Solutions – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Wed, 15 May 2024 21:22:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Solutions – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 La CSN prévoit un été difficile dans les établissements de santé de l’Abitibi-Témiscamingue https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-prevoit-un-ete-difficile-dans-les-etablissements-de-sante-de-labitibi-temiscamingue/ Wed, 15 May 2024 20:00:30 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=97155 Les travailleuses et les travailleurs de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont appris la semaine dernière que cet été, près du tiers des quarts de travail seront laissés vacants dans le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, faute de personnel. La centrale syndicale craint que les impacts de ce bris de service n’affectent pas que les services à la population, mais aussi la santé du personnel.

Même en se tournant vers la main-d’œuvre indépendante (MOI), plus de 76 quarts de travail par période de 15 jours sont toujours à découvert et sans solution. Parmi les impacts de ces possibles bris de services, la centrale dénombre notamment le retrait du deuxième bain pour les aîné-es en CHSLD.

« Très peu de solutions ont été trouvées à ce moment-ci, outre le rappel de retraité-es et les heures supplémentaires volontaires pour notre personnel déjà épuisé. Tout ça, parce que le gouvernement n’a pas entendu nos cris d’alarme lancés d’année en année. Pire, voilà qu’avec la centralisation des décisions à Québec, la nouvelle orientation sur le contrat unique pour les agences de placement met dans l’embarras le CISSS en question et surtout le personnel et les services à la clientèle », explique Lyne Massicotte, présidente du Syndicat régional du personnel paramédical des services auxiliaires et métiers du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue.

Présent à Rouyn-Noranda, le vice-président de la CSN et responsable de la campagne Vraiment public, David Bergeron-Cyr, n’est pas surpris de ce qui se passe dans la région. « Depuis des années, on avise ce gouvernement que tôt ou tard on va frapper un mur ; on y est ! Au lieu d’ouvrir la porte en grand au privé en santé, le gouvernement devrait valoriser le public. En ce moment, le réseau se fait cannibaliser par le privé », explique-t-il.

« Début mai, le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue a dû reporter l’ouverture de la Maison des aînés de Val-d’Or, faute de personnel, laissant une bâtisse construite à coups de millions aux frais des contribuables, complètement vide. Depuis trop longtemps, nous n’arrivons pas à combler les besoins en CHSLD. Le gouvernement doit trouver des mesures concrètes d’attraction pour le personnel du réseau public, il y a urgence d’agir, particulièrement dans notre région », ajoute Lyne Massicotte.

Une campagne d’envergure nationale

Depuis l’adoption sous bâillon du projet de loi 15, la CSN a augmenté d’un cran sa mobilisation contre la privatisation du réseau public à travers sa campagne nationale Pour un réseau vraiment public !

« L’utilisation des heures MOI est un exemple éloquent de la présence du privé en santé, mais ça va beaucoup plus loin que ça. De plus en plus, on voit apparaître des médecins-entrepreneurs à la tête de grandes cliniques privées qui s’enrichissent sur la maladie. Tout ça avec nos taxes et impôts, affaiblissant du même coup les services publics », conclut M. Bergeron-Cyr.

Pour pallier les bris de services en régions, mais aussi pour décentraliser le réseau, la CSN revendique un réseau de la santé entièrement public.

À propos

Le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec (CCATNQ–CSN) représente plus de 6 000 membres répartis dans plus de 50 syndicats affiliés à la CSN. La CSN représente près de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

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Un bien petit baume qui ne répond pas à l’ampleur de la détresse du personnel https://www.csn.qc.ca/actualites/un-bien-petit-baume-qui-ne-repond-pas-a-lampleur-de-la-detresse-du-personnel/ Tue, 03 Apr 2018 13:50:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66935 Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), les projets pilotes sur les ratios de professionnel-les en soins / patient-es, annoncés aujourd’hui par le ministre Gaétan Barrette, sont insuffisants pour répondre à l’ampleur de la détresse exprimée par l’ensemble du personnel du réseau de la santé et des services sociaux.

Après avoir donné des milliards de dollars dans la rémunération des médecins, le ministre Barrette annonce aujourd’hui des projets qu’il évalue lui-même à quelques centaines de millions pour tenter à tout prix de rendre le dossier de la santé moins chaud sur la place publique. Les problèmes vécus par le personnel sont beaucoup plus profonds que la seule question des ratios, à commencer par le fait que la surcharge affecte tout le personnel. De plus, cette annonce ne règlera en rien les problèmes de pénurie et d’attraction et l’organisation du travail continuera d’être affectée négativement par l’hypercentralisation de la réforme Barrette.

