L’usine de bacon d’Olymel de Drummondville cède progressivement diverses gammes de produits à une usine ontarienne, ce qui entraîne la mise à pied de travailleurs étrangers temporaires (TET) à qui on avait pourtant promis un minimum de 30 h par semaine à leur arrivée au pays.
« C’est inacceptable que nos collègues soient mis à pied, alors qu’ils et elles ont un permis fermé et ne peuvent pas se trouver un nouveau travail en attendant », lance Mélanie Cloutier, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Bacon Inter-America–CSN. Les quelque 25 TET qui ont été mis à pied, parlent français et viennent de l’Île Maurice. Plusieurs peinent à payer leur loyer et se nourrissent dans les banques alimentaires. Paradoxalement, Olymel donne des produits aux banques alimentaires, mais pas à ses employé-es mis à pied. Notons que cinq autres travailleurs du Québec sont également temporairement sans emploi.
« Il faudrait des permis ouverts pour l’ensemble des TET, mais en particulier pour celles et ceux qui se retrouvent sans emploi. Si l’entreprise ne tient pas ses promesses, le Canada ne devrait pas les laisser tomber dans la pauvreté. Ces personnes sont venues au pays pour travailler », affirme la secrétaire générale de la FC–CSN, Nancy Mathieu, dont le syndicat d’origine est justement celui de Bacon Inter-America.
Un fleuron qui quitte progressivement le Québec
Le bacon canadien est reconnu en Amérique du Nord et l’usine de Drummondville a grandement participé à cette réputation. C’est notamment la seule usine qui répond aux critères de qualité élevés de la marque privée de Costco (Kirkland). Or, Olymel a transféré une bonne partie de la production de bacon précuit et de bacon en vrac à son usine ontarienne de Cornwall où les salaires sont un peu moins élevés. C’est ce transfert qui explique en bonne partie les mises à pied.
« Le bacon est un produit dont notre région peut être fière depuis longtemps. Ça génère des emplois en usine, tout en étant bénéfique pour l’ensemble de la chaîne de production du porc qui joue un rôle crucial dans notre région et au Québec. Sollio, une coopérative québécoise, devrait regarder cet enjeu dans une perspective plus large qu’une petite économie à court terme. La délocalisation progressive de cette production a plusieurs impacts », ajoute Pascal Bastarache, président du Conseil central du Cœur du Québec–CSN.
À propos
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Bacon Inter-America–CSN compte près de 370 membres, dont une majorité de femmes. Le syndicat est affilié à la Fédération du commerce de la CSN (FC–CSN).
La FC–CSN compte quelque 30 000 membres regroupés dans plus de 350 syndicats présents dans les secteurs du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.
Le STT de Bacon inter-America est aussi affilié au Conseil central du Cœur du Québec–CSN et regroupe plus de 16 300 membres réunis au sein de 130 syndicats de tous les secteurs d’activité. Le territoire du conseil central est composé des deux régions administratives de la Mauricie et du Centre-du-Québec.






