Réfugié – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Tue, 27 Aug 2024 15:59:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Réfugié – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Monsieur Trudeau, maintenez le soutien humanitaire au peuple palestinien ! https://www.csn.qc.ca/actualites/monsieur-trudeau-maintenez-le-soutien-humanitaire-au-peuple-palestinien/ Thu, 29 Feb 2024 14:00:28 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=94309 Lettre transmise le 26 février à Justin Trudeau.

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris au nom de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pour solliciter votre soutien dans l’immédiat en ce qui concerne une question humanitaire urgente. Compte tenu des difficultés auxquelles se heurtent les réfugiés palestiniens, il n’a jamais été aussi important d’assurer un soutien à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA, sigle anglais). Cette agence joue un rôle primordial dans la fourniture de services en matière d’éducation, de soins de santé, d’assistance sociale et de secours aux millions de réfugiés palestiniens, veillant à subvenir à leurs besoins fondamentaux face aux adversités quotidiennes auxquelles ils sont confrontés.

La récente escalade du conflit dans la région a eu des effets dévastateurs sur les communautés de Palestine et, de ce fait, les ressources de l’UNRWA ont encore été mises à contribution. Les efforts de l’agence visant à maintenir et à améliorer ses services pour répondre aux exigences de la situation actuelle sont entravés par des restrictions financières qui menacent la fourniture d’une aide continue et cruciale aux personnes qui en ont cruellement besoin. C’est dans un tel contexte que le soutien des gouvernements et de la communauté internationale devient essentiel.

La mission de l’UNRWA de venir en aide aux réfugiés palestiniens est conforme à nos valeurs communes de solidarité, de paix et d’aide humanitaire. Le soutien a l’UNRWA non seulement permet de répondre aux besoins immédiats des réfugiés palestiniens, mais contribue également a la stabilité et a la paix dans la région. Il est impératif que nous continuions de respecter notre engagement en faveur de ces valeurs en veillant à ce que l’UNRWA dispose des ressources nécessaires pour mener efficacement sa mission.

Par conséquent, nous vous prions instamment d’envisager de fournir un soutien financier à l’UNRWA et de démontrer ainsi l’engagement de votre gouvernement en faveur de l’aide humanitaire et de la solidarité internationale. Votre soutien aura un impact direct sur la vie de millions de réfugiés palestiniens, leur donnant l’espoir dont ils ont grand besoin en cette période de grave détresse.

Nous vous remercions d’avance de l’attention que vous porterez à cet appel urgent. Votre prompte réponse positive contribuerait considérablement au bien-être des réfugiés palestiniens et réaffirmerait la position du Canada en tant que fervent défenseur des causes humanitaires sur la scène internationale.

Dans l’attente de recevoir une réponse positive de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération.

Caroline Senneville
Présidente
Confédération des syndicats nationaux (CSN)

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Tomasz Walenta affûte ses crayons pour l’Ukraine https://www.csn.qc.ca/actualites/tomasz-walenta-affute-ses-crayons-pour-lukraine/ Thu, 17 Mar 2022 20:27:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81930 Réfugié politique à 7 ans alors que le mouvement Solidarnosc ébranlait le régime soviétique, Tomasz Walenta a grandi au Québec et partage maintenant sa vie entre Varsovie et Montréal. Illustrateur reconnu, ses portraits de Martin Coiteux avaient ponctué la grève du Front commun de 2015. En Pologne présentement, outragé par l’invasion barbare de Poutine en Ukraine, il est à même de constater l’horreur vécue par des centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants ukrainiens qui ont fui la guerre jusqu’à Varsovie. En mouvement l’a rencontré, en plus de lui offrir l’espace des plateformes de la CSN pour exprimer son indignation devant cette guerre et sa solidarité envers le peuple ukrainien.

