Violence envers les femmes – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Sat, 06 Dec 2025 13:00:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Violence envers les femmes – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Faire front en mémoire de toutes les femmes https://www.csn.qc.ca/actualites/faire-front-en-memoire-de-toutes-les-femmes/ Sat, 06 Dec 2025 05:01:58 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=109564 Tant qu’il le faudra, nous aurons le devoir annuel de le rappeler : le 6 décembre 1989, un homme qui en voulait « à mort » aux féministes a tué 14 étudiantes à l’École polytechnique de Montréal. Depuis cette tragédie, de nombreuses initiatives ont été mises en place pour prévenir et combattre la violence faite aux femmes. Toutefois, force est de constater que le chemin à parcourir reste long.

Malgré l’urgence et en dépit des 31 féminicides commis depuis 2023, le gouvernement de la CAQ ne répond pas à la demande croissante de soutien ni aux besoins des maisons d’aide aux femmes, ignorées dans les budgets de 2023 à 2025. C’est hallucinant de constater à quel point l’appui de ces services essentiels est négligé. Ces violences doivent être reconnues comme un problème systémique et cette reconnaissance doit se traduire par des actions concrètes, un financement durable et une volonté politique ferme pour les contrer.

La réalité est choquante : à ce jour, la CAQ accuse un retard considérable dans la livraison de maisons d’hébergement de deuxième étape pour les femmes et leurs enfants, victimes de violence conjugale. À 30 % en deçà des objectifs fixés en 2021, nous sommes loin du compte. Cet inquiétant retard n’est pas qu’un chiffre, c’est une injustice qui met des vies en danger. Le gouvernement doit agir maintenant et respecter ses promesses pour offrir un avenir sécuritaire à celles qui en ont le plus besoin.

La dernière mise à jour économique du Québec – tenue le 25 novembre, en pleine Journée internationale contre les violences à l’égard des femmes – a pris des allures d’acte manqué, alors qu’aucun investissement n’a été annoncé pour venir en aide aux victimes, malgré un engagement récent du premier ministre à cet effet.

Et ce n’est pas tout ! Faute de financement, un organisme qui aide les femmes victimes de violence à déménager de façon sécuritaire a dû interrompre ses services, laissant tomber des centaines de bénéficiaires. Ce n’est pas un caprice, que d’avoir recours à un tel service… une fois de plus, ça sauve des vies.

Dans ce contexte, il est d’autant plus préoccupant que le gouvernement veuille inscrire dans la Constitution québécoise la protection du recours à l’avortement. La CSN, comme tant d’autres groupes, estime que cette démarche risque de fragiliser ce droit en le rendant plus vulnérable à de futures restrictions. C’est très risqué, car ça ouvre la porte à une limitation de l’accès à l’avortement – qui est, et doit rester un soin de santé comme les autres soins offerts dans le système québécois. Ceci constituerait une forme de violence institutionnelle basée sur le genre et pourrait servir les mouvements anti-choix. Nous sommons donc la CAQ de reculer sur ce projet.

La lutte contre la violence faite aux femmes ne peut se limiter à des commémorations ou à des discours. Elle doit s’incarner dans des politiques publiques courageuses et dans une éducation qui favorise le respect, la diversité et la remise en question des stéréotypes.

Encore aujourd’hui, les inégalités femmes-hommes persistent et chaque recul en matière de droits des femmes nous rappelle l’importance de poursuivre le combat. C’est en agissant dès maintenant que nous pourrons bâtir une société qui ne tolère aucune forme de discrimination ou de haine envers les femmes.

Nous ferons front !

N’oublions jamais les 14 victimes de féminicides du 6 décembre 1989.
Le 6 décembre, portons le ruban blanc.

]]>
La violence envers les femmes persiste, 35 ans après Polytechnique https://www.csn.qc.ca/actualites/la-violence-envers-les-femmes-persiste-35-ans-apres-polytechnique/ Fri, 06 Dec 2024 15:52:50 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=101499 Cette année, la commémoration de la tragédie survenue à l’École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989, revêt un caractère particulier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À ce jour, 25 féminicides ont été commis au Québec en 2024[1]. Un chiffre effarant, preuve que la violence envers les femmes ne s’atténue pas.

Il y a 35 ans, devant la terrible tragédie, les médias n’ont pas parlé d’acte antiféministe ; ils ont plutôt brossé le portrait d’un tueur brisé psychologiquement. En 1989, le terme féminicide tenait alors du jargon universitaire. Pourtant, quelques heures avant les meurtres de ses 14 victimes, Marc Lépine avait rédigé un manifeste dans lequel il racontait qu’il en voulait aux féministes d’avoir gâché sa vie. Dans la liste rouge qui concluait sa lettre, 15 noms de femmes apparaissaient, dont celui de Monique Simard, alors vice-présidente de la CSN.

C’est seulement en 2019 que la Ville de Montréal a modifié la plaque commémorative de l’événement, pour enfin y inscrire : « 14 femmes assassinées lors d’un attentat antiféministe ». Trente ans se sont écoulés avant qu’il soit admis que ces victimes de la tragédie étaient mortes précisément parce qu’elles étaient des femmes.

Féminicides et influences idéologiques

Le succès de certains influenceurs masculinistes prônant différentes formes de contrôle sur les femmes n’est pas à prendre à la légère. Cette idéologie antiféministe aurait la mission de défendre les droits des hommes dans une société maintenant dominée par les femmes. Ce mouvement, qui se cristallise particulièrement à travers les médias sociaux, nuit sans contredit à l’égalité entre les femmes et les hommes, ce qui n’est pas rassurant. La lutte contre les stéréotypes sexistes et sexuels constitue pourtant le premier pas vers cette égalité. Pour éliminer la violence envers les femmes, il faut à tout prix défendre les principes et les rapports égalitaires.

Avec Donald Trump qui prendra la tête de la superpuissance voisine, la misogynie politique dans nos sociétés ne semble pas près de s’estomper. Pour plusieurs adhérents à l’antiféminisme, les femmes deviennent les boucs émissaires de tous les maux, individuels comme sociaux.

Ne baissons pas les bras

Pour que la violence cesse, la Confédération des syndicats nationaux déploie diverses campagnes de prévention et de sensibilisation auprès de ses membres. Le Comité de la condition féminine–CSN célèbre ces jours-ci son 50e anniversaire de fondation. Cinquante ans à se battre pour les droits des femmes et contre toutes les formes de violence commises envers elles.

À quand une société où hommes, femmes et toutes personnes de la diversité de genres pourront collectivement questionner nos modèles politiques et économiques pour qu’enfin, nous cessions de reproduire des inégalités ?

 

Le 6 décembre prochain, portons le ruban blanc.

Lettre publiée dans Le Devoir

]]>
6 décembre : pour une prise de conscience collective https://www.csn.qc.ca/actualites/6-decembre-pour-une-prise-de-conscience-collective/ Mon, 04 Dec 2023 13:19:12 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=93267 Chaque année, le 6 décembre marque une journée sombre de l’histoire du Québec : en 1989, 14 jeunes femmes tombaient sous la haine antiféministe.

Malheureusement, chaque année à l’approche du 6 décembre, le bilan des féminicides s’avère toujours trop lourd. Tout récemment, un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qualifiait le féminicide de « tragédie mondiale aux proportions pandémiques ». Selon l’ONU, « beaucoup d’autres femmes risquent de mourir à cause de la violence sexiste parce que les États manquent à leur devoir de protéger efficacement la vie des victimes et d’assurer leur sécurité ».

Plus près de nous, des femmes et des filles continuent d’être tuées au Canada – environ une tous les deux jours, révèle l’Observatoire canadien du féminicide. Entre 2018 et 2022, les féminicides ont d’ailleurs bondi de 27 % au Canada. De plus, les femmes marginalisées, comme les femmes et les filles autochtones, continuent de courir davantage de risques de féminicide.

Derrière ces chiffres se trouve une femme : une maman, une sœur, une amie, une fille, une collègue de travail, une voisine. Ces chiffres ne révèlent pas non plus l’immensité de la perte ressentie par les proches de ces victimes et les conséquences sur ceux et celles qui restent.