Pour la FSSS-CSN, il faut envisager des solutions beaucoup plus porteuses pour améliorer les choses. Nous mettons d’ailleurs de l’avant 15 solutions pour non seulement améliorer l’accès aux services, mais aussi les conditions de travail du personnel, notamment en revoyant le mode de rémunération des médecins. Lors d’une récente rencontre avec le ministre Barrette, la FSSS-CSN lui indiquait l’urgence d’apporter des transformations importantes dans sa réforme pour améliorer le sort du personnel. Malheureusement, le ministre a rejeté nos solutions du revers de la main. Il sera aussi impossible d’améliorer considérablement les conditions de travail du personnel sans régler le manque à gagner de 7 milliards dans les établissements du réseau.

« Je comprends bien le ministre Barrette d’être tout sourire aujourd’hui. Il pense avoir trouvé le moyen de passer à autre chose dans le réseau de la santé et des services sociaux. Mais comme il refuse toujours de regarder des solutions porteuses, nous continuerons de ramasser des gens en pleurs dans les prochaines semaines. Malgré une promesse de sa part de travailler sur des ratios pour l’équipe soignante, il n’a pas donné l’indication aujourd’hui qu’il veut soulager la surcharge pour l’ensemble des membres de l’équipe soignante. La détresse continuera donc à se faire sentir dans ces équipes. Dans bien des régions, les employeurs ont du mal à attirer et à retenir le personnel. Ça va en prendre plus que ce qui est annoncé aujourd’hui pour changer ce portrait », exprime Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

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Des solutions existent https://www.csn.qc.ca/actualites/des-solutions-existent/ Tue, 31 Jan 2017 15:30:20 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=58039 La CSN participe activement à la réflexion et au débat entourant les pistes de solution pour un meilleur financement et une efficacité accrue du réseau. Entrevue avec Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Pourquoi la centralisation des services de santé et de services sociaux est-elle à éviter ?

— L’expérience de centralisation à outrance a été tentée en Alberta. Or, le gouvernement a compris qu’il allait vers l’échec et a fait marche arrière. Au Québec, la réforme Barrette est un mélange de toutes les missions de santé et de services sociaux ayant à sa base une vision très hospitalocentriste qui bousille le système. Il en découle un bouleversement du réseau et une surcharge de travail qui affecte négativement la qualité des services. On en a eu un exemple récemment avec les infirmières de Sainte-Justine. L’hypercentralisation du Dr Barrette, c’est aussi le projet Optilab, qui met en péril la sécurité des échantillons de laboratoire et dépouille les régions d’emplois de qualité au profit des grands centres. Ce sont des patients qui ne savent plus à quel saint se vouer pour obtenir un rendez-vous avec une travailleuse ou un travailleur social. Les acteurs de la centralisation sont déconnectés des besoins des bénéficiaires. Nous devrions plutôt nous rapprocher des clientèles.

Le réinvestissement annoncé dans le réseau public par le gouvernement vous apparaît-il suffisant ?

— Jamais ! Un réinvestissement récurrent de 300 millions après une coupe de plus d’un milliard, qui a permis au gouvernement d’engranger des surplus astronomiques, est une insulte à l’intelligence ! Le ministre poursuit sa réforme avec obstination en abolissant des postes et en fusionnant des services qui s’éloignent des patients. Il étouffe les CLSC par une ponction de leurs ressources pour les incorporer aux organismes à but lucratif que sont les groupes de médecine de famille. Le ministre a beau déclarer que le financement restera public, dans les faits, il privatise la dispensation de services. Pour juguler les problèmes qui éclatent partout, il faut plutôt un réinvestissement massif dans le système public.

La privatisation n’est-elle pas un moyen pour réduire les dépenses en santé et services sociaux ?

— Au contraire. Dans les pays qui financent leurs soins sur une base privée, on observe une nette augmentation des coûts. Au bout du compte, les gens payent plus pour en avoir moins. Les soins sont réservés aux mieux nantis ou à ceux qui sont bien assurés. De plus, le vieillissement de la population augmente la demande de services, ce qui crée un impact sur les finances du régime public. À la CSN, on préconise un retour à un système de santé complètement public. On a un joyau entre les mains qui est un élément majeur de notre filet de protection sociale. N’oublions pas qu’avant la création de la RAMQ, beaucoup de gens devaient se faire soigner à crédit.

Pourquoi la CSN prône-t-elle l’interdisciplinarité dans le réseau ?

