Selon la CSN, les orientations ministérielles sur le collégial comportent encore quelques pièges
La CSN considère que tout le débat préalable aux « Orientations ministérielles sur l’avenir de l’enseignement collégial québécois », annoncées aujourd’hui par le ministre Reid, a été une véritable tempête dans un verre d’eau, tempête qui a été alimentée par le ministre même.
La vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, trouve qu’il est temps que l’on cesse enfin de remettre en question la raison d’être du réseau collégial et que l’on confirme, une fois pour toutes, la mission essentielle de cet ordre d’enseignement. Néanmoins, elle considère que les orientations annoncées par le ministre de l’Éducation comportent encore quelques pièges.
Par exemple, la CSN s’inquiète des changements introduits dans l’élaboration des programmes d’études et de la possibilité pour les collèges de décerner des sanctions intermédiaires.
Par rapport à la formation générale, malgré les dires du ministre, le document laisse planer des doutes, car on y parle d’une composante de formation générale sans identifier les disciplines qu’elle comporte.
En ce qui concerne les partenariats qui seront mis sur pied par le biais de projets pilotes, le ministre doit annoncer en février prochain l’implantation de certains. Toutefois, on ne sait toujours pas quelles en sont les balises. Ces projets ont été élaborés en catimini par les directions des cégeps, les directions des commissions scolaires et le ministère, et les discussions à propos de leur implantation se font également à la dérobée. Ces projets ne sont pas sans lien avec les orientations du ministre, et leurs impacts pourraient être majeurs.
En matière de financement, le secteur collégial demeure toujours le parent pauvre de notre système d’éducation, et les mesures annoncées aujourd’hui sont tout simplement futiles à cet égard.
De plus, il est clair pour la CSN que le ministre devra tenir une consultation large sur les modifications qui seront apportées au Règlement sur le régime des études collégiales (RREC) et à la Loi sur les collèges d’enseignement général et professionnel.
Par ailleurs, la CSN apprécie la reconnaissance des enseignantes et enseignants par le ministre qui leur donne une plus grande place au sein des divers conseils d’administration, mais se questionne sur les modes de nomination proposés. De plus, l’établissement de conditions particulières d’admission répond aux besoins de étudiantes et des étudiants. Il faudrait toutefois que ces mécanismes comportent des balises nationales afin qu’ils ne soient pas laissés à la discrétion de chacun des établissements d’enseignement.
La Confédération des syndicats nationaux, avec la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec et la Fédération des employées et employés de service public, représente plus des deux tiers du personnel enseignant et du personnel de soutien des Cégeps. La CSN regroupe 2800 syndicats qui représentent 280 000 membres oeuvrant dans la plupart des secteurs d’activité.
Source : CSN – 17-01-2005
Pour renseignements : Daniel Leduc, conseiller syndical à l’information Service des communications de la CSN téléphone : (514) 598-2188, cellulaire : (514) 795-2698