Heures d’ouverture
Un débat public s’impose-La CSN et sa Fédération du commerce réagissent
« C’est avec beaucoup de surprise que nous avons appris, par le journal La Presse, dans son édition du 1er novembre, qu’une entente entre les Travailleurs unis de l’alimentation (TUAC) et les grandes chaînes d’alimentation serait imminente pour modifier les heures d’ouverture des commerces. Nous sommes également étonnés d’apprendre que le ministre responsable, Raymond Bachand, aurait effectué un virage à 180 degrés et serait prêt, sur la base de cette entente, à rouvrir la loi ». Réagissant à ces informations, le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, et le vice-président de la CSN, Louis Roy, interpellent aujourd’hui le ministre.
Monsieur Lortie a d’ailleurs fait parvenir dès aujourd’hui une lettre au ministre pour dénoncer la situation actuelle. « Nous croyons que la question des heures d’ouverture des commerces au Québec doit être un débat public et transparent, où l’ensemble des acteurs, travailleurs, syndicats, employeurs, groupes de consommateurs et citoyens intéressés puissent intervenir et donner leur opinion. Nous sommes fort inquiets de constater que le gouvernement semble laisser à certains acteurs choisis le soin de décider d’une question aussi fondamentale.»
« La loi en vigueur en est une d’ordre public. À notre avis, que seulement deux organisations puissent identifier de nouveaux paramètres nous semble inconcevable », a dénoncé Louis Roy. Le vice-président de la CSN sollicite d’ailleurs une rencontre avec le ministre. « Nous voulons partager nos préoccupations et nos perspectives dans ce débat.»
La secrétaire générale de la fédération, responsable du secteur et elle-même caissière, Ann Potvin tient à souligner que les changements aux heures d’ouverture n’ont en rien amélioré les conditions de travail. « Depuis plus de 20 ans, les conditions de travail et de vie des travailleuses et des travailleurs des marchés d’alimentation ne cessent de se détériorer. La précarité, les faibles salaires, les horaires coupés, l’absence de perspectives de carrière pour la plupart des gens qui oeuvrent dans ce secteur sont inquiétants et ce ne sont pas les « sweat deal » entre deux parties qui vont venir améliorer les choses », affirme madame Potvin.
« Le prolongement des heures d’ouverture est une stratégie commerciale dont les travailleurs font les frais depuis des années, et ce ne sont pas quelques congés de plus qui feront la différence, ni le fait de fermer les portes des magasins une heure plus tôt. C’est de la poudre aux yeux. La loi actuelle n’empêche nullement les grandes chaînes à ouvrir leurs magasins les jours fériés ou après 21 heures, fait remarquer Madame Potvin. Ce que dit la loi c’est que si le commerce décide d’ouvrir il doit avoir un maximum de 4 employé-es.»
« Toute modification aux heures d’ouverture des commerces aura un impact significatif pour les milliers de pères et de mères de famille oeuvrant dans ce secteur. À la CSN, c’est une question qui préoccupe énormément nos membres, alors que la politique sur la conciliation famille-travail est attendue avec beaucoup d’impatience », de poursuivre la secrétaire générale de la Fédération du commerce
« Rien ne justifie l’urgence de modifier la loi avant le congé des fêtes. Nous croyons qu’au préalable à tout dépôt de projet de loi, une consultation large devrait être organisée », estime Louis Roy. « Il y a là un débat de société qui mérite mûres réflexions. Nous souhaitons être consultés, être partie prenante du débat actuel, comme probablement beaucoup d’autres groupes de la société québécoise, préoccupés par cette question », de conclure Jean Lortie.
La Fédération du commerce de la CSN représente, parmi ses 37 500 membres, plus de 4 000 travailleuses et travailleurs oeuvrant dans une centaine de marchés d’alimentation partout au Québec. Rappelons que la CSN représente 300 000 membres au Québec.
Source : CSN – 2 novembre 2006
Pour renseignements : Michelle Filteau, directrice du Service des communications de la CSN, tél. : 514 598-2162, cellulaire : 514 894-1326