Fin de la grève générale illimitée : une nouvelle convention collective signée pour deux ans

Après près de 14 semaines de grève, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Coop du Collège de Maisonneuve (STTCCM–CSN) ont adopté à l’unanimité une entente de principe en assemblée générale qui a mené à la signature, le 8 mai dernier, d’une convention collective d’une durée de deux ans. Le vote sur cette entente, effectué en ligne le 30 avril, s’est tenu à scrutin secret.

« Ce règlement constitue un immense soulagement pour nous, après plus de trois mois de grève. Nous avons réussi à bloquer les demandes de recul que voulait nous imposer l’employeur, en plus d’avoir réalisé quelques gains, notamment en ce qui a trait aux salaires. Malgré le goût amer que nous laisse cette lutte menée pendant des semaines, nous sommes aujourd’hui satisfaits. Cela dit, ce long conflit a laissé des traces durables, dont la fermeture du café étudiant. Les ponts devront être rebâtis, tout comme le lien de confiance avec l’employeur », a affirmé Jean-Sébastien Provencher, président du STTCCM–CSN.

Un conflit pas comme les autres

Cette négociation, qui devait s’ouvrir sous le signe de la réconciliation après le dernier conflit en 2017, a plutôt débuté avec des demandes de recul de la part de l’employeur, en plus de se dérouler dans des circonstances exceptionnelles de crise sanitaire. « Entre le départ de la direction générale, le changement de porte-parole du côté de l’employeur, la fermeture du café étudiant, la pandémie et la fermeture du collège, nous pouvons dire que rien dans ce conflit de travail n’a été ordinaire. Mais la détermination et le courage dont ont fait preuve les membres du STTCCM–CSN ont eu raison de l’entêtement de l’employeur, ce qui constitue une victoire dans les circonstances », a déclaré Alexandre Giguère, vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN).

Autre gain significatif dans ce contexte inédit : la solidarité qui s’est créée au sein de la communauté collégiale. « Ce qui est encourageant, malgré la durée du conflit, c’est de voir toute la solidarité qui s’est tissée au fil des mois avec, notamment, l’association étudiante du cégep et le Syndicat des professeures et professeurs du Collège de Maisonneuve. En période crise, on se rend compte plus que jamais à quel point la solidarité peut faire toute la différence. Aujourd’hui, je lève mon chapeau aux travailleuses et aux travailleurs de la Coop Maisonneuve qui se sont battus sans relâche pour se faire respecter et obtenir de meilleures conditions de travail. Votre fougue et votre ténacité sont tout à votre honneur ! », a ajouté Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Le syndicat invite enfin tous les étudiants et le personnel du cégep à préserver ce lien de solidarité qui sera précieux pour la suite des choses. « Nous aurons besoin de cette solidarité et de la vigilance de chacun dans les semaines et les mois qui viennent pour assurer une reprise saine des activités de la Coop. C’est en restant unis que nous pourrons y arriver », de conclure M. Provencher.

Rappelons qu’un mandat de 72 heures de grève avait été voté le 7 janvier 2020, un mois avant que ne soit déclenchée la grève générale illimitée à la suite du rejet d’une offre qualifiée de « finale » par l’employeur. Il s’agissait de la deuxième négociation en deux ans pour le STTCCM–CSN et le deuxième conflit de travail en autant de temps.

Pénurie de bouteilles de bière brunes : que les acteurs de l’industrie trouvent une solution

Devant la rareté de plus en plus criante de bouteilles de bière brunes, la Fédération du commerce (FC–CSN) invite les acteurs de l’industrie à trouver un dénouement rapide à la situation. « Les brasseurs, les détaillants et le gouvernement, qui sont actuellement en négociation à ce sujet, doivent développer des solutions afin d’éviter qu’on se retrouve devant une pénurie complète de bouteilles brunes », explique David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN.

Une pratique responsable qui doit demeurer
L’industrie brassicole, incluant les micro-brasseries, se retrouvera bientôt devant l’impossibilité d’embouteiller ses produits dans ce contenant à remplissage multiple. Produites au Québec, les bouteilles brunes sont réutilisables de 15 à 20 fois, environ, avant d’être recyclées. De plus, elles représentent l’option la plus écologique par rapport aux autres contenants à remplissage unique. « Il ne faudrait surtout pas que l’interdiction de retourner ses bouteilles, entraînée par la COVID-19, vienne fragiliser cette pratique responsable. La consigne des bouteilles à des fins de réutilisation est reconnue pour être l’un des systèmes les plus performants et environnementaux qui soient. Celui du Québec, qui permet la récupération des bouteilles de bière à remplissage multiple, est l’un des meilleurs sur la planète. »

Pistes de solution
Alors que plusieurs détaillants s’opposent à un retour de l’ancienne pratique, du moins dans l’immédiat, une solution à court terme s’impose. « Il serait envisageable d’organiser des centres de dépôt à l’extérieur des commerces afin de minimiser les risques de contamination pour les travailleuses et les travailleurs. Cette solution temporaire permettrait d’alimenter les brasseurs et de maintenir la production, donc les emplois. »

Lorsqu’une solution temporaire sera mise en place, les différents acteurs bénéficieront du temps nécessaire pour concevoir le meilleur système afin de récupérer ce contenant. Toutefois, pour arriver à un consensus, il faudra que les discussions soient menées dans l’intérêt supérieur de tous.

Les abattoirs du Québec tiennent encore le coup

Contrairement à ce qui se passe chez nos voisins du sud où l’on craint une rupture d’approvisionnement en viande, les abattoirs du Québec continuent de tourner malgré un personnel réduit.

