les touristes locaux vont profiter de la force de la monnaie pour sortir et voyager à l’étranger.

Bien entendu, la faiblesse actuelle du dollar, parce qu’elle attire les touristes étrangers, tout en gardant « captifs » les vacanciers du Canada, a un effet positif sur ces secteurs. Selon Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN) et responsable du secteur de l’hôtellerie, l’effet est non seulement immédiat, mais il est également projeté dans le temps. « L’année 2014 fut une bonne année, 2015 fut une excellente année, les hôteliers ont enfin réussi à augmenter les taux d’occupation au-dessus des moyennes, chose qu’ils n’avaient pas réussi à faire depuis la crise de 2008. Si l’on se projette dans le temps, 2016 et 2017 s’annoncent également très bien. En effet, même si l’on ne connaît pas encore le taux de change, plusieurs événements internationaux, congrès et autres, auront lieu à Montréal, auxquels vont s’ajouter les activités entourant le 375e anniversaire de la ville de Montréal, preuve que la valeur du dollar n’est pas le seul facteur à influencer la vigueur de ces secteurs », explique-t-il.

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15 ans de solidarité https://www.csn.qc.ca/actualites/15-ans-de-solidarite/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52900 Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC–CSN) a tenu, lors de la première semaine du mois de mai, sa 6e Assemblée nationale générale sous le signe de la solidarité et de l’appui à la négociation. Rappelons que les membres du syndicat sont sans contrat de travail depuis deux ans.

Dans son discours d’ouverture, le président national sortant, Kevin Grabowsky, a lancé un appel à l’implication des délégué-es et à la solidarité des membres : « Notre syndicat célèbre son 15e anniversaire. Nous pouvons donc dire que nous sommes à l’âge de l’adolescence, mais j’ajouterais qu’il est temps d’arrêter de se comporter comme des adolescents. Nous avons besoin de tous les membres en appui à la négociation et nous devons démontrer toute l’unité dont nous sommes capables pour que le Conseil du trésor comprenne que nous sommes forts et solidaires. »

Beaucoup de travail a été accompli au cours de cette semaine. Les délégué-es ont été informés sur l’état actuel de la négociation avec le gouvernement Trudeau et sur les défis à venir. Le comité de négociation a de nouveau été mandaté pour défendre à tout prix le programme de congés de maladie des agents correctionnels, le principal point d’achoppement de l’actuelle négociation. Les négociateurs gouvernementaux refusent d’aborder les autres enjeux de la convention collective tant que le syndicat n’aura pas accepté de faire des concessions à ce chapitre. Le gouvernement voudrait que tous les fonctionnaires fédéraux adhèrent à un seul et même programme de congés de maladie.

Mais voilà, les agentes et les agents correctionnels considèrent leur réalité différente de celle des autres fonctionnaires. « Le gouvernement ne peut pas faire du mur à mur avec son programme de congés maladie, il doit prendre en considération nos conditions de travail particulières, notre travail comportant son lot de dangers. Nous sommes des premiers répondants et nous passons nos journées derrière les murs de nos pénitenciers avec les pires criminels du pays. Nous sommes beaucoup plus exposés aux blessures et au syndrome de stress post-traumatique que bien d’autres travailleurs du secteur public », a lancé le nouveau président national d’UCCO-SACC–CSN, Jason Godin, élu par acclamation au cours de l’assemblée générale.

L’implication syndicale des plus jeunes membres d’UCCO-SACC–CSN n’est pas acquise. Celles et ceux qui n’ont pas vécu les batailles du passé semblent croire que leurs conditions de travail sont tombées du ciel. Certaines déléguées en étaient à leur première expérience dans une assemblée générale. « Ce qu’on peut apprendre à l’assemblée nationale générale, c’est énorme en termes de constitution et de procédures. Pour moi, c’est une expérience qui est extrêmement riche et je compte la ramener dans mon établissement », témoigne Caroline Beaucage, une jeune congressiste venant de l’établissement de Joliette.

Moments d’émotion

Plusieurs membres émérites ont été honorés durant l’assemblée. Leur implication et leur dévouement ont été salués. L’un d’eux, John Bruce, a parlé avec émotion de sa relation avec la CSN : « Je tiens à remercier les employé-es de la CSN, avec qui j’ai entretenu une relation professionnelle exceptionnelle. Ces gens travaillent d’arrache-pied afin que notre syndicat puisse évoluer, que les agentes et les agents correctionnels atteignent leurs objectifs et qu’ils soient reconnus pour le travail qu’ils effectuent. Nous ne serions pas là où nous en sommes sans eux ».

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Ma place en santé, j’y tiens https://www.csn.qc.ca/actualites/ma-place-en-sante-jy-tiens/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:29 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52959 C’est sous l’impulsion du mouvement syndical, notamment celle des ouvrières et des ouvriers du secteur privé, que s’est mis en place au Québec un système public où les citoyens ont dorénavant droit à des services en fonction de leurs besoins, sans égard à leur situation financière familiale, ce que seuls leurs patrons pouvaient jusqu’alors se payer. Cet acquis précieux est en danger.

C’est pourquoi, fin mai, la CSN lançait une vaste campagne : Ma place en santé, j’y tiens. Certes, le gouvernement libéral de Philippe Couillard n’est pas le premier à appliquer au réseau une médecine de cheval néolibérale. Toutefois, par son ampleur et par son opacité, la réforme pilotée par le Dr Gaétan Barrette, plus que jamais, ouvre la voie à un système à deux vitesses. Ce sont les fondements mêmes de notre réseau public qui sont menacés.

Ainsi, la CSN entend bien démontrer au cours des prochains mois qu’il est totalement faux de prétendre, comme le fait le gouvernement, que sa réforme améliore les services et qu’elle renforce le réseau. C’est bien le contraire. Et ce qui est inacceptable, par-dessus tout, c’est que ce démantèlement s’opère sans débat public : le gouvernement n’en a certainement pas le mandat!

Le 24 mai, la CSN lançait une vaste offensive contre le démantèlement du réseau public de santé et de services sociaux. Ci-dessus : le 19 mai, à Trois-Rivières, des militants du Cœur-du-Québec ont manifesté pour la sauvegarde de notre réseau de santé et de services sociaux. | Photo : Thierry Charland
Le 19 mai, à Trois-Rivières, des militants du Cœur-du-Québec ont manifesté pour la sauvegarde de notre réseau de santé et de services sociaux. | Photo : Thierry Charland

Des attaques concertées

Ces deux dernières années, les attaques ont été nombreuses et elles visent toutes les sphères du réseau. Les choix du gouvernement libéral posent des enjeux cruciaux. En voici quelques exemples.

CLSC • Les CLSC devraient être tout désignés pour améliorer l’accès à des services de proximité, puisqu’ils existent déjà sur tout le territoire et qu’ils fonctionnent en interdisciplinarité, c’est-à-dire que les professionnel-les de divers horizons travaillent en équipe pour répondre aux besoins de la population. Le gouvernement a plutôt choisi de créer une cinquantaine de supercliniques privées subventionnées et dirigées exclusivement par des médecins. De plus, il finance directement le déménagement de ressources professionnelles des CLSC vers les groupes de médecine de famille, des cliniques à but lucratif. Faudra-t-il être inscrit à un GMF pour obtenir les services auparavant offerts au CLSC ? Faudra-t-il consulter un médecin pour être référé à une travailleuse sociale ? Ces questions et plusieurs autres sont sans réponse à l’heure actuelle et inquiètent.

Laboratoires • Actuellement, chaque établissement ou presque bénéficie des services d’un laboratoire qui permet au personnel soignant d’obtenir rapidement des analyses sanguines ou autres. Ces services, essentiels, sont donc disponibles dans toutes les communautés sur l’ensemble du territoire. Or, le gouvernement, pour des raisons budgétaires, et ce, sans preuve d’économies à la clé, a décidé de procéder à un regroupement des laboratoires, par région.

