Budget du Québec – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca Le maillon fort du syndicalisme au Québec Mon, 16 Feb 2026 19:22:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2019/05/csn-logo-150x150.png Budget du Québec – CSN – Confédération des syndicats nationaux https://www.csn.qc.ca 32 32 Des milliards que le gouvernement doit aller récupérer https://www.csn.qc.ca/actualites/des-milliards-que-le-gouvernement-doit-aller-recuperer/ Mon, 16 Feb 2026 15:23:17 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=112009 Au moment où l’économie québécoise est secouée par la guerre tarifaire américaine et où les services publics sont en crise, le gouvernement Legault doit récupérer les sommes astronomiques dont il se prive afin de redresser les finances publiques et répondre aux besoins de la population.

C’est le message envoyé aujourd’hui par la CSN, qui rencontrera, avec les autres centrales syndicales cet après-midi, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires menées par celui-ci.

« Au cours des sept dernières années, le gouvernement de François Legault a fait des choix budgétaires qui ont gravement nui à la société québécoise », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Des baisses d’impôts, qui ont profité surtout aux mieux nantis, une ouverture toujours plus grande au secteur privé qui englouti des sommes colossales, des millions perdus dans la filière batterie sans même qu’un seul emploi ne soit créé, sans parler de cet entêtement à rembourser la dette du Québec coûte que coûte, malgré les indicateurs révélant que celle-ci est sous contrôle… Ces choix ont un coût, et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais. »

« Alors qu’il termine son dernier tour de piste, le premier ministre Legault a l’occasion de réparer certaines erreurs de son gouvernement. Qu’il la saisisse », ajoute la leader syndicale.

Dans le mémoire qu’elle présentera au ministre Girard, la CSN rappelle que la baisse d’impôt octroyée dans le budget de 2023, qui a surtout favorisé les contribuables gagnant plus de 100 000 $, représente aujourd’hui un manque à gagner annuel de 1,8 G$. En vue du prochain budget du Québec, la CSN met de l’avant plusieurs recommandations : un renforcement de la progressivité de l’impôt sur les revenus des particuliers, une amélioration de la fiscalité sur le patrimoine et l’interruption des versements au Fonds des générations.

Ces sommes doivent être dévolues à la consolidation de nos réseaux publics, notamment en matière de santé et d’éducation. Rappelant que l’interruption du recours aux agences de placement a permis d’économiser près de 700 millions en un peu plus d’un an, la CSN invite le gouvernement à freiner l’ouverture toujours plus grande au secteur privé mise de l’avant par Santé Québec.

Alors que les établissements de santé et d’enseignement font couramment les manchettes en raison de leur vétusté, le gouvernement doit accroître ses investissements dans les infrastructures publiques. Cependant, l’aventure électoraliste du 3e lien, qui a déjà mené à la perte de millions en deniers publics et qui pourrait engloutir jusqu’à 11 milliards de dollars, ne reflète aucunement les besoins réels du Québec et doit être rayée du prochain budget, estime la CSN.

D’autres mesures figurent dans le mémoire présenté par la centrale syndicale : le retour à 2030, plutôt qu’à 2035 pour l’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, jumelé à une augmentation des budgets alloués au transport collectif, permettront au Québec de faire face aux défis posés par la crise climatique.

Enfin, la CSN urge le gouvernement du Québec à mettre en place une politique structurante pour sauver l’industrie des médias et de la culture, ainsi qu’une seconde pour le secteur forestier, qui a déjà coûté des milliers d’emplois en région. La mise en branle d’un plan ambitieux de chantier en habitation, priorisant le logement social, lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, estime la centrale syndicale.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

]]>
Le gouvernement doit prévoir des programmes d’aide à l’emploi et aux entreprises, plaide la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-doit-prevoir-des-programmes-daide-a-lemploi-et-aux-entreprises-plaide-la-csn/ Fri, 14 Feb 2025 16:08:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=102529 C’est aujourd’hui que la CSN et les autres centrales syndicales rencontreront le ministre Eric Girard à l’occasion de sa tournée de consultation prébudgétaire.

Alors que la menace d’une guerre commerciale plane sur l’économie du Québec, le ministre des Finances doit s’inspirer des programmes d’aide à l’emploi et aux entreprises mis en place lors de la crise provoquée par l’effondrement des marchés financiers en 2008.

« À l’époque, le gouvernement avait bonifié les programmes d’aide aux entreprises et aux salarié-es, évitant ainsi des milliers de licenciements tout en favorisant la formation de la main-d’œuvre. La pertinence et l’efficacité de ces programmes avaient été rendues possibles par une concertation de l’ensemble des acteurs économiques, une expérience qu’il faudra répéter », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

L’imposition de tarifs douaniers pourrait avoir des impacts catastrophiques sur de nombreuses entreprises. Le gouvernement devrait ainsi accroître les liquidités disponibles pour en atténuer les effets, notamment par l’entremise de prêts et de garanties de prêts.

« Le maintien des emplois et l’aide aux entreprises doivent être les priorités du prochain budget », avance Caroline Senneville.

Le gouvernement doit également stimuler l’économie québécoise afin de minimiser les risques de récession. Des investissements soutenus dans le secteur de la construction, particulièrement pour favoriser l’augmentation de logements sociaux, permettraient de remplir cet objectif tout en s’attaquant à la crise du logement, qui risque d’être à nouveau exacerbée par un ralentissement économique découlant d’une guerre commerciale avec les États-Unis.

Se distancer de l’austérité

Le gouvernement Legault doit saisir l’occasion du prochain budget pour revoir ses cibles budgétaires et mettre de côté une stratégie trop rapide de retour à l’équilibre des finances publiques, estime la CSN.

Pour la centrale syndicale, les nombreux cas de coupes directes dans les services à la population en matière de santé, d’éducation et de services aux immigrants, révélés au cours des derniers mois, sont la conséquence directe des objectifs budgétaires démesurés ordonnés aux ministères et aux organismes publics.

« La marge de manœuvre existe ! », affirme le trésorier de la CSN et responsable du dossier des finances publiques, Yvan Duceppe. « Déjà, le gouvernement du Québec devrait imposer une taxe sur les revenus des géants du numérique, en proportion de leurs ventes sur le territoire québécois, comme le fait le gouvernement fédéral depuis l’an dernier », soutient-il.

« Plus globalement, c’est l’ensemble de la stratégie de remboursement de la dette qu’il faut revoir. Les versements au Fonds des générations privent le Québec de plus de 2,2 milliards par année, alors que les objectifs ayant justifié sa mise en place ont déjà été atteints », déplore le trésorier de la CSN.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

]]>
Le gouvernement Legault fait le choix de l’austérité https://www.csn.qc.ca/actualites/le-gouvernement-legault-fait-le-choix-de-lausterite/ Thu, 21 Nov 2024 18:15:12 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=100917 La mise à jour économique du gouvernement Legault confirme l’entrée du Québec dans un nouveau cycle d’austérité. Alors que l’impact des compressions budgétaires se fait déjà sentir sur nos services publics et la population, la CSN déplore la vision à court terme du gouvernement.

Les impacts de l’austérité se font déjà sentir

Dans les derniers jours, les annonces s’accumulent pour montrer l’impact de l’austérité caquiste sur nos services publics : baisse des embauches, coupes dans les cours de francisation, gel d’embauche du personnel administratif dans l’éducation, les organismes gouvernementaux, la santé et les services sociaux, frein aux projets d’infrastructures et compressions dans les cégeps. Avec une croissance des investissements en santé et services sociaux en deçà des besoins, le gouvernement impose un manque à gagner qui ne fera qu’amplifier les problèmes du réseau. Les prévisions du gouvernement pour les prochaines années vont accentuer l’ampleur des compressions budgétaires dans nos services publics.

« Quand on voit le retour des compressions budgétaires, on voit bien que le cycle de l’austérité est reparti. Après avoir coupé dans ses revenus avec des baisses d’impôt, le gouvernement Legault crée de toutes pièces un déficit pour les prochaines années. S’il reste 10 milliards pour le troisième lien et des milliards pour une Northvolt en dérive, les coupes budgétaires sont tout ce que le gouvernement réserve pour nos services publics », explique Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Le gouvernement Legault reprend le manuel d’instruction qui a mené le gouvernement Couillard à sa perte. Il impose des compressions budgétaires faramineuses en santé et services sociaux en même temps qu’il implante une énième réforme centralisatrice. Avec un peu de courage, il aurait pu nous débarrasser plus tôt des agences privées pour nous permettre d’économiser des millions de dollars. Choisir d’investir dans nos services publics nous aurait permis d’éviter l’austérité », poursuit Caroline Senneville.

Un manque de vision dans le transport collectif

Le gouvernement accepte enfin de combler une part du financement des sociétés de transport en annonçant des investissements prévisibles de 880 millions sur quatre ans. La CSN déplore néanmoins son manque d’ambition qui nous empêche de prendre le virage nécessaire pour accentuer l’offre de transport collectif et ainsi enclencher la transition juste.

