Point de départ – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 21 Mar 2024 17:05:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Point de départ – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Maîtriser l’inflation sans nuire à celles et ceux qui travaillent https://www.csn.qc.ca/actualites/maitriser-linflation-sans-nuire-a-celles-et-ceux-qui-travaillent/ Tue, 14 Nov 2023 11:00:09 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=92959 Jusqu’à maintenant, nos gouvernements réagissent au problème de l’augmentation du coût de la vie à la pièce. On envoie un chèque et l’on se contente de laisser aller la Banque du Canada avec sa hausse accélérée des taux d’intérêt. Le problème est si sérieux et si pernicieux qu’il faudrait une stratégie globale beaucoup plus élaborée.

Ça ne va plus. Ça fait mal à des millions de Québécoises et de Québécois. Des travailleuses et des travailleurs se retrouvent de plus en plus à la banque alimentaire. Un récent sondage montre que cette épreuve est le lot de 12 % du personnel de soutien scolaire ! Les loyers ou les hypothèques sont extrêmement difficiles à trouver et à payer et rognent le budget pour l’alimentation.

La dernière offre du gouvernement aux travailleuses et travailleurs du Front commun, à 10,3 % d’augmentation sur cinq ans, ne leur permettrait même pas de conserver la tête hors de l’eau. C’est encore un appauvrissement, puisque ce salaire ne suivrait pas l’inflation.

Il faut que les grandes entreprises comme les épiceries ou les pétrolières cessent d’engranger des profits records sur le dos du monde ordinaire. Quand on sait que les personnes à la tête de ces entreprises gagnent 243 fois le salaire moyen de leurs employé-es, on comprend qu’ils sont déconnectés des vrais problèmes actuels.

La CSN a fait plusieurs recommandations pertinentes en consultation prébudgétaire au fédéral pour casser ce cercle vicieux et faire en sorte que la vie soit enfin plus abordable. En voici quelques-unes :

  • Le gouvernement doit mettre en place des politiques complémentaires à celle de la Banque du Canada pour lutter contre l’inflation : mieux contrôler le prix des loyers et des habitations, investir dans la construction de logements hors marché, réduire le prix des services gouvernementaux ou les offrir gratuitement et augmenter les transferts financiers aux ménages à faibles revenus.
  • Instaurer un régime universel d’assurance médicaments.
  • Permettre aux travailleurs étrangers temporaires de changer d’employeur.
  • Bonifier le financement du transport en commun.

Salaire minimum

Rappelons par ailleurs qu’il est impératif d’augmenter le salaire minimum, lequel n’a jamais suivi l’inflation. Les personnes qui gagnent le salaire minimum, environ 60 % étant des femmes, ont beaucoup moins de marge de manœuvre que les autres quand la facture d’épicerie et le loyer augmentent. Nous le disons et le redirons tant qu’il le faudra, on doit hausser le salaire minimum de façon très importante. Ces travailleuses et ces travailleurs ont souvent montré leur très grande utilité sociale pendant la pandémie, cette augmentation est nécessaire et méritée.

Un toit avant tout

La question du logement en particulier devient centrale. La hausse du coût de la vie engendre de l’itinérance ou des gens qui sont mal logés et qui utilisent une beaucoup trop grande part de leurs revenus pour le faire.

À Montréal en particulier, les mises en chantier sont à un creux historique. Ça n’a aucun sens ! Démarrer plus de chantiers, ça va demander des bras, il n’y a pas de miracle. Il faudra donc une stratégie pour attirer et conserver encore plus de travailleuses et de travailleurs de la construction.

Nous demandons aux deux gouvernements de faire leur part pour nous sortir de cette impasse qui ne se règlera clairement pas en laissant le secteur privé mener le bal. Si ça marchait, on le saurait ! La débandade des services publics au profit du privé ne fait qu’accentuer l’appauvrissement des ménages et compromettre l’accès au logement.

En cette période d’inflation élevée, nous devons, plus que jamais, rester solidaires avec tous les salarié-es qui luttent pour continuer à améliorer leur sort, à commencer par celles et ceux du secteur public qui font Front commun.

