Une campagne de la CSN pour déprivatiser, décentraliser et démocratiser la santé et les services sociaux.

Le statu quo n’est plus une option

Intro
Actualités
Problèmes / Solutions
Solutions vraiment publiques
F.A.Q.
Contact
Plus d'info

Nous le savons toutes et tous, les dernières années ont été très difficiles pour le réseau public de la santé et des services sociaux. Les partis politiques qui se sont succédé à la tête de l’État québécois ont multiplié les réformes dans le réseau, le centralisant et le privatisant toujours davantage, et ce, sans investir les sommes nécessaires pour en assurer le bon fonctionnement. On voit aujourd’hui le résultat : les urgences des hôpitaux débordent, les listes d’attente ne cessent d’allonger, que ce soit pour obtenir un médecin de famille, des services de soutien à domicile, une place en hébergement, etc. L’accès à une ressource professionnelle en santé mentale relève d’un miracle, tout comme les services d’orthophonie et d’ergothérapie pour enfants, et bien d’autres. La pandémie de la Covid-19 n’a fait que mettre en lumière les grandes lacunes du réseau auxquelles on doit s’attaquer d’urgence pour le bien-être et la santé de la population. Le réseau craque de partout et le dévouement du personnel ne suffit plus. Il faut faire des changements, et vite. Il y a au moins un consensus là-dessus, le statu quo n’est pas une option viable. 

Plus de privé en santé, une mauvaise solution

Pour certains, la réponse aux problèmes actuels du réseau public se trouve dans l’augmentation de l’offre de services privés qui viendrait «sauver» la situation désastreuse actuelle. On nous invite à «additionner» la «contribution» du privé à celle du public.

Pourtant, ça fait 40 ans que, de crise en crise, on recourt au privé en guise de solutions aux problèmes du secteur de la santé et des services sociaux… Si bien qu’en 2022, le secteur privé y est plus présent au Québec que presque partout ailleurs dans les pays comparables selon les statistiques de l’OCDE ! Et à ce que l’on voit, cela n’a rien réglé du tout. Loin d’être une addition aux ressources publiques, force est de constater que le résultat apparaît beaucoup plus comme étant une soustraction à ces ressources. 

profits

Dernières nouvelles

L’avenir du réseau public nous concerne toutes et tous !

Le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, rencontrait ce matin des représentantes des Médecins québécois pour le régime public (MQRP) en compagnie des présidences de la FSSS–CSN, de la FP–CSN et du Conseil central du Montréal métropolitain, Réjean Leclerc, Danny Roy et Dominique Daigneault, pour échanger sur nos visions respectives en santé et services sociaux. […]
Lire plus

Oui, il faut décentraliser, pour vrai

Le gouvernement de la CAQ prépare une profonde transformation en santé et services sociaux. L’actualité nous démontre chaque jour que le statu quo est intenable. L’ensemble de la population souhaite que ce gouvernement réussisse à soigner ce système dont nous avons déjà été si fiers, collectivement. L’une des clés de la réussite sera sans aucun […]
Lire plus

Soins aux aîné-es : une priorité pour la CSN

Hier, la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps, le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr et le président de la FP–CSN, Danny Roy, ont rencontré la ministre déléguée à la Santé et aux Aînés, Sonia Bélanger. La CSN prône de nombreuses améliorations dans les soins et services aux aîné-es, notamment en ce qui a trait […]
Lire plus

Pour un réseau Vraiment public

  Déprivatiser, décentraliser, démocratiser le système de santé et de services sociaux pour remettre le réseau public sur ses rails. C’est ce que propose la CSN. La Confédération des syndicats nationaux dévoile aujourd’hui une nouvelle campagne d’action et d’information visant à contrer la privatisation du réseau et à mettre en lumière une foule de solutions […]
Lire plus

Le bien commun comme boussole

La présidente de la CSN, Caroline Senneville, rencontrait hier le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, au moment où le réseau public a besoin de nouvelles idées et de réinvestissement substantiel. Accompagnée du président de la Fédération de la santé et des services publics (FSSS–CSN), Réjean Leclerc, et du président de […]
Lire plus

Le gouvernement fait fi des solutions publiques à portée de main

Pour la Confédération des syndicats nationaux, les mesures annoncées aujourd’hui par le gouvernement pour répondre à l’engorgement des établissements de santé et de services sociaux n’ont rien de neuf. La CSN appelle à des changements en profondeur pour assurer la pérennité du réseau. Cela passe par des services 100% publics. « Les annonces faites aujourd’hui ne […]
Lire plus

