Incendie du 20 mars à Chicoutimi : les paramédics CSN pointent du doigt les problèmes de communication et de coordination
Le Rassemblement des employé-es techniciens ambulanciers-paramédics du Québec (RETAQ-CSN), qui regroupe environ 2800 paramédics, se dit très troublé par le cafouillage qui a caractérisé l’évacuation des blessés lors d’un incendie survenu dans un immeuble résidentiel à Chicoutimi, le 20 mars. Il pointe du doigt les problèmes de communications et le manque de cohésion entre les divers intervenants qui ont, ainsi, mis en danger la santé et la vie de quatre personnes, dont deux enfants en bas âge. Le RETAQ-CSN réclame donc la tenue d’une enquête publique pour faire la lumière sur les circonstances de cette évacuation d’urgence afin d’éviter la répétition d’un événement aussi malheureux.
Pour l’officier syndical, Dino Émond, qui souligne le dévouement des pompiers de Chicoutimi, « il ne fait aucun doute qu’une meilleure communication et une plus grande coordination entre les différents paliers d’intervention auraient certainement pu éviter les conséquences néfastes engendrées par l’état de panique et l’improvisation auxquels on a assisté, lundi dernier ». Le RETAQ-CSN s’interroge particulièrement sur le fait qu’un directeur adjoint du Service des incendies et un policier ont dû transporter eux-mêmes un blessé jusqu’à l’hôpital alors que des paramédics étaient pourtant en attente d’appels, à moins de deux kilomètres de la scène.
Aussi, Dino Émond se dit très étonné par le long délai qui s’est écoulé, soit 14 minutes, précisément entre le moment de l’appel d’un voisin logé au service 911, à 13 h 29, et le moment où l’appel a été reçu au Centre de communication santé des Capitales (CCSC), à 13 h 43. Or, n’eût été de ce délai prolongé, l’intervention des paramédics, dont le temps d’intervention dans ce genre de situation est de huit minutes et moins, aurait pu permettre de donner des soins appropriés et de procéder à une évacuation médicale efficace et rapide. Ce qui n’a pas été le cas.
Cette situation déplorable, souligne le représentant syndical, rappelle un événement similaire survenu le 25 février 2004 dans la ville de Beauport, alors qu’un enfant de quatre ans a perdu la vie dans un incendie en raison d’un manque de cohésion et de communication entre les intervenants. Le coroner Cyrille Delage, appelé à statuer sur les causes de ce malheureux événement, recommandait entre autres que soit mise « en place une coordination intégrale des intervenants avec l’information recueillie par les responsables du service 911. »
En décembre 2000, le rapport du Comité national sur la révision des services préhospitaliers d’urgence, soulignait que l’efficacité et l’efficience des services préhospitaliers supposent que les systèmes de communication soient prioritairement « interconnecter pour que les intervenants internes du réseau (techniciens ambulanciers, premiers répondants, personnel des centrales, personnel des services d’urgence, assistance médicale) puissent transmettre des informations permettant d’optimiser l’efficacité de leurs interventions. Éventuellement, ajoutait le rapport, les systèmes devront aussi s’interconnecter avec d’autres services externes au réseau préhospitalier (corps policiers, services d’incendie, autres services publics, etc.) »
Le rapport rappelait finalement les recommandations faites par le Vérificateur général du Québec, en mars 1999, relativement à la nécessité « d’établir les rôles, les responsabilités et les obligations légales de chacun des intervenants en ce qui a trait aux services de premiers répondants. »
Pour Dino Émond, une enquête publique permettrait justement de rétablir les faits entourant l’incendie de Chicoutimi, en identifiant et en rétablissant les rôles et les responsabilités de chaque acteur de la chaîne d’intervention pour que pareil événement ne puisse plus se reproduire.
Le RETAQ-CSN est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui regroupe plus de 115 000 membres répartis dans le réseau public de la santé et des services sociaux de même que dans le secteur privé des services de santé et de l’hébergement, des services préhospitaliers, etc. La CSN a franchi le cap historique des 300 000 membres parmi ses syndicats affiliés.
Source : CSN – 22 mars 2006
Pour renseignements : Dino Émond, vice-président secteur coopératif, répartition et soutien au RETAQ-CSN : 514 949-1068