Le bilan sur le suivi des recommandations du rapport de consultation du groupe de travail mixte sur l’homophobie, qui vient d’être rendu public, démontre que le Québec doit adopter une politique nationale en ce sens, avec plan d’action concret, si l’on veut véritablement enrayer cette forme de discrimination sociale. C’est du moins l’avis de la secrétaire générale de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Lise Poulin, dont l’organisme a participé aux travaux du groupe de travail. « Nous espérons que la ministre de la Justice, Kathleen Weil, tiendra sa promesse du 11 mai 2009, qui annonçait que son gouvernement allait adopter une politique nationale contre l’homophobie d’ici la fin de l’année. En plus de vouloir être consultés en la matière, nous croyons que la politique doit s’accompagner d’un plan d’action qui aura un impact réel et provoquera des changements d’attitude et de comportement », de faire remarquer Mme Poulin. En mars 2007, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse déposait le rapport du groupe de travail intitulé De l’égalité juridique à l’égalité sociale : Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie qui proposait sept grandes recommandations. Ces dernières se sont traduites, au cours des deux dernières années, par des gestes, des actions et des programmes mis sur pied dans les ministères et les agences gouvernementales. Or, le bilan rendu public aujourd’hui par la Commission démontre que l’application de ces recommandations varie grandement d’un ministère à l’autre et que beaucoup de travail reste à faire. « On entend dire que le problème de l’homophobie est aujourd’hui réglé au Québec puisque les gaies et les lesbiennes ont le droit de se marier et d’adopter des enfants. Si ces personnes ont atteint un certain niveau d’égalité juridique, il en est autrement de l’égalité sociale. L’homophobie a des impacts négatifs importants à court et à long terme. Nous ne pouvons tolérer comme société et comme mouvement syndical qu’une partie de la population soit victime de cette discrimination », de conclure la secrétaire générale.