Santé et services sociaux : les solutions résident dans un réseau public fort

La CSN invite le ministre de la Santé, Christian Dubé, celui des Services sociaux, Lionel Carmant, tous deux nouvellement reconduits dans leurs fonctions, et plus largement le gouvernement de la CAQ, à faire preuve d’écoute et d’ouverture à l’égard des travailleuses et des travailleurs, qui proposent de multiples pistes de solutions afin de corriger les […]
Lire plus

La CSN prête à travailler dans une vision commune

Hier, de hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministre Dubé rencontraient différents acteurs du réseau, dont les représentantes et représentants des organisations syndicales, pour présenter les mesures du Plan santé qui guident le ministre dans ses projets de réforme du réseau public. D’autres rencontres de discussions sont […]
Lire plus

Avoir le courage d’un réseau de la santé au service du bien commun

Le bilan des 20 ans du modèle des groupes de médecine familiale publié par l’IRIS nous apprend notamment que malgré un financement conséquent, les GMF ont échoué à améliorer l’accès aux services de première ligne en santé. La FSSS demande au gouvernement Legault et aux médecins d’avoir le courage de remettre le bien commun au […]
Lire plus

Faire du réseau un employeur de choix ? Oui et ça presse !

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) accueille avec ouverture le plan présenté mardi par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, tout en demeurant sceptique sur certaines orientations. La CSN y retrouve de nombreuses pistes de solution qu’elle met de l’avant depuis plusieurs années. L’intention du gouvernement de faire plus de […]
Lire plus

LE PRIVÉ EN SANTÉ
PROBLÈMES ET SOLUTIONS

Problème

Une première ligne médicale et psychosociale presque entièrement privée au Québec, composée de cliniques médicales et de GMF privés, peu accessibles et qui appartiennent à des médecins entrepreneurs.

Solution

Et si à la place des cliniques médicales et des GMF fermés les soirs et les fins de semaine, on créait, partout au Québec, une première ligne reposant sur des CLSC ouverts en tout temps ? Chacun pourrait ainsi trouver l’accès aux soins et aux services dont il a besoin pour lui-même, pour ses enfants ou pour ses parents. 

Problème

Des médecins ayant le statut d’entrepreneur indépendant et ayant la possibilité de s’incorporer.

Solution

Et si les médecins étaient réellement intégrés au système public, et que leur statut et leur mode de rémunération faisaient en sorte qu’on puisse collectivement bénéficier de leurs services en fonction de nos priorités et de nos besoins ?

Problème

La prise en charge des chirurgies les plus simples par des cliniques privées, en laissant les cas les plus complexes et coûteux au public.

Solution

Et si, au lieu de financer les profits d’entreprises privées, on investissait plutôt dans nos hôpitaux pour que les chirurgies les plus urgentes puissent être effectuées à temps ?

Problème

Des services d’hébergement en soins de longue durée qu’il faut souvent aller chercher dans le privé, avec des soins à payer « à la carte », au profit de grandes entreprises commerciales.

Solution

Et si les places en hébergement dans le public étaient assez nombreuses ? Si on rapatriait les établissements privés dans le réseau public ? Au lieu de devoir payer des soins et des services à la carte dans les résidences pour personnes âgées, les équipes de soutien à domicile des CLSC pourraient offrir gratuitement les soins et les services dans ces milieux.

Problème

Des soins et des services à domicile dispensés par une multitude d’organismes, sans stabilité ni point d’ancrage pour les usagers.

Solution

Et si, enfin, nous prenions le virage du maintien à domicile ? Avec des soins et des services qui incluraient des services médicaux en quantité suffisante, chacun pourrait être soigné à la maison, là où c’est le moins dispendieux !

Problème

Des services comme la buanderie, l’approvisionnement et les services alimentaires centralisés, privatisés et très peu efficaces pour répondre aux besoins spécifiques des établissements.

Solution

Et si, au lieu de confier des contrats à de grandes entreprises commerciales, chaque établissement disposait de services de proximité, par exemple d’un service alimentaire maison ?

Problème

Des agences de main-d’œuvre indépendantes qui font des affaires en or tout en empirant les pénuries de personnel dans le secteur public.

Solution

Et si on se débarrassait une fois pour toutes de ces agences, dont les effets néfastes sur le réseau sont si importants ?

Problème

Des contrat en sous-traitance concernant la maintenance et l’entretien ainsi que les services informatiques qui nous placent dans une dangereuse position de dépendance.

Solution

Et si au lieu de payer cher l’expertise d’entreprise privée, on misait sur une expertise publique bénéficiant à l’ensemble de la population ?

Problème

Des services professionnels à deux vitesses, avec de longues listes d’attente au public et des délais plus adéquats pour celles et ceux qui ont les moyens de se retourner vers le secteur privé.

Solution

Et si l’on avait accès à des services de psychologie, d’adaptation et réadaptation, sans avoir à payer ou à prendre une assurance privée ?