« La situation est stabilisée, des protections sont en place. On a empêché que la situation ne devienne comme celle des États-Unis », indique David Bergeron Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). Celui-ci admet toutefois qu’il est primordial de demeurer vigilant, notamment quand on constate la fermeture d’un important abattoir de bœuf en Alberta qui a forcé la chaîne de restaurants McDonald à importer du bœuf pour son marché canadien. Ça ne va pas dans le sens de l’achat local souhaité…

« Il a fallu du temps pour convaincre notre employeur de mettre des mesures en place », explique Martin Maurice, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Olymel Vallée-Jonction–CSN, le plus important abattoir de porcs au Québec. Selon lui, 99 % des mesures de protection qui étaient nécessaires sont maintenant mises en place dans l’abattoir : deux agents de sécurité s’assurent du respect de la distanciation sur chaque quart de travail ; une surveillance se fait à l’entrée au travail pour savoir si les gens ont des symptômes qui s’apparentent à ceux de la COVID-19, et la prise de température se fait sur une base volontaire ; des cubicules de plexiglas ont été installés partout où c’était possible ; six roulottes ont été ajoutées pour permettre la prise de repas de façon plus distancée ; une désinfection constante est en cours ; une nouvelle procédure pour récupérer les outils désinfectés a été établie ; l’horaire est changé pour éviter que les employé-es de quarts de travail différents ne se croisent ; des visières et des lunettes ont été rendues disponibles pour tous les postes de travail qui ne peuvent pas être distancés correctement. À compter du 4 mai, tout le monde portera des masques.

Optimisme relatif malgré les cas de COVID
« Je demande quand même à l’employeur de se montrer plus sévère », affirme de son côté Sylvain Ménard, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’abattoir de volaille de Saint-Jean-Baptiste–CSN. Ce dernier constate lui aussi que plusieurs mesures ont été mises en place par l’employeur, mais que certains employé-es continuent de venir travailler à quatre par voiture ou relèvent fréquemment leur visière. Le nombre de cas de COVID à l’usine de Saint-Jean-Baptiste est passé de deux à huit cette semaine. Il manque près de 40 personnes sur 400 à l’usine en raison des retraits de 48 heures, du manque de personnes pour garder les enfants et des cas de COVID comme tels. La cadence de l’usine est d’ailleurs en baisse de plus de 10 %.

Sur les 19 personnes ayant contracté la COVID à l’abattoir de Vallée-Jonction, six sont revenues guéries. Une rencontre à 9 h 30 chaque jour entre le syndicat et l’employeur permet de corriger le tir lorsque c’est nécessaire. « On sait qu’on va avoir d’autres cas, mais on veut les minimiser le plus possible », précise Martin Maurice, qui souhaiterait plus de souplesse de l’employeur, notamment en ce qui a trait à la rémunération de ceux qui doivent attendre trois jours à la maison avant d’obtenir le résultat d’un test qu’ils ont dû subir après avoir été en contact avec une personne contaminée. Les périodes d’isolement ou les craintes de certains font en sorte qu’il manque environ
140 employé-es sur les 1200 habituellement au travail.

Malgré la situation relativement sous contrôle dans plusieurs abattoirs, le rythme de travail n’est pas exactement le même qu’à l’habitude en raison des absents et de la volonté de ne pas mélanger les quarts de travail. Quelque 100 000 porcs prêts pour l’abattage sont d’ailleurs en attente au Québec. Il faut dire aussi qu’une autre usine d’Olymel a été fermée pendant plusieurs jours, car une centaine de cas de COVID-19 parmi les employé-es a été déclarée. Elle est maintenant rouverte.

 Pendant ce temps au sud de la frontière
Aux États-Unis, plusieurs importants abattoirs ont été obligés de fermer leurs portes à cause de trop nombreux cas de COVID-19. Les représentants de l’industrie ont même payé une pleine page de publicité dans les journaux américains pour faire une mise en garde claire sur la rupture possible d’approvisionnement en viande. C’est un maillon de la filière agroalimentaire qui tombe et qui menace cet approvisionnement. Le président Trump est lui-même intervenu pour tenter de maintenir les abattoirs ouverts le plus possible. Le Québec évite cette situation pour le moment.

Les travailleurs oubliés des centres funéraires méritent aussi une prime de risque

Alors que le gouvernement a déjà consenti à mettre en place des primes pour les travailleuses et travailleurs de la santé, les paramédics et les préposé-es aux bénéficiaires, les personnes qui s’occupent des défunts et de leur famille sont malheureusement délaissées. Parce que la nature des opérations les expose considérablement à un risque de contagion – plusieurs études démontrent que le virus survit après le décès d’un individu – la FC–CSN exige une prime de risque de 3 $ l’heure pour tous les employé-es des centres funéraires. La FC–CSN exige aussi que des visières et des masques N95 en quantité suffisante soient mis à leur disposition.

Des craintes bien réelles
Malgré les mesures de protection fournies par les employeurs, la peur est omniprésente chez les travailleurs qui ont à manipuler les corps. Les craintes sont d’autant plus grandes qu’on sait que les personnes qui décèdent n’ont pas nécessairement été toutes testées pour la COVID-19. Cette situation représente une menace silencieuse de contamination pour les travailleurs chargés du transport des personnes décédées, pour les opérateurs de four crématoire et pour ceux qui ont à pratiquer des actes de thanatopraxie. « Si le diagnostic de COVID n’a pas été déclaré par le médecin qui a constaté le décès, il n’y a aucun moyen de savoir si le défunt était infecté et s’il représente un important risque de contamination. C’est dans ce contexte inquiétant que des centaines de travailleurs entrent au boulot chaque jour. Ces gens mettent leur santé en danger dans le but de rendre un service dont la société ne peut se passer », précise David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN.

Le personnel administratif ainsi que le personnel de soutien aux familles doivent aussi être considérés et reconnus pour leur apport aux services offerts. Ces derniers demeurent en contact avec la clientèle et travaillent aussi dans des conditions stressantes liées à la pandémie. L’organisation du travail est chamboulée par l’application des nouvelles règles de distanciation sociale.

Retenir le personnel
« L’industrie funéraire est un milieu de travail difficile et hautement émotif. Pour plusieurs, il peut sembler moins attrayant. Mais il ne faudrait pas non plus en arriver à manquer d’employé-es dans ce secteur essentiel en temps de pandémie, faute d’avoir reconnu à juste titre leur contribution. Les difficultés de recrutement étaient déjà présentes dans plusieurs régions », relate David Bergeron-Cyr.