Les mesures déjà prises par le gouvernement sur cette question – le Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale, les bracelets antirapprochements GPS et les sommes accordées aux groupes qui soutiennent les victimes – ne suffisent pas. Il faut en faire encore plus pour enrayer ce fléau.

Pour mieux prévenir cette haine des femmes, il importe de comprendre où elle prend sa source. Selon la professeure émérite de sociologie à l’Université du Québec à Montréal, Francine Descarries, le féminicide représente l’aboutissement fatal de ce que le patriarcat a toujours reproduit comme système de pensées et d’appropriation. Dans le reportage « F comme féminicides », cette pionnière en études féministes rappelle qu’il est primordial de nommer le féminicide comme tel pour le sortir des « faits divers » ou du caractère intime de ce qu’on appelait auparavant « crimes passionnels ». C’est de cette façon que nous pourrons mettre en place une véritable égalité entre les hommes et les femmes et stopper toutes les formes de violences faites aux femmes.

« Pas une de plus »
Tous les 6 décembre, nous soulignons la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Mais qu’en est-il des 364 autres jours de l’année ? Et si nous agissions toutes et tous sur nos lieux de travail, dans la rue, à l’école, dans toute la société, en ne baissant pas les yeux devant les paroles et les gestes méprisants qui banalisent la haine antiféministe ?

Ne rien faire devant ces situations contribue à les faire perdurer. En tant qu’organisation syndicale soucieuse du bien-être au travail, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a développé la campagne Agis pour que ça cesse afin d’outiller ses membres. Nous pouvons toutes et tous contribuer à mettre un frein aux violences si nous agissons.

Caroline Senneville
Présidente de la Confédération des syndicats nationaux


Lettre ouverte publiée dans La Presse +, édition du 4 décembre 2023

]]>
Des milieux de travail alliés contre la violence conjugale https://www.csn.qc.ca/actualites/des-milieux-de-travail-allies-contre-la-violence-conjugale/ Tue, 16 May 2023 20:55:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=90084 Un dîner-causerie accueillait ce midi les délégué-es interpellés par la question de la violence conjugale en milieu de travail. Si on se fie à la participation à cette activité qui affichait complet, la mobilisation des syndicats dans la lutte contre la violence semble essentielle.

Nathalie Arguin, secrétaire générale de la CSN et responsable du dossier de la condition féminine, ouvrait la rencontre. L’objectif était « d’aborder un sujet important et délicat, celui de la violence conjugale. Même si on en parle un peu plus, selon Statistique Canada, seulement 30 % des victimes portent plainte… c’est donc un fléau et il y a plusieurs enjeux sur lesquels s’attarder aujourd’hui ». La secrétaire générale invitait chaleureusement les personnes présentes à participer à la période d’échange qui s’est tenue après la conférence.

Cette activité, qui s’est déroulée au Holiday Inn Montréal centre-ville en marge du congrès, est portée par Emmanuelle Proulx, responsable du comité confédéral de la condition féminine de la CSN. « Le but de la rencontre est d’initier les gens à la réalité de la violence conjugale en contexte de travail. Il faut que les gens réalisent que la violence conjugale, ça se poursuit au travail, pas nécessairement en matière d’actes, mais que la victime vit ça, même quand elle est sur les lieux de travail. Notre objectif est vraiment qu’il y ait une prise en charge syndicale de cette réalité », explique la conseillère syndicale.

Pour l’occasion, les organisatrices de l’événement ont invité Arina Grigorescu, chargée de projet des milieux de travail alliés contre la violence conjugale au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, à présenter une conférence de sensibilisation en la matière. Ce regroupement est un vaste réseau engagé depuis 1979 pour le droit à l’intégrité physique et psychologique des femmes. « Notre travail, c’est de représenter les droits des femmes et des enfants victimes de violence conjugale. Au regroupement, on va porter leur voix et sensibiliser les gouvernements et les autres intervenants sociaux, » annonce Arina Grigorescu.

Le programme Milieux de travail alliés contre la violence conjugale a été mis sur pied en 2021. Il propose aux employeurs et aux syndicats québécois une série d’actions de sensibilisation et de mesures visant à rendre les milieux de travail plus sécuritaires et aidants pour les victimes de violence conjugale. Les syndicats doivent désormais se positionner comme des alliés en favorisant la prévention des impacts de la violence conjugale au travail.

]]>
Comportement sexualisé inapproprié ou discriminatoire : des constats accablants qui nécessitent une réponse urgente https://www.csn.qc.ca/actualites/comportement-sexualise-inapproprie-ou-discriminatoire-des-constats-accablants-qui-necessitent-une-reponse-urgent/ Fri, 05 May 2023 18:57:28 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=89090 Devant les constats accablants du rapport Mettre fin au harcèlement sexuel dans le cadre du travail : se donner les moyens pour agir, la CSN en appelle à une réforme législative majeure et urgente pour mettre fin à la banalisation des abus et à la souffrance des victimes.

Le portrait brossé par le comité d’expertes indépendantes donne froid dans le dos. On apprend qu’en 2020, au Québec, presque une personne sur deux (49 %) a observé ou subi un comportement sexualisé inapproprié ou discriminatoire en milieu de travail au cours des 12 mois précédant le sondage. De plus, les femmes ont été deux fois plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir subi de tels comportements (26 % et 13 % respectivement).

Ces chiffres déjà alarmants ne constituent que la pointe de l’iceberg puisque seule une proportion minime des victimes fait une dénonciation formelle. « Prévenir et contrer la violence et le harcèlement au travail représente une responsabilité collective et le devoir de tout le monde », insiste Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La CSN prendra le temps d’analyser en profondeur le rapport et ses 82 recommandations, mais déjà des constats se dessinent. « Il est impératif que ce rapport ne soit pas tabletté. Il faut que la santé psychologique soit traitée au même niveau que la santé physique, souligne Mme Senneville. Pour paraphraser les auteures de ce rapport coup de poing : le harcèlement sexuel produit des effets corrosifs sur le bien-être physique et psychologique des personnes victimes et infléchit indûment le parcours professionnel de celles-ci. »

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) doit aussi offrir plus de soutien. « Il faut de la proactivité de la part de la CNESST et de ses inspectrices et inspecteurs afin que les différents milieux de travail agissent en prévention en obligeant par exemple de la formation sur le sujet. La CSN invite le ministre du Travail, Jean Boulet, à agir rapidement. Le ministre peut compter sur l’entière collaboration de tout le mouvement pour faire changer les choses, une fois pour toutes », conclut la dirigeante.

Agir pour que ça cesse
En tant qu’organisation syndicale soucieuse du bien-être au travail, la CSN a développé la campagne Agis pour que ça cesse dans le but d’accroître les connaissances générales de ses membres. La campagne vise à les outiller et leur permettre de reconnaître les manifestations de harcèlement et de violence au travail et d’intervenir pour y mettre fin. Elle rejoint ainsi les objectifs des recommandations du rapport du comité d’expertes. La campagne peut être consultée ici :

https://www.csn.qc.ca/agir/

]]>
6 décembre : quand la haine perdure https://www.csn.qc.ca/actualites/6-decembre-quand-la-haine-perdure/ Tue, 29 Nov 2022 16:45:18 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85797 Le 6 décembre 1989, 14 femmes sont assassinées par un misogyne à l’école Polytechnique de Montréal, parce qu’elles ont choisi, en toute liberté, d’aller là où les confrères sont plus nombreux que les consœurs. Celles qui aspiraient à travailler en génie ne pourront finalement jamais réaliser leur rêve d’un monde différent. Il suffit de repenser à cette terrible journée pour avoir des frissons. Et pas seulement pour le traumatisme collectif que nous a causé cette tragédie, non : parce que la haine des femmes est de plus en plus décomplexée.

Le 25 novembre est la Journée internationale qui inaugure les 12 jours d’action pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, qui culminera le 6 décembre. Il convient d’abord de prendre le temps de se recueillir, de se remémorer les victimes de Polytechnique et d’avoir une pensée pour leurs proches. Mais ce n’est pas suffisant. Pour que la société change durablement, les réflexions doivent aboutir à des gestes concrets pour contrer les violences faites aux femmes et aux filles.

