Démocratie et gouvernement – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Thu, 18 Jun 2026 20:19:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Démocratie et gouvernement – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Le départ du ministre Boulet ne coûtera pas cher en mouchoirs https://www.csn.qc.ca/actualites/le-depart-du-ministre-boulet-ne-coutera-pas-cher-en-mouchoirs/ Wed, 17 Jun 2026 16:51:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=118014 Déclaration de la présidente de la CSN, Caroline Senneville, à propos de Jean Boulet, le ministre du Travail, qui ne se représentera pas pour la CAQ.

« Je crois que je peux dire sans me tromper que l’annonce du départ du ministre Boulet ne coûtera pas cher en papiers-mouchoirs au sein du mouvement syndical. Rarement a-t-on connu un ministre afficher autant de mépris à l’égard des organisations syndicales et des millions de travailleuses et de travailleurs qu’elles représentent. On retiendra de son sinistre passage au conseil des ministres les pires reculs dans le Code du travail depuis son adoption dans les années 1960. Heureusement, son héritage législatif est d’ores et déjà largement contesté devant les Tribunaux et nous faisons le pari que plusieurs des lois antisyndicales qu’il aura contribué à faire adopter en cours de mandat ne passeront pas le test de la constitutionnalité.  »

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Le ministre Boulet abandonne des lockoutés https://www.csn.qc.ca/actualites/le-ministre-boulet-abandonne-des-lockoutes/ Tue, 16 Jun 2026 13:05:43 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117995 Béton Provincial utilise le lockout pour imposer plusieurs demandes de reculs dans les conditions de travail et un gel salarial sans avoir vraiment l’intention de faire
de compromis en négociation.

« On assiste à une utilisation abusive du lockout pour appauvrir les travailleuses et les travailleurs. Le ministre du Travail, Jean Boulet, doit intervenir pour éviter cet usage extrême d’un des outils du Code du travail. Il ne semble pas se préoccuper du sort des travailleuses et travailleurs », affirme
la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Rappelons que les syndiqué-es de Béton Provincial de Saint-Eustache sont en lockout depuis le 6 juin et ceux de Lasalle-Longueuil le sont depuis plus d’un an et demi. Dans les deux cas, on parle de nombreux reculs équivalents à des milliers de dollars annuellement et d’un gel salarial imposé par l’employeur pour les prochaines années. C’est pourtant une industrie qui se porte bien. En moyenne, le prix du béton a augmenté de 4 % chaque année, de 2015 à 2024 et plusieurs projets d’infrastructures importants sont planifiés pour les années à venir.

Faire face à l’inflation

« On prévoit des hausses salariales moyennes de 3 % en 2026 et de 3,3 % en 2025. Dans ce contexte, un recul est complètement inacceptable et crée un exemple dangereux. En plus, ça envoie un mauvais signal pour l’attractivité de ce secteur, alors que les chantiers du Québec en ont besoin », affirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

« La vie de nombreuses familles est bouleversée par une décision d’affaires aucunement justifiée. Est-ce vraiment ce qu’on veut pour les travailleuses et les travailleurs du Québec, une dégradation de leurs conditions », s’interroge la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

À propos

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble quelque 320 syndicats et plus de 25 000 travailleuses et travailleurs de toutes les régions du Québec, œuvrant dans sept principaux secteurs d’activité. Elle est très active sur le plan de la formation et de la prévention en santé et sécurité au travail. Fondée en 1921, la CSN regroupe 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs publics et privés, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

 

 

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L’IA pour tous: le gouvernement Carney a oublié les travailleuses et les travailleurs https://www.csn.qc.ca/actualites/lia-pour-tous-le-gouvernement-carney-a-oublie-les-travailleuses-et-les-travailleurs/ Wed, 10 Jun 2026 14:48:33 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117906 La nouvelle stratégie canadienne en intelligence artificielle (IA) se veut ambitieuse. Elle se saisit des enjeux de souveraineté numérique, d’autonomie technologique et de compétitivité internationale liés au développement, à l’implantation et à l’usage de l’IA.

Sur ces plans, elle marque des avancées réelles et mérite d’être saluée. Néanmoins, une politique nationale d’une telle portée devrait être élaborée avec les acteurs du milieu du travail. Ce qui n’a pas été fait adéquatement.

Effectivement, le processus de consultation spécifique au monde du travail a été pour le moins expéditif : une seule rencontre de deux heures, organisée fin avril, alors que la stratégie était pour ainsi dire déjà ficelée.

Cette absence de dialogue avec les acteurs du monde du travail n’est sans doute pas étrangère à certaines lacunes importantes de la stratégie. En restreignant ses actions à la technologie, la politique oblitère un volet fondamental : les travailleurs qui seront grandement touchés par ces transformations.

Silence

Pourtant, les effets de l’intelligence artificielle dans les milieux de travail sont déjà bien réels. Transformation des tâches, intensification du travail, modification des rapports hiérarchiques, disparition de certains postes — les conséquences sont profondes, s’accélèrent et seront d’autant plus importantes sur la jeune génération qui peine à trouver ses repères dans un marché de l’emploi en mutation rapide.

Et pourtant, rien, ou presque, n’est prévu pour encadrer ces changements. Aucun mécanisme clair pour protéger les travailleuses et travailleurs. Aucun réel levier pour leur permettre de participer aux décisions. Aucun plan structuré pour anticiper les chocs.

Partout ailleurs, les débats sur l’IA reconnaissent une évidence : ce sont les politiques publiques, les institutions et le dialogue social qui détermineront si l’IA est un progrès partagé… ou un facteur d’inégalités accrues. Le Canada ne peut pas prétendre être à l’avant-garde en laissant de côté ces enjeux.

Pendant qu’on parle d’emplois créés, on évite soigneusement de parler de ceux qui disparaîtront ou seront profondément transformés. Or, ces transformations doivent être anticipées, pas subies.

Avant de parler de requalification, encore faut-il protéger les emplois existants et adapter les milieux de travail de manière équitable. Ce qui est proposé actuellement — des parcours de formation généraux, déconnectés des réalités du terrain — est largement insuffisant. Former, oui. Mais former qui, comment, et à quel moment ?

Risques

La stratégie reste silencieuse sur des enjeux pourtant centraux : surveillance électronique intrusive, gestion algorithmique du personnel, décisions automatisées biaisées. Ces pratiques existent déjà.

Sans règles claires — transparence des algorithmes, supervision humaine, protection stricte des données — ces outils risquent de fragiliser les droits fondamentaux au travail.

On reconnaît que la consommation énergétique liée à l’IA explosera, mais rien n’est dit sur les façons de concilier cette réalité avec les engagements climatiques. Alors que les gouvernements du Québec et du Canada se lancent dans une réindustrialisation et que la décarbonation industrielle devrait demeurer une priorité, on évite de parler de la pénurie énergétique qui nous guette.

Si le Canada veut réellement développer une intelligence artificielle au service de la société, il doit cesser d’ignorer celles et ceux qui la feront vivre — et qui en subiront les effets. Sinon, cette transition deviendra un puissant moteur d’inégalités.

Les prochaines étapes de mise en œuvre de cette stratégie offrent une occasion de combler les lacunes de ce premier jalon. Les organisations syndicales sont disponibles et prêtes à s’engager pleinement dans cette démarche pour contribuer à bâtir une stratégie qui est réellement à la hauteur des défis qui nous attendent, pour les travailleurs et les travailleuses, et pour l’ensemble de la société canadienne.


Cosignataires :

Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

 

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La maison brûle en culture https://www.csn.qc.ca/actualites/la-maison-brule-en-culture/ Sat, 06 Jun 2026 11:00:02 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117651 Ce n’est pas une exagération. C’est un constat lucide. Une guerre culturelle se joue sous nos yeux, sans bombes, sans fracas, mais avec des conséquences irréversibles.

Pendant que les géants du Web, intimement liés au pouvoir américain, consolident leur emprise sur nos marchés, ils siphonnent notre écosystème culturel. Ils captent la richesse d’ici, contrôlent l’accès aux œuvres, dictent la visibilité et ne redonnent presque rien.

Et nous? Nous payons.