Et si au lieu d’additionner le privé au public, la solution était de s’en soustraire ? Et de miser, une fois pour toutes, complètement et résolument sur le public. Vraiment !

Privé ou public
le nombre total d’employé-es reste le même

Peu importe si le soin ou le service est donné par le secteur privé ou par le secteur public, le nombre total de médecins, d’infirmières, de préposé-es aux bénéficiaires, de techniciennes ou de techniciens en laboratoire, d’agentes ou d’agents administratifs, etc., reste le même. Du nouveau personnel n’apparaîtra pas par magie, alors que nous sommes en pleine pénurie de main-d’œuvre. Le privé n’améliorera donc pas l’accès aux services en général. Au contraire, le privé draine les précieuses ressources du public pour donner des services. Mais est-ce que ce sont de ces services dont on a le plus besoin ? Ces ressources ne seraient-elles pas plus utiles pour faire fonctionner nos urgences, nos hôpitaux, nos CLSC et nos CHSLD ? Pourquoi laisser le privé décider ainsi de nos priorités ?  

L’une des causes principales de la pénurie de personnel actuelle est justement l’existence d’un système de santé parallèle, mais privé. Comme le privé décide de ses heures d’ouverture, comme il ne fait que des opérations simples, sans prise en charge complexe et comme il réalise de gros profits, il peut offrir des conditions de travail parfois plus attrayantes que ce qui est offert dans le secteur public. Cela provoque un exode des travailleuses et des travailleurs du public vers le privé, réduisant encore davantage l’accessibilité aux services au public. D’un autre côté, force est de constater que dans certains emplois, par exemple dans les centres d’hébergement privé, des travailleuses et des travailleurs sont exploités. Pourtant, ces établissements sont très lucratifs pour les grandes entreprises de cette industrie. Il est inacceptable que des préposées aux bénéficiaires, pour ne nommer qu’elles, doivent se battre pour obtenir un taux de salaire à peine plus élevé que le salaire minimum, et ce, afin de prendre soin de résidentes et de résidents qui paient leur place plusieurs milliers de dollars chaque mois. 

Il faut aussi rappeler que cela coûte beaucoup plus cher à l’État québécois de faire appel au secteur privé, alors que la qualité des soins n’est pas pour autant garantie. Plus le secteur privé est présent en santé, plus il faut prendre le temps de mesurer et de comptabiliser ce que l’on fait, ceci pour facturer ou pour juger de l’admissibilité au traitement privé. Et puisque les soins sont donnés par des personnes et que nous manquons de ressources, plus nous privatisons, moins nous offrons de soins. a

Pourquoi accepter qu’on fasse des affaires avec la santé des gens ? Pourquoi accepter qu’on fasse dans le privé, à plus grand frais, ce qu’on peut aussi bien faire dans le public, en gardant le contrôle sur ce qu’on veut prioriser et sur la qualité qu’on souhaite garantir à chaque usager ?

nouvelle offensive de privatisation

Nous verrons dans les prochaines années de nouvelles offensives majeures pour mettre sur pied encore plus de privé en santé. Entre autres, la CAQ fraîchement réélue entend introduire des mini-hôpitaux privés. Une fois que les appels d’offres seront octroyés, il n’y aura plus de retour en arrière possible : les compagnies vont s’en mettre plein les poches. Soyons clairs. Même si c’est encore « l’assurance maladie qui paie », cela reste un problème, parce que les mêmes services coûtent beaucoup plus cher au privé qu’au public. Ces sommes seraient mieux investies pour renforcer nos établissements publics, au bénéfice de toute la population. 

D’autres voix proposent d’ouvrir la porte encore plus grande au financement privé de la santé et des services sociaux, en d’autres mots, elles suggèrent que les citoyennes et les citoyens paient de leur poche ou par le biais de leur assurance privée les soins et les services dont ils ont besoin. Pourtant, il est connu qu’en procédant de la sorte, nous nous retrouverions dans un système de santé à l’américaine, système parmi les plus chers et les moins efficaces de l’OCDE. Il n’y a rien à gagner à confier à de grandes compagnies d’assurance un rôle accru dans le financement de la santé. Et une fois le financement de la santé privatisé, il serait difficile, voire impossible, de revenir en arrière.

Il faut déconstruire les préjugés à l’encontre du secteur public et lutter contre des « faits alternatifs », par exemple : « Le Québec est le seul pays où y’a pas de privé à part Cuba et la Corée du Nord. » C’est totalement faux. 