Au Québec et au Canada, les droits des femmes n’ont cessé de croître depuis une soixantaine d’années. Les femmes peuvent se faire entendre, participer aux débats publics, occuper de plus en plus de postes clés. Malgré tout le chemin accompli, ces victoires demeurent fragiles. Qu’on pense à nos voisins du sud, où plusieurs États ont adopté des lois pour contraindre et même nier le droit à l’avortement, ou à l’Iran, où de violentes manifestations font toujours rage pour dénoncer la mort d’une très jeune femme, tuée parce qu’elle ne portait pas le voile correctement.

Et se conforter en pensant « qu’ici c’est pas si grave » est une erreur, car ce n’est pas en se comparant aux pires que l’on devient meilleurs. Les boys club sont encore bien présents chez nous, les femmes sont encore exclues de certains pans de la société québécoise et, plus inquiétant encore, trop d’individus semblent souhaiter un retour en arrière, à l’époque où les hommes décidaient et les femmes devaient obéir.

En effet, on assiste à une franche montée du conservatisme, et la misogynie est visible partout : sur les réseaux sociaux, dans les forums de discussions, dans certains médias nichés et sur le Web en général. Cette haine des femmes est affichée, décomplexée et partagée. La pente est glissante. Et très dangereuse.

En 2021, le Québec vivait une véritable « vague » de féminicides : un à tous les 15 jours. Cette année encore, selon SOS violence conjugale, ce sont 21 personnes, soit 14 femmes, 1 homme et 6 enfants qui sont décédées dans un contexte de violence conjugale à ce jour. Si la COVID-19 a exacerbé les niveaux de violences déjà subies par les femmes et les filles, c’est la misogynie qui a depuis longtemps normalisé la violence contre elles, historiquement et aujourd’hui. Si on la laisse se propager, dans le monde virtuel comme dans le monde réel, ces agressions pourraient faire en sorte de réduire à bien peu de choses tous les efforts visant à éradiquer la violence faite aux femmes.

À l’occasion des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, nous devons, ensemble, femmes et hommes, continuer de les dénoncer. Trop de mères, de sœurs, de tantes, de voisines, d’amies en souffrent, au Québec comme ailleurs, et il faut prendre tous les moyens pour y mettre un terme, notamment en s’impliquant concrètement dans nos milieux de vie et de travail, en virtuel comme en présence. Soyons de celles et de ceux qui façonnent un monde d’égalité et de liberté.

Caroline Senneville
Présidente de la CSN

]]>
Iran, la mèche de la révolte https://www.csn.qc.ca/actualites/iran-la-meche-de-la-revolte/ Mon, 31 Oct 2022 15:42:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85492 Lettre ouverte publiée le samedi 28 octobre dans Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, Le Quotidien, La Tribune et la Voix-de-l’Est.

Le vaste mouvement de protestation populaire en cours en Iran est celui d’un peuple qui aspire à des changements institutionnels et politiques fondamentaux. Depuis le décès de Mahsa (Jina) Amini, jeune femme kurde de 22 ans arrêtée et battue par la « police des mœurs » à Téhéran à la mi-septembre, une riposte populaire iranienne s’élève afin de dénoncer les actes d’inhumanité commis contre les citoyennes et les citoyens. Madame Amini est morte aux mains des forces de l’ordre pour lesquelles la jeune femme ne portait pas le voile de façon convenable, laissant voir des mèches de cheveux.

Tandis que le régime en place réprime violemment cette marche vers la liberté, des mouvements de solidarité s’organisent à l’international afin de relayer la voix de celles et de ceux qui, jour après jour, risquent leur vie pour contrer l’obscurantisme et l’intégrisme. La CSN ajoute sa voix à ce mouvement de solidarité et dénonce la répression de l’État iranien. Selon le dernier compte de l’Iran Human Rights, le gouvernement iranien est à l’origine d’au moins 234 décès à ce jour, dont 29 enfants.

Ce sont non seulement les femmes, mais tout un peuple qui se soulève. La révolte touche aussi les Kurdes et d’autres exclu-es ou victimes de la crise économique, laquelle est aggravée par la COVID-19 et par la corruption. Les jeunes ne s’y reconnaissent plus. Ce sont les personnes des générations Z et Y qui l’expriment sur les réseaux sociaux. Tantôt elles se dévoilent, tantôt se coupent une mèche de cheveux : voilà qui marque la rupture, le recommencement et le pouvoir transformateur du changement.

Pour toutes ces raisons, la CSN demande au gouvernement canadien de soutenir dès maintenant la mise en place, aux Nations Unies, d’un mécanisme indépendant pour enquêter sur les crimes les plus graves au regard du droit international commis en Iran. Faisons en sorte que les responsables répondent de leurs actes !

La lutte féministe et populaire vise à faire tomber des lois, des pratiques de ségrégation, des procédés d’exclusion sociale et économique où l’État a le contrôle sur les corps – celui des femmes, la plupart du temps – sur l’espace public, sur le travail et sur l’éducation. L’enjeu en Iran est celui de la liberté, celle des femmes et aussi celle des groupes marginalisés, de choisir ce qu’il advient de leur destinée contre un pouvoir qui voudrait le faire pour eux.

Caroline Senneville

]]>
Santé mentale : les services publics ne résisteront pas à la vague https://www.csn.qc.ca/actualites/sante-mentale-les-services-publics-ne-resisteront-pas-a-la-vague/ Tue, 25 Jan 2022 16:59:45 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81457 La prochaine vague liée à la COVID-19 ne sera probablement pas causée par une mutation du virus, mais par une déferlante de problèmes en santé mentale qui risque fort de faire sauter la digue de notre système public.

La CSN salue donc la volonté du ministre Lionel Carmant et du gouvernement d’investir 361 M$ de plus en santé mentale et le plus grand apport du communautaire, mais remarque que ce qui limite l’efficacité du réseau demeure intouché, soit d’encarcaner les cliniciens et les usagers dans une approche rigide. Le ministre ne cesse de vendre le Programme québécois pour les troubles mentaux (PQPTM) comme l’unique réponse au meilleur accès aux soins en santé mentale, alors que sur le terrain les professionnels-les rapportent une perte d’autonomie et une multiplication des étapes dans le parcours de soin des patients. Ce chemin de croix en décourage plusieurs et fait baisser artificiellement les listes d’attente.

Il faut absolument revoir l’organisation pour vraiment améliorer l’accès. « Nous avons besoin d’une refondation de nos services en santé mentale et il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard », affirme Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), qui rappelle que la mauvaise santé mentale entraîne une perte de 50 G$ par année au Canada ainsi qu’une grande souffrance.

Consultation des intervenantes et intervenants
En 2021, la FP–CSN a mené une importante consultation auprès de ses membres qui travaillent en santé mentale. « Nous proposons une approche globale axée sur les besoins de la personne tout au long de son parcours de soins dans le réseau public », insiste Jessica Goldschleger. Il faut, par exemple, éviter qu’une personne attende de longs mois entre le traitement pour la toxicomanie et celui pour l’anxiété. « Les patients ne devraient pas être comme des balles de ping-pong que l’on se renvoie d’une équipe à l’autre », ajoute la vice-présidente.

La CSN recommande notamment que l’on nomme une personne ou une équipe pivot qui va s’assurer que chaque patient qui consulte en santé mentale puisse être suivi pour l’ensemble de ses problèmes dans un court délai. Quelque 16 recommandations sont par ailleurs sorties de la consultation de 2021 menée par la FP–CSN.

« Une des clés pour améliorer la situation c’est de miser sur l’interdisciplinarité. Il ne suffit pas d’en parler, il faut donner du temps et des lieux pour le faire. Il faut que tous les acteurs du réseau qui interviennent auprès de cette clientèle puissent travailler en équipe en se partageant l’information et les solutions à mettre en place, et cela bien entendu, en tout respect des enjeux de sécurité et de confidentialité », enchérit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc.

De plus, la CSN souhaite la mise en place de formations d’appoint pour tous les intervenants et intervenantes de la chaine de services et de soins, permettant à chacun de jouer pleinement son rôle dans ce vaste chantier nécessaire.