Son travail, c’est le dessin. Son expertise, le coup de crayon. Mais pour plusieurs, son art réside dans le trait parfois incisif des idées qu’il esquisse, tantôt tendre de la compassion qu’il rend en image. Mais dans nos rangs, c’est d’abord le trait baveux de ses croquis de Martin Coiteux, président du Conseil du trésor en 2015, qui l’avait fait connaître.

Après ses études et plusieurs années comme chargé de cours à l’École de design de l’UQAM, Tomasz Walenta enseigne présentement en design dans une université de Varsovie. Dès la première journée de l’invasion russe en Ukraine, son portrait de Poutine, s’étouffant avec le drapeau ukrainien, se met à circuler en Pologne et dans le reste de l’Europe.

« Il y a beaucoup d’étudiants ukrainiens à l’université où j’enseigne. L’invasion russe a commencé en plein milieu de la relâche, qui dure près d’un mois ici. Alors la moitié de mes étudiants ukrainiens s’est retrouvée coincée en Ukraine où ils étaient en vacances. Les autres étaient restés ici, mais leurs familles se faisaient déjà bombarder », raconte l’illustrateur rejoint par visioconférence à Varsovie.

Depuis le début de la guerre, plus d’un million d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Pologne, une large proportion d’entre eux rejoignant la capitale. « On a qu’à sortir faire des courses pour s’en rendre compte : il y a définitivement plus de monde dans les rues de Varsovie qu’il y a un mois. Dans les magasins, on entend parler ukrainien plus que jamais. À travers toute la Pologne, les gares sont littéralement bondées : oui, il y a un roulement, mais plusieurs n’ont nulle part où aller », regrette-t-il.

« Ce qui frappe, c’est que ce sont d’abord des femmes et des enfants. Partout. Les hommes sont restés pour affronter l’armée russe. » Varsovie connaît également une pénurie de chauffeurs de taxi : une bonne partie des conducteurs, des Ukrainiens établis en Pologne, ont pris le chemin inverse, regagnant le territoire ukrainien pour gonfler les rangs de la résistance.

Car depuis 20 ans, souligne Tomasz Walenta, l’immigration économique en provenance de l’Ukraine n’a cessé de grandir. Nombreux sont les jeunes mariés qui viennent s’établir en Pologne pour trouver du travail et envoyer de l’argent à leurs familles. « Ils et elles sont nombreux et nombreuses à travailler en garderie, comme préposé-es à l’entretien, mais aussi dans d’autres secteurs, les Ukrainiennes étant reconnues à travers l’Europe comme étant les meilleures couturières du continent. »

La route de l’exil
Si Tomasz Walenta a lui-même connu l’exil, fuyant jusqu’au Québec la répression politique qui s’installait en Pologne au début des années 1980, il met néanmoins rapidement un terme au parallèle. « J’avais sept ans et le degré de violence qui prévalait à l’époque n’était aucunement comparable. Moi, mon seul stress, c’était de savoir si j’allais commencer ma première année. De plus, je quittais la grisaille d’une Pologne industrielle pour me retrouver… dans une école tenue par une charmante institutrice, à même une ancienne grange, au milieu des prés verts, des lacs et des alpes suisses en arrière-plan ! »

Quelques mois avant que le gouvernement polonais, alors sous l’emprise de Moscou, ne déclare l’état de guerre et ne ferme les frontières lors de la tentative de soulèvement populaire initiée par Solidarnosc et les mouvements de l’opposition de 1981, les Walenta avaient obtenu leurs passeports pour prendre des vacances à l’extérieur du pays.