L’ensemble de la société compte sur des services professionnels et surtout essentiels à la santé publique. Il est plus que justifié d’accorder une prime de 3 $ l’heure à ces travailleuses et travailleurs oubliés.

Protocole d’urgence dans les abattoirs : la Fédération du commerce-CSN demande davantage de protection pour les employé-es

À la suite de la publication par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) de recommandations intérimaires concernant l’industrie des abattoirs, le président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr,  a fait parvenir une lettre au premier ministre du Québec François Legault pour lui faire part des inquiétudes de la FC en ce qui a trait à la sécurité des travailleuses et travailleurs de l’industrie de la transformation de la viande.

Dans sa lettre, M. Bergeron-Cyr affirme être tout à fait conscient « des enjeux importants qu’occasionnent les ralentissements de l’abattage et de la transformation des viandes pour l’avenir de l’industrie. Toutefois, nous pensons qu’en maintenant les opérations à un niveau normal, cela facilitera la mise en place de meilleures mesures de sécurité et permettra d’éviter la propagation du virus et l’éventuelle fermeture complète d’autres établissements. »

La FC–CSN, qui représente plus de 4 000 salarié-es dans le secteur de la transformation de la viande, déplore entre autres que le protocole demande aux employeurs de faire respecter une distance de deux mètres entre les personnes uniquement « dans la mesure du possible », ce qui leur donne trop de marge de manœuvre, selon M. Bergeron-Cyr.

« Il faut comprendre que souvent, pour que cette mesure puisse s’appliquer, l’entreprise doit diminuer la vitesse de la chaîne de production. Plusieurs employeurs seront donc tentés d’utiliser d’autres moyens de protection, moins efficace que la distanciation sociale, afin de ne pas ralentir leurs opérations », est-il expliqué dans le texte.

La lettre précise également que la fédération est « irritée au plus haut point » par le fait que, contrairement à OIymel – l’un des principaux employeurs de l’industrie – les organisations représentant les travailleuses et les travailleurs de la transformation de la viande n’ont pas été impliquées dans l’élaboration du protocole.

Dans le même ordre d’idées, le signataire dénonce également l’absence des organisations syndicales aux rencontres de la filière porcine organisées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et auxquelles sont invités à participer tous les autres intervenants de l’industrie.

Les travailleuses et les travailleurs de l’industrie de la transformation de la viande « sont fiers de jouer un rôle essentiel afin de permettre au peuple québécois de se nourrir et de passer à travers cette crise, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de leur propre santé et celle de leurs proches », conclut la lettre.

La Fédération du commerce (FC–CSN) compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme.

Hôtels en transit

Depuis le début de la crise du coronavirus, le gouvernement a souvent mentionné la possibilité que certains hôtels soient mis à contribution, que ce soit pour servir d’hôpitaux de fortune qui accueilleraient des patients non atteints de la COVID-19 de façon à libérer des lits dans le système de santé, ou encore pour accueillir des voyageuses et des voyageurs qui doivent être mis en quarantaine pendant 14 jours à leur retour au pays.

C’est dans cette deuxième catégorie que se situe l’hôtel pour lequel travaille Annie*. Préposée à la réception et présidente de son syndicat, celle-ci dresse un portrait surréaliste du déroulement des activités à l’intérieur de cet hôtel de la grande région métropolitaine.

« Les personnes qu’on accueille ont été testées à leur retour et leur test était négatif, assure-t-elle. Mais puisqu’elles reviennent de voyage et qu’elles habitent avec d’autres individus, la Croix-Rouge les envoie dans notre hôtel pour qu’elles restent en quarantaine pendant 14 jours. »

L’hôtel continue quand même à accueillir des clients « normaux » pendant ce temps, mais il y en a évidemment très peu. Et même les clients en quarantaine sont moins nombreux qu’attendu, selon Annie.

« Même avec ces clients, le taux d’occupation reste en bas de 5 %. On parle d’une dizaine de chambres occupées sur une capacité de quelques centaines, précise-t-elle. Avant la crise, il y avait environ 85 employé-es à l’emploi et maintenant, c’est un maximum de cinq qui travaillent. »

Mesures de distanciation obligent, les services aux clients ont évidemment été réduits au minimum. Les chambres ne sont pas nettoyées durant leur séjour, et après leur départ, elles restent vacantes pendant 72 heures.

« Mise à part la préposée à la réception qui est à l’abri derrière un plexiglas, aucun employé-e n’entre en contact avec les clients entre leur arrivée et leur départ, explique Annie. Les clientes et clients qui sont en quarantaine ont été installés sur le même étage. Notre restaurant est fermé; la nourriture vient donc de l’extérieur. Les repas sont déposés sur un chariot à l’étage et les clients sont appelés au téléphone à tour de rôle pour qu’ils sortent de leur chambre et aillent chercher leur repas dans le corridor. »

Jusqu’à présent, l’expérience semble se dérouler correctement, en partie grâce aux bonnes relations entre le syndicat et l’employeur et à l’attitude compréhensive de la clientèle. Il n’en reste pas moins que toutes et tous espèrent un retour à la normale le plus rapidement possible.

* Pour des raisons de confidentialité, nous avons choisi de ne pas dévoiler son identité ni celle de son employeur.

La sécurité des travailleuses et travailleurs de la transformation de la viande sacrifiée pour maintenir la production

À la lumière des nombreux cas de COVID-19 qui ont récemment été déclarés dans différentes usines de transformation de la viande au Québec, la Fédération du commerce (FC–CSN) déplore le peu d’efforts mis de l’avant par les employeurs pour éviter la propagation et exige davantage de mesures pour protéger les travailleuses et les travailleurs.