« Avec le manque à gagner qui reste entier, est-ce que le gouvernement va pousser les sociétés de transport à recourir à la sous-traitance ? Ce n’est clairement pas la solution. Quand on voit l’échec du recours aux agences en santé, il faut à tout prix éviter cette option dans le transport en commun. L’heure n’est pas aux coupes, elle doit être à l’augmentation de l’offre du transport collectif », enchaîne Caroline Senneville.

Pas grand-chose pour le secteur forestier

L’investissement de 100 millions en prêts pour l’industrie de la transformation du bois arrive tard pour un secteur qui subit des fermetures d’entreprise dans les derniers mois. La conjoncture est particulièrement difficile pour le secteur du bois de sciage, qui est aux prises avec des tarifs douaniers américains en hausse, un prix du bois relativement bas et une incertitude sur l’approvisionnement des usines à moyen et à long terme. Note positive, les investissements pour le reboisement sont bienvenus pour faire face aux catastrophes environnementales grandissantes.

À propos la CSN

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1600 syndicats, elle défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans 8 fédérations ainsi que dans 13 conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise.

]]>
Un gouvernement qui n’arrive plus à saisir les défis qui attendent le Québec, constate la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/un-gouvernement-qui-narrive-plus-a-saisir-les-defis-qui-attendent-le-quebec-constate-la-csn/ Tue, 12 Mar 2024 20:47:06 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=94551 C’est un budget sans envergure et sans ligne directrice claire qui a été présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Eric Girard. Pour la CSN, ce budget témoigne de l’incapacité du gouvernement Legault à bien cerner les défis auxquels fait face le Québec et à agir pour améliorer le bien-être de la population.

« Le ralentissement économique ne peut expliquer à lui seul l’inaction du gouvernement sur de nombreux plans, que ce soit en matière de logement ou de la lutte aux changements climatiques », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Les vraies marges de manœuvre ont été gaspillées : les baisses d’impôts annoncées l’an dernier plombent aujourd’hui de deux milliards l’état de nos finances publiques, poursuit la dirigeante syndicale. De plus, le gouvernement amplifie son propre malheur en consacrant 2,2 milliards au remboursement de la dette. Malgré le ralentissement économique, malgré un déficit qualifié de « structurel » par le gouvernement, malgré un endettement inférieur au reste du Canada, le Québec demeure la seule province canadienne à consacrer une part de ses revenus au remboursement de la dette. C’est un non-sens complet. »

Si, pour l’instant, l’augmentation des budgets des ministères de l’Éducation et de la Santé et des Services sociaux semble pouvoir éviter une rupture de services, la CSN demeure préoccupée par la pensée magique du gouvernement quant aux économies qui pourraient être réalisées par l’entremise de l’optimisation de l’action de l’État et l’examen des dépenses gouvernementales.

« Lors de chacun des exercices de centralisation des services publics, que ce soit en santé ou en éducation, on nous promet des économies d’échelle. Chaque fois, ce sont plutôt des abolitions de postes et des surcharges de travail que nous avons constatées sur le terrain. Nous suivrons ces travaux avec attention », déclare la présidente de la CSN.

Alors que la ministre de l’Enseignement supérieur doit présenter sous peu sa nouvelle formule de financement des universités, le budget ne contient aucune somme supplémentaire à cet effet, déplore la centrale syndicale.

Rien pour juguler les crises

Alors que de nombreux secteurs de l’économie doivent jongler avec les effets de la pénurie de main-d’œuvre, il est décevant que le gouvernement limite ses actions au seul secteur de la construction. « De nombreuses personnes actuellement à l’emploi bénéficieraient d’un meilleur accès à la formation professionnelle pour améliorer leur situation. Or, l’enveloppe consacrée à la formation continue demeure fermée, tout comme la possibilité de suivre une formation professionnelle à temps partiel », déplore Caroline Senneville.

Pour la CSN, il est pour le moins surprenant de constater que le gouvernement ne prévoit aucun nouvel investissement visant la construction de logements sociaux, malgré l’ampleur de la crise qui sévit. « Ce ne sont pas les mesures annoncées à l’automne qui règleront la crise ni la légère bonification des allocations au logement annoncée aujourd’hui. S’il nous fallait un exemple de la déconnexion du gouvernement par rapport aux défis d’aujourd’hui, la crise du logement figure malheureusement en tête de liste. »

Alors que l’exode des revenus publicitaires continue d’affliger les médias d’information, notamment en région, c’est avec déception que la CSN constate que le budget ne contient aucune nouvelle mesure pour leur venir en aide. Ce n’est certainement pas avec une bonification de six millions de son enveloppe pour soutenir les médias que le gouvernement Legault sera en mesure d’étendre le crédit d’impôt aux salles de rédaction des secteurs de la télévision et de la radio, comme le demandent la CSN et la FNCC–CSN.

En matière de lutte aux changements climatiques, le CSN constate que le gouvernement préfère agir sur les effets plutôt que de s’attaquer aux racines du problème. « Quand c’est rendu que les principales annonces du gouvernement portent sur la gestion des sinistres et sur l’augmentation des budgets de la SOPFEU, visiblement, on a un problème de vision à la CAQ », s’inquiète Caroline Senneville.

Enfin, la CSN regrette que le gouvernement n’ait pas entendu le cri d’alarme lancé la semaine dernière par les regroupements venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale, qui demandent d’avoir un budget dédié à la construction de maisons d’hébergement. Malheureusement, le budget ne contient rien pour corriger la situation.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

]]>
Des baisses d’impôt qui hypothéqueront l’avenir du Québec, déplore la CSN https://www.csn.qc.ca/actualites/des-baisses-dimpots-qui-hypothequeront-lavenir-du-quebec-deplore-la-csn/ Tue, 21 Mar 2023 20:34:35 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=88323 Personnel surchargé et épuisé des réseaux de la santé et de l’éducation, logement social, transport collectif, lutte aux changements climatiques, jeunes en difficulté : nombreuses sont les victimes collatérales de l’entêtement de la CAQ à vouloir baisser les impôts et augmenter les versements au Fonds des générations. Le budget du Québec, présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Éric Girard, hypothéquera grandement l’avenir du Québec, déplore la CSN.

« Ce n’est pas parce que c’est une promesse que c’est une bonne idée », a réagi la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Alors qu’on abolit des services dans nos écoles, qu’on ferme des urgences et qu’on ne parvient pas à recruter le personnel nécessaire aux réseaux publics d’éducation et de santé et de services sociaux, le gouvernement Legault préfère priver l’État québécois de plus de 9 milliards au cours des cinq prochaines années plutôt que de réinvestir ces sommes dans nos services publics et notre économie. »

La centrale syndicale dénonce le fait que de nouvelles cibles de réduction de la dette soient dictées par le budget présenté aujourd’hui, et ce, pour les 15 prochaines années. « Sans aucune forme de débat public, le ministre des Finances impose aujourd’hui de nouveaux objectifs de réduction de la dette, et ce, jusqu’en 2038, s’étonne Caroline Senneville. Le Québec demeure la seule province au pays à utiliser ses revenus budgétaires courants pour réduire sa dette. Concrètement, c’est jusqu’à 5 milliards par année que le Québec continuera de pelleter par en avant par l’entremise du Fonds des générations. Il n’est pas surprenant que, dès l’an prochain, les budgets de la Santé et des Services sociaux, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur aient des augmentations nettement en deçà des coûts de système, laissant entrevoir une nouvelle ronde de compressions dans les services à la population. »

Saluant la poursuite des efforts gouvernementaux visant à augmenter les services à domicile pour personnes en perte d’autonomie, la CSN s’inquiète du peu de ressources consacrées aux services de première ligne du réseau de la santé et des services sociaux. La création d’une nouvelle structure, Santé Québec, accaparera pour sa part d’importantes ressources financières dont une large partie aurait dû être consacrée à alléger la tâche du personnel et à réduire le recours grandissant au secteur privé.

Alors que le réseau de l’éducation se voit confronté à un nombre grandissant d’élèves aux prises avec des troubles d’apprentissage, la somme de 12 M$ en 2023 pour les élèves ayant des besoins particuliers s’avère nettement insuffisante, estime la CSN. Quant à la conversion de 5 000 places en services de garde subventionnées, la CSN rappelle que plus de 30 000 familles sont toujours en attente d’une place en centre de la petite enfance ou en milieu familial régi.

En matière d’enseignement supérieur, la CSN s’inquiète des nombreuses références liées à la « culture de l’innovation » et à « l’adoption d’avancées technologiques » contenues dans le budget. « Le budget passe sous silence le consensus du milieu collégial et universitaire, à savoir la nécessité d’un rehaussement des budgets permettant un meilleur soutien aux étudiants et aux étudiantes ainsi qu’un financement inconditionnel, prévisible et non ciblé des établissements d’enseignement supérieur », ajoute la présidente de la CSN.