« On a été chanceux. Les passeports étaient conservés au poste de police, qui les délivrait rarement à tous les membres d’une même famille en même temps, pour éviter les défections. Mes deux parents ayant appris le français en Pologne, leur réelle intention, après avoir traversé la Suède, la France et la Suisse, était de rejoindre le Québec. Après deux ans, nous avons obtenu nos papiers de réfugiés. Orthophoniste, ma mère a rapidement trouvé un boulot à la Commission scolaire Sainte-Croix, à Saint-Laurent. Mon père, ingénieur, a fini par se trouver un emploi à l’usine Exeltor, qui fabriquait des aiguilles de couture à Bedford. »

Mille et une solidarités
Tomasz Walenta repense à ses étudiants. Les cours ont repris à Varsovie, malgré la guerre qui sévit à la frontière. « Je les trouve excessivement courageux de venir en classe et de s’atteler à leurs travaux, malgré la situation. Et en même temps, je sais qu’ils ont besoin de l’école. Être avec leurs amis, partager leurs craintes plutôt que de se morfondre seuls et isolés. Ils ont aussi besoin de l’école en tant qu’espace public, en tant qu’institution. Tous les profs se démènent pour tenter de leur trouver du travail. Un ami qui a une grande maison héberge présentement onze réfugiés chez lui. L’Académie des Beaux-Arts de Varsovie, où enseigne ma blonde, intègre depuis la semaine dernière une centaine d’étudiants réfugiés dans ses cohortes. On s’organise comme on peut, dans nos propres réseaux. »

« Mais en même temps, chaque ami ukrainien me dit être incapable de dormir. Ils sont dans un brouillard d’incertitude totale. Certains ont tout perdu, leur maison et tout ce qui s’y trouvait. »

Ce week-end, à Varsovie, Tomasz Walenta participera, nombre d’artistes visuels parmi ses collègues et ses étudiants, à une vente d’œuvre d’art pour venir en aide aux réfugiés. Dès la reprise des cours, il a encouragé ses étudiants à prendre la parole, à inscrire leurs prochains travaux sur la crise qui menace aujourd’hui l’ensemble de l’Europe.

« On a une responsabilité, en tant qu’artistes, en tant qu’enseignant, à prendre la parole. À exprimer à notre façon notre profond désaccord envers ces crimes commis par Moscou. »

« Les Polonais sont en tabarnak. Et quand on voit la gang d’extrême droite au pouvoir en Pologne, en totale rupture avec l’Union européenne sur plusieurs fronts, faire copain-copain avec les Trump, Le Pen, voire Poutine de ce monde, on a peur. »

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Adem Jasarevic : « La lutte contre le racisme est une tâche collective. La CSN fait partie de cette collectivité et moi aussi ». https://www.csn.qc.ca/actualites/adem-jasarevic-la-lutte-contre-le-racisme-est-une-tache-collective-la-csn-fait-partie-de-cette-collectivite-et-moi-aussi/ Thu, 25 Mar 2021 11:00:19 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78689 Élu au Comité des relations interculturelles de la CSN par les délégué-es réunis lors du dernier conseil confédéral, Adem Jasarevic connaît bien le racisme et cela explique sûrement sa détermination à le combattre, en rassemblant le plus de gens possible autour de cette lutte nécessaire.

Adem est arrivé au Québec à l’âge de trois ans en tant que réfugié avec ses deux sœurs et ses parents. « En 1992, être musulman en Bosnie-Herzégovine signifiait persécution, violences et mort potentielle. Cette réalité n’est hélas pas complètement disparue aujourd’hui dans cette région du monde pour des gens comme moi. À l’époque, mes parents ont donc choisi de quitter leur maison, leur pays, leur famille, leur travail pour notre sécurité. La haine et la discrimination, j’ai donc connu cela très tôt », commence-t-il sans détour.

Le choix de quitter son pays pour sauver sa peau est une décision comme on en prend peu dans une vie. Une fois cette décision prise s’entame le chemin semé d’embûches pour trouver un nouveau port d’attache, en espérant qu’il sera accueillant.

« Avant d’arriver au Québec, nous avons été entassés pendant deux ans dans un camp de réfugiés en Hongrie, en attendant d’obtenir le visa tant espéré pour le Canada. Je ne marchais même pas quand nous sommes arrivés en Hongrie. Et je ne commenterai pas les conditions de vie dans ce camp, mais vous vous doutez bien que c’était loin d’être le luxe », continue le syndicaliste.

