Projets de loi 25 et 30 et sous-traitance
Les professionnels de la CSN se mobilisent
Les membres de la Fédération des professionnèles de la CSN n’ont pas l’intention de rester les bras croisés devant les reculs que veut imposer le gouvernement Charest quant aux emplois et aux conditions de travail des travailleuses et des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, de même qu’à l’accessibilité des services à la population. À compter de la semaine prochaine, la FP-CSN entreprend une tournée d’assemblées générales pour expliquer à ses 4800 membres, répartis dans plus de 150 établissements du réseau, l’ampleur de l’attaque libérale.
« Ces gens-là n’ont pas été élus pour démolir nos acquis sociaux et syndicaux, a dénoncé le président de la FP-CSN, Michel Tremblay. Les regroupements d’établissements aux vocations différentes, les fusions des unités d’accréditation syndicale, la décentralisation de la négociation au niveau local et les modifications à l’article 45 du Code du travail ne visent qu’à réduire l’accessibilité aux services et à affaiblir les syndicats pour que leur projet de démolition réussisse sans contestation. Nous ne les laisserons pas faire. »
Pour la FP-CSN, l’objectif caché de ces réformes est la diminution de la couverture publique des services par la privatisation et le recours accru à la sous-traitance. « En isolant les catégories de syndiqués, le gouvernement Charest veut plus facilement céder leurs fonctions au privé. Ce faisant, il réduit l’accès à ces services parce que ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de payer », a indiqué Michel Tremblay, qui rappelle que les services professionnels de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, de psychologues ou de nutritionnistes, pour ne nommer que ceux-là, sont déjà très privatisés.
Or actuellement, c’est la population qui souffre le plus de devoir attendre des mois, parfois plus d’une année, pour recevoir ces services. « C’est dans le secteur public, qu’il faut investir pour l’avenir du Québec. »
Parti pris patronal
De plus, le projet de loi 30, qui prévoit la décentralisation des négociations des matières constituant le cur des conventions collectives, enlève tout rapport de force aux syndiqué-es. En effet, s’il n’y a pas d’entente au terme d’une année de pourparlers, le médiateur-arbitre, qui aura été nommé, devra choisir entre les offres finales de l’employeur et les demandes syndicales, celles qui n’occasionneront aucun coût supplémentaire. « Dans ce contexte, l’attitude patronale est hautement prévisible, a poursuivi Michel Tremblay. D’autant plus que le droit de grève nous est enlevé. Depuis son élection, le parti pris patronal de ce gouvernement est écoeurant. »
La FP-CSN s’insurge d’autant plus que, malgré que ses conventions collectives permettent, depuis la dernière négociation, de travailler localement sur l’organisation du travail, en aucun moment les directions d’établissements ou le ministère de la Santé n’ont accepté de s’asseoir pour en discuter.
Des moyens d’action seront proposés aux assemblées générales locales, qui doivent également se pencher sur les demandes salariales, pour empêcher le gâchis libéral.
Source : FP-CSN – 13-11-2003
Pour renseignements : Louis-Serge Houle, téléphone : 514 598-2113