Notre force, notre clé, c’est notre nombre, militantes et militants syndicaux. Prochainement, dans les médias comme dans nos assemblées, dans les salles de repos comme à la partie de hockey, partout, nous aurons l’occasion d’agir pour défendre nos services publics en santé et en services sociaux. Nous avons des solutions à proposer. Des solutions publiques, concrètes, réalistes et pérennes.

Vraiment public, c’est une campagne de la CSN pour un réseau public, décentralisé et démocratisé. Ce site vise à outiller l’ensemble des travailleuses et des travailleurs et plus largement les citoyennes et les citoyens afin de les inciter à prendre la parole pour faire valoir la nécessité d’un réseau public fort.  

Dans notre section Des mythes à déconstruire, vous trouverez une réponse pour votre « privatiseur en herbes préféré ». 

Des solutions VRAIMENT publiques
Déprivatiser, décentraliser, démocratiser

Puisque nous représentons des salarié-es de tous les titres d’emplois dans tous les types d’établissement du réseau public de la santé et des services sociaux ainsi que des travailleuses et travailleurs d’organismes privés, publics et parapublics qui font partie du système, nous travaillons à la recherche de solutions concrètes et réalistes qui émanent de celles et de ceux qui offrent les soins et les services au quotidien.

Voici quelques pistes de solutions :

Investir dans le soutien à domicile (SAD)

Le Québec investit moins dans le soutien à domicile que les autres provinces au Canada et beaucoup moins que les pays auxquels nous pouvons nous comparer économiquement. Les soins et les services à domicile permettent aux citoyennes et aux citoyens de vivre plus longtemps dans leur domicile, ce qui est non seulement souhaitable pour leur qualité de vie, mais aussi moins coûteux que l’hébergement dans un établissement. Le soutien à domicile permet davantage d’agir en prévention. C’est aussi un bon moyen de désengorger nos urgences.

Les CLSC comme porte d’entrée

Dès le départ, les médecins ont boudé le modèle des équipes multidisciplinaires des CLSC. Depuis 20 ans, c’est le modèle des cliniques privées qui a été privilégié avec les GMF pour tenter de corriger les problèmes d’accès aux services de première ligne, notamment à un médecin de famille. Les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Pourtant, les CLSC sont déjà présents partout sur le territoire. Pour la CSN, c’est en misant sur des équipes multidisciplinaires incluant des médecins, au sein des CLSC, ouverts et accessibles 7 jours sur 7, que l’on faciliterait l’accès des citoyennes et des citoyens à la bonne ressource sociale ou médicale, au bon moment. Ainsi nous contribuerions à réduire la pression sur les urgences des hôpitaux. Les CLSC travaillent avec la communauté et agissent sur les déterminants sociaux de santé en ayant une vision globale plutôt qu’une vision strictement médicale de la santé. En misant sur les CLSC, on pourrait donc agir efficacement en prévention.

Les CLSC comme agents de planification et de concertation locale

Les CLSC pourraient aussi servir d’agents de concertation avec les acteurs impliqués en santé et en services sociaux, mais aussi avec les milieux de garde, les établissements d’enseignement, le milieu communautaire, les instances municipales. Ainsi, ils pourraient mieux planifier les soins et les services en tenant compte des réalités locales et en favorisant l’action sur les déterminants de la santé (logement, revenus, éducation, etc.). Pour agir efficacement, il faut briser les silos et miser sur la cohésion entre les acteurs locaux.

Intégrer les centres d’hébergement privés au secteur public

Malgré les sommes fort importantes qu’ils exigent de leur clientèle, les centres d’hébergement privés offrent des conditions de travail très difficiles et bien souvent, des salaires à peine plus élevés que le salaire minimum. Durant la pandémie, l’État a dû voler au secours des personnes qui y étaient hébergées, notamment en versant des subventions salariales à ces entreprises pour qu’elles puissent retenir leurs salarié-es.

Intégrer le personnel qui assure les soins et les services dans les résidences privées pour personnes âgées aux équipes de soutien à domicile des CLSC

Le personnel qui assure les soins et les services dans les résidences privées pour personnes âgées réalise un travail remarquable qui n’est pas reconnu à sa juste valeur. Ces personnes devraient être intégrées aux équipes de soutien à domicile du secteur public, et les soins et services devraient être gratuits pour les usagers de ces résidences.

Soutenir les ressources intermédiaires et de type familial

Ces ressources jouent un rôle clé dans le maintien et l’intégration, au sein des communautés, de personnes ayant une variété de besoins. Ces ressources ont besoin de plus d’aide de la part des établissements de santé, notamment pour bénéficier de périodes de répit et pour avoir accès à des personnes remplaçantes. Elles nécessitent également des moyens pour assurer une meilleure santé et une meilleure sécurité dans les milieux. Il faut mieux reconnaître ces ressources qui contribuent positivement au système public.

