La reconnaissance des arpenteurs
Arrêt de travail sur trois chantiers de construction
Les arpenteurs des chantiers de l’aluminerie Alouette à Sept-Îles ainsi que ceux des barrages hydroélectriques de Toulnustouc sur la Côte-Nord et de Péribonka au Lac-Saint-Jean exercent, depuis ce matin, un arrêt de travail de 24 heures.
À quelques jours de la consultation des membres de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), où ceux-ci auront à approuver ou non l’entente de principe intervenue dans l’industrie de la construction, les arpenteurs émettent un message clair : ils veulent être reconnus par l’industrie.
Unanimité
Au cours de la semaine, les arpenteurs de différents chantiers à Alma, Eastmain (Baie James), Montréal, Péribonka, Québec, Sept-Îles, Toulnustouc et Trois-Rivières ont été unanimes à rejeter l’accord de principe conclu entre les associations patronales et le Conseil conjoint (FTQ-Construction-International) les 18 et 19 mars derniers. Du même souffle, ils ont voté en faveur de l’exercice de moyens de pression.
L’entente de principe convenue les 18 et 19 mars entre les associations patronales et le Conseil conjoint est muette sur la reconnaissance d’une juridiction exclusive de tâches aux arpenteurs, l’introduction de règles particulières et un rattrapage du salaire pour les arpenteurs. En tant qu’occupation, les arpenteurs touchent un salaire de 23 $ l’heure. Ils souhaitaient obtenir un rattrapage qui aurait porté leur salaire à 29 $ l’heure, soit l’équivalent des autres métiers de l’industrie.
Des solutions
Depuis, la CSN-Construction a multiplié les efforts et les formules pour que les arpenteurs puissent atteindre leurs objectifs légitimes. En effet, la CSN-Construction a fait parvenir à l’ACRGTQ et au Conseil conjoint une proposition en deux volets visant à corriger l’iniquité dont sont victimes les arpenteurs. Dans un premier temps, la formule qui leur a été acheminée vise à leur reconnaître une juridiction exclusive de leurs tâches. De plus, la CSN-Construction a invité l’ACRGTQ et le Conseil conjoint à se prêter à une démarche d’équité interne. La formule de la CSN-Construction a l’avantage de permettre d’étudier si le salaire de cette occupation est oui ou non adéquat en fonction de critères reconnus : besoins de l’industrie, formation, expertise, maintien d’un niveau élevé de formation, responsabilités, etc.
Après des démarches auprès des entrepreneurs, qui ont résulté en l’appui de certains d’entre eux, à la suite des manifestations et de l’occupation des bureaux de l’ACRGTQ à Québec, une séance de négociation a eu lieu le 5 avril.
Mais le Conseil conjoint a refusé de discuter de la formule déposée par la CSN-Construction. Le Conseil conjoint a plutôt choisi de reporter la discussion sur la reconnaissance de juridiction exclusive au Comité de formation professionnelle de l’industrie de construction (CFPIC). Évoquant l’entente de principe conclue avec les employeurs, il a rejeté la requête de la CSN-Construction invitant les parties patronale et syndicale à se prêter à une démarche d’équité interne.
« Notre formule permet d’entreprendre rapidement des pourparlers sur le statut et les conditions des arpenteurs et de trancher cette question, ce qu’ils souhaitent depuis plusieurs années. L’attitude du Conseil conjoint est étonnante. Mais il n’est pas trop tard pour bien faire. Les entrepreneurs doivent, d’une part, bonifier l’accord de principe qui leur sera présenté, les 20 et 21 avril, et, d’autre part, mandater leur association pour entreprendre les pourparlers sur les base de notre formule », a conclu le président de la CSN-Construction, Ted McLaren.
Source : CSN – 16-04-2004
Pour renseignements : Michel Crête, CSN-Information, (514) 598-2454. Ted McLaren, président de la CSN-Construction, (514) 598-2044.