Pour éviter l’affrontement et surtout pour ne pas les froisser, le gouvernement canadien annonce 600 millions de dollars issus des impôts des contribuables. Ce « soutien à la culture » est une compensation essentielle, certes, mais aussi une indemnité versée par son incapacité à imposer des règles. Devant des choix difficiles, on sacrifie (encore) la culture.

C’est bien là le cœur du problème : la culture n’est pas une monnaie d’échange! Toute nation est en droit d’établir ses propres lois pour protéger sa culture et sa langue.

On nous assure, qu’à terme, le CRTC va réussir à établir ses règles et à exiger des redevances. Nous voulons le croire, mais les signaux sont contradictoires. Et le doute s’installe. Quelles garanties avons-nous?

Comme si cela ne suffisait pas, une autre vague avance à grande vitesse : l’intelligence artificielle. Rapide. Brutale.

Le gouvernement veut accélérer son adoption, développer des outils d’ici, positionner le Canada comme un leader. Très bien, mais à quel prix?

Dans cette stratégie, la culture est absente. Les artistes, les interprètes, les créateurs et les créatrices, pourtant parmi les premières victimes des dérives actuelles de l’IA, sont à peine nommés. On aborde la transparence, mais il reste que leurs œuvres sont utilisées sans autorisation et que leur travail est exploité sans rémunération.

Où sont les mécanismes de protection?

Où sont les règles pour encadrer le tout?

On parle de comités, de chantiers, de réflexion, mais sans engagements fermes. Comme si la culture pouvait attendre. Comme si elle pouvait encaisser. Elle ne le pourra pas. Elle ne le peut plus.

Arrêtons de dire que les grandes plateformes sont trop puissantes.

Arrêtons de prétendre que l’IA est incontrôlable.

Arrêtons le fatalisme.

D’autres pays imposent des règles. D’autres états se tiennent debout. Pourquoi pas nous?

Ce qui est en jeu dépasse notre secteur. C’est notre capacité commune à exister, à raconter nos histoires, à faire vivre la langue française dans un monde qui tend à tout uniformiser.

Une nation qui abandonne sa culture ne s’adapte pas : elle disparaît.

Nous appelons le gouvernement fédéral à faire preuve de courage.

À défendre pleinement la culture dans les faits, pas seulement dans les discours.

À faire respecter ses lois, sans compromis.

À intégrer la culture au cœur de toute stratégie sur l’intelligence artificielle.

À écouter le milieu, réellement, et à lui donner une place décisionnelle.

Il ne s’agit pas de résister au progrès. Il s’agit de refuser de disparaître.

Sinon, la suite est déjà écrite.

Et cette fois, il ne s’agira plus d’une image. Mais bien de la chronique d’une disparition annoncée.

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La souveraineté culturelle : un irritant ? https://www.csn.qc.ca/actualites/la-souverainete-culturelle-un-irritant/ Thu, 04 Jun 2026 21:24:31 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=117608 La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) s’inquiète grandement de la facilité avec laquelle l’actuel gouvernement fédéral brade les lois soutenant les secteurs de la production audiovisuelle, des médias et de la culture au moindre soupir soufflé à l’oreille de Donald Trump par les géants du web.

La FNCC–CSN soutient la position du ministre de la Culture du Québec, Mathieu Lacombe, sur l’obligation de légiférer rapidement et de structurer le secteur de l’audiovisuel afin d’en assurer la pérennité, dans un contexte où les intérêts économiques de ces multinationales ne semblent pas pouvoir être cadrés par la souveraineté des pays où elles se déploient.

« Des milliers d’emplois ont été perdus dans ces secteurs et des milliers d’autres en voie de se perdre », affirme la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette.
« Le pansement constitué d’un investissement de 600 millions de dollars annoncé par le ministre de l’Identité de la Culture canadiennes, Marc Miller, et payable par les contribuables ne saurait compenser l’érosion du milieu à long terme. Seules des politiques structurantes, pérennes avec une vision périphérique pourraient faire la différence et nous en sommes loin », s’inquiète-t-elle.

Le secteur attendait beaucoup de la Loi sur la diffusion continue en ligne pour baliser sa nouvelle réalité et permettre au Canada et au Québec de garder sa vitalité à se représenter créativement dans leurs valeurs, ses couleurs, sa spécificité en valorisant le travail de ses artistes et artisans.

« Déjà l’année dernière, sous les pressions états-uniennes, le gouvernement Carney avait abandonné la taxe sur les services numériques qui aurait généré un apport de près de 3 milliards et qui aurait pu être réinvestie dans nos milieux qui en ont grandement besoin. Et là, il renvoie le CRTC dans les câbles avec sa proposition d’une participation de 15 % de leurs revenus générés par les plateformes en ligne au Canada, participation modeste, mais combien légitime et nécessaire à la création de contenu canadien original. Au prétexte que ça irrite de l’autre côté de la frontière. On parle même de laisser tomber l’exigence actuelle de 5 %, d’ailleurs contestée devant les tribunaux », affirme Annick Charette.

Une règlementation déjà trop faible
Selon la fédération syndicale, la vision du CRTC de l’application de la Loi sur la diffusion continue est questionnable à bien des égards. Dans les faits, cette taxe de 15 % pour les diffuseurs en ligne en était la pièce de résistance. « La proposition du CRTC était par ailleurs si édentée qu’elle ne créait aucune contrainte de découvrabilité ni de reddition de comptes à ces mêmes diffuseurs », dénonce la présidente de la FNCC. « Prenons donc exemple sur l’Union européenne et affirmons notre droit et notre souveraineté ! »

À propos
La FNCC–CSN regroupe 6000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 350 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

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La polarisation au service du capitalisme https://www.csn.qc.ca/actualites/la-polarisation-au-service-du-capitalisme/ Wed, 27 May 2026 21:21:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=116793 Le comité confédéral sur les relations interculturelles a invité Emilie Nicolas – animatrice, conférencière et chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada – à échanger avec les congressistes lors d’un dîner-causerie consacré aux enjeux de l’immigration au Québec.

Avant d’entamer la discussion, Emilie Nicolas a campé le sujet en brossant un portrait historique du racisme au Québec et en Amérique du Nord. « Les discours nationalistes fermés ne viennent pas de nulle part. Ils ont toujours existé », soutient-elle. Elle a toutefois rappelé que des mouvements inclusifs ont toujours été présents, en évoquant notamment l’accueil des boat people vietnamiens dans les années 1970.

La polarisation mène vers l’effritement social et la perte de droits
Emilie Nicolas cite les États-Unis comme un contre-exemple. Selon elle, les politiciennes et politiciens de droite y ont réussi à convaincre une partie de l’électorat blanc, en s’appuyant sur des préjugés raciaux, qu’il valait mieux démanteler le filet social que de risquer de voir des personnes racisées en profiter. Elle lance un avertissement : cette logique commence à prendre forme ici à travers la volonté de réduire l’accès aux CPE pour les enfants des demandeurs d’asile, à l’aide au logement et à d’autres services.

Elle a soulevé un deuxième signal d’alarme : l’effritement des droits qui se dessine sous nos yeux. Dans les années 2010 et 2020, ce sont d’abord les minorités qui ont vu les leurs reculer. En 2025, affirme-t-elle, ce sont désormais les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont fragilisés par le gouvernement.

« C’est dommage qu’on n’ait pas écouté les femmes qui portent le hijab et les personnes trans », a-t-elle ajouté.

Une révolution à échelle humaine
Mme Nicolas invite aussi à prendre ses distances des médias sociaux. À ses yeux, ceux-ci alimentent une perte de souveraineté cognitive. La révolution, dit-elle, ne se fera pas sur les réseaux sociaux.

Elle mise plutôt sur le dialogue, estimant qu’en personne, le respect et l’écoute trouvent davantage leur place. « Plus on va se parler en personne, plus on va réaliser qu’on ne se déteste pas tant que ça. »

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Les stratégies commerciales de la SAQ : une menace pour les communautés https://www.csn.qc.ca/actualites/les-strategies-commerciales-de-la-saq-une-menace-pour-les-communautes/ Fri, 08 May 2026 14:58:22 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=115069 Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 8 mai 2026, le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN), l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et l’organisme Vivre en Ville ont partagé leurs préoccupations face à l’avenir de la Société des alcools du Québec (SAQ).