Renforcer le secteur préhospitalier

Le secteur préhospitalier québécois joue aussi un rôle majeur dans le système de santé au Québec. Il doit être renforcé. Les soins avancés d’urgence doivent notamment être déployés partout, sans délai. Aussi, les effectifs doivent être accrus, tant en ce qui a trait aux paramédics qu’aux répondantes et aux répondants médicaux d’urgence (RMU).

Santé mentale

Il faut renforcer l’accès aux services en santé mentale, notamment pour faire davantage de prévention. Une récente étude indique même qu’une couverture universelle gratuite de la psychothérapie pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois coûterait près de quatre fois moins cher que l’inaction du gouvernement en santé mentale. Les solutions promues par les professionnel-les sur le terrain touchent beaucoup à l’organisation du travail. Entre autres, il faut miser sur le travail en équipe de multiples professions et donner davantage d’autonomie aux intervenantes et aux intervenants. La CSN propose que l’on nomme une personne ou une équipe pivot pour s’assurer que chaque patient qui consulte en santé mentale puisse être suivi pour l’ensemble de ses problèmes dans un court délai.

Soins et services à la jeunesse

La CSN appuie globalement les démarches du gouvernement pour mieux financer les soins et les services à la jeunesse et surtout son objectifs de placer dorénavant les intérêts des enfants au cœur de toutes les décisions. Devant l’urgence de la situation, le gouvernement a posé des gestes positifs et a ouvert un dialogue avec les organisations représentant le personnel, notamment dans les centres jeunesse. La CSN y participe activement. Pour nous, ce travail de concertation doit se poursuivre.

Mettre fin aux agences privées de placement de personnes

Le réseau public a recours à du personnel d’agences privées cinq fois plus aujourd’hui qu’il y a deux ans. Ce phénomène coûte très cher aux établissements. Or, ces agences apparaissent de plus en plus séduisantes aux yeux des travailleuses et des travailleurs. Voilà qui n’est pas sans aggraver les problèmes de main-d’œuvre des établissements publics

Ramener la main-d’œuvre dans le secteur public

Des milliers de travailleuses et de travailleurs formés pour œuvrer dans nos établissements publics ont choisi de quitter le réseau pour travailler ailleurs. Il faut retenir davantage les employé-es du réseau et convaincre la relève d’y faire carrière. Ce n’est pas seulement en agissant sur la rémunération que nous y parviendrons, mais en améliorant la qualité de vie au travail. Comment y arriver ? En éliminant notamment les heures supplémentaires obligatoires (TSO), en développant un sentiment d’appartenance, en assurant à toutes et à tous un environnement de travail sain et en valorisant les relations humaines et les différentes professions. Les professionnel-les sur le terrain doivent bénéficier de plus d’autonomie. Les travailleuses et travailleurs devraient également être consultés afin de trouver des solutions aux défis présents au sein des établissements.

Garder le personnel du réseau en santé

Au cours des années, un nombre de plus en plus élevé de travailleuses et de travailleurs de la santé ont été victimes d’un ennui de santé relié au travail. L’exposition du personnel à des facteurs de risques organisationnels et psychosociaux, tels la surcharge de travail ainsi que le manque de reconnaissance, d’autonomie et de soutien, n’est pas étrangère au nombre élevé de cas d’assurance salaire ou d’accidents de travail. Il faut assainir les milieux de travail de la santé et des services sociaux et protéger la santé et le bien-être du personnel de la santé. Du personnel en santé, c’est un réseau public en santé.

Mettre en place une démarche paritaire de planification de la main-d’œuvre

La mauvaise planification de la main-d’œuvre dans le réseau de la santé et des services sociaux n’est pas étrangère aux problèmes criants auxquels on fait face actuellement. Il faut revoir la planification de la main-d’œuvre, notamment en mettant en place des mécanismes paritaires et de concertation efficaces.

Agir sur les déterminants sociaux de la santé

L’objectif de notre système est d’assurer la bonne santé physique et mentale de la population. En ce sens, ce n’est pas qu’une question de nombre de lits d’hôpitaux occupés, de temps d’attente pour une chirurgie ou de nombre d’actes effectués dans une journée, mais aussi une question de bien-être. Les CLSC ont notamment cette mission large de voir à l’amélioration de l’état de santé général de la population. Les services sociaux et la prévention jouent ici un rôle névralgique. D’ailleurs, différentes analyses ont régulièrement démontré que c’est beaucoup plus rentable pour la société d’investir en prévention, allant même jusqu’à souligner que 6 $ dans les dépenses liées au curatif sont économisés pour chaque dollar dépensé en prévention. L’accès à l’éducation et à l’enseignement supérieur ainsi qu’à des services de garde éducatifs, la disponibilité à proximité d’aliments sains, la garantie d’un revenu décent et d’un logement convenable ou encore l’existence d’activités culturelles abordables sont tous des facteurs contribuant au niveau global de santé de la population.