Alors que les pénuries de main-d’œuvre frappent de nombreuses entreprises en plus des services publics, la CSN demeure peu impressionnée par les mesures préconisées dans le présent budget. « Nous saluons les démarches visant l’intégration socioéconomique et la francisation des nouveaux arrivants, affirme la présidente de la CSN. Toutefois, en matière de formation et de mobilité de la main-d’œuvre, les annonces d’aujourd’hui demeurent bien timides par rapport à l’ampleur des difficultés. Dans plusieurs régions, l’accès au logement demeure un problème criant pour les travailleuses et les travailleurs. Et ce n’est pas avec 1 500 logements abordables additionnels que l’on résoudra ce problème… »

Sur le plan de la lutte aux changements climatiques, la CSN estime grandement insatisfaisantes les annonces faites aujourd’hui. « Il faudrait être daltonien pour y voir un budget vert ! », se désole la présidente de la CSN. « Le budget ne contient aucune mention de moyens concrets pour atteindre les cibles de réduction des gaz à effet de serre. Le gouvernement annonce un risible 5 M$ pour l’innovation en matière de transport, un maigre 10 M$ pour la décarbonisation des entreprises et, malgré un 200 M$ cette année pour contrer la crise postpandémie que traverse le transport en commun, le ministre ne prévoit, à compter de l’an prochain, aucun investissement en matière de transport collectif. Aucun. Et c’est désolant ! »

 

]]>
Baisses d’impôt: le gouvernement du Québec fait fausse route https://www.csn.qc.ca/actualites/baisses-dimpot-le-gouvernement-du-quebec-fait-fausse-route/ Thu, 02 Mar 2023 12:34:10 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87822 Les présidentes et présidents des quatre centrales syndicales, Magali Picard (FTQ), Caroline Senneville(CSN), Éric Gingras (CSQ) et Luc Vachon (CSD), rencontrent ce matin, à 10 h 30, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

Si 2022 devait être l’année au cours de laquelle les Québécoises et les Québécois pouvaient s’attendre à renouer avec une certaine normalité, c’est surtout le retour de l’inflation qui aura marqué leur esprit. Cette conjoncture économique teinte inévitablement les orientations budgétaires et fiscales du gouvernement, qui voit clairement un gain politique à faire en mettant de l’avant des baisses d’impôt. « Il est clair pour nous que le gouvernement fait fausse route en privant le trésor public de ressources essentielles pour soulager la pression dans les services publics, diminuer les tensions qui résultent de la pénurie de main-d’œuvre et relever les nombreux défis du Québec, notamment en matière de lutte aux changements climatiques et de développement économique. Se priver de 2 milliards de dollars dans le contexte où les services publics craquent de partout et où ils atteignent plusieurs points de rupture, c’est incompréhensible et irresponsable! », soutiennent d’emblée les leaders syndicaux.

Dans un mémoire conjoint, les centrales présentent, au total, 21 recommandations déployées autour de quatre grands axes, soit les finances publiques du Québec et la fiscalité, l’état des services publics et les difficultés qui sont vécues par les femmes et les hommes qui y œuvrent, les nombreux enjeux de développement économique et les défis actuels du marché du travail et les attentes des travailleuses et des travailleurs pour une formation qualifiante et accessible.

Le gouvernement justifie sa proposition de baisses d’impôt des particuliers par le fait qu’elles n’impliqueraient pas de compressions budgétaires, étant financées par le Fonds des générations. Or, pour les centrales syndicales, un des moyens les plus sûrs de garantir l’équité intergénérationnelle est d’investir dans le Québec de demain par un financement adéquat en santé et en services sociaux, en éducation et en enseignement supérieur, dans les services de garde éducatifs à la petite enfance et dans les infrastructures publiques, par exemple.

« L’an passé, nous avions demandé la tenue de consultations larges sur la gestion de la dette publique et sur le retour à l’équilibre. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus. Nous réitérons notre demande. Les finances publiques sont saines. Le gouvernement en a assez fait pour accélérer le remboursement de la dette, qui est sous contrôle. Il est grand temps qu’il s’attaque au réinvestissement dans les services publics, plutôt que de promettre des baisses d’impôt », soutiennent les présidences.

Les centrales syndicales soutiennent la décarbonation du Québec d’ici 2050, mais précisent que l’atteinte de cet objectif n’autorise pas le gouvernement à agir dans le désordre. Le Québec a besoin d’une stratégie de transition énergétique cohérente, claire et réfléchie. « Nous demandons au gouvernement de tenir une vaste consultation publique sur l’avenir énergétique du Québec et portant notamment sur les orientations que le gouvernement entend mettre de l’avant. Il devra mobiliser tous les groupes de la société civile pour assurer le succès de cette transition énergétique. Ici comme ailleurs, le dialogue social sera donc essentiel », insistent Magali Picard, Caroline Senneville, Éric Gingras et Luc Vachon.

Les quatre centrales syndicales rappellent aussi au gouvernement l’importance d’accroître ses efforts pour réduire la dépendance du secteur manufacturier aux importations pour ainsi maintenir et accroître la diversité du tissu économique québécois.

Finalement, elles s’accordent aussi à l’effet que les pénuries de main-d’œuvre maintiendront les pressions sur le marché du travail et que, dans ce contexte, le gouvernement doit poursuivre ses efforts pour protéger l’employabilité et la mobilité de la main-d’œuvre en lui offrant les formations adéquates.

« La Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre – appelée loi du 1 % – est plus importante que jamais. Nous exigeons qu’elle soit maintenue, malgré les pressions patronales qui s’exercent aujourd’hui. »

Consulter le mémoire de la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD déposé auprès du ministre des Finances en cliquant ici.

Les leaders syndicaux sont également disponibles pour commenter le mémoire et la rencontre avec le ministre.

]]>
Les montants annoncés par Ottawa sont insuffisants https://www.csn.qc.ca/actualites/les-montants-annonces-par-ottawa-sont-insuffisants/ Tue, 07 Feb 2023 22:44:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=87221 Pour la Confédération des syndicats nationaux, la proposition du gouvernement Trudeau présentée plus tôt aujourd’hui n’est pas à la hauteur des énormes besoins du réseau public de santé et des services sociaux. Si la hausse annuelle annoncée de 5 % semble un minimum en phase avec les attentes de la population, la CSN rappelle que le gouvernement fédéral doit faire davantage pour permettre un réel rattrapage maintenant, après des années de sous-investissement chronique.

Vraiment public
Pour la CSN, l’enjeu du financement adéquat des soins et services en santé et services sociaux est central. Toutefois, peu importe le montant des transferts, une véritable amélioration de la situation dépendra également des choix politiques que fera le gouvernement Legault. Pour assurer la pérennité du réseau public de santé et de services sociaux, il faudra le décentraliser, le démocratiser et le déprivatiser. La CSN met en avant de nombreuses pistes de solution qui peuvent être consultées au csn.qc.ca/vraiment-public.

« Le gouvernement de la CAQ a une occasion extraordinaire de régler plusieurs problèmes, notamment en matière d’accessibilité pour la population, en investissant dans le secteur public, souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Ce serait une grave erreur d’utiliser ces sommes supplémentaires pour accélérer la croissance du secteur privé dont le personnel proviendra du secteur public, déjà à bout de souffle. Toutes les recherches sérieuses le disent, les services en santé et services sociaux coûtent plus cher dans le secteur privé que dans le secteur public. »

]]>
Où sont les mesures structurantes ? https://www.csn.qc.ca/actualites/ou-sont-les-mesures-structurantes/ Thu, 08 Dec 2022 22:28:42 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=85959 Alors que le ministre de l’Économie Éric Girard livrait aujourd’hui à Québec sa mise à jour budgétaire, la CSN constate avec inquiétude que les cinq priorités d’action de la CAQ – la santé et l’éducation, l’économie, l’environnement et le français – sont essentiellement absentes de ce qui a été présenté. En effet, il est plutôt question de mesures saupoudrées non structurantes, et on y parle davantage d’équilibre budgétaire que de véritables enjeux sociaux.

Malgré le ralentissement économique prévu en 2023, des surplus budgétaires sont prévus pour les années à venir. Or, les réinvestissements sont carrément absents pour les Québécoises et les Québécois qui peinent à obtenir les biens et les services dont ils ont besoin. « Ça va prendre plus qu’un “bouclier anti-inflation” pour que le monde puisse correctement gagner leur vie et mettre à manger sur la table. Ce qu’il faut, ce sont des salaires décents et des conditions de travail qui favorisent la rétention du personnel. Et des mesures beaucoup plus équitables que la remise de 800 $ à un couple qui fait 200 000 $ par année, contre 600 $ à une mère monoparentale qui fait 30 000 $ », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Les milliards promis à coup de chèques mal ciblés et de maigres baisses d’impôts puisées à même le Fonds des générations pourraient servir à former du personnel qualifié dans les milieux qui en ont le plus besoin, qu’ils soient publics ou privés. Le Québec pourrait aussi s’offrir la gratuité scolaire aux cycles supérieurs et des mesures d’aide pour le secteur privé en vue d’une transition juste. « L’enrichissement oui, mais pas à tout prix. On a besoin de plus que des mesures anti-inflation à courte vue, Monsieur Legault. Le gouvernement devrait se laisser guider par des indicateurs sociaux et environnementaux, pas simplement par des indicateurs économiques. Pensez aux gens : le PIB n’est pas l’indice de mesure du bonheur », ajoute-t-elle.