Les risques d’erreurs et liés à la sécurité sont nombreux : certains cas ont déjà été recensés dans les médias bien que le processus débute à peine. Dans le milieu, on considère qu’un échantillon doit être analysé dans un délai de deux heures, ce qui sera la plupart du temps impossible.

Soins à domicile • L’État se désengage des soins à domicile. Des entreprises d’économie sociale sont appelées à prendre la place du personnel du secteur public, bien formé au soutien à domicile et expérimenté dans le domaine. La pression se fait également sentir du côté du personnel professionnel qui, faute des ressources, assiste impuissant à l’allongement des listes d’attente tout en sachant fort bien que la conséquence directe sera une dégradation de l’état de santé de leurs bénéficiaires.

Réadaptation • Dans les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et troubles envahissants du développement (CRDITED), la poursuite de transferts massifs de résidentes et de résidents vers des ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF) pourrait reprendre. En 2011, la CSN avait obtenu un moratoire sur ces transferts, en faisant valoir que la mission des RI-RTF — maintenir et intégrer les usagères et usagers dans leur communauté — est très différente de celle des CRDITED, seuls établissements véritablement en mesure d’offrir les services spécialisés nécessaires à la réadaptation.

En réadaptation physique et en dépendance, les compressions budgétaires ont entraîné un fort alourdissement de la tâche chez les professionnel-les. Orthophonistes, physiothérapeutes et psychologues, entre autres, voient les listes d’attente s’allonger et les cas s’alourdir.

Centres jeunesse • En quatre ans, les Centres jeunesse ont subi des compressions de 50 millions de dollars. De plus en plus de jeunes sont livrés à eux-mêmes ou placés trop tard en centre jeunesse. Le traitement des demandes est ralenti. Les cas moins urgents, comme la négligence ou les mauvais traitements psychologiques, sont délaissés, afin de pouvoir traiter tous les cas prioritaires, avec moins de ressources qu’avant. Dans plusieurs centres, on n’est plus en mesure d’assurer les interventions de groupe comme celles sur les habiletés parentales ou encore le soutien aux parents de jeunes toxicomanes.

Frais accessoires • Les frais accessoires, bien qu’illégaux selon la loi canadienne, ne sont pas nouveaux. Ce qui est nouveau, c’est la volonté du Dr Barrette de légaliser ces frais que des médecins peuvent facturer lors de consultations, en plus de ce qu’ils reçoivent du régime public. Tout récemment, le ministre faisait volte-face et promettait d’abolir les frais accessoires en profitant des négociations actuellement en cours avec les représentants des médecins… À suivre.

Les structures mammouths • En fusionnant tous les établissements du Québec, de toutes les missions, en quelques méga­établissements, le gouvernement nuit aux communautés éloignées qui ne sont plus représentées dans les conseils d’administration. Tous les services d’une région sont maintenant centralisés autour d’un hôpital. La réforme donne encore plus de pouvoirs aux médecins. Le ministre Barrette va plus loin dans sa quête du contrôle absolu en abolissant le poste de Commissaire à la santé et au bien-être qui a un rôle de chien de garde complètement indépendant du ministère.

Santé publique • La santé publique a été fortement mise à mal par les compressions budgétaires. À la suite de la réforme, il n’y a plus d’organisme régional dédié à la santé publique. Il est à craindre que la santé publique écope, surtout que le travail qui y est associé est souvent accompli dans l’ombre. Et pourtant, comme société, nous gagnons quand le tabagisme recule, quand la violence faite aux femmes diminue, quand des mesures de prévention font diminuer le nombre de chutes des personnes aînées.

Effritement du secteur public

Ce ne sont que quelques exemples, car force est d’admettre que, globalement, le gouvernement a un fort préjugé favorable envers le secteur privé. Les services auxiliaires et administratifs, notamment, sont dans la ligne de mire de celles et ceux qui y voient des occasions d’affaires. La CSN sera là pour les défendre, comme elle a su stopper la privatisation des services de buanderie de Lanaudière et de Québec.

Enfin, ces privatisations vont de pair avec une pression croissante imposée aux salarié-es du réseau public. Dans toutes les catégories de personnel, les surcharges de travail et la dégradation des conditions de travail rendent la tâche encore plus difficile. Les bilans d’accidents de travail et de cas de lésions psychologiques s’alourdissent chaque année dans de nombreux titres d’emploi du réseau public.

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Comment brasser un syndicat CSN en trois jours https://www.csn.qc.ca/actualites/comment-brasser-un-syndicat-csn-en-trois-jours/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:29 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52897 Délégué dans l’ancienne organisation syndicale (TUAC 501), Kevin Villeneuve croit que le syndicat affilié à une organisation américaine était trop éloigné des membres. Pire, lui et ses pairs ont constaté un net recul dans leurs conditions de travail par rapport aux autres brasseries régionales et surtout par rapport aux trois géants transnationaux de l’industrie brassicole au Québec : Molson-Coors, Labatt et Sleeman. « Nous n’étions vraiment pas satisfaits de ce local, nous confie-t-il. Lorsqu’on essayait de régler des problèmes à l’usine, il fallait toujours passer par la centrale, la FTQ. On n’avait jamais la chance de résoudre nos difficultés à l’interne. » Ce manque de contrôle sur leur propre destin se faisait le plus sentir lorsqu’ils avaient à négocier leur convention collective : « L’ancien syndicat négociait sans même nous parler », renchérit M. Villeneuve.

Ce n’est plus le cas. Kevin Villeneuve est le président du tout nouveau Syndicat des travailleuses et travailleurs Les Brasseurs RJ (FC–CSN) depuis l’obtention de leur nouvelle accréditation, le 4 février dernier.

Le changement d’allégeance syndicale s’est réalisé très rapidement. Après un premier contact l’été dernier avec Renaud Ledoux, conseiller à la syndicalisation, ils ont choisi la semaine entre Noël et le Jour de l’An pour entamer le processus de signature des cartes. En seulement trois jours, la grande majorité des membres de l’unité avaient signé leur carte d’adhésion à la CSN. « Ça s’est passé excessivement vite, s’est exclamé Renaud Ledoux. J’ai déjà connu des campagnes de syndicalisation qui ont duré deux ans ! »

Le conseiller lève son chapeau aux nouveaux membres : « C’était comme un exemple type ; ils étaient très bien structurés et tout le monde respectait les mots d’ordre à la lettre. » Cet enthousiasme a débordé dans l’organisation de leur syndicat. « Il y a eu une très forte participation à leur première assemblée, remarque Renaud Ledoux. Il y avait des travailleurs de nuit, des jeunes. Plusieurs d’entre eux portaient déjà des tuques CSN ! »

Nouveau climat de confiance

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Le prochain défi, c’est de négocier une première convention collective digne d’un syndicat CSN. À cette fin, les premiers pourparlers ont été entamés le 10 juin. Selon Martin Pagé, conseiller syndical à la FC–CSN, il y a du pain sur la planche : « Il faut renégocier la convention collective au complet, surtout sur le plan salarial afin de rattraper les salaires du secteur. C’est le plus gros enjeu et la priorité des membres. C’est également important d’obtenir du temps de libération syndicale afin de donner les moyens aux représentants syndicaux de remplir leurs obligations. »

Pour Kevin Villeneuve, l’autonomie syndicale est primordiale. Les membres détiennent enfin leur propre accréditation, et il faut que l’employeur respecte le fait que les travailleuses et travailleurs de Les Brasseurs RJ ont leur mot à dire sur leurs conditions de travail.