« Une telle multiplication des cas de COVID-19 démontre clairement que les employeurs n’ont pas mis en place des mesures de protection suffisantes, affirme le président de la FC–CSN, David Bergeron-Cyr. Ils doivent absolument démontrer qu’ils prennent la situation au sérieux. En ce moment, tout ce qui semble compter pour eux, c’est de maintenir la cadence de production. »

La FC–CSN, qui représente plus de 4 000 salarié-es dans le secteur de la transformation de la viande, exige donc que les mesures suivantes soient instaurées immédiatement dans l’ensemble des usines du secteur :

  • Questionner les travailleuses et les travailleurs à leur entrée à l’usine afin de savoir s’ils ont des symptômes ou s’ils reviennent de voyage. 
  • Désinfecter complètement les aires de travail.
  • Faire respecter une distanciation de deux mètres entre chaque employé-e sur la ligne de production et installer des barrières physiques (ex : plexiglass) lorsque ces mesures de distanciation entre les travailleuses et les travailleurs sont totalement impossibles.
  • Organiser les changements de quarts de travail afin d’éviter le croisement de travailleuses et de travailleurs des différents quarts.
  • Implanter des mesures afin d’éviter tout regroupement (par exemple : attroupements au « punch », trop grande proximité lors des repas, etc.).
  • S’assurer de disposer de matériel de protection en quantité suffisante.

« À l’heure actuelle, la majorité des usines ne respectent même pas les directives émises par les autorités de la santé publique, puisque les employé-es travaillent régulièrement à moins de deux mètres les uns des autres sur les lignes de production, et ce, sans être séparés par des plexiglass ou toutes autres barrières physiques », renchérit M. Bergeron-Cyr.

La Fédération du commerce (FC–CSN) compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme.

Syndicat des employé-es de la restauration – CSN | St-Hubert

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 13 mars 2020, le Syndicat des employé-es de la restauration – CSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes et tous les salariés au sens du Code du travail à l’exclusion du gérant et de l’assistant-gérant. »

Ce groupe de travailleurs, oeuvrant dans le domaine de la restauration rapide, a décidé très majoritairement de se joindre à la CSN. La venue, entre autres, de Uber Eats inquiétait ce groupe.

Ce nouveau groupe joint ainsi le syndicat qui est déjà affilié à la Fédération du commerce, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

 

STT d’Indigo Parc Canada – CSN | Hôtel Pur

Le 3 mars 2020, le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Indigo Parc Canada – CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salariés et salariées au sens du Code du travail du Québec à l’exception du personnel de bureau ou d’administration travaillant dans les sites accrédités CSN situés à l’intérieur du territoire tel que défini aux établissements visés. »

Cette nouvelle accréditation permet aux travailleuses et travailleurs du stationnement de l’HÔTEL PUR d’unir leurs forces à un syndicat CSN déjà bien implanté.

L’ensemble des travailleuses et des travailleurs a choisi de joindre les rangs de la CSN pour un syndicat plus fort !

Ce syndicat reste affilié à la Fédération du commerce, au Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

 

Multi-Marques : mettre la main à la pâte

« Au début, les gars riaient sur le plancher en parlant des scènes de folie entourant le papier de toilette », lâche Stéphane Caissy, vice-président à la santé-sécurité du syndicat de Multi-Marques. « Mais le lendemain, quand on a vu que c’était les tablettes de pain qui étaient vides dans les épiceries… »

Située à Laval, l’entreprise produit du pain. Beaucoup de pain : il s’agit de la plus grosse usine du secteur au Québec, qui alimente le Québec en Villagio, en Bon Matin 14 céréales et autres POM Moelleux.

« Normalement, c’est la saison morte ces temps-ci », explique Stéphane. « On devrait produire autour de 250 000 pains par jour. Mais c’est rendu qu’on fait des journées de 870 000 pains. On dirait que c’est la fin de semaine de la Saint-Jean-Baptiste tous les jours ! »

Bien entendu, l’usine a dû s’ajuster en fonction de la crise qui sévit. Une réelle collaboration s’est rapidement installée entre l’employeur et le syndicat. « Les patrons, en haut, étaient autant dans l’inconnu que nous. Personne n’était prêt à gérer tout ça. »

« Nous avons été partie prenante de toutes les mesures mises en place. On s’est assuré que tous les travailleurs pouvaient respecter les distances minimales entre eux. Tout est nettoyé aux demi-heures : les rampes, les poignées, les abreuvoirs… Des gants sont distribués à tout le monde. Le Purell, il y en a partout, partout, partout. Il a aussi fallu modifier les entrées et les sorties, on a instauré des mesures de déplacements pour éviter que les gens se croisent de trop près. »

La crise actuelle a forcé l’entreprise à revoir sa production. « La fermeture des restaurants nous affecte, du moins en ce qui a trait à certains produits. On a donc décidé de concentrer notre production sur nos huit principaux produits. » L’employeur, souligne Stéphane au passage, a également consenti à verser aux employé-es une prime de 15 % sur le salaire gagné, tout au long de la crise. Et cette prime s’applique également aux heures supplémentaires effectuées.

Au nombre de 110, les membres du syndicat sont responsables de monter les commandes et de les charger dans les camions de livraison. En distribuant les pains dans différents points de service, les camionneurs constituent un risque de propagation du virus et le syndicat en est bien conscient.

« À compter de demain, nous aurons une firme qui sera responsable de contrôler les allées et venues à la guérite. Ils vont filtrer tous les gens qui entrent, notamment les distributeurs indépendants qui viennent chercher leur livraison : questionnaire santé, identification, prise de température, etc. »

Attendu en comité de relations de travail, Stéphane doit rompre la communication. « On doit discuter d’un paquet de trucs pour aider les gens à traverser la crise. C’est bien, parce que tout le monde met la main à la pâte. »

Un comité pandémie en mode solutions chez Jean Coutu

Pour répondre aux multiples ajustements nécessaires en temps de COVID-19, le Syndicat des travailleurs et des travailleuses de l’entrepôt Pharmacie Jean Coutu (STTPJC–CSN) a été en mesure de mettre en place une « équipe pandémie » de quatre personnes qui rencontre les représentants de l’employeur tous les jours pour trouver des façons d’appliquer les mesures de sécurité dans l’entrepôt de Jean Coutu. Il est bien entendu vital que cet entrepôt de 700 travailleuses et travailleurs de Varennes continue de fonctionner puisqu’il effectue la distribution d’une part importante de tous les médicaments consommés au Québec.

