Trois ans sans convention collective
Ottawa ne réussit pas à briser le syndicat des agents correctionnels, tandis que la population canadienne appuie leur cause
Trois ans, jour pour jour, après l’expiration de leur convention collective, les agentes et les agents correctionnels du Canada accusent le gouvernement fédéral de retarder délibérément la négociation d’une nouvelle convention collective dans le but de briser leur syndicat.
Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) a vu ses soupçons se confirmer lors d’une rencontre avec un député libéral fédéral de l’Ontario, il y a deux semaines. Au cours de la rencontre, le député de Northumberland-Quinte West, Paul Macklin, a révélé qu’Ottawa se traînait les pieds dans les négociations dans l’espoir qu’une organisation syndicale basée aux États-Unis réussisse à marauder les agentes et les agents correctionnels du Canada.
« Il va sans dire que cette tentative de maraudage a complètement échoué, a dit le président national d’UCCO-SACC-CSN, Sylvain Martel, lors d’une conférence de presse tenue à Montréal, cet avant-midi. Mais nous savons maintenant que ces gens ont eu un coup de main du gouvernement. Il nous semble clair que le Conseil du Trésor du Canada a cessé de négocier notre convention collective pendant 16 mois dans le but de faciliter l’entrée au service correctionnel d’un syndicat moins combatif. »
En dépit des tactiques antidémocratiques d’Ottawa, les agentes et les agents correctionnels fédéraux jouissent de l’appui de la population dans leur lutte pour l’obtention d’une convention qui tienne compte des dangers liés à leur profession. UCCO-SACC-CSN a rendu public aujourd’hui les résultats d’un sondage Léger Marketing qui démontrent clairement que la grande majorité de la population canadienne désapprouve la façon dont le gouvernement traite les agents correctionnels.
« Lorsqu’on leur a demandé si nos membres travaillaient dans une profession dangereuse, 9 Canadiens sur 10 ont répondu par l’affirmative, a remarqué M. Martel. Mais le gouvernement du Canada a démontré qu’il considère que notre travail n’est pas plus dangereux que celui de n’importe quel autre fonctionnaire. »
En outre, plus de 80 % de la population canadienne croit que les agents correctionnels devraient avoir des conditions de travail semblables à celles des policières et des policiers, dont le travail ressemble beaucoup au leur. Et 7 personnes sur 10 estiment que les agentes et les agents correctionnels ont droit à des conditions de travail particulières, différentes de celles des autres fonctionnaires. Le gouvernement du Canada refuse à ce jour d’envisager cette possibilité, a dit M. Martel.
« Les gens nous disent constamment qu’ils sont en faveur de notre lutte pour rendre nos emplois plus sécuritaires et notre vie plus soutenable, a-t-il ajouté. Trois ans après l’expiration de notre convention, le gouvernement n’a encore fait d’offre sérieuse concernant les questions qui nous séparent. »
M. Martel a dit que les membres de UCCO-SACC-CSN sont demeurés patients devant la provocation et qu’ils continueront de protéger la population. « Mais ce n’est pas une tâche facile. Au cours des derniers mois, des membres du syndicat ont été coupés au visage, pris en otages, violemment battus et exposés de manière sérieuse à des liquides organiques (sang, matières fécales, urine). Et cela, sans avoir le droit de savoir si ces liquides étaient contaminés par le VIH ou par d’autres maladies potentiellement mortelles. »
Bien que les négociations aient repris récemment, les négociateurs du Conseil du Trésor n’ont pas encore modifié leur approche. Dix nouvelles dates de négociation ont été fixées avec le Conseil du Trésor, entre juin et septembre, et il faudra que de véritables progrès soient accomplis.
À défaut de cela, UCCO-SACC-CSN continuera à présenter sa cause à la population, a souligné M. Martel. Les membres du syndicat demeureront actifs pendant l’été et feront le tour des circonscriptions de certains députés libéraux fédéraux. Ils vont redoubler d’efforts après le déclenchement des élections.
Tout dépend sur Reg Alcock, le président du Conseil du Trésor, conclut M. Martel. « Nous en appelons publiquement au président du Conseil du Trésor pour qu’il nous rencontre afin de dénouer l’impasse dans laquelle se trouve notre négociation. »
Source : UCCO-SACC-CSN– 1er juin 2005
Pour renseignements : Lyle Stewart, conseiller au Service des communications de la CSN, au 514 796-2066 ; Anne-Marie Marois, Léger Marketing, au 514 982-2464.