« L’avenir de la SAQ nous inquiète. Actuellement, nous assistons à la privatisation de la vente des produits de l’alcool qui est redirigée vers des commerces privés. Ces points de vente échappent à l’expertise en succursale et aux contrôles habituels obligatoires qui sont exigés à la SAQ. Des décisions importantes quant à l’avenir de la SAQ sont prises derrière des portes closes sans qu’il y ait eu de débat, pourtant réclamé, sur sa mission. Nous l’avons dit plus d’une fois : nous ne pouvons pas gérer la vente d’alcool comme celle de tous les autres produits à cause des trop nombreux impacts sociaux et de santé publique qui sont en jeu », précise le président du SEMB-SAQ–CSN, Martin Lachance.

« En tant que société d’État, la SAQ devrait assurer une responsabilité sociale. Chaque initiative qui augmente l’accessibilité et la vente d’alcool, que ce soit la livraison ultra-rapide, l’augmentation des points de vente ou les textos ciblés, devrait obligatoirement passer par une évaluation d’impact sur la santé. On ne peut pas, d’un côté, chercher à maximiser les ventes d’alcool et, de l’autre, prétendre ne pas inciter à la consommation. Une part significative des revenus de la SAQ doit être réinvestie pour prévenir et réduire les impacts, sinon c’est la société qui en paie le prix », estime la chargée de projet à l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), Laurence Ruel. 

« Le Québec s’est doté d’un encadrement pour le cannabis au nom de la santé publique, comment peut-il simultanément faciliter et promouvoir la consommation d’alcool ? Il y a là une incohérence fondamentale, sachant que l’alcool engendre globalement plus de conséquences négatives que le cannabis.  Le mandat de la société d’État devrait clairement inclure un rôle que le privé ne pourra jamais assurer, celui de préserver la santé de la population », ajoute la directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), Sandhia Vadlamudy.

« Il est grand temps que la SAQ se dote d’une politique de responsabilité territoriale. C’est ce qu’ont demandé au printemps dernier plusieurs mairesses et maires, les gens d’affaires concernés, une grande diversité d’organisations de la société civile et des milliers de signataires d’une pétition. Les trois formations d’opposition représentées à l’Assemblée nationale ont appuyé notre mouvement et nous continuons de tendre la main au gouvernement actuel. Dans tous les cas, nous souhaitons que la prochaine législature formée à l’automne aille de l’avant avec une politique de responsabilité territoriale pour la SAQ, au bénéfice des collectivités dans toutes les régions du Québec », conclut le directeur des affaires publiques et gouvernementales, Vivre en Ville, Samuel Pagé-Plouffe.

Des revendications communes

Pour faire face aux enjeux de santé de la SAQ elle-même, de santé publique, de santé économique et de santé communautaire, les quatre groupes présents à la conférence de presse revendiquent :

  • un moratoire sur les changements entrepris par la SAQ ;
  • des consultations publiques sur les changements à la SAQ ;
  • l’adoption d’une politique de responsabilité territoriale par la SAQ et ;
  • que le conseil d’administration et la haute direction de la SAQ soient imputables de leurs décisions.

À propos

Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec.

L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) regroupe citoyens et partenaires qui soutiennent le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être en priorisant la prévention. 

L’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ) favorise une approche holistique qui comprend à la fois la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et la réinsertion sociale dans une équation inclusive des personnes touchées par une dépendance et celles à risque de l’être.

Vivre en Ville ouvre la voie aux nécessaires transformations du territoire et de nos milieux de vie. Notre approche mise sur la sobriété, la proximité et le renforcement des solidarités pour soutenir l’épanouissement de tous et toutes, assurer la vitalité des collectivités, préserver la santé des écosystèmes et traverser les crises.

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Des organisations syndicales réclament un déploiement de l’IA responsable, fondé sur la transparence, l’encadrement et la formation https://www.csn.qc.ca/actualites/des-organisations-syndicales-reclament-un-deploiement-de-lia-responsable-fonde-sur-la-transparence-lencadrement-et-la-formation/ Wed, 06 May 2026 12:09:03 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=114814 À la suite de la publication du rapport de l’Observatoire international sur les impacts sociaux de l’intelligence artificielle et du numérique (OBVIA), plusieurs organisations syndicales – l’APTS, la CSQ, la CSN, la FIQ, la FTQ, le SCFP, le SFPQ, le SPGQ, ainsi que le Syndicat des Métallos et Unifor Québec – appellent à un encadrement plus rigoureux du déploiement de l’intelligence artificielle. Elles insistent sur l’importance d’une gouvernance transparente, de la participation active des travailleuses, des travailleurs et des personnes qui les représentent, de même que sur l’augmentation des investissements en formation et en développement des compétences.

Les résultats de l’enquête menée auprès de milliers de personnes syndiquées au Québec confirment ce que les organisations syndicales constatent sur le terrain : l’IA est déjà bien présente dans les milieux de travail, mais son implantation est rarement discutée avec le personnel et leurs représentantes et représentants. Les organisations syndicales rappellent qu’aucun déploiement technologique majeur ne peut être réalisé de façon responsable sans transparence à l’égard des personnes directement touchées.

« Le rapport de l’OBVIA met en lumière un manque de transparence généralisé quant à l’utilisation actuelle et future de l’IA dans les organisations. Trop de travailleuses et de travailleurs ignorent si des systèmes d’IA influencent leur travail, leurs conditions d’exercice ou les décisions qui les concernent. Cette opacité alimente la méfiance et fragilise le lien de confiance envers les employeurs », mentionnent Robert Comeau (APTS), Éric Gingras (CSQ), Caroline Senneville (CSN), Julie Bouchard (FIQ), Olivier Carrière (FTQ), Danick Soucy (SCFP), Michel Girard (SFPQ), Guillaume Bouvrette (SPGQ), Nicolas Lapierre (Syndicat des Métallos) et Daniel Cloutier (Unifor Québec).

Les organisations syndicales soulignent l’urgence d’encadrer l’IA en milieu de travail, car les nouveaux systèmes de gestion par l’IA présentent des risques accrus de surveillance et de contrôle. Comme le souligne le rapport, les employeurs devraient privilégier des applications de l’IA qui appuient le travail des employés plutôt que celles qui visent à les contrôler. Le rapport de l’OBVIA démontre que l’encadrement organisationnel de l’IA demeure largement insuffisant ou méconnu.

« L’absence de politiques claires ouvre la porte à des usages arbitraires, à une intensification du travail – voire un contrôle abusif – du personnel », soutiennent les porte-paroles.

Les organisations syndicales estiment que la formation sur l’IA doit être offerte sur le temps de travail et adaptée aux réalités de chaque milieu selon les outils à utiliser. En plus d’assurer le maintien en emploi des personnes, elle doit aussi permettre de comprendre les outils d’IA, de les questionner et d’en évaluer les impacts.

« Le rapport confirme l’ampleur du retard en matière de formation. La majorité des personnes sondées indiquent ne pas avoir accès à de la formation sur l’IA ou ignorent même si une telle formation existe. Pourtant, les travailleuses et les travailleurs sont de plus en plus appelés à utiliser ces outils et à assumer la responsabilité en cas d’erreur », déplorent les dirigeantes et dirigeants syndicaux.

Les organisations syndicales rappellent que l’IA ne doit pas contribuer à creuser les inégalités, d’autant plus que les postes d’entrée se font plus rares pour les jeunes. « Il faut investir dans la formation pour que tout le monde puisse s’adapter et conserver sa place dans un monde du travail en changement. »

Les enseignements du rapport de l’OBVIA doivent servir de point d’appui pour instaurer un véritable dialogue social sur l’IA au travail. Lorsque les syndicats sont impliqués, le rapport démontre que la transparence s’accroît, la formation s’améliore et la confiance se renforce.

« Le déploiement de l’intelligence artificielle dans les milieux de travail ne doit pas se faire au détriment des personnes salariées. Il doit au contraire contribuer à améliorer les conditions de travail, ainsi que la qualité des services offerts à la population », concluent les porte-paroles syndicaux.