Le président syndical constate déjà une nouvelle atmosphère au sein du syndicat de la brasserie. « Quand nous avons un problème, ça se règle ici, explique Kevin Villeneuve. Si un travailleur signale une lacune en santé-sécurité au vice-président responsable du dossier, il s’en occupe tout de suite. Maintenant que notre comité exécutif travaille dans l’entreprise, ça marche beaucoup mieux. »

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Cadenassage : Plus qu’un mot, une procédure pour éliminer le danger à la source https://www.csn.qc.ca/actualites/cadenassage-plus-quun-mot-une-procedure-pour-eliminer-le-danger-a-la-source/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52894 Jusqu’au début de 2016, la définition du cadenassage n’était pas présentée dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) et les articles qui traitaient du sujet restaient très évasifs sur le sens et la portée de ce concept. La CSN, par diverses actions, a toujours martelé ses préoccupations par rapport à la mise en application et à l’efficacité du règlement sur le cadenassage, mais le gouvernement et les instances responsables tardaient à agir.

Entre-temps, le nombre d’accidents reliés au contrôle des énergies continuait de croître dans les milieux de travail, atteignant une moyenne annuelle de 1 000 accidents, dont quatre décès causés par le dégagement intempestif d’une source d’énergie. Le règlement était loin de correspondre à la réalité du travail ainsi qu’à l’évolution des outils et des techniques. Il ne garantissait pas non plus le respect de la santé, de la sécurité et de l’intégrité physique des travailleuses et des travailleurs.

Il a fallu attendre jusqu’en 2005 pour qu’un comité multisectoriel soit mis en place avec le mandat d’identifier des procédures de cadenassage applicables sur les différents lieux de travail. Ce comité devait en outre élaborer une proposition de modification du règlement. Tout ceci a été rendu possible grâce aux efforts de la CSN et à la persévérance des syndicats. Dix ans plus tard, cette démarche aboutira à des modifications à la réglementation avec des articles concrets et intelligibles sur l’application du processus de cadenassage et d’autres méthodes de contrôle des énergies.

Vers de bonnes pratiques

Les amendements ratifiés en janvier 2016 amènent divers points qui assurent l’élimination du danger à la source. Nous trouvons, entre autres, une définition claire du cadenassage qui vient préciser son cadre d’application. Des dispositions spécifiques dictent, en outre, la procédure d’application d’autres méthodes de contrôle des énergies. En dernier lieu, une clarification des responsabilités de l’employeur, du sous-traitant et de l’employé-e définit les exigences liées à la coordination des procédures de cadenassage.

Ces dispositions dans le règlement prônent l’intégration de tous dans l’élaboration d’une procédure de cadenassage. Les procédures sont élaborées avec l’employeur, le contremaître et les opérateurs et, ensuite, approuvées par une personne responsable dans l’entreprise. Grâce à ces modifications, le cadenassage n’est plus de la responsabilité d’un seul travailleur, encore moins d’un service, mais bien de toute l’entreprise.

Après analyse des risques, ces procédures disponibles sur les lieux de travail fournissent, sous forme de fiches, des méthodes de contrôle adaptées à chaque source d’énergie identifiée et présentent un plan de remise en marche sécuritaire de la machine. La formation, issue de la collaboration des syndicats et des employeurs, devient un élément clé du processus et constitue la pièce maîtresse de la réussite de toute procédure.

En devenant obligatoire, cette formation protège des vies. Elle garantit l’accomplissement d’un travail sécuritaire et permet à tout travailleur de se prémunir du droit de refus. Le syndicat doit veiller à l’actualisation de cette formation et s’assurer de son adéquation avec les machines, les techniques et la compétence de celles et de ceux qui les utilisent. Étant mieux formé et informé des dangers, le travailleur devient plus conscient des impacts sur sa santé, sa sécurité et son intégrité physique. Il est plus apte à contribuer à l’atteinte de l’objectif premier de la prévention : l’élimination des risques à la source.

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Travailler avec la CSN-Construction https://www.csn.qc.ca/actualites/travailler-avec-la-csn-construction-2/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:22 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52908 Le secteur de la construction vient tout juste de traverser sa période légale de maraudage. S’étendant du 1er au 31 mai 2016, celle-ci précédait le vote postal prévu entre le 1er et le 20 juin.

Le thème retenu par la fédération, TRAVAILLER avec la CSN-Construction, expose bien la dynamique des travailleuses et des travailleurs de ce secteur. Ce scrutin syndical organisé par la Commission de la construction du Québec touche plus de 175 000 travailleuses et travailleurs qui œuvrent dans les quatre secteurs de la construction. Les résultats devraient être connus au courant du mois d’août.

Durant tout le mois de mai, les élu-es, les délégué-es, les militantes, les militants et tous les salarié-es de la fédération et de la confédération ont parcouru les chantiers afin d’expliquer les différences fondamentales qui existent entre le syndicalisme pratiqué par la CSN–Construction et celui, bien différent, pratiqué par les autres syndicats de la construction.

Que ce soit la structure démocratique, l’ouverture de ses instances, l’approche et les suivis personnalisés, la qualité des services offerts ou tous les combats menés sur le terrain afin de défendre la diversité des réalités de ses membres, la CSN-Construction se distingue clairement des autres organisations syndicales.

Michel Giroux
Michel Giroux

La structure des délégués

La structure des délégué-es régionaux de la CSN-Construction qui a été mise en place depuis plus de deux ans a été reconduite lors du dernier congrès. Des militantes et militants continueront donc à sillonner les chantiers du Québec afin de rencontrer les membres de la fédération et non pas, comme d’autres le font, uniquement en période de maraudage. En collaboration avec les conseillers syndicaux, les délégué-es régionaux sont là pour veiller à l’application des normes de santé et de sécurité et des conventions collectives, et pour conseiller les membres dans différents dossiers qui les préoccupent.

La négociation

Au delà de tout le travail accompli par la fédération en soutien à ses membres, la CSN-Construction participe aux négociations avec les autres centrales. Toutefois, le type de négociation préconisé par la CSN se démarque complètement des autres approches. La fédération élabore d’abord ses demandes dans le cadre d’assemblées qui regroupent entre eux les métiers et les occupations afin de bien cerner leurs revendications.

L’ancienneté et la sécurité d’emploi

La CSN-Construction revendique la reconnaissance de l’ancienneté ou une forme de sécurité d’emploi depuis très longtemps. Que ce soit l’entrée et la sortie d’un chantier, le droit de rappel ou l’avancement des conditions salariales, la reconnaissance de l’ancienneté et la sécurité d’emploi améliorent toujours la condition des salarié-es.

La fédération demande le renforcement des mécanismes liés au droit de rappel des présentes conventions collectives, en lui associant une forme d’ancienneté par métier ou par occupation ou par entrepreneur, c’est-à-dire, l’ancienneté qu’un travailleur ou une travailleuse accumule auprès d’un même entrepreneur, calculée sur une période de 12 mois, une fois la période d’essai du travailleur complétée. Ainsi, lors de mises à pied, les travailleurs ne bénéficiant pas de cette sécurité d’emploi seront les premiers touchés ; ensuite, les autres travailleurs suivront par ordre décroissant d’ancienneté, pour autant que ceux qui demeureront en emploi puissent effectuer les tâches normalement associées au travail disponible.

Le droit de rappel s’effectue, quant à lui, dans l’ordre inverse des mises à pied, tant que le travailleur rappelé est apte à effectuer les tâches normalement associées au travail disponible au moment de son rappel.

La CSN-Construction travaille à ce que cette demande, toujours d’actualité, intègre les conventions sous une forme ou sous une autre, et ce, quoi qu’en disent certaines autres organisations.

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Pour une véritable reconnaissance des sages-femmes https://www.csn.qc.ca/actualites/pour-une-veritable-reconnaissance-des-sages-femmes/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52918 Les sages-femmes exercent une profession exceptionnelle. Dotées de compétences multiples et d’un grand sens de l’empathie, elles peuvent être appelées à assister un accouchement ou à répondre à une situation urgente à tout moment. En quelques mots : les sages-femmes concrétisent à elles seules le sens du mot vocation.