Des services vraiment décentralisés

À l’issue des réformes des dernières années, le réseau se trouve aujourd’hui beaucoup trop centralisé. Il peut être facile de se perdre dans ce dédale administratif complexe. Les missions sociales, dont les services aux jeunes en difficulté, en santé mentale, en réadaptation ou en dépendance, devraient bénéficier de budgets qui leur sont spécialement alloués au lieu d’être à la remorque des décisions prises dans des mégas structures régionales au sein desquelles les grands centres hospitaliers et la sphère médicale ont tendance à aspirer les ressources. Une véritable décentralisation s’impose afin de favoriser un meilleur accès aux services.

Rétablir la démocratie

Les récentes réformes ont anéanti la plupart des espaces locaux et régionaux où les gens pouvaient se faire entendre, obtenir des informations cruciales sur l’offre et le déploiement de services dans leur région, poser des questions et obtenir des réponses. La transparence est de moins en moins au rendez-vous dans les CISSS et les CIUSSS, qui n’ont maintenant de comptes à rendre qu’aux seuls hauts fonctionnaires à Québec. Il faut regagner ces espaces démocratiques afin de s’assurer que le réseau réponde adéquatement aux besoins de la population. Les citoyennes et les citoyens devraient pouvoir se réapproprier leurs services de santé, puisque ce sont les premiers concernés, tout comme le personnel du réseau.

Réhumaniser les soins

Avec le temps, différents modèles de performance ont été imposés dans l’offre de soins. On parle entre autres des méthodes Lean et Toyota. À nos yeux, les soins de santé ne devraient pas être considérés comme de la production à la chaîne. Lorsque notre santé est attaquée, nous sommes fragiles et avons besoin d’encore plus de soutien et d’humanité. Les travailleuses et les travailleurs de la santé devraient pouvoir prendre le temps, avec chaque patient, de bien cerner les problématiques en cause et d’expliquer clairement les traitements ou les interventions à venir.

Miser sur l’autonomie professionnelle et sur l’expertise de chacun

Le personnel sur le terrain sait mieux que quiconque comment organiser son travail, au bénéfice des usagers. Il faut libérer l’autonomie professionnelle en cessant d’enfermer le personnel dans des carcans administratifs stricts, ce qui sert trop souvent à alimenter une bureaucratie devenue trop lourde. Les personnes malades ne sont pas des objets, il faut donner le temps et la liberté aux intervenantes et aux intervenants de s’ajuster aux besoins de chacun.

Foire aux questions
Des mythes à déconstruire

La crise sanitaire n’a-t-elle pas montré l’échec du système public ?

La COVID a durement frappé tous les systèmes de santé du monde et, bien entendu, celui du Québec aussi. Cela dit, plusieurs des difficultés qui sont rapidement apparues étaient liées à la place grandissante du privé dans notre système, qu’on pense seulement aux CHSLD privés et aux agences de placement de personnel.

Par ailleurs, l’insuffisance de la rémunération et les mauvaises conditions de travail dans de nombreux titres d’emploi du réseau, dont plusieurs se voient forcés de faire des heures supplémentaires obligatoires, ont favorisé l’épuisement du personnel. La centralisation excessive de tous les établissements dans des mégastructures opaques centrées autour des hôpitaux a également fait partie des problèmes en fragilisant notre réseau et en ralentissant ses capacités d’action. Ce sont là des situations pour lesquelles la CSN était à la recherche de solutions bien avant la crise sanitaire.

En fait, la COVID a surtout montré l’urgence de financer adéquatement nos services sociaux et les soins à domicile.

La crise n’a-t-elle pas montré l’échec du système public ?

La COVID a durement frappé tous les systèmes de santé du monde et, bien entendu, celui du Québec aussi. Cela dit, plusieurs des difficultés qui sont rapidement apparues étaient liées à la place grandissante du privé dans notre système, qu’on pense seulement aux CHSLD privés et aux agences de placement de personnel.

Par ailleurs, l’insuffisance de la rémunération et les mauvaises conditions de travail dans de nombreux titres d’emploi du réseau, dont plusieurs se voient forcés de faire des heures supplémentaires obligatoires, ont favorisé l’épuisement du personnel. La centralisation excessive de tous les établissements dans des mégastructures opaques centrées autour des hôpitaux a également fait partie des problèmes en fragilisant notre réseau et en ralentissant ses capacités d’action. Ce sont là des situations pour lesquelles la CSN était à la recherche de solutions bien avant la crise sanitaire.