 

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Prendre notre pouvoir, maintenant https://www.csn.qc.ca/actualites/prendre-notre-pouvoir-maintenant/ Tue, 13 Jun 2023 03:10:36 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=91151 Ce numéro arrive tout juste après la clôture du 67e Congrès de la CSN. Grand événement attirant quelque 2 000 participantes et participants tous les trois ans, le congrès représente la plus haute instance de la confédération, celle qui guide les grandes orientations du mouvement.

C’est sous le thème Pouvoir, maintenant que s’est déployée cette semaine de réflexion et de mobilisation. Depuis plus de 100 ans, la Confédération des syndicats nationaux est le moteur d’un grand mouvement qui permet aux travailleuses et aux travailleurs d’obtenir les meilleures conditions de travail possibles. Au sortir de trois années de pandémie qui nous auront éloignés les uns des autres, il est important de reprendre ce pouvoir. Comme centrale syndicale, il aura fallu recréer les liens, se donner les moyens de partager nos réalités et déterminer des objectifs concrets pour mieux reprendre nos luttes.

Ces luttes, elles ont été nombreuses, comme vous le verrez dans ces pages. La forte inflation – du jamais vu depuis des décennies – couplée à la rareté de main-d’œuvre a donné à de nombreux syndicats un rapport de force inespéré, des entreprises n’hésitant pas à rouvrir les conventions collectives avant leur terme pour hausser les salaires. Quand le fer est chaud, il faut le battre : des syndicats sont allés chercher des augmentations de 30, 40, voire 50% sur trois ou cinq ans. Un record.

Ces luttes ont été soutenues par la CSN de bien des façons, en commençant par un appui financier incomparable, alors que le Fonds de défense professionnelle CSN a octroyé près de 26 millions de dollars à ses membres en grève au cours du dernier mandat. C’est ce fonds, unique pour une centrale syndicale québécoise, qui a permis toutes les luttes dont il est question ici, et bien plus encore. Des épisodes souvent majeurs, parfois crève-cœur. Mais toujours solidaires.

Nos luttes se poursuivent tant dans le secteur public que privé où des efforts coordonnés (en front commun, en intersyndicale, en interfédération) augmentent notre rapport de force et notre Pouvoir, maintenant. Plusieurs dossiers dans lesquels nous avons investi nos énergies au cours des derniers mois ont porté fruit. Je pense aux conventions du privé pour lesquelles la grande majorité des négociations de 2022 ont permis d’éliminer complètement les taux horaires de moins de 18 $ l’heure. Ou au gouvernement qui a dû revenir sur sa décision de hausser l’âge d’admissibilité au régime de retraite québécois. Ou encore à nos démarches pour que le travail des enfants soit mieux balisé, lesquelles ont abouti à la loi sur l’encadrement du travail des enfants. Idem pour la loi anti-briseurs de grève au fédéral. Nous pouvons être fiers de notre contribution à ces avancées et à bien d’autres.

Bien que nos réalités nous placent souvent en situation de lutte, que ce soit aux tables de négociation ou dans la rue, la base de notre action prend racine dans nos valeurs de justice et de liberté ainsi que dans la recherche d’une dignité toujours plus grande pour les femmes et les hommes qui constituent la force de travail du Québec. C’est dans le syndicalisme de centrale, où tant de titres d’emplois sont représentés, que l’on se soutient les uns les autres, qu’on soit machiniste à Saguenay ou préposée aux bénéficiaires à Saint-Hyacinthe.

Alors que notre mouvement entreprend un autre mandat de trois ans avec de nouvelles propositions, avec des souhaits et oserais-je dire, des rêves, nous avons tout en main pour faire entendre nos demandes, comme travailleuses et travailleurs. Nous savons qu’on n’est jamais aussi forts que lorsque nous parlons d’une seule et même voix.

Les combats pour lesquels nous nous levons chaque matin sont multiples et la route syndicale ne sera jamais un long fleuve tranquille. Mais nous croyons à l’égalité des chances et à un avenir meilleur pour tous les travailleurs et les travailleuses.