« C’est nous qui amenons les solutions 90 % du temps », affirme fièrement Shawn Vermette Tassoni, l’un des membres du fameux comité qui doit constamment « éteindre des feux » et qui est très sollicité par les membres du syndicat. Les libérations pour ce comité sont payées par l’employeur.

Ainsi, l’employeur a notamment accepté de mettre en place quatre lavabos mobiles dont le positionnement a été revu pour être le plus stratégique possible. Un lavabo sur deux a été fermé dans les toilettes afin de permettre la distanciation, une chaise sur deux a été retirée à la cafétéria et chaque quart de travail a été divisé en deux pour ce qui est de l’heure du repas. De plus, il est maintenant permis de poinçonner sa carte de temps un peu avant l’heure, sans perte de salaire, afin d’éviter la file.

« Parfois, des travailleurs sont récalcitrants en ce qui a trait aux mesures et ça crée des tensions », reconnaît Shawn Vermette Tassoni. Le comité permet de résoudre certaines de ces tensions et d’aller plus vite pour trouver des solutions plutôt que d’attendre les directives venues de Metro (qui est maintenant propriétaire de Jean Coutu).

Primes promises
Deux autres compensations ont été obtenues en ces temps de COVID-19. Il s’agit de la prime de 2 $ l’heure, sans limite de nombre d’heures, ainsi que de l’absence de perte d’ancienneté pour ceux et celles qui doivent s’isoler pour des raisons sanitaires. Le Groupe PJC a également annoncé qu’il verserait une aide aux employé-es qui doivent s’isoler, de façon à augmenter le montant versé par les programmes gouvernementaux et de faire en sorte qu’ils reçoivent 95 % de leur salaire habituel.

Le comité pandémie fait toutefois remarquer que ces primes n’avaient pas encore été versées en date du 26 mars. L’annonce de la prime de 2 $, rétroactive au 8 mars, a été faite le 21 mars dernier.

Notons par ailleurs que la négociation pour le renouvellement de la convention collective chez Jean Coutu est suspendue jusqu’au 13 avril et que la convention est échue depuis le 31 décembre 2019. Les vacances annuelles pourront être reportées.

Primes et protections additionnelles dans les quincailleries

Les travailleuses et les travailleurs des quincailleries Rona et Réno-Dépôt ont accueilli avec un certain soulagement l’annonce de Lowe’s Canada, qui s’engage à leur verser une prime salariale et à mettre en œuvre de nouvelles mesures de sécurité pour les protéger contre la COVID-19.

Même si les mesures annoncées sont somme toute modestes et que leur mise en place se fait toujours attendre, elles contribueront néanmoins à améliorer le moral et la sécurité des salarié-es. La mesure permettant le contrôle du nombre de clients présents de façon simultanée dans chaque magasin est particulièrement bienvenue.

Rappelons que les quincailleries font partie des services jugés essentiels par le gouvernement du Québec. Certains médias ont même fait état d’une augmentation importante, au cours des derniers jours, du nombre de travaux de rénovation résidentielle au Québec. Les travailleuses et les travailleurs de ce secteur invitent la population à faire preuve de patience et de tolérance à leur endroit — et, surtout, à se conformer aux directives de la santé publique.

Des primes pour les employé-es de la chaîne alimentaire

À la demande des autorités gouvernementales et de la santé publique, seules les entreprises jugées essentielles sont actuellement en opération. Parmi celles-ci, nombre d’entreprises issues de la chaîne alimentaire — en allant des serres jusqu’au comptoir d’épicerie.

Obligés de travailler, les employé-es de ces commerces ont dû exercer beaucoup de pression afin que des mesures de santé et de sécurité soient mises en place. Installation de plexiglas, gants et lavage de mains sont autant de moyens qui ont été instaurés par les employeurs pour aider à combattre la propagation du coronavirus.

Mais heureusement, ces mesures de prévention en matière de santé et de sécurité au travail ne sont pas les seuls moyens offerts aux travailleuses et aux travailleurs qui doivent nourrir et/ou servir les Québécoises et les Québécois.

À la demande de la Fédération du Commerce–CSN, plusieurs employeurs ont accepté d’offrir des compensations financières à leurs employé-es. Les grandes bannières du secteur de l’alimentation (Loblaws, Metro/PJC et Sobey’s) ont ouvert le bal en offrant des primes sur le salaire. Elles ont été suivies d’entreprises de transformation de la viande, notamment Olymel, Viandes du Breton, ainsi que d’autres telles Nutreco, Canada Bread et McKesson.

À ce jour, les compensations salariales obtenues pour les travailleuses et les travailleurs de ces entreprises vont de 2 $ l’heure à des bonis de 1000 $. D’autres syndicats de la FC–CSN entendent formuler le même type de revendication auprès de leur employeur au cours des prochains jours.

Les travailleuses et les travailleurs essentiels de la chaîne alimentaire ne devront pas être oubliés

Au lendemain de la décision gouvernementale d’ordonner la fermeture de toutes les entreprises et les commerces jugés non essentiels, la Fédération du commerce (FC–CSN) exige que les travailleuses et les travailleurs de la chaîne alimentaire ne soient pas oubliés. Ceux-ci devront bénéficier rapidement de trois avantages importants, soit l’accès à un service de garde gratuit, des mesures de santé et de sécurité encadrées par la CNESST et, finalement, une compensation financière offerte à tous.