En fait, la COVID a surtout montré l’urgence de financer adéquatement nos services sociaux et les soins à domicile.

On sait bien, la CSN préfère le statu quo

Rien n’est plus faux. La CSN est en mode solution. Il est vrai que nous nous sommes opposés aux précédentes réformes qui ont centralisé davantage le réseau et favorisé l’émergence des soins et des services privés. Cependant, la CSN n’a jamais nié les problèmes. Au contraire, elle a saisi chaque occasion pour mettre de l’avant des solutions qui fonctionnent, puisqu’elles émanent des personnes qui travaillent au quotidien dans le réseau. La CSN publiera deux documents importants au cours des prochains mois à cet égard.

On ne commencera pas à payer une thérapie à tout le monde…

Oui, la santé mentale doit être une priorité. C’est aussi une question de gros bon sens économique. Investir dans la santé mentale de la population, c’est prévenir de nombreux problèmes qui pourraient coûter bien plus cher collectivement et affecter directement notre qualité de vie. Nous n’avons qu’à penser aux nombreux arrêts de travail que cela engendre. Une récente étude suggère même qu’une couverture universelle gratuite de la psychothérapie pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois coûterait près de quatre fois moins cher que l’inaction du gouvernement en santé mentale. Toute la population devrait avoir accès aux soins et aux services en santé mentale dont elle a besoin, au moment où ils en ont besoin.

Pourquoi la CSN insiste-t-elle tant sur le renforcement des soins à domicile ?

Pour nous, c’est l’une des clé importante pour solutionner bien des problèmes dans le réseau. Ces services sont sous-financés au Québec, et ce, depuis très longtemps. Pourtant, les soins à domicile coûtent beaucoup moins cher que l’hébergement en résidence. De plus, la plupart d’entre nous préfèrent pouvoir demeurer le plus longtemps possible à la maison. Notre immense retard dans ce domaine a pour conséquence d’envoyer des personnes qui pourraient habiter encore longtemps chez elles dans des centres d’hébergement déjà surchargés… tellement surchargés, en fait, que certaines doivent occuper un lit en centre hospitalier en attendant d’y avoir une place. C’est l’une des causes principales des débordements qu’on observe actuellement dans les hôpitaux, notamment dans les urgences.

Du privé, il y en a dans tous les autres pays riches. Pourquoi pas au Québec ?

Le secteur privé a toujours été présent dans nos services sociaux et nos services de santé. La place occupée par le secteur privé est d’ailleurs en croissance au Québec et au Canada. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) compare les États selon différents indicateurs. On y apprend que le Canada est l’un des pays riches où le secteur privé joue le plus grand rôle. Pas moins de 30 % des dépenses en santé et en services sociaux sont privées au Canada, une proportion plus élevée que la plupart des pays de l’OCDE.

Tant que c’est l’assurance maladie qui paie, qu’est-ce que ça change que ce soit au privé ?

Ce sont tous les citoyens et toutes les citoyennes qui financent l’assurance maladie, notamment par les taxes et les impôts que nous payons. Or, les services offerts dans le secteur privé coûtent plus cher, notamment parce qu’il faut garantir une marge de profit. Ces sommes supplémentaires devront être déboursées par l’État alors qu’il y a plein d’autres besoins à financer ailleurs en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en éducation, pour le logement, dans les services de garde éducatifs, etc. De plus, rien ne garantit que le gouvernement ne choisisse pas plus tard de se retirer du financement de ces services, devant des coûts qui exploseront. Les compagnies d’assurance collective, dont les frais sont assumés par les travailleuses et les travailleurs, prendront alors le relais. Il va sans dire que cela fera augmenter encore plus le coût des primes !

Le privé offre les mêmes services à moindre coûts

C’est complètement faux. De façon générale, les statistiques de l’OCDE démontrent au contraire que plus la place du privé est grande dans un système de santé, plus les coûts globaux sont élevés. Par exemple, aux États-Unis, où 51 % des dépenses sont privées, la santé accapare 16,8 % du PIB ou 13 590 $ par personne, comparativement à 10,8 % ou 6 666 $ par personne, au Canada.

Cela ne devrait pas nous surprendre, c’est logique. Les entreprises privées doivent réaliser des profits pour survivre. Plus il y a de joueurs sur le marché, plus les mécanismes de contrôle, de reddition de comptes et de coordination sont nombreux. Après tout, la santé n’est pas une marchandise comme les autres… En outre, plus le recours au privé est étendu, moins l’État n’a de leviers pour intervenir afin de limiter les coûts. Enfin, il est très difficile de comparer les coûts au privé par rapport à ceux du public, car le secteur public a pour mission d’assurer à tout le monde des services, parfois extrêmement coûteux et spécialisés, alors que les cliniques privées ne réalisent que des interventions ciblées et moins complexes dans des endroits réservés à cette activité.