Régler le problème en amont
Un des meilleurs moyens pour réduire l’ampleur de la détresse psychologique dans la population du Québec serait d’agir en amont sur des facteurs de stress importants comme la pauvreté, le manque de logement abordable ou la violence envers les femmes. « C’est un défi de société que nous avons devant nous, plaide la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il faut reconstruire notre filet social, car il s’est étiolé. Augmenter le salaire minimum, renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs, assurer l’accès au logement ou encore un accès rapide aux différents services de soutien et d’aide sont quelques exemples de leviers dont dispose le gouvernement pour prévenir une dégradation et améliorer les choses. »

]]>
Violence envers les femmes : il est grand temps d’agir https://www.csn.qc.ca/actualites/violence-envers-les-femmes-il-est-grand-temps-dagir/ Thu, 06 May 2021 14:15:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=79223 OPINIONS / Il y a quelques semaines, le gouvernement québécois a annoncé un investissement de 223 millions de dollars pour lutter contre la violence conjugale envers les femmes. Cette annonce est tout à fait louable, car une femme qui vit une telle violence en est une de trop. C’est tout de suite, alors que le mois de mai est désormais le mois de la sensibilisation et de la prévention des agressions à caractère sexuel, que nous devons donner aux victimes un véritable accès aux services et à la justice afin de mieux les accompagner dans ces moments difficiles de leur vie.

Nous, représentantes syndicales de la CSN qui sommes en contact avec beaucoup de travailleuses, constatons que l’actuelle succession de féminicides et la médiatisation du procès de Gilbert Rozon amènent plusieurs de nos membres à se confier à nous. Ces personnes nous racontent les violences vécues, que ce soit dans le cadre d’une relation intime ou au travail. Celles dont l’emploi n’est pas stable peinent encore plus à faire valoir leurs droits. Quand dénoncer peut rimer avec jeûner, elles y réfléchissent à deux fois avant de passer à l’acte.

Larguées par le système
Ces femmes qui nous interpellent nous disent souvent se sentir abandonnées par le système. Elles lui reprochent notamment de les laisser se débrouiller seules avec le cortège d’erreurs qui peut s’ensuivre ou de leur barrer tout simplement la route dans leur quête vers une véritable justice. Devant la difficulté de se faire entendre par cette justice trop imparfaite, plusieurs se tournent vers le tribunal du Web. Malheureusement, cette tribune qu’elles utilisent pour tenter de mettre un baume sur leurs plaies et faire la paix avec leur malheureuse expérience peut les plonger dans des situations périlleuses, comme le vivent actuellement les initiatrices de la page Facebook Dis Son Nom. Ces dénonciations sont toutefois pleines d’enseignement et traduisent une volonté de ces femmes de se libérer de leur boulet. Un vent de changement souffle! Ne fermons pas les yeux quand elles sortent de l’ombre pour dévoiler sur la place publique les préjudices qu’elles subissent. L’heure n’est plus aux études de toutes sortes : le gouvernement a le devoir d’agir et de leur offrir les moyens d’obtenir une vraie justice. Et il doit le faire maintenant.

Écouter les femmes du terrain
En avril 2019, un comité formé de spécialistes des questions de violences conjugale et sexuelle a été mandaté pour réfléchir à la question et y apporter des pistes de solution. Dans son rapport final dévoilé en décembre dernier, ledit comité a proposé 190 recommandations toutes plus pertinentes les unes que les autres pour contrer le fléau des violences à l’endroit des femmes. Parmi celles-ci, notons la mise en place d’un tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale qui aurait comme tâche de développer une expertise et une approche particulières concernant ces questions omniprésentes dans notre société. Lors de la mise sur pied d’un groupe de travail visant à évaluer la faisabilité de cette recommandation phare du rapport, le ministre de la Justice Jolin-Barrette n’a pas cru bon d’intégrer à l’exercice les intervenantes de première ligne. Ce faisant, il n’entend que d’une oreille les vœux des autrices du rapport et des groupes de femmes œuvrant sur le terrain. Erreur! On ne bâtit pas une maison en négligeant les fondations et en commençant par le toit: ces groupes sont les mieux placés pour connaître les écueils rencontrés par les victimes de violences. S’en tenir à la recommandation telle que formulée aurait démontré une réelle intention de répondre aux revendications des femmes. Le ministre attache manifestement une grande importance à la lutte qu’il souhaite mener contre les violences faites aux femmes et pour une justice plus humaine et équitable. La reconnaissance de l’apport incontournable de femmes du terrain serait un grand pas dans la mise en action de ce rapport.

Avec ces 190 recommandations, nous avons en main tous les outils pour que les femmes prises dans les filets de la violence sexuelle ou de la violence conjugale puissent emprunter la voie la mieux adaptée à leur situation. Grâce à une réelle volonté politique du gouvernement, elles pourront enfin bénéficier du grand principe du droit à l’égalité de traitement devant la loi.

Annick Charette
Secrétaire générale-trésorière de la Fédération nationale des communications et de la culture–CSN et plaignante dans le procès de Gilbert Rozon

Caroline Senneville
Vice-présidente de la CSN

Katia Lelièvre
Vice-présidente de la CSN

]]>
Rencontre du Collectif 8 mars avec la ministre Charest : tout simplement décevante https://www.csn.qc.ca/actualites/rencontre-du-collectif-8-mars-avec-la-ministre-charest-tout-simplement-decevante/ Thu, 04 Mar 2021 19:47:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78542 À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, les membres du Collectif 8 mars, qui représente plus de 700 000 femmes au Québec, ont rencontré la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, afin d’échanger avec elle sur les impacts de la pandémie à l’endroit des femmes. Les représentantes du Collectif se disent globalement déçues de cette rencontre et attendaient un engagement formel de la ministre pour prendre des mesures concrètes afin d’enrayer les discriminations systémiques vécues par les femmes et entre les femmes. Si la ministre a reconnu certains impacts causés par la pandémie, le Collectif se questionne sur la volonté du gouvernement d’écouter les femmes et de poser des actions concrètes au-delà des beaux discours.

La pandémie a eu des conséquences désastreuses pour les femmes
Depuis près d’un an, les conséquences de la pandémie de la COVID-19 se sont avérées particulièrement éprouvantes pour les femmes. Leurs conditions de vie et de travail se sont détériorées à vue d’œil, notamment en matière de pertes d’emplois et de revenu, sans compter l’augmentation de la violence envers elles.

La conciliation famille-travail-études-vie personnelle : un défi en temps de pandémie
En outre, les femmes ont vu augmenter leur charge de travail invisible ainsi que leur charge mentale. Au pire de la crise sanitaire, elles ont dû endosser plusieurs fonctions, dont celles de télétravailleuses ou de travailleuses essentielles, d’enseignantes privées, d’éducatrices, de proches aidantes et de responsables de la logistique domestique et familiale.

L’augmentation du salaire minimum est plus que nécessaire
Le revenu des bas salarié-es, qui ont souvent agi comme ressources essentielles pendant la crise sanitaire, est tout simplement insuffisant. Rappelons que 58 % des travailleuses et des travailleurs touchant le salaire minimum sont des femmes. Augmenter le salaire minimum est une façon de reconnaître la juste valeur du travail, de diminuer l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, de réduire la pauvreté, et ainsi de tendre vers plus d’égalité.

Une modernisation du régime de santé qui protège aussi les femmes
La pandémie de COVID-19 a révélé au grand jour les risques, souvent sous-estimés, auxquels plusieurs femmes sont exposées au travail. Il est impératif que la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail protège toutes les travailleuses et qu’elle tienne compte des situations diverses dans lesquelles elles se retrouvent. De plus, il est nécessaire, pour éviter de répéter les erreurs du projet de loi 59, que le gouvernement applique systématiquement l’Analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle (ADS+) dans l’élaboration de tous ses projets de loi.