— La complémentarité du travail est nécessaire à l’efficacité et à la qualité des services rendus ainsi qu’à l’utilisation optimale des ressources. Prenons le cas des personnes âgées : une travailleuse sociale intervient, ensuite une infirmière, sans trop savoir ce que la première a fait. Il faut briser les silos qui nuisent à tous points de vue. C’est vrai pour les CHSLD, pour les CLSC, pour les centres hospitaliers. Or, l’interdisciplinarité demande du temps, de l’énergie et encore une fois, du financement.

Y a-t-il d’autres pistes que la CSN aimerait explo­rer pour un meilleur financement du réseau ?

— Oui. On pourrait tenir des états généraux sur la situation du réseau dans son ensemble. Comme il s’agit des dépenses qui exercent le plus de pression sur le réseau, on pourrait y aborder le mode de rémunération des médecins et le régime d’assurance médicaments. Nous demandons aussi des états généraux qui porteraient spécifiquement sur le réseau des centres jeunesse du Québec.

Sur quoi faut-il se pencher dans les centres jeunesse ?

— Il faut cesser de fonctionner à la pièce. On observe d’année en année une augmentation des signalements et un délai d’attente avant la prise en charge qui varie entre 15 et 70 jours, selon les régions. À cela s’ajoute une insuffisance criante de ressources due au sous-financement que subissent les centres depuis plusieurs années. Encore en 2015, des compressions de 20 millions se sont abattues sur le réseau. Un moratoire et un refinancement s’imposent.

Pourquoi pensez-vous qu’il est nécessaire de se pencher sur la rémunération des médecins ?

— L’augmentation de la rémunération des médecins est faramineuse et la rémunération à l’acte médical ne fonctionne pas. Celle-ci a été responsable d’importants dépassements de coûts par le passé. Entre 2010 et 2015, les sommes reliées à la rémunération des médecins ont dépassé de 417 millions de dollars le seuil prévu. Qui plus est, le rapport 2015 de la Vérificatrice générale démontre que la RAMQ ne peut assurer le plein contrôle des 55 millions de demandes de paiement qui lui sont adressées par les médecins chaque année. Le contrôle inadéquat des factures des médecins a contribué à l’explosion des coûts. Il est temps d’avoir un débat de fond sur cette question.

Selon vous, pourquoi le système d’assurance médicaments n’est-il pas adéquat ?

— Le système hybride actuel fait grimper de façon excessive le coût des médicaments. Il est impératif de revoir la façon d’en fixer les prix et, par extension, de s’intéresser à la question de la surmédication. Le ministre le nie, mais il y a un problème qui existe là. Il a d’ailleurs dû le reconnaître durant son forum sur les bonnes pratiques en CHSLD. Nous insistons sur la nécessité d’un débat public sur le sujet.

Ne serait-il pas plus rentable d’insister davantage sur la prévention ?

— Absolument. La prévention est la mission première de la santé publique, et pourtant, elle disparaît peu à peu au profit du curatif. D’ailleurs, les libéraux ont coupé les budgets de santé publique de 30 %. Il y a quelque chose d’électoraliste dans le refus des gouvernements d’investir dans des politiques dont les effets ne sont pas visibles de façon immédiate. Pourtant, il s’agit d’une piste de solution très importante à moyen et à long terme.

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Des solutions aux problèmes en santé et services sociaux https://www.csn.qc.ca/actualites/des-solutions-aux-problemes-en-sante-et-services-sociaux/ Tue, 25 Oct 2016 15:21:30 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=56180 Alors que le ministre des Finances Carlos Leitão se prépare à faire sa mise à jour économique, la CSN lance une série de propositions pour remédier aux ratés qui se manifestent jour après jour dans le système de santé et de services sociaux. Elle demande notamment au gouvernement de réinvestir massivement dans les services à la population et l’incite également à revoir le mode de rémunération des médecins et à instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments. La CSN était accompagnée de l’avocat spécialisé en droit médical, Jean-Pierre Ménard.

Un consensus de plus en plus large sur les ratés de la réforme Barrette
Au courant des derniers mois, les révélations de plusieurs acteurs sont venues démontrer que la réforme du ministre Barrette n’atteint pas les objectifs qu’elle s’est fixés, notamment pour ce qui est de favoriser l’accès aux services pour la population. Aux dénonciations des organisations syndicales, communautaires et patronales et à celles de regroupements de médecins et d’usagères et d’usagers, se sont récemment ajoutés les rapports de la Protectrice du citoyen et du Commissaire à la santé et au bien-être. Force est de constater que la manière qu’a le gouvernement de gérer les finances publiques est un échec.