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La population est prête à prendre les moyens pour bâtir un État social fort https://www.csn.qc.ca/actualites/la-population-est-prete-a-prendre-les-moyens-pour-batir-un-etat-social-fort/ Tue, 05 May 2026 10:37:08 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=114703 Les résultats d’un sondage Léger montrent que les Québécoises et les Québécois sont en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse pour améliorer nos services publics. Le sondage commandé par la CSN montre que la population appuie les revendications portées par la centrale dans le cadre de la campagne Faire front pour le Québec. Alors que les élections approchent, les partis politiques doivent s’engager à écouter les préoccupations de la population.

Le Québec est prêt à changer de cap

Le sondage web réalisé par Léger du 13 au 19 avril auprès de 1005 répondantes et répondants portait sur des thèmes comme les finances publiques et la redistribution de la richesse, la santé et les services sociaux, l’éducation et la petite enfance, la transition juste et la démocratie. On y apprend que 74 % des répondantes et des répondants attendent du prochain gouvernement qu’il rehausse le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées afin de mieux financer les services publics. La population québécoise appuie ainsi l’idée de mieux redistribuer la richesse, aussi bien pour freiner les inégalités sociales que pour régler les problèmes auxquels font face nos services publics.

À quelques mois des élections au Québec, la CSN met de l’avant des demandes qui reçoivent un large appui de la population. Le sondage montre que la vaste majorité des Québécoises et des Québécois (75 %) juge inéquitable la redistribution de la richesse au Québec entre les personnes les plus fortunées et le reste de la population. Ils appuient aussi largement les propositions de la CSN pour freiner la place du privé en santé, en éducation et en petite enfance. La CSN dévoilait la semaine dernière que le transfert des chirurgies du public vers le privé entraînerait des coûts supplémentaires importants pour le système de santé.

Le sondage révèle aussi que la population souhaite que le prochain gouvernement prenne les mesures qui s’imposent pour appuyer les travailleuses et les travailleurs afin d’engager la transition juste vers une économie plus verte. Tout cela dans un contexte où le peu d’écoute envers la population et les groupes de la société civile de la part du gouvernement est déploré.

« Les Québécoises et les Québécois sont mûrs pour qu’on prenne enfin les moyens de mieux redistribuer la richesse. Comme nous, ils sont inquiets de voir les inégalités sociales grimper sans cesse, tout cela alors que nos services publics subissent des crises constantes. Les résultats de ce sondage montrent que, loin des discours mis de l’avant par de nombreux commentateurs et élu-es, la population reste attachée à un État social fort et déplore ne pas être écoutée par les décideurs. Cela va sûrement en surprendre certains, mais les gens sont d’accord avec nous et ils demandent aux partis de s’engager pour que le Québec prenne une autre direction », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Faits saillants du sondage Léger

Finances publiques et redistribution de la richesse

  • 74 % des personnes interrogées attendent du prochain gouvernement qu’il rehausse le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées afin de mieux financer les services publics, alors que 73 % souhaitent voir le prochain gouvernement mettre fin aux coupes budgétaires dans les services publics.
  • 75 % des personnes interrogées jugent que la redistribution de la richesse au Québec entre les personnes les plus fortunées et le reste de la population est actuellement inéquitable.
  • Le coût de l’épicerie et des biens essentiels (39 %) et le coût du logement (19 %) sont ce qui pèsent le plus sur la situation financière personnelle de la population, montrant l’ampleur de la crise du coût de la vie.
  • 55 % des personnes interrogées considèrent que le niveau d’imposition des personnes les plus fortunées au Québec est trop faible, contre seulement 13 % qui le jugent trop élevé.

Santé et services sociaux

  • En vue des prochaines élections, les personnes interrogées souhaitent à 83 % que le prochain gouvernement empêche les cliniques privées de facturer davantage que ce qui est prévu dans le réseau public pour un même service et à 82 % qu’il mette en place des mesures pour freiner le départ du personnel du réseau public vers le secteur privé à but lucratif.
  • Les personnes interrogées sont préoccupées par l’état du réseau, que ce soit en raison de l’accès difficile au réseau public (90 %), de l’exode du personnel du réseau public vers le secteur privé (88 %) ou encore des frais au privé (80 %).
  • 42 % des personnes interrogées disent s’être privées de soins de santé dans la dernière année, soit en raison de l’accès difficile au réseau ou pour des raisons financières.

Éducation et petite enfance

  • Les quatre enjeux prioritaires en éducation sont la pénurie de personnel (66 %), l’état des infrastructures scolaires (58 %), le manque de ressources pour soutenir les élèves ayant des besoins particuliers (56 %) et le niveau de financement du réseau public d’éducation (45 %).
  • 52 % des personnes interrogées pensent qu’il faut augmenter le nombre de places en CPE et en services de garde en milieu familial (régi et subventionné) contre seulement 4 % qui pensent qu’il faut les diminuer.
  • Dans les prochaines années, le gouvernement devrait prioriser l’amélioration du réseau public d’éducation et des services de garde selon 61 % des personnes interrogées contre seulement 5 % qui souhaitent voir davantage de place au secteur privé.

Transition juste

  • L’amélioration des infrastructures routières (93 %), l’amélioration de l’offre de transport collectif entre les régions et les grands centres (72 %) et le développement du transport collectif dans les grandes villes (72 %) sont identifiés comme des priorités en termes de transport par les personnes interrogées.
  • 71 % des personnes interrogées sont inquiètes face aux changements climatiques.
  • Afin d’enclencher la transition juste, les personnes interrogées jugent que le prochain gouvernement devrait offrir davantage de formation et de requalification aux travailleurs touchés par les transformations économiques (84 %), mettre en place des mesures pour soutenir les travailleurs dont l’emploi est affecté par la transition climatique (79 %), accroître les investissements publics pour développer des emplois liés à l’économie verte (76 %) et investir davantage dans le transport collectif partout au Québec (75 %).

Démocratie

  • La majorité des personnes interrogées jugent que les citoyennes et citoyens (79 %) et les groupes de la société civile, comme les syndicats (56 %) ne sont pas assez écoutés et pris en compte dans les décisions du gouvernement du Québec.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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La première ministre devra livrer sa loi Gabie Renaud https://www.csn.qc.ca/actualites/la-premiere-ministre-devra-livrer-sa-loi-gabie-renaud/ Thu, 23 Apr 2026 11:00:20 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=114148 La CSN salue la volonté de la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, d’entamer rapidement les travaux nécessaires afin de doter le Québec d’une loi Gabie Renaud, inspirée de la loi de Clare. Pour la centrale syndicale, cette loi est vitale afin de mieux protéger les victimes de conjoints violents et plus urgente que jamais alors que neuf féminicides ont été perpétrés dans un contexte de violence conjugale depuis janvier 2026. « Mener à terme une telle loi constitue un geste significatif et solidaire de la part de la deuxième femme à diriger le Québec. La CSN entend talonner le gouvernement afin que cette loi puisse voir le jour avant la fin des travaux parlementaires », prévient Caroline Senneville, présidente de la CSN.

 

Ministère de la Condition féminine

La centrale syndicale déplore cependant que la nouvelle première ministre ait choisi de ne pas créer de ministère de la Condition féminine. « Nous réitérons cette demande depuis de nombreuses années. Malheureusement, le gouvernement s’entête à ne nommer qu’une ministre responsable de cet enjeu pourtant névralgique », note la présidente. Depuis plusieurs jours, la pression s’est accentuée sur la CAQ, alors qu’une lettre signée par quelque 600 Québécoises et Québécois — dont la présidente de la CSN Caroline Senneville — a été publiée plus tôt cette semaine. « Mme Fréchette et son gouvernement doivent entendre la voix des femmes », affirme Caroline Senneville.

 

Tant qu’il le faudra

Comme chaque jeudi suivant un féminicide, les militantes de la CSN joindront le mouvement des femmes dans différentes villes à travers la province sur l’heure du midi, en participant à des actions éclairs dans les rues, dans le but de sensibiliser la population au phénomène inacceptable des féminicides. « Toutes les personnes qui, comme nous, considèrent qu’il y a urgence d’agir sont invitées à venir rejoindre les contingents CSN. Et nous répéterons ces actions éclairs tant qu’il le faudra », conclut Caroline Senneville.