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La sourde oreille https://www.csn.qc.ca/actualites/la-sourde-oreille/ Tue, 10 Dec 2019 16:47:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=73147 Le mot du président

Un triste constat se dégage depuis l’arrivée au pouvoir des caquistes : ils n’écoutent pas la population. Les innombrables critiques qui se soulèvent chaque fois qu’ils sortent de leur chapeau idéologique un projet de loi mal ficelé en témoignent. Dans son discours du trône, François Legault disait vouloir faire preuve d’humilité. Pourtant, lui et quelques-uns de ses ministres influents s’entêtent, dans un manque navrant de transparence et de consultation, à braquer les gens avec la mise en œuvre précipitée, voire irréfléchie, de certaines promesses électorales.

En novembre dernier, un sondage Léger nous apprenait que le projet phare de la CAQ sur les maternelles 4 ans ne récolte qu’à peine 29 % d’appui. En désaccord avec ce projet, la CSN revendiquait plutôt un réinvestissement dans les services de garde, qui ont fait leurs preuves, ainsi que dans le réseau de l’éducation, pour améliorer l’accès des enfants aux services spécialisés. Trop sûr de son coup et malgré la masse de critiques qui lui tombaient dessus, le gouvernement a choisi de faire fi de ces doléances. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ainsi persisté à vouloir créer de nouvelles classes de maternelles 4 ans, même si celles-ci coûteront six fois plus cher que ce qui avait été promis en campagne électorale. Un tel entêtement continuera à déstabiliser le réseau actuel de la petite enfance ; celui-ci se verra soutirer des éducatrices qui seront embauchées comme enseignantes au sein de ces classes dans un contexte alarmant de pénurie de main-d’œuvre.

Et que dire de la volte-face de la CAQ sur sa réforme bâclée du programme d’immigration visant les étudiants et les travailleurs étrangers temporaires ? Après être demeurés insensibles devant le cri du cœur de personnes menacées de renvoi, après avoir vu les groupes de tous les horizons dénoncer cette réforme, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, et le premier ministre Legault n’ont eu d’autre choix que d’accorder un droit acquis aux actuels bénéficiaires du programme. Ils ont ainsi démontré à quel point ils sont parfois déconnectés de la réalité en termes de besoins de main-d’œuvre et de respect de la parole donnée.

Les employé-es de soutien des écoles auraient, pour leur part, souhaité être consultés avant le dépôt par le ministre Roberge – encore ! – du projet de loi 40 sur l’abolition des commissions scolaires. En faisant cavalier seul une fois de plus, le gouvernement, dans une grande opacité, désire abolir leurs fondements démocratiques pour centraliser les pouvoirs auprès du ministre, réduisant par le fait même le poids des régions tout en aggravant les iniquités déjà présentes au sein du réseau. Pour faire taire les critiques, il a abandonné son intention de procéder par bâillon. Mais le projet de loi ne saurait être adopté sans une réelle consultation publique.

Le secteur public sur le qui-vive
Après ce tour d’horizon des façons de faire pour le moins discutables de la CAQ, on peut s’interroger sur la négociation qui se profile avec les travailleuses et travailleurs du secteur public. Inutile de rappeler que ceux-ci ont été terriblement affectés par des années de compressions budgétaires, mais François Legault s’est déjà mis un pied dans la bouche en affirmant que les surplus doivent revenir dans les poches des Québécoises et des Québécois et non dans celles des syndicats. Aux dernières nouvelles, les 500 000 employé-es du secteur public sont bien québécois, eux aussi. Faut-il plutôt comprendre des propos du premier ministre que les coffres leur seront fermés au moment de négocier avec eux ?

