En dépit du conflit de travail qui affecte son siège social et son entrepôt de fruits et légumes, le groupe Metro contourne allègrement les dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail afin d’approvisionner ses 670 magasins, dénonce la CSN.
Depuis 6 h ce matin, des centaines de grévistes de Metro manifestent devant les installations du groupe Courchesne Larose, à Anjou. Un point de presse du syndicat et de la présidente de la CSN, Caroline Senneville, y sera tenu à 7 h 30 ce matin (9761, boulevard des Sciences, Anjou).
Depuis le début du conflit de travail, l’entreprise Courchesne Larose, grossiste en fruits et légumes, exploite le centre de distribution du boulevard Albert-Hudon, à Rivière-des-Prairies, au bénéfice du groupe Metro afin d’approvisionner les épiceries Metro, Super C et Adonis au Québec. Jusqu’à tout récemment, le centre Albert-Hudon appartenait au groupe Metro, qui l’utilisait pour la distribution de ses produits surgelés.
Pour la CSN, il s’agit d’un stratagème par lequel Metro profite des failles du Code du travail pour faire exécuter par un sous-traitant, dans un lieu distinct de ceux visés par le conflit de travail, les tâches normalement effectuées par ses 550 salarié-es, en grève depuis le 30 mars dernier.
La centrale syndicale a de bonnes raisons de croire que Metro a également utilisé, depuis le début du conflit, de « vrais » briseurs de grève, contrevenant ainsi aux dispositions du Code du travail. À la demande de la CSN, des inspectrices du ministère du Travail ont visité les lieux de travail le 2 avril dernier pour constater la situation.
« Le plan de contingence de Metro, c’est de trouver toutes les façons possibles pour contourner les dispositions anti-briseurs de grève afin de maintenir ses opérations. Le groupe Metro devrait plutôt concentrer ses énergies à la table de négociation et répondre adéquatement aux demandes des travailleuses et des travailleurs. » Caroline Senneville, présidente de la CSN
« On connaît nos installations. On connaît le monde de la distribution alimentaire. On sait très bien comment Metro s’y prend pour contourner la loi anti-scabs et pour tenter de nous intimider. Malgré cela, on constate des pénuries de fruits et légumes partout au Québec. Que Metro négocie sérieusement, on souhaite en arriver à un règlement satisfaisant rapidement. » Matthieu Lafontaine, président du Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Métro-Richelieu–CSN
« Metro encaisse des profits records : en six ans, le chiffre d’affaires a grimpé de 28 %, les profits ont augmenté de 39 % et les dividendes aux actionnaires de 56 %. Pour la même période, le salaire des employé-es n’a augmenté que de 11 %. Les employé-es veulent retrouver la perte de leur pouvoir d’achat, c’est tout à fait légitime. » Serge Monette, président de la Fédération du commerce–CSN
« Chez Metro, le salaire d’entrée tourne autour de 20 $ l’heure. Un salaire dérisoire comparativement aux profits démesurés réalisés au cours des dernières années. Se faire offrir entre 1 et 2 % par année, c’est insultant. Les grévistes de Metro auront notre appui jusqu’à ce qu’une entente satisfaisante soit atteinte. » Chantale Ide, secrétaire générale du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN
À propos
Le Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Métro-Richelieu–CSN représente les 550 salarié-es du centre de distribution Metro Laval et du siège social de l’entreprise à Montréal ainsi que les chauffeurs de l’entrepôt Mérite 1, à Rivière-des-Prairies. Leur convention collective est échue depuis le 19 septembre 2025. Lors d’une assemblée générale tenue le 15 mars dernier, les travailleuses et les travailleurs avaient adopté à 97 % un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée. Après un blitz intensif de sept journées consécutives, la grève a été déclenchée le 30 mars dernier. Les négociations se poursuivent depuis.
Le syndicat est affilié à la Fédération du commerce et au Conseil central du Montréal métropolitain. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.