Les femmes oubliées dans les mesures du Plan de relance
Malgré ce portrait accablant, le premier ministre François Legault n’était pas présent à la rencontre du Collectif même si l’invitation lui a été lancée des mois en avance. Les femmes, qui subissent lourdement les impacts de la pandémie, semblent avoir été oubliées dans les mesures prévues au budget pour le plan de relance économique. Un an après le début de la pandémie, force est de constater que nous sommes toujours dans l’attente d’un plan qui prend en considération les impacts sur toutes les femmes, particulièrement sur celles qui vivent à la croisée des oppressions, c’est-à-dire les femmes immigrantes et racisées, les femmes noires, les femmes autochtones, les femmes ayant un handicap et les femmes aînées et les personnes LGBTQ+. Si la ministre Charest a mentionné l’existence d’un plan d’action Covid pour les femmes, il n’y a néanmoins aucune information sur son contenu, les mesures qu’il propose ou encore sa date de publication.

Autres actions féministes dans le cadre de la journée du 8 mars
Le Collectif 8 mars invite la population à participer aux événements organisés par FDO (Femmes de diverses origines), soit un webinaire le samedi 6 mars et un rassemblement le dimanche 7 mars à 16 h Place Émilie-Gamelin à Montréal.

À propos du Collectif 8 mars
Le Collectif 8 mars est formé de représentantes provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), du Réseau des Tables régionales de groupes des femmes du Québec, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

]]>
Les mentalités ont la couenne dure https://www.csn.qc.ca/actualites/les-mentalites-ont-la-couenne-dure/ Fri, 04 Dec 2020 15:54:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77688 Billet de Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

Été 2020. Une autre vague de dénonciation d’agressions sexuelles secoue le Québec. Bien que les mouvements #MeToo et #AgressionNonDénoncée aient créé un certain élan pour faire bouger la classe politique en faveur des victimes, je peux affirmer une chose : il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour venir à bout des comportements inacceptables qui sont légion dans bien des milieux de travail au Québec.

Depuis quelques années, on observe des changements législatifs qui découlent de l’action féministe contre les actes de violence sexuelle. En décembre 2017, le gouvernement libéral adopte une loi pour contrer ces violences dans les établissements d’enseignement supérieur. En 2018, la notion de harcèlement sexuel est nommément inscrite dans la Loi sur les normes du travail. En juin dernier, un projet de loi modifiant le Code civil est adopté pour mettre fin au délai de prescription qui limitait à 30 ans la possibilité de poursuivre au civil un présumé agresseur. Par ailleurs, le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale se prépare à déposer ses recommandations. Celles-ci devraient inclure la création d’un tribunal spécialisé afin d’aider les victimes à toutes les étapes du processus judiciaire.

Les dinosaures ont-ils encore de l’avenir ?
Les choses avancent, certes, mais les mentalités ont la couenne dure. Prenons le cas de la médecine, qui a longtemps été le boysclub le plus huppé du monde du travail. Même si les femmes ont investi la profession, cette culture semble y avoir imprégné sa marque. Récemment, une travailleuse syndiquée d’un hôpital réputé me racontait l’histoire qu’elle a vécue avec une personnalité connue du public. À l’époque, l’individu est médecin dans l’hôpital où elle travaille. Sa réputation de harceleur n’est plus à faire, mais personne n’ose le dénoncer en raison, notamment, de son aura de médecin et du processus de plaintes particulier lorsqu’il s’agit d’un membre du corps médical dans un établissement public. Notre disciple d’Esculape profite d’un colloque à l’extérieur de la ville pour inviter la jeune femme à souper, lui offrir à boire jusqu’à plus soif, insister pour aller prendre un dernier verre, la tirer de force sur une piste de danse pour la tripoter et se frotter contre elle, malgré les refus répétés de cette dernière. En dépit de ses réflexes affaiblis par l’alcool, elle réussit à s’esquiver. Quoi qu’il en soit, elle ne souhaite pas dénoncer l’homme intouchable parce que « quand tu te mets un médecin à dos dans ton milieu de travail, ta vie peut être de la marde. »

Dans les établissements du réseau public de la santé, la Loi sur les services de santé et les services sociaux prévoit l’examen des plaintes contre un médecin par un médecin « examinateur », lequel est désigné par le conseil d’administration de l’établissement sur recommandation du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens. Le processus d’enquête sur la plainte et, s’il y a lieu, de la révision de la décision se déroule sous l’étroite supervision du corps médical à toutes les étapes, quelle que soit la nature de la plainte.

Il convient par ailleurs de souligner que des hommes peuvent aussi être victimes d’agressions et d’inconduites sexuelles au travail. Un employé administratif d’une organisation à but non lucratif m’a raconté avoir subi les assauts homophobes d’un de ses collègues qui lui a brusquement pris la tête pour la plaquer sur son entrejambe. Ce geste dégradant, empreint d’une grande violence, est à tous points de vue condamnable.

Stoppons le cortège des agressions de toutes sortes
À l’approche du 6 décembre, la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes dont la CSN est membre revendique l’élimination des violences faites aux femmes, notamment la violence sexuelle. Et comme les formes de violence et de harcèlement au travail sont d’une grande diversité et qu’elles concernent aussi les hommes, la CSN veille à ce que les employeurs respectent leur obligation légale d’assurer aux employé-es des milieux de travail sains et sécuritaires. Nous avons aussi, individuellement et collectivement, un rôle à jouer pour enrayer ce fléau, entre autres lorsque nous sommes témoins de telles situations. C’est pour cette raison que la CSN a décidé d’apporter sa contribution en lançant sa toute nouvelle campagne agispourquecacesse.com. Car personne ne devrait avoir à tolérer de la violence ou du harcèlement dans son milieu de travail. Car ensemble, nous devons agir pour que ça cesse, une bonne fois pour toutes.

]]>
La CSN lance une grande campagne de sensibilisation à la violence et au harcèlement au travail https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-lance-une-grande-campagne-de-sensibilisation-a-la-violence-et-au-harcelement-au-travail/ Wed, 18 Nov 2020 13:41:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=77352 Toujours préoccupée par les phénomènes de violence et de harcèlement au travail ainsi que par leurs conséquences sur la santé et le climat de travail, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est fière de lancer sa toute nouvelle campagne nationale de sensibilisation intitulée « Agis pour que ça cesse. »

« La responsabilité de créer un milieu de travail sain et sécuritaire incombe aux employeurs et la CSN veille à ce que ceux-ci respectent leur obligation à cet égard, rappelle Jean Lacharité, vice-président de la CSN et responsable de la santé et la sécurité du travail. Par contre, nous considérons aussi que prévenir et contrer la violence et le harcèlement au travail est une responsabilité collective et le devoir de toutes et tous. »

Partant du principe que nous pouvons toutes et tous contribuer à mettre fin à la violence et au harcèlement au travail, cette nouvelle campagne a pour objectif de sensibiliser et d’éduquer le public afin d’inciter les témoins, les complices, les victimes, et même les agresseurs à agir pour que ça cesse.

« Tout le monde doit comprendre que ne rien faire devant des situations de harcèlement ou de violence contribue à faire en sorte qu’elles perdurent, explique Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la condition féminine. Il est donc important pour nous d’outiller nos syndicats et leurs membres afin qu’ils puissent reconnaître les différentes formes de violence et de harcèlement et qu’ils sachent comment intervenir. »

Afin d’atteindre ces objectifs, une grande variété d’outils ont été conçus et sont accessibles dès maintenant au agispourquecacesse.com, notamment, une brochure explicative et des vidéos traitant du harcèlement psychologique et du harcèlement sexuel au travail. Plusieurs autres outils seront également ajoutés dans les prochaines semaines.

]]>
Maisons d’hébergement pour femmes : se protéger de l’homme et du virus https://www.csn.qc.ca/actualites/maisons-dhebergement-pour-femmes-se-proteger-de-lhomme-et-du-virus/ Thu, 02 Apr 2020 21:43:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=75084 Maisons d’hébergement pour femmes : se protéger de l’homme et du virus

Kathleen Grenon travaille à la Maison Latraverse dans Lanaudière, qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale. Depuis le début de la crise de la COVID-19, son quotidien a radicalement changé, tout comme celui de ses collègues de travail.

