Conditions de vie des aînés
Un plan d’action bien timide
Pour le vice-président de la CSN, Roger Valois, les mesures gouvernementales pour les aîné-es dévoilées hier par la ministre Marguerite Blais sont décevantes compte tenu des attentes créées par la vaste consultation. Le gouvernement a choisi d’ignorer de nombreuses propositions qui lui ont été formulées de tous les horizons et qui visaient à améliorer leurs conditions de vie dans une approche beaucoup plus globale.
La CSN considère que le gouvernement fait bien de prioriser les services de soutien à domicile compte tenu que les aîné-es souhaitent rester à la maison le plus longtemps possible. Toutefois, ces services doivent être financés correctement. Or le coprésident de la consultation lui-même, Réjean Hébert, souligne que l’effort que Québec devrait y consacrer est de 500 millions de dollars par année, soit six fois plus que ce qui est annoncé. Cette somme correspond à 40 % des besoins des personnes âgées en matière de services de soutien à domicile : actuellement, la contribution du gouvernement ne couvre que 10 % des besoins.
Le vice-président de la centrale syndicale est déçu de constater que le plan d’action ne prévoit aucune nouvelle place en CHSLD, bien que 5800 personnes âgées soient présentement en attente de placement. Pour la région de Montréal seulement, 900 d’entre elles restent à leur domicile et attendent une place en CHSLD. À cela s’ajoute un autre millier de personnes âgées qui occupent des lits dans nos centres hospitaliers en attendant une place.
Le plan d’action de la ministre ne contient rien non plus sur le logement social ni sur les coopératives d’habitation. Pas un sou n’est consacré au soutien des services particuliers offerts dans ce type de logements. Par ailleurs, la CSN estime qu’il faudra tôt ou tard se pencher collectivement sur l’état et les perspectives de notre système de retraite, principale source de qualité de vie pour les travailleuses et les travailleurs retraités, compte tenu des changements profonds qui l’ont secoué ces dernières années. Elle aurait souhaité que le gouvernement saisisse l’occasion de lancer un tel chantier de réflexion.
À part l’amélioration de la qualité de l’alimentation en CHSLD, le plan ne prévoit rien pour rehausser le taux de satisfaction de la clientèle. La CSN déplore également que le gouvernement n’ait pas retenu la proposition de clarifier le rôle et la mission des différents établissements offrant des soins et des services de soutien aux aîné-es.
« Le gouvernement fait un autre choix lourd de sens, soit celui de développer les services de maintien à domicile sur le dos des travailleuses. Il n’y a rien pour améliorer leurs conditions de travail, lutter contre la précarité ou encore reconnaître leur droit de se syndiquer. En refusant de reconnaître leur travail, le gouvernement renforce le stéréotype qui veut que comme ce sont des femmes, il va de soi qu’elles choisissent de s’occuper de nos aîné-es, en toute charité. Une telle approche ne peut pas remplir ses promesses », dénonce Roger Valois.
Fondée en 1921, la CSN compte aujourd’hui 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité.
Source : CSN – 20 mars 2008
Pour renseignements : Jean-Pierre Larche, Service des communications de la CSN, tél. : 514 598-2264