L’acquisition éventuelle du Canadien de Montréal et du Centre Bell par Quebecor devrait susciter l’inquiétude de tous ceux qui se préoccupent du maintien de la liberté de presse et de l’éthique journalistique dans le domaine de la couverture médiatique des sports. C’est ce que croit Chantale Larouche, présidente de la Fédération nationale des communications–CSN (FNC–CSN), qui estime également que la Caisse de dépôt et placement du Québec joue un jeux bien curieux dans cette affaire avec des fonds qu’elle devrait avant tout s’employer à faire fructifier. La stratégie de Quebecor qui consiste à construire un empire s’approchant au plus près du monopole et à imposer à toutes ses entreprises de presse un fonctionnement en convergence, annonce, au cas où il s’emparerait du Canadien, des jours sombres pour les journalistes sportifs des médias concurrents. « Si le passé est garant de l’avenir, j’ai bien peur que l’accès à l’information concernant un club de hockey qui appartiendrait à l’empire Quebecor soit à géométrie variable selon que l’on soit de l’empire ou non. Or, le Canadien de Montréal est plus qu’un simple club sportif, c’est une institution à laquelle les Montréalais et les Québécois sont viscéralement attachés. Cette institution ne doit pas devenir l’instrument d’un projet monopolistique en information », estime Chantale Larouche. En outre la présidente de la FNC–CSN se demande également si les journalistes de l’empire Quebecor ne subiront pas indûment des pressions pour orienter les contenus de leurs textes compte tenu de la convergence des entreprises. Plus encore, elle craint que les entreprises médiatiques de Quebecor soient alimentées par des relationnistes du club sportif et non par les journalistes, ce qui donnerait des articles plus promotionnels que journalistiques.