Clément Allard

Photo : Clément Allard

« La réforme Barrette qui devait, aux dires du ministre, régler les problèmes du réseau fait tout le contraire. Les délais d’attente ne se sont pas améliorés, au contraire, et le personnel est à bout de souffle comme jamais auparavant. Il faut être vraiment déconnecté pour ne pas constater l’ampleur des ratés. Cette réforme concentre de façon inquiétante les pouvoirs entre les mains du ministre et met des bâtons dans les roues du personnel qui tente du mieux qu’il peut de continuer à servir la population », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« La réforme Barrette et l’austérité gouvernementale, c’est notamment la fusion des laboratoires médicaux qui entraîne des risques énormes sur plusieurs plans. C’est aussi la diminution de l’accessibilité aux services sociaux dans les CLSC en raison du transfert de ressources vers les GMF et l’étouffement de la mission des centres jeunesse. Les compressions et l’hypercentralisation qui s’abattent sur le réseau viennent renforcer des problèmes qui étaient déjà criants. Ça devient invivable pour les employé-es qui tentent tant bien que mal de donner les services à la population », poursuit Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Solutions pour améliorer l’accès aux services à la population
En marge du congrès de la FSSS-CSN qui s’ouvre à Québec, la CSN et l’avocat Jean-Pierre Ménard mettent de l’avant des solutions pour améliorer l’accès aux services. Ces propositions émanent de nombreuses réflexions dans le réseau, notamment des Rendez-vous nationaux sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux.

  1. Revoir le mode de rémunération des médecins, qui exerce une énorme pression sur le réseau et dont la rémunération à l’acte est associée à des coûts élevés;
  2. Instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments, ce qui permettrait d’économiser jusqu’à un milliard de dollars en augmentant notre pouvoir de négociation sur le coût des médicaments;
  3. Développer des équipes interdisciplinaires autonomes pour améliorer l’offre de services de première ligne;
  4. Profiter des surplus budgétaires (1,8 milliard pour l’année 2015-2016, sans compter le Fonds des générations) qui ont été dégagés à la suite des compressions draconiennes des libéraux pour réinvestir massivement dans les services publics et les programmes sociaux, dont le réseau de la santé et des services sociaux qui se trouve sous une pression extrême.

« L’équilibre budgétaire étant maintenant atteint, le gouvernement doit mettre de côté son projet de diminuer les impôts et de rembourser la dette dans des délais qui s’avèrent beaucoup trop courts. S’il se contente de saupoudrer les budgets des grands réseaux de montants supplémentaires, il installera le Québec dans une austérité permanente. Pour que les services répondent aux besoins de la population et, enfin, pour régler les problèmes d’attente dans le réseau, il doit réinvestir massivement dans les services publics qui sont complètement asphyxiés. Il faut aussi lancer sans tarder les chantiers sur la rémunération des médecins et sur l’assurance médicaments, car ce sont d’autres moyens concrets d’investir directement dans les services à la population. Ne manque maintenant que la volonté politique », conclut Jacques Létourneau, président de la CSN.

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Une victoire pour le syndicat https://www.csn.qc.ca/actualites/une-victoire-pour-le-syndicat/ Wed, 27 Jul 2016 10:00:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=53866 Mardi dernier, la direction du CISSS des Laurentides a annoncé sa décision de reporter, voire d’annuler, les abolitions de postes prévues pour le mois de septembre prochain qui allaient toucher les travailleuses et les travailleurs de la salubrité du l’Hôpital de Saint-Eustache (HSE).

« Depuis le début du mois de mai, nous avons mené une lutte contre la coupure d’une douzaine de postes à la salubrité, ce qui représente entre 10 et 16 % du personnel affecté à cette tâche primordiale. Nous sommes fiers de ce revirement de situation qui vient reconnaître la pertinence des arguments que nous avancions et de la mobilisation de nos membres depuis l’annonce de ces coupures », de préciser Dominic Presseault, président du Syndicat du CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes–CSN.

« Rappelons qu’en 2005, l’entretien ménager a été chargé de s’occuper du nettoyage et de la désinfection des civières et de l’environnement des patients qui changent de département ou qui quittent le centre hospitalier. Cette meilleure répartition des tâches a eu pour effet de libérer les préposé-es aux bénéficiaires déjà débordés par leur trop lourde tâche, tout en raccourcissant la durée de la procédure. Chaque semaine, nous nettoyons et désinfectons environ 1000 civières, chambres et espaces avoisinants en respectant les standards de salubrité les plus élevés dans notre domaine », de souligner monsieur Presseault.