La travailleuse, qui est également présidente de son syndicat, le dit sans détour : « L’une de nos grandes inquiétudes, c’est la difficulté des femmes à entrer en contact avec nous dans une situation de confinement comme celle que nous vivons. » Pour cette raison, le Regroupement des maisons d’hébergement travaille à établir une entente avec les pharmacies. En cas de besoin, les femmes qui vivent de la violence pourront s’adresser au pharmacien ou à la pharmacienne pour que cette personne appelle la police ou contacte une maison d’hébergement. L’obligation de distanciation sociale donnera un peu de latitude à la femme, dans les cas où son conjoint lui collera aux baskets. Car à la pharmacie, les clients passent une personne à la fois. Il s’agit d’une exigence des pharmaciens. L’homme devra donc attendre plus loin. « On est en train d’officialiser ce système-là dans notre région, mais toutes les femmes, partout au Québec, sont invitées à procéder de la sorte, que ce soit dans une pharmacie ou une épicerie », souligne Kathleen Grenon.

C’est ici toute la question de la communication entre les usagères des maisons et les travailleuses qui est revue. « On travaille sur des moyens de communiquer via les nouvelles technologiques afin que les femmes n’aient pas à nous parler de vive voix, ajoute-t-elle. Hier, une femme nous a appelées et a raccroché en disant qu’elle s’était trompée de numéro de téléphone. Ce genre de situation peut être causée par le contrôle accru de l’homme sur sa conjointe en temps de COVID-19. On veut éviter que ça se produise. »

Maison en quarantaine
Pour voir à la préservation de la santé des intervenantes, une deuxième maison d’hébergement ouvrira ses portes. Les femmes y seront d’abord hébergées pendant 14 jours de quarantaine avant de pouvoir être accueillies à la Maison Latraverse, à la condition de n’avoir présenté aucun symptôme durant leur isolement. Si une femme teste positif à la COVID-19, le ministère de la Santé et des Services sociaux interviendra auprès d’elle et de ses enfants. « Nous ne sommes pas en mesure d’accompagner une femme qui serait atteinte du coronavirus, on ne peut pas aller jusque-là », précise Kathleen Grenon.

Pour la travailleuse, les nouvelles façons de faire sont difficiles puisqu’elles impliquent un contrôle qui va à l’encontre des valeurs d’accompagnement et d’accueil de la maison. « Les femmes ont le droit de sortir deux fois durant la journée pour aller prendre l’air 30 minutes. Celles qui ne veulent pas collaborer ne peuvent pas rester. C’est une question de santé et de sécurité pour toutes. »

On garde le cap
Étant placés sur la liste des secteurs essentiels, ces établissements doivent rester ouverts. Or, bien que le flot de travail ait diminué et que certaines personnes immunosupprimées doivent s’absenter, toutes conservent leur salaire. « Une prime de 0,50 $ a aussi été accordée aux travailleuses sur le terrain », souligne Kathleen Grenon.

L’établissement a également eu la confirmation que les coûts reliés à l’ouverture de l’autre maison seront remboursés, comme l’épicerie ou la sécurisation des lieux. « Les femmes qui arrivent dans cette autre maison viennent de quitter leur conjoint violent ; la fenêtre de risques est donc plus grande. Il faut organiser les lieux pour préserver leur sécurité. »

Plusieurs mesures de protection ont bien sûr été mises en place pour la protection des travailleuses. À cet effet, les réunions d’équipe se déroulent par visioconférence. Le nombre de personnes autorisées à s’asseoir à la table a diminué durant les heures de repas. Les travailleuses sont bien informées des gestes à poser pour se prémunir contre le virus, comme le lavage systématique des vêtements au retour du travail. « On n’est pas en priorité pour l’accès au matériel médical, il faut donc déployer d’autres formes de protection », explique la présidente du syndicat. Comme on les connaît, les travailleuses dévouées des maisons d’hébergement pour femmes violentées ne baissent pas la garde devant la menace du coronavirus. Elles en ont vu d’autres.

]]>
Le budget doit être à la hauteur des besoins pour éliminer les violences faites aux femmes https://www.csn.qc.ca/actualites/le-budget-doit-etre-a-la-hauteur-des-besoins-pour-eliminer-les-violences-faites-aux-femmes/ Sun, 08 Mar 2020 10:00:16 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=74228 Les reportages et les émissions sur les violences faites aux femmes abondent ces jours-ci et mettent en relief le grave problème qui se pose. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et à deux jours du budget, la CSN demande au gouvernement un plan d’action concret et du financement pour contrer les violences envers les femmes.

La CSN a récemment été saisie de l’histoire bouleversante d’une femme qui, en ce moment même, doit se cacher de son conjoint qui a proféré des menaces de mort envers elle et sa fille. L’histoire a été reprise dans certains quotidiens et illustre toute la tragédie que subissent de trop nombreuses femmes.

« Les maisons d’hébergement ont encaissé de plein fouet les compressions des politiques d’austérité et leur pouvoir d’action est de plus en plus limité. Elles débordent et peinent à offrir tous les services pour lesquels elles sont sollicitées. En 2018-2019, c’est 14 997 demandes d’hébergement qui ont dû être refusées. Cette situation est absolument inacceptable », souligne la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Au Québec, 10 féminicides en moyenne se produisent chaque année. Depuis trois mois, sept Québécoises ont connu un tel sort. On ne peut plus attendre : il faut des mesures structurantes et l’injection de sommes importantes pour que les choses changent. « À quelques jours du dépôt du budget, le gouvernement ne peut faire la sourde oreille. Il a le devoir d’entendre le cri à l’aide des femmes et de protéger leur vie et leur sécurité », conclut Véronique De Sève.

]]>
Combien de féminicides avant d’agir ? https://www.csn.qc.ca/actualites/combien-de-feminicides-avant-dagir/ Fri, 06 Mar 2020 21:32:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=74223 Lettre signée par les responsables politiques de la condition féminine de la CSN provenant de toutes les régions du Québec et de tous les secteurs d’activité

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est pour nous important de rapporter une histoire révoltante dont a été saisie l’une des signataires de la présente lettre. Cette histoire raconte le récit d’une Québécoise qui vit, en ce moment même, un vrai calvaire.

Depuis deux longues années, Annie (nom fictif) subit du harcèlement de la part de son ex-conjoint, le père de son enfant. Deux ans à sentir une toile d’araignée se tisser autour d’elle. Vandalisme sur sa voiture. Présence de l’ex qui filme le CPE fréquenté par sa fille. Le 17 janvier dernier, elle reçoit un appel de la Direction de la protection de la jeunesse l’exhortant à se rendre immédiatement à ses bureaux, avec sa fille. Inquiète, la maman s’exécute sur-le-champ. La DPJ a mis la main sur l’enregistrement d’un appel que l’homme a fait à Info-Santé dans lequel il indique vouloir tuer la petite et la mère à un moment grandement médiatisé. Il affirme qu’il ne se suicidera pas, car il souhaite devenir, en prison, le porte-parole de tous ces hommes qui se disent bafoués par leur conjointe. Annie doit porter plainte à la police pour assurer sa protection et celle de sa fille. Or, le lieutenant lui dit qu’il n’y a pas matière à plainte et que monsieur, en demandant de l’aide au 811, a prouvé qu’il essaie de s’en sortir. On imagine le profond abîme dans lequel elle se retrouve devant une situation aussi surréaliste.

Alors que son ex n’a jamais été arrêté, Annie, qui doit se cacher, ne peut plus travailler de crainte qu’il ne s’en prenne à sa fille. Terrorisée, pénalisée de tous côtés, elle recourt à l’assurance-emploi, qui lui procure un maigre 55 % de son salaire pour subsister. En plus, l’IVAC refuse de l’indemniser, car elle n’a pas officiellement vécu d’épisodes de violence physique.

Manque d’argent
Les maisons d’hébergement ont encaissé les contrecoups de l’austérité et leur pouvoir d’action est de plus en plus limité. Ces maisons débordent, et de ce fait, les refus de femmes et d’enfants dans le besoin s’accumulent pour manque de places (en 2018‑2019, les maisons ont refusé 14 997 demandes d’hébergement), les intervenantes sont à bout de souffle et le manque de ressources rend l’embauche difficile. Nombre de ces maisons n’ont plus les moyens d’agir sur les causes de la violence, que ce soit par la défense de droits, la sensibilisation dans les écoles ou la représentation politique. Pourtant, l’espoir réside en grande partie dans l’éducation des adultes de demain et dans un financement à la hauteur des besoins.

