Kuujjuak — Lors du passage éclair dans le Nord de la ministre déléguée aux Service sociaux, Lise Thériault, et du ministre responsable des Affaires autochtones et ministre responsable de la région du Nord-du-Québec, Pierre Corbeil, les travailleurs des centres de santé de Puvirnituk (Baie d’Hudson) et de Tulattavik de l’Ungava ont réitéré les besoins criants des travailleurs de cette région : conditions de travail inéquitables, problèmes de logement, pénurie de main-d’œuvre et disparités régionales. Une vingtaine d’employés ont accueilli les deux ministres à l’aéroport de Kuujjuak. Les ministres Corbeil et Thériault ont accepté de rencontrer les représentants syndicaux et d’entendre leurs demandes pour améliorer les conditions de vie sur le territoire nordique. Pour Jacqueline Bernier, hygiéniste dentaire au Centre de santé et membre du comité de négociation de la Fédération de la santé et des service sociaux (FSSS–CSN), la rencontre improvisée a été productive. « Tant le ministre Corbeil que la ministre-déléguée, Lise Thériault, nous ont écoutés et ont semblé entendre ce que nous avions à leur dire sur nos conditions de vie et de travail. Nous en avions long à dire, car le personnel du Nord est à bout de souffle. La pénurie est endémique ici, et ceux qui acceptent malgré tout de venir travailler dans le Nord ne trouvent pas de logement. Sans parler de la vétusté des installations, des laboratoires, etc. C’est pourquoi les ministres étaient attendus depuis longtemps. » La veille, la présidente du Syndicat des techniciens et professionnel-les du centre de santé de Puvirnituk, Diane Sasseville, avait eu elle aussi l’occasion de rencontrer la délégation ministérielle pour leur tracer un tableau assez sombre de la situation dans cette petite municipalité, où les employé-es de l’établissement n’arrivent plus à répondre aux nombreuses attentes d’une clientèle en difficulté. Les ministres s’étaient déplacés dans le Nord pour annoncer une série de mesures totalisant près de 35 millions de dollars : nouveaux logements, bureaux et équipements mais aussi investissements et soutien pour les ressources humaines. Une annonce relativement bien accueillie par les intervenantes et les intervenants du Nord, qui attendaient des gestes concrets du gouvernement Charest depuis plusieurs années. Si l’annonce de ces mesures constitue une bouffée d’air frais pour ces travailleurs et ces travailleuses, elles demeurent nettement insuffisantes et ne règlent pas tous les problèmes. Particulièrement sur le volet des ressources humaines où la pénurie de main-d’œuvre vécue actuellement dans l’ensemble du Québec se fait plus cruellement sentir dans les régions éloignées. Une pression hors du commun pèse sur les épaules des techniciennes, des techniciens et des professionnel-les de la santé et des services sociaux qui doivent faire preuve d’une grande autonomie et d’un sens de l’initiative marqué. Les annonces des ministres Thériault et Corbeil ont pour effet de bonifier les conditions de travail d’une petite partie du personnel, ceux de la protection de la jeunesse, au détriment de leurs collègues qui vivent pourtant dans les mêmes conditions. Cela ne manquera pas de provoquer de nouvelles iniquités dans les conditions de travail, de nouvelles tensions et un certain désabusement chez les nombreux travailleurs qui œuvrent dans le Nunavik depuis des années. « Cette façon de faire est synonyme de non-reconnaissance de leur contribution au bien-être de la population inuit par le gouvernement Charest et d’un manque de respect à l’endroit du personnel », souligne Laurier Goulet, vice-président à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. « Ça fait longtemps que la fédération revendique des bonifications aux conditions de vie et de travail de tous nos membres qui travaillent dans le Grand Nord et à la Baie James. « Les annonces ministérielles de cette fin de semaine constituent un signe encourageant qui indique que le gouvernement semble comprendre qu’il faut trouver des solutions pour le Grand Nord. C’est un premier pas dans la bonne direction ; mais les autres pas devront se faire rapidement si nous voulons conserver une main-d’œuvre expérimentée dans cette région et attirer de nouvelles personnes. » La FSSS–CSN est la plus importante organisation syndicale dans le réseau public de la santé et des services sociaux avec quelque 108 000 membres provenant de tous les secteurs d’activité et de toutes les régions. Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui compte au-delà de 300 000 membres.