« Nous ne savons jamais de quoi la journée sera faite », souligne d’emblée Claudia Faille, qui quitte le poste de la présidence du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), après sept ans à en assurer les fonctions. Lorsqu’une sage-femme reçoit un appel, elle doit être en mesure d’évaluer très rapidement la situation. Et elle peut être demandée à toute heure pour un accouchement ou un suivi urgent. « Il nous arrive de rentrer très tard après une nuit de travail et de nous faire rappeler deux ou trois heures après. Ça aussi, c’est notre réalité. »

Pour pouvoir pratiquer au Québec, les étudiantes sages-femmes doivent compléter une formation de quatre ans à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Bon an mal an, de 20 à 25 sages-femmes obtiennent leur diplôme, mais le manque d’accessibilité aux services dans plusieurs régions demeure criant. Selon un sondage CROP réalisé en 2010, une femme sur quatre souhaiterait accoucher à domicile ou dans une maison de naissance. « Les sages-femmes sont les seules professionnelles à répondre à leur demande, souligne Claudia Faille. À certains endroits, les femmes ne s’inscrivent même plus sur les listes d’attente, car elles sont convaincues de ne pouvoir obtenir de place. Et on ne parle que des régions où les services sont disponibles ! »

Claudia Faille, présidente sortante du RSFQ | Photo : Cédric Martin
Claudia Faille, présidente sortante du RSFQ | Photo : Cédric Martin

La Politique de périnatalité 2008-2018 du gouvernement du Québec prévoit pourtant que les sages-femmes devraient assister 10 % de tous les accouchements d’ici 2018. « On est passé de huit maisons de naissance en 2008 à treize en 2016, alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en prévoyait vingt et une pour 2018. De plus, le nombre de suivis complets et d’accouchements, qui se situe autour de 3 % par année, est encore bien en deçà de l’objectif fixé », déplore la présidente sortante du RSFQ.

Pour atteindre cette cible, le gouvernement devrait donner un soutien concret au programme universitaire, pour l’attraction et la rétention des sages-femmes, pour la promotion de la pratique et celle de l’accouchement naturel qui diminue les interventions obstétricales non nécessaires. Ces éléments sont cruciaux. « Malheureusement, il faut se battre contre le lobbyisme médical et la méconnaissance de notre pratique chez bien des professionnel-les de la santé », renchérit Claudia Faille.

Les conditions de pratique des sages-femmes laissent quant à elles encore à désirer, même si leur ténacité leur a permis de réaliser certains gains.

Une première négociation difficile

« La première entente conclue en 2004 avec le MSSS, alors sous l’autorité de Philippe Couillard, devait être complètement revue, puisqu’elle avait été négociée sans aucun rapport de force », précise Claudia Faille, qui s’est impliquée au comité de négociation en 2006, un an après avoir reçu son diplôme. Lors de cette première négociation, les salaires sont revus à la baisse. Alors que les sages-femmes gagnaient de 50 000 $ à 55 000 $ entre 1994 et 1999, époque où des projets-pilotes étaient en place avant la légalisation de la profession en 1999, leur salaire au premier échelon chute à 42 000 $ en 2004. Les sages-femmes sont outrées. C’est alors que le RSFQ prend une entente de service en 2009 avec la Fédération des professionnèles (FP–CSN) afin d’accompagner les sages-femmes dans l’amélioration de leurs conditions de travail et le développement de la profession. C’est à ce moment que Claudia devient présidente du RSFQ.

Lorsque Claudia Faille prend la relève de la présidence, elles sont prêtes à livrer la bataille. « On doit à Céline Lemay avant moi d’avoir fixé les fondements de la pratique », tient-elle à préciser. On arrivait à une deuxième étape. Avec le soutien indéfectible de la FP-CSN, la pression s’accentue et les actions de visibilité se multiplient pour sensibiliser l’opinion publique à leur réalité. Des comités de relations de travail, de mobilisation et de négociation sont mis en place. À l’époque, de nombreuses sages-femmes accumulent les heures supplémentaires sans être payées en retour. N’ayant pas encore acquis le réflexe de revendiquer leurs droits, elles n’utilisent pas les mécanismes prévus à l’entente. Une sage-femme est donc désignée pour la faire respecter.

Photo : Maxime Picard
Photo : Maxime Picard

En 2004, la prime qu’elles recevaient pour la garde s’élevait à 3600 $ par année. Autant dire qu’elles étaient rémunérées 1 $ l’heure de garde pour être disponibles 10 jours sur 14, 24 heures sur 24, afin de répondre à toute éventualité. « Il a fallu se battre pour défendre notre modèle de pratique centré sur la continuité, donc sur la garde », évoque Claudia Faille. Cette continuité favorisée par la garde permet aux sages-femmes de répondre directement aux besoins des femmes et des familles ; elle apporte d’excellents résultats, diminue les coûts de suivis et d’accouchement et favorise une plus grande satisfaction de la clientèle. Il en résulte également une augmentation des accouchements naturels, de l’allaitement maternel, de l’autonomie et de l’empowerment pour les femmes et les familles.

Des lacunes à corriger

Des lacunes importantes subsistent pour que les conditions de travail des sages-femmes, notamment celles qui sont reliées à la garde, soient à la hauteur de leur travail et de leur responsabilité.

En 2010, alors que s’amorce la deuxième négociation de leur entente avec le gouvernement, l’ampleur de la tâche est très vaste. Certes, elles réalisent certaines avancées, dont l’obtention de congés sans solde, le financement d’activités de perfectionnement, la prime de consolidation et d’attraction pour la responsable des services de sage-femme, mais des demandes importantes restent toujours lettre morte, tel le modèle de rémunération qu’elles souhaitent plutôt basé sur les suivis complets que sur les heures supplémentaires, à l’image des pratiques autonomes à travers le Canada.

Une des demandes centrales lors de la dernière négociation était la bonification du forfait de garde, qui finalement sera modifié à la hausse pour atteindre 8250 $. « Ceci représente dans les faits un peu plus de 2 $ l’heure de garde. C’est un peu mieux, mais toujours largement insuffisant. »

Photo : Michel Giroux
Photo : Michel Giroux

La politique de remboursement du kilométrage n’est toujours pas adaptée à la réalité des sages-femmes, dont le travail exige de nombreux déplacements, souvent à partir de leur domicile. « Les employé-es et les cadres du gouvernement sont remboursés à partir de leur point de service pour leurs déplacements, ce qui ne s’applique pas à notre travail. Nous devons à tout moment être en mesure de nous déplacer », explique-t-elle. Encore une fois, c’est une fin de non-recevoir de la part du gouvernement. Autre refus encaissé par les sages-femmes : l’intégration à l’entente des primes et des conditions dont bénéficient depuis 2008 celles qui œuvrent dans le Grand Nord. « Elles s’occupent de clientèles qui présentent des caractéristiques particulières et sont en plus responsables de la formation théorique et pratique des sages-femmes autochtones. Leurs conditions doivent officiellement être consignées à l’entente. »

La négociation de 2016 présente donc plusieurs défis. Le gouvernement a la possibilité de régler rapidement cette négociation, s’il se met en mode écoute et gros bon sens. Malheureusement, il semble très peu pressé à négocier. « Je ne serai plus à la présidence du RSFQ, mais j’accompagnerai le comité de négociation jusqu’à la conclusion d’une entente satisfaisante. Ma contribution au cours des sept dernières années me rend fière et satisfaite du travail accompli, même s’il reste beaucoup à faire », conclut Claudia Faille.

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Pour des cégeps autonomes https://www.csn.qc.ca/actualites/pour-des-cegeps-autonomes/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52904 S’il est courant de voir des universités posséder des campus éloignés de l’établissement principal, c’est plutôt rare avec les cégeps. Le cégep Champlain Regional College (CRC) est le seul établissement d’enseignement collégial multirégional au Québec : les campus Saint-Lambert  en Montérégie, St. Lawrence à Québec et Lennox­ville en Estrie offrent des services aux étudiants tandis que le siège administratif se situe à Sherbrooke.