Encore la population qui paie le prix
En effet, la centrale syndicale en appelle à un réinvestissement massif dans les services publics, alors que les hôpitaux et les écoles sont vétustes, le personnel des réseaux de la santé et de l’éducation est dans un état plus qu’inquiétant, les services se détériorent chaque jour un peu plus et, dans tous les milieux, la pénurie de main-d’œuvre est criante. « Il y a quelques mois à peine, les aîné-es y ont goûté et maintenant, ce sont les plus jeunes qui en paient le prix, alors que les urgences pédiatriques sont à un fil du point de rupture et que nos enfants doivent garder leur manteau en classe, faute de ventilation.

Pire : ce qu’on nous annonce depuis quelque temps, ce sont des investissements au privé en santé, même si on a déjà joué dans ce film-là et qu’on s’y est cassé les dents. D’autres pays l’ont fait avant nous et sont depuis revenus à un système public. Le privé, c’est un mirage. Ce n’est pas en ouvrant deux mini-hôpitaux qu’on va inventer des médecins et des préposé-es : on fait juste déplumer encore plus le réseau. Il faut réinvestir au public, là où tous les services sont accessibles et où les soins sont offerts sans recherche de profits », martèle la présidente.

Économie verte ou transition juste ?
Des milliers de travailleuses et de travailleurs vont voir leur emploi changer ou disparaître à cause des changements climatiques. La CSN craint que peu ne soit fait pour les accompagner, les former et limiter les dégâts causés par les GES. « Après la COP27 et en pleine COP15, encore une fois, on manque une occasion de prévoir un plan structuré et financé pour accompagner les travailleuses et les travailleurs dont l’emploi est en péril à cause des changements environnementaux. On parle d “économie verte », mais c’est malheureusement le mot économie qui prime », conclut Mme Senneville.

]]>
Le Front commun s’élargit avec l’adhésion de l’APTS https://www.csn.qc.ca/actualites/le-front-commun-selargit-avec-ladhesion-de-lapts/ Wed, 28 Sep 2022 14:42:21 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=84947

Alors qu’une nouvelle ronde de négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public s’amorce, le Front commun est fier d’annoncer que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) joint ses rangs aux côtés de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le Front commun représente maintenant plus de 420 000 travailleuses et travailleurs pour négocier d’une seule voix avec le prochain gouvernement.

« L’arrivée de l’APTS au sein du Front commun démontre la vigueur des liens de solidarité qui unissent nos organisations ainsi que notre détermination à obtenir de meilleures conditions salariales et de travail afin d’améliorer le niveau de vie de nos membres et d’assurer à la population québécoise des services publics accessibles et de qualité », annonce Robert Comeau, président de l’APTS.

« Nous sommes fiers de l’adhésion des travailleuses et travailleurs de l’APTS au Front commun. Pour nos organisations, cette nouvelle ronde de négociations sera la première occasion pour le prochain gouvernement du Québec de donner un nouveau souffle à tous nos réseaux publics, gravement mis sous pression par la pénurie de main-d’œuvre et par la pandémie. Des salaires largement bonifiés ainsi que de meilleures conditions de travail et de pratique seront des éléments clés pour attirer la relève et retenir l’expertise des personnes salariées », poursuivent les chefs syndicaux, François Enault, premier vice-président de la CSN et responsable de la négociation du secteur public et parapublic, Éric Gingras, président de la CSQ et Daniel Boyer, président de la FTQ.

Le Front commun dévoilera ses revendications pour relever ces défis au moment de les déposer au Conseil du trésor cet automne. Rappelons que les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2023.

]]>
Budget provincial : un budget électoraliste et des mesures non ciblées https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-provincial-un-budget-electoraliste-et-des-mesures-non-ciblees/ Tue, 22 Mar 2022 22:27:00 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81999 La Confédération des syndicats nationaux (CSN) déplore que le budget 2022-2023 du gouvernement provincial, présenté aujourd’hui par le ministre Éric Girard, en fasse trop peu pour réparer un Québec et des services publics mis à mal par des années d’austérité et deux ans de pandémie. Qui plus est, le gouvernement fait preuve d’une prudence financière inexplicable alors que la dette est amplement maîtrisée et que la situation financière ne justifie absolument pas une telle prudence.

Les services publics ont encore mal
Malgré des annonces positives pour le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur, la CSN demeure prudente. « On a hâte de connaître les détails pour voir où va aller l’argent. Pour voir si l’on va assister à une véritable relance post-COVID, ou bien si ce seront des mesures saupoudrées. Pour ce qui est de la santé, les montants annoncés sont navrants : ils ne feront que maintenir le niveau actuel du réseau, qui est dans un état lamentable et qui fait face à de graves pénuries de main-d’œuvre », déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Il va falloir que quelqu’un comprenne, à Québec, que ne pas faire de rattrapage massif en santé, après des années de coupures et des mois de délestage, c’est en quelque sorte maintenir l’austérité. La santé et les services sociaux sont un rouage essentiel de l’économie. Sans réinvestissement important, pas d’attractivité pour les travailleuses et travailleurs. Et ce n’est certainement pas le recours au privé qui va régler les choses : ça va plutôt favoriser l’exode du personnel », selon Mme Senneville.

Des mesures peu porteuses pour ceux qui en ont besoin
Pour la centrale syndicale, le montant de 500 $ qui sera remis à plus de 90 % des contribuables est une mesure non ciblée, trop généreuse pour les personnes à hauts revenus, et insuffisante pour ceux qui en ont le plus besoin. Une mesure plus circonscrite contre la hausse du coût de la vie devrait passer entre autres par des hausses de salaires conséquentes pour soutenir efficacement et durablement la population. Et une majoration beaucoup plus importante du salaire minimum, sur lequel le gouvernement pourra prélever taxes et impôts. À propos d’une éventuelle baisse d’impôts, la centrale syndicale est catégorique : cette stratégie profite aux plus nantis tout en nuisant au financement des services donnés à l’ensemble de la population.

En plus des services publics, la relance économique doit passer par des investissements majeurs dans les infrastructures, la formation et la requalification de la main-d’œuvre et dans les milieux qui sont et seront affectés par la transition écologique.

Une « réserve » insensée
« En annonçant vouloir réviser les cibles de réduction de la dette pour les 10 ou 15 prochaines années, le gouvernement détournera des dizaines de milliards de dollars de revenus vers le Fonds des générations et se privera ainsi de réinvestir de façon majeure dans les services publics et le développement économique. Cela laisse croire que les finances sont en mauvais état, ce qui n’est absolument pas le cas. On creuse notre déficit social pour payer une dette qui est largement maîtrisée. Nous, ce qu’on demande, c’est d’investir dans notre présent avant de se priver pour l’avenir », conclut la présidente.

]]>
Budget 2022 : insuffisant pour réparer nos réseaux https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-2022-insuffisant-pour-reparer-nos-reseaux/ Tue, 22 Mar 2022 20:58:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81993 En réaction au budget déposé aujourd’hui, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS–CSN) aurait souhaité que le gouvernement en fasse davantage pour aider nos réseaux mal en point après deux ans de pandémie. Pour la FSSS–CSN, il aurait fallu aller chercher les revenus nécessaires pour avoir les moyens de nos ambitions pour réparer nos réseaux.

« Notre réseau de la santé et des services sociaux subit de plein fouet les impacts de la pandémie. C’est plus que du rattrapage : il faut aussi s’assurer de fournir plus d’investissements qui assureront son attractivité auprès du personnel et l’accessibilité de ces services pour la population. Comme une anomalie dans le système que le gouvernement ne veut pas résoudre, le privé en santé est la brèche qui fait que notre réseau public ne peut pas se rétablir. Notre réseau a besoin d’une refondation en profondeur, basée sur les principes de décentralisation, de démocratisation et d’amélioration des conditions de travail. Une réforme telle que celle-là aura besoin de financement pour se réaliser pleinement et ainsi répondre aux besoins de la population québécoise. C’est un budget qui manque d’ambitions et qui n’en fait pas assez pour régler l’enjeu du manque de personnel », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Il en va de même pour les services de garde éducatifs à l’enfance, souligne Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN. « On nous a promis 37 000 nouvelles places. Les familles ne peuvent attendre encore 18 mois, voire 2 ans, avant de concrétiser le tout. Pourtant, ce n’est pas faute de les avoir informés de la situation du réseau dès le début de leur mandat. Le recul des droits des femmes pendant la pandémie est un fait qui ajoute à la situation. Si on y additionne le manque de places de qualité et à contribution réduite, cela devient une catastrophe pour de nombreuses jeunes familles et surtout pour les femmes alors contraintes dans beaucoup de cas de demeurer à la maison. Le gouvernement doit en faire plus pour appuyer les travailleuses des services de garde et les familles ! »

Avec le vieillissement de la population, la FSSS–CSN est également déçue de constater le peu d’investissement supplémentaire pour les soins et les services à domicile. « C’est un investissement avec lequel tout le monde gagnerait, puisqu’il revient moins cher que d’aller en centre d’hébergement. Qui ne souhaite pas vieillir à la maison ? Pourtant, le gouvernement ne met pas en place ce qu’il faut pour rattraper le retard du Québec », de conclure Réjean Leclerc.