Une fois arrivés au Québec débute une autre étape : celle de se fabriquer une autre vie dans une société qu’on ne connaît à peu près pas, tout en étant encore marqués par les blessures du passé. Mais peut-on vraiment en guérir complètement ?

« Les premières années, mes parents ont occupé tous les emplois possibles pour nous faire vivre, principalement dans des fermes et dans des usines non syndiquées. Les conditions de travail n’étaient pas roses. Mes parents ne parlaient pas bien la langue, ne comprenaient pas les codes culturels, ne voulaient pas faire de vagues, avaient peur de perdre leur visa. Comme dans le cas de plusieurs autres réfugié-es, des employeurs en ont donc profité. J’ai aussi travaillé dans des fermes avec mes parents, lorsque j’étais adolescent. J’ai donc vu tout cela d’assez près moi aussi. J’ai pu observer comment une bonne partie de ces emplois sont occupés par des gens qui se retrouvent dans des situations d’exploitation et qui gardent le silence par crainte de se faire expulser du pays. Ce scénario fait en sorte que les réfugié-es veulent être des premiers de classe. Mais bien souvent, on n’aime pas les premiers de classe, sans trop savoir pourquoi », poursuit-il.

Travaillant pour les Industries Lassonde depuis plusieurs années, Adem s’implique syndicalement depuis 2018. Il en est à son deuxième mandat comme vice-président aux griefs dans son syndicat local. Il est aussi délégué régional et membre du comité interculturel du Conseil central de la Montérégie depuis 2019. C’est lui qui a proposé l’adoption d’une proposition voulant qu’une campagne sur le racisme soit intégrée au plan d’action de la CSN lors du dernier congrès.

« Lutter contre le racisme est une tâche collective. Le contexte politique et social concernant ces questions est houleux et les débats acrimonieux. Des organisations comme la CSN doivent être visionnaires en développant des positions claires et affirmées contre le racisme et en se dotant de moyens conséquents pour faire vivre ces positions, notamment par de l’éducation syndicale. C’est pourquoi j’ai proposé cette campagne. Pour moi, il est primordial que la CSN en fasse une priorité dans les prochaines années et je compte bien mettre l’épaule à la roue. Car comme je le disais, la lutte contre le racisme, c’est une tâche collective, et je fais partie de cette collectivité », termine Adem.

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Une main-d’œuvre bon marché https://www.csn.qc.ca/actualites/une-main-doeuvre-bon-marche/ Tue, 10 Dec 2019 16:46:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=73140 Les femmes issues de minorités visibles peinent à se trouver du travail et lorsqu’elles décrochent un poste, il est souvent mal payé, dévalorisé ou en deçà de leurs qualifications.

La récente étude de la Commission des partenaires du marché du travail qui relate cette situation, étonnante en contexte de pénurie de main-d’œuvre, a conduit le syndicat CSN du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal à préparer le dépôt d’une plainte pour discrimination systémique.

L’étude est on ne peut plus claire : l’appartenance à une minorité visible constitue un facteur de vulnérabilité pour les femmes immigrantes, qui subissent des discriminations croisées, notamment en fonction du genre, de leur provenance ou de leur appartenance ethnique ou raciale. « Ces discriminations croisées imprègnent les pratiques, les comportements et les règles adoptés par des acteurs influents, notamment l’État, les entreprises, les associations professionnelles et les universités », peut-on y lire.

Cheap labour institutionnalisé
Alain Croteau, président du syndicat, dénonce l’ampleur du phénomène. Parmi les quelque 3000 membres de son organisation qui travaillent comme préposé-es aux bénéficiaires, environ 2300 sont des femmes immigrantes d’origine haïtienne, africaine, maghrébine ou hispanique. « Une telle concentration de femmes immigrantes dans ce genre de poste n’est pas due au hasard, mais plutôt à l’exploitation de femmes vulnérables qu’on embauche au rabais. »

De plus, une personne qui veut devenir préposée aux bénéficiaires doit suivre la formation, malgré qu’elle ne soit pas obligatoire. Le gouvernement joue depuis longtemps le rôle d’un employeur véreux qui embauche des personnes surqualifiées sans les payer à leur juste valeur professionnelle. L’obligation officiellement reconnue de suivre un cours pour devenir préposé-e aux bénéficiaires donnerait assurément lieu à une augmentation de salaire pour ce type d’emploi. « L’employeur a le beurre et l’argent du beurre », dénonce Alain Croteau.

