Plan de lutte à la pauvreté : un barème plancher insuffisant pour couvrir les besoins essentiels – Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
« Le Plan d’action pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale favorise les familles au détriment des personnes vivant seules et des couples sans enfant. Par ailleurs, le gouvernement ne peut pas parler de véritable lutte à la pauvreté et introduire un barème plancher qui ne répond pas adéquatement à la couverture des besoins essentiels. 533 dollars par mois pour une personne seule, c’est nettement insuffisant ! ». Commentant le plan d’action qui a été dévoilé aujourd’hui par le ministre Claude Béchard, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, réaffirme qu’il est toujours nécessaire d’établir clairement quels sont les besoins essentiels de façon à déterminer un barème plancher adéquat.
« Nous sommes satisfaits que le gouvernement décide finalement d’indexer les prestations, mais cette indexation doit être universelle et pour tous. Les personnes aptes au travail qui ne participent pas aux mesures incitatives de réinsertion en emploi sont indexée à moitié. La prime à la participation ne devrait pas prendre lieu et place de l’indexation », selon la présidente de la CSN.
Claudette Carbonneau se dit cependant soulagée de voir que le gouvernement supprime les mesures coercitives et les pénalités pour les personnes qui refusent un emploi ou qui ne participent pas à des mesures d’employabilité.
« La grande déception est celle de l’accès aux médicaments qui demeurera difficile pour les personnes vivant des situations de pauvreté. S’il y a une mesure qui fait un consensus général, c’est bien celle de la gratuité des médicaments pour les personnes agées démunies et les personnes assistées sociales », poursuit la présidente de la CSN. Madame Carbonneau rappelle que le Parti libéral, alors dans l’opposition, s’était engagé fermement sur cette question. Or le gouvernement reporte sa décision qui sera annoncée dans le cadre de la politique du médicament que doit dévoiler le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, ce printemps.
« Quant au salaire minimum, ce n’est pas à coup de hausses de 15 cents qu’on va régler la question de l’appauvrissement d’une partie de la population. Le gouvernement devrait revoir à la hausse le niveau du salaire minimum et adopter une formule d’indexation automatique qui tient compte non seulement de l’inflation mais d’autres facteurs comme l’évolution du salaire industriel moyen », de déclarer la présidente de la CSN.
En 2004, les mesures annoncées par le gouvernement ne permettront pas aux personnes vivant des situations de pauvreté, majoritairement des femmes, de respirer plus à l’aise alors qu’elles seront aux prises avec des factures à la hausse pour le transport en commun, l’électricité et la garde de leurs enfants. Les mesures de soutien aux enfants et aux travailleurs démunis n’entrent en vigueur qu’en janvier 2005. Pour ce gouvernement la pauvreté peut attendre encore 8 mois », a indiqué la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
« Les sommes allouées à la construction de nouveaux logements sociaux constituent un bon début, mais la crise du logement continue et, le 1er juillet prochain, beaucoup de familles chercheront à se loger alors que les prix des loyers demeureront exorbitants », conclu la présidente de la CSN, pour qui ce plan d’action contient peu de nouveautés par rapport aux annonces faites lors du dépôt du budget cette semaine.
Source : CSN – 02-04-2004
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