Le dépôt d’une requête en révision judiciaire à la Cour supérieure par le Réseau de transport de la Capitale sur les décisions rendues par le Conseil des services essentiels est une autre démonstration de la mauvaise foi de la direction dans la négociation en cours touchant les postes du nouveau Centre métrobus, dénonce le Syndicat des salarié-es d’entretien du RTC (CSN). « C’est clair, l’employeur vise une solution imposée et non négociée, a réagi André Carmichael, président du Syndicat des salarié-es d’entretien du Réseau de transport de la Capitale (CSN). En outre, ce geste démontre avec beaucoup d’éloquence qu’il ne se soucie aucunement d’une saine gestion des fonds publics en étirant indument les délais et en engageant de nouvelles procédures juridiques. » Le 6 juillet, la direction du RTC a déposé une requête en révision judiciaire à la Cour supérieure pour tenter de renverser deux décisions rendues par le Conseil des services essentiels (CSE) qui lui étaient pourtant favorables. En effet, le CSE a déclaré à deux reprises que la grève envisagée par le syndicat les 8 et 19 juin était illégale, sans toutefois remettre en cause le droit de grève, prévue à l’article 32.06 de la convention collective dans l’éventualité de la construction d’un nouveau garage. « La direction du RTC avait alors chaudement applaudi ces décisions, a poursuivi André Carmichael. En déposant une requête à la Cour supérieure, elle renie la signature qu’elle a apposée à la convention collective qui reconnaît notre droit de grève dans les circonstances actuelles. Ce comportement n’est pas acceptable. Si nous agissions ainsi, en ne respectant pas l’entente intervenue et en dilapidant les fonds publics, comme le font nos patrons, nous serions énergiquement critiqués.» Ce n’est que le 12 août qu’aura lieu la première audience à la Cour supérieure pour, entre autres, établir un calendrier. Il est évident que la cour ne pourra rendre une décision avant l’automne. Pour le syndicat, il est aussi évident que la direction du RTC n’a jamais voulu négocier sincèrement. « Elle ne recherche qu’à étirer le temps pour nous imposer des reculs dans l’organisation du travail qui auraient, en plus, des conséquences fâcheuses sur la qualité du service à la population, a fait valoir le président du syndicat des quelque 285 travailleuses et travailleurs d’entretien. Depuis le début du processus de négociation, en décembre, le syndicat a toujours tout tenté pour favoriser un règlement négocié. Encore hier, lors d’une séance de conciliation, il a salué la proposition du conciliateur de former un comité restreint pour tenter de dénouer l’impasse. L’employeur l’a, pour sa part, rejeté et il a annulé la rencontre qui était prévue aujourd’hui. D’ici à ce que la Cour supérieure rende une décision sur la requête de l’employeur, ce sont les décisions du CSE qui ont préséance.