Illustration : Émilie Tremblay

Les moyens qui s’offrent à Annie pour échapper à sa situation s’amenuisent. Celle-ci peut se lancer dans un labyrinthe bureaucratique en déposant une plainte en déontologie policière ou médiatiser son expérience traumatisante. Mais à quel prix ?

Elle est devant la quadrature du cercle. Le système a prévenu Annie que son ex-conjoint voulait les tuer, elle et sa fille, mais ce même système ne peut les protéger et les laisse dans une situation intenable. Au Québec, 10 féminicides en moyenne se produisent chaque année. En date du 25 février, six Québécoises avaient connu un tel sort depuis trois mois. C’est horrible et scandaleux. Le gouvernement de la CAQ doit s’ouvrir les yeux et voir la réalité en face. Les femmes crient à l’aide, le réseau des maisons d’hébergement crie à l’aide. Celui-ci estime à 50 millions de dollars l’argent nécessaire pour pouvoir assurer la sécurité des femmes et des enfants.

À quelques jours du dépôt du budget, le gouvernement ne peut faire la sourde oreille. Il a le devoir de les entendre et de protéger leur vie et leur sécurité. Monsieur Legault, l’inaction est condamnable. Les femmes du Québec ont droit à une vie sans peur ni violence. Une violence qui leur est trop souvent fatale.

]]>
Un 8 mars en action ! https://www.csn.qc.ca/actualites/un-8-mars-en-action%e2%80%89/ Fri, 06 Mar 2020 16:43:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=74220 C’est sur le thème Féministes de toutes nos forces que le Collectif 8 mars souligne la Journée internationale des droits des femmes. Depuis plusieurs semaines, le Collectif 8 mars a lancé un appel à la mobilisation en donnant la parole aux femmes. Parmi les divers moyens mis en œuvre, il invite la communauté à s’engager par une campagne de partage de photos sur les réseaux sociaux et par l’envoi de cartes postales destinées à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

Le visuel de cette année représente des femmes, main dans la main, en geste de victoire symbolisant l’union des combats féministes. « Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collective. L’affiche célèbre, de manière festive et à travers une palette de couleurs vives, l’aspect international et intersectionnel des luttes en cette année de Marche mondiale des femmes », souligne la porte-parole du Collectif et vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Marlihan Lopez.

En appui à la Marche mondiale des femmes
Le Collectif 8 mars a choisi d’appuyer les féministes du monde entier au sein de la Marche mondiale des femmes dans leurs actions qui se dérouleront du 8 mars au 17 octobre 2020. Au Québec, le rassemblement de la Marche mondiale des femmes aura lieu le 17 octobre prochain dans la ville de Terrebonne. « Les Québécoises et les Québécois sont invités à marcher en appui aux revendications qui se déclinent sous cinq grands thèmes : pauvreté, violence, justice climatique, femmes immigrantes, migrantes et racisées, et femmes autochtones. Ce sont des enjeux fondamentaux qui méritent une forte mobilisation! », ajoute Marlihan Lopez.

En marche avec Femmes de diverses origines (FDO)
Le Collectif 8 mars lance également une invitation à participer à la manifestation organisée par Femmes de diverses origines (FDO), qui se tiendra le 8 mars à 13 h au Square Cabot, à Montréal, station de métro Atwater.

À propos du Collectif 8 mars
Le Collectif 8 mars représente 700 000 femmes au Québec provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Téléchargez le visuel du 8 mars.

Visitez la page Facebook de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes.

 

 

]]>
Violence conjugale au travail : impossible de fermer les yeux https://www.csn.qc.ca/actualites/violence-conjugale-au-travail-impossible-de-fermer-les-yeux/ Tue, 03 Dec 2019 16:44:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=73027 Billet de blogue de Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN

Nous soulignons aujourd’hui les 30 ans de la tuerie de Polytechnique qui a coûté la vie à 14 jeunes femmes. Trente ans avant de reconnaître sur le panneau commémoratif à Montréal que ce fut un attentat antiféministe. Et si la tragédie s’était passée aujourd’hui, elle aurait eu les caractéristiques d’un féminicide, c’est-à-dire l’assassinat de femmes pour le seul fait qu’elles sont des femmes.

Au début des années 2000, la CSN se souvient de son implication pour mettre fin à l’impunité du gouvernement mexicain face au féminicide de plusieurs centaines de femmes à Ciudad Juárez. Plus récemment, un décompte de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint s’effectue en France depuis le début de l’année et s’élève à plus de 100 victimes. Le nombre de meurtres de femmes recensés dans un contexte conjugal illustre le phénomène des féminicides. Cette prise de conscience a soulevé la population française pour dénoncer un système impliquant plusieurs acteurs dans les domaines juridique, policier et de la santé qui ne fonctionnent pas pour protéger ces femmes.

Avec le Service aux collectivités de l’UQAM, la professeure Rachel Cox relate dans sa recherche qu’au Canada, une règlementation de la violence et du harcèlement s’implante de plus en plus au sein du régime de la santé et de la sécurité du travail. Mais elle s’intéresse aussi à la réalité de la violence conjugale au travail ou à proximité, qu’en est-il?

Les coûts de la violence conjugale au travail génèrent des effets sur la victime, facilement localisable par son agresseur qui peut la harceler constamment, la déranger au travail, la dénigrer devant des collègues ou même l’empêcher de se rendre au travail. Les collègues de travail peuvent en subir les dommages collatéraux soit en augmentant leur charge de travail pour compenser les absences de la victime, soit en délaissant leurs tâches pour être attentifs à l’état de la victime. L’ensemble du milieu de travail est alors exposé aux manifestations de violence conjugale. Mais bien peu de milieux de travail sont pourvus de moyens législatifs pour intervenir.

Il aura fallu l’assassinat de femmes, en Ontario et en Alberta sur leur lieu de travail, pour réformer leur législation en matière de santé et de sécurité du travail. Leur loi reconnaît l’obligation de l’employeur de gérer les risques et de prendre des précautions envers la violence conjugale qui se produit au travail ou à proximité. D’autres provinces canadiennes ont des lois qui comportent des obligations de facto en matière de violence qui inclut la violence conjugale, ou susceptible de l’englober.

Pendant ce temps, la Loi sur la santé et sécurité du travail du Québec est très générale, même trop, en ce sens que « l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique du travailleur ». Il est donc temps de s’attarder au phénomène de violence conjugale et des impacts dans les milieux de travail.

De grâce, n’attendons pas que se produisent des meurtres de femmes au travail avant d’agir. Le maintien du lien d’emploi et, par le fait même, d’une source de revenus constitue pour les victimes des remparts pour mieux se soustraire à la violence conjugale. Il leur offre la sécurité financière et la possibilité de demander de l’aide, tout en limitant leur exposition à l’agresseur. Pour permettre à une victime de rester en emploi, différentes mesures d’accommodement peuvent être prises.

En cette douloureuse commémoration du 6 décembre, pourquoi ne pas choisir le scénario de la prévention de la violence, d’éviter le meurtre de femmes pour le seul fait qu’elles sont des femmes. Car il faut ouvrir les yeux : la violence conjugale, c’est l’affaire de tout le monde. Arborons fièrement le ruban blanc en solidarité avec toutes les femmes qui souffrent en silence.

]]>
La journée de la femme n’existe pas https://www.csn.qc.ca/actualites/la-journee-de-la-femme-nexiste-pas/ Thu, 07 Mar 2019 14:46:59 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70594 Blogue de Véronique De Sève

Quel ne fut pas mon étonnement lorsque, lundi dernier, j’ai entendu l’animateur de radio d’une émission matinale se poser la question suivante : le 8 mars, est-ce la Journée internationale des femmes ou de LA femme ?

Encore cette éternelle interrogation !, me suis-je écriée en moi-même.