Depuis le début de l’année 2026, dix femmes ont été tuées par des hommes. Elles s’appelaient : Tadjan’ah Desir (31 ans), Mary Tukalak Iqiquq (54 ans), Susana Rocha Cruz (44 ans), Véronic Champagne (40 ans), Marie-Kate Ottawa (39 ans), Sonia Maricela Gonzalez Vasquez (54 ans), Danielle Lascelles (67 ans), Julie Pontbriand (35 ans), Katerine Alejandra Mejia Salinas (18 ans) et Hiba Elrhazi (25 ans).

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La CSN souhaite bonne chance à Christine Fréchette https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-souhaite-bonne-chance-a-christine-frechette/ Sun, 12 Apr 2026 20:20:34 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113470 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) réagit au résultat de la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Bonne chance à Christine Fréchette, qui vient d’être couronnée cheffe de la CAQ et qui devient par le fait même première ministre d’un gouvernement sur le respirateur artificiel. Si Mme Fréchette souhaite réanimer la machine avec des projets pour un Québec qui se tient debout – une économie saine et pensée pour le bien commun, des services publics forts, un vrai filet social, et du respect pour les travailleuses et travailleurs – elle n’a qu’à composer le 1 800-CSN. Nous répondrons présents. », déclare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

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Un couronnement qui sent la fin de règne https://www.csn.qc.ca/actualites/un-couronnement-qui-sent-la-fin-de-regne/ Sun, 12 Apr 2026 18:57:32 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113466 Des centaines de personnes issues de la CSN, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), du mouvement le Communautaire à boutte et du collectif Le Québec, c’est nous aussi étaient présentes aujourd’hui, en marge du congrès de la CAQ, pour le couronnement du nouveau premier ministre ou de la nouvelle première ministre. Ils sont d’avis que les chances de voir les priorités de la population être prises en compte par le gouvernement à l’issue de la course à la chefferie sont minces.

À quelques mois des élections, le gouvernement caquiste a fait le choix de multiplier les projets de loi qui affaiblissent l’État de droit, en s’en prenant aux contre-pouvoirs et en ciblant des boucs émissaires comme les syndicats, les immigrantes et les immigrants. Pendant ce temps, le gouvernement laisse dans l’ombre les priorités de la population, comme le coût de la vie, l’accès aux services publics et la préservation du filet social.

« Ce gouvernement vit sur du temps emprunté. Il a décidé d’utiliser ses derniers mois au pouvoir pour affaiblir le filet social en tirant dans toutes les directions. Pendant ce temps-là, bien des Québécoises et des Québécois doivent choisir entre manger ou se loger. Le Québec qu’on veut, il est bien différent. Il s’occupe des travailleuses et des travailleurs et il remet les services publics sur pied pour aider toute la population. Dans les prochaines semaines, nous allons continuer de faire valoir nos revendications aux partis politiques pour que les choses changent », lance le premier vice-président de la CSN, François Enault.

« Devant un filet social en ruines et des droits trop souvent piétinés, nous nous tenons aujourd’hui en solidarité avec les forces syndicales et citoyennes pour exiger que la dignité humaine et la justice sociale redeviennent la boussole de l’État québécois. Nous demandons au prochain ou à la prochaine chef-fe du gouvernement d’enfin oser s’attaquer au sous-financement chronique du milieu communautaire. Le temps du mépris doit cesser pour faire place à une reconnaissance réelle de notre rôle essentiel au filet social et à la prospérité du Québec », expriment d’une même voix Caroline Toupin, du RQ-ACA, et Mathieu Gélinas, du mouvement Le communautaire à boutte.

« Des milliers d’immigrants francophones, intégrés et à l’emploi vivent avec la peur au ventre, car le gouvernement organise leur départ forcé depuis l’abolition sans préavis et sans clause de droits acquis du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Les Québécoises et les Québécois l’ont prouvé à maintes reprises : il faut de toute urgence rouvrir le PEQ et permettre à toutes les personnes qui en remplissaient les conditions d’obtenir la résidence permanente. Les solutions sont là, il faut juste les mettre en place », rappelle la vice-présidente du collectif Le Québec, c’est nous aussi, Sabrina Kouider Philippon.

 

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Un autre contre-pouvoir réduit au silence par le gouvernement https://www.csn.qc.ca/actualites/un-autre-contre-pouvoir-reduit-au-silence-par-le-gouvernement/ Wed, 01 Apr 2026 23:13:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113296 À la suite de l’adoption du projet de loi n°7 mercredi, la CSN est atterrée de constater que le gouvernement de la CAQ a décidé d’amputer la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) de son indépendance.  

« Ce gouvernement traite la Charte des droits et libertés de la personne comme si c’était moins que rien ! », tonne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Alors qu’il atteint des seuils d’impopularité historiques et qu’il est à quelques mois de se faire montrer la porte, il modifie une loi quasi constitutionnelle du Québec de façon unilatérale, sans débat, ni consultations. C’est honteux ! »

Constituée en 1976 par la Charte des droits et libertés de la personne, la CDPDJ a pour mission d’assurer la promotion et le respect des principes de la Charte et de faire respecter la Loi sur la protection de la jeunesse et la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics. Dans l’exercice de ce mandat, il lui arrive couramment de traiter des plaintes et d’intenter des recours contre des ministères et organismes de la fonction publique lorsqu’une atteinte aux droits protégés par la Charte leur est reprochée.

Le projet de loi n°7, « visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires », comprend une disposition stipulant que le personnel de la Commission sera maintenant intégré à la fonction publique.

« Si les employé-es de la CPDPJ deviennent des fonctionnaires, nous aurons les mains liées par le devoir de réserve et le devoir de loyauté envers l’employeur que les membres de la fonction publique sont tenus de respecter », explique Marie-Iris Légaré, présidente du Syndicat des employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (SECDPDJ–CSN). « Comment pourrons-nous alors intenter des recours contre les ministères fautifs ? Est-ce qu’on est censés croire que le gouvernement va se poursuivre lui-même ? »

Lors de l’adoption du projet de loi à l’Assemblée nationale, le député de Québec solidaire, Étienne Grandmont, a pourtant proposé un amendement qui aurait permis au personnel de la Commission de conserver leur indépendance. Le gouvernement l’a rejeté du revers de la main, sans débat, encore une fois.

« Ce gouvernement continue à faire tout en son pouvoir pour faire taire les voix discordantes », s’insurge Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). « La Commission a récemment émis des réserves sur plusieurs projets de loi du gouvernement, comme la loi constitutionnelle et le projet de loi n°9 sur le renforcement de la laïcité – ce qui parfaitement fait partie de son mandat. Malheureusement, ce gouvernement ne tolère pas la critique et méprise les contre-pouvoirs. Il a donc trouvé un moyen de neutraliser la CDPDJ », conclut-elle.

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Encadrement des honoraires des pharmaciens: une intervention nécessaire, réitère la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/encadrement-des-honoraires-des-pharmaciens-une-intervention-necessaire-reitere-la-csn/ Mon, 30 Mar 2026 21:00:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113250 Les parlementaires ont raison de vouloir encadrer les honoraires des pharmaciens facturés aux assureurs privés, soutient la CSN.

« Les salarié-es bénéficiant de couverture d’assurances privées n’ont pas à faire les frais des négociations en cours entre le gouvernement et les pharmaciens, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il en va de la responsabilité du gouvernement d’édicter des balises. Les travailleuses et les travailleurs bénéficiant de régimes privés subissent la situation actuelle, car ils voient leurs primes d’assurances augmenter sans cesse, sans toutefois pouvoir exercer le moindre contrôle sur les honoraires des pharmaciens. Voilà une façon concrète de redonner un peu de pouvoir d’achat aux travailleuses et aux travailleurs. »

Malgré les pressions exercées par les pharmaciens, la CSN et ses fédérations affiliées invitent le gouvernement à garder le cap au nom du bien commun.

 

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

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Le Jardin de Robi: rien de réglé ! https://www.csn.qc.ca/actualites/le-jardin-de-robi-rien-de-regle/ Fri, 27 Mar 2026 14:05:25 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113164 Malgré l’imposition de services minimaux par le Tribunal administratif du travail (TAT) à compter du 1er avril, la grève se poursuit au CPE Le Jardin de Robi. Les travailleuses demeurent déterminées à obtenir une entente négociée, dans les meilleurs délais, afin de permettre le retour complet des services au CPE.