]]>
La CSN demande la fin des versements au Fonds des générations https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-demande-la-fin-des-versements-au-fonds-des-generations/ Fri, 18 Mar 2022 15:39:13 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81947 Alors que Québec prévoit avoir atteint sa propre cible d’endettement au 31 mars de cette année, la CSN réclame la fin du versement annuel au Fonds des générations afin que ces milliards, qui auront finalement eu depuis 2006 un effet limité sur la réduction du ratio dette brute/PIB, soient réinvestis en financement des services publics, dans les programmes sociaux, les infrastructures, la formation des salarié-es et des mesures environnementales.

« Il faut se rappeler que ces milliards ne sont pas de nouveaux revenus, mais des sommes qui, pour l’essentiel, étaient destinées au financement des services publics avant la création du fonds. Pour la CSN, il est inacceptable que le Québec se prive de marges de manœuvre récurrentes de 4 milliards $ pour rembourser une dette qui est sous contrôle. Surtout dans un contexte de grave sous-financement des services publics, après des années d’austérité et deux ans de pandémie » dénonce Caroline Senneville, présidente de la confédération.

Les constats émis par de nombreux économistes réputés vont dans le même sens. « Ce qu’ils nous disent, c’est qu’il n’est pas normal que, lors de la première vague, moins de 300 personnes COVID-positives aient suffi à mettre sur pause une économie de 8 millions d’habitants. Pas normal non plus que le Québec soit la province qui a le moins de lits d’hôpitaux par habitant, que nous soyons parmi les provinces qui dépensent le moins par élève ou par étudiant en éducation et en enseignement supérieur, que la bonification du nombre de places dans les services de garde éducatifs en CPE n’aboutisse pas, que les CHSLD et les RPA soient en piteux état, que les pénuries de main-d’œuvre frappent un peu partout. Nous, ce qu’on demande, c’est d’investir dans notre présent avant de se saigner pour l’avenir », ajoute la présidente.

« Le Fonds des générations, malgré son nom très “marketing”, est en fait constitué de montants extrêmement importants qui vont au remboursement de la dette alors que les finances sont déjà en bon état. Ce détournement budgétaire explique en partie le sous-financement des services publics et des programmes sociaux. Si le gouvernement décide de prolonger la mécanique du fonds et d’y investir chaque année des milliards, il va falloir se poser de sérieuses questions sur ses priorités et son engagement envers ses citoyens », déclare pour sa part Yvan Duceppe, trésorier de la CSN.

Les projections du gouvernement témoignent des sommes excessives consacrées au remboursement de la dette. « Ce que les économistes nous disent, c’est que la dette est beaucoup moins coûteuse qu’il y a 15 ou 20 ans, en raison des faibles taux d’intérêt, qui devraient rester bas dans un avenir prévisible. Ils disent également qu’il faut maintenant investir de manière importante dans les domaines qui favoriseront le développement économique et social, ajoute le trésorier. En plus de réinvestir massivement dans nos réseaux publics, il faut maintenir des aides aux milieux les plus touchés par la pandémie (les arts et la culture, l’hôtellerie, la restauration, les commerces de détail) et offrir aux travailleuses et aux travailleurs de meilleures formations et requalification de la main-d’œuvre », affirme M. Duceppe.

« L’humain doit être placé au centre de notre vision économique. Il n’y aura pas de développement digne de ce nom tant que des gens seront incapables d’aller travailler à cause de problèmes d’épuisement ou de santé mentale. Tant que le corps professoral et les parents devront se battre dans un système scolaire malmené et en manque de ressources. Tant que des milliers de gens attendront une chirurgie pour leur cancer ou pour reconstruire leur genou. Tant qu’il n’y aura pas de formation adéquate pour les travailleuses et les travailleurs, de mesures contre la pénurie de main-d’œuvre et de transition juste pour s’adapter aux changements climatiques, conclut Mme Senneville. Il y a urgence de réinvestir maintenant pour un demain plus prospère pour toutes et tous. »

]]>
Des syndicats de la fonction publique québécoise réclament des actions concrètes https://www.csn.qc.ca/actualites/des-syndicats-de-la-fonction-publique-quebecoise-reclament-des-actions-concretes/ Mon, 14 Mar 2022 14:50:54 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81892 Afin d’endiguer les problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui mettent à mal les services publics, des syndicats représentant plus de 40 000 travailleurs et travailleuses de la fonction publique au Québec réclament des actions concrètes du gouvernement Legault. « Tous les employeurs du Québec font présentement des pieds et des mains afin d’attirer et de retenir le personnel nécessaire à leurs activités. Tous, sauf la fonction publique du Québec, qui semble penser qu’elle existe en dehors des contraintes du marché de l’emploi. Cette inaction pèse de plus en plus lourd sur les services publics au Québec et sur leur capacité à demeurer disponibles pour la population », expriment les organisations syndicales regroupant le SFPQ, le SPGQ, l’APIGQ, le SAPSCQ-CSN et le SAPFQ. Ces dernières demandent de rencontrer rapidement la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, pour discuter des solutions à mettre en place et elles espèrent voir apparaître des mesures dans le budget du Québec la semaine prochaine.

« Les conséquences du manque de personnel dans les services à la population ne cessent de s’accumuler et d’être répertoriées dans les médias : surcharge de travail au Curateur public, attente interminable au téléphone pour obtenir de l’aide, activités au ralenti dans les palais de justice. Le travail dans la fonction publique doit être valorisé au même titre que certains emplois en santé, en éducation et dans les services de garde », affirme Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

Ces impacts sur les services offerts à la population sont en lien direct avec les difficultés pour l’État d’attirer et de retenir du personnel expérimenté. « La liste des emplois en pénurie dans la fonction publique est longue comme le bras : psychologues, médecins vétérinaires, agronomes, inspecteurs, architectes, informaticiens, et j’en passe. La réalité, c’est que le personnel de la fonction publique ne cesse de s’appauvrir et ils sont de plus en plus nombreux à aller chercher de meilleures conditions ailleurs », déplore Line Lamarre, présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Cette rareté de la main-d’œuvre se traduit également par un manque criant de personnel au sein de certains établissements de détention. Laissant craindre pour la santé et la sécurité du personnel, mais aussi des détenus. « À force d’ignorer le travail essentiel des agentes et agents en services correctionnels, le gouvernement récolte ce qu’il a semé. La profession n’est guère attirante et la relève est difficile parce que le gouvernement ne déploie aucun incitatif », indique Mathieu Lavoie, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels au Québec (SAPSCQ-CSN).

Le manque de personnel entraîne aussi l’affaiblissement de l’expertise interne du gouvernement de plus en plus dépendant de ressources externes, que ce soit dans les technologies de l’information ou dans les travaux publics. Près de 1000 postes sont actuellement disponibles en informatique et des centaines au ministère des Transports, pour ne nommer que ceux-là.

L’affaiblissement de l’expertise interne du gouvernement en ingénierie est dénoncé chaque année par tous les experts crédibles, notamment le Vérificateur général du Québec. La précarité troublante de nos infrastructures publiques, que l’on connaît aujourd’hui, est symptomatique d’une fonction publique affaiblie. Cette triste situation est l’héritage d’une orientation politique qui s’est instituée au début des années 2000 et qui est fondée sur la sous-traitance disproportionnée. La rareté de la main-d’œuvre qualifiée est un frein au renforcement de l’expertise interne du gouvernement. « Ainsi, l’encadrement gouvernemental des travaux d’infrastructures se détériore en fonction des impératifs du marché. L’attraction d’une expertise confirmée devient des plus urgente comme jamais auparavant » déplore Marc-André Martin, président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ).

L’impact de la pénurie se fait sentir autant dans les activités des ministères et organismes dans les grands centres que dans les régions. « Il manque cruellement d’agentes et d’agents de protection de la faune pour être en mesure d’assurer une couverture territoriale efficace, sécuritaire et opérationnelle. Moins de personnel pour veiller sur la ressource faunique entraîne une plus grande facilité pour le braconnage. La chute drastique d’effectif des dernières années constitue une menace pour toute l’industrie de la chasse et de la pêche, laquelle engendre près de deux milliards de dollars en retombées économiques annuellement. Bientôt, ça sera nous, les agents et agentes de protection de la faune, qui seront une espèce en voie de disparition; il faut agir dès maintenant ! », lance Martin Perreault, président provincial du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec (SAPFQ).