Accès à un service de garde
Alors que la majorité des Québécoises et des Québécois sont invités à demeurer à la maison, les employé-es du secteur de l’alimentation – de la production à la distribution – doivent se rendre travailler. Or, ils ne bénéficient pas d’un accès à un service de garde comme les autres travailleuses et travailleurs des services essentiels, comme ceux des secteurs de la santé et de la sécurité publique. « Le gouvernement devra rapidement remédier à cette situation afin de leur permettre de se maintenir à l’emploi », insiste David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN qui représente des milliers de travailleurs de la chaîne alimentaire.

Des mesures de santé et de sécurité encadrées par la CNESST
De plus, afin d’assurer la santé de ces femmes et de ces hommes, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) devra s’assurer que des mesures en la matière soient appliquées de manière responsable et diligente dans les entreprises demeurées ouvertes. « Les mesures de santé et de sécurité dans tous les commerces et les entreprises de la chaîne alimentaire doivent être imposées par la CNESST, et ce, de façon urgente. En ce moment, les disparités sont immenses d’une entreprise à l’autre et cela met à risque nos travailleuses et nos travailleurs », soutient David Bergeron-Cyr.

Pour la FC–CSN, la CNESST doit s’assurer que tous les employeurs :

  • Permettent aux employé-es de respecter les mesures de distanciation de deux mètres ;
  • Mettent à la disposition tout matériel nécessaire à la désinfection des mains et des appareils utilisés fréquemment ;
  • S’assurent du nettoyage adéquat des surfaces de travail ;
  • Mettent en place des dispositions afin d’éviter les rassemblements dans les aires de repos et les cafétérias ;
  • Testent les travailleuses et les travailleurs dans certaines entreprises.

Compensation financière
Finalement, les travailleuses et les travailleurs de l’industrie devront se voir offrir une compensation financière afin de les maintenir à l’emploi, malgré les circonstances accablantes que l’on connaît. « Certains employeurs ont déjà annoncé des primes et d’autres compensations financières offertes à leurs employé-es afin de les retenir. Mais il faut s’assurer que toutes et tous puissent bénéficier de telles mesures, sinon ils ne resteront pas. Le gouvernement doit voir dès maintenant à ce qu’une telle formule soit mise en place », conclut David Bergeron-Cyr.

La CSN demande le renforcement des règles en matière de santé et de sécurité au travail

Alors que la propagation du coronavirus s’amplifie, la CSN demande au gouvernement de François Legault de s’assurer du renforcement de l’application des règles en matière de santé et de sécurité au travail par l’ensemble des employeurs au Québec. La CSN considère que des gestes en ce sens deviennent urgents, d’abord pour garantir la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, mais également pour diminuer l’ampleur du ralentissement économique auquel le Québec est confronté.

« Ce n’est pas le temps de niaiser avec les mesures de prévention en matière de santé et de sécurité au travail! », lance d’emblée le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Chaque jour, le premier ministre lance un appel particulier pour contenir la crise. Nous estimons qu’il est plus que temps qu’il envoie une consigne très, très claire aux employeurs du Québec : les mesures de prévention en milieu de travail doivent être renforcées afin de contenir la propagation du virus. La CNESST doit intervenir dans les milieux de travail où des correctifs doivent être apportés. Il est de la responsabilité du gouvernement de s’en assurer. »

Depuis une semaine, la CSN reçoit de multiples témoignages de travailleuses et de travailleurs inquiets d’être contaminés au travail. La CSN salue la diligence des employeurs qui ont renforcé les mesures de salubrité et favorisé au maximum la possibilité de faire du télétravail, mais déplore que plusieurs d’entre eux négligent la situation, et ce, tant dans les secteurs public et privé que dans le secteur parapublic.

Le président de la CSN demande également à la population de tout mettre en œuvre afin de préserver la santé des salarié-es qui travaillent avec la clientèle. « Dans les épiceries, les restaurants et les commerces de vente au détail, nos membres sont directement exposés aux vecteurs de propagation du virus. Svp, faites en sorte de ne pas les contaminer : gardez vos distances, évitez la monnaie papier et respectez les consignes d’isolement », exhorte Jacques Létourneau.

Montant record amassé par la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN

La 23e campagne de financement de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN, camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille, vient de se terminer. Nous sommes très heureux d’annoncer qu’un montant record de 231 457 $ a été amassé collectivement par les membres de la CSN. C’est en 2019 que le cap des 4 millions de dollars a été franchi en montant amassé total depuis le début de cette belle association.

Par solidarité envers les enfants atteints de cancer, les militants et militantes ont organisé différentes actions pour atteindre un tel résultat (campagne du 1 $ par membre, retenues à la source, tournois de golf, ventes de bonbons,  organisation d’activités, etc.). Le Camp Vol d’été Leucan-CSN est d’ailleurs la cause officielle de la CSN.

30 personnes membres de toutes les organisations de la CSN s’impliquent bénévolement à la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN pour mener cette campagne de collecte de fonds. Ils agissent avec cœur et dévouement tout au long de l’année pour voir à la réussite de la campagne. Ils sont : Jean Lacharité (CSN), Gabrielle Pelletier (CSN), Ramatoulaye Diallo (Conseil central du Montréal Métropolitain–CSN), Éric Céré (Conseil central des Laurentides–CSN), Nancy Legendre (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Félix-Antoine Lafleur (Conseil central Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec–CSN), Daniel Lamoureux (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Sylvain Pratte (Conseil central Cœur-du-Québec–CSN), Agathe Tremblay (Conseil central Côte-Nord–CSN), Julie Bolduc (Conseil central Estrie–CSN), Serge St-Pierre (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN), Alain Chevarie (Conseil central de la Gaspésie et des Île-de-la-Madeleine–CSN), Patricia Rivest (Conseil central Lanaudière–CSN), Louis-André Boulay (Conseil central Montérégie–CSN), Daniel Baril (Conseil central Outaouais–CSN), Louis Hamel (Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches–CSN), Monic Perron (Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN), Emmanuelle-Cynthia Foisy (CSN-Construction), Alexandre Giguère (FC–CSN), Jean-Pierre Bourgault (FEESP–CSN), Michel Tétreault (FIM–CSN), Pierre Roger (FNC–CSN), Léandre Lapointe (FNEEQ–CSN), Yvan Duceppe (FP–CSN), Nadine Lambert (FSSS–CSN), François Gagnon (L’OR–CSN), Céline Charbonneau (Marraine), Jean-Claude Gagnier (STT–CSN)

Les familles de Leucan tiennent à remercier tous ceux qui participent de près ou de loin à cette grande campagne provinciale de financement. Soyez assuré que vous faites une réelle différence. Comme on le dirait au camp….