« C’est certain que les travailleuses déplorent que l’employeur mette tous ses efforts dans la judiciarisation au lieu de chercher une solution à la table de négociation, comme il se doit, explique Nathalie Duperré, présidente du Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN. Il prétend n’avoir aucune marge de manœuvre financière à la table de négociation mais il a pu engloutir des sommes importantes en frais d’avocats! Nous ne baisserons pas les bras. La seule issue à ce conflit demeure la conclusion d’une entente négociée. »

La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville, souligne que le gouvernement est responsable de la situation. Il a encouragé tacitement l’employeur à refuser toute négociation durant des mois, dans l’espoir que le tribunal impose des services minimaux. Il s’agit d’un précédent dangereux. « Le gouvernement a ouvert une véritable boîte de Pandore. Sous prétexte de protéger les personnes les plus vulnérables des effets d’un conflit de travail, il a rompu l’équilibre du rapport de force inhérent à toute négociation. Cela aura pour effet d’allonger la durée des conflits de travail, car plusieurs employeurs choisiront de s’asseoir sur leurs mains et d’appeler le ministre du Travail à leur rescousse au lieu de négocier. »

Le vice-président du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, Gilles Vaillancourt, appelle la population de la région à exiger un retour à la table de négociation. « Je pense que tout le monde souhaite un retour à la normale le plus rapidement possible au Jardin de Robi. Malgré les nombreux appels du syndicat à reprendre les négociations, il n’y a eu aucune rencontre depuis le début novembre. C’est inacceptable ! Nous nous tiendrons aux côtés des travailleuses jusqu’à ce qu’elles obtiennent une entente satisfaisante. Si l’employeur croit pouvoir leur imposer ses volontés à l’usure, il se trompe. Elles tiendront leur bout tant qu’il le faudra ».

Rappelons que la décision du TAT impose également à la directrice et à la directrice adjointe de contribuer au maintien de services minimaux. Elles reçoivent leur plein salaire depuis le début du conflit, même si elles ont choisi de fermer complètement le CPE.

À propos

La vingtaine de salariées du Jardin de Robi est membre du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Celle-ci regroupe 140 000 membres, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance. Il fait également partie du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, regroupant 160 syndicats CSN comptant plus de 16 000 membres dans la région. La CSN, ce sont 330 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité.

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Une coalition nationale demande au premier ministre Carney de revoir en profondeur l’assurance-emploi https://www.csn.qc.ca/actualites/une-coalition-nationale-demande-au-premier-ministre-carney-de-revoir-en-profondeur-lassurance-emploi/ Wed, 25 Mar 2026 19:25:05 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=113053 Alors que la montée du prix du pétrole et la guerre commerciale font tanguer l’économie canadienne, l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi, composée de syndicats et de groupes communautaires pour la défense des sans-emplois dans tout l’Est du pays, exige une réforme majeure de l’assurance-emploi et des mesures urgentes pour soutenir les multiples oublié-es de l’assurance-emploi, et en particulier les travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière.

Une délégation d’une vingtaine de personnes provenant de plusieurs provinces est aujourd’hui à Ottawa afin de livrer un message clair au ministre des Finances : il y a urgence d’agir pour nos régions ! Munis de jarres remplies de cennes noires, les membres de l’Alliance rappellent que mettre fin au « trou noir » de l’assurance-emploi ne coûterait que… quelques cennes.

Un système qui abandonne nos régions

Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse ou Terre-Neuve : partout dans l’Est du Canada, les travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière se retrouvent chaque année sans revenu pendant plusieurs semaines à cause de paramètres administratifs mal adaptés aux réalités des régions. Pourtant, ces personnes occupent des emplois essentiels à l’économie régionale : pêche, transformation du poisson, foresterie, construction, tourisme, pourvoiries, lutte contre les incendies… Le problème est connu : entre la fin des prestations d’assurance-emploi et le retour au travail, un vide se crée. C’est ce que l’on appelle le « trou noir ».

La coalition réclame une réforme en profondeur de l’assurance-emploi afin d’en élargir l’accès et de mieux contrer les aléas du travail saisonnier. À court terme, elle demande la prolongation et l’amélioration du projet-pilote qui prend fin en octobre 2026 et octroie cinq semaines supplémentaires de prestations aux travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière. Les différents groupes demandent que cette mesure soit non seulement maintenue, mais pérennisée et bonifiée de 15 semaines.

L’Alliance apporte l’argent nécessaire au ministre Champagne

Pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à ce problème de longue date, l’Alliance interprovinciale a apporté des cennes noires récoltées auprès des employeurs, des travailleuses et travailleurs et de la population des régions concernées.

« En apportant nos cennes noires au ministre Champagne, on veut rappeler que le problème du “trou noir”, ce n’est pas un problème financier ni une fatalité, mais un manque de volonté politique. Les 15 semaines supplémentaires dont bénéficieraient les travailleuses et les travailleurs de l’industrie saisonnière ne coûteraient qu’une cenne par 100 $ de revenu. Alors, voici les cennes : on attend maintenant l’action politique ! », déclare Fernand Thibodeau, porte-parole de l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi.

Des travailleuses et des travailleurs laissés pour compte

Sur le terrain, les conséquences sont bien réelles. Des travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière et des membres de l’Alliance sont venus témoigner pour que les députés comprennent la réalité en région :

« Le système d’assurance-emploi actuel nous abandonne complètement. On exige des heures impossibles à atteindre et on réduit nos prestations avec des calculs injustes. Les travailleuses et travailleurs de la mer méritent mieux », témoigne Mandy Symonds, de la Nova Scotian Seasonal Workers Association.

« On fournit le bois, le poisson et une destination touristique au Québec. On aime notre travail. Tout ce qu’on demande, c’est de pouvoir passer l’hiver dignement », souligne Audrey Boulianne, travailleuse de l’industrie saisonnière à Tadoussac.

« Les travailleuses et travailleurs saisonniers méritent un régime d’assurance-emploi qui tienne compte de leur véritable saison de travail et de la stabilité de l’emploi dans leur région, et non des taux en constante évolution. Il est essentiel de moderniser l’assurance-emploi et d’y ajouter des mesures de soutien en cas de crise pour protéger les communautés rurales et côtières », rappelle Johan Joensen, représentant de Fish, Food and Allied Workers Union (FFAW-Unifor) à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une réforme nécessaire pour tous les citoyens

« De moins en moins de travailleuses et travailleurs sont couverts par l’assurance-emploi, alors même que le chômage augmente. Le gouvernement doit régler ce problème. La CSN salue la décision du gouvernement de prolonger les mesures temporaires pour faire face à la crise tarifaire, dont l’octroi de 20 semaines supplémentaires pour les travailleuses et travailleurs de longue durée, mais dénoncent que trop peu y aient accès. Par exemple, les jeunes, souvent les premiers mis à pied, n’ont pas droit à cette mesure », affirme David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN.

« Le régime actuel continue d’exclure celles et ceux qui en ont le plus besoin. Il est temps d’avoir le courage politique de faire une réforme en profondeur », ajoute Olivier Carrière, secrétaire général de la FTQ.

Pour l’Alliance, la question dépasse largement l’assurance-emploi : elle touche à l’avenir des régions. Sans solution, préviennent les organisations, les communautés côtières et rurales continueront de se vider, fragilisant des pans entiers de l’économie canadienne. Aujourd’hui, avec leurs cennes noires, les travailleuses et travailleurs envoient un message simple au gouvernement : les solutions existent, elles sont abordables — il ne manque que la volonté politique.

 

 

 

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Un manque de vision de la CAQ pour reconstruire un Québec en santé https://www.csn.qc.ca/actualites/un-manque-de-vision-de-la-caq-pour-reconstruire-un-quebec-en-sante/ Thu, 19 Mar 2026 13:23:04 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112792 La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) accueille avec amertume le budget de la Coalition avenir Québec (CAQ) présenté plus tôt aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Ce budget, qui se devait de répondre aux crises sociales en cours, de réparer les dégâts causés par l’austérité en santé et de compléter le réseau de services de garde éducatifs à l’enfance rate la cible, même si le pire semble évité à court terme en santé.

