Fonds canadien de télévision
La Fédération nationale des communications (FNC – CSN) demande à la ministre Beverley Oda de procéder d’urgence à un examen public en profondeur
Dans une lettre adressée aujourd’hui à la ministre du Patrimoine canadien, la Fédération nationale des communications réitère qu’il est urgent de faire un examen en profondeur du système de financement de la production télévisuelle et ce, dans le cadre d’un processus public.
La FNC, qui représente près de 7 000 artisans de l’industrie des communications au Québec dont ceux de la télévision publique et privée , se dit préoccupée par l’avenir du financement de la production télévisuelle et par les récentes interventions de Vidéotron et Shaw.
La FNC croit que l’examen du Fonds canadien de télévision (FCT) concerne non seulement les partenaires financiers de l’État, soit les câblodistributeurs et les distributeurs de télévision par satellite, mais aussi les artisans et, surtout, le public qui contribue à ce fonds par ses impôts et redevances aux entreprises de distribution.
La Fédération dit trouver essentielle la recherche d’une solution permanente qui permettra une réelle concurrence entre tous les moyens de production, tant ceux de l’industrie de la production indépendante que ceux de la production émanant des télédiffuseurs privés et publics. La FNC s’inquiète par ailleurs de l’impact que pourraient avoir sur la radiodiffusion publique des décisions prises à la hâte, sans plus d’analyse. La FNC estime qu’il est prématuré de conclure qu’il faut empêcher le fonds de financer les émissions de la télévision de Radio-Canada, comme semble le vouloir le câblodistributeur Vidéotron, propriété de Quebecor principal rival de la télévision d’État au Québec avec son réseau TVA.
La FNC souligne que la population québécoise est attachée à la télévision publique. Un sondage CROP-MCE effectué pour le compte de la Fédération en 2005 révélait que huit Québécois sur dix considèrent « assez important » à « très important », le maintien du service de télévision publique.
La Fédération croit que toute décision qui consisterait à appauvrir encore davantage la télévision publique ne saurait être acceptable et que toute révision du système de financement de la production qui reverrait les mécanismes de soutien à la radio et à la télévision publiques devrait être assortie d’un engagement à accorder au diffuseur public un budget pluriannuel stable et suffisant, tel que le recommandait le comité du patrimoine canadien dans son rapport de juin 2003.
La Fédération nationale des communications croit qu’il est indispensable de soutenir la création télévisuelle à l’aide de fonds publics, notamment pour atteindre des objectifs culturels et viser un contenu national de qualité. Elle s’interroge toutefois sur la pertinence d’un système qui favorise un quasi-monopole privé indépendant et qui force les télédiffuseurs à acheter les émissions des producteurs privés, pour obtenir des subventions.
Sources : CSN – 30 janvier 2007
Pour renseignements : Pierre Roger, secrétaire général de la Fédération nationale des communications (FNC – CSN), tél :(514) 598-2132