Celui-ci se rappelle d’ailleurs qu’au temps où il travaillait au CRDITED de Montréal, le pourcentage de femmes issues de minorités visibles était beaucoup plus équilibré dans la catégorie 4 qui regroupe les professionnel-les, les techniciennes et les techniciens. « Il correspondait pas mal à ce qu’il représente dans la société, comparativement à la catégorie 2, qui regroupe notamment les postes de préposé-es aux bénéficiaires et d’auxiliaires aux services de santé et sociaux déjà très fortement occupés par les femmes racisées », avance-t-il.

Cet exemple démontre par le concret qu’il est plus difficile, pour l’une de ces femmes immigrantes, de se trouver un emploi de la catégorie 4 que de décrocher une job dans la catégorie 2. Citons les CHSLD du Plateau Mont-Royal, où la clientèle est principalement blanche alors que 75 % des préposé-es qui y travaillent sont des femmes immigrantes. « Ce sont les personnes racisées qui prennent soin de nos aîné-es sur le Plateau. Pourquoi ?, s’interroge Alain Croteau. Certains répondront que les femmes noires s’occupent naturellement des personnes âgées et que c’est dans leur culture. Foutaise. »

Pistes d’explication
Le fort taux de chômage parmi les femmes immigrantes explique, en partie, le fait qu’elles occupent ces postes. En 2017, il atteignait le taux élevé de 16,1 % chez les personnes arrivées au pays depuis moins de cinq ans. « Comme elles peinent à se trouver du travail, les femmes racisées doivent se rabattre sur des emplois plus pénibles. Or, ces jobs n’attirent pas les femmes blanches du même âge », souligne le président du syndicat. Peut-être que celles-ci refusent de faire leur cours de PAB et de s’investir dans une si difficile carrière. Cette situation n’est sans doute pas étrangère à la pénurie de préposé-es aux bénéficiaires qui sévit partout dans le reste du Québec.

Le temps de se plaindre
Pour Alain Croteau, ces femmes sont clairement victimes de discrimination systémique. Il faut donc s’attaquer à ce phénomène pour créer un précédent et favoriser leur accès à des emplois plus valorisés. C’est ce que le syndicat se prépare à faire avec la plainte pour discrimination systémique envers les travailleuses immigrantes de la catégorie 2 qu’il déposera après les fêtes.

Sans conteste, il y a surreprésentation des femmes issues des minorités visibles et des femmes racisées dans certains postes. L’employeur aura le fardeau d’expliquer pourquoi elles y sont si nombreuses et de démontrer qu’il ne s’agit pas de discrimination systémique. « J’ai bien hâte de voir comment il va s’y prendre », conclut Alain Croteau.

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La consultation doit être indépendante, consciencieuse et respectueuse https://www.csn.qc.ca/actualites/la-consultation-doit-etre-independante-consciencieuse-et-respectueuse-de-la-population/ Thu, 05 Oct 2017 14:00:51 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=64275

Dans un contexte où la consultation publique sur le racisme systémique est largement débattue dans l’espace public, la Table de concertation contre le racisme systémique (TCRS), dont la CSN est membre, réitère l’importance de la démarche et insiste sur les conditions essentielles pouvant assurer son succès.

La TCRS, qui rassemble différents organismes de la société civile engagés dans la lutte contre le racisme systémique, rappelle que le racisme systémique est une problématique qui touche un million de Québécoises et de Québécois dans leur accès à un emploi, à la justice, aux services de santé et d’éducation. Lorsqu’on parle de racisme systémique, il s’agit non pas des attitudes individuelles, mais plutôt d’examiner de manière sérieuse le rôle des institutions pour rendre compte des inégalités sociales.