« C’estttttt un M, un E, un R. C’est un C avec un I.  Rassembler tou-tes ces let-tres, vous y trouverez, MERCI MERCI MERCI! »

Un palmarès pernicieux et néfaste pour l’enseignement supérieur

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) dénonce fortement le classement des cégeps publié dans les journaux de Québecor. « Nous n’en reconnaissons ni l’utilité ni les fondements et encore moins les résultats. Cette initiative repose sur un principe de compétition malsaine qui pervertit la mission première de ces établissements d’enseignement supérieur. Les cégeps ne sont pas des produits de consommation dont on peut mesurer la valeur marchande et, à l’heure où certains d’entre eux se livrent une farouche concurrence pour attirer une “clientèle” internationale, ce palmarès ne peut que nuire à l’ensemble du milieu collégial », affirme Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ.

Quels que soient les critères sur lesquels est basée cette classification, il est difficile de croire qu’ils peuvent refléter la complexité et la multiplicité des enjeux en éducation supérieure. Le Collège de Rosemont ou le Collège Dawson n’accueillent pas des étudiantes et des étudiants ayant le même profil sociodémographique, et ne sont pas confrontés aux mêmes défis que le cégep d’Alma ou de Sherbrooke, par exemple.

L’absence de palmarès ne signifie pas que les cégeps sont laissés à eux-mêmes. Des mécanismes continus d’évaluation et de veille sont déjà déployés. Que ce soit lors des assemblées des départements, du conseil d’administration ou de la Commission des études, le personnel enseignant et les autres membres de la communauté jouent un rôle actif dans l’analyse, mais aussi dans l’ajustement et l’amélioration des différents programmes. La formation collégiale est sanctionnée par un diplôme national et la FNEEQ tient à rappeler le principe fondamental qu’un DEC c’est un DEC partout au Québec.

La force des cégeps repose sur la collégialité, un concept cher aux enseignantes et aux enseignants, car c’est la gouvernance collégiale qui les distingue, entre autres, de l’entreprise privée. C’est aussi cette collégialité, à tous les niveaux, qui assure que celles et ceux qui sont en première ligne dans un établissement s’avèrent aussi les mieux placés pour répondre aux besoins de formation très diversifiés de la population étudiante.

« La qualité de nos cégeps se voit surtout attestée par les compétences et la qualité des diplômées et diplômés qu’ils forment, ce qui ne semble pas faire de doute étant donné leur contribution importante à la société québécoise », souligne Yves de Repentigny, vice-président et responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

La revue L’Actualité a renoncé depuis 2008 à son fameux palmarès des écoles, fortement critiqué pour ses effets néfastes. Personne ne s’en porte plus mal. Devant l’impossibilité de classer les cégeps, Québecor gagnerait en crédibilité s’il suivait la même voie.

À la croisée des chemins

Colabor et Metro–Newton : deux centres de distribution alimentaire de la région de Québec, deux réalités différentes, mais des défis de main-d’œuvre communs.

Chez Metro–Newton, le travail de préparateur de commandes est très exigeant physiquement et les problèmes de dos sont légion. « Les employé-es attitrés à ce poste doivent soulever près de 4000 livres par jour. C’est l’équivalent d’une voiture ! », illustre Luc Lafond, président du syndicat. La marchandise qui y entre est livrée en totalité dans les épiceries des bannières Metro.

Colabor, pour sa part, dessert les restaurants ainsi que les cafétérias de ministères et d’organismes gouvernementaux ; les besoins de livraison de cette clientèle se déclinent en petites et en moyennes quantités, tout en étant très diversifiés. Les employé-es doivent exécuter plusieurs allers-retours dans l’entrepôt afin d’assembler ces multiples commandes. Contrairement à Metro–Newton, qui ne livre que des produits secs, le travail chez Colabor se fait en partie dans des environnements réfrigérés et frigorifiés. « Les jeunes trouvent difficiles les horaires de soir ou de nuit, à des températures qui peuvent descendre jusqu’à -28 °C », explique le président du syndicat, André Boisvert.

Dans l’ensemble des centres de distribution, le port du casque d’écoute, qui dicte les tâches à exécuter ainsi que la cadence de travail, n’aide certainement pas au moral des troupes.

Horaires et salaires : le nerf de la guerre
La rudesse du travail n’est pas étrangère aux problèmes de recrutement et de rétention dans les centres de distribution. Or, d’autres causes, dont les horaires et les salaires, constituent également des enjeux cruciaux. « Aucun salarié-e n’a envie de rentrer souper après son quart de travail le dimanche et de se faire rappeler à minuit pour un remplacement », explique Luc Lafond. L’employeur tente d’arrêter cette pratique. De concert avec le syndicat, il a mis en place des mécanismes pour mieux planifier le travail des employé-es sur appel. Mais il faut plus.

André Boisvert croit que l’horaire de quatre jours sera à l’ordre du jour de la prochaine négociation. « Les gens aiment donner un coup pour bénéficier de trois jours de congé. »

Chez Colabor, les échelons salariaux ont été révisés en cours de convention ; un comité a été formé du côté de Metro–Newton pour se pencher aussi sur la question ; mais du travail reste à faire dans les deux cas pour bonifier le salaire à l’embauche, qui a à peine bougé depuis 25 ans et qui gravite autour de 15 $ l’heure. « Même si au sommet de l’échelle, le revenu se rapproche de 30 $ l’heure incluant les primes, il manque des bonbons lors du recrutement, et l’employeur n’aura pas le choix d’y voir », souligne Luc Lafond.

