Pour la CSN, les chiffres de l’ISQ prouvent l’effet désastreux du décret
Le rapport de l’Institut de la statistique du Québec, rendu public aujourd’hui, est particulièrement éloquent quant au retard salarial des travailleuses et des travailleurs du secteur public. Les syndiqué-es des cégeps, des commissions scolaires, de la santé, des services sociaux et de la fonction publique gagnent un salaire de 15,2 % moins élevé que l’ensemble des salarié-es québécois. Si on compare la rémunération globale, ce qui inclut principalement les salaires, les avantages sociaux et les heures de travail, encore là, ils accusent un retard qui est de 12 %.
L’an passé, à pareille date, les six principales organisations syndicales qui représentent 425 000 employé-es de l’État, dont la CSN, lançaient un appel solennel à ce gouvernement de négocier de bonne foi. Le 15 décembre, le gouvernement décrétait les conditions de travail et imposait un gel salarial pour 2004 et 2005.
Les résultats de l’enquête menée par l’ISQ montrent les effets dévastateurs d’une telle politique. On observe une tendance extrêmement inquiétante pour les services publics : l’écart de rémunération s’est creusé de 7,5 points de pourcentage en cinq ans ! En 2001, les employé-es de l’État gagnaient 7,7 % de moins que tous les autres secteurs qui font partie de l’étude. En 2006, c’est maintenant 15,2 % de moins !
Aucun groupe socioprofessionnel n’est épargné. Par exemple, les employé-es de bureau du secteur public reçoivent un salaire 22 % moins élevé que leurs consoeurs du secteur privé. Quant au salaire des ouvriers, il est 47,6 % plus bas dans le secteur public que dans le secteur privé. Tous les autres, professionnels, techniciens, employés de service, subissent des retards tout aussi inadmissibles.
« Les centaines de milliers de salariés qui oeuvrent dans les services publics voient leurs conditions de vie et de travail se détériorer constamment, soutient Louis Roy, vice-président de la CSN. Elles et ils sont fiers de travailler au maintien de services PUBLICS de qualité. Pourtant, le gouvernement a méprisé leur contribution avec un décret, en 2005, de leurs conditions de travail. À l’aube d’un renouvellement important de main-d’uvre, le gouvernement doit offrir des conditions de travail acceptables pour attirer des effectifs qualifiés et en nombre suffisant. Respecter ses employés, c’est démontrer son attachement aux services publics et en assurer la pérennité. C’est loin d’être le message qu’envoie le gouvernement du Parti libéral à ses salariés et à la population ! » conclut-il.
La Confédération des syndicats nationaux représente plus de 150 000 salarié-es du secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative en santé et en services sociaux, parmi les enseignantes et les enseignants de cégep, le personnel de soutien des cégeps, des commissions scolaires et dans les organismes gouvernementaux.
Source : CSN – 30 novembre 2006
Pour renseignements : Sylvie Joly, information secteur public CSN, (514) 598-2428