Cinq syndicats d’enseignantes et d’enseignants, de personnel de soutien et de professionnel-les des campus St. Lawrence et Saint-Lambert réclament depuis plusieurs mois une intervention du gouvernement du Québec pour qu’une entière autonomie soit reconnue à chacun des deux campus. De plus, à la suite d’un vote dans leur assemblée respective, il n’y aura plus de représentants au conseil d’administration du CRC jusqu’à ce qu’on corrige les problèmes institutionnels. « Nous estimons qu’il y a un véritable problème structurel au sein du conseil d’administration, qui ne permet pas à notre région d’être bien représentée. Nous avons voté une telle mesure parce que nous refusons d’accorder une quelconque légitimité à cette structure défaillante », explique la présidente du Syndicat des enseignants du Cégep Champlain (Saint-Lambert), Christine Kerr.

Christine Kerr, professeure et Natalie Doyon, employée de soutien, Collège Saint-Lambert | Photo : Raynald Leblanc
Christine Kerr, professeure et Natalie Doyon, employée de soutien, Collège Saint-Lambert | Photo : Raynald Leblanc

Une autonomie complète permettrait d’obtenir tous les leviers décisionnels et financiers pour bien répondre aux besoins de leurs étudiants et de leur communauté. Actuellement, les services directs aux étudiants sont insuffisants, voire parfois absents. Selon une récente étude de la firme MCE Conseils, cette défaillance s’explique de différentes façons. Alors que d’autres cégeps de taille équivalente emploient 623 personnes à temps plein, le CRC compte 521 employé-es. De plus, les ratios personnel de direction/étudiants et personnel de direction/personnel géré y sont beaucoup plus élevés, ce qui affecte la productivité.

Le CRC ne reçoit qu’une seule enveloppe budgétaire comme n’importe quel autre établissement. Cette enveloppe est divisée entre les trois campus et l’administration centrale, ce qui entraîne une sous-embauche chronique d’employé-es de soutien et de professionnel-les, qui nuit à la prestation de services directs aux étudiants. S’ils étaient autonomes, le personnel augmenterait dans chaque campus, notamment par le rapatriement des postes actuels du siège social. Pour le campus St. Lawrence, ces ajouts sont estimés à une quinzaine, dont trois postes d’enseignant et sept postes de personnel de soutien à temps plein.

De plus, l’autonomie modifierait la composition des conseils d’administration en privilégiant une meilleure représentation de la communauté immédiate, ce qui orienterait les décisions dans le meilleur intérêt de chaque campus. « Si on prend l’exemple du représentant du personnel de soutien au conseil d’administration, chaque campus n’est représenté qu’une seule fois aux douze ans pour trois ans, en raison d’une rotation qui se déroule chaque trois ans et qui implique quatre lieux. C’est inacceptable ! D’autant plus que la Loi sur les collèges prévoit une représentation continue du personnel de soutien par voie d’une élection par les pairs. Actuellement, le personnel de soutien du siège social de Sherbrooke fait partie de la rotation au même titre que les autres campus alors qu’il n’accueille aucun étudiant. C’est une véritable anomalie ! », explique Richard Garneau, président du Syndicat des employés de soutien de St. Lawrence.

Selon les estimations de MCE Conseils, accorder l’autonomie aux trois campus étudiants nécessiterait un investissement d’environ 2 millions de dollars, selon les règles budgétaires de 2015 et en se basant sur les allocations fixes. Reste à voir si le gouvernement saura être à l’écoute.

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Le nouveau visage branché de la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/le-nouveau-visage-branche-de-la-csn/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52928 Le nouveau site est beaucoup plus convivial, facilite la navigation et, surtout, dispose d’un moteur de recherche très puissant qui repère facilement l’information. D’ailleurs, tout y est désormais réuni en thématiques comme, par exemple, les secteurs public et privé, la condition féminine, l’éducation, la langue et la culture, la santé et la sécurité du travail, l’environnement, etc.

« La CSN a été la première organisation syndicale à se doter d’un site Internet en 1995, mais avec les années, l’ancien site ressemblait à du spaghetti. Dans ce méli-mélo d’informations, nos organisations, nos syndicats et nos membres ne s’y retrouvaient plus, confirme Jacques Létourneau, président de la CSN. Notre nouveau site répond à un besoin réel et à une résolution adoptée lors du 64e congrès de mai 2014. »

Il aura fallu des mois de travail pour classifier minutieusement les informations présentées dans l’ancien site. De même, le débroussaillage des pages Web qui étaient reliées entre elles a nécessité temps et patience. Après de nombreuses réunions de conception, l’équipe du Service des communications de la CSN, en collaboration avec la coopérative de travail Koumbit spécialisée dans le domaine des technologies numériques, a développé cette nouvelle plateforme CSN simple et adaptée à tous les types d’appareils, qu’ils soient fixes ou mobiles.

Un contenu bien ordonné pour mieux communiquer

Le site de la CSN permet de suivre l’actualité syndicale, de présenter les nouveaux syndicats qui se joignent au mouvement et de détailler les luttes en cours tout comme les victoires de nos 325 000 membres.

Aussi, vous pouvez naviguer aisément parmi la vaste collection numérique de la CSN. Lisez et recherchez des nouvelles publiées depuis 2002, regardez les vidéos d’actualité et les photoreportages produits par le Service des communications et consultez la documentation étoffée comme nos mémoires, nos rapports de recherche et analyses, nos guides et tout autre type de publication.

« L’infrastructure du nouveau csn.qc.ca permettra un arrimage avec les fédérations, les conseils centraux et les syndicats affiliés et pourra éventuellement leur servir pour construire leur propre site », notent les concepteurs du nouveau site et conseillers syndicaux au Service des communications de la CSN, Richard Hink et Mathieu Murphy-Perron. Le site de la CSN utilise le système de gestion de contenu (CMS) « WordPress », à la base du quart des sites Web mondiaux. Il s’agit de l’un des logiciels disponibles les plus faciles à utiliser.

L’un des objectifs avoués de la refonte du site est de favoriser le partage des valeurs du mouvement sur Internet. D’ailleurs, sur la page d’accueil, la CSN vous invite à vous abonner dès maintenant à En mouvement, notre nouvelle infolettre hebdomadaire qui paraîtra dès la rentrée de septembre pour remplacer l’Info-austérité. Ces nouveaux outils modernes et incontournables nous projettent vers l’avenir. Sans conteste, ils favoriseront une meilleure communication avec nos membres.

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Médias en transition, journalistes sous pression https://www.csn.qc.ca/actualites/medias-en-transition-journalistes-sous-pression/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52939 Aux nouvelles plateformes se greffent de nouvelles tâches. L’environnement médiatique s’accélère, il faut faire plus avec moins. L’épuisement des troupes est bien réel, et la qualité de l’information, en péril. Perspectives CSN a assisté au colloque « L’information, le 4e pouvoir sous pression », organisé par la Fédération nationale des communications (FNC–CSN), la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), le Centre d’études sur les médias et le Conseil de presse du Québec.

Aujourd’hui dans les médias, tout le monde, journalistes ou patrons, s’entend pour dire que rien n’est plus pareil depuis l’accélération du numérique, la multiplication des plateformes et le développement fulgurant des médias sociaux. Cette révolution numérique bouleverse les codes et les pratiques. Elle a fait plusieurs victimes et ce n’est pas terminé.

Tous les médias d’information se cher­chent un modèle viable, le support papier agonise. L’avenir est sur le net, mais la rentabilité se fait attendre. Il faut survivre, en attendant de trouver LA formule magique, le Graal.