Le pluriel a toujours été de mise pour parler de la Journée internationale des femmes. Il vise à souligner la diversité, et non un soi-disant idéal féminin incarné dans un singulier, ma foi, bien réducteur. Cette année, le Collectif 8 mars a pris l’initiative d’ajouter la notion des droits des femmes au nom de cette journée, qui devient ainsi la Journée internationale des droits des femmes. Je m’en réjouis. Bien sûr, je n’en veux pas à cet animateur de ne pas avoir été mis au courant de ce changement. Mais de grâce, prenons donc enfin note, collectivement, du nom exact de cette journée.

Un mot fait toute la différence
Les femmes ne parlent pas d’une seule et même voix, tout comme les hommes, d’ailleurs ! Elles sont plurielles et chacune d’entre elles, unique, représente un individu à part entière. Elles n’ont pas les mêmes idées et ne vivent pas les mêmes réalités quotidiennes. Elles ont des parcours différents, rencontrent des difficultés qui leur sont propres. Elles sont grandes, petites, rousses, brunettes, filiformes ou toute en rondeur. Certaines se disent féministes, d’autres préfèrent le terme humaniste ; d’autres encore refusent toute étiquette. Les femmes ne forment pas un bloc monolithique ! Pour cette raison, j’ai toujours repris les personnes qui parlent de la Journée de la femme et défendu l’appellation Journée internationale DES femmes pour bien représenter notre grande diversité.

Le 8 mars n’est pas une journée comme les autres : parler des droits des femmes, c’est refléter la vraie nature de ce dont il s’agit. C’est donner à cette journée la perspective militante et féministe qu’elle doit avoir. C’est aussi une occasion pour dénoncer les nombreuses discriminations, inégalités et violences envers les femmes et souligner le chemin parcouru. Le mythe de l’égalité déjà atteinte est tenace ! L’égalité de droit est certes atteinte, mais tant s’en faut dans les faits.

Revendiquons !
Nous devons en convenir : en 2019, les hommes assument de plus en plus de responsabilités familiales. Or, les femmes sont encore majoritairement celles qui supportent la charge mentale et qui jonglent avec les différentes sphères de la conciliation famille-travail. Moins nombreuses dans les lieux décisionnels, elles ne sont toujours pas parvenues à briser le plafond de verre, et ce, même si elles détiennent autant de compétences que leurs confrères. Les femmes subissent encore trop de violence au travail et dans l’espace public, et le harcèlement sexuel est le lot quotidien de plusieurs d’entre elles. Les écarts salariaux entre les femmes et les hommes subsistent, malgré les luttes passées pour l’équité salariale. La pauvreté et la précarité demeurent aussi de réels enjeux pour elles. Et ce ne sont là que quelques exemples d’inégalités inadmissibles à leur égard.

J’aimerais que les politiques gouvernementales apportent des changements concrets pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes, et entre les femmes elles-mêmes. Depuis l’élection de la CAQ, deux ministres se sont succédé à la condition féminine. Pourtant, nous ne savons toujours pas ce que compte faire ce gouvernement pour enfin atteindre l’égalité que nous demandons depuis si longtemps.

La Journée internationale des droits des femmes 2019 doit être festive et refléter la solidarité qui nous lie, toutes et tous. Mais surtout, elle doit être l’occasion de nous rappeler qu’il reste encore de nombreuses luttes à mener et qu’il faut, ensemble, se donner les moyens pour les conduire à terme.

Bon 8 mars !

]]>
Mobilisation pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle https://www.csn.qc.ca/actualites/des-syndicalistes-se-mobilisent-pour-appuyer-la-creation-dun-tribunal-specialise-en-matiere-dagression-sexuelle/ Thu, 21 Feb 2019 13:59:19 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=70238 Une cinquantaine de membres du comité des femmes du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) vont se mobiliser en début d’après-midi aujourd’hui pour appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. Les syndicalistes et leurs alliées se rendront devant le palais de justice de Québec vers 13 h 30.

« Selon les données de 2014 de Statistique Canada, seulement 5 % des agressions sexuelles au Canada font l’objet d’un signalement et seulement 3 sur 1000 se soldent par une condamnation, rappelle Barbara Poirier, vice-présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN). Le déni de justice pour les survivantes, encore récemment illustré dans quelques cas très médiatisés, est inacceptable. Comme société, nous pouvons et nous devons faire mieux. »

Le comité des femmes du conseil central a décidé de se mettre en action en marge d’une journée thématique en condition féminine. Les militantes se rendront collectivement au palais de justice afin d’appuyer la création d’un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle. « Nous voulons saluer l’initiative en ce sens des différents partis représentés à l’Assemblée nationale et réaffirmer que nous demeurerons vigilantes sur la question de la violence faite aux femmes », explique Barbara Poirier.

]]>
La CSN s’implique activement https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-simplique-activement/ Tue, 13 Mar 2018 18:00:22 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=66700 Du 12 au 23 mars se tient à New York la 62e session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU (CCF), qui a pour thème l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural.

Entre autres sujets abordés lors de cette commission annuelle les inégalités entre les sexes en zones rurales, leurs impacts sur les conditions de vie des femmes et des filles, le droit à un niveau de vie décent, la sécurité alimentaire, les diverses formes de violence patriarcale, le droit à l’éducation et à la santé ainsi que la justice reproductive.

Une déclaration syndicale commune
La CSN fait partie de la délégation Global Unions, une coalition qui rassemble six organisations syndicales internationales, notamment la Confédération syndicale internationale, dont la CSN est membre.

Une centaine de femmes syndicalistes d’une trentaine de pays prennent part aux travaux de la commission onusienne, notamment la vice-présidente responsable de la condition féminine à la CSN, Véronique De Sève, ainsi que la conseillère syndicale à la condition féminine de la CSN, Emmanuelle Proulx.

Tous les ans, les organisations de la société civile accréditées sont invitées à participer aux travaux préparatoires de la Commission en soumettant des déclarations, lesquelles font partie intégrante de la documentation officielle de la CCF. Pour leur part, les organisations syndicales ont soumis une déclaration commune afin de mettre en valeur leurs perspectives syndicales féministes.

Ainsi, ces organisations ont ciblé de nombreux défis auxquels sont confrontées les femmes et les filles en milieu rural. Reconnaissant le rôle essentiel qu’elles jouent dans l’amélioration des conditions de vie et le renforcement des communautés, notamment en ce qui a trait à la sécurité alimentaire, les syndicats estiment urgent l’application immédiate  » des droits fondamentaux énoncés dans les principales conventions de l’Organisation internationale du Travail, comme le droit à la liberté d’association et le droit de négocier collectivement les clauses et les conditions de leur emploi, qui sont des droits essentiels pour garantir l’amélioration durable de leurs conditions de vie et de travail « .

 » Alors que les femmes qui vivent en milieu rural représentent le quart de la population mondiale, elles sont exclues des lieux décisionnels où sont votées les lois, les politiques et les dépenses publiques, s’indigne Véronique De Sève, du comité exécutif de la CSN. De ce fait, leurs besoins particuliers ne sont pas pris en compte.  » La porte-parole syndicale rappelle aussi que les femmes en milieu rural sont les plus touchées par les compressions dans les dépenses sociales.  » Or, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux divers services publics est une clé de voûte pour leur autonomisation économique et sociale « , plaide-t-elle.

Revendications de la délégation syndicale
Dans le cadre des travaux de la CCF, la délégation syndicale cherche à faire valoir sa vision solidaire des enjeux. Elle met en lumière ces revendications :

Travail décent
Soutenir activement l’accès des femmes qui vivent en milieu rural à la liberté syndicale.

Halte à la violence sexiste dans le monde du travail
Mobiliser l’appui à une convention de l’Organisation internationale du Travail.

Services publics et financement
Promouvoir les partenariats public-public et les partenariats communautaires-publics afin de fournir des services publics dans les zones rurales, en faisant participer les femmes à la prise de décisions.

Éducation publique de qualité
Veiller à ce que les femmes et les filles en milieu rural puissent avoir accès à une éducation publique de qualité et à un apprentissage tout au long de la vie dans les zones rurales et reculées.

Justice climatique
Intégrer les femmes rurales et autochtones aux processus de planification des interventions en cas de catastrophe ou des mesures de réduction des risques, et les associer à la prise de décisions concernant les changements climatiques.

Droits de la personne
Se conformer à la Recommandation générale no 34 sur les droits des femmes rurales du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

]]>