Le Québec fait actuellement face à plusieurs crises sociales. Devant ces nombreux défis, la CAQ n’a pas cru bon prendre ses responsabilités afin de répondre convenablement aux besoins de la population. « Le réseau de la santé et des services sociaux va mal et ne parvient plus à répondre aux besoins grandissants de la population, souligne Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN. Malheureusement, le gouvernement a manqué de courage et n’a pas su s’engager dans des mesures fortes qui auraient permis de se sortir de la crise qui a cours actuellement dans le réseau de la santé et des services sociaux. »

Des établissements qui demeureront vétustes

Alors que plusieurs établissements du réseau de la santé et des services sociaux tombent littéralement en ruine, la Fédération s’explique mal le choix du gouvernement de réduire le budget accordé aux infrastructures. « Il y a de quoi s’inquiéter de l’avenir de nos hôpitaux et de leur capacité à continuer de prodiguer des soins et d’offrir des services dans de telles conditions, renchérit Réjean Leclerc. Si le gouvernement avait comme souhait réel d’améliorer le réseau, il aurait fait preuve de courage et aurait choisi de prioriser ces investissements, plutôt que de se limiter aux dépenses minimales qui décroîtront au cours des prochaines années. »

Les dépenses administratives grandissantes de Santé Québec

Avec des effectifs réduits de près de 5% en un an seulement, le personnel administratif paie les frais du régime minceur imposé par Santé Québec. Malgré cette baisse de personnel, cela n’a toutefois pas empêcher les coûts administratifs d’exploser, sans compter les 132M$ de dépenses administratives supplémentaires prévues en 2025-2026. « Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir de l’équilibre comptable presqu’atteint dont se vante Santé Québec, gronde Réjean Leclerc. Ces sommes économisées sont redirigées soit pour nourrir la bureaucratie de Santé Québec elle-même, soit vers des firmes privées externes qui facturent l’État à grands frais, et ce, au détriment des soins et des services offerts à la population et sur le dos du personnel administratif. C’est totalement inacceptable. »

Conversions de places en services éducatifs : un petit pas dans la bonne direction

En amont du dépôt du budget, une conversion de 5 000 places en services éducatifs non subventionnés en places subventionnées avait déjà été annoncé comme mesure afin d’aider les familles face à la hausse du coût de la vie. Malgré cela, ce plus de 30 000 enfants n’auront toujours pas accès à une place en service éducatif sans but lucratif. « Même si nous nous réjouissons de cette nouvelle, notamment pour les parents qui pourront enfin bénéficier de ces places, il n’en demeure pas moins qu’il reste encore beaucoup de travail à faire afin de compléter le développement du réseau des services éducatifs sans but lucratif, ajoute Réjean Leclerc. Et au-delà de la conversion des places, il faut toutefois se rappeler que ces services éducatifs recevront des fonds publics qui ne seront pas pleinement réinvestis. Les profits réalisés iront plutôt directement dans les poches des propriétaires, contrairement aux CPE qui réinjectent les sommes dans les services qu’ils offrent. »

Les organismes communautaires, les grands négligés

Notre filet social est hautement fragilisé par la hausse du coût de la vie. Pour maintenir une population en bonne santé globale, il aurait été judicieux de donner aux organismes communautaires les moyens nécessaires qui leur permettrait de continuer de réaliser leur mission d’intervention. « Les organismes communautaires sont des ressources essentielles pour les plus vulnérables de notre société, rappelle Réjean Leclerc. En sous-finançant leurs services et leurs activités, le gouvernement met volontairement un pan de la population à risque de se retrouver dans des situations encore plus précaires. » À cela s’ajoute l’abandon total du développement des logements sociaux par la CAQ avec une maigre annonce de 1000 nouveaux logements dits abordables.

Des sources de revenus supplémentaires volontairement ignorées

Avec son régime fiscal actuel, il n’est actuellement pas possible pour la CAQ de récupérer davantage de sommes qui permettraient une meilleure distribution de la richesse et des mesures de financement adéquates. Pour ce faire, une réforme de la fiscalité était nécessaire. À terme, elle aurait pu engendrer des milliards de revenus. « Le gouvernement est rendu maître dans l’art de se priver soi-même de revenus substantiels, note Réjean Leclerc. Il aurait été possible de générer des nouveaux revenus en faisant autre chose que des compressions budgétaires. La CAQ choisi plutôt de nous condamner collectivement à voir notre société se fragiliser davantage. »

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux et services de garde éducatifs à l’enfance. Force reconnue du syndicalisme au Québec, elle compte plus de 140 000 membres, dont 80 % sont des femmes, répartis dans plus de 250 syndicats se trouvant sur l’ensemble du Québec.

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Enfin un appui aux médias électroniques https://www.csn.qc.ca/actualites/enfin-un-appui-aux-medias-electroniques/ Thu, 19 Mar 2026 13:19:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112789 La Fédération nationale des communications et de la culture–CSN (FNCC–CSN) salue avec beaucoup d’enthousiasme la création du crédit d’impôt remboursable pour les médias d’information québécois, qui inclut finalement les salles de nouvelles des médias électroniques.

« C’est une revendication historique pour laquelle nous militons depuis des années. De même que la hausse du seuil salarial admissible. Bravo ! La survie de l’information professionnelle en dépend », réagit la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette.

La FNCC–CSN tient aussi à souligner l’annonce de la bonification du programme Aide au fonctionnement pour les institutions muséales, qui souffre de sous-financement chronique, spécifiquement en ce qui concerne les musées en régions éloignées. À cet égard, la reconnaissance de l’incontournable mission du Musée McCord est aussi à signifier.

« Le maintien du financement des activités culturelles à l’école est aussi une excellente nouvelle, car la promotion de la souveraineté culturelle québécoise passe d’abord par la connaissance de celle-ci, et les jeunes publics doivent y être exposés dès le plus jeune âge », ajoute la présidente.

Finalement, la volonté du ministre de la Culture et des Communications concernant la mise en œuvre de certains pans du rapport du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec donne espoir que les choses bougeront à l’égard de cette industrie sous haute tension.

Les membres de la FNCC–CSN qui œuvrent dans les secteurs concernés par ces annonces reconnaissent les efforts faits pour les soutenir. L’avenir et la vitalité de la culture québécoise se dessineront dans la poursuite de ces investissements et dans une vision de l’apport essentiel des travailleurs et travailleuses de la culture et des médias.

À propos

La FNCC–CSN regroupe 6000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

 

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Près de 800 organisations québécoises rejettent le projet de constitution du ministre Jolin-Barrette https://www.csn.qc.ca/actualites/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du-ministre-jolin-barrette/ Tue, 17 Mar 2026 14:21:47 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112707 [Québec, 17 mars 2026] Sept cent soixante-dix-neuf groupes de la société civile réclament le retrait du projet de loi no 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, déposé en octobre 2025 à l’Assemblée nationale par le ministre de la Justice monsieur Simon Jolin-Barrette.

Inquiétées par les effets désastreux qu’aurait cette loi sur le régime québécois de protection des droits humains et indignées par la démarche elle-même qui témoigne d’un autoritarisme mal dissimulé, des dizaines d’organisations communautaires et syndicales ont fait circuler une courte déclaration, qui a rapidement récolté le soutien de plusieurs secteurs. Selon les signataires, dont le nombre exceptionnel constitue un précédent, le PL1 doit être retiré en bloc :

« Le projet de loi No 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, est une attaque contre la démocratie et les droits humains. La démarche est unilatérale et précipitée et elle ne respecte pas les critères démocratiques pour l’élaboration d’une constitution légitime. En outre, elle perpétue une logique coloniale en niant le droit des peuples autochtones à l’autodétermination. Au lieu d’affronter les questions qui préoccupent les citoyen·nes (la santé, l’éducation, le logement, l’environnement, l’égalité des genres, le coût de la vie, etc.), le gouvernement québécois s’attaque aux droits et libertés, aux contre-pouvoirs et à l’État de droit. Par conséquent, les groupes soussignés exigent le retrait complet du PL1. »

Réuni·es en conférence de presse sur la colline parlementaire à Québec, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et la Ligue des droits et libertés (LDL), exposent les raisons qui expliquent un tel rejet de la part de la société civile québécoise.

