65e Congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais
Se syndiquer pour la justice et l’égalité
Ce mardi 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, c’est sur le thème Se syndiquer pour la justice et l’égalité que s’ouvre le 65e Congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, à Gatineau. Ce thème vient rappeler l’un des rôles fondamentaux du conseil central, soit celui de travailler à l’organisation de nouveaux syndicats, pour la justice et l’égalité. Quelque 160 délégué-es participeront à ce congrès qui se terminera le vendredi 4 mai.
Michel Quijada, président du conseil central de la CSN en Outaouais, souligne que « les congressistes participeront, à la hauteur de leurs moyens et à l’échelle de la région, à la construction d’un monde meilleur, plus juste et plus égalitaire ».
S’il est vrai que le secteur tertiaire occupe le haut du pavé en ce qui a trait aux emplois dans la région, principalement à cause du nombre élevé de personnes qui travaillent dans la fonction publique fédérale, « il n’en demeure pas moins que l’Outaouais, tout comme le Québec en entier, est secoué par une crise manufacturière avec la perte de près de 50 000 emplois en une seule année. Pour nous, la protection et le développement de l’emploi sont une priorité. Nous accentuerons les pressions à tous les paliers de gouvernement pour que des mesures appropriées soient mises en place afin de favoriser et de soutenir des actions concertées de tous les intervenants de ce secteur pour redresser la situation. Déjà, lors d’une réunion récente du Comité consultatif sur le travail et la main-d’uvre, les représentants des différents organismes ont démontré leur volonté d’agir en ce sens. Je me réjouis de cette ouverture », déclare la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
Par ailleurs, nul n’ignore les sérieuses difficultés que l’industrie forestière connaît en Outaouais, tout comme dans l’ensemble du Québec d’ailleurs. Depuis novembre 2002, ce sont 700 travailleuses et travailleurs de ce secteur qui ont perdu leurs emplois, dont 200 qui étaient syndiqués à la CSN. Dans la région, parmi les dix plus grandes entreprises manufacturières huit sont liées aux produits de la forêt et ses dérivés.
« Soutenir le développement économique régional, revendiquer pour les jeunes, lutter contre la pauvreté et renforcer la vie syndicale nous apparaissent autant d’enjeux que nous aurons à relever au cours des trois prochaines années, déclare Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais. Pour ce faire, il est plus que temps que le gouvernement du Québec donne aux régions les moyens d’élaborer et de soutenir des stratégies de développement économique qui tiennent également compte de la concurrence internationale. Le gouvernement ne peut continuer sa politique du laisser-faire », a-t-il renchéri.
La syndicalisation, pour la justice et l’égalité
« L’une des missions principales du conseil central se reflète dans le thème retenu pour le congrès de cette année, » poursuit-il. L’action du conseil central doit continuer de se déployer afin que les travailleuses et les travailleurs en fassent un point de référence pour ceux qui souhaitent améliorer leurs conditions de travail.
Les congressistes se pencheront sur des propositions portant tout autant sur la formation continue, la mise en place de programmes de gestion prévisionnelle de la main-d’uvre, la reconnaissance des acquis et des compétences, notamment pour les personnes immigrantes, ainsi que l’intégration de ces dernières dans les milieux de travail.
D’autres propositions portant sur le renforcement de la vie syndicale, la place des femmes dans les instances décisionnelles de la CSN, le commerce équitable et la consommation responsable, l’économie sociale et solidaire, le développement durable et le transport collectif, la participation du conseil central à des organismes décisionnels, la lutte à la pauvreté, le logement social et la solidarité internationale seront également à l’ordre du jour du congrès.
Secteur public : retrouver notre droit de négocier
Le 29 mars dernier, le Bureau international du travail (BIT), un organisme associé à l’Organisation internationale du travail (OIT), rendait publique une décision qui condamnait le décret que le gouvernement du Québec a imposé en décembre 2005, dictant les conditions de travail des 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public québécois. Le BIT demande au gouvernement du Québec d’amender sa loi pour en retirer les mesures répressives, de revoir avec les parties concernées le régime de négociation de manière à prévoir un véritable mode de solution des différends et finalement de revoir la question salariale en s’appuyant au besoin sur une étude indépendante.
« Nous comptons, avec d’autres organisations, interpeller le gouvernement, et les parties d’opposition, afin qu’il donne suite à cette décision, explique Claudette Carbonneau. Il nous faut questionner le Parti libéral. Pourquoi ce dernier opte-t-il pour une solution négociée avec les médecins spécialistes et use-t-il du coup de force avec les travailleuses et les travailleurs du secteur public ? Où logera maintenant l’ADQ, qui avait à l’époque voté contre l’adoption de la loi 142 en dénonçant le caractère odieux du geste ? Quant au PQ, dont le programme électoral incluait la révision du régime de négociation dans le secteur public et le retrait des mesures répressives de la loi 142, est-il prêt à agir en conséquence à l’Assemblée nationale et à endosser complètement les conclusions du BIT.
Nous vivons dans une société de droit et le coup de force du gouvernement lors des dernières négociations du secteur public est tout à fait inacceptable. Vouloir revoir les règles dans lesquelles ce processus se déroule, c’est une chose, mais les nier carrément, c’est une toute autre chose. En ce 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, j’en profite pour rappeler au premier ministre du Québec que les travailleuses et les travailleurs du secteur public québécois doivent retrouver leur droit de négocier », de conclure la présidente de la CSN.
Rappelons que le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais regroupe 9000 membres répartis dans les secteurs privé et public.
Source : CSN – 1er mai 2007
Pour renseignements : Michel Quijada, président du Conseil central de l’Outaouais, cellulaire : 819 360-5717