Au cœur de la spirale, les journalistes et artisans de l’information qui tentent, eux aussi, de survivre et d’exercer le métier qu’ils aiment. « On mesure mal l’impact de ces changements sur la qualité de l’information journalistique et sur le travail des journalistes eux-mêmes », nous dit Judith Dubois, professeure de journalisme à l’École des médias de l’UQAM et auteure d’une recherche menée auprès de 121 journalistes d’expérience. « Les changements technologiques des dernières années ont réduit ce temps précieux dont les journalistes ont besoin pour bien faire leur travail. La pression pour faire plus avec moins et de plus en plus vite ne semble pas sur le point de s’arrêter, alors que la capacité de produire de l’information de qualité, elle, semble avoir atteint ses limites. »

Les journalistes interrogés reconnaissent bien sûr l’utilité des innovations technologiques, mais déplorent la nouvelle charge de travail et l’accélération des cadences qui les empêchent de bien faire leur travail. Ce commentaire d’un journaliste participant à la recherche en dit long sur les nouvelles pratiques : « L’obligation de produire en temps réel est devenue un dogme qui est en train de tuer le véritable journalisme qui suppose un temps de réflexion et de vérification des faits. Il y a de plus en plus de journalistes qui quittent le métier, parce qu’il y a une limite à ce que tu peux produire et à la vitesse à laquelle tu peux travailler. »

Un propos que reprend sans hésiter la présidente de la FPJQ, Lise Millette : « Depuis 2007, on a réduit de plus de la moitié les producteurs de contenus aux États-Unis, le même phénomène a aussi touché nos salles de rédaction. Quand on demande aux journalistes de tout faire sur toutes les plateformes, on fait une grave erreur. »

Le fait de servir à la fois le web, le journal et Twitter a des conséquences importantes, selon Valérie Lessard, journaliste et vice-présidente de la FNC–CSN. « Réécrire trois fois la même histoire sur des plateformes différentes, ça nous empêche d’arriver à un produit qui, le lendemain matin, va être vraiment pertinent pour nos lecteurs, en fonction de ce qu’on a à faire en presse écrite », déplore madame Lessard.

Valérie Lessard, journaliste et vice-présidente de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN) | Photo : Pascal Ratthé
Valérie Lessard, journaliste et vice-présidente de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN)
Photo : Pascal Ratthé

Une crise bien réelle

Les propriétaires des médias, surtout écrits, ne veulent plus entendre parler de « crise des médias ». Dorénavant, il faudrait plutôt parler de « médias en transition » pour ne pas effrayer les publicitaires qui les font vivre.

La crise est pourtant bien réelle et les revenus ne sont pas au rendez-vous, comme l’explique Claude Dorion, directeur général de la firme MCE Conseils : « Du côté des médias papier, l’argent de la publicité s’en va chez Google et Facebook, et les producteurs de contenus d’ici ne touchent presque rien. On a plus d’information que jamais, mais des acteurs majeurs de l’information au Québec pourraient ne pas survivre, surtout en presse régionale. Les revenus reliés à la presse papier sont en chute importante. Aux États-Unis, en 10 ans, 50 % des revenus ont disparu. Seulement 10 % de ces revenus ont pu être récupérés par leur média en ligne. Si ça continue, il va peut-être rester des publications papier pour l’art et l’architecture, mais l’information générale est menacée de disparition du paysage papier. »

Un point de vue que partagent les dirigeants des entreprises de presse comme Éric Trottier, vice-président information et éditeur adjoint du quotidien La Presse. « C’est clair que les journaux papier sont appelés à disparaître, petit à petit. J’entends encore plein de dirigeants de journaux dire qu’ils croient encore très fort aux journaux imprimés, même si 63 % des revenus publicitaires destinés au papier journal ont disparu depuis 10 ans », déplore le dirigeant.

Pour Claude Gagnon, PDG du Groupe Capitales Médias, il ne fait aucun doute que le support papier est condamné à disparaître : « Ce qui est important, c’est que l’information demeure. Qu’on la lise sur du papier, qu’on la lise sur une tablette, sur un téléphone, ça ne changera absolument rien. Ce qui est encourageant, c’est que depuis 25 ans, nous n’avons jamais eu autant de lecteurs. Le phénomène multiplateforme nous amène une nouvelle clientèle. »

L’abandon du format papier en semaine a été un vif succès selon Éric Trottier de La Presse, « jamais La Presse n’a eu autant de lecteurs dans toute l’histoire du journal. Notre défi maintenant, c’est de rejoindre les jeunes de 20 ans qui, en ce moment, se contentent de regarder Facebook sur leurs téléphones. Nos lecteurs de 70 ans sont déjà avec nous. »

Le modèle de La Presse +, réalisé à grands frais, n’est pas à la portée de toutes les bourses. Ce modèle de gratuité fait d’ailleurs sourciller le professeur Pierre C. Bélanger, du département de communication de l’Université
d’Ottawa. « Je m’interroge sur ce modèle, parce que dans tout ce qui se fait sur la planète, il n’y a que deux médias qui donnent l’information gratuitement sur le web : The Independant au Royaume-Uni et La Presse +, ici au Québec, qui mise beaucoup sur la rentabilité de son modèle d’affaires. Pourquoi tous les autres vendent-ils leur information ? La réalité, c’est que 75 % des principaux journaux américains tarifent leur information sur le web et préfèrent vous demander un petit 4 $ par mois. Pour moi, le modèle de gratuité de l’information ne semble pas fonctionner. »

Claude Dorion, directeur général de la firme MCE Conseils | Photo : Pascal Ratthé
Claude Dorion, directeur général de la firme MCE Conseils | Photo : Pascal Ratthé

Oui à l’aide gouvernementale

Tant que les entreprises de presse ne seront pas parvenues à monnayer les contenus, leur situation demeurera précaire. L’information dans le secteur privé est la seule qui ne reçoit pas sa part d’aide financière des gouvernements.

Aujourd’hui, les médias papier sont presque tous en faveur d’une aide gouvernementale. Claude Dorion de MCE Conseils rappelle que « les milliers d’emplois perdus au Canada dans les médias ont privé les gouvernements de millions de dollars en recettes fiscales. Nous, nous croyons que le gouvernement peut aider ce secteur comme il le fait pour d’autres tel que le secteur des jeux vidéo afin d’assurer une diversification des revenus et permettre au secteur de la presse écrite d’assurer la transition. »

En Finlande, l’aide de l’État est parvenue à assurer la rentabilité des entreprises de presse, sans contraindre les médias ni compromettre la qualité de l’information. En ce domaine, le Québec et le Canada font figure de « parents pauvres ». Les journaux du Québec reçoivent une aide gouvernementale annuelle d’environ trois dollars par habitant contre 92 dollars pour les journaux finlandais. Au Canada, le fédéral ne contribue que pour 31 dollars par habitant au financement de Radio-Canada, alors que certains pays, comme la Norvège, consacrent 164 dollars par habitant à leur télévision publique.

En attendant une hypothétique aide de l’État, ce sont les journalistes et autres artisans producteurs de contenus qui font tourner la machine et qui, chaque jour, mettent en jeu leur réputation et leur intégrité, comme le souligne Francine Bousquet, coordonnatrice à la FNC–CSN : « L’information de qualité, ce sont les journalistes qui la font et la qualité de l’information, ce sont les journalistes et les syndicats qui l’ont toujours défendue. Je ne connais pas un seul syndiqué qui est contre ça. Moderniser nos conventions, c’est aussi ce qu’on fait depuis longtemps afin que l’information continue d’être faite par des humains, et non pas par des robots. »

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Vivre mieux, c’est possible https://www.csn.qc.ca/actualites/vivre-mieux-cest-possible/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53035 Déjà, en 2013, la CSN se lançait dans une tournée majeure auprès de ses syndicats et dans les régions pour battre campagne en faveur d’un progrès social qui profite à toutes et à tous. La question d’un revenu décent est au cœur d’une telle revendication qui implique aussi une vision globale des services publics et des programmes sociaux. En effet, un filet de protection sociale efficace et répondant aux réalités vécues par la population est indissociable d’une telle campagne pour l’amélioration générale des conditions de vie et un meilleur partage de la richesse.