Si le gouvernement de la CAQ compte échapper à la nécessité d’améliorer leurs conditions de travail, il se fourvoie encore. La CSN lui rappellera qu’il devra reconnaître le travail essentiel des personnes qui soignent, accompagnent, entretiennent, réparent, soutiennent, surveillent, enseignent et protègent, répondant ainsi aux besoins de la population du Québec. C’est toute la CSN qui soutiendra leur lutte pour des conditions de travail dignes de ce nom

]]> Le numéro un https://www.csn.qc.ca/actualites/le-numero-un/ Mon, 04 Jun 2018 10:01:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=67934 Le mot du président

Depuis plus de 75 ans, nous avons ce souci de communiquer avec nos membres pour nourrir une solidarité essentielle entre les syndicats de notre mouvement, notamment en partageant leurs luttes et leurs revendications. Perspectives CSN, dont le format s’apparentait davantage à celui d’un magazine, cède donc la place au Point syndical, un journal qui paraîtra plus fréquemment, soit cinq fois l’an.

Au cours des vingt dernières années, les moyens de communication ont considérablement évolué. La CSN s’est toujours assurée d’utiliser pleinement les différentes plateformes pour faire rayonner les mobilisations des syndicats, et pour partager les positions de nos instances démocratiques : vidéo, photoreportage, médias sociaux, infolettre, blogue. La CSN a été la première organisation non gouvernementale, à l’exception des médias, à se doter d’un site Internet qui a été rafraîchi à plusieurs reprises depuis 1995. Et, aujourd’hui, nous sommes à même d’offrir à nos syndicats leurs propres sites sous la bannière monsyndicat.org.

Dans le journal, vous pourrez lire des articles et des reportages sur les négociations et les luttes de nos syndicats. Ceux-ci travaillent fort pour améliorer le quotidien de leurs membres et pour assurer une vie syndicale dynamique. Ici, vous découvrirez comment ! Les militantes et militants des syndicats nouvellement accrédités raconteront les raisons qui les ont poussés à se regrouper pour se donner une voix et une force devant leurs patrons.

Le Point syndical s’intègre parfaitement aux autres plateformes dont nous disposons. Sur notre site Web et dans notre infolettre hebdomadaire, En mouvement, les reportages pourront être complétés par des galeries de photos et des informations supplémentaires. Aussi, la CSN se met à la baladodiffusion. Une première, dont nous sommes fiers. Ces outils d’information seront relayés à travers nos médias sociaux pour une diffusion la plus large possible. La CSN est une organisation de lutte et ces pages le refléteront.

Campagnes permanentes
N’avez-vous pas l’impression que le Québec est en perpétuelle campagne électorale ? Pendant que le premier ministre Trudeau se prépare publiquement au scrutin fédéral qui se tiendra dans plus d’un an, le ministre Leitaõ a officiellement lancé la précampagne québécoise lors de la consultation prébudgétaire, en décembre dernier, près de 10 mois avant l’élection.

Voilà qui détourne évidemment l’attention des médias tout en permettant aux partis politiques de lancer des ballons pour tester l’opinion publique. Le gouvernement Couillard, lui, n’est pas en reste en annonçant réinvestissement par-dessus réinvestissement. Après trois années d’austérité qui ont érodé l’édifice social que nous avons collectivement érigé avec la Révolution tranquille, n’y a-t-il pas là de l’hypocrisie ?

À la CSN, nous avons profité du dernier congrès pour nous donner un plan de match et faire valoir les préoccupations de nos membres d’ici la véritable campagne. La loi électorale québécoise nous oblige en effet à débattre des enjeux syndicaux et sociaux avant le lancement officiel de cette campagne. Dans les syndicats et les conseils centraux de la CSN, des discussions ont cours pour établir des plateformes de revendications sur lesquelles nous demandons aux candidates et aux candidats ainsi qu’aux différentes formations politiques de prendre position. La Fête internationale des travailleuses et des travailleurs a d’ailleurs été la première occasion d’intervenir publiquement sur les enjeux électoraux québécois.

Au menu : des normes du travail améliorées, incluant un salaire minimum à 15 $ l’heure, des réinvestissements massifs dans les services publics et les programmes sociaux, et une politique manufacturière créatrice de bons emplois. Nous continuerons d’être de ces débats.

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