]]>
Bâtir une économie plus durable, résiliente et solidaire https://www.csn.qc.ca/actualites/batir-une-economie-plus-durable-resiliente-et-solidaire/ Mon, 14 Feb 2022 19:02:46 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81590 Les présidents et la présidente des quatre centrales syndicales, Daniel Boyer (FTQ), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ) et Luc Vachon (CSD), rencontrent cet après-midi, à 13 h 30, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

« Il est clair, pour nous, que la crise sanitaire des deux dernières années illustre la nécessité de changer d’approche en matière de finances publiques. La pandémie a jeté un éclairage cru sur l’héritage de décennies de compressions dans les services publics en révélant leurs failles et l’essoufflement de leur personnel. Le gouvernement doit continuer à intervenir pour consolider une reprise économique durable dans tous les secteurs et répondre, notamment, aux défis de la rareté de main-d’œuvre », soutiennent d’emblée les leaders syndicaux.

Dans un mémoire conjoint, les centrales présentent, au total, seize recommandations déployées autour de quatre grands axes, soit la gestion de la dette publique et éviter un retour à l’austérité budgétaire; un réinvestissement dans les services publics pour prévenir l’essoufflement total du personnel dans les réseaux; le développement économique postpandémie; et la nécessité de répondre aux besoins des travailleuses et travailleurs, notamment sur les enjeux liés à la rareté de la main-d’œuvre et à la formation.

« De plus, dans la perspective de privilégier des mesures qui répondent d’abord et avant tout aux besoins de la population québécoise, le gouvernement doit cesser les versements au Fonds des générations et éviter tout retour à l’austérité budgétaire. »

Elles font aussi valoir que, bien que l’économie dans son ensemble, les revenus de l’État de même que le marché du travail ont retrouvé un dynamisme certain, il est vrai que quelques secteurs, plus touchés par les mesures sanitaires, roulent toujours au ralenti.

La pandémie aura évidemment entraîné des bouleversements qui s’échelonneront sur plusieurs années, même après un retour à une certaine normalité. Les centrales mettent donc en garde le gouvernement contre une fin abrupte du financement des mesures de soutien et de relance, autant en santé et services sociaux, en éducation, en enseignement supérieur que dans les autres ministères. Dans la même perspective, elles demandent aussi à Québec de déployer des efforts sur les mesures de soutien à long terme afin que les entreprises demeurent viables et en activité pour alimenter la croissance économique à venir.

« Les Québécoises et les Québécois ont besoin que l’on investisse dans l’avenir. C’est pourquoi le prochain budget doit être un appui ferme à une véritable relance afin de bâtir une économie plus durable, résiliente, solidaire et verte. Et, pour y arriver, l’instauration d’un dialogue social ouvert et constructif sera nécessaire pour que les travailleuses et les travailleurs puissent faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations en matière d’emploi, de formation, de protection sociale ou de soutien du revenu », soutiennent Daniel Boyer, Caroline Senneville, Éric Gingras et Luc Vachon, ajoutant que les organisations syndicales connaissent leurs secteurs d’activités et peuvent jouer un rôle de premier plan dans cette relance.

]]>
Mini-budget du Québec : des investissements pour vivre dignement https://www.csn.qc.ca/actualites/mini-budget-du-quebec-des-investissements-pour-vivre-dignement/ Thu, 25 Nov 2021 23:42:24 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81073 Alors que le Québec vit une reprise économique exceptionnelle, la CSN salue les investissements faits en santé et en éducation notamment, mais également les initiatives pour pallier la pénurie de main-d’œuvre. Elle s’attend maintenant à ce que les annonces faites aujourd’hui soient réalisées de façon structurante et pérenne, et insiste pour rappeler que miser sur une croissance des salaires doit constituer un des éléments-clés du plan de match gouvernemental pour cette année et celles à venir. Parce qu’un plan économique ambitieux doit absolument inclure une amélioration concrète des conditions de vie des Québécois et Québécoises et un salaire minimum à 18 $ l’heure.

Services publics
Les choix politiques et économiques des dernières décennies ont eu un impact important sur les services publics. La crise sanitaire a révélé au grand jour – et de façon brutale – les conditions salariales et de travail extrêmement difficiles pour bien des travailleuses et travailleurs.

« N’oublions pas que le Québec traverse une crise considérable. Qu’on pense aux systèmes de santé constamment au bord de l’asphyxie, à notre réseau de la petite enfance mal-aimé et ses travailleuses mal payées; au milieu de l’éducation sous-financé… Des mesures visant l’attraction et la rétention du personnel devront être permanentes afin de pallier durablement les lacunes rencontrées durant la pandémie, et ce, dans toutes les catégories d’emploi. On a bien hâte de voir comment les montants annoncés vont se traduire sur le terrain », déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« On salue les efforts du gouvernement pour tenter de contrer la pénurie de main-d’œuvre en santé, en services de garde et dans le domaine de l’éducation, notamment avec la mise en place de bourses incitatives versées aux étudiants. Mais on va attendre de voir comment ça va se mettre en branle pour tous les secteurs et tous les titres d’emploi avant de sauter de joie », ajoute Mme Senneville.

Services de garde
Malgré les sommes annoncées aujourd’hui, il est déplorable que le gouvernement n’utilise pas le budget promis par le fédéral pour les services de garde alors que les besoins sont criants. « On ne va pas cracher dans la soupe, le 1,2 milliard $ annoncé aujourd’hui est de bon augure. Mais le gouvernement va recevoir 6 milliards $ du Fédéral. Il a donc encore beaucoup de marge de manœuvre. Dans un même ordre d’idées, il aurait été intéressant que la bonification des crédits pour frais de garde aille dans la consolidation du réseau public », précise la présidente.

Arts et culture
La CSN se réjouit de constater que le gouvernement souhaite mettre en place des mesures budgétaires pour soutenir le secteur des arts et de la culture. Néanmoins, celles-ci ne doivent pas remplacer la réforme de la Loi sur le statut de l’artiste pour laquelle s’est engagé le gouvernement au cours du présent mandat.

Transition juste
La CSN reconnait que les montants annoncés pour contrer la rareté de main-d’œuvre témoignent d’un effort intéressant. Cependant, plusieurs secteurs du domaine privé semblent avoir été oubliés. « La transition économique liée à la crise climatique doit absolument être juste : le gouvernement doit veiller à ce que celle-ci se fasse en créant des emplois de qualité dans les technologies propres et en limitant les pertes d’emplois dans les secteurs à risque. Des mesures phares pour favoriser la requalification des travailleuses et des travailleurs, comme la reconduction du Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation, et le renouvellement de la Politique québécoise d’éducation des adultes et de formation continue sont essentielles. Un salaire minimum à 18 $ l’heure l’est tout autant », conclut Caroline Senneville

]]>
La CSN demande des investissements avant l’équilibre budgétaire https://www.csn.qc.ca/actualites/la-csn-demande-des-investissements-avant-lequilibre-budgetaire/ Wed, 24 Nov 2021 20:15:23 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=81056 À la veille de la mise à jour budgétaire du gouvernement provincial, la CSN souhaite rappeler au gouvernement qu’il doit profiter de l’occasion pour proposer des solutions innovantes, structurantes et pérennes pour contrer l’effritement du filet social et les enjeux de travail. Alors que la situation économique est plus favorable et que les prévisions budgétaires des derniers mois se sont améliorées, l’heure est aux réinvestissements.

En effet, la crise sanitaire a révélé au grand jour – et de façon brutale – les conditions salariales et de travail extrêmement difficiles pour bien des travailleuses et travailleurs, notamment ceux dans les secteurs économiques considérés comme essentiels. Sans parler de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit. Les choix politiques et économiques des dernières décennies ont eu un impact important sur les services publics. « Renforcer le filet social de manière durable et miser sur une croissance des salaires doivent constituer des éléments clés de la relance », avance Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Compte tenu du sous-financement des services publics, le gouvernement doit investir de manière à assurer une mise à niveau de ses services à moyen terme. La croissance des dépenses de programmes prévues à compter de 2022-2023, à 2,3 %, est trop faible pour atteindre cet objectif et ne permettra pas de résoudre de façon durable le problème d’attraction et de rétention de main-d’œuvre dans les réseaux publics.

« Le Québec traverse une crise considérable, qu’on pense aux systèmes de santé constamment au bord de l’asphyxie, à notre réseau de la petite enfance mal-aimé et ses travailleuses mal payées ; au milieu de l’éducation sous-financé, et aux secteurs entiers de l’économie qui sont en grand chamboulement. La relance économique doit passer par des investissements majeurs dans les services publics et dans les milieux qui sont et seront affectés par la transition écologique. Pas par l’obsession de l’équilibre budgétaire », insiste Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Doivent faire partie de la relance économique :

  • Un réinvestissement majeur dans les services publics non seulement cette année, mais pour les années à venir ;
  • La fin de l’opposition entre économie et environnement: un plan de lutte aux changements climatiques qui permettra d’atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La transition énergétique doit être juste : le gouvernement doit veiller à ce que celle-ci se fasse en créant des emplois de qualité dans les technologies propres et en limitant les pertes d’emplois dans les secteurs à risque ;
  • Des mesures phares pour favoriser la requalification des travailleuses et des travailleurs, comme la reconduction du Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation et le renouvellement de la Politique québécoise d’éducation des adultes et de formation continue ;
  • Un salaire minimum à 18 $/l’heure, le montant minimal pour sortir une personne qui travaille à temps plein, de la pauvreté.