Dans cette vaste opération qui s’est déroulée sur le thème Et si on avançait, le progrès social dépend de nous, la CSN a identifié des axes d’intervention pour améliorer la qualité de vie de tous et qui venaient s’ajouter à la syndicalisation : un développement économique durable qui permet de créer de bons emplois, des services publics et des programmes sociaux de qualité, accessibles et universels, ainsi que des mesures visant à sécuriser le revenu tout au long de la vie.

« La lutte que nous menons depuis deux ans contre l’austérité du gouvernement Couillard, au même titre que notre engagement à nous défaire des conservateurs et de leurs politiques antisyndicales et antisociales, s’inscrit dans ce même objectif, explique le président de la CSN, Jacques Létourneau. Le démantèlement de l’État, comme pivot du développement économique et social, est au cœur de la stratégie des libéraux provinciaux et contribue directement à l’appauvrissement collectif du Québec. Nous avons la responsabilité de le stopper ! »

Un revenu décent

Intervenant à Saguenay, dans le cadre de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, le président de la CSN avait défini ainsi les moyens pour sécuriser le revenu des Québécoises et des Québécois : « Nous devons collectivement et solidairement revendiquer un revenu décent pour tout le monde en proposant de relever les montants des prestations d’aide sociale, de hausser de façon significative le salaire minimum et d’adopter une loi favorisant le droit pour toutes et tous d’être couverts par un régime de retraite auquel chacun des employeurs cotiserait. »

C’est en ce sens que la CSN s’est opposée au projet de loi 70 qui, sous prétexte de permettre « une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi », représente un important recul du filet social québécois par une réforme de l’aide sociale. Avec une prestation de 726 $ par mois, une personne seule ne peut actuellement pas couvrir la moitié des besoins de base reconnus. Le projet de loi 70 pourrait impliquer une coupe de 224 $ à ce montant.

La question d’un régime de retraite accessible à toutes et tous est aussi fondamentale. « Plus de 60 % des Québécoises et des Québécois n’ont aucun régime complémentaire de retraite, ajoute Jacques Létourneau. Dans une stratégie globale visant à sécuriser les revenus, une revendication d’instaurer un tel système prend tout son sens. »

15 $ l’heure, c’est possible ?

Au Québec, est-il possible d’envisager un tel salaire minimum ? Économiste au Service des relations du travail de la CSN, Josée Lamoureux estime que la question fondamentale est plutôt de considérer le type de société auquel nous aspirons.

« Maintenir le salaire minimum à un bas niveau, c’est encourager la création d’emplois mal rémunérés et la dévalorisation des employé-es, explique-t-elle. Concevoir un salaire minimum qui sortirait les gens de la pauvreté obligerait les employeurs à considérer un autre modèle d’affaires. Il n’est pas normal qu’un individu qui travaille à temps plein doive recourir aux banques alimentaires pour s’en sortir ou faire vivre sa famille. » Or, c’est le cas de plusieurs personnes qui travaillent au salaire minimum, établi à 10,75 $ l’heure depuis le 1er mai dernier.

Selon Josée Lamoureux, les entreprises verraient aussi plusieurs avantages à hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure : « Les travailleuses et les travailleurs se sentiraient moins exploités, leur satisfaction au travail s’en trouverait améliorée, le roulement de personnel diminuerait et la productivité serait en hausse, diminuant d’autant l’impact des coûts d’une telle mesure. » En outre, le pouvoir d’achat des ménages augmenterait, un point positif pour l’économie.

« Un des problèmes au Québec tient au fait que le salaire de nombreux travailleurs et travailleuses est tout simplement trop bas, soutient Josée Lamoureux. Un salarié sur quatre (26 %) gagne moins de 15 $ l’heure. C’est nettement insuffisant pour vivre décemment. » En 2015, la rémunération hebdomadaire moyenne au Québec se situait à 868 $, soit moins que les 952 $ à l’échelle canadienne. Sur un an, l’écart est de plus de 4300 $ !

Selon l’économiste de la CSN, « lorsqu’il est question d’augmentations de salaire, il est rarement question du niveau de rentabilité et des exigences de rendement des entreprises, ajoute-t-elle. En outre, leurs charges fiscales n’ont cessé de diminuer au cours des dernières années. Elles sont moins imposées, font plus de profits, et ça se répercute peu sur le salaire de leurs employé-es. »

À ce titre, il faut noter que la fiscalité des entreprises au Québec correspond à près de la moitié de celle qui existe aux États-Unis, et est inférieure à celle qui est établie ailleurs au Canada. Ainsi, le fardeau fiscal des entreprises a grandement diminué au Québec, le taux effectif marginal d’imposition sur l’investissement passant de 34,5 % en 1998, à 24,1 % en 2008, puis à 18,8 % en 2012.

Par ailleurs, le concept de « salaire viable » est au cœur des revendications de plusieurs mouvements sociaux en Amérique du Nord qui réclament un salaire minimum suffisant pour sortir un travailleur ou une travailleuse de la pauvreté. Ce seuil considère l’ensemble des dépenses d’une famille pour des activités jugées normales, mais aussi pour participer à la vie économique, culturelle et sociale. Il inclut donc des dépenses qui excèdent les besoins de base. Au Québec, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) est arrivé à 15,10 $, après avoir fait la moyenne des salaires viables dans un échantillon de cinq villes importantes.

Une mobilisation d’envergure

Aux États-Unis, une remarquable mobilisation a permis de hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure dans certaines villes et certains États. À Seattle, par exemple, il grimpera à ce niveau en 2021. Dans les États de Californie et de New York, le salaire minimum atteindra graduellement ce seuil suivant des mécanismes différents en fonction des entreprises.

De ce côté de la frontière, plusieurs organisations revendiquent un salaire minimum à 15 $ l’heure. En juin, le conseil confédéral de la CSN a pour sa part voté en faveur d’une campagne pour le relèvement le plus rapidement possible du salaire minimum à 15 $, dans le cadre d’alliances les plus larges possible pour y arriver, et d’un mécanisme annuel d’ajustement. « Pour atteindre cet objectif, et celui visant l’amélioration des normes du travail, il est essentiel de nous unir aux autres organisations progressistes, y compris celles qui œuvrent auprès des non-syndiqués », a fait valoir le président de la CSN.

Déjà, plusieurs groupes prévoient organiser des mobilisations autour de la Journée mondiale pour le travail décent, le 7 octobre. « La CSN sera assurément de ce rendez-vous. Un salaire minimum à 15 $ l’heure, c’est une revendication qui est atteignable », conclut Jacques Létourneau.


Coup d’œil sur le salaire minimum au Québec en 2015

  • 6 % de la main-d’œuvre, soit 211 500 salarié-es, dont 56,7 % de femmes et 43,3 % d’hommes, gagnent le salaire minimum.
  • 60,9 % des personnes touchant le salaire minimum ont entre 15-24 ans ; 18,7 % ont entre 25 et 44 ans ; 9,2 % ont entre 45 et 54 ans et 11,3 % ont plus de 55 ans.
  • 50 % des travailleurs au salaire minimum ne sont pas aux études (en 2012).
  • 47,1 % des personnes gagnant le salaire minimum ont des études postsecondaires et 8,8 % un diplôme universitaire.
  • La très grande majorité de ces salarié-es ne sont pas syndiqués.
  • 38,3 % des salarié-es payés au salaire minimum œuvrent dans le secteur du commerce ; 25,6 % dans ceux de l’hébergement et de la restauration.
  • 26 % des salarié-es reçoivent un salaire horaire égal ou inférieur à 15 $, soit 22 % des hommes et 31 % des femmes (en 2014).

Une hausse du salaire minimum a un effet d’entraînement sur les salaires qui se situent au-dessus.

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Des reculs importants à prévoir https://www.csn.qc.ca/actualites/des-reculs-importants-a-prevoir/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:04 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52883 Peu trouvent l’argument convaincant, d’autant que les pratiques budgétaires reprochées au gouvernement de Dilma sont fréquentes. Mais c’était la seule manœuvre qui pouvait permettre à ses adversaires de renverser le gouvernement alors que le PT perdait ses appuis politiques, un objectif devenu évident au courant de la dernière année.

