La CSN active pour soutenir les travailleurs de la forêt victimes de fermeture à Saint-Michel-des-Saints
Début d’une formation pour 150 travailleurs de la forêt
Le Conseil central de Lanaudière (CSN) continue d’accompagner ses membres de Saint-Michel-des-Saints frappés par la fermeture définitive de l’usine de panneaux Louisiana-Pacific. En effet, depuis lundi dernier, plus de 150 travailleurs reçoivent une formation en foresterie afin qu’ils réintègrent le marché du travail. En outre, l’entreprise américaine procède à la mise en vente sa scierie, fermée aussi depuis plus d’un an.
En août 2006, la multinationale avait invoqué la conjoncture économique, avec un dollar de plus en plus fort, la hausse des frais de carburant et un coût élevé de la fibre, pour fermer pour une durée indéterminée son usine de panneaux. À ce moment déjà, la scierie était en vente. Depuis, le dollar canadien a continué de progresser et la crise immobilière américaine s’est ajoutée aux difficultés. Rappelons que l’essentiel de la production de Louisiana-Pacific était exportée aux États-Unis. Aussi, le propriétaire de l’usine de panneaux avait investi des sommes considérables dans un nouveau procédé qui s’est soldée par un échec.
Au-delà des 250 membres de la CSN dans les deux usines, c’est un millier d’emplois dans la Haute Matawinie qui sont touchés. Le drame concerne donc l’ensemble des familles de cette région. Les implications sociales et humaines sont nombreuses, et parfois dramatiques. C’est dans ce contexte que Louisiana-Pacific annonçait dernièrement la fermeture définitive de son usine de panneaux.
La contribution de la CSN
À travers ce lot de mauvaises nouvelles, la CSN rappelle qu’elle a joué un rôle majeur dans la mise en place de solutions concrètes pour supporter ses membres affectés par la crise à Saint-Michel-des-Saints. Dès le mois d’août 2006, c’est le Conseil central de Lanaudière CSN qui suggérait un plan de formation pour les travailleurs des deux usines. D’un côté, Louisiana-Pacific en tirait un certain bénéfice en favorisant la rétention de son personnel en Matawinie, tout en améliorant les compétences de ses travailleurs. Ceux-ci y voyaient l’opportunité d’un revenu assuré pour quelques semaines alors qu’autrement, pour plusieurs d’entre eux, c’est l’aide sociale qui les attendait. Enfin, après moult démarches, ces formations ont débuté le 5 novembre.
Notons que Lanaudière est une des seules régions qui a su développer ces alternatives. Bien sûr, cette mesure, à laquelle Emploi-Québec a largement contribué avec l’employeur, et pour laquelle la Fédération des travailleurs du papier et de la forêt (CSN) a également joué un rôle important, ne règle pas tout. Une usine ferme assurément. Mais plusieurs travailleurs vont pouvoir compter sur un délai supplémentaire pour s’adapter à la situation et renouer avec le marché du travail.
Par ailleurs, l’an dernier le conseil central avait organisé, pour les enfants des travailleurs victimes de ces fermetures, une grande fête pour Noël. L’opération se renouvelle cette année avec la contribution solidaire des autres syndicats CSN de la région et du milieu.
La contribution des gouvernements
Rappelons que le gouvernement fédéral n’a rien fait, malgré des ressources financières extraordinaires, pour aider de quelque façon que ce soit ces travailleurs et ces milieux affectés, à Saint-Michel-des-Saints comme ailleurs au Québec, par la crise forestière. Il est totalement scandaleux de constater que, malgré des surplus extraordinaires, le fédéral ne fait rien. Plus encore, il interdirait aux travailleurs de toucher des prestations de chômage suite aux formations. Pour sa part, le gouvernement québécois a accouché d’une série de mesures somme toute modestes pour leur venir en aide. Mais, répétons-le, Emploi-Québec a été extrêmement actif dans ce dossier.
Les perspectives
Il est probable que la scierie soit finalement vendue prochainement. Cette vente assurerait du travail pour plusieurs, près d’une centaine potentiellement, en plus des emplois indirects qui en profiteraient. Devant l’adversité, on constate le merveilleux courage dont fait preuve la communauté de la Haute Matawinie. La CSN tout comme d’autres intervenants du milieu, notamment les organismes communautaires, supportent dans la mesure de leurs moyens les travailleurs et leur famille, victimes de la situation. De toute part, on réclame une intervention beaucoup plus structurante et vigoureuse de la part des différents paliers gouvernementaux, particulièrement du niveau fédéral, pour aider les communautés à faire face à cette crise unique dans l’histoire québécoise.
Source : Conseil central de Lanaudière – CSN – 8 novembre 2007