La TCRS souhaite également que la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) ait toute l’indépendance pour mener la consultation à bon port. Pour les membres de la Table, il est impératif que le Gouvernement du Québec ne recule pas, mais aussi qu’il garde désormais ses distances du processus, afin que les considérations partisanes ou électorales n’influencent pas les travaux de la CDPDJ, de la société civile, des expert.e.s et des citoyen.ne.s. La TCRS croit que la CDPDJ doit avoir les moyens politiques et financiers de fixer, en collaboration avec les organismes partenaires, un échéancier et un processus respectueux des participant.e.s et adéquat pour le sérieux des thématiques abordées.

Les organismes membres de la Table de concertation réitèrent également leur engagement pour faire de la lutte contre le racisme systémique un succès, à court comme à long terme. Pour la Table, la société civile a un rôle important à jouer dans la mobilisation citoyenne nécessaire à un véritable changement dans les pratiques des institutions et des organisations. La TCRS annonce donc qu’elle travaillera à ce que les recommandations finales de la consultation ait une suite et que la lutte pour une plus grande égalité au Québec continue, et ce peu importe les couleurs du gouvernement en place ou les saisons électorales.

La Table de concertation contre le racisme systémique a été créée en mai 2017 et rassemble des organismes engagés pour une société égalitaire, libérée du racisme et des discriminations. 

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La peur de l’autre https://www.csn.qc.ca/actualites/la-peur-de-lautre/ Thu, 21 Sep 2017 18:50:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=63409 Blogue de Jacques Létourneau

Le fond de l’air est lourd. Depuis plusieurs mois, l’incompréhension, l’insécurité et la peur de l’autre se sont exprimées ouvertement de bien des façons. Nous avons été témoins de gestes racistes parfois subtils, souvent flagrants, sinon violents. De toutes les manières, nous les rejetons !

Bien sûr, nous croyons que nous devons écouter et chercher à comprendre celles et ceux qui ont peur. C’est possible en répudiant et en dénonçant celles et ceux qui attisent cette peur de l’autre. Nous devons lutter contre la montée de ce racisme identitaire fait de rejets, de repli sur soi et d’hostilité.

Le mouvement syndical a la responsabilité de contrer vigoureusement la croissance marquée de la haine et de l’intolérance. Parce que c’est dans sa nature de le faire. Parce qu’il promeut des valeurs contraires. À travers son histoire, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui célèbrera son centenaire bientôt, a toujours lutté contre le racisme. La CSN s’est toujours fait un devoir d’offrir des espaces ouverts de discussion, d’éducation populaire et de conscientisation. À la fermeture aux autres, nous opposons la solidarité, la fraternité, l’ouverture.

Le cas des migrants
Devant la multiplication des commentaires hostiles envers les demandeurs d’asile, le Barreau du Québec a récemment rappelé à la population québécoise que ces migrants ne sont pas des immigrants « illégaux », car le geste de traverser la frontière en dehors d’un poste-frontière officiel n’est pas illégal en soi, mais plutôt irrégulier. 

Certains se disent préoccupés par les coûts pouvant résulter de l’arrivée des demandeurs d’asile, surtout dans la conjoncture morose à laquelle nous sommes confrontés depuis l’élection du gouvernement libéral en 2014. Le véritable problème est ailleurs, et nous devrions plutôt manifester notre colère envers les politiques d’austérité de Philippe Couillard qu’envers celles et ceux qui fuient la misère ou l’exclusion avec l’espoir d’améliorer leur sort.

