23 eCongrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie
Revendiquons des emplois de qualité
C’est sur le thème Revendiquons des emplois de qualitéque s’ouvre le 23 eCongrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie ce lundi 30 avril à Sherbrooke. Quelque cent délégué-es sont inscrits à ce congrès qui se terminera le mercredi 2 mai.
Pour les représentantes et les représentants du conseil central de la CSN en Estrie, ainsi que pour la présidente de la CSN, ce congrès s’ouvre dans une conjoncture économique tout simplement désastreuse. L’économie régionale est en mutation et les emplois, notamment les emplois manufacturiers, sont à la dérive. « Malheureusement, s’il est vrai que l’Estrie est frappée durement par la perte d’emplois, c’est le Québec en entier qui est secoué par la crise manufacturière avec la perte de près de 50 000 emplois en une seule année. Pour nous, la protection et le développement de l’emploi est une priorité. Nous accentuerons les pressions à tous les paliers de gouvernement pour que des mesures appropriées soient mises en place afin de favoriser et de soutenir des actions concertées de tous les intervenants de ce secteur pour redresser la situation. Déjà, lors d’une réunion récente du Comité consultatif du travail et de la main-d’uvre, les représentants des différents organismes ont démontré leur volonté d’agir en ce sens. Je me réjouis de cette ouverture », de déclarer la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
En trois ans, soit depuis 2003, l’Estrie a pour sa part perdu 11 000 emplois manufacturiers de qualité au détriment d’une croissance des emplois dans le commerce de détail. De plus, de 2005 à 2006, le taux de chômage s’est accru dans la région, alors qu’il diminuait dans l’ensemble du Québec. Et, toujours en Estrie, le nombre d’emplois pour lesquels on exige aucun diplôme à l’embauche est en croissance.
Développement régional et emploi
« Compte tenu de l’état de la situation, les acteurs socio-économiques de la région doivent se retrousser les manches et donner un sérieux coup de barre. L’avenir des jeunes en dépend aussi bien que l’avenir socio-économique de la région. Le conseil central doit en être. Soutenir le développement économique régional, revendiquer pour les jeunes, lutter contre la pauvreté et renforcer la vie syndicale nous apparaît autant d’enjeux qui détermineront le menu des défis que nous aurons à relever au cours des trois prochaines années, de déclarer Jean Lacharité, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. Pour ce faire, il est plus que temps que le gouvernement du Québec élabore, entre autres, une véritable politique d’adaptation et de reconversion industrielle et qu’il donne aux régions les moyens d’élaborer et de soutenir des stratégies de développement économique qui tiennent également compte de la concurrence internationale. Le gouvernement ne peut continuer sa politique du laisser-faire », a-t-il renchéri.
Pour le président du conseil central, le développement de la région doit également s’appuyer sur la capacité du milieu à créer des liens avec les établissements d’enseignement postsecondaire. Ces ressources doivent être mises au service de la collectivité.
De même, dans un contexte de renouvellement de la main-d’uvre, et d’une pénurie appréhendée de celle-ci, les congressistes se pencheront sur des propositions portant tout autant sur la formation continue, la mise en place de programmes de gestion prévisionnelle de la main-d’uvre, la reconnaissance des acquis et des compétences, notamment pour les personnes immigrantes, ainsi que l’intégration de ces dernières dans les milieux de travail.
Outre les questions d’emploi, d’autres propositions portant sur le renforcement de la vie syndicale, la santé et la sécurité au travail, les achats locaux et régionaux, l’économie sociale et solidaire, le développement durable et le transport collectif, la participation du conseil central à des organismes décisionnels, la lutte au décrochage scolaire, la lutte à la pauvreté, le logement social et la solidarité internationale seront à l’ordre du jour du congrès.
Secteur public : retrouver notre droit de négocier
Le 29 mars dernier, le Bureau international du travail (BIT), un organisme de l’ONU, rendait une décision qui condamnait le décret du gouvernement du Québec, en décembre 2005, venant imposer les conditions de travail aux 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public québécois. Le BIT demande au gouvernement du Québec d’amender sa loi pour en retirer les mesures répressives, de revoir avec les parties concernées le régime de négociation de manière à prévoir un véritable mode de solution des différends et finalement de revoir la question salariale en s’appuyant au besoin sur une étude indépendante.
« Nous comptons, avec d’autres organisations, interpeller le gouvernement, et les parties d’opposition, afin qu’il y donne suite, explique Claudette Carbonneau. Il nous faut questionner le Parti libéral. Pourquoi ce dernier opte-t-il pour une solution négociée avec les médecins spécialistes et use-t-il du coup de force avec nous ? Où logera maintenant l’ADQ qui avait alors voté contre l’adoption de la loi 142 en dénonçant le caractère odieux du geste ? Puis le PQ, qui avait dans son programme électoral la révision du régime de négociation dans le secteur public et le retrait des mesures répressives de la loi 142, est-il prêt à agir en conséquence à l’Assemblée nationale et à endosser complètement les conclusions du BIT ? Nous vivons dans une société de droit et le coup de force du gouvernement lors des dernières négociations du secteur public est tout à fait inacceptable. Vouloir revoir les règles dans lesquelles ce processus se déroule, c’est une chose, mais les nier carrément, s’en est une toute autre. Je profite aujourd’hui de ma présence dans le comté du premier ministre du Québec pour lui rappeler que les travailleuses et les travailleurs du secteur public québécois doivent retrouver leur droit de négocier », de conclure la présidente de la CSN.
Rappelons que le Conseil central des syndicats nationaux en Estrie regroupe 11 500 membres répartis dans les secteurs privé et public.
Source : CSN – 30 avril 2007
Pour renseignements : Claude Dallaire Cellulaire : 819 578-7083