Accueil / Outils collectifs / Bâtirente
 

Bâtirente

S’occuper de nos affaires

Quand il lance officiellement le REÉR collectif Bâtirente en octobre 1987, le président de la CSN Gérald Larose donne le mode d’emploi. « La création de Bâtirente est une solution efficace pour les groupes de travailleurs syndiqués encore trop nombreux à ne pas bénéficier d’un accès facile et normal à un régime de retraite. »

À cette époque en effet, 42 % des syndicats du secteur privé n’avaient pas de régime de retraite. Moins de 30 pour cent des syndicats avaient un contrôle sur les régimes existants et au moins 40 pour cent des régimes en vigueur étaient insuffisants pour assurer une rente intéressante.

Bâtirente est venu combler un besoin criant si on en juge par sa progression constante. Les premiers dépôts ont été effectués en janvier 1988 et au congrès de juin, une somme de 800 000 dollars était inscrite à l’actif. En 1995, 16 000 travailleuses et travailleurs adhéraient à Bâtirente et avaient accumulé une épargne s’établissant à 70 millions de dollars. Et en mars 2000, ce même actif atteignait 144 millions de dollars et 18 900 personnes souscrivaient à Bâtirente. Si on ajoute à cela la partie de Fondaction qui lui a été confiée pour administration, c’est une somme de plus de 229 millions qui est sous la gestion de Bâtirente.

Un instrument unique

On considère que Bâtirente, après douze années d’activité, est devenu un instrument économique unique dans l’environnement syndical, et cela tant au Québec qu’au Canada. Unique, Bâtirente l’est surtout par son mode de gestion, entièrement sous le contrôle des travailleuses et des travailleurs membres de la CSN. Carmand Normand, gestionnaire de Addenda Capital, en témoigne : « Si tu confies des fonds à des tiers, sans en garder un véritable contrôle, tu transfères alors à d’autres ton pouvoir économique et, finalement, tu renonces à l’utiliser. La CSN a une philosophie contraire. Ses outils collectifs sont entièrement contrôlés par les travailleuses et les travailleurs. C’est le cas avec Bâtirente comme avec Fondaction. Et ça, ça permet au monde ordinaire de se bâtir un pouvoir économique. »

— Extrait de Portrait d’un mouvement