Le tout, en mode discussion avec les acteurs concernés. « Gouverner par décrets ne favorise pas le dialogue social. Nous, on veut contribuer à régler les enjeux de pénurie de main-d’œuvre, à soutenir les services publics, à mettre en place une politique industrielle juste pour toutes et tous. Il n’y a pas d’économie saine sans services publics ni environnement sain. Si le gouvernement va dans cette direction, nous répondrons présent », conclut la présidente.

]]>
Le budget provincial : des promesses séduisantes, un accueil mitigé https://www.csn.qc.ca/actualites/le-budget-provincial-des-promesses-seduisantes-un-accueil-mitige/ Fri, 26 Mar 2021 19:54:39 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78754 « L’enseignement supérieur a été déclaré comme un service essentiel ainsi qu’une priorité par le gouvernement Legault. On ne peut que se réjouir de l’attention qu’accorde enfin ce gouvernement aux études postsecondaires, mais le détail des investissements montre qu’il y aura finalement peu d’argent accordé aux enseignantes et aux enseignants des réseaux collégial et universitaire », constate Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN). 

Malgré un déficit prévu de 12,5 G$ en 2021-2022, le ministre des Finances, Éric Girard, injecte 700 M$ de dollars en enseignement supérieur jusqu’en 2026. Nous nous réjouissons qu’une bonne partie de ces sommes vienne en aide aux étudiantes et aux étudiants, qui ont particulièrement souffert des impacts de la pandémie. Nous nous interrogeons toutefois sur les mesures d’encouragement, qui ciblent des domaines particuliers (notamment les technologies de l’information) au détriment des autres. Nous tenons à rappeler que l’enseignement supérieur n’est pas au service des besoins du marché de l’emploi. 

Par ailleurs, nous constatons que, du primaire à l’université, le gouvernement mise de manière insistante sur le virage numérique, l’intelligence artificielle et le déploiement de solutions informatiques. Nous ne partageons pas cet engouement pour la technologie. L’enseignement en présence doit être maintenu et favorisé dans tous les ordres d’enseignement, et il ne faut surtout pas tirer de conclusions hâtives de la pandémie. Cependant, les décisions concernant l’utilisation des sommes annoncées devront refléter les préoccupations et les besoins exprimés par les enseignantes et les enseignants, qui ont été au premier plan de l’adaptation et de la poursuite des activités d’enseignement durant la dernière année. Nous craignons que de tels investissements ne fassent qu’alimenter la concurrence entre les établissements. 

Quant au primaire et au secondaire, la Fédération se réjouit des investissements de 170 millions annoncés pour « Soutenir la consolidation des apprentissages en contexte de crise sanitaire », mais signale que la nature de ces investissements devra être précisée en collaboration avec le personnel enseignant. De plus, les 70 M$ octroyés « afin de valoriser la profession enseignante et les carrières en éducation, de soutenir les étudiants en enseignement et leur intégration en emploi ainsi que de mobiliser les personnes qui travaillent au quotidien auprès des élèves du Québec » d’ici 2025-2026 risquent de s’avérer bien insuffisants. 

La Fédération accueille favorablement le soutien annoncé de 41 M$ d’ici 2025-2026 pour les établissements d’enseignement supérieur en région, mais elle souligne néanmoins que les besoins sont beaucoup plus importants. 

« L’éducation et l’enseignement supérieur forment les citoyennes et les citoyens qui façonneront la société québécoise. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de sortie de crise difficile, il s’avère important de bien les soutenir. Qu’enfin le déficit provincial ne représente plus un frein constitue une bonne nouvelle », souligne Caroline Quesnel. 

Vigilance et regrets
Personne ne peut ignorer que l’enseignement en mode non présentiel a accentué les inégalités et a eu un impact important sur la motivation ainsi que le parcours scolaire de milliers d’étudiantes et d’étudiants. La situation a alourdi considérablement la tâche des enseignantes et des enseignants et elle devrait perdurer durant les prochains mois, si ce n’est les prochaines années. L’annonce d’aujourd’hui est ainsi bien accueillie par la Fédération, qui, malgré tout, restera vigilante afin que les sommes injectées soutiennent concrètement le personnel enseignant des cégeps et des universités et répondent enfin aux besoins criants qu’ils expriment depuis plusieurs années. 

Par ailleurs, la Fédération attend avec impatience la publication du Plan d’action pour la réussite en enseignement supérieur, doté d’un budget de 150 M$ d’ici 2025-2026. Nous mettons toutefois en garde le ministère sur le danger de concevoir la réussite uniquement en fonction de l’atteinte de cibles de diplomation sans tenir compte des impacts de la pandémie sur la persévérance et la motivation étudiantes.   

La FNEEQ-CSN, qui représente notamment les enseignantes et des enseignants dans 45 établissements collégiaux publics, soit environ 85 % d’entre elles et eux, dénonce, à l’instar de la CSN, qu’aucune somme ne soit prévue afin de régler les négociations du secteur public. Si le gouvernement veut reconnaître la contribution des salarié-es de l’État dans la santé, dans les organismes gouvernementaux de même que dans l’éducation et l’enseignement supérieur, les bons mots ne suffisent pas : les actes doivent suivre la parole.  

Nous regrettons que le gouvernement ait décidé de maintenir les versements au Fonds des générations et qu’il ne procède pas à la révision majeure de la fiscalité souhaitée par la Coalition Main rouge, dont elle est membre. Ce faisant, l’État se prive encore une fois de ressources importantes pour soutenir les services publics. Aussi, la décision de la CAQ d’uniformiser le taux de taxe scolaire privera l’éducation et l’enseignement supérieur de plus de 3,6 G$ entre 2020 et 2026. Tout porte à croire qu’à la suite des prochaines élections provinciales, le Québec subira une autre cure d’austérité. Les membres de la FNEEQ-CSN seront une fois de plus prêts et prêtes à se battre !

]]>
Budget : Des investissements nettement insuffisants pour relever les services publics https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-des-investissements-nettement-insuffisants-pour-relever-les-services-publics/ Fri, 26 Mar 2021 11:49:38 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78716 Tôt ce matin, des travailleuses et des travailleurs des services publics, membres de la CSN, ont manifesté devant les bureaux du ministre des Finances, Éric Girard, à Montréal. Munis d’une grande bannière sur laquelle on pouvait lire « Les services publics s’écroulent. La CAQ doit agir! », les militantes et les militants présents en avaient long à dire sur le manque de courage politique du gouvernement pour régler la crise qui perdure dans les réseaux depuis des années.

« La situation est catastrophique dans les services publics. Le Québec tout entier en a pris conscience au cours de la dernière année. Comment le gouvernement peut-il toujours refuser de faire ce qu’il faut pour que la crise dans les réseaux se résorbe enfin? » a lancé Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Pour l’organisation syndicale, qui représente plus de 160 000 employé-es dans tous les secteurs des services publics, il est clair que les sommes prévues dans le budget du Québec pour financer les réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation ne répondent pas aux besoins criants, qui vont bien au-delà la crise sanitaire. « À la question, a-t-on les moyens d’investir davantage, nous répondons a-t-on les moyens de ne pas le faire? C’est le manque d’investissement des dernières décennies qui nous a menés là où nous sommes, avec des services publics en piteux état. Les Québécoises et les Québécois méritent mieux », a ajouté Mme Senneville.

Les militantes et les militants de la CSN tenaient aussi à dénoncer l’hypocrisie du premier ministre et de son gouvernement qui portent un certain discours publiquement et un tout autre discours aux séances de négociation qui se tiennent depuis plus d’un an pour le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs des services publics. « Devant les caméras, c’est toujours Merci, Merci, Vous êtes des héros, mais lorsque vient le temps de poser des gestes concrets pour améliorer significativement les conditions de travail et les salaires de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui prennent soin de la population du Québec, c’est silence radio aux tables de négociation. »

La vice-présidente de la CSN a tenu à conclure la manifestation par une mise en garde au gouvernement de la CAQ : « Nous luttons pour que les Québécoises et les Québécois aient accès à des services publics de qualité, des services auxquels ils ont droit. Les enjeux sont trop importants pour que nous baissions les bras. Nous n’avons pas dit notre dernier mot! »

]]>
Budget : le ministre des Finances entend en partie raison https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-le-ministre-des-finances-entend-en-partie-raison/ Thu, 25 Mar 2021 23:05:21 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78713 La CSN constate que le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a finalement mis le dogmatisme de côté et entendu raison, en partie, quant au report de deux ans du retour à l’équilibre budgétaire. Cette flexibilité, souhaitée par la centrale syndicale, permettra au gouvernement d’éviter les coupes draconiennes dans les principales missions sociales de l’État.