 

Citations

 

« Une constitution, c’est la Loi des lois. C’est un document fondamental qui devrait rassembler une société, inclure plutôt qu’exclure. Or, lorsqu’un tel texte est élaboré sans véritable consultation, et qu’en prime, il vient affaiblir certains contre-pouvoirs, on passe à côté de cet objectif essentiel. Une constitution n’appartient pas à un gouvernement ou à une formation politique. Elle appartient à l’ensemble de la population du Québec, incluant les Premières nations, qui doivent être parties prenantes de toute démarche de cette importance. Avant de créer de graves précédents, le projet de loi 1 doit impérativement être retiré. »

Caroline Senneville, présidente de la CSN

 

« Un des aspects les plus inquiétants du projet de loi 1 est l’utilisation d’une notion floue de “valeurs québécoises” pour limiter la contestation de certaines lois. Mais ces valeurs, qui les définit? Une société évolue, ses valeurs aussi. On ne peut pas confier à un gouvernement le pouvoir de fixer ces valeurs pour ensuite restreindre l’accès à la justice. »

Olivier Carrière, secrétaire général de la FTQ

 

« Une constitution devrait renforcer les droits et la démocratie, pas affaiblir les contre-pouvoirs ni hiérarchiser les libertés fondamentales. Sans consultation réelle des groupes de femmes et de la société civile, ce processus alimente le cynisme de celles et ceux qui ont l’impression que le gouvernement ne les écoute pas, ou fait seulement semblant de le faire. »

Vé Mikaelian, coordonnatrice à la vie associative à la FFQ

 

« En empêchant des organismes financés par l’État de défendre nos droits devant les tribunaux, le gouvernement transforme le financement public en un outil pour forcer leur loyauté politique. L’arbitraire est total : par simple règlement ou grâce à une majorité au parlement, un ministre pourrait étendre cette interdiction comme il le souhaite. Cela risque d’affaiblir les protections juridiques qui servent à défendre la population contre les abus de pouvoir. Les organismes d’action communautaire autonome rejettent fermement l’orientation autoritaire qui traverse ce projet de constitution. »

Tristan Ouimet-Savard, responsable des dossiers politique au RQ-ACA

 

« Le dépôt PL1 s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions gouvernementales qui témoignent d’une dérive centralisatrice et autoritaire visant à renforcer les pouvoirs du gouvernement et à affaiblir les contre-pouvoirs, en particulier ceux des tribunaux et de la société civile. La LDL dénonce la volonté du gouvernement de centraliser le pouvoir entre ses mains et d’affaiblir le régime de protection des droits et libertés de l’ensemble de la population québécoise. »

Paul-Étienne Rainville, chargé de dossier à la LDL

 

« Le projet de loi 1 rétrograde la Charte québécoise des droits de la personne en lui imposant de nouvelles limitations. Il affaiblit les droits individuels et collectifs en les hiérarchisant. Il nie les droits des peuples autochtones et marginalise davantage les droits économiques, sociaux et culturels. Il restreint l’accès à la justice pour défendre les droits des plus vulnérables. Cela en ignorant les exigences procédurales découlant à la fois des droits humains et de principes que la « constitution » prétend enchâsser »

Josée Marie Robitaille, conseillère principale communication et affaires gouvernementales, Amnistie internationale Canada francophone

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Laïcité dans le réseau de l’éducation: le personnel de soutien scolaire affecté par l’application de la Loi https://www.csn.qc.ca/actualites/laicite-dans-le-reseau-de-leducation-le-personnel-de-soutien-scolaire-affecte-par-lapplication-de-la-loi/ Thu, 26 Feb 2026 16:04:48 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112274 Des travailleuses du soutien scolaire sont renvoyées dans le cadre de l’application de la Loi visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation et modifiant diverses dispositions législatives (la Loi). Cette situation, vivement dénoncée par la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), touchait au moins 12 salariées du Centre de services scolaire des Mille-Îles (CSSMI) au moment d’écrire ces lignes. Ce nombre est cependant appelé à augmenter alors que d’autres centres de services scolaires ont entamé les travaux en vue de se conformer à la Loi.

« D’abord, c’est épouvantable sur le plan humain de forcer des femmes à choisir entre leur gagne-pain et leurs croyances personnelles, s’insurge la présidente du Secteur soutien scolaire de la FEESP–CSN, Annie Charland. S’attaquer au prosélytisme, c’est une chose. Jeter des femmes à la rue, des travailleuses qui s’occupent de nos enfants avec cœur et conviction, sans le moindre remord et sans réfléchir aux impacts, c’est un geste qu’on croirait posé par des compagnies comme Amazon, pas par le gouvernement du Québec et les centres de services scolaires! »

« Mais, en plus du drame humain qui se joue, en agissant de la sorte, le CSSMI risque de provoquer une crise, poursuit Annie Charland. Pour le moment, on parle de quelques écoles, d’une partie du CSSMI et ça touche déjà 12 salariées qui s’occupent chacune de 20 à 45 enfants, selon les contextes. On parle donc de 240 à 540 enfants pour lesquels on doit trouver de nouvelles travailleuses. C’est déjà difficile d’embaucher dans ce secteur à la rentrée… en plein hiver, oubliez ça! Soit la charge va retomber sur les collègues déjà au bout du rouleau, soit on tombera en bris de service. J’aimerais que ce soient les ministres de la CAQ qui expliquent ça aux parents ; qu’ils doivent venir chercher leur enfant pour le dîner. »

Comme d’autres centres de services scolaires, le CSSMI a récemment envoyé une lettre à toutes les membres visées de son personnel de soutien pour leur demander de se conformer, dans un court délai (5 à 7 jours ouvrables selon les cas), à la Loi, sous peine de congédiement. Les 12 cas de cessation d’emploi, au CSSMI, sont les premiers qui ont été signalés aux syndicats de la FEESP–CSN, mais, les démarches étant encore en cours, de nombreuses autres situations sont à prévoir.

« On avait prévenu les ministères concernés que l’application de la Loi serait un problème, rappelle le président de la FEESP–CSN, Frédéric Brun, que ça entrainerait de nombreux départs de salariées et que ça provoquerait des bris de services. Mais, comme pour de nombreux autres dossiers qui touchent à des droits fondamentaux, la CAQ fonce tête baissée dans un mur. Un gouvernement ne peut pas opérer des changements de société sur un coup de tête. Ça prend de la réflexion, des débats, de la préparation et une longue période d’adaptation. On explique même aux enfants que ce genre de comportement est inacceptable, qu’on ne peut pas isoler ou mettre à part des personnes du groupe pour leurs différences. Tu parles d’un exemple… »

Pourtant, la FEESP–CSN avait proposé de nombreuses solutions pour que la Loi soit appliquée de façon à en limiter les impacts sur le personnel de soutien déjà à l’emploi.

« Reporter l’application de la clause grand-père au 30 octobre plutôt qu’au 19 mars pour préserver le personnel embauché pour l’année scolaire 2025-2026 ; permettre au personnel de soutien de conserver cette clause lors d’un changement de poste au sein de la même grande catégorie de personnel pour faciliter la mobilité ; aviser le personnel de l’entrée en vigueur de la Loi, mais n’appliquer les cessations d’emploi qu’à la fin de la présente année scolaire pour assurer la stabilité pour les membres, les enfants et les parents ; appliquer la clause grand-père jusqu’à celles qui étudient actuellement dans le domaine pour étaler l’impact dans le temps… On a proposé une dizaine d’idées, explique Frédéric Brun. Mais les ministres de la CAQ n’en font qu’à leur tête et propulsent, une fois de plus, le réseau de l’éducation vers une énième crise depuis qu’ils sont au pouvoir. »

Pour conclure, la FEESP–CSN demande à Mme Sonia LeBel, ministre de l’Éducation, d’intervenir promptement pour mettre un frein au dérapage en cours et pour évaluer adéquatement la situation afin de trouver des solutions qui réduiront les impacts pour le personnel de soutien, mais aussi pour les enfants et leurs parents.

 

À propos
La Fédération des employées et employés de services publics représente environ 69 000 membres dans près de 425 syndicats, dont 36 000 travailleuses et travailleurs de soutien dans le réseau scolaire dans 37 syndicats regroupés au sein de notre Secteur soutien scolaire, ce qui fait de la FEESP–CSN l’organisation représentant la vaste majorité du personnel de soutien au Québec.

 

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