Conseil central Saguenay-Lac-Saint-Jean
Qu’attend Cascades pour négocier avec le syndicat de FjordCell ?
Quatre jours après que la décision du commissaire du travail Jacques Daigle soit rendue publique, le Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et cartons de Jonquière (usine de pâte) CSN attend toujours des nouvelles de la direction de Cascades.
Par conséquent, le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean presse la compagnie de se plier à la décision du commissaire et d’amorcer des négociations de bonne foi, ce qu’elle n’a jamais fait depuis le déclenchement du lock-out le 1er novembre 2004.
Depuis le tout début, Cascades s’est servi de faux-fuyants en accusant le syndicat de jeter de l’huile sur le feu par les gestes posés sur le piquet de grève. Elle a fait beaucoup de bruit et multiplié les procédures judiciaires réussissant, pendant plusieurs semaines, à faire porter aux travailleurs l’odieux de l’absence de négociations.
C’est maintenant terminé, on a baissé les masques. Le commissaire du travail est clair : Cascades est de mauvaise foi, et elle n’a pas à choisir ses interlocuteurs. Pas plus qu’un travailleur n’a le privilège de choisir ses patrons, Cascades ne peut décider qui va représenter ses syndiqués. Le comité de négociation est élu par les travailleurs dûment accrédités et est pleinement légitimé de parler en leur nom.
En agissant ainsi, Cascades ne fait que prolonger un climat pourri qu’elle a elle-même généré depuis le début de l’année 2004, lorsqu’elle a élaboré un programme de restructuration entraînant 23 mises à pied tout en refusant d’en discuter avec le syndicat.
Malgré cette attitude patronale intransigeante et la multiplication des mesures disciplinaires contre les officiers syndicaux tout au long de l’année 2004, le syndicat a toujours tenté d’établir le dialogue jusqu’au déclenchement du lock-out, après que les syndiqués eurent expulsé des sous-traitants. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment, les sous contractants effectuaient, à l’usine, des travaux qu’étaient capables de réaliser les membres de l’unité syndicale qui venaient de perdre neuf de leurs collègues.
Depuis le début du conflit, la partie patronale utilise comme prétexte pour ne pas négocier le non-respect des ordonnances sur le piquet de grève. Pourtant, le commissaire est clair à ce sujet :
« L’accréditation est la seule véritable condition à la négociation », écrit le commissaire au paragraphe 80 de sa décision. « L’employeur n’a pas à choisir son vis-à-vis, ni à lui dicter des comportements. Le législateur n’a pas stipulé qu’on ne devait négocier qu’avec des gens agréables. Face à l’association accréditée, mettant les susceptibilités de côté, l’employeur doit négocier, et vice-versa, un point c’est tout. »
« On peut aisément comprendre que jusqu’au 15 décembre, l’intimée (Cascades) ait été choquée par le comportement du requérant (le syndicat) et de ses membres. Mais en posant ses conditions préalables elle se faisait justice elle-même en se servant de la négociation pour forcer le respect des injonctions. Le vrai remède à ce chapitre, elle le savait, relevait des pouvoirs de la Cour supérieure qui pouvait décider s’il y avait manquement et quelle sanction apporter. »
« L’intimée et ses représentants étaient tout à fait en droits de revendiquer le respect de leurs droits individuels, la commission n’a pas à commenter. Mais dans cette affaire, on les a priorisés au point de perdre de vue l’obligation imposée par l’article 53 du Code, si bien qu’après six mois de dépôt des propositions de négociation, les parties n’en sont encore qu’au point de départ. »