Le contexte politique récent a été marqué par le scandale de Petrobras, la compagnie nationale de pétrole, dans lequel plusieurs élus des différents camps font l’objet d’une enquête, ou sont déjà derrière les barreaux pour avoir reçu des pots-de-vin. Le tout survient dans un contexte économique très difficile, après des années d’attaques des partis de droite et des grands médias contre le PT qu’ils tentent de discréditer pour cause de corruption et pour leur gestion de l’économie et des finances publiques.

Le gouvernement de Dilma n’a pas échappé au scandale de la corruption, pas plus que les forces qui en ont finalement eu raison ! Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés, est accusé de corruption et de blanchiment d’argent en Suisse. Michel Temer du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), allié du PT jusqu’à la fin mars 2016, accède maintenant à la présidence du pays. Il fait également l’objet d’une enquête dans le scandale de Petrobras.

Pour plusieurs organisations brésiliennes, dont nos camarades de la Centrale unique des travailleurs (CUT), c’est un véritable coup d’État que subit la jeune démocratie brésilienne. Elles dénoncent vertement les manœuvres d’une droite impatiente de reprendre le pouvoir après 14 ans de gouvernement du PT. Certes, le bilan du PT n’est pas parfait et les critiques fusent aussi à gauche : alliance avec la droite empêchant des réformes importantes (terres agricoles, système électoral, communications), sommes astronomiques dépensées pour la Coupe du monde et les Jeux olympiques, etc.

Des avancées majeures

Mais il y a aussi bon nombre de réalisations positives depuis 14 ans qui ont permis de diminuer les inégalités. Ainsi, 22 millions de personnes ont fui la pauvreté extrême et 35 millions d’autres ont rejoint les rangs de la classe moyenne, des centaines d’écoles et 14 universités ont été construites, 20 millions d’emplois officiels ont été créés, etc. Le gouvernement du PT a aussi encouragé l’intégration régionale en Amérique latine sur la base d’un autre modèle de développement économique et social, ainsi que le renforcement du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South-Africa/Afrique du Sud) face au bloc dominant contrôlé par les États-Unis dans la joute géopolitique mondiale.   

Le nouveau gouvernement a déjà annoncé qu’une de ses priorités était l’adoption d’une loi qui permettra la sous-traitance dans toutes les entreprises et dans le secteur public. Ainsi, nos camarades craignent non seulement une régression de la démocratie au Brésil, mais aussi des reculs quant aux conditions de vie et de travail, des obstacles à l’action des mouvements sociaux et du mouvement syndical et un changement d’orientation qui amènerait le Brésil, ainsi que d’autres pays de la région où la droite a repris le pouvoir (Argentine) ou pourrait le récupérer (Venezuela), à intégrer l’Amérique latine dans l’alliance néolibérale dominée par les États-Unis, qui se consolide notamment avec de nombreux accords commerciaux.

Le démantèlement du bloc progressiste au Sud, le seul véritable dans le monde, risque de renforcer l’alliance néolibérale et de réduire le nombre d’États qui défendent les droits de la personne et syndicaux face aux entreprises, dans les institutions internationales, mais surtout dans leur pays. Mais ne sous-estimons pas la force et la vitalité des mouvements sociaux brésiliens et argentins, ainsi que leur détermination à freiner les avancées de la droite.

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Nouveau contrat de travail pour les agents de sécurité https://www.csn.qc.ca/actualites/nouveau-contrat-de-travail-pour-les-agents-de-securite/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:04 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53045 « Cette entente permet d’éviter un conflit de travail qui aurait pu être long et pénible pour tout le monde », souligne Denis Marcoux, président de la FEESP.

Réparer une injustice

Les membres du Syndicat des agents de sécurité d’ADM (SAS-ADM) ont voté pour la grève en avril parce qu’ils s’étaient vu imposer des diminutions salariales annuelles de plusieurs milliers de dollars.

Il y a plus d’un an, ADM a changé de sous-traitant afin d’assurer la sécurité de l’aéroport à l’extérieur de la zone douanière. Les 140 agentes et agents ont donc été cédés au nouveau sous-traitant (Garda) qui avait diminué les salaires avec l’approbation du syndicat de l’époque. C’est à ce moment que le SAS-ADM a décidé de se joindre à la CSN.

L’entente prévoit des majorations de plus de 5 % pour les salarié-es avec plus de quatre ans d’ancienneté et diverses bonifications dans les échelles salariales et les primes

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Une réussite toute québécoise https://www.csn.qc.ca/actualites/une-reussite-toute-quebecoise/ Tue, 21 Jun 2016 13:00:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52925 Les produits alcooliques du Québec ont longtemps souffert d’une perception négative auprès des consommateurs qui se montraient souvent réticents à consommer des produits de chez nous. « Cependant, le vent est en train de tourner, affirme Martine Provost, analyste marketing. Les gens avaient certains préjugés, surtout au sujet des vins. Nous avons voulu leur démontrer qu’il y avait d’excellents produits à découvrir. » L’une des stratégies élaborées par l’équipe des experts-produits pour s’attaquer à ces préjugés et pour promouvoir ces vins fut d’organiser des dégustations à l’aveugle lors de salons de vin. « Les clients préféraient en majorité les vins québécois aux vins français », rappelle-t-elle.

À travers des événements promotionnels, un travail de sensibilisation a donc été effectué. Des producteurs ont notamment été invités en succursale lors de dégustations pour parler de leurs produits, ce qui a séduit plusieurs consommateurs. Peu à peu, ceux-ci ont appris à découvrir et à apprécier les vins québécois avec leurs caractéristiques uniques liées à l’utilisation de cépages adaptés à notre réalité climatique. « Il y a encore du travail à faire, mais jusqu’à maintenant, la campagne est un succès », conclut Martine Provost. En effet, les ventes de vins québécois ont augmenté de plus de 80 % au cours de la dernière année, ce qui s’avère un franc succès, facilité par la présence de sections Origine Québec dans plus de 260 succursales.

De dégustation en dégustation, les Québécois ont appris à apprécier bon nombre de produits québécois, de l’hydromel aux produits de l’érable, en passant par les alcools à base de petits fruits, sans oublier les différentes gammes de cidre. La création de la marque Origine Québec a également contribué à leur apporter une notoriété, une mise en valeur appréciée des producteurs québécois, dont les produits sont en compétition avec ceux du monde entier.

La qualité au rendez-vous

« Si le volume des ventes a augmenté, c’est surtout en raison de la qualité des produits, qui a fait de grands pas au cours des dernières années, en particulier dans le domaine des vins, assure François Primeau, agent d’information au développement des affaires pour la campagne Origine Québec. Pour mener la campagne Origine Québec, les astres étaient alignés : les vins locaux arrivaient à maturité, alors que les consommateurs voulaient les découvrir et que la volonté du gouvernement et de la SAQ était au rendez-vous. » Il rappelle par ailleurs qu’il s’agit d’une jeune industrie : « Les premières vignes ont été plantées au Québec il y a 30 ans, et le premier vin à être commercialisé a été vendu à la SAQ en 1996. On commence donc à récolter les fruits d’un travail de longue haleine. Aujourd’hui, il ne fait plus de doute que la qualité est au rendez-vous ».

Les professionnel-les de la SAQ ont d’ailleurs un rôle à jouer dans l’amélioration des produits. Le chimiste Joseph Tartaglia, qui œuvre au sein du service de gestion de la qualité, accompagne les producteurs dans leur démarche pour développer de meilleurs produits. « Pour tous les vins, peu importe leur origine, il y a toujours un risque de détérioration. Nos analyses chimiques permettent de guider les producteurs dans leurs efforts pour corriger les anomalies et ainsi s’assurer qu’ils correspondent aux normes ». Selon Joseph Tartaglia, ce service d’analyse gratuit contribue à améliorer les vins québécois d’année en année.

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