« On ne peut nier les efforts consentis par le ministre des Finances quant à la croissance des dépenses de programmes, reconnaît le président de la CSN, Jacques Létourneau. Mais il reste tellement de manque à gagner pour rattraper les effets dévastateurs des années d’austérité que nous avons connues, il reste tant de besoins de la population auxquels nos réseaux publics sont incapables de répondre que nous sommes en droit de nous demander si les investissements seront suffisants. D’autant plus que l’on poursuivra les versements au Fonds des générations, même dans un contexte déficitaire. Juste pour l’année qui se termine, c’est une somme de trois milliards, dont nous aurions eu grandement besoin. C’est un non-sens complet que le gouvernement envisage de se priver de ce même montant pour l’année qui s’amorce. »

Haro en santé et en éducation
Pour la CSN, la croissance anticipée des dépenses en santé et en services sociaux ne permettra pas de mettre un frein à l’effritement de plusieurs missions fondamentales de l’État. « Lorsqu’on retire toutes les mesures devenues nécessaires strictement en raison de la pandémie, on constate une stagnation, voire une régression de certains budgets, notamment dans les services sociaux. Malheureusement, malgré les histoires d’horreur que nous entendons chaque jour, que ce soit en santé mentale, à la protection de la jeunesse ou encore dans les soins pour les aînés, dans les faits, le budget présenté aujourd’hui laisse entrevoir une réduction du panier de services. Et pas seulement en 2022 », souligne Jacques Létourneau.

Le gouvernement demeure muet quant au renouvellement des conventions collectives du secteur public, déplore la centrale syndicale. « On le sait et le gouvernement le sait aussi : le principal obstacle à la dispensation des services de santé et d’éducation, c’est le manque criant de main-d’œuvre dans nos réseaux publics, rappelle le président de la CSN. Et tout le monde le reconnaît, la principale raison de ce manque de main-d’œuvre, ce sont les mauvaises conditions de travail du secteur public, tant sur le plan des salaires que de la charge de travail. Or, le budget ne contient aucune indication laissant envisager le nécessaire coup de barre que nous attendions de la part du gouvernement. »

Des sommes nettement insuffisantes pour les femmes victimes de violence
La CSN déplore vivement les sommes faméliques réservées aux centres venant en aide aux femmes victimes de violence. « On compte déjà sept féminicides de trop cette année. Faute de moyens, les maisons d’hébergement doivent refuser 75 % des demandes qu’elles reçoivent. Et le ministre des Finances nous annonce aujourd’hui qu’il injectera… moins de cinq millions cette année. Quel est l’objectif du gouvernement, d’abaisser à 71 ou 72 % le nombre de demandes refusées ? »

La centrale syndicale aurait également souhaité des mesures beaucoup plus costaudes pour favoriser la création de places en services de garde subventionnés. « Il y a plus de 50 000 enfants dont les parents sont en attente d’une place en CPE ou en milieu familial régi, rappelle Jacques Létourneau. Or, c’est moins de vingt millions qui seront alloués à la « stimulation » de la création de nouvelles places. Quand on sait à quel point les femmes ont été les premières victimes de la pandémie, qu’elles ont été deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir perdu leur emploi, il faut tout faire pour favoriser leur retour sur le marché du travail, notamment en consolidant nos services de garde. Malheureusement, l’occasion en ce sens est aujourd’hui ratée. »

]]>
Budget du Québec : se donner tous les moyens https://www.csn.qc.ca/actualites/budget-du-quebec-se-donner-tous-les-moyens/ Mon, 08 Feb 2021 12:10:55 +0000 https://www.csn.qc.ca/?post_type=csnqc_actualite&p=78403 Alors que la deuxième vague continue de s’abattre sur notre société, il va sans dire que les défis qui attendent le Québec sont gigantesques. Non seulement pour redémarrer l’économie, mais également pour s’assurer que nos institutions publiques, particulièrement nos réseaux de santé et d’éducation, soient en mesure de soutenir nos efforts en matière de relance économique et sociale.

Devant des défis d’une telle ampleur, il nous apparaît insensé que le Québec ne puisse compter sur l’ensemble des moyens qui sont à sa disposition. C’est en ce sens que nous interpellons aujourd’hui le ministre des Finances du Québec en vue du dépôt du prochain budget.

Le gouvernement doit rompre avec la stratégie d’austérité budgétaire qu’il poursuit depuis maintenant 25 ans. Il est aberrant que le carcan financier imposé par le retour à l’équilibre budgétaire et les versements au Fonds des générations — deux mesures adoptées dans un tout autre contexte et qui, de surcroît, avaient rempli leurs objectifs avant le début de la pandémie ! — continuent de miner notre capacité à nous sortir de la crise actuelle. Pourtant, au cours des deux dernières décennies, les finances publiques du Québec se sont grandement améliorées : la dette nette est désormais comparable à celles des gouvernements du Canada et de l’Ontario et, contrairement à celui du Québec, aucun de ces gouvernements ne détourne une part de ses revenus courants vers le remboursement de sa dette publique.

Une vaste majorité d’analystes s’entendent pour dire qu’un retour à l’équilibre budgétaire dès 2025 est irréaliste sans devoir hausser les impôts ou couper dans les dépenses publiques. Une solution souhaitable serait de repousser cette date butoir, comme le gouvernement l’a fait à la suite de la crise économique de 2008 dont l’ampleur était pourtant moins grave que celle d’aujourd’hui.

En pleine pandémie, il est inconcevable que le gouvernement s’oblige à dégager un surplus de près de 3 milliards de dollars afin de rembourser la dette publique à partir des revenus courants. Cela constitue une politique d’austérité budgétaire. L’état du ratio dette nette/PIB du Québec, inférieur à ceux de l’Ontario et de nombreuses économies de l’OCDE, milite en faveur d’une suspension des versements au Fonds des générations — tout comme la faiblesse actuelle et à venir des taux d’intérêt, et donc du service de la dette.

On s’en doute, le Québec a des besoins immédiats beaucoup plus importants, y compris pour ces « générations futures » qui, dans l’immédiat, se butent au sous-financement chronique de notre réseau d’éducation.

Bien que nous soyons entièrement d’accord avec la volonté du gouvernement du Québec de voir le gouvernement fédéral augmenter sa contribution aux coûts du système de santé, force est de constater qu’il fait piètre figure à ce chapitre : il se classe à l’avant-dernier rang des provinces en matière de dépenses en santé, accusant un écart de 333 $ par habitant sous la moyenne canadienne.

Pour nos organisations, il est urgent d’investir massivement dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation.

Faut-il, une fois de plus, faire ici la démonstration des liens directs entre les piètres conditions de travail du secteur public et les graves problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre qui ont miné la capacité de nos services de santé et d’éducation — sans parler des services de garde, essentiels au plein emploi et à la croissance économique — à répondre aux impacts de la pandémie ?

Les conditions de travail des employé-es des services publics ne peuvent plus être la variable servant à accélérer le retour à l’équilibre budgétaire. Avant même de pouvoir envisager un règlement dans le cadre des négociations du secteur public, il revient au ministre des Finances de s’assurer que la croissance des budgets alloués aux dépenses de programmes des principales missions de l’État permette l’amélioration des conditions de travail du secteur public et l’embauche du personnel nécessaire à la prestation de ces services.

Dans son budget, le ministre des Finances devra prévoir un financement adéquat d’un plan de relance de l’économie. Dès le printemps dernier, nous demandions au gouvernement d’instaurer les bases d’un véritable dialogue social avec la société civile pour discuter des différents moyens appropriés pour appuyer les travailleuses, les travailleurs et les entreprises dans leurs efforts de numérisation, de robotisation, de formation et de transition écologique, pour ne nommer que ceux-là.

Malheureusement, cet appel ne semble pas avoir été entendu par le premier ministre. Encore moins par son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dont la quête de « synergies » et de « pôles d’innovation » ne semble pas s’aventurer au-delà des portes closes d’un cercle restreint d’initiés.

Ce sont les membres que nous représentons, faut-il le rappeler, qui ont subi de plein fouet les impacts de la crise. Dans l’ensemble des démarches pour la relance de l’économie, nous estimons nécessaire d’instaurer ce dialogue social afin que les travailleurs et les travailleuses puissent faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations en matière d’emploi, de formation et de transformation de leurs milieux de travail. Les organisations syndicales connaissent leurs secteurs d’activités et, en ce sens, ont un rôle de premier plan à jouer dans cette relance.

Texte signé par : Jacques Létourneau, président de la CSN, Daniel Boyer, président de la FTQ, Sonia Ethier, présidente de la CSQ, Luc Vachon, président de la CSD

]]>