Zoom arrière sur le secteur
Face à Sysco et à Garden Food Service, ses deux plus proches concurrents, l’entreprise Colabor doit tirer son épingle du jeu. Et ça joue dur. Elle a récemment fermé deux centres de distribution en Ontario et perdu de gros clients. Était-ce faute de personnel pour répondre à leurs besoins exigeants ? L’histoire ne le dit pas, mais on sait que le taux de chômage de la région de Québec est très bas et que la rareté de main-d’œuvre y est encore plus criante qu’ailleurs.

De son côté, Metro fait face à deux acteurs importants qui ont aussi pignon sur rue au Québec : Loblaw et Sobeys. Costco s’en tire pour sa part plutôt bien dans son créneau, tandis que le dernier venu en alimentation, Walmart, a considérablement fait reculer les marges de profit dans le secteur. Et il ne faudrait pas oublier le commerce en ligne, qui prend de l’ampleur. Un joueur comme le Marché Goodfood tâte déjà ce terrain… L’avenir annonce-t-il certaines fusions ou acquisitions qui changeront le portrait du secteur ?

Vice-président à la Fédération du commerce–CSN, Alexandre Giguère est bien conscient que les centres de distribution seront tôt ou tard appelés à se réinventer. « Déjà, dans les épiceries, la prise de commandes en ligne et les caisses en libre-service ont fait leur entrée, souligne-t-il. À certains endroits, les clients disposent même d’un scanneur pour étiqueter en temps réel les produits qu’ils déposent dans leur panier. Une chose est sûre : de nouvelles façons de faire l’épicerie auront un impact majeur sur toutes les parties prenantes de la distribution alimentaire au Québec. »


Et les camionneurs ?
Bien des camionneurs préfèrent la longue route à la ville, puisqu’ils évitent les embouteillages en milieu urbain. Plusieurs choisissent donc de travailler pour les grandes compagnies de transport, où le salaire est fort différent de celui des centres de distribution. Un camionneur chez Colabor, qui fait entre 12 et 15 arrêts dans sa journée, souvent dans la circulation, est payé environ 15 $ l’heure à l’embauche. Souvent, il est tenu de décharger lui-même la marchandise, à l’aide d’un diable qu’il doit manipuler l’hiver dans la neige. Dans un tel contexte, l’embauche de camionneurs par les centres de distribution devient ardue.

Ils se sont serré les coudes

Au terme d’une longue lutte et de huit semaines de grève, les employé-es d’Olymel Princeville ont voté, le 19 décembre dernier, en faveur de la recommandation de la conciliatrice nommée par le ministère du Travail. Parmi les gains obtenus, notons la hausse de la contribution de l’employeur au régime d’assurance collective, l’octroi d’un jour férié supplémentaire et une garantie bihebdomadaire d’heures de travail qui passera à 74 heures. La solidarité des syndiqué-es sur les piquets de grève de même que les actions de mobilisation auront conduit à des augmentations salariales de l’ordre de 8,03 % pour la première année. Celles-ci oscilleront entre 3 et 5 % les années subséquentes, pour un total de 3,05 $ l’heure sur cinq ans.

Grève générale illimitée à la Coop du Collège de Maisonneuve

Réunis en assemblée générale le 6 février dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Coop du Collège de Maisonneuve–CSN ont voté à l’unanimité en faveur d’un mandat de grève générale illimitée après avoir rejeté l’offre globale qualifiée de « finale » par l’employeur, du jamais vu à la Coop du cégep Maisonneuve.

« Ce que tente de nous imposer l’employeur, c’est ni plus ni moins qu’un retour en arrière, avec des demandes de recul à tous les niveaux. C’est absolument inacceptable!, a déclaré le président du syndicat, Jean-Sébastien Provencher. En déclenchant la grève générale illimitée, notre message à la partie patronale est sans équivoque : pas question de négocier sur des bases régressives, que ce soit sur le plan de nos conditions de travail que sur celui de notre salaire! »

Négociation : deux visions qui s’opposent
Alors que le syndicat défend le modèle de gestion collaborative qui a prévalu pendant de nombreuses années à la Coop, la partie patronale prône plutôt une gestion verticale de la Coop, où l’employeur dicte unilatéralement la marche à suivre à ses employé-es. « En tentant de renverser le modèle de cogestion qui a longtemps fait ses preuves à la Coop du Collège de Maisonneuve, l’employeur ne fait que creuser l’écart qui s’était créé entre les parties lors de la dernière négociation en 2017. Plutôt que de s’entêter à imposer un cadre autoritaire à la Coop, celui-ci devrait plutôt revenir aux valeurs qui animent normalement les entreprises coopératives, telles que l’équité, la solidarité et la démocratie », a affirmé Alexandre Giguère, vice-président de la Fédération du commerce de la CSN.

Menace de fermeture du café étudiant
Lors de la dernière séance de négociation, l’employeur a menacé de fermer le café étudiant du Collège, géré par la Coop, où travaille plus de la moitié des quelque 30 membres du syndicat. Ce n’est pas la première fois que l’employeur menace de mettre la clé sous la porte en évoquant le café étudiant. Mais de l’avis de la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault, cette tactique s’apparente davantage à une méthode d’intimidation pour décourager les grévistes. « Face à l’attitude générale de l’employeur depuis le début de la négociation, on est en droit de se demander si la partie patronale n’essaie pas de faire peur à ses employé-es en brandissant la menace de fermeture du café étudiant. Dans tous les cas, le Conseil central du Montréal métropolitain demeurera aux côtés des employé-es de la Coop pour mener la lutte jusqu’au bout afin que l’ensemble des travailleuses et travailleurs puissent obtenir une convention collective juste, respectueuse et avantageuse, à la hauteur de ce qu’ils et elles méritent ».

Même si d’importants écueils subsistent à la table de négociation, le syndicat a réitéré son ouverture à discuter avec l’employeur pour que soient trouvées des solutions satisfaisantes pour toutes et tous. Deux dates de négociation sont d’ailleurs prévues en février.