Conseil confédéral de la CSN :
Un discours inaugural qui n’annonce rien de neuf
« C’est un gouvernement en fin de mandat qui a livré hier un discours inaugural plutôt étriqué. J’y vois un discours aux allures de tremplin électoral qui tranche avec les trois années de bavures et de démolition qu’il nous a fait vivre ». C’est ainsi que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a réagi au lendemain de l’ouverture de la session parlementaire, devant quelque 250 délégué-es réunis pour une réunion du conseil confédéral, à Québec. « Il n’y a rien de bien nouveau dans ce discours pour qui prétend vouloir réinventer le Québec. C’est un avenir boiteux qu’on nous propose en voulant le faire reposer sur un seul pied, celui de la prospérité. »
Pour la présidente de la CSN, le gouvernement ramène à la surface quelques projets intéressants comme le développement du transport en commun, une politique énergétique, les développements des régions ressources et le soutien au secteur forestier, un virage plus marqué vers la formation professionnelle et un appui plus adéquat à l’intégration des immigrants sur le marché du travail. « Voyons voir cependant, car pour ce gouvernement, le diable est souvent dans les détails de mise en uvre. Soulignons également l’engagement réitéré du premier ministre à régler le dossier de l’équité salariale et son interpellation des syndicats à ce chapitre. À n’en pas douter, la CSN est prête à régler ce dossier dans le secteur public comme dans les CPE », a poursuivi Claudette Carbonneau qui constate, par ailleurs, que le nouveau départ de ce gouvernement n’existe pas. « PPP, baisse d’impôts, remboursement de la dette, fierté à l’égard des pires lois antisyndicales et antisociales et enterrement de grande classe de la question nationale sont toujours au menu. On est bien loin du Québec que nous voulons. »
Une réponse à la réponse du gouvernement à l’arrêt Chaoulli
Les délégué-es du conseil confédéral de la CSN auront l’occasion, lors de cette réunion du conseil confédéral, de se prononcer sur le livre blanc du ministre de la Santé et des Services sociaux, en vue de la consultation publique qui débutera dès le 4 avril. La présidente de la CSN a tenu à être claire : « Le remède Couillard ne guérit pas le malade. »
« L’introduction de cliniques privées affiliées représente à notre avis une brèche dangereuse, tout comme l’introduction des assurances privées pour trois types de chirurgies. Cette ouverture risque de s’élargir puisque le ministre pourra, par simple décret, identifier d’autres interventions qui pourraient éventuellement être couvertes par une assurance-maladie privée duplicative. Or, on le sait, les expériences dans le monde montrent que l’assurance privée coûte cher et ne couvre pas tout le monde. Elle favorise les plus riches, les plus jeunes, et plus globalement, les personnes en bonne santé », d’expliquer la présidente de la CSN. Selon l’OCDE, là où des régimes d’assurance-maladie duplicatifs existent, les coûts totaux de la santé augmentent sans qu’il n’y ait réduction des coûts publics.
Les choix du ministre remis en question
Pour la CSN, le ministre Philippe Couillard a fait le choix d’un système public dans lequel le secteur privé aura sa place aux frais de l’État. « Quel en sera le prix, quelle en est la logique, si ce n’est une logique marchande ? Pourquoi, en effet, susciter la création des cliniques privées affiliées plutôt que d’assurer un fonctionnement adéquat des centres ambulatoires publics comme celui de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui existe depuis trois ans sans être fonctionnel, faute de moyens financiers suffisants et de volonté politique ? Pourquoi recourir à des cliniques privées ailleurs au Canada, après neuf mois d’attente, alors qu’on pourrait optimiser l’usage des équipements et des plateaux techniques des hôpitaux et lever certains quotas imposés aux médecins ? », se demande la présidente de la CSN.
« Le 4 avril prochain, nous sommes conviés à une grande consultation publique sur ce livre blanc. La CSN entend faire des propositions qui seront débattues pendant ce conseil, autant en matière d’organisation des services qu’en matière de financement », d’indiquer la présidente de la CSN.
Des recours juridiques contre la loi 142
La présidente de CSN, Claudette Carbonneau a finalement annoncé que des recours juridiques sont entrepris dès aujourd’hui contre la loi 142 qui décrète unilatéralement les conditions de travail des salarié-es du secteur public. Un recours conjoint avec la FTQ pour faire invalider ce décret odieux a d’ailleurs été déposé en Cour supérieure. Ce recours allègue que la loi 142 viole la liberté d’association et le droit à la dignité ainsi que la liberté d’expression garantis par les Chartes québécoise et canadienne.
La CSN dépose aujourd’hui une plainte pour violation des conventions internationales devant le Bureau international du travail. La centrale syndicale demande au BIT de déléguer une mission d’observation en sol québécois pour enquêter sur les raisons qui ont motivé le gouvernement Charest à adopter fréquemment des législations antisyndicales qui vont à l’encontre des conventions internationales.
Le Conseil confédéral de la CSN se poursuit les 15, 16 et 17 mars aux Espaces Dalhousie, à Québec.
Source : CSN- 15 mars 2006
Pour renseignements : Michelle Filteau, CSN : (514) 598-2155