Que dire de certains politiciens qui ne font que jeter de l’huile sur le feu ? Difficile de croire qu’il s’agit du même Québec qui, en 1980, sous le leadership de René Lévesque, a forcé la main au gouvernement fédéral de Trudeau père à amnistier quelque 5000 Haïtiennes et Haïtiens après l’expiration de leurs visas de courte durée. Moi qui avais dix-sept ans à l’époque, je peux dire que j’étais fier de l’ouverture et de la générosité du Québec et de son peuple. Aujourd’hui, j’ai plutôt mal pour notre pays, et les dérapages identitaires de nos représentants politiques m’accablent. 

La droite décomplexée
La montée en force des groupes racistes d’extrême-droite, tant chez nos voisins états-uniens que chez nous, est très troublante. Nous devons éviter la tentation de banaliser l’essor des mouvements néonazis et de suprématie blanche enhardis par l’ascension d’un populiste de droite à la présidence de la Maison-Blanche. D’ailleurs, des effets collatéraux de cette radicalisation se font déjà sentir au Québec. Comment comprendre que des groupes islamophobes manifestent dans les rues de notre capitale à quelques mois seulement de la tuerie à la grande mosquée de Québec ? Comment expliquer la vague de commentaires xénophobes lus et entendus quotidiennement depuis le début de la crise migratoire des demandeurs d’asile haïtiens ?

Vivre ensemble
Nous devons dénoncer haut et fort ce discours haineux, qu’il s’affiche ouvertement ou plus subtilement. Nous devons aussi répondre aux questionnements de la population, de nos membres, aux prises avec un débat public polarisé, par lequel plus personne n’écoute l’autre, plus personne ne répond, plus personne n’entend. Les craintes exprimées ne sont pas toutes une démonstration de racisme, elles sont plutôt l’expression d’un besoin de discuter des enjeux actuels. Il faut savoir le faire dans le calme et dans le respect de nos valeurs.

Le mouvement syndical a un rôle majeur à jouer pour mettre de l’avant les valeurs de tolérance, de solidarité, d’ouverture et d’entraide, elles sont non seulement propres à notre organisation, mais aussi caractéristiques du Québec. Nous devons continuer de bâtir des ponts avec les mouvements antiracistes et les leaders racisés afin de les soutenir dans la lutte contre le racisme. Il est de notre responsabilité d’agir ainsi.

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La CSN fière de contribuer à la TCRI https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-fiere-de-contribuer-a-la-tcri/ Mon, 07 Dec 2015 08:45:00 +0000 http://centralecsn.wpdev0.koumbit.net/actualites/la-csn-fiere-de-contribuer-a-la-tcri/ La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est fière de contribuer à l’accueil et à l’intégration des réfugiés syriens qui sont attendus au Québec en versant un montant de 10 000 dollars à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Réunis à Québec la semaine dernière, les délégué-es du conseil confédéral ont accueilli Stephan Reichhold, directeur de la TCRI, avec qui la CSN collabore activement depuis plus d’une trentaine d’années dans l’accueil et le soutien apporté aux réfugié-es.

« En posant ce geste, nous désirons lancer un appel à l’ouverture et à la tolérance, a déclaré le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie. Nous invitons nos membres et la population à s’impliquer pour qu’eux aussi participent à cette grande opération humanitaire. »

Au Québec, l’austérité frappe fort les organismes communautaires, dont ceux qui œuvrent auprès des immigrantes et des immigrants. Ainsi, le nombre de sessions d’accueil et d’orientation destinées à tous les nouveaux immigrants a été réduit du quart à Montréal et en région depuis le 1er juillet 2015, un non-sens selon la CSN. « Le ministère de l’immigration de la Diversité et de l’Inclusion propose aux citoyens et aux citoyennes une série de moyens pour qu’ils manifestent leur soutien aux réfugiés syriens, mais celui qui est le plus évident est de financer adéquatement les organisations qui sont impliquées dans la formation, l’intégration et le soutien des nouveaux arrivants. Un changement de cap s’impose assurément à cet égard », a poursuivi Jean Lortie.

À propos
La CSN représente près de 325 000 travailleuses et travailleurs regroupés dans quelque 2000 syndicats présents dans tous les secteurs d’activité.

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