« Pour nous, mais également pour le secteur de la santé et des services sociaux, il s’agit d’une excellente nouvelle. Cette décision reconnaît l’approche des bonnes pratiques en matière de salubrité qui nous dictent qu’au lieu de niveler par le bas et de couper dans les budgets, il faut valoriser les mesures qui limitent la propagation des virus et des bactéries et qui, au final, sauvent des vies. Voici un autre exemple concret qui nous démontre clairement que l’action syndicale porte fruit », de déclarer Guy Laurion, vice-président de la catégorie 2 de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN.

« Nous saluons cette décision qui valorise l’expertise syndicale que nous avons développée dans le réseau de la santé et des services sociaux. Cet exemple nous démontre qu’à chaque fois où l’organisation du travail est questionnée, les femmes et les hommes qui sont au front tous les jours devraient faire partie de la réflexion et de la prise de décision », de conclure Chantal Maillé, présidente du Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides-CSN.

En 2013, les pratiques de l’équipe de salubrité du HSE avaient été validées par Raymond Chabot Grant Thornton puis validée à nouveau par Bruno Dubreuil, conseiller et cadre Hygiène et salubrité mandaté par le ministère, dans un rapport publié le 28 mai 2015,

À propos

Le Syndicat du CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes–CSN regroupe 1150 membres affiliés à la FSSS–CSN et travaillant dans quatre installations principales. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux. Elle représente près de 130 000 membres dans toutes les régions du Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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Réduire la rémunération des médecins de 12 % pour stopper l’hémorragie https://www.csn.qc.ca/actualites/reduire-la-remuneration-des-medecins-de-12-pour-stopper-lhemorragie/ Wed, 15 Jun 2016 11:26:15 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=52765 L’augmentation de la rémunération des médecins québécois est non seulement démesurée, mais elle plombe également le système de santé. C’est ce que démontre une note socioéconomique de l’IRIS, qui met également sur table huit recommandations pour faire cesser l’hémorragie et mettre fin à l’échec du laissez-faire.

« Les augmentations consenties depuis 2007 aux médecins vont trop loin, et tout indique que ça va continuer comme ça dans les prochaines années. Quand on regarde la croissance globale des dépenses en santé, on se rend compte que l’enveloppe de la masse salariale des médecins augmente trois fois plus rapidement que l’ensemble des coûts en santé et en services sociaux. En sept ans à peine, un médecin québécois a vu sa rémunération croitre en moyenne de 110 000 $. Ce sont en moyenne des augmentations de 70 000 $ pour un omnipraticien et près de 145 000 $ pour un spécialiste. Je n’ai pas besoin de vous dire que ça dépasse l’inflation. Et malheureusement, ces augmentations ne se sont pas traduites par une amélioration de l’accès pour les patient·e·s. En effet, pendant ces sept années, la rémunération globale des médecins a cru sept fois plus vite que l’augmentation du nombre d’actes réalisés », affirme Guillaume Hébert, auteur de la note et chercheur à l’IRIS.

Le gouvernement de Jean Charest avait consenti ces augmentations sous prétexte qu’il fallait ajuster la rémunération des médecins en fonction du salaire de nos voisins canadiens. « Si on applique ce raisonnement aujourd’hui, en comparant le coût de la vie entre le Québec et l’Ontario, nous diminuerions la rémunération des médecins québécois de 12 % pour que leurs honoraires s’équivalent. Cela permettrait à l’État québécois de récupérer environ 1 milliard $, ce qui équivaudrait, pour donner un ordre de grandeur, à l’embauche de plus de 20 000 préposé·e·s aux bénéficiaires ou de plus de 15 000 infirmières », estime Guillaume Hébert.

« Le débat entourant la rémunération des médecins nous place devant un constat d’échec de la logique du laissez-faire. C’est pour cette raison que l’IRIS, en plus de proposer de ramener la rémunération des médecins québécois au niveau de l’Ontario, amène quelques recommandations pour boucher les fuites et stopper l’hémorragie. Par exemple, nous croyons que le gouvernement devrait sanctionner plus sévèrement les médecins qui demandent des frais accessoires à leurs patient·e·s. De plus, la RAMQ devrait avoir davantage de pouvoirs et de ressources pour enquêter sur la facturation excessive des médecins, qui prive actuellement l’État de millions de dollars. En terminant, nous pensons qu’il y a urgence de réviser le mode de rémunération des médecins, en s’appuyant notamment sur les études commandées par le Commissaire à la santé et au bien-être avant son abolition par le ministre Gaétan Barette », plaide le chercheur.

La CSN a contribué au financement de cette note socioéconomique.

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