Ne les oublions pas!
La CSST doit augmenter le nombre d’inspecteurs
« Dans le monde entier, des femmes et des hommes décèdent à chaque année dans l’anonymat et l’indifférence à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. D’autres se blessent ou tombent malades. Il est révoltant de constater que des travailleuses et des travailleurs perdent la vie ou hypothèquent leur avenir alors que des mesures préventives pourraient être prises pour mieux les protéger. Et le 28 avril, nous avons l’occasion d’honorer la mémoire de toutes ces femmes et de tous ces hommes pour que leur décès ne soit pas en vain, mais nous aide à améliorer encore plus la santé et la sécurité au travail. »
C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui, en conférence de presse, le vice-président de la CSN, Roger Valois, alors qu’il a invité les organisations et syndicats affiliés à la centrale à poser un geste pour souligner le 28 avril, Journée internationale de commémoration des personnes tuées ou blessées au travail.
D’un lieu de travail à l’autre, ces actions militantes pour nous sensibiliser à la fin tragique que connaissent toutes ces personnes peuvent prendre différentes formes : distribution publique d’une affichette, organisation d’un événement médiatique et de visibilité (érection de panneaux, pose de croix, cortège funéraire, etc.), manifestations, rencontres avec des politiciens, etc.
Décès au Québec et dans le monde
Au Québec, l’an dernier, 206 personnes sont décédées à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, selon des statistiques de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
Les maladies reliées à l’amiante (81), les accidents de transport (42), les chutes (17) et les contacts avec des objets ou de l’équipement (30) figurent parmi les principales causes de décès. Un nouveau phénomène inquiétant prend de l’ampleur : les morts à cause des voies de fait et actes violents. La CSST en recense quatre en 2006, trois de plus qu’en 2005. Les secteurs comme la construction (39), les mines, les carrières et les puits de pétrole (32), l’administration publique (14), les commerces (13), l’industrie forestière et les scieries (7) comptent encore parmi les plus meurtriers.
Au chapitre des accidents du travail, signalons que, selon la CSST, les machines causent une douzaine de milliers d’accidents de travail par année au Québec.
Dans le monde : plus de deux millions de décès
Selon des données fournies par la Confédération syndicale internationale (CSI), dont fait partie la CSN, chaque année, plus de deux millions de femmes et d’hommes perdent la vie des suites d’accidents du travail. Plus de 1,2 million de femmes et d’hommes sont blessés et plus de 160 millions sont malades chaque année à cause d’un travail ou d’un lieu de travail peu sûr, malsain ou insoutenable. On estime à 270 millions le nombre d’accidents qui se produisent bon an mal an.
Revendications
La CSN n’oublie pas toutes ces personnes décédées ou accidentées en raison du travail et souhaite que leur souvenir nous aide à améliorer la santé et la sécurité du travail. Entre autres, la centrale syndicale revendique que la CSST augmente son nombre d’inspecteurs, qui est d’environ 300. De plus, elle demande que la Loi sur la santé et la sécurité du travail, adoptée en 1979, soit appliquée dans son ensemble à tous les secteurs d’activité, en particulier les chapitres concernant la formation d’un comité paritaire et la nomination d’un représentant à la prévention.
Données 2005 et 2004
En 2005, 223 personnes sont décédées à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. En 2004, on en comptait 176.
Origine du 28 avril
En 1989, sous l’impulsion du mouvement syndical, le gouvernement du Canada a adopté le projet de loi C-223 proclamant le 28 avril « Jour de deuil national ». En 1996, le 28 avril, une délégation syndicale internationale, Global Unions, a allumé une bougie aux Nations unies pour commémorer la mémoire des travailleurs décédés ou malades à cause de leur travail. Puis, en 2004, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), organisation fondatrice de la CSI avec la Confédération mondiale du travail, a proclamé le 28 avril Journée internationale de commémoration des personnes tuées ou blessées au travail. On voulait ainsi faire de cette journée un travail d’éducation quant aux dangers sur les lieux de travail et sur l’importance de faire la promotion des lieux de travail sécuritaires. Finalement, en 2005, des démarches ont été entreprises pour demander à l’Assemblée nationale des Nations unies d’adopter la date du 28 avril. Depuis, la CSN invite ses syndicats et ses organisations affiliés à souligner cette journée.
Un mort au travail, c’est un mort de trop ! Un accidenté au travail, c’est un accidenté de trop ! Le 28 avril, ne les oublions pas !
La prévention, on la prend à cur !
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
Source : CSN – 25 avril 2007
Pour renseignements : Michel Crête, Information-CSN Tél. : 514 598-2454 ou 514 703-0775