Le secteur privé est plus efficace que le secteur public

Les comparaisons internationales de l’OCDE disent le contraire. Plus le secteur privé joue un grand rôle dans le système, plus le système lui-même coûte cher aux citoyennes et aux citoyens. Plus le secteur privé est présent en santé, plus il faut prendre le temps de mesurer et de comptabiliser ce que l’on fait, ceci pour traiter la facturation ou pour juger de l’admissibilité au traitement privé. En outre, les soins sont donnés par des personnes et nous manquons de ressources ; par conséquent, plus nous privatisons, moins nous offrons de soins.

Un établissement de santé et de services sociaux ne peut être comparé à une usine de boîtes à chaussures. Évaluer la performance du réseau en nombre d’actes comptabilisés serait évidemment une erreur. Ce qui compte, ce sont les résultats en ce qui a trait à la santé publique. Ici encore, les comparaisons internationales donnent l’avantage aux systèmes avec un secteur public robuste.

Avec le privé, j’attends moins longtemps pour avoir accès à un service

Naturellement, c’est vrai, mais pour les personnes qui en ont les moyens seulement. Avec le déplacement de personnel vers le privé, le temps d’attente au public en sera pour sa part rallongé. C’est ce qu’on appelle un système à deux vitesses, un pour les plus riches et un pour les autres.

Au privé, j’ai accès à des services de meilleure qualité

Quand nous réussissons à accéder aux soins et aux services publics en santé, la qualité est au rendez-vous. Sondage après sondage, les Québécoises et les Québécois le confirment : les problèmes du réseau ne concernent pas la qualité, mais bien l’accessibilité. Or, ce qui freine l’accessibilité, c’est la grande place qu’occupe le privé, notamment en première ligne et dans les soins de longue durée.

La perception de la qualité dans le privé provient souvent du fait qu’on nous montre des cliniques neuves, nouvellement aménagées, où seront réalisés des examens ou des opérations simples, en série. Or, on peut très bien, collectivement, faire le choix d’installer des équipes de travail publiques dans ces mêmes milieux, au lieu de soutenir des entreprises commerciales, avec pour résultat des services publics, entièrement au bénéfice du public.

Le privé améliore la performance du système de santé grâce à la concurrence et au libre choix

La mise en concurrence du public et du privé en santé et dans les services sociaux est une aberration. On ne peut comparer les coûts d’une procédure faite en milieu hospitalier public, où l’on doit fournir des soins et des services complexes, d’urgence et intensifs, avec les coûts d’une même procédure faite dans une entreprise qui se consacre àcette seule procédure, dans un environnement complètement adapté. Non seulement une telle approche est contreproductive, mais elle demande des énergies rien que pour construire des indicateurs de coûts et des mesures qui, finalement, ne servent à rien d’utile. Dans des conditions équivalentes, le public fera aussi bien, sinon mieux, et à moindres coûts.

Pour que toutes et tous aient un réel libre choix, il faut impérativement que les soins et les services requis par la population soient accessibles gratuitement et offerts dans le réseau public . Développer le choix d’obtenir un service dans le privé, c’est développer un service au détriment du public, ce qui en limite l’accès pour la population. Ce n’est pas une solution. Le meilleur choix, pour chacune et pour chacun, c’est le public.

Si je vais au privé, ça réduira l’attente des personnes qui doivent aller au public

Pas du tout. Les soins de santé et les services sociaux, ce sont d’abord et avant tout des travailleuses et des travailleurs qui donnent des services. Actuellement, il y a des pénuries dans toutes les catégories de personnel du réseau de la santé, des secrétaires médicales aux professionnel-les en soins. Les personnes qui travailleraient dans de nouveaux établissements privés proviendraient pour la plupart du réseau public, ce qui aggraverait la situation concernant la pénurie de personnel.

Au contraire, force est de constater que l’augmentation de la proportion du nombre de psychologues n’exerçant que dans le secteur privé a un impact catastrophique sur les listes d’attente du secteur public. De même, si des CLSC publics ouverts la semaine comme la fin de semaine jouaient pleinement leur rôle de porte d’entrée partout sur le territoire, avec des équipes multidisciplinaires incluant des médecins, les urgences des hôpitaux seraient moins surchargées, en particulier les soirs et les fins de semaine, lorsque les urgences privées sont pour la plupart fermées.

NOUS CONTACTER

Envoyez-nous les questions qu’on vous pose et pour lesquelles vous n’avez pas de réponse ; partagez vos réponses aux questions fréquemment posées par votre entourage. Aidez-nous à pulvériser les mythes du privé en santé.

